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	<title>Huanhong Livio LI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Huanhong Livio LI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>10e Leyla Gencer Vocal Competition — Istanbul</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/10e-leyla-gencer-vocal-competition-istanbul/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Oct 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le soleil se couche sur le Bosphore, révélant à contre-jour la silhouette de Sainte-Sophie et parant de reflets dorés les fenêtres des bâtiments situés sur la rive asiatique d’Istanbul. C’est là qu’il y a seize ans ont été dispersées les cendres de Leyla Gencer, dans les eaux du Bosphore près desquelles elle est née. Celle qui fut l’une des plus grandes interprètes du XXe siècle, surnommée la « fiancée des pirates » car hélas fort peu appelée à enregistrer dans les studios d’enregistrement, consacra la deuxième moitié de sa vie à l’enseignement et à la transmission de son art, qui alliait une technique belcantiste hors pair à un instinct dramatique incandescent.</p>
<p>Après avoir dirigé l’Accademia Teatro alla Scala, une école de jeunes chanteurs à Milan, elle appela de ses vœux la création d’un concours de chant lyrique en Turquie. La première édition de la « Leyla Gencer Voice Competition » eut lieu en 1995. La compétition révéla de nombreux chanteurs, comme Marcelo Álvarez, Pretty Yende, Nino Machaidze ou bien encore Anita Rachvelishvili (troisième prix en 2008 !). Elle est aujourd’hui chapeautée par la Fondation d’Istanbul pour la Culture et les Arts, le Borusan Sanat et l’Accademia Teatro alla Scala. Pour la dixième édition de la compétition, le président du jury est Stéphane Lissner, surintendant du Teatro San Carlo de Naples, entouré de deux chanteurs et de personnalités représentant diverses maisons d’opéra (le Deutsche Oper, la Scala, le Royal Opera House et l’Opéra de Tbilissi).</p>
<p>Après avoir épluché la centaine de candidatures reçues cette année, le jury a appelé 42 jeunes chanteurs et chanteuses à se rendre aux quarts de finale pour être entendus <em>dal vivo</em>. Venait ensuite l’étape de la demi-finale, au terme de laquelle 8 chanteurs ont été choisis – cinq sopranos, une mezzo, un baryton et une basse – pour présenter un air devant le jury et un public venu nombreux ce soir-là au Cemal Reşit Rey Concert Hall.</p>
<p>L&rsquo;ordre de passage suivant l&rsquo;ordre alphabétique, c&rsquo;est à la soprano mexicaine <strong>Fernanda Allande</strong> que revient la difficile tâche d’inaugurer la finale de la compétition, avec l’air de <em>Thaïs</em> «&nbsp;Dis-moi que je suis belle&nbsp;». Le matériau vocal est assez impressionnant, le timbre riche, la tessiture maîtrisée, mais elle masque difficilement une anxiété bien compréhensible : la tenue de la ligne s’en ressent et le jeu est affecté. Ses mérites ont tout de même été salués par le jury, qui lui décerne le prix spécial du «&nbsp;Royal Opera House Jette Parker Young Artists Programme&nbsp;».</p>
<p>Lui succède ensuite le belge <strong>Leander Carlier</strong>, le plus jeune chanteur de cette finale, avec l’air de <em>Die tote Stadt</em> « Mein Sehnen, mein Wähnen », choix original si on le compare aux autres airs chantés ce soir-là. Le timbre est celui d’un baryton, mais les graves sont assez peu étoffés, tandis que les aigus sonnent clairs et solides. Son interprétation témoigne par ailleurs d’une musicalité rare : le chanteur colore sa voix de pudiques demi-teintes et conduit son phrasé avec une élégance infinie. Ce moment délicat et suspendu ne semble pas avoir marqué le jury, qui ne lui accorde aucun prix, hélas. On peut se demander s’il ne pourrait pas s’épanouir plus amplement dans le domaine de la mélodie et du Lied, mais une telle finesse est précieuse aussi dans le répertoire opératique.</p>
