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	<title>Eric HUCHET - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Eric HUCHET - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Das Rheingold &#8211; Marseille</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-marseille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 12 May 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Et si les metteurs en scène arrêtaient de fumer la moquette, wagnérienne notamment. S’ils se contentaient de mettre leur talent au service de l’œuvre, plutôt que de s’excaver la cervelle à la recherche d’un concept, le plus souvent mauvais. A Marseille, une nouvelle production de L’Or du Rhin plaide en faveur de ce retour à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Et si les metteurs en scène arrêtaient de fumer la moquette, wagnérienne notamment. S’ils se contentaient de mettre leur talent au service de l’œuvre, plutôt que de s’excaver la cervelle à la recherche d’un concept, le plus souvent mauvais. A Marseille, une nouvelle production de <em>L’Or du Rhin</em> plaide en faveur de ce retour à l’humilité – qui ne signifie pas pauvreté – à rebours <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-das-rheingold-paris-bastille/">des récents égarements parisiens de Calixto Bieito</a>. <strong>Charles Roubaud</strong> n’essaye pas de faire rentrer au forceps dans le prologue du Ring ses angoisses, visions, combats existentiels ou politiques – rayer la ou les mentions inutiles. Tout juste déplace-t-il le premier tableau dans une banque où Alberich, converti en technicien de surface, tentera de lutiner les Filles du Rhin avant de s’emparer du précieux métal entreposé dans un coffre-fort géant. L’idée ne sera pas plus développée ; dès la deuxième scène, le récit poursuit son cours dans son cadre littéral, aidé d’un plateau circulaire et des vidéos de <strong>Julien Soulier</strong> – belle projection du Walhalla en fond de scène, à la façon d’un château doré imaginé par Walt Disney. Les images se succèdent, rivalisant de prouesses techniques, des métamorphoses d’Alberich à la montée des dieux dans leur Trump Tower. A en juger par l’enthousiasme de la salle à l’issue de la représentation, que demande le public, si ce n’est qu’on lui raconte une histoire, telle qu’il l’aime et telle qu’il la comprend. Retrouver son âme d’enfant sans se poser plus de questions, par Wotan, que c’est bon ! – même si cette illustration ne prend en compte les enjeux théâtraux de l’œuvre qu’à travers certains personnages. A l’évidence, Loge et Alberich ont plus inspiré le metteur en scène que les géants et les dieux du Walhalla.</p>
<p>La narration puise aussi sa force dans la direction de <strong>Michele Spotti</strong>. Pour son baptême wagnérien, le maestro conduit d’une main de fer un orchestre dispersé jusque dans les loges latérales. L’exiguïté de la fosse marseillaise oblige à un tel dispositif avec ce que cela ajoute de difficulté en termes de précision mais aussi, pour le spectateur, d’immersion dans la partition. Chef de vision par la façon dont le Rhin liminaire charrie son flux de musique, du mi bémol initial à l’ascension du Walhalla, et chef de détail par la netteté avec laquelle se détachent les leitmotivs, Michele Spotti sculpte la matière instrumentale d’un geste puissant. La large palette sonore dans laquelle il trempe sa baguette, du murmure au fracas, est un procédé narratif imparable. L’attention portée au dialogue entre chanteurs et instruments – cordes, cuivres, percussion, tous galvanisés –, est gage d’intelligibilité dramatique. Ainsi avance le discours, libre mais contrôlé, sans que jamais la battue ne relâche sa tension.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Rheingold-Marseille-2-c-Camille-Rovera.jpg" />© Camille Rovera</pre>
<p>Ce n’est pas un mince exploit de la part de l’Opéra de Marseille de proposer dans un opéra de Wagner une distribution française pour l’essentiel. Un tel tour de force n’aurait sans doute pas été possible il y a une dizaine d’années – dans une actualité lyrique anxiogène, le moindre signal positif mérite d’être souligné. Tous les chanteurs, ou presque, trempent pour la première fois dans l’eau du Rhin et le naturel avec lequel ils s’ébattent dans le chant wagnérien n’est pas la moindre des satisfactions de la matinée. Tous sans exception possèdent l’endurance, la projection suffisante pour surmonter un orchestre dont Michele Spotti règle le volume à bon escient – on l’a dit. Tous maîtrisent la déclamation et le nerf de l’écriture.</p>
<p>La distribution offre même la surprise de noms que l’on n’aurait pas imaginés dans ce répertoire. <strong>Eric Huchet</strong>, offenbachien accompli, sangle l’armure de Froh avec une facilité déconcertante. <strong>Yoann Dubruque</strong>, souvent apparenté à Mozart, lance d’un trait sûr les appels de Donner. <strong>Patrick Bolleire </strong>(Fasolt) et <strong>Louis Morvan</strong> (Fafner) se hissent à la hauteur des Géants, sans charbonnage ni caricature, dans une incarnation d’une sobre puissance. Loin de l’image de la marâtre acariâtre, d’une sensualité au contraire provocante, <strong>Marion Lebègue </strong>prête à Fricka un mezzo-soprano qui nous semble avoir encore gagné en chair et en ampleur. Sous la blonde chevelure de Freia toutes griffes dehors et tous aigus acérés, <strong>Elodie Hache</strong> laisse transparaître les sommets héroïques qu’elle pourrait un jour conquérir. En Erda, <strong>Cornelia Oncioiu</strong> suspend le temps par la seule densité de son chant, long et tenu. <strong>Marius Brenciu</strong> glapit Mime avec beaucoup de conviction et les Filles du Rhin – <strong>Amandine Ammirati</strong> (Woglinde), <strong>Marie Kalinine</strong> (Wellgunde), <strong>Lucie Roche </strong>(Flosshilde) – ondoient à l’unisson tout en préservant leur individualité. Le plus surprenant de tous reste <strong>Samy Camps</strong>, que l’on pensait ténor lyrique, voire léger, épousant toutes les ambiguïtés de Loge d’une voix incisive et claire, évoluant d’un pas souple, tant scéniquement que vocalement, au sein du drame dont il tire les ficelles avec brio.</p>
<p>Alberich peut-il être séduisant ? Telle est la question soulevée par <strong>Zolt</strong><strong>án Nagy</strong> en mal de bile et de noirceur, trop lumineux de prime abord pour l’âme damnée du Nibelung. Mais le chanteur transylvanien trouve en lui des ressources insoupçonnées pour proférer sans faillir une malédiction de l’anneau, peut-être moins effrayante que d’autres, mais plus insidieuse.</p>
<p>Après <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-fliegende-hollander-rouen/">un <em>Fliegende Holländer</em> à Rouen salué par notre confrère Clément Taillia</a>, <strong>Alexandre Duhamel</strong> ajoute un deuxième fleuron wagnérien à son palmarès. Là où le Hollandais repose sur une obsession unique, Wotan concentre des contradictions immenses : puissance, désir, peur, renoncement, culpabilité. C’est ce camaïeu de sentiments que donne à entrevoir le baryton français avec les moyens qui lui sont propres : une présence massive, une matière dense, graniteuse, un medium solide, un aigu dont la relative fragilité trahit la faiblesse du dieu et un legato de violoncelle qui maintient jusque dans les élans les plus sombres une ligne d’une grande humanité.</p>
