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	<title>Hartmut HÖLL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Hartmut HÖLL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Dietrich Fischer-Dieskau, Complete Lieder &#038; Songs on Warner Classics</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dietrich-fischer-dieskau-complete-lieder-songs-on-warner-classics/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Somptueux hommage à un géant En ces temps où la commercialisation des disques est de plus en plus difficile, face à la concurrence accrue de la diffusion on line, payante ou clandestine, une nouvelle mode est apparue il y a quelques années déjà, celle des coffrets pléthoriques, des intégrales exhaustives et des rééditions mémorielles. Cette &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<h4><strong>Somptueux hommage à un géant</strong></h4>
<p>En ces temps où la commercialisation des disques est de plus en plus difficile, face à la concurrence accrue de la diffusion on line, payante ou clandestine, une nouvelle mode est apparue il y a quelques années déjà, celle des coffrets pléthoriques, des intégrales exhaustives et des rééditions mémorielles. Cette tendance est soutenue par la baisse des coûts de production et la volonté de rentabiliser les énormes catalogues dont disposent les quelques labels survivants, accumulés au fil des fusions et acquisitions qui ont conduit à la concentration du secteur que nous connaissons aujourd’hui.</p>
<p>La très forte personnalité de DFD, son rayonnement immense et son impact déterminant dans le monde restreint du Lied, justifient évidemment, à l’heure du centenaire de sa naissance, un hommage que la firme américaine, détentrice du très riche catalogue d’EMI, a voulu somptueux et définitif. Ce sont donc tous les enregistrements dont elle disposait qui se trouvent ici rassemblés. La firme concurrente, Deutsche Gramophone, pour laquelle Fischer-Dieskau a aussi beaucoup enregistré – principalement dans les années ‘70, avait déjà publié un coffret de grande ampleur en octobre 2022 à l’occasion du dixième anniversaire de la mort du chanteur (107 CD incluant aussi les enregistrements réalisés pour Philipps, Polydor ou Decca) dont celui-ci est le parfait complément pour qui voudrait avoir les œuvres complètes (ou presque) du maître dans le domaine du Lied.</p>
<p>EMI avant son absorption par Warner avait aussi édité plusieurs coffrets commémoratifs, tous inclus dans la présente édition, et notamment les introuvables de DFD (6 CD publiés en 1995) et The Great EMI Recordings (11 CD publiés en 2010). Un artiste de cette envergure est aussi, visiblement, un excellent produit commercial Le Lied allemand occupe sans conteste une place majeure dans le répertoire de DFD, il s’y consacra depuis ses premières jusqu’à ses dernières années d’activité, il l’enseigna à de nombreux disciples et accumula dans ce genre une connaissance immense couvrant quasi tout le répertoire existant. C’est ce dont témoigne notre coffret qui reprend tout ce qu’il a enregistré dans ce domaine pour les labels aujourd’hui regroupés autour de Warner, principalement His Master Voice devenu ensuite EMI.</p>
<p>Il est difficile de faire une synthèse de ce qu’il contient tant le contenu est riche. Si la plupart de ces enregistrements étaient devenus indisponibles, aucun n’est totalement inédit, tous ont fait l’objet de parutions sous une forme ou sous une autre au fil du temps. On y trouve des enregistrements de concerts et des réalisations de studio, des prises de son de qualité diverses (dont une part non négligeable en mono), des compositeurs très variés mais avec une prédominance de Schubert, Brahms et Wolf, des œuvres incontournables et des découvertes étonnantes, des pianistes eux aussi divers mais relativement peu nombreux si on considère la variété du répertoire, et parmi lesquels Gerald Moore, compagnon au long cours et partenaire des plus magistrales réussites, domine largement.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/5021732475459-Fischer-Dieskau-Complete-Lieder-79CD-3D-2_preview.jpg-1024x1024.webp" alt="" class="wp-image-189915"/></figure>


<h4><strong>Les compositeurs par ordre chronologique</strong></h4>
