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	<title>Christian HÜBNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Christian HÜBNER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Christoph Graupner &#8211; Easter Cantatas</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 10 Jul 2021 04:57:36 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>S’il fut le contemporain exact de Rameau, c’est évidemment de Bach, Telemann ou Haendel qu’il faut le rapprocher. Christoph Graupner, le Saxon, nous laisse une œuvre d’une richesse incroyable : plus de 1500 cantates, sacrées pour l’essentiel, une dizaine d’opéras (Graupner de premier choix), plus de 50 symphonies, des concertos, quantité de musique instrumentale et pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>S’il fut le contemporain exact de Rameau, c’est évidemment de Bach, Telemann ou Haendel qu’il faut le rapprocher. Christoph Graupner, le Saxon, nous laisse une œuvre d’une richesse incroyable : plus de 1500 cantates, sacrées pour l’essentiel, une dizaine d’opéras (<a href="/cd/antiochus-und-stratonica-graupner-de-premier-choix">Graupner de premier choix</a>), plus de 50 symphonies, des concertos, quantité de musique instrumentale et pour clavier.</p>
<p>Elève de Kuhnau, ami de Telemann, rencontré à Leipzig, qu’il devança à Hambourg, il dut renoncer à postuler à Saint-Thomas de Leipzig, convoité par Johann Sebastian Bach, son prince-employeur refusant de se priver de ses services. Le jugement est bien connu, traduisant la déception des édiles de la capitale saxonne : « Da man nun die Besten nicht bekommen könne, so müsse man mittlere nehmen » [Si vous ne pouvez pas obtenir le meilleur, vous devez vous contenter du moyen].</p>
<p>Une vingtaine de CD permettent maintenant d’apprécier son œuvre religieuse, fascinante d’invention. La composition des quatre cantates retenues, pour les quatre dimanches de Pâques, s’étale sur presque trente ans (entre 1719 et 1743, pour être précis). Aucune d’entre elles ne semble avoir été enregistrée auparavant, malgré la patiente et fructueuse exploration du projet que conduit CPO (4 volumes de cantates de la Passion). Tous les livrets sont du même auteur (Johann Conrad Lichtenberg, superintendant à Darmstadt, contemporain du compositeur) auquel Graupner emprunte l’essentiel de ses textes de cantates. Si toutes s’achèvent naturellement sur un choral, chacune d&rsquo;elles compte invariablement sept numéros. Nourries aux mêmes sources que celles de Bach, elles sont d’une écriture tout aussi raffinée, riches en symbolismes comme en figuralismes expressifs. Pour autant elles ne sauraient être confondues avec celle du Cantor. L’écriture porte la marque d’une approche différente et singulière, qu’il s’agisse des voix comme des instruments et de leurs combinaisons.</p>
<p>Les chorals y sont traités avec une souplesse rare, avec une basse continue alerte, ductile. Le chœur d’enfants <em>Capella Vocalis</em> traduit fidèlement l’esprit qui devait présider à l’exécution de ces cantates. A la tête de son ensemble <em>Pulchra Musica</em>, <strong>Christian Bonath</strong> insuffle une vie remarquable à chacune des pièces. La fluidité du propos, conjuguée à une métrique et à une rythmique efficaces, la dynamique et le jeu des couleurs n’appellent que des éloges. Jamais compassé, toujours frais, allant comme recueilli, l&rsquo;enregistrement a tout pour séduire.</p>
