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	<title>Robert HOUSSART - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 23 Jan 2026 06:27:36 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Robert HOUSSART - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>KORNGOLD, Le Miracle d&#8217;Héliane – Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/korngold-le-miracle-dheliane-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 23 Jan 2026 06:23:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane) d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nombreux étaient ceux qui, pour cette première du <em>Miracle d’Héliane (Das Wunder der Heliane)</em> d’Erich Wolfgang Korngold, vibraient d’impatience à l’idée de découvrir enfin sur scène cet opéra rare et très injustement méconnu d’un artiste surdoué et célébré dès sa prime jeunesse, sorte de nouveau Mozart et qualifié de « Génie » par Malher. Du compositeur, on connaît surtout la <em>Ville morte (Die Tote Stadt) </em>et sa sublime « Marietta’s Lied ». Fuyant le régime nazi, Korngold s’était réfugié aux États-Unis où il était devenu l’un des fondateurs du grand style symphonique de la musique de films (<em>Les Aventures de Robin des bois </em>avec Errol Flynn, notamment), ce qui ne lui sera pas pardonné au moment où il cherchera à poursuivre sa carrière en Europe après-guerre. Avant cela, au faîte de sa célébrité, l’Autrichien avait proposé en 1927 son <em>Miracle d’Héliane</em> très attendu. Mais l’œuvre avait été victime, à la fois d’une cabale dirigée contre le père du compositeur, et de son sujet, très fin-de-siècle et décalé par rapport aux attentes du public viennois de l’époque. L’opéra est depuis très peu donné : un enregistrement en 1993, un <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/das-wunder-der-heliane-heliane-miraculeuse/">DVD</a> de la production mise en scène par Christof Loy en 2019 et quelques productions scéniques, c’est bien peu.</p>
<p>On se réjouit donc de cette création française et du courage d’<strong>Alain Perroux</strong>, directeur de l’Opéra national du Rhin, de prendre le risque de programmer une œuvre rare et périlleuse, tant par l’ampleur de sa richesse orchestrale que son exigence au niveau des voix, qui se doivent exceptionnelles. Et nous avons de la chance, car ce chef-d’œuvre a été somptueusement interprété ce soir de Première. La mise en scène de <strong>Jakob Peters-Messer</strong>, en revanche, contraste par son austérité et un minimalisme qui auront le mérite de laisser le spectateur se concentrer sur la musique et le chant. Le décor se limite à de grands espaces pour ainsi dire vides surmontés de miroirs agencés au plafond en motifs de vagues dont les reflets soulignent le dérèglement du fonctionnement tyrannique d’un Souverain rétif au bonheur pour son peuple qu’un Étranger porteur d’amour et d’espoir vient perturber. La reine Héliane s’est toujours refusée à son époux mais se dénude devant l’Étranger condamné à mort qu’elle est venue consoler dans sa cellule, sans se donner charnellement à celui qui est instantanément tombé amoureux d’elle et qui se suicide avant d’être exécuté. Accusée d’adultère par le Souverain, Héliane pourrait être graciée si elle arrivait à ressusciter l’Étranger. Elle n’y parvient pas mais l’Étranger revient à la vie par lui-même et emporte au paradis celle qui a été poignardée par son époux. L’intrigue se situe tout d’abord dans une geôle, puis un tribunal et enfin une sorte de terrain vague qui s’ouvre sur un espace entre terre et ciel, éléments lumineux ou diffractés ainsi que néons à l’appui. Sobriété des effets (mais très belles projections des deux héros endormis) et direction d’acteurs sans afféterie, tout cela laisse néanmoins sur sa faim. Qu’importe : on s’en contente, tant la musique est riche et fascinante, plantureuse et expressive. Korngold est un digne successeur de Wagner et de Strauss, mozartien, voire puccinien dans sa capacité à évoquer les personnalités et les intrigues par des mélodies ciselées comme autant d’évidences dramaturgiques, dans une manière qui annonce également les partitions cinématographiques à venir, empreintes de fulgurances paroxystiques. D’ailleurs, la tension ne se relâche jamais et le temps passe comme un éclair, mettant toutefois à rude épreuve les capacités des interprètes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LeMiracleDHeliane-GP-8655presse-webpresse-web-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-207016"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Klara Beck</sup></figcaption></figure>