<p>Le coffret est plus ou moins structuré par compositeurs, et par ordre chronologique du répertoire abordé, de sorte qu’on commence par un disque consacré à Joseph Haydn et un autre à Mozart, puis 5 CD consacrés à Beethoven. Parmi ceux-ci on trouve de très anciens enregistrements avec <strong>Hertha Klust</strong> au piano, une étonnante figure du monde musical allemand de l’immédiat après-guerre, d’abord formée comme mezzo-soprano, mais qui en raison de problèmes d’audition se tourna vers le rôle de répétitrice à l’opéra à Berlin, et d’accompagnatrice pour toute une génération de chanteurs. On pourra ainsi comparer deux versions de <em>An die ferne Geliebte</em>, l’une avec <strong>Gerald Moore</strong> en mono en 1951, et l’autre avec <strong>Harmut Höll</strong> en 1982.</p>
<p>Viennent ensuite les balades de Loewe, puis 12 CD consacrés à Schubert, avec pas mal de doublons&nbsp;: Deux <em>Schöne Müllerin</em> avec Gerald Moore (1951 et 61), deux <em>Winterreisse</em> avec le même (1955 et 62), six récitals en mono, principalement avec Gerald Moore, échelonnés entre 1951 et 1965, et un superbe récital tardif (CD 21-1992) en live avec Hartmut Höll, sorte de quintessence de l’art du chanteur, un disque absolument superbe, réalisé en toute fin de carrière. Si la voix accuse un peu son âge, la tendresse du musicien pour son répertoire de prédilection, sa connaissance profonde des textes, la liberté de qui n’a définitivement plus rien à prouver et une parfaite entente avec son partenaire pianiste suscitent l’émotion de chaque instant. <em>Schöne welt, who bist du </em>dans <em>Die Götter Griechenlands </em>sonne comme l’appel déchirant d’un homme conscient du chemin parcouru. Quelle simplicité dans l’expression, quelle intensité poétique, quelle délicatesse dans le choix des couleurs, en un mot, quelle maîtrise&nbsp;!</p>
<p>Après Schubert, c’est le tour de Mendelssohn, avec <strong>Wolfgang Sawallisch</strong> au piano puis Schumann, auquel sont consacrés trois CD, dont le plus ancien avec Hertha Klust (CD 24 – 1951, 54 &amp;56) est confondant de sincérité, dès qu’on s’habitue à la prise de son très datée. Ces enregistrements les plus anciens sont aussi les plus émouvants : on y retrouve toute l’ardeur de la jeunesse, un engagement total et une étonnante maturité pour un jeune homme de pas même trente ans. Un disque entier est consacré à Peter Cornelius (1824-74), compositeur aujourd’hui bien oublié, et tout un récital aux contemporains de Schumann, dont Grjeg, la plupart à découvrir. Vient enfin Brahms, auquel pas moins de 9 CD sont consacrés. On y trouve notamment une <em>Schöne Maguelone</em> avec <strong>Sviatoslav Richter</strong> d’une rare intensité, un magnifique récital avec Gerald Moore (CD 29 &#8211; 1964), d’une chaleur, d’une précision, d’une évidence rares. La voix est ici d’une plénitude parfaite, avec des graves profonds à souhait, un enthousiasme, un lyrisme, un engagement, une ardeur qui suscitent l’admiration. Viennent ensuite quatre CD parcourant le répertoire brahmsien enregistrés en 1972 et 1973, en compagnie de Wolfgang Sawallisch ou Daniel Barenboim, (CD 30 à 33) absolument somptueux, et deux disques de <em>Volkslieder</em> avec <strong>Elisabeth Schwarzkopf</strong>, gentiment datés.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-full"><img decoding="async" width="300" height="168" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DFD-Richter.jpg" alt="" class="wp-image-190197"/></figure>


<h4><strong>Mahler, Wolf et Strauss</strong></h4>
<p>On passe ensuite à Mahler et aux Lieder avec orchestre, <em>Das Lied von den Eerde</em>, et les <em>Lieder eines Fahrenden Gesellen</em> avec l’orchestre Philharmonia dirigé par <strong>Wilhelm Furtwängler</strong>, d’une intensité et d’une clarté lumineuse, puis les <em>Knabes Wunderhorn</em> avec le concours de Schwarzkopf dirigés par <strong>George Szell</strong>.&nbsp; Assez curieusement positionnée, figure ici en complément de programme la <em>Bonne Chanson</em> de Gabriel Fauré avec Gerald Moore, extrêmement poétique, l’occasion de goûter l’admirable dicton française de notre héros.</p>