<p>Seule autre interprète à repartir bredouille de la compétition, <strong>Anna Erokhina</strong> possède une voix de mezzo qui a tendance à s’acidifier dans les aigus, avec une émission pharyngée pas toujours plaisante. Son interprétation de « O mio Fernando », extrait de la version italienne de <em>La Favorite</em> de Donizetti, ne manque pas de caractère, mais le rendu est stylistiquement peu orthodoxe, ce qui a pu déplaire au jury. Les graves sont cependant émis d’une voix de poitrine bien projetée et péremptoire, ce qui laisse penser que des rôles avec un centre de gravité bas pourrait mieux lui convenir.</p>
<p>La soprano géorgienne<strong> Anna Imedashvili </strong>présente, dans l’air extrait <em>d’Un ballo in maschera</em> « Ecco l’orrido campo », une voix plutôt voilée, avec une palette de couleurs assez limitée et peu de variations dynamiques. L’artiste est cependant très émouvante, d’une belle stature, ce qui lui permet de remporter malgré tout le prix spécial de l’Opéra de Tbilissi.</p>
<p>Accueillie par les membres d’un fan club venus nombreux, la soprano turque <strong>Nazlıcan Karakaş</strong> est ici chez elle et c’est avec un aisance non dissimulée qu’elle entame la valse de Juliette issue du <em>Roméo et Juliette</em> de Gounod. Le timbre est charmant, fruité, mais le chant manque de soutien, ce qui donne l’impression qu’elle chante souvent trop bas. Chaque effet vocal est annoncé au public avec une complicité évidente et l’interprétation est vivifiée par son air espiègle, ce qui donne une grande fraîcheur au personnage de Juliette. Sans surprise, elle reçoit le prix du public, mais aussi le deuxième prix du jury, ce qui nous étonne personnellement, mais la décision d’un jury, comme les avis d’un critique, reste amplement subjective.</p>
<p>Les trois derniers interprètes sont justement, pour nous, des révélations. <strong>Maria Knihnytska</strong>, d’abord, soprano ukrainienne de 29 ans qui a toutes les qualités possibles : un timbre séduisant, une présence scénique remarquable, un art du legato consommé et une technique qui lui permet de colorer élégamment son interprétation de « So anch&rsquo;io la virtù magica ». Cet air virtuose et difficile de Donizetti est exécuté, nonobstant les trilles absents, d’une manière proche de l’idéal, d’autant plus que l’interprète incarne son personnage des pieds à la tête. Elle n’obtient que le troisième prix du jury, mais elle est assurément une chanteuse à suivre de près !</p>
<p>Récompensé par plusieurs prix – le prix spécial du Deutsche Oper, le prix spécial de l’orchestre Borusan et surtout le premier prix du jury – <strong>HuanHong Li</strong> est une basse chinoise impressionnante. Il déploie dans l’air de la calomnie du <em>Barbier de Séville</em> une voix riche et ample, solide sur l’ensemble de la tessiture. Ses mimiques faciales sont un peu exagérées pour illustrer la fourberie de Basilio, mais cela fait partie des attendus qui comblent le public. Après avoir reçu le premier prix, il est invité à bisser son air, où il se révèle encore plus à l’aise, maîtrisant superbement son instrument, jusqu’à un aigu final interpolé qui finit de mettre la salle en délire.</p>
<p>Enfin, c’est à la soprano mexicaine <strong>Jennifer Mariel Velasco</strong> de s’avancer, habitée, avant même de chanter, d’une charge émotionnelle renversante. La voix n’est pas des plus belle, car le vibrato est vraiment très présent, mais elle sait conduire son instrument là où elle l’entend et sa version de l’Hymne à la lune de <em>Rusalka</em> est l’une des plus sensibles qu’on puisse imaginer. Avec elle, on a l’impression de comprendre le tchèque, tant elle est pénétrée de la situation du personnage et impose sa présence frémissante. Alors qu’elle devait repartir sans récompense, Stéphane Lissner crée pour elle un prix surprise, le prix spécial du Teatro San Carlo, pour l’inviter à venir chanter un récital à Naples. Grâce lui soit rendue, car de telles personnalités artistiques sont rares et méritent d’être connues.</p>