<p>Il est de coutume de conclure un compte rendu de <em>Das Rheingold</em> sur des perspectives : à la lumière de ce premier jalon, que peut augurer la suite du cycle ? À Marseille, la question se pose en d’autres termes. <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/die-walkure-marseille-se-mefier-des-prejuges/">Die Walküre</a></em>, deuxième volet de la saga, a déjà vu le jour en 2022 dans les conditions contrariées de la pandémie. La saison prochaine, <a href="https://www.forumopera.com/breve/marseille-2026-27-grands-operas-grandes-voix-grande-saison/">dévoilée récemment</a>, n’annonce ni une reprise de cette première journée, ni une nouvelle production de la suivante – <em>Siegfried</em>. Qu’en sera-t-il des années à venir ? Dans le contexte actuel, l’effort budgétaire qu’exige la poursuite d’un <em>Ring</em> apparaît plus que jamais suspendu à la volonté des institutions. Mais il serait dommage d’en rester là.</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro (distr. B)- Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-distr-b-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Dec 2025 06:38:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Succès absolu pour la reprise des Noces de Figaro selon Netia Jones à Garnier dont les quatorze représentations se sont jouées à guichet fermé. Nous avions déjà écrit à l’occasion de la première du 15 novembre, ce que nous pensions de la production, somme toute astucieuse, qui privilégie l’aspect comique de l’ouvrage et capte durablement &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Succès absolu pour la reprise des <em>Noces de Figaro</em> selon Netia Jones à Garnier dont les quatorze représentations se sont jouées à guichet fermé. Nous avions déjà écrit à l’occasion de<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-paris-garnier/"> la première du 15 novembre</a>, ce que nous pensions de la production, somme toute astucieuse, qui privilégie l’aspect comique de l’ouvrage et capte durablement l’intérêt du spectateur. Force est de reconnaître que cette nouvelle vision met en lumière certains éléments qui finissent par paraître répétitifs, comme ces extraits de la pièce de Beaumarchais écrits sur le rideau de scène, ou d’autres qui s’avèrent superflus comme le dispositif du premier acte qui représente trois loges d’artistes côte à côte. L’action principale se joue à l’intérieur de la loge centrale, tandis que, sur les côtés, nous assistons à des actions secondaires, censées éclairer le comportement des personnages, alors qu’en fait elles détournent l’attention du public. Malgré tout, ce spectacle conserve son aspect original et distrayant jusqu’à l’apparition éblouissante en fond de scène, du foyer de la danse durant l’ensemble final</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/%C2%A9-Franck-Ferville-OnP-2-1294x600.jpg" />© Franck Ferville / OnP</pre>
<p>Pour les deux dernières représentations, la distribution a partiellement changé, accueillant de nouveaux interprètes pour les rôles principaux dont certains sont issus de la troupe de l’Opéra de Paris. <strong>Franck Leguérinel</strong> amuse toujours autant l’auditoire avec son Antonio buté et cocasse. <strong>Monica Bacelli</strong> est égale à elle-même dans son numéro d’<em>executive woman </em>affairée, de même que <strong>James Creswell</strong>, imposant Bartolo à la voix sonore et aux graves profonds. <strong>Eric Huchet</strong>, habitué du personnage, campe un Basile obséquieux et médisant à souhait. Le timbre juvénile de <strong>Boglárka Brindás</strong> ne passe pas inaperçu dans son air « L’ho perduta, me meschina », chanté avec une naïveté touchante. <strong>Seray Pinar </strong>campe un délicieux Cherubino à tout point de vue. Scéniquement convaincante dans son jogging rouge, la mezzo-soprano turque, chante avec une voix assurée et agile « Non so più » au premier acte avant de proposer à l’acte suivant un « Voi che sapete » délicatement nuancé. Montée en grade pour <strong>Ilanah Lobel-Torres</strong> qui après avoir chanté Barberine lors des premières représentations incarne à présent une Susanne piquante, dotée d’un medium consistant, qui livre au dernier acte un « Deh vieni non tardar » irréprochable. <strong>Margarita Polonskaia</strong> aborde son « Porgi amor » avec une voix solide et une belle projection, cependant le registre aigu n’est pas exempt de duretés. Il faut dire qu’aborder cet air sans que la voix ait eu le temps de se chauffer est un exercice périlleux. Elle se montre plus à son aise dans « Dove sono i bei momenti » dont on aura apprécié la reprise en demi-teintes. Si les premières représentations tournaient autour du comte Almaviva bouillonnant et totalement déjanté de Christian Gerhaher, le centre de gravité du spectacle s’est déplacé sur le personnage de Figaro. Non que <strong>Jérôme Boutillier</strong> ait démérité de quelque manière que ce soit, bien au contraire. Très à l’aise sur le plateau, le baryton français incarne un comte plus introverti, souvent sur la réserve, dont les colères froides ne sont pas moins convaincantes. Le timbre est somptueux et le style tout à fait accompli. Triomphateur de la soirée à l’applaudimètre, <strong>Vartan Gabrielian</strong>, campe un Figaro éblouissant. Doté d’une voix d’airain, sonore et bien projetée, le baryton arménien séduit le public dès son premier air « Non più andrai », enjoué et tendrement moqueur. Tout au long de la soirée, son Figaro jovial et rusé capte durablement l’attention. Le récitatif de son air du quatrième acte « Aprite un po’ quegl’ occhi » est théâtralement habité et l’air impeccablement interprété. <br />Toujours aussi respectueux du style de cette musique, <strong>Antonio Manacorda</strong> n’a pas évité pour autant quelques décalages. Sa direction soignée lui a cependant valu un bel accueil du public au salut final</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole &#8211; Paris 2022</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/offenbach-la-perichole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi imagine-t-on avec difficulté la Périchole dans une mise en scène « contemporaine », au milieu d’immondices, dans une décharge ou dans une favela ? Et pourquoi l’évocation d’une Amérique du sud folklorique est-elle bien souvent tout aussi insatisfaisante ? Et pourtant il faut bien choisir entre ces extrêmes, car si l’on en reste aux personnages, on risque d’être &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi imagine-t-on avec difficulté la Périchole dans une mise en scène « contemporaine », au milieu d’immondices, dans une décharge ou dans une favela ? Et pourquoi l’évocation d’une Amérique du sud folklorique est-elle bien souvent tout aussi insatisfaisante ? Et pourtant il faut bien choisir entre ces extrêmes, car si l’on en reste aux personnages, on risque d’être un peu gêné par la minceur de l’argument de base. De fait, cette œuvre d’Offenbach n’est pas des plus populaires, malgré le nombre croissant de productions théâtrales, et cela peut aussi expliquer la minceur du catalogue des enregistrements CD, avec le plus souvent des vedettes internationales inadaptées à ce répertoire.</p>
<p>La vidéo n’est pas mieux servie, puisque l’on n’en compte que deux : <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/gentiment-mignon/">celle de Compiègne en 1995, avec Lucile Vignon</a>, dont Laurent Bury disait « Ce DVD est la preuve que l’on ne peut plus jouer <em>La Périchole </em>comme on le faisait il y a deux siècles, ou même il y a 40 ans, quand l’œuvre faisait en 1969 les beaux soirs du théâtre de Paris, avec notamment Jane Rhodes et Jean Le Poulain. » Et quelques années plus tard, l’hilarant massacre à la tronçonneuse de Jérôme Savary avec sa « chanteuse et le dictateur » (1999-2007), dont on retiendra essentiellement la chute de la Périchole, « un peu grise », dans la fosse d’orchestre… Et depuis, quelques vidéos sur Internet, mais pas de nouveau DVD au catalogue officiel.</p>