<p>Autre compositeur très largement représenté, Hugo Wolf (9 CD) fut sans doute avec Schubert et Brahms un des préférés de Fischer-Dieskau. Ses interprétations des Goethe Lieder (1960) ou des Mörike Lieder (1957) chaque fois avec Gerald Moore sont de toute beauté, dans une veine assez noire, pleine d’une nostalgie cruelle aux limites de l’expressionnisme et restent sans doute un exemple pour tous les chanteurs de Lieder aujourd’hui encore. Avec le même partenaire, on trouve ensuite 6 CD consacrés à Richard Strauss, 5 enregistrements de studio réalisés en 1968-69 avec Gerald Moore – concurrençant ceux qu’il enregistrera plus tard avec Sawallisch pour la firme concurrente –&nbsp;, et un récital de 1955. Là aussi, comme pour Wolf, l’approche stylistique est parfaitement convaincante, avec une grande liberté dans la veine humoristique, une parfaite réalisation des pages les plus lyriques, et pour seul regret l’absence d’enregistrement de ces Lieder avec orchestre.</p>
<h4><strong>Le Lied encore bien vivant au XXè siècle</strong></h4>
<p>La dernière partie du coffret est moins homogène&nbsp;: elle comprend des œuvres de la première moitié du XXè siècle (Arnold Schoenberg et Alban Berg – 1 CD chacun, avec une grande délicatesse de sentiment, Hans Pfitzner – 2 CD dont un avec orchestre &#8211; ou Othmar Schoeck par exemple) ou de la deuxième moitié, montrant aussi l’intérêt de Fischer-Dieskau pour les compositeurs de son temps (Hanns Eisler, Aribert Reimann, qui fut également son accompagnateur pour la musique contemporaine, Hermann Reutter, etc… ). On y trouve aussi des récitals présentant plusieurs compositeurs, dont une série de récitals enregistrés sur le vif au Festival de Salzbourg dans les années soixante avec Gerald Moore, l’occasion d’une autre <em>Schöne Maguelone</em>, mais aussi de voir comment Fischer-Dieskau construisait le programme de ses récitals, commençant par des œuvres fortes, ménageant des moments de tension et de détente en alternance, finissant ses premières parties par des pages plus virtuoses, plaçant les pages les plus intimes en milieu de deuxième partie par exemple.</p>
<p>Autre curiosité, deux disques d’hommage à Gerald Moore, réalisés à Londres avec le concours de <strong>Victoria de Los </strong><strong>Á</strong><strong>ngeles</strong> et d’Elisabeth Schwarzkopf, datant de 1967 ou un enregistrement live au Queen Elizabeth Hall de Londres avec <strong>Janet Baker</strong> et <strong>Daniel Barenboim</strong>, au style terriblement daté et qui permettent de mesurer à quel point Fischer-Dieskau résiste mieux que les autres à l’évolution de l’interprétation. D’autres incursions dans le répertoire français, Berlioz, Bizet, Chabrier, Chausson, Franck, Gounod, Saint-Saëns et même Hahn, d’Indy, Massenet, Milhaud, et Pierné, réunies en un CD intitulé mélodies de la belle époque, au charme désuet, sont placées tout à la fin du coffret.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/dietrich-fischer-dieskau-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-190203"/></figure>


<h4><strong>Long et très délectable tête à tête avec un maître absolu</strong></h4>
<p>Ce qui frappe à l’écoute des différents enregistrements de cette somme colossale, répartis sur plus de quarante années de carrière (1951-1992), c’est la constance des qualités du chanteur, remarquables dès ses débuts – il n’a que 26 ans – avec relativement peu d’évolution au cours des ans. Bien sûr, la voix s’est un peu étoffée avec l’âge, les interprétations ont mûri, mais les qualités essentielles, le naturel, la diction parfaitement claire, la transparence des aigus, la sincérité, le lyrisme, la souplesse de la voix et le sens du texte sont perceptibles dès l’entame de sa carrière.</p>
<p>L’impression de dominer parfaitement son sujet, l’aisance technique déconcertante, un sens inné de la phrase, les respirations naturelles toujours placées au bon endroit, la richesse de la palette de couleurs, très large mais sans outrance, jamais démonstrative, un legato sans faille, voilà les principales qualités d’interprétation dont témoignent les enregistrements repris ici. Mais on y retrouve aussi les qualités de l’homme, son insatiable curiosité et son appétit à découvrir de nouveaux répertoires, une grande fidélité à ses partenaires de prédilection, un absolu respect du texte, et une grande générosité dans le partage de ses émotions, avec pudeur, avec modération, certes, mais sans faux-fuyant et sans maniérisme.</p>