<p>Familier de ce répertoire comme ses amis chanteurs et instrumentistes, le ténor <strong>Sebastian Hübner</strong>, bien que ne chantant qu’un seul véritable air (« Freude über Freude », pour le premier jour de Pâques), intervient le plus fréquemment au travers des récitatifs et accompagnatos comme une sorte d’Evangéliste. Son bref lamento introductif de la cantate « Ihr werdet traurig sein » est superbement conduit. La voix, claire, expressive, bien projetée, sert ces textes avec une indéniable conviction. <strong>Johannes Hill</strong>, basse, se voit confier une aria par cantate (et un duo avec l’alto dans la dernière). « Mein Herz », de celle du Jeudi-Saint, fait intervenir une ritournelle citant « Wie schön leuchtet der Morgenstern ».  Son air « Ich will mit Jesu gerne sterben » (pour le Vendredi-Saint) est d’une force singulière. <strong>Jan Jerlitschka</strong>, l’alto, n’intervient que dans les cantates extrêmes ; dans l’unique duo « Ach, Zions Hoffnung », sa voix se marie idéalement à celle de la basse, fraîche, d’un modelé superbe.</p>
<p>Un enregistrement à découvrir pour ses beautés propres, mais aussi pour mieux connaître les multiples facettes de la foisonnante création baroque luthérienne.</p>
<p>Le livret est exclusivement en allemand, hélas pour les non-germanistes, et comporte les textes chantés.</p>
<p> </p>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-nantes-inabouti-et-malchanceux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Mar 2018 08:02:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Donné à Rennes au printemps 2017, avec une distribution vocale identique, à Florestan près, on était en droit d’attendre de cette reprise de Fidelio un engagement renforcé des solistes. Las, les coups du sort, les faiblesses de la direction et de l’orchestre, les insuffisances de la direction d’acteurs comme celles de certains chanteurs ont altéré &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Donné à Rennes <a href="/fidelio-rennes-leonore-soulages-et-larchitecte">au printemps 2017</a>, avec une distribution vocale identique, à Florestan près, on était en droit d’attendre de cette reprise de <em>Fidelio</em> un engagement renforcé des solistes. Las, les coups du sort, les faiblesses de la direction et de l’orchestre, les insuffisances de la direction d’acteurs comme celles de certains chanteurs ont altéré le spectacle. Un rideau de scène qui s’arrête à un peu plus d’un mètre du sol, voilà qui est fâcheux pour commencer le premier duo. D’autant que cet incident intervient après une ouverture décevante, bâclée. Rocco, manifestement à la peine au premier acte, dont on annonce que, souffrant, il accepte néanmoins d’assurer le second, il y a de quoi déstabiliser les interprètes.</p>
<p>L’ouvrage se prête difficilement à la mise en scène, avec ses très nombreux ensembles, relevant parfois davantage de l’oratorio que de l’opéra. Cependant la caractérisation de chacun des acteurs du drame ne saurait relever que de leur seule production vocale. <strong>Philippe Miesch</strong>, dont c’est la première mise en scène, oppose naturellement l’obscurité à la lumière. De grands panneaux – dont les noirs mats ou brillants suggèrent l’univers de Soulages, comme le signalait justement Tania Bracq – où portes et guichets s’ouvrent selon les besoins, le procédé est banal et fait aussi penser à un calendrier de l’Avent. Les costumes sont contemporains, neutres, exceptés les uniformes peu seyants de la pénitentiaire que portent Fidelio et Jaquino. Les vêtements des artistes du chœur, avec quelques touches colorées judicieusement, permettent ainsi de réaliser de beaux tableaux à la faveur de leurs interventions. La dramaturgie reste superficielle, les caractères manquent de profondeur. Seuls Fidelio et Marcelline tirent vraiment leur épingle du jeu. Vocalement, déjà, scéniquement ensuite, malgré le jeu outré imposé à Fidelio (qui se retient au balai pour ne pas défaillir, qui prend la salle pour cible comme je ne sais quelle policière de l’anti-gang).</p>
