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	<title>Helene FELDBAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Helene FELDBAUER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>OFFENBACH : Die Banditen (Les Brigands) &#8211; Francfort</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-die-banditen-les-brigands-francfort/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 17 Nov 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Die Banditen ce sont Les Brigands, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (La Belle Hélène en 1864, Barbe-Bleue et La Vie parisienne en 1866 et La Périchole en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Die Banditen</em> ce sont <em>Les Brigands</em>, cet opéra-bouffe que Jacques Offenbach compose en trois mois, à 50 ans, en 1869, dans la foulée de ses plus beaux succès (<em>La Belle Hélène</em> en 1864, <em>Barbe-Bleue</em> et <em>La Vie parisienne</em> en 1866 et <em>La Périchole</em> en 1868). Il y aura encore dix années d’opéras-bouffes ou d’opéras comiques (dont <em>La Fille du tambour-major</em>) avant les ultimes <em>Contes d’Hoffmann</em>. L’œuvre est créée au Théâtre des  Variétés et très vite, comme de coutume, une traduction et une adaptation en allemand est entreprise, à destination du public germanophone, très friand d’opérettes françaises. La traduction la plus connue du livret de Meilhac et Halévy, pour la première diffusion allemande, est de Karl Treumann, acteur, metteur en scène et traducteur qui a adapté de nombreuses opérettes d’Offenbach pour la scène viennoise : on lui devait déjà de gros succès de traductions avec <em>Orpheus in der Unterwelt</em>, <em>Die</em> <em>schöne</em> <em>Helena</em> ou encore <em>Pariser</em> <em>Leben</em>. <em>Die Banditen</em> eurent le même écho en Allemagne du Sud et en Autriche que <em>Les Brigands</em> en France.<br />
Francfort s’est attaché à remettre au goût du jour la version allemande des <em>Brigands</em> (l’action et les personnages sont pratiquement identiques dans <em>Die Banditen</em>), mais la metteuse en scène allemande <strong>Katharina</strong> <strong>Thoma</strong> (qui avait déjà proposé <em>in loco</em> sa vision de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-francfort-la-croisiere-ne-samuse-plus/"><em>Tristan und Isolde</em></a>) a fait le choix d’une nouvelle et complète adaptation de l’œuvre. Nous assistons à la onzième représentation depuis la première de la nouvelle production en janvier 2024.<br />
L’esprit de l’opérette ou de l’opéra-bouffe « à la française » comme disent les Allemands est pleinement conservé dans cette version. La place est laissée libre à la farce et aux situations comiques, les clins d’œil à l’actualité se mutliplient (on affiche le drapeau européen à la frontière entre l’Italie et…l’Espagne, tout se monnaie en euro, les carabiniers sont munis de smartphones, l’auberge est renommée « restoroute » et Falsacappa ne veut pas marier sa fille à un éleveur bio !), mais beaucoup moins à l’improvisation dans les dialogues parlés, nous allons y venir.<br />
Le public est souvent le meilleur juge dans ce genre de pièce et les innombrables fous rires entendus dans les rangs plaident pour le travail et la conduite d’acteur de Katharina Thoma. Elle a surtout voulu retrouver la légèreté, le dynamisme et la folie qui traverse la scène autour de la musique d’Offenbach. Tous les acteurs sont mis à contribution et miment, dansent et s’agitent dans tous les sens autant qu’ils chantent. Le rythme est soutenu, nul temps mort et il faut rendre hommage au travail de chorégraphie auquel se soumet sans broncher l’ensemble de la troupe, solistes compris.<br />
On ne reprendra pas l’éternel refrain d’une langue allemande bien moins fluide et qui est donc moins bien adaptée à l’esprit offenbachien que la langue française. C’est un fait mais, curieusement, ce n’est pas là que réside le point faible de cette production.<br />
Il consiste plutôt dans l’absence de fluidité de la langue…allemande par les chanteurs venus de tous les horizons. Qu’on en juge : Falsacappa est chanté par un Américain (<strong>Michael Porter</strong>), Pietro par un Belge (<strong>Yves Saelens</strong>), Carmagnola par un Néo-Zélandais (<strong>Jonathan Abernethy</strong>), Barbavano par un Norvégien (<strong>Aleksander Myrling</strong>) et Pipo par un Casaque (<strong>Kudaibergen Abildin</strong>) ; côté féminin, <strong>Elizabeth Reiter</strong> qui chante Fiorella est américaine et <strong>Karolina Makula</strong> est une Fragoletto polonaise. Malgré les efforts très louables de tous ces chanteurs, l’aisance dans la langue de Goethe n’est pas suffisante pour qu’ils se permettent la moindre improvisation qui devrait faire le sel d’une représentation d’opéra-bouffe. L’exception qui confirme la règle c’est le – petit – rôle d’Antonio tenu par <strong>Matthias Schenke</strong> qui nous a octroyé un numéro de comédien hors pair avec une improvisation au III, prodiguée dans un allemand parfait teinté de dialecte de Hesse, ce qui, à Francfort, n’a pu qu’être chaudement apprécié. Il nous délivre quasiment un seul-en-scène de plusieurs minutes auquel il a visiblement pris autant de plaisir que le public.<br />