<p>La présente édition se justifie donc de prime abord pour combler cette importante lacune vidéographique. Or on a tout lieu d’être inquiet quand on lit le compte rendu de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-opera-comique-venez-voir-les-chiens-savants/">ce spectacle donné à l’Opéra-Comique le 17 mai 2022</a>, dans lequel Guillaume Saintagne soulignait « Malheureusement, la mise en scène de <strong>Valérie Lesort</strong> semble ne vouloir surligner que l’aspect bouffe de l’opéra, jusqu’à l’indigestion. » (…) « Ce soir, on croit plutôt assister à un spectacle de Jérôme Deschamps sur-vitaminé. »</p>
<p>Mais la captation des 17 et 19 mai, au lieu de laisser le spectateur se perdre en permanence dans l’ensemble de l’espace scénique, recadre tel personnage ou tel détail en gommant ce qu&rsquo;il peut y avoir de gênant ou de superflu. C’est le travail du réalisateur de la vidéo, et en l’occurrence de <strong>François Roussillon</strong>, un orfèvre en la matière. Et grâce à lui, même si l’on peut rester un peu agacé par quelques partis pris, par certains costumes et par le côté parfois un peu « opérette du passé », on finit par être globalement conquis par le spectacle qui se regarde avec plaisir, d’autant plus que la qualité de l’image et du son est tout à fait excellente.</p>
<p>La production repose sur une distribution sans failles, à commencer par <strong>Stéphanie d’Oustrac</strong>, qui campe une Périchole de haut vol. Sans être une spécialiste exclusive d’Offenbach, elle a tout particulièrement brillé dans <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-paris-bastille-et-pourtant-elle-tourne/">la Muse/Nicklausse des <em>Contes d’Hoffmann</em></a>, et dans le rôle-titre de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tout-en-elegance/"><em>La Belle Hélène</em> à Strasbourg (2010)</a> et <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/respect/">à Montpellier (2012)</a>. Ici, elle mêle tous les éléments de son vaste registre, et apparaît tour à tour piquante, coquine, gourmande, espiègle, aguicheuse ou sentimentale. La voix chaude et ample dans tous les registres est à l’unisson, et le jeu scénique parfaitement en phase. Bref, voici une Périchole qui, à n’en pas douter, ne cessera pas de compter dans les filmographies du futur. Son Piquillo, <strong>Philippe Talbot</strong>, est de son côté un balourd sympathique, désarmant de naïveté, parfait contrepoint d’une compagne trop entreprenante. La voix est bien celle du rôle, avec des intonations bien en situation, et une belle ligne mélodique. Enfin, le vice-roi Don Andrès de Ribeira, est interprété par <strong>Tassis Christoyannis</strong> avec beaucoup de doigté, alternant les moments d’autorité avec ceux où il se laisse submerger par le destin. C’est dans les moments les plus dramatiques que sa voix se développe idéalement, pour camper ce personnage si ambigu.</p>
<p>Parmi les personnages de second plan, on retiendra surtout <strong>Éric Huchet </strong>et <strong>Lionel Peintre</strong>, qui n’ont plus besoin de confirmer leur compétence dans tous les domaines, du bien chanter au bien jouer et au bien dire, rendant parfaitement justice au moindre mot. La composition en travesti d’Éric Huchet, en particulier, avec sa poitrine en goguette, restera un morceau d’anthologie. Trois cousines un peu trop traditionnelles mais également bien présentes, et l’amusant prisonnier de <strong>Thomas Morris</strong> armé de son petit couteau complètent une distribution de très bon niveau. L’orchestre et les chœurs, menés tambour battant par <strong>Julien Leroy</strong>, donnent à l’ensemble un allant communicatif. On retiendra donc de cette production vidéo une lisibilité et une clarté parfaites du propos, dans un ensemble plein de lumière, d’humour et de tendresse. Cette captation occupe bien sûr la première place de la vidéographie actuelle de <em>La Périchole</em>.</p>
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		<title>JANÁČEK, La Petite Renarde rusée &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-la-petite-renarde-rusee-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Picard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Jan 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un opéra bien singulier que cette Petite Renarde rusée de Janáček. Non pas seulement parce qu’il met en scène des animaux qui parlent (on s’y est habitué, depuis le Panchatantra et les Fables d’Ésope), mais parce que, conte sans vrai déploiement narratif, il laisse le lyrisme à l’orchestre et fait grouiller sur la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un opéra bien singulier que cette <em>Petite Renarde rusée</em> de Janáček. Non pas seulement parce qu’il met en scène des animaux qui parlent (on s’y est habitué, depuis le <em>Panchatantra</em> et les <em>Fables</em> d’Ésope), mais parce que, conte sans vrai déploiement narratif, il laisse le lyrisme à l’orchestre et fait grouiller sur la scène un microcosme tantôt attendrissant tantôt cruel, qui se croise en passant sans jamais s’arrêter de vivre, dans un mouvement perpétuel qui le conduit de la vie à la mort, puis de nouveau à la vie. Si cette singularité a semblé déconcerter quelques spectateurs lors de la première (qui quittent la salle à l&rsquo;entracte, à moins d&rsquo;une demi-heure du finale), l&rsquo;enthousiasme de la majorité du public salue justement une représentation réussie de l’œuvre de Janáček, qui fait son retour après quinze ans d&rsquo;absence à l&rsquo;Opéra de Paris.</p>
<p>Le premier rôle, sans conteste, est tenu par la fabuleuse écriture orchestrale de Janáček, qui oscille entre simplicité extrême (des inspirations folkloriques et des effets de mimétisme) et audaces harmoniques inattendues. À ce jeu, <strong>l’orchestre de l’Opéra de Paris</strong> excelle sous la baguette de <strong>Juraj Val</strong><strong>čuha</strong> qui faisait ce soir des débuts remarqués dans la maison. Sa sensibilité sert à merveille le flux moiré et délicat de la musique du Tchèque, rendant justice aux élans lyriques qui durent quelques mesures et à leurs contreparties grinçantes ou terribles, mais toujours fugaces. L’orchestre donne ainsi tout son sens à une scène comme celle de l’acte 2 où l’instituteur, ivre, déclare son amour à un tournesol en pensant parler à sa bien-aimée et où, malgré le ridicule évident de la situation, perce une sincérité émouvante de la passion : cette ambiguïté était audible dans la fosse. Tout juste peut-on regretter un manque relatif de magie dans les premières mesures, si belles, et noter quelques décalages chez les cuivres qui seront vite corrigés après la première. Un unique problème demeure, nous y reviendrons, celui de l’équilibre avec un plateau vocal trop souvent inaudible.</p>