<p>On parlera aussi volontiers des qualités de communication du chanteur, cet art de donner l’impression à chacun qu’il s’adresse directement à lui, personnellement, avec intensité, quels que soient son âge, sa connaissance du répertoire, ou son niveau de culture. Cette simplicité, cette authenticité sont probablement la clé de ses interprétations, l’élément qui fait qu’elles n’ont pas vieilli, qu’elles échappent à toute mode et qu’elles constituent sans doute à jamais le socle du Lied enregistré.</p>
<p>L’énorme quantité des enregistrements disponibles montre aussi l’immense travailleur que DFD fut tout au long de sa vie, cumulant ses très nombreux récitals, ses prestations à l’opéra, son rôle d’enseignant et la préparation de ses disques auxquels il apportait un très grand soin.</p>
<p>On peut sans doute aussi ajouter à cette longue liste de qualités une énorme volonté de bien faire, doublée d’une certaine modestie apparente qui aura pour conséquence, à peu près dans tous les répertoires, que certaines pages sont absentes, que certains Lieder qu’il jugeait plus faibles ou avec lesquels il se sentait moins d’affinité manquent au catalogue, à une époque où on était plus friand de qualité que soucieux d’offrir au public des intégrales complètes.</p>
<p>Qui aura passé plus de trois semaines d’écoute intensive avec délectation et sans aucune lassitude peut tout de même légitimement se poser la question de savoir à quel public ce type de coffret est destiné. Somme de documentation sonore à l’attention des spécialistes, des fans absolus – dont je suis – des jeunes chanteurs (ou pianistes) avides de références du passé, mais sans doute moins le grand public qui risque ici d’être saturé et de n’écouter que quelques pages majeures, toujours les mêmes, en laissant de côté les partitions moins courues ou les enregistrements les plus anciens. Mais pouvais-t-on rendre plus bel hommage à cet immense artiste que de tout publier, tout ce qui est disponible dans cette maison de disques et celles dont elle se trouve être, au fil des fusions et des rachats, l’ultime héritière ? Dans cet immense corpus, l’auditeur fera son choix !</p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/?post_type=breve&amp;p=189914"><strong>Remportez ce magnifique coffret Warner Classics de 79 CDs</strong></a></p>
<p><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/?post_type=dossier&amp;p=189164"><strong>Retour vers le sommaire de notre dossier DFD 100</strong></a></p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dietrich-fischer-dieskau-complete-lieder-songs-on-warner-classics/">Dietrich Fischer-Dieskau, Complete Lieder &#038; Songs on Warner Classics</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Louis Spohr, Lieder ; Julia Varady, Dietrich Fischer-Dieskau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/louis-spohr-lieder-julia-varady-dietrich-fischer-dieskau-on-redemande-du-spohr/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 07 Nov 2021 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Spohr nous légua une centaine de Lieder dont la composition s’étend tout au long de sa carrière (de 1809, l’opus 25, il a 25 ans, à son opus ultime, le 154, écrit en 1856). S’il commença sa carrière comme violoniste, son intérêt pour la voix ne se démentira jamais. Ainsi dirigea-t-il des salles d’opéras à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Spohr nous légua une centaine de Lieder dont la composition s’étend tout au long de sa carrière (de 1809, l’opus 25, il a 25 ans, à son opus ultime, le 154, écrit en 1856). S’il commença sa carrière comme violoniste, son intérêt pour la voix ne se démentira jamais. Ainsi dirigea-t-il des salles d’opéras à Vienne, Francfort et Kassel, pour lesquelles il écrivit.</p>