Mis à part cette réserve d’importance, il  n’y a pas grand-chose à redire à l’engagement vocal de cette troupe hétéroclite. Les moyens du Falsacappa de Michael Porter, d’Elizabeth Reiter en Fiorella et de Karolina Makula en Fragoletto, rendent justice à une partition portée par la direction alerte de <strong>Karsten Januschke</strong>, qui fait de son mieux pour dispenser à son orchestre à la fois tout le sérieux et toute la légèreté d’une musique champagne.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Mazeppa &#8211; Erl</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-mazeppa-erl/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mazeppa, c’est plusieurs histoires. D’abord, un héros national ukrainien et libérateur qui, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, a beaucoup fait pour son pays contre la Russie (pays où, bien sûr, il est considéré comme ennemi public n° 1). Ensuite, le héros romantique qui, attaché nu sur un cheval lancé au galop au milieu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mazeppa, c’est plusieurs histoires. D’abord, un héros national ukrainien et libérateur qui, dans la seconde moitié du XVII<sup>e</sup> siècle, a beaucoup fait pour son pays contre la Russie (pays où, bien sûr, il est considéré comme ennemi public n° 1). Ensuite, le héros romantique qui, attaché nu sur un cheval lancé au galop au milieu des loups, doit ainsi expier un adultère commis avec la femme de son protecteur polonais. De Géricault et Horace Vernet (qui ne se souvient de son tableau qui illustrait la pochette du disque microsillon du poème symphonique de Franz Liszt ?) à Lord Byron et Victor Hugo, entre autres, il a suscité une imagerie picturale, littéraire et musicale à la hauteur de son mythe.</p>
<p>Et puis intervient le poème <em>Poltava</em> de Pouchkine, adapté par Tchaïkovski : Maria, la fille de Vassili Kotschubej, propriétaire terrien et gouverneur de la région, est aimée par le jeune Andreï ; mais c’est le général Mazeppa, beaucoup plus âgé, qu’elle aime et qu’elle admire pour sa carrière militaire. Après leur mariage contre la volonté du père de Maria, une lutte de pouvoir acharnée s&rsquo;engage : Kotschubej accuse Mazeppa de haute trahison auprès du tsar, mais Mazeppa intercepte le courrier, et le fait exécuter publiquement. Sur fond de la bataille de Poltava, Maria se rend compte des conséquences fatales de son amour, et sombre dans la folie.</p>
<p>Enfin se superpose à tout cela la présente production, où la mise en scène de <strong>Matthew Wild</strong> s’applique à une relecture « modernisée » de cette histoire qu’il transpose dans un monde contemporain. Le dispositif scénique d’<strong>Herbert Murauer</strong>, astucieux à défaut d’être novateur, se compose d’une scène basse où se trouve le peuple, et d’une scène haute mobile où le drame se déroule dans des pièces d’appartement découpées de barres noires verticales évoquant un univers carcéral où tout le monde se trouve prisonnier, défilant de gauche à droite ou de droite à gauche, selon les scènes. Le tout est occulté autant que de besoin par des volets glissants, isolant une pièce ou fermant l’ensemble, et formant écran pour les vidéos de <strong>Bibi Abel </strong>montrant en contrepoint, outre un cheval fort agité, toutes les scènes de guerre et de destructions contemporaines possibles et imaginables pour illustrer l’intermède musical de la bataille de Poltava.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/0-53852119598_f13def8784_o-corr-2-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168524"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>La petite Maria et le cheval qu’elle regarde à la télévision dans la scène d’introduction pendant le prologue © Photo Festival d’Erl &#8211; Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>Ce soir, tout commence donc dans les années 1960, dans un salon-salle à manger bourgeois à la Edward Hopper (mort en 1967), où la petite Maria regarde à la télévision (noir et blanc et sans télécommande !) un film où s’ébat un cheval particulièrement fougueux (à n’en pas douter celui de la course folle dans la steppe). On comprend dès lors qu’à l’instar de la Baby Jane de Robert Aldrich (1962), cette diffusion TV va marquer de manière indélébile l’esprit de la fillette, empêchant sa croissance psychique en la bloquant sur cet épisode, et en orientant même ses choix sexuels ultérieurs vers ce Mazeppa peu recommandable et devenu un homme d’âge. Portant pendant tout l’opéra des chaussures vernissées et de petites socquettes blanches, affublée de cols Claudine, elle reste également très attachée aux peluches de son enfance, dont elle entoure le portrait de son héros.</p>