<p>Le <strong>Borusan Istanbul Philharmonic Orchestra</strong> n’a rien à envier aux phalanges les plus réputées et peut faire valoir ses qualités dans deux morceaux orchestraux, l’Intermezzo de <em>Manon Lescaut</em> de Puccini et la Sinfonia de <em>La forza del destino</em> de Verdi. Les instrumentistes jouent avec un enthousiasme visible et plusieurs solistes impressionnent, notamment parmi les bois. <strong>Pietro Mianiti</strong>, un de leurs directeurs musicaux, dirige l&rsquo;ensemble de la soirée avec beaucoup de probité mais sa battue se fait parfois trop lente.</p>
<p>Cette soirée pleine de promesses se referme sur la remise des prix, accueillie par un public exalté et comportant de nombreux spectateurs jeunes, ce qui laisse beaucoup d&rsquo;espoir sur l&rsquo;avenir de l&rsquo;opéra en Turquie et ailleurs, tant du côté des chanteurs que du public. C&rsquo;est à cela que nous invite les compétitions de « voix nouvelles » ou de « jeunes voix » : l&rsquo;espérance d&rsquo;une continuité artistique et d&rsquo;une communion renouvelée autour de cette forme d&rsquo;art plutôt tournée vers le passé mais qui peut aussi être une promesse d&rsquo;avenir.</p>
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		<title>Leyla Gencer Voice Competition 2024 : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/leyla-gencer-voice-competition-2024-le-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 30 Sep 2024 04:04:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>1er prix&#160;: HuanHong Li (basse, Chine) 2e prix&#160;: Nazlıcan Karakaş (soprano, Turquie) 3e prix&#160;: Maria Knihnytska (soprano, Ukraine) Prix Leyla Gencer du public : Nazlıcan Karakaş (soprano, Turquie) Prix spéciaux&#160;: &#8211; Royal Opera House Jette Parker Young Artists Programme : Fernanda Allande (soprano, Mexique) &#8211; Deutsche Oper Berlin : HuanHong Li (basse, Chine) &#8211; Borusan &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li>1<sup>er</sup> prix&nbsp;: HuanHong Li (basse, Chine)</li>
<li>2<sup>e</sup> prix&nbsp;: Nazlıcan Karakaş (soprano, Turquie)</li>
<li>3<sup>e</sup> prix&nbsp;: Maria Knihnytska (soprano, Ukraine)</li>
<li>Prix Leyla Gencer du public : Nazlıcan Karakaş (soprano, Turquie)</li>
<li>Prix spéciaux&nbsp;:<br />
&#8211; Royal Opera House Jette Parker Young Artists Programme : Fernanda Allande (soprano, Mexique)<br />
&#8211; Deutsche Oper Berlin : HuanHong Li (basse, Chine)<br />
&#8211; Borusan Istanbul Philharmonic : HuanHong Li (basse, Chine)<br />
&#8211; Accademia Teatro alla Scala : Nazlıcan Karakaş (soprano, Turquie)<br />
&#8211; Tbilisi Opera and Ballet State Theatre : Anna Imedashvili (soprano, Géorgie)<br />
&#8211; Naples Teatro di San Carlo : Jennifer Mariel Velasco (soprano, Mexico)</li>
</ul>
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		<title>ROSSINI, Il Barbiere di Siviglia &#8211; Tours</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-il-barbiere-di-siviglia-tours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Oct 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette ouverture de saison, l’Opéra de Tours a joué la carte de la jeunesse avec cette production du Barbier de Séville servie au pupitre par la cheffe associée Clelia Cafiero, qui nous a enchanté à Orange en juillet dernier, et des chanteurs de l’Académie de la Scala venus faire leurs premières armes en France.  &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette ouverture de saison, l’Opéra de Tours a joué la carte de la jeunesse avec cette production du<em> Barbier de Séville</em> servie au pupitre par la cheffe associée <strong>Clelia Cafiero,</strong> qui nous a enchanté à Orange en juillet dernier, et des chanteurs de l’<strong>Académie de la Scala</strong> venus faire leurs premières armes en France.  