<p>Cet enregistrement est la réédition du 3<sup>e</sup> CD publié par <em>Orfeo</em> dans son coffret consacré à <strong>Dietrich Fischer-Dieskau</strong>, et du dixième de l’intégrale de ses enregistrements chez le même éditeur (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/julia-varady-the-orfeo-recordings-julia-varady-voix-dor-et-de-feu">Julia Varady, voix d’or et de feu</a>). Qu’il est loin le temps où quelques courageux interprètes et éditeurs français osaient graver des Lieder de Spohr ! Si une intégrale nous est promise (par Felicitas et Judith Erb) sous le label <em>Ars Produktion</em>, nous n’avons à ce jour que des enregistrements fragmentaires signés de grands noms. Outre notre baryton et notre soprano, Hermann Prey, Eberhard Bücher, Evelyn Lear, Helen Donath, Anne Sofie von Otter ont laissé de belles réalisations. Evidemment, dans le sillage du célèbre <em>Hirt auf dem Felsen</em> de Schubert, les six Lieder de l’opus 103, avec clarinette obligée, sont disponibles dans plusieurs versions. Spohr répondait en les écrivant au vœu du dédicataire, le Comte Leopold von Lippe-Detmold.</p>
<p>Commençons donc par ces lieder confiés à <strong>Julia Varady</strong> (qui figurent à la fin du CD, dont c’est le couronnement).  L’aurait-on oublié ? La clarinette se marie à merveille au timbre de soprano. C’est un pur joyau que cet opus 103. La clarinette, qu’illustra si bien Spohr après Weber, s’y fait la compagne amie, confidente, de la voix, agile, brillante, chargée d’une égale émotion. <strong>Hans Schöneberger</strong> y rayonne avec sa virtuosité humble. Ses phrasés, son articulation et ses couleurs sont un modèle. La voix de Julia Varady est alors au sommet de ses moyens expressifs : l’émission d’une rare fraîcheur, la palette est la plus large, comme l’égalité des registres avec de solides graves de velours. Le <em>Wiegenlied</em> de Fallersleben, outre sa beauté formelle et émouvante, permet d’apprécier le miracle que réalise l’interprète : les trois pauvres notes de la mélodie prennent ici une dimension poétique quasi métaphysique. La passion enfièvrée de <em>Sei still mein Herz</em> , de  <em>Wach auf !</em>  aussi, lui permet de déployer sa voix caressante comme fougueuse dans toute sa splendeur. Une grande leçon, au travers d’une œuvre qu’il faut absolument découvrir, si ce n’est fait.</p>
<p>On connaît l’art de Dietrich Fischer-Dieskau, sans doute le plus grand baryton de tous les temps par sa capacité à illustrer magistralement les répertoires les plus larges, notamment le Lied auquel il a imprimé sa marque. Le premier cahier qu’il nous offre, l’ultime de la riche carrière de Spohr, est passionnant par son dialogue avec le violon (<strong>Dmitry Sitkovetsky</strong>), mais aussi par une réalisation de <em>Erlkönig</em> qui prend ses distances par rapport à Schubert, tout autant que celle de Carl Loewe. Un sens aigu de la déclamation, une écriture instrumentale riche, où l’ornementation virtuose tient toute sa place. L’esprit souffle : on perçoit aisément combien il anticipe les évolutions du Lied jusque Hugo Wolf.</p>
<p>Les six Lieder qui suivent, écrits entre 1809 et 1826, sont extraits de différents cahiers et reflètent bien la vaste production de Spohr. Le piano, seul à accompagner le chant, y prend toute sa dimension, qu’il s’agisse d’illustrer avec simplicité un chant écossais, strophique, ou d’animer le <em>Zigeunerlied</em> (Goethe) dont Busoni nous donnera une version tout aussi intéressante, ou le <em>Vanitas ! Vanitatum vanitas</em>, lui aussi de Goethe, jubilatoire à souhait. Le <em>Schlaflied</em>, berceur, est délicieux, quant à <em>An Mignon</em>, il aurait certainement plu à Goethe au moins autant que celui de Zelter.</p>
<p>Les qualités de <strong>Hartmut Höll</strong>, un des très grands accompagnateurs de la fin du siècle passé, ne sont plus à démontrer. Ce CD est un modèle du genre. Regrettons simplement que Spohr n’ait pas écrit de duos pour soprano et baryton : Julia Varady et Dietrich Fischer-Dieskau y auraient certainement rayonné avec cette complicité qui leur était propre.</p>