<p>Donc, la pauvre fille est désormais prisonnière à tout jamais de ses fantasmes, au point qu’elle va développer, devant les conséquences de son choix, un énorme complexe de culpabilité qui va la mener à la folie. Elle termine en ramassant dans les sacs des déplacés fuyant le champ de bataille et les destructions de leurs maisons, toutes les peluches qu’elle pourra y trouver. Telle est donc la trame choisie comme fil conducteur par le metteur en scène pour raconter cette sordide aventure qui, sans Maria, ne se serait jamais développée. On ne peut pas ne pas penser en cette occasion à l’autre malheureuse héroïne Gänsemagd de <em>Königskinder</em>, créée également ici par la même équipe, avec des attitudes et une pareille placidité confondante devant la pire adversité.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/10-53850968527_c7400a362f_o-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-168525"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Mazeppa (Petr Sokolov) et Maria (Nombulelo Yende) à la fin de l’opéra © Photo Festival d’Erl &#8211; Xiomara Bender</sup></figcaption></figure>


<p>On l’aura compris, Maria paraît donc être devenue le rôle principal. D’ailleurs elle vient saluer en dernier. <strong>Nombulelo Yende</strong> poursuit avec talent une belle carrière qui semble emprunter les pas de sa sœur Pretty, depuis qu’elle a, comme elle en 2010, obtenu en 2018 le premier prix du Concours International de Belcanto Vincenzo Bellini. À l’inverse, elle paraît toutefois destinée aux grands rôles lyriques plutôt qu’aux pyrotechnies vocales. Elle arrive ce soir, malgré un caractère qui paraît au naturel plutôt joyeux, à rendre crédible ce rôle tragique. La voix est splendide et forte, et la ligne vocale bien assurée, avec des nuances raffinées. Son air du premier acte, qui n’est pas sans évoquer, en beaucoup plus court, celui de Tatiana dans <em>Eugène Onéguine</em> créé 5 ans plus tôt, est servi par son sens du phrasé et de la ligne mélodique. Ses notes finales, « à la Caballe », lui valent un triomphe mérité : on comprend que sa sœur soit fière d’elle. Il lui reste à se faire un prénom, et nous avons hâte de la revoir.</p>
<p>Malgré cette forte présence, les titulaires des autres rôles sont tous également extraordinaires. À commencer par le Mazeppa de <strong>Petr Sokolov</strong>, qui met sa belle et forte voix de baryton au service d’une question existentielle : Mazeppa est-il vraiment amoureux de Maria, ou bien n’agit-il que par pure cupidité pour s’approprier la fortune de ses parents, et par ambition politique ? De fait, aussi à l’aise dans les parties douces et amoureuses que dans les passages teintés d’agressivité, le chanteur permet de maintenir le doute jusqu’au bout où, dans un dernier revirement, il abandonne sa jeune femme à sa folie. Une interprétation torturée et violente à la fois, qui marque le rôle d’une pierre blanche.</p>
<p>Les parents de Maria, Vassili Kotschubej et son épouse Ljubov, ont pour interprètes <strong>Alexander Roslavets</strong> et <strong>Helene Feldbauer</strong>. Le premier a toute la véhémence et la force vocale pour imprimer une personnalité à un rôle qui, autrement, risquerait de sombrer dans la routine. La seconde arrive également à donner un côté plausible à un personnage qui reste relativement effacé, même si ses interventions les plus intéressantes se passent avec sa fille. Le jeune amoureux éconduit Andreï est interprété par <strong>Mikhail Pirogov</strong>, vraiment excellent. La voix est fort belle, incisive, tout à fait dans la tradition d’un Chouïski, et le chanteur est remarquable dans ses deux airs déchirants de la fin de l’opéra. L’homme des basses œuvres de Mazeppa, Orlik (<strong>Dennis Chmelensky</strong>) et les titulaires des autres personnages (<strong>Carlos Cárdenas</strong> et <strong>Ian Koziara</strong>) participent à l’unisson à cet implacable jeu théâtral, réglé au millimètre. Les chœurs, d’une remarquable clarté, et la direction d’orchestre énergique de <strong>Karsten Januschke</strong> font merveille, ne serait une certaine propension à parfois couvrir les voix par des éclats un peu exagérés, qu’il conviendrait de mieux doser à la dimension de la salle. Notons également la belle intervention de danseurs attaqués par des trublions de Mazeppa lors d’une prestation publique.</p>
<p>Évidemment, si l’on compare cette représentation à la mise en scène historique du Kirov disponible en vidéo (1996), on a de quoi être dérouté : et pourtant, la présente production est en tous points fidèle au livret et aux intentions du compositeur, ne serait la complaisance à montrer tortures et giclées de sang grandguignolesques. Mais si le parfum slave que l’on aime à retrouver dans <em>Boris</em> ou<em> La Khovantchina</em> peut paraître manquer ici, la manière dont le sujet est traité accentue le caractère universel et tellement contemporain de l’intrigue : le règne de la loi du plus fort.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tchaikovski-mazeppa-erl/">TCHAÏKOVSKI, Mazeppa &#8211; Erl</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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