<p>La reprise de la mise en scène d’André Engel (créée à Lyon en 2000) est assurée par <strong>Dagmar Pischel</strong>. La scénographie, sans choix marquants, sert efficacement la fable avec de beaux moments visuels (le mariage des renards, la marmaille des renardeaux roux se détachant sur un fond enneigé) et des réussites comiques (la tornade de plumes lors du massacre des poules). La direction d’acteurs est bien pensée et exécutée. On peut regretter que la mise en scène dans son ensemble, descriptive voire illustrative, ne rende pas avec autant de finesse que la fosse la réversibilité d’humeur et de ton de l’opéra. Une ambiance cartoonesque domine, qui, certes, rappelle que c’est dans une BD que Janáček trouva l’idée de son opéra, mais qui tire peut-être un peu trop vers le monde de l’enfance une de ces œuvres qui ne semblent enfantines qu’aux adultes. Nous n&rsquo;insisterons pas plus sur les défauts de cette mise en scène (déjà évoqués en 2010 <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/michael-schonwandt-et-deux-renardes-a-deguster/">par notre collègue</a>), qui demeure malgré tout plutôt efficace.</p>
<p>On retiendra surtout les costumes fantasques et parfois cocasses (mention spéciale pour les poules ménagères en rose fuchsia et leur coq à la virilité saillante) d’<strong>Élisabeth</strong> <strong>Neumuller</strong>, qui a très habilement marié les caractères animaux et humains. Cette inventivité sert avec justesse le propos d’un opéra où les frontières entre les espèces s’estompent.</p>
<p>La distribution est dominée par l’excellente Renarde d’<strong>Elena</strong> <strong>Tsallagova</strong>, déjà interprète du rôle-titre lors de l’entrée au répertoire de l’opéra en 2008, et qui lui donne ici tout son relief. Elle allie à des qualités vocales indiscutables (quoique peu exposées par la partition) un charme et une aise admirables, qui la rendent crédible dans ses comportements animaux. Tout le duo avec le Renard devient un moment de bravoure, délicieux et comique quand la Renarde, en matamore, évoque ses exploits guerriers et d’un pathétique consommé lorsqu’elle s’interroge sur sa beauté. <strong>Paula Murrihy</strong> s’avère une actrice également convaincante, proposant un Renard un peu pataud mais pas moins sincère, qui semble un peu s&rsquo;écraser face à l&rsquo;exubérance de sa comparse. <strong>Milan Siljanov</strong>, le garde-chasse sonore et au timbre agréable, est vocalement très satisfaisant dans son rôle (à l’origine prévu en Vagabond, il remplace Iain Paterson, appelé pour <em>L’Or du Rhin</em>).</p>
<p>On nous pardonnera de ne pas énumérer tous les rôles de cette riche distribution, mais citons l’émouvant instituteur d’<strong>Éric</strong> <strong>Huchet</strong> et le vagabond mi-comique mi-haïssable de <strong>Tade</strong><strong>áš Hoza</strong>. Il faut signaler néanmoins qu’une partie non négligeable des petites interventions ont été peu ou pas audibles, et pas uniquement du côté des enfants du <strong>Prague Philharmonic Children’s Choir</strong> dirigé par <strong>Petr Louženský</strong>. Ce problème d’équilibre réduit l’opéra, parfois un peu longuement, à une pantomime décevante.</p>
<p>Enfin, saisissons l’opportunité de ce spectacle en tchèque pour rendre hommage à un des métiers de l’ombre de l’opéra, celui de coach linguistique. Janáček n’hésite pas à intégrer dans son texte des termes et prononciations dialectaux, traduction linguistique de ses recherches dans le folklore, ce qui ne facilite pas la tâche des chanteurs. Il semble qu’<strong>Irène</strong> <strong>Kudela</strong>, coach en langues slaves habituée de l’Opéra de Paris, ait accompli avec brio sa mission, puisque Tadeáš Hoza, le seul chanteur tchèque de la distribution, a salué son travail <a href="https://francais.radio.cz/la-petite-renarde-rusee-de-leos-janacek-est-de-retour-a-lopera-bastille-8840004">en interview</a>.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Garnier)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 06:08:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les Brigands est loin d’être l’œuvre la plus connue d’Offenbach. Cela tient en partie au long purgatoire qu’elle a connu, puisque, malgré quelques reprises sporadiques, on ne l’a véritablement redécouverte qu’à partir de 1986 à Genève dans la mise en scène d’Alain Marcel, à Lyon en 1989 dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Les Brigands</em> est loin d’être l’œuvre la plus connue d’Offenbach. Cela tient en partie au long purgatoire qu’elle a connu, puisque, malgré quelques reprises sporadiques, on ne l’a véritablement redécouverte qu’à partir de 1986 à Genève dans la mise en scène d’Alain Marcel, à Lyon en 1989 dirigée par John Eliot Gardiner, et bien sûr à La Haye en 1992 puis Paris-Bastille l’année suivante, mise en scène par Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff, production suivie de nombreuses reprises entre la fin du siècle dernier et 2011. Il faut dire que la troupe des Deschiens déferlant au grand complet en 1993 sur la scène de l’Opéra-Bastille (avec notamment Yolande Moreau, François Morel et Philippe Duquesne, accompagnés de poules picorant à droite et à gauche) est restée gravée dans les esprits (une captation vidéo TV – difficile à trouver aujourd’hui – a gardé le souvenir de la version de la création de cette production). Des troupes d’amateurs semi-professionnels se sont également frottées, à leur niveau, et souvent avec bonheur, à cette œuvre difficile à monter.</p>
<p>Le choix de <strong>Barrie Kosky</strong> pour assurer la nouvelle production de l’Opéra de Paris-Garnier laisse plutôt bien augurer de ce qu’il pourrait insuffler de novateur à cet opéra-bouffe. Parmi ses récentes productions, on avait tout particulièrement aimé sa <em>Fanciulla del West</em> de Zurich (2014), et surtout <em>Die Perlen der Cleopatra</em>, opérette d‘Oscar Straus, qu’il recréa magistralement au Komische Oper de Berlin (2016 et années suivantes). La qualité d’ensemble de la production des <em>Brigands</em> que l’on découvre ce soir, malgré quelques petits bémols, est étonnante de tenue, de suivi du style et de drôlerie. Les spectateurs les plus guindés de l’orchestre, plutôt retenus dans la première partie, ont fini par rire de bon cœur à la seconde. Parmi ces petits bémols, on pense beaucoup quand même aux Branquignols et aux Deschiens, et plus encore à Jérôme Savary, Olivier Py ou Pierre-André Weitz, ce qui retire un peu d’effet de surprise à la démonstration de Barrie Kosky et la date un peu dans le passé. Les textes ont été réécrits – de façon acceptable – avec des allusions à la politique actuelle. Également quelques adaptations orchestrales un peu tonitruantes. Mais tout cela est tellement dans l’esprit qu’au total il sera beaucoup pardonné.</p>
<p>Les brigands – sublimes bras cassés qu’on ne peut prendre au sérieux – squattent un vieux théâtre destroy, et récupèrent dans ses magasins et entrepôts des éléments de décors et accessoires qui vont servir à leurs transformations successives. Un grand espace occupe ainsi la plus grande partie de la scène, ce qui permet d’accueillir un nombre d’interprètes inhabituel dans cette œuvre. Des toiles peintes « à l’ancienne » descendent des cintres et permettent de diviser le plateau autant que de besoin. Choristes, danseurs, figurants et acrobates sont mêlés de manière telle qu’on a du mal à les distinguer, composant une troupe de malfrats au demeurant très sympathiques. Le rôle de leur chef, Falsacappa, a été confié au ténor néerlandais <strong>Marcel Beekman</strong>, que l’on a vu en France notamment en 2014 dans le rôle de Platée à l’Opéra Comique. Il est déguisé ce soir en clone parfait de la célèbre drag queen Divine (Harris Glenn Milstead, 1945-1988), avec son front démesurément dégagé, ses maquillages immenses, ses perruques choucroute de couleurs variées et sa robe rouge à volants. C’est plutôt drôle, tant c’est bien fait, et l’humour trash qui s’en dégage colle assez bien à l’action. Il faut dire que l’acteur comme le chanteur est extraordinaire, avec une large palette de voix, d’attitudes et de gestuelle, et une excellente prononciation du français. La puissance vocale est là aussi, et ainsi, il est vraiment la cheffe des bandits, sorte de Calamity Jane pour rire, avec une autorité toute naturelle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Sans-titre-7-texte-1024x497.jpg" alt="" class="wp-image-172827" width="910" height="441"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Falsacappa (Marcel Beekman) © Opéra national de Paris / Agathe Poupeney</sup></figcaption></figure>