Ce sang neuf a constitué sans conteste une exaltante tentation pour s’arrimer aux rives de la cité Tourangelle en ce début d’automne. Et nous n’avons pas été déçue. Avec seulement quatre jours de répétitions, l’Opéra de Tours a offert un spectacle de qualité. Et pourtant les moyens ne sont pas légion en cette vaillante maison d’opéra comme l’a rappelé, en début de spectacle, deux représentantes de l’Orchestre Symphonique Région Centre-Val de Loire/Tours dans une élocution à destination du public : l’Opéra de Tours, seul opéra de la région Centre-Est, n’est curieusement pas doté d’un orchestre à demeure. Ses musiciens sont des intermittents au statut précaire et ceux-ci sollicitent désormais le statut salarié au sein d’un orchestre permanent.</p>
<p>Après cette introduction, au demeurant fort bien accueillie par un public de fidèles à l’évidence très attaché à son opéra et à ses musiciens, <em>Le Barbier</em> faisant salle comble, le rideau s’est ouvert sur un décor en bord de mer, avec ponton et terrasse en bois et chaises longues. D’apparence classique, la transposition imaginée par la metteuse en scène, <strong>Emilie Delbée,</strong> dans une station balnéaire des année 30 inspirée du Deauville de Coco Chanel, offre un écrin idéal au propos du <em>Barbier de Séville</em> : un lieu où toutes les classes sociales cohabitent, un espace de liberté ouvrant tous les champs des possibles en faisant fi du carcan des conventions. L’idée est intéressante et méritait un autre décor que ces éléments fixes et immuables de ce bord de mer (il a été toutefois fait au mieux compte du temps imparti et des moyens octroyés). On pourra également regretter les effets faciles ou inutiles, comme ce homard géant qui vient se mêler aux protagonistes en bord de mer ou ce canapé installé en plein milieu de cette plage sans que cela ait une quelconque justification. Mais Emilie Delbée vient du théâtre, et cela se voit dans la remarquable direction d’acteurs qui tire à merveille partie du talent de comédien de certains chanteurs ainsi que des excentricités et des costumes de bain improbables du formidable Bartolo de <strong>Franck Leguérinel</strong>. L&rsquo;air de <em>La calumnia</em> est presque un ballet chorégraphié entre un Basilio menaçant et Bartolo apeuré, où la rumeur s’insinue, tel un serpent dansant, pour faire et défaire les réputations et redistribuer ainsi les cartes du destin, en maniant l’art visqueux de la contrevérité. Cette dynamique galvanisante baignée dans les somptueux jeux de lumière de <strong>Elliot Ganga</strong> (vaste palette pictural allant de l’orange clair au rouge carmin, pour finir sur un clair-obscur particulièrement étudié à la fin du deuxième acte) confère une fraicheur indéniable à cette production qui devient ainsi un écrin idéal pour cette distribution de jeunes chanteurs pleine d’allant. La fluidité de leurs jeux, leur interaction sur scène, et leur complicité évidente avec la fosse d’orchestre, où officiait Clelia Cafiero, ont indéniablement contribué au succès de cette soirée.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/BG36HD%C2%A9MariePetry-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1696955466743" />© Marie Pétry</pre>
<p>Les élèves de l’Académie de la Scala se montrent déjà ici à la hauteur de la tâche qui les attend en professionnels de la scène lyrique. Le Figaro de <strong>Sung-Hwan Damien Park</strong> à la voix solide et puissante et au timbre soyeux est un feu follet à l’évident talent d’acteur, tant il joue à fond la carte des ressorts comiques de son personnage. Il a une aisance et une assurance déconcertante sur scène et a parfaitement saisi l’italianité de son personnage. S’éloignant du stéréotype de la jeune fille sous tutelle diaboliquement astucieuse et vainement capricieuse, <strong>Mara