<p>L’introduction publiée dans la plaquette n’est pas traduite dans notre langue, mais tous les textes chantés sont publiés en français et en anglais.</p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Lieder</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lieder-berces-par-la-marechale-consoles-par-la-comtesse-madeleine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Jun 2019 22:26:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Maintenant qu’elle s’est retirée des scènes lyriques (mais pas théâtrales, ni même de Broadway), Renée Fleming pourrait se croiser les bras et s’endormir sur ses lauriers parfumés. Ce serait mal la connaître, et la dame continue à occuper les bacs des disquaires avec un récital, à raison d’un nouveau CD par an. Cette fois, comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Maintenant qu’elle s’est retirée des scènes lyriques (mais pas théâtrales, ni même de Broadway), <strong>Renée Fleming</strong> pourrait se croiser les bras et s’endormir sur ses lauriers parfumés. Ce serait mal la connaître, et la dame continue à occuper les bacs des disquaires avec un récital, à raison d’un nouveau CD par an. Cette fois, comme nous l’avions annoncé, retour à la case classique. Après s’être risquée dans les terres modernistes de la Vienne des années 1920, Madame Renée remonte un peu en arrière dans le temps et nous réviser nos classiques, avec un programme Brahms – Schumann – Mahler. Si elle a renoncé à envoûter les spectateurs des salles d’opéra dans ces héroïnes straussiennes qui lui allaient si bien, son timbre n’a rien perdu de sa crémeuse splendeur, qu’elle met désormais au service du lied. Le titre du récital ne fait pas dans la fantaisie : <em>Lieder</em>, tout simplement, avec le nom des compositeurs en beaucoup plus petit que celui de la dame.</p>
<p>Pour ce disque, Decca a fait appel à un pianiste qui a consacré sa carrière à parcourir de long en large ce répertoire : <strong>Hartmut Höll</strong>, qui fut longtemps l’accompagnateur attitré de son épouse Mitsuko Shirai. Gage de sérieux et d’authenticité, la présence de ce pianiste est l’un des atouts de ce disque, car son jeu délicatement enveloppant se marie idéalement avec le chant de la soprano, peut-être parce que sa sobriété évite toute redondance.</p>
<p>Car c’est en héroïne d’opéra que Renée Fleming aborde ces pages, avec son sens dramatique et l’ampleur de sa voix lyrique. La chose est particulièrement flagrante dans le cycle de Schumann, où c’est la vie et l’amour d’une cantatrice qui nous sont proposés, avec tout le charme capiteux qu’on lui a connu. Ne cherchez pas ici la pudeur et la retenue quasi victoriennes que d’autres interprètes ont mises dans leur interprétation : nous sommes ici au théâtre, et pourquoi pas ? Les procédés qui faisaient le prix des incarnations de Renée Fleming sur scène peuvent aussi fonctionner dans cette musique qui exige une implication réelle. La Maréchale ou la comtesse Madeleine sont elles aussi des femmes qui ont vécu et aimé, et il n’est pas absurde qu’elles se fassent entendre dans le cycle schumannien. On admire aussi une voix sur laquelle le temps semble ne pas avoir de prise, dont les couleurs restent inaltérées.</p>
<p>Le bouquet de huit mélodies de Brahms sur lequel s’ouvre le disque est encadré par deux « tubes » du maître : la célébrissime Berceuse, devenue presque une chanson populaire, et la « Vaine Sérénade » petit chef-d’œuvre comique comme Mahler saura en retrouver la saveur dans certains de ses lieder du <em>Knaben Wunderhorn</em>. Les six autres reflètent des humeurs variées, guillerettes ou mélancoliques (superbe « Mainacht », en particulier), sans rien de naïf, forcément, mais cela n’est pas gênant, et un peu de sophistication ne fait pas de mal à ces mélodies à la simplicité seulement apparente. Ce style peut ne pas plaire, mais jadis, Irmgard Seefried et Elisabeth Schwarzkopf pouvaient enregistrer le même répertoire avec des qualités tout à fait opposées, et chacune avait son public.</p>
<p>Ô surprise, ce n&rsquo;est plus le piano qui soutient les <em>Rücket-Lieder</em> comme cela se fait souvent, mais bien un orchestre ainsi qu&rsquo;à la création dirigée par Mahler lui-même en 1905, en l&rsquo;occurrence le Philharmonique de Munich, dirigé par <strong>Christian Thielemann</strong>. Dans cet écrin voluptueux, on se rapproche plus que jamais de Richard Strauss et l’on croit à plus d’un moment écouter le grand air d’un opéra inconnu de l’auteur du <em>Chevalier à la rose</em>, le monologue d’une héroïne doucement désespérée. Le pouvoir de séduction se mue en force de consolation, et Renée Fleming prouve une fois encore combien est idéale l’alliance qui l’unit à cette musique délicieusement décadente.</p>