<p>Si l’on essaie de mettre en parallèle les raisons invoquées par le metteur en scène pour sa réalisation avec ce qui se passe sur scène, un hiatus apparaît néanmoins : Barrie Kosky (<a href="https://www.forumopera.com/barrie-kosky-il-est-crucial-daller-au-theatre-et-de-profiter-de-quelque-chose-de-delicieusement-absurde/">lire ici son interview par Sonia Hossein-Pour</a>) déclare avoir voulu présenter « un Offenbach d’une nouvelle manière, moins aseptisée, plus proche de la volonté du compositeur. […] Il nous fallait quelque chose de subversif ; et la culture drag queen est subversive, et Divine était subversive. J’ai donc pensé que ce serait beaucoup plus intéressant de les traiter comme des pirates queer. » Le seul problème est simplement qu’autant les drag queens pouvaient être subversives dans les années 1980, autant elles ne le sont plus aujourd’hui. Donc des brigands queer et punks, ça peut encore paraître à certains un peu exotique, d’accord, mais aujourd’hui à Paris ça n’est plus guère subversif…</p>
<p>Bien sûr, au-delà de l’intrigue, <em>Les Brigands</em> est un opéra du travestissement, aussi bien au propre qu’au figuré&nbsp;: d’abord déguisé en ermite, Falsacappa et toute sa troupe vont prendre la place de marmitons, puis de la délégation de la cour de Mantoue, des carabiniers, avant finalement de remplacer la délégation de la cour de Grenade. Le propos est parfaitement clair, et l’on suit avec ravissement la dégradation successive des imitations (320 costumes et 180 perruques réalisés dans les ateliers de l’Opéra de Paris). Bien sûr, les choix du metteur en scène permettent tous les excès. Et il rejoint bien là l’esprit d’Offenbach qui cherchait visiblement à dérouter le spectateur, tout en lui permettant d’y prendre du plaisir. Et ce soir, c’est très nettement réussi, à entendre les acclamations du public à la fin de la représentation (noter que l’équipe artistique a été fortement huée le soir de la première de samedi dernier).</p>
<p>Tout cela ne peut vraiment fonctionner que mené à un train d’enfer, sans une seconde de temps mort. Et c’est le cas. La direction d’orchestre de <strong>Stefano Montanari</strong> est endiablée, avec des tempi soutenus et une bonne précision. Les chœurs sont également de fort bonne tenue, avec une articulation exemplaire et des jeux scéniques bien suivis. Les solistes s’intègrent tous avec bonheur dans la production. Le couple Fiorella-Fragoletto (<strong>Marie Perbost </strong>et <strong>Antoinette Dennefeld</strong>) est tout simplement délicieux. Les voix sont fraîches, puissantes et claires, le jeu scénique est naturel, c’est un ravissement. Le Comte de Gloria Cassis est fort bien chanté par <strong>Philippe Talbot</strong> (il faut dire que l’entrée des Espagnols, un des morceaux de bravoure de la partition, est une totale réussite qui a soulevé l’enthousiasme des spectateurs). Et le chef des carabiniers est particulièrement bien campé, la voix de stentor de <strong>Laurent Naouri </strong>faisant merveille dans le rôle (l’arrivée des carabiniers, que tout le monde attend, est également fort amusante). <strong>Mathias Vidal</strong> chante excellemment le prince de Mantoue et <strong>Yann Beuron</strong> le baron de Campo Tasso. Également rompus à Offenbach, <strong>Éric Huchet</strong> et <strong>Franck Leguérinel</strong> sont eux aussi parfaits. Une mention spéciale pour <strong>Adriana Bignani Lesca</strong> (la princesse de Grenade) dont on a apprécié à la fois la voix chaude et veloutée, et le sens comique. Tous les autres interprètes chanteurs sont excellents, de même que les danseurs qui, par une mise en place impeccable, donnent un côté music-hall bien inhabituel au Palais Garnier&nbsp;!</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/offenbach-les-brigands-paris-garnier/">OFFENBACH, Les Brigands &#8211; Paris (Garnier)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>DUNI &#8211; Le Peintre amoureux de son modèle / Les Deux chasseurs et la laitière</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/duni-le-peintre-amoureux-de-son-modele-les-deux-chasseurs-et-la-laitiere/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Nov 2023 06:50:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Né au début du XVIIIe siècle dans l&#8217;étonnante cité de Matera, dans les Pouilles, Egidio Romualdo Duni débute sa carrière en composant une bonne douzaine d&#8217;opéras à succès, la quasi-totalité dans le genre tragique et la plupart, conformément aux habitudes de l&#8217;époque, sur les vers de Pietro Metastasio mis en musique par de multiples compositeurs &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Né au début du XVIIIe siècle dans l&rsquo;étonnante cité de Matera, dans les Pouilles, Egidio Romualdo Duni débute sa carrière en composant une bonne douzaine d&rsquo;opéras à succès, la quasi-totalité dans le genre tragique et la plupart, conformément aux habitudes de l&rsquo;époque, sur les vers de Pietro Metastasio mis en musique par de multiples compositeurs (1). A partir de 1757, le compositeur s&rsquo;installe à Paris où il vivra jusqu&rsquo;à sa mort. Il compose son premier ouvrage pour le public parisien,<em> Le Peintre amoureux de son modèle</em>, qui est créé avec succès à la Foire Saint-Laurent. A l&rsquo;époque qui nous intéresse, cette institution, régentée par les moines de Saint Lazare et qui remonte au Moyen Âge, se déroule tout l&rsquo;été. La foire est située un peu en dessous de l&rsquo;actuelle Gare de l&rsquo;Est, dans des halles en chêne. Au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles, comédiens, marionnettistes ou bateleurs obtiennent le droit de s&rsquo;y produire. On y édifie un Préau des spectacles. L&rsquo;activité des comédiens et chanteurs fait l&rsquo;objet de chicaneries légales du fait des privilèges (au sens de droits exclusifs) de la Comédie française ou de l&rsquo;Opéra. Toutefois, moyennant des arrangements financiers, il devient possible d&rsquo;y produire (du moins jusqu&rsquo;en 1762), des œuvres mi-parlées, mi-chantée, appelées vaudevilles, comédies mêlées d&rsquo;ariettes, et qui déboucheront sur l&rsquo;Opéra-comique. Les <span style="font-size: revert;">encyclopédistes voient également </span>d&rsquo;un<span style="font-size: revert;"> bon œil ce&nbsp;</span>nouveau genre lyrique, plus proche du peuple, et qui fait mentir Rousseau sur l&rsquo;absence de musicalité de la langue française.</p>
<div id="p-lang-btn" class="vector-dropdown mw-portlet mw-portlet-lang">&nbsp;</div>


<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="900" height="600" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Theatre-de-foire-Saint-Laurent.jpeg" alt="" class="wp-image-150326"/></figure>