Gaudenzi</strong> propose de Rosina le portrait moderne d’une jeune femme libre et déterminée. Il y a dans l’agilité de cette voix souple, aux belles couleurs, une intensité expressive qui dépasse la seule virtuosité vocale qui fait de « Contro un cor che accende amore » un moment de pure émotion. Elle a déjà une dimension professionnelle évidente. Après un « Ecco ridente in cielo » en demi-teinte en ouverture, où sa voix manque de souplesse et d’homogénéité, le ténor <strong>Pierluigi d’Aloia</strong> s’est repris pour interpréter un Almaviva élégant dans « Se il mio nome saper voi bramate ». Sur le plan dramatique, il sait à merveille habiter les différentes facettes du personnage, de l’histrion se parant de divers travestissements pour se jouer de Bartolo, à l’homme porté par les raisons du cœur. En Bartolo, <strong>Franck Léguérinel</strong> se délecte des élucubrations de son personnage dans une interprétation débridée. Les moyens vocaux sont quelque peu limités, l’âge aidant, mais son « A un dottor della mia sorte » est sur le plan scénique hilarant à souhait, interprété dans une tenue de bain des plus seyantes. Quant au Basilio de <strong>Huanhong Livio Li</strong>, même s’il s’abandonne à une certaine théâtralité, dans l’air de la Calomnie, il ne tombe jamais dans les écueils de l’exagération. En revanche, son interprétation manque d’<em>italianità </em>et le chanteur a tendance à trop se réfugier dans le parlando. Le timbre est séduisant mais sans doute peu habitué à se confronter aux exigences de la scène, il n’est pas toujours dans le tempo, obligeant la cheffe  à le ramener sans cesse dans la dynamique des ensembles vocaux. La spirituelle <strong>Greta Doveri</strong> dans le rôle de Berta, au timbre suave et chaud, a enchanté le public avec un abattage et une verve à toute épreuve dans « Il vecchiotto cerca moglie ». Omniprésente sur scène même quand elle ne chante pas (nous gratifiant d’un superbe plongeon dans ce qui est censé être la mer au bout du ponton en arrière-scène), cette Berta rappelle ainsi ironiquement à Rosina qu’elle n’est pas la seule femme de l’histoire…</p>
<p>Notre attention s&rsquo;est également porté sur la fosse où Clelia Cafiero était au pupitre, poursuivant sur la lancée de cette direction habitée mais sans emphase de <em>Carmen</em> aux Chorégies le 8 juillet dernier. Elle confère ici à sa direction une grande douceur visant à valoriser les voix dans les passages les plus virtuoses des airs. Toutefois, loin de n’être qu’une cheffe d’orchestre lyrique attentive aux chanteurs, elle sait mettre en lumière, dans un style subtil et élégant , toutes les nuances du tissu orchestral rossinien d’inspiration mozartienne, ce qui échappe à bien des chefs qui préfèrent dans Rossini opter pour une cavalcade débridée dans un tempo affolé. Clelia Cafiero prend quant à elle tout son temps, les chanteurs respirent, l’orchestre se fait orfèvre des détails et de la précision. L’ouverture en est, à cet égard, une belle illustration. La cheffe y associe habilement sens de la mesure et expressivité jusque dans chacun des motifs des solos de flûte et de percussion. Elle insuffle une <em>italianità</em> évidente là ou certains interprètes peine à en capter l’âme. Elle vient ainsi à leur soutien en les ramenant par la musique à l’essence même de l’œuvre.  Cette lecture, qui met en avant le soyeux et brillance du <em>Barbier de Séville</em>, a littéralement conquis le public.</p>
<p>C’est en effet sous une pluie diluvienne d’applaudissements que s’est achevée la représentation, les spectateurs congratulant toute à la fois la cheffe, les jeunes interprètes, et le travail scénographique. Cet après-midi à Tours s’annonçait agréable, il s’est révélé délicieux, comme un présent de fin d’année dont il nous est fait l’offrande avant l’heure.</p>
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