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		<title>Mitsuko Shirai, Jubilee Edition</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/mitsuko-shirai-jubilee-edition-happi-basudei-mitsuko-san/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Oct 2017 05:51:15 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Parlons d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : il fut un temps, donc, où presque chaque année voyait arriver, émanant du label Capriccio, un nouveau disque du tandem Shirai-Höll. <strong>Mitsuko Shirai</strong>, mezzo japonaise née en 1942 dans la région de Nagano, s’était installée en Allemagne dès 1972, afin de terminer ses études de chant auprès d’Elizabeth Schwarzkopf. Elle y avait rencontré le pianiste <strong>Hartmut Höll</strong>, avec qui elle devait se marier. Ensemble, ils formèrent un duo spécialisé dans l’interprétation du Lied et, plus généralement, de la mélodie. Car madame Höll fréquenta assez peu les scènes lyriques ; elle participa aussi à quelques opéras donnés en version de concert, mais sa carrière se trouvait ailleurs. Et dès 1976, le disque fut le fidèle reflet de son exploration du grand répertoire (Schubert, Schumann…) comme de ses incursions dans des domaines beaucoup moins fréquentés. En 2006, la chanteuse fut frappée par une paralysie totale, mais après des mois de rééducation, elle a pu retrouver toutes ses facultés. Et le 28 mai dernier, elle fêtait ses 75 ans. D’où cette « Jubilee Edition » que propose aujourd’hui son label attitré : aucune nouveauté au sens strict, car Mitsuko Shirai n’enregistre apparemment plus, mais des enregistrements plus ou moins anciens et restés inédits. Un programme associant un compositeur célèbre à deux autres qui le sont beaucoup moins, voire pas du tout. De l’allemand, langue dans laquelle la mezzo s’est surtout exprimée, mais pas seulement, puisqu’on l’entend ici beaucoup en italien, et un peu sur la voyelle A…</p>
<p>Au milieu de ce disque, huit minutes de musique extra-terrestre, inclassable et indatable, celle de Julián Carrillo (1875-1969), compositeur mexicain qui créa son propre système microtonal. <em>Preludio a Colón</em> date de 1922, mais cette œuvre ne ressemble à rien de connu, et l’on cherche vainement comment la qualifier. Comme une improbable <em>Bachiana Brasileira</em> revue et corrigée par John Cage, peut-être, où la voix vocalise en spirales descendantes par-dessus six instruments produisant une mélopée minimaliste. Difficile de soutenir l’attention d’un bout à l’autre, néanmoins, et l’on comprend que l’enregistrement ait été réalisé en 1972, car cette musique rappelle aussi les tentatives de théâtre musical d’il y a un demi-siècle.</p>
<p>Avec Gian Francesco Malipiero, on se retrouve en terrain plus familier, même si l’Italien est aujourd’hui bien oublié. Bien qu’il ait été un prolifique compositeur d’opéras, son nom reste surtout associé à son édition des œuvres de Monteverdi. Sa production mériterait pourtant d’être réécoutée, à en juger d’après ses <em>Stagione italiche</em> enregistrées en 1984 par le couple Shirai-Höll. Dans cette pièce de 1923, la modernité réside principalement dans l’écriture pianistique, percussive et dissonante à souhait, car dès que le texte intervient, on retrouve une vocalité plus traditionnellement lyrique.</p>
<p>Enfin, l’Abschied de la version avec piano du <em>Chant de la Terre</em>, gravé en 1999 mais qui n’avait jamais été publié, faute de savoir avec quoi coupler cette demi-heure de musique, nous montre Mitsuko Shirai chez elle. Certes, la voix n’a pas la profondeur exceptionnelle, ces graves dignes d’une Erda qui font les versions les plus mémorables du chef-d’œuvre de Mahler. Ce sont de tout autres arguments que peuvent faire valoir la diseuse, une intimité avec le Lied construite au long d’un quart de siècle, une maîtrise de la langue qui n’a rien d’ostentatoire, qui ne cherche pas à faire un sort à chaque mot, mais qui trouve d’autres moyens de faire naître l’émotion.</p>
<p>Avec ce bel hommage, Capriccio a trouvé le meilleur moyen de fêter le Jubilé d’or de sa mélodiste préférée. Comme diraient les Japonais, reprenant à leur manière le <em>Happy birthday</em> anglophone, « Happi Basudei, Mitsuko-San ».</p>
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