<p><em>Le </em><em>Peintre amoureux de son modèle </em>pose les premiers jalons des stéréotypes du genre : ici, le barbon berné et le jeune couple d&rsquo;amants. Sans être particulièrement mémorable, la musique en est constamment enjouée, agréable, mélange de vivacité et de douceur, avec ce brin d&rsquo;émotion discrète qu&rsquo;on retrouvera chez Auber, le grand nom du genre. Les morceaux sont courts (1 à 2 minutes) et nombreux, sans difficultés particulières si ce n&rsquo;est quelques coloratures pour les dames, et le style évoque lointainement l&rsquo;école napolitaine tardive avec Cimarosa. Des dialogues parlés alternent avec d&rsquo;autres déclamés (on pense parfois à du Rameau). L&rsquo;intrigue se devine aisément : le peintre Alberti est tombé amoureux de la jeune Laurette qu&rsquo;il choisit comme modèle mais elle lui préfère le jeune Zerbin et l&rsquo;homme plus âgé renonce sagement. L&rsquo;ouvrage fleure une époque révolue, rappelons ce temps où les Français passaient pour le peuple le plus spirituel de la Terre. <em>Les Deux Chasseurs et la Laitière</em> sont créés cinq ans plus tard, cette fois au Théâtre-Italien de l&rsquo;Hôtel de Bourgogne, l&rsquo;opéra-comique ayant été finalement interdit à la Foire Saint-Laurent (c&rsquo;est dire si la régulation ne date pas d&rsquo;hier). La musique de Duni a évolué : elle est moins italianisante, un peu plus sophistiquée, toujours charmante mais, là encore, sans qu&rsquo;une ariette ne vienne particulièrement frapper l&rsquo;oreille à la première écoute. L&rsquo;intrigue combine habilement deux fables de La Fontaine. Guillot et Colas ont dépensé un peu rapidement l&rsquo;argent qu&rsquo;ils ont reçu pour une peau d&rsquo;ours, mais l&rsquo;animal refuse de se faire prendre. Perrette croise la route des chasseurs et Guillot tente une cour maladroite. Perrette l&rsquo;écarte, toute à ses pensées de richesse future. Plus tard, elle revient penaude, ayant versé son lait, et accepte la main de Guillot, désormais aussi désargenté qu&rsquo;elle-même. Le peureux Colas, revenu bredouille, rapporte le conseil que l&rsquo;ours, toujours vivant, lui aurait glissé à l&rsquo;oreille : « Va-t-en dire à ton confrère qu&rsquo;un fol espoir trompe toujours ; et ne vendez la peau de l&rsquo;ours, qu&rsquo;après l&rsquo;avoir couché par terre ».</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="726" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/20220817104217000000_bpt6k6527138x_f55-1024x726.jpeg" alt="" class="wp-image-150327"/></figure>


<p>La distribution est impeccable, notamment dans la prononciation et l&rsquo;articulation du texte. Bien connu des spectateurs réguliers de l&rsquo;Opéra de Paris, le ténor <strong>Eric Huchet</strong> est un Alberti musical et touchant. Le reste de la distribution est composé de jeunes artistes dont on suivra avec intérêt l&rsquo;évolution de carrière. Rare voix de haute-contre, <strong>David Tricou</strong> est un Zerbin raffiné, survolant peut-être un peu trop son Colas en revanche. Encore un peu verte, la Jacinte d&rsquo;<strong>Anaïs Yvoz</strong> est tout à fait ravissante de légèreté et de brio. En Perrette (et dans le rôle plus anecdotique de Laurette), <strong>Pauline Texier</strong> fait preuve d&rsquo;une belle présence, tant musicale que dramatique. <strong>Jean-Gabriel Saint-Martin</strong> offre un timbre charmeur et une diction parfaite.&nbsp;</p>
<p>La direction vive et précise de <strong>Martin Wåhlberg</strong> et les sonorités de l&rsquo;Orkester Nord sont l&rsquo;autre grand atout de cet enregistrement, imprimant rythme et urgence à ces délicieuses pièces. On notera que l&rsquo;enregistrement (studio) est émaillé de bruits de scène (chaises qui bougent ou ours qui grogne) qui viennent donner un peu de théâtralité sans pour autant interférer avec les parties musicales.&nbsp;</p>
<ol>
<li>
<pre>A titre d'exemple, hors celle de Duni, on compte ainsi une soixantaine d'<em>Olimpiade</em> (30 dans le seul Dictionnaire Clément-Larousse) signées entre autres par Caldara, Vivaldi, Pergolese, Hasse, Jommelli, Traetta, Cimarosa, Paisiello... Il y eut même une composition incomplète de Donizetti en 1817 !</pre>
</li>
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		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Antoine Brunetto]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jun 2023 06:25:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’Opéra du Rhin joue encore les pionniers pour cette nouvelle production de Turandot (en coproduction avec l’Opéra de Dijon) : comme dans le récent enregistrement dirigé par Antonio Pappano avec le gratin du chant actuel, cette matinée (fort tardive car débutant à 17h !) nous donne à entendre pour la première fois en France le &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’Opéra du Rhin joue encore les pionniers pour cette nouvelle production de <em>Turandot</em> (en coproduction avec l’Opéra de Dijon) : comme dans le <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/puccini-turandot-par-antonio-pappano/">récent enregistrement dirigé par Antonio Pappano</a> avec le gratin du chant actuel, cette matinée (fort tardive car débutant à 17h !) nous donne à entendre pour la première fois en France le final originel et complet composé par Franco Alfano, avant qu’Arturo Toscanini, qui dirigea la création posthume de l’œuvre, n’impose d’importantes coupures. Rendons grâce à Alain Perroux de ce choix audacieux : si nous ne crierons pas au chef d’œuvre absolu à l’écoute de ce (long) duo qui nous semble parfois sacrifier la subtilité, nous reconnaitrons sans hésiter qu’il rééquilibre la fin de l’œuvre et donne un peu plus de crédibilité au volteface ultime de Turandot. Et c’est loin d’être la seule qualité de cette <em>Turandot</em> strasbourgeoise !</p>
<p>La production a été confiée à <strong>Emmanuelle Bastet</strong>, qui transpose l’intrigue dans un monde contemporain, une Chine dominée par une dictature des médias. Nous sommes dans une sorte de télé-réalité morbide, dont le Mandarin (Andrei Maksimov) est le présentateur, et où le peuple se passionne pour l’exécution du Prince de Perse, en direct sur les écrans de leur mobile. Cette transposition intelligente ne va jamais à l’encontre du livret, et nous vaut de beaux moments, tels la découverte par Calaf de Turandot en vamp hollywoodienne sur écran géant, ou encore la foule qui filme en direct sur portable une Turandot comme égarée dans sa chambre au dernier acte.</p>
<p>La taille mesurée de la salle n’est pas propice aux vastes mouvements de foule, mais on reconnaît à Emmanuelle Bastet un sens du mouvement et surtout une attention pointue au jeu de scène. Elle s’appuie sur un dispositif scénique au demeurant simple, murs blancs percés de multiples portes, qui s’animent selon les éclairages (<strong>François Thouret</strong>) et les vidéos (<strong>Eric Duranteau</strong>). Les décors bigarrés d’une ville chinoise surpeuplée du début, envahie d’enseignes lumineuses, s’épurent au fur et à mesure pour aboutir à l’acte final à un cube nu, avec pour seul décor un grand lit aux draps de satin blanc défaits (décor on ne peut plus carsenien !).</p>
<p>Un des moments forts de la représentation est sans conteste la scène des énigmes : Turandot fend soudain la foule, robe en lamé, chaussures à talon à la main. Le sens du détail et une direction au cordeau nous rendent la princesse infiniment plus humaine qu’habituellement : le « In questa Reggia » est bien le récit d’une femme blessée et fragile. Par la suite, voyant que Calaf s’entête à vouloir la conquérir, elle remet ses talons, monte sur la tribune et reprend le rôle que le monde attend d’elle. L’armure qui s’était fêlée un moment se referme, et la princesse glaciale réapparaît.</p>