<p>Et justement, la distribution se révèle de très haute qualité et parfaitement à la hauteur. La soprano franco-allemande <strong>Camille Schnoor</strong> affronte le rôle surdimensionné d’Héliane avec aplomb et assurance, d’une puissance et d’une vaillance apparemment à toute épreuve. La jeune femme est mieux que crédible en reine empathique, puis troublée et enfin passionnée jusqu’au paroxysme. La voix est charnue, puissante, ductile et infiniment séduisante. Dans le rôle très exigeant de l’Étranger, le ténor américain <strong>Ric Furman</strong> se montre d’une vaillance sans faille, constamment obligé de lutter contre une masse orchestrale qu’il brave avec fougue et ferveur quasi christique. Digne des meilleurs Heldentenor, le jeune homme montre quelques signes de fatigue dans le dernier acte dont on ne saurait lui tenir rigueur, tant son endurance héroïque et son sens des nuances nous ont enchantés durant toute la soirée. Le baryton-basse autrichien <strong>Josef Wagner</strong> apporte à son personnage glacial de souverain despote une férocité qui se transforme en blessure béante infiniment touchante. La prestation scénique est empreinte d’une grande noblesse et la voix l’est tout autant. La mezzo-soprano estonienne <strong>Kai Rüütel-Pajula</strong> complète efficacement ce quatuor et chacune des apparitions de cette Messagère virago s’impose par une présence autoritaire et péremptoire, timbre ambré et voix singulièrement puissante. Des rôles secondaires, on retiendra en particulier celui du Geôlier interprété par le baryton <strong>Damien Pass</strong>, tout en compréhension et humanité. Le plateau vocal est très homogène et les chœurs peuvent déchaîner leurs ardeurs sans compter, tout à leur aise.</p>
<p>L’effectif prévu par Korngold n’entrant pas dans la fosse, l’<strong>Orchestre philharmonique de Strasbourg</strong> interprète donc la version légèrement réduite spécialement conçue pour cette production créée par la Reisopera venue des Pays-Bas où le spectacle a été donné précédemment. Sous la direction précise et inspirée de <strong>Robert Houssard</strong>, les couleurs chatoyantes de l’orchestre se développent à profusion sans répit, sans jamais lasser l’oreille. La puissance immersive et contagieuse de la partition laisse ainsi l’auditeur comblé et repu. On se prend cependant à rêver : et si l’on pouvait entendre la même partition avec l’effectif complet ! Cela dit, en l’état, le spectacle proposé à Strasbourg est un cadeau de toute beauté…</p>
<p>Il est donc dommage que la salle de l’Opéra n’ait été qu’au trois-quarts pleine. On ne peut que souhaiter un vif succès pour cette œuvre remarquable, sublime jouissance pour les oreilles, visible encore jusqu’au 1<sup>er</sup> février. Le bouche-à-oreille devrait aider à remplir la salle.</p>


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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LE MIRACLE D&#039;HELIANE | Bande-annonce" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/HshEDyMYLes?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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<div class="ast-oembed-container" style="height: 100%;"><iframe title="OPÉRA | LE MIRACLE D&#039;HELIANE | Présentation Alain Perroux" width="1200" height="675" src="https://www.youtube.com/embed/beunvJ_HmI4?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe></div>
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		<title>ABRAHAMSEN, la Reine des Neiges — Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-reine-des-neiges-strasbourg-le-compositeur-qui-navait-pas-froid-aux-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Sep 2021 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Loin de Disney, qui mieux que le compositeur Hans Abrahamsen, né à deux jours de Noël à Copenhague, pouvait-il adapter l’œuvre de son compatriote Hans Christian Andersen ? Il n’est qu’à prêter l’oreille au superbe opéra créé il y a tout juste deux ans au Danemark et présenté à Strasbourg dans sa création française afin de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Loin de Disney, qui mieux que le compositeur <strong>Hans Abrahamsen</strong>, né à deux jours de Noël à Copenhague, pouvait-il adapter l’œuvre de son compatriote Hans Christian Andersen ? Il n’est qu’à prêter l’oreille au superbe opéra créé il y a tout juste deux ans au Danemark et présenté à Strasbourg dans sa création française afin de s’en convaincre. Cette œuvre magnifique a tout autant sa place en ouverture de saison de l’Opéra national du Rhin que dans la programmation du festival Musica. Le compositeur, dont c’est le premier opéra, est un grand spécialiste du froid et de la neige, si l’on en juge des thématiques marquantes de sa production et de ses propres commentaires sur la musique. Il compare notamment les lignes mélodiques de canons de Bach aux couches d’un manteau neigeux en formation, avant de s’en inspirer pour l’une de ses œuvres intitulée <em>Neige</em>. De fait, <em>La Reine des neiges </em>s’entend avec grand plaisir et intérêt dès la première écoute : on y perçoit d’emblée les infimes frémissements de la poudreuse glacée, et c’est comme si les cristaux de neige dessinés par Ernst Haeckel ou photographiés par Wilson Bentley se transformaient en ondes sonores, à la fois pure harmonie et symétrie, logique implacable et dessein impénétrable ou encore irradiations iridescentes. Raffinement, profusion et réelle originalité caractérisent la masse sonore qui nous est ici offerte. D’aucuns louent le caractère épuré des compositions de Hans Abrahamsen, lui trouvent des points communs avec les plus grands compositeurs d’opéra contemporains ou passés, mais rares sont ceux qui le comparent aux musiciens de cinéma. Or, certaines pages où un groupe d’instruments seulement est sollicité ne sont pas sans évoquer l’art incomparable d’un Bernard Herrmann et de façon générale, tout évoque des arrangements parmi