<p>Epanouie, tonique, familière de l’emploi, <strong>Claudia Iten</strong> est Fidelio. Son air « Komm Hoffnung », attendu, serait un sommet si l’orchestre ne s’y montrait médiocre, en dehors du premier cor, remarquable. Nous avons affaire à une authentique soprano lyrique, aux accents wagnériens, même si, parfois, les aigus sont couverts. Dramatiquement,  il est légitime de s’interroger sur la séduction que ce travesti déguisé en maton peut exercer sur Marcelline. Personnalité équivoque, au goût prononcé pour l’argent, exécutant docile du tyran mais refusant d’assumer le crime, père aimant, partagé entre l’obéissance servile et la compassion, Rocco est complexe. On se souvient du wagnérien puissant (Fafner, Hunding, Hagen) qu’était <strong>Christian Hübner</strong> au <em>Ring</em> de Dijon. Las, si la voix a conservé ses graves profonds, elle semble fragile, faiblement articulée. Son unique air « Hat man nicht auf Gold beineben » souffre de problèmes vocaux bien réels. Malgré une sérieuse bronchite, le chanteur sauve la production acceptant de chanter le second acte. La direction d&rsquo;acteurs réduit ce Rocco à sa plus simple expression. D&rsquo;autre part, comment croire un instant à la scène où le colosse se dit impuissant à soulever la pierre de la citerne sans l’aide de Fidelio ? N’était son évidente bonne santé, qui contredit les privations et l’épuisement physique imposés par Pizarro, <strong>Donald Litaker</strong> compose un Florestan vocalement de belle tenue. « In des Lebens Frühlingstagen » est convaincant. Saluons aussi le redoutable Sol tenu de l’incise de son récitatif d’entrée, sur « Gott », clair, projeté. Le Pizarro de <strong>Anton Keremidtchiev</strong> ne manque pas de moyens. Pour autant son autorité, sa morgue, sa noirceur, la haine qui l’anime demeurent quelque peu en-deçà des attentes. Voix idéale, fraîche, souple et puissante, avec des aigus d’une légèreté de rêve, <strong>Olivia Doray</strong> nous vaut une des satisfactions de la soirée. On se prend à regretter que le rôle de Marcelline soit secondaire et qu’il disparaisse du second acte, en dehors du finale. « O wär ich schon mit dir vereint » est un bijou, les nombreux ensembles auxquels elle participe sont autant de bonheurs. Elle chantera Anna, de <em>la Nonne sanglante</em>, de Gounod, à Favart en juin. A suivre. Jaquino est faiblement caractérisé par le livret et par Beethoven, le rôle apparaît secondaire. Le nôtre, <strong>Andreas Früh</strong>, remplit correctement son contrat.  On devine l’héritage mozartien, mais ce Jaquino paraît bien pâle. Don Fernando, n’apparaît qu’à la dernière scène de cette pièce à sauvetage. <strong>Pablo Arranday</strong>, jeune baryton d’origine mexicaine, manque d’autorité pour imposer le ministre clairvoyant qui châtie le tyran et rétablit la justice.</p>
<p>La richesse de l’écriture orchestrale échappe pour part à l’audtion tant la lecture est plate, inaboutie. L’orchestre se cherche, approximatif, scolaire, pâteux, aux attaques et finales souvent incertaines. C’est fade, terne, uniforme, brouillon. <strong>Erki Pehk</strong> nous vaut une direction confuse, fébrile, imprécise et sans âme. Le chef confond dynamique et précipitation. C’est particulièrement flagrant dès la fin jubilatoire de l’ouverture, <em>presto</em>, comme dans le chœur final, où il impose un tempo insoutenable au chœur. Qui serait capable d’articuler le texte à cette vitesse ? La marche annonciatrice de l’arrivée de Pizarro, au caractère fier et autoritaire, est ici souriante, guillerette. Manifestement le courant a du mal à passer avec les musiciens de l’orchestre. Le chœur dont les interventions sont des réussites, est clair, articulé, sonore, d’une grande cohésion, avec des phrasés et une dynamique qu’il faut saluer. L’exigence de <strong>Xavier Ribes</strong> auquel on est redevable de sa préparation a porté de beaux fruits.</p>
<p>Une distribution très inégale, inappropriée, aux faiblesses nombreuses, une direction et un orchestre calamiteux, une dramaturgie balbutiante, oublions.</p>
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