<p>Il faut dire que l’Opéra du Rhin a trouvé en <strong>Elisabeth Teige</strong> une interprète hors norme. Celle qui a fait les beaux jours de Bayreuth l’été dernier dans <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-der-fliegende-hollander-bayreuth-un-roman-nordique-le-hollandais-de-tcherniakov/">Der fliegende Holländer</a></em> ou dans la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/le-crepuscule-des-dieux-bayreuth-de-lart-de-tout-gacher/">Tétralogie</a>, impressionne. Le timbre est voluptueux, la voix pleine et rayonnante sur toute la tessiture (du do dièse au contre ut)… et surtout le volume sonore est stupéfiant. On est pourtant loin d’une virago, l’interprète sachant plier cette voix torrentielle à des fins expressives. Dans ce contexte le cri d’horreur qu’évoque Turandot dans « In questa Reggia » nous crucifie, semblant parvenir directement de la nuit des temps.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/thumbnail_Elisabeth-Teige-Turandot-1294x600.jpg" />Elisabeth Teige (Turandot) © Klara Beck</pre>
<p>Difficile de rivaliser avec un tel phénomène, d’autant qu’on pourrait s’interroger sur l’adéquation parfaite des moyens d’<strong>Arturo Chacón-Cruz </strong>avec le rôle. La voix a certes pris de l’ampleur mais garde sa nature foncièrement lyrique et l’orchestration fournie de Puccini tend à couvrir le médium. Pourtant l’interprète ne triche pas, et s’appuyant notamment sur un jeu de scène engagé et un aigu facile et rayonnant, il campe un Prince atypique, plus juvénile et crédible dans ses élans amoureux qu’habituellement.</p>
<p><strong>Adriana Gonzalez</strong> reçoit un triomphe au rideau. Évidemment le rôle de Liu, typique des femmes victimes du destin chez Puccini (aux côtés de Mimi et Butterfly), est payant. Mais la soprano guatémaltèque, qui reprendra ce rôle à l’Opéra de Paris la saison prochaine, convainc par sa voix fruitée dont elle sait modeler les phrasés et par de beaux allègements. Tout juste rêverait-on d’une plus grande fragilité dans la caractérisation.</p>
<p>Le reste de la distribution est sans faiblesse. On retrouve avec émotion <strong>Raúl Gimenez</strong> en Altoum : si le souffle s’est raccourci, il garde de l’autorité en l’empereur inflexible qui n’hésite pas à sacrifier sa fille.</p>
<p>Les trois ministres Ping, Pang et Pong sont parfaitement caractérisés par <strong>Alessio Arduini</strong>, <strong>Grégory Bonfatti</strong> et <strong>Eric Huchet</strong>. En trottinettes ou sur leurs chaises à roulette ils possèdent toute la <em>vis comica</em> nécessaire pour animer parfaitement leurs intermèdes doux-amers.</p>
<pre><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/thumbnail_Eric-Huchet-Pong-Alessio-Arduini-Ping-Gregory-Bonfatti-Pang-1294x600.jpg" />Eric Huchet (Pong), Alessio Arduini (Ping), Gregory Bonfatti (Pang) © Klara Beck</pre>
<p>Rendons grâce enfin à la minutieuse mise en place de <strong>Domingo Hindoyan</strong> à la tête de l’Orchestre philharmonique de Strasbourg, dont les effectifs débordent dans les loges de côté de part et d’autre de la fosse. Économe de ses gestes, le chef forge avec minutie les masses orchestrales, sachant alléger pour équilibrer les forces avec la scène. On ne recherchera pas ici de tempi précipités ou d’audaces déplacées, mais une maitrise parfaite qui laisse s’exhaler les timbres parfois exotiques de l’instrumentarium. De même les chœurs combinés de l’Opera national du Rhin et de l’Opéra de Dijon, auxquels s’ajoutent la Maîtrise de l’Opéra national du Rhin, brillent par leur rigueur, créant de très beaux effets spatiaux dans la première scène.</p>
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		<title>DONIZETTI, Lucia di Lammermoor — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lucia-di-lammermoor-paris-bastille-une-reprise-qui-vaut-le-detour/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Feb 2023 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La production de Lucia di Lammermoor qu’Andrei Serban avait concoctée pour l’OnP en 1995 avait fait couler beaucoup d’encre en son temps, notamment le soir de la première où elle fut accueillie par une bronca mémorable. Au fil des reprises les tensions se sont apaisées au point que, ce soir, les spectateurs ont majoritairement applaudi le décor au &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">La production de <em>Lucia di Lammermoor</em> qu’<strong>Andrei Serban</strong> avait concoctée pour l’OnP en 1995 avait fait couler beaucoup d’encre en son temps, notamment le soir de la première où elle fut accueillie par une bronca mémorable. Au fil des reprises les tensions se sont apaisées au point que, ce soir, les spectateurs ont majoritairement applaudi le décor au moment du salut final. Il faut dire que depuis vingt-huit ans le public en a vu d’autres mais surtout, la proposition de Serban qui nous montre une Lucia égarée dans un monde d’hommes qui la manipulent et l’utilisent pour servir leurs intérêts politiques (son frère) ou leur concupiscence (Arturo), est tout à fait dans l’air du temps.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">Les décors romantiques d’une Ecosse idéalisée ont donc laissé la place à un univers dans lequel la virilité est exacerbée, un gymnase où des soldats s’exercent à l’athlétisme ou à l’escrime, une chambrée peuplée de militaires en petite tenue, des lavabos collectifs, le tout à l’intérieur d’un immense hémicycle au sommet duquel des bourgeois en costumes dix-neuvième viennent observer les personnages comme lors des séances publiques de Charcot sur l’hystérie à la salpêtrière. N’oublions pas que Lucia sombre assez vite dans la folie et ce dès son premier air où elle évoque les hallucinations qui l’obsèdent. En dehors de Lucia les autres personnages féminins sont des servantes qui s’occupent du ménage et que les soldats culbutent à l’occasion sans leur demander leur avis. Cela dit, le déroulement de l’intrigue et ses diverses péripéties sont tout à fait respectés.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/lucia_6_emilie_brouchon_onp.jpg?itok=VwgzUGKW" title="Lucia di Lammermoor © Emilie Brouchon / Onp" width="468" /><br />
	Lucia di Lammermoor © Emilie Brouchon / Onp</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">Pour cette reprise, l’OnP a réuni une équipe solide et de haut niveau qui constitue l’intérêt majeur de ce spectacle. Des chanteurs jeunes pour la plupart ou qui n’avaient jamais jusqu’ici interprété l’ouvrage sur notre première scène nationale, à l’exception d’<strong>Éric Huchet</strong>, déjà présent lors des représentations de 2013, dont le Normanno sournois et cauteleux à souhait capte durablement l’attention. La voix large et soyeuse de <strong>Julie Pasturaud</strong> est un luxe pour le personnage épisodique d’Alisa tandis que le timbre claironnant de <strong>Thomas Bettinger</strong> lui permet de camper un Arturo autoritaire et sûr de lui qui se comporte en maître des lieux. De lui dépend le sort de la famille Ashton et il le sait. Doté de moyens conséquents, la basse polonaise <strong>Adam Palka</strong> campe un Raimondo juvénile à la voix claire qui ne manque pas d’autorité cependant. Le medium impressionne par sa largeur, tandis que le registre grave tend à s’amenuiser quelque peu à l’extrémité de la tessiture. Sa prestation n’en demeure pas moins exemplaire. Dans le rôle d’Enrico, <strong>Mattia Olivieri</strong> fait des débuts éclatants sur la scène de l’Opéra de Paris. Il ne fait qu’une bouchée de son air d’entrée « Cruda funesta smania », pourtant