les plus subtils des habillages d’images. L’une des plus belles qualités du compositeur danois est d’engendrer une musique générant tout un univers visuel, riche et féerique. Déployé en fond de scène en grand effectif de pas moins de quatre-vingt-six musiciens, l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, dirigé par <strong>Robert Houssart</strong>, sert, on ne peut mieux, cette œuvre prolifique. Le chef tenait déjà la baguette lors de la création mondiale et connaît visiblement son affaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="300" src="/sites/default/files/styles/large/public/lareinedesneiges_3_.jpg?itok=YNgxarTM" title="© Klara Beck" width="450" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>Auteur de la partition mais aussi du livret écrit en collaboration avec <strong>Henrik Engelbrecht</strong>, Hans Abrahamsen a respecté le conte d’Andersen de très près. On pourrait imaginer difficile l’opération consistant à s’approprier un univers si élaboré et connoté pour l’illustrer en s’affranchissant des références disneyennes ou celles d’auteurs plus classiques, tels que le grand Edmond Dulac. Le travail original de <strong>James Bonas</strong> et <strong>Grégoire Pont</strong> est d’autant plus à saluer, tant il sert, en merveilleux contrepoint, cette <em>Reine des neiges</em> à qui on souhaite tout le mal de devenir un classique du répertoire. Devant l’orchestre, un rideau ou plutôt un pénétrable va servir de support à des projections très sophistiquées. L’œil ne sait plus où donner de la rétine pour capter les métamorphoses givrantes ou vibrionnantes qui prolifèrent. Plutôt destiné aux adultes, le spectacle plaît néanmoins aux enfants présents dans la salle, dont l’un s’amuse beaucoup de cette Reine des neiges à barbe, par exemple. À ce titre, la scénographie et les costumes de <strong>Thibaut Vancraenenbroeck</strong> sont superbes, même si tout n’est pas de la même eau, comme les vêtements des enfants, frusques informes à la polychromie dissonante. En revanche, les oripeaux faussement mités des Corneilles grunge ou queer, le manteau en plumes de paons blancs de la Reine des neiges, notamment, détonnent. Entre provocation voyante et pure poésie, en particulier pour les marionnettes inspirées du théâtre bunraku et peut-être en clin d’œil à la <em>Double vie de Véronique</em> du plus que regretté Kieslowski, costumes, accessoires et projections surprennent sans cesse et contribuent à un enchantement singulièrement hypnotique et réconfortant, comme un doux manteau de neige sous lequel on ne ressentirait pas le froid, mais un bien-être complice.</p>
<p>Écrit à l’origine pour Barbara Hannigan, la soprano canadienne qui a incité le compositeur à écrire de la musique vocale, le rôle de Gerda est ici repris par <strong><strong>Lauren Snouffer</strong></strong>, qui porte bravement sur ses épaules si frêles d’apparence (on donnerait volontiers à la jeune femme l’âge du rôle, tant elle se montre crédible en fillette courageuse et déterminée) une partition où elle est de toutes les scènes ou presque, aigus éprouvants à l’appui, qu’elle aborde sans problème apparent. À ses côtés, les autres personnages, superbes faire-valoir, sont caractérisés admirablement par chacun des chanteurs, dans un bel équilibre. Les duos de Gerda et de Kay, trop peu présent personnage à l’œil blessé par des éclats de verre lui enlaidissant la vue et glaçant le cœur, merveilleusement campé par la mezzo <strong>Rachael Wilson</strong>, sont particulièrement harmonieux. La froideur de l’enfant ensorcelé face à l’amour désintéressé de son amie, la terreur cédant à la ténacité, une palette infinie d’émotions se déploie ainsi et s’entrelace somptueusement entre les deux jeunes héros et les voix qui les servent. On peut en dire autant du reste de la distribution, en adéquation idéale avec les caractérisations diverses comme, par exemple, les trésors de douceur, mystère et autorité déployés par la contralto hollandaise <strong>Helena Rasker</strong>. Mention spéciale pour la basse américaine <strong>David Leigh</strong>, dont la tessiture est censée évoquer l’aspect surnaturel ; ses apparitions font systématiquement leur petit effet, moins par une profondeur peu abyssale que par le physique, extraordinaire de présence glaçante. Les membres du Chœur de l’Opéra national du Rhin, impeccables, offrent une prestation remarquable.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/reine-des-neiges-2.jpg?itok=4pIBrRmM" title="© Klara Beck" width="468" /><br />
	© Klara Beck</p>
<p>Le compositeur explique écrire dans le silence : un silence extrêmement riche et sonore, comme une neige épaisse sur laquelle crissent des pas, coassent les corneilles et se déplacent des êtres fabuleux au gré de notre imaginaire. Cette <em>Reine des neiges</em> est un superbe récit initiatique qui s’achève sur le retour de la belle saison, dont on aimerait qu’il existe une captation, hélas non programmée. La neige fond au soleil, c’est parfois bien dommage, mais au moins, reste cette douce chaleur de l’été qui revient, de la vie vers laquelle on retourne. On ne saurait trop recommander d’aller se plonger dans ce conte de fée lyrique et onirique.</p>
<p> </p>
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