parsemé de difficultés dont il se rit avec une aisance confondante, une technique assurée, une voix puissante et remarquablement projetée et un aigu radieux qui semble n’avoir pas de limite. Le baryton italien se permet même d’oser quelques variations inédites dans le haut de la tessiture. Doté d’une présence scénique indéniable et d’un physique avenant, ce chanteur a un avenir radieux devant lui, surtout s’il conduit sa carrière avec prudence comme il le laisse entendre dans l’<a href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-questions-a-mattia-olivieri" style="text-decoration: underline">interview</a> qu’il a accordée à notre consœur Marie-Laure Machado. <strong>Javier Camarena</strong> est aujourd’hui dans la plénitude de ses moyens vocaux. Le timbre solaire  est homogène sur toute la tessiture, l’aigu, brillant et le suraigu jamais forcé. Tout au long de l’intrigue, l’émotion est au rendez-vous. Son Edgardo se débat en vain contre un destin contraire jusqu’à la mort. Sa scène finale particulièrement poignante lui vaut une longue ovation de la part du public. Face à lui, <strong>Brenda Rae</strong> campe une Lucia fragile dont on devine que la raison vacille dès le début de l’intrigue. Le timbre est feutré, les suraigus sont émis avec aisance et le style est adéquat. Même si la voix n’est pas très large, la soprano parvient à se faire entendre dans le grand vaisseau de Bastille, en dépit d’un orchestre parfois envahissant. Très à l’aise sur le plateau, elle exécute sans difficulté les acrobaties prévues par la mise en scène. Sa Lucia tout en demi-teintes a largement convaincu le public.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="468" src="/sites/default/files/styles/large/public/lucia_3_emilie_brouchon_onp.jpg?itok=nXF5ASzj" width="312" /><br />
	Lucia di Lammermoor © Emilie Brouchon / Onp</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">La partition qui nous est proposée, outre quelques coupures mineures, ne comporte pas la scène de Wolf’s Crag ce qui est tout à fait incompréhensible, d’autant plus qu’elle a été donnée en 1995 et lors des représentations de 2013. C’est d’autant plus regrettable que le ténor et le baryton de cette reprise lui auraient rendu pleinement justice. Point d’harmonica de verre non plus, c’est une flûte qui accompagne l’air de la folie, en revanche les cabalettes sont doublées et ornementées.</p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">Saluons la belle prestation des Chœurs sous la houlette efficace de <strong>Ching-Lien Wu.</strong>  </p>
<p style="margin: 0cm 0cm 14.4pt;font-size: medium;, serif">Pour ses premiers pas dans la fosse de l’Opéra Bastille, <strong>Aziz Shokhakimov</strong> propose une direction inégale, brouillonne par moment avec de curieux changements de tempo. Le sextuor, par exemple, est pris avec une lenteur désespérante qui nuit à la cohésion d’ensemble. L’on aura également remarqué quelques fausses notes à l’orchestre, notamment les cors, à deux reprises au dernier acte.     </p>
<p>    </p>
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		<title>STRAUSS, Salome — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/salome-paris-bastille-du-sang-du-sexe-et-une-grande-salome/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Oct 2022 23:17:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est devant une salle presque comble que s’est jouée la première de Salomé à l’Opéra Bastille, ce qui n’était pas arrivé souvent depuis l’ouverture de la saison. Il est vrai que l’ouvrage n’a pas été donné in loco depuis 2010 et que l’avertissement publié par l’OnP voici quelques jours a sans doute titillé la curiosité &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est devant une salle presque comble que s’est jouée la première de<em> Salomé</em> à l’Opéra Bastille, ce qui n’était pas arrivé souvent depuis l’ouverture de la saison. Il est vrai que l’ouvrage n’a pas été donné <em>in loco</em> depuis 2010 et que<a href="https://www.forumopera.com/edito/cachez-cette-tete-de-prophete-tranchee-que-je-ne-saurais-voir"> l’avertissement publié par l’OnP</a> voici quelques jours a sans doute titillé la curiosité des spectateurs de la dernière minute. Alors en effet, il y a du sexe dans ce spectacle et du sang, beaucoup de sang, mais il y a surtout<strong> Elza van den Heever </strong>qui, au-delà de ce que l’on peut voir sur le plateau, effectue une prise de rôle remarquable.</p>
<p>Le décor de <strong>Momme Hinrichs</strong>, subtilement éclairé par <strong>Olaf Freese</strong>, s’avère somme toute astucieux, une immense bâtisse en béton aux teintes grisâtres avec, côté cour, un escalier qui mène dans la salle où Hérode reçoit ses invités. Ceux-ci, visibles à travers une grande baie vitrée rectangulaire, semblent participer à une fête qui n’aurait pas de fin tant leurs tenues de soirée sont réduites à l’état de haillons, une fête barbare au cours de laquelle ces gens se livrent à des actes monstrueux : à intervalles réguliers on leur amène une jeune victime nue, fille ou garçon, enrobée d’un ruban rouge, tel un paquet cadeau, qui est copieusement violée, puis dépecée avant d’être enveloppée dans un drap sanguinolent et enfin jetée dans un fossé par des serviteurs vêtus de combinaisons antiatomiques qui recouvrent leurs restes de chaux vive. Ce rite se répète avec complaisance durant les trois premières scènes de l’ouvrage. En plus de soulever le cœur cette pantomime monstrueuse détourne l’attention des spectateurs de l’action principale. En guise de danse des sept voiles, c’est à une danse des sept viols que nous assistons. Hérode retire un à un les vêtements de sa belle-fille jusqu’au plus intime et les jette à ses invités. Vêtue à la fin d’une courte chemise de nuit blanche, Salomé demeurée impassible, est ensuite jetée à son tour en pâture aux fêtards qui vont la lutiner l’un après l’autre puis tous ensemble au rythme de la musique, avec une frénésie croissante. Gang bang, voire <em>bukkake</em>, rien ne nous aura été épargné. Auparavant on aura vu Salomé se vautrer en se masturbant sur la cage dans laquelle Jokanaan est enfermé. Hérodias – magnifique <strong>Karita Mattila</strong> – porte une robe noire fendue jusqu&rsquo;en haut des cuisses avec un large décolleté d’où jaillit une (fausse) poitrine généreuse, avec au bout des têtons un piercing garni d’une plume. Tandis qu’Hérode tente de convaincre Salomé de renoncer à sa requête, elle se laisse complaisamment tripoter par les juifs et les soldats.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/agathe_poupeney_opera_national_de_paris-salome-22-23-agathe-poupeney-onp-8-.jpg?itok=xeGY97zs" title="Salomé © Agathe Poupeney. Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	Salomé © Agathe Poupeney. Opéra national de Paris</p>
<p>Cette surenchère dans la barbarie et la dépravation finit par prêter à rire tant elle sombre dans l’outrance, ce qui n’était certes pas le but de<strong> Lydia Steier</strong> qui souhaitait dénoncer les dérives violentes de notre société mais n’est parvenue qu’à créer un spectacle sanglant et obscène. Reconnaissons-lui tout de même une direction d’acteurs extrêmement précise et rigoureuse, mais aussi la réalisation d’une scène finale à la fois originale et, osons le mot, poétique. Deux Salomé cohabitent sur le plateau, la première git ensanglantée sur le sol, massacrée comme Hérode et ses courtisans par les gardes armés de kalachnikovs, tandis que son double fantasmé chante avec des accents extatiques dans la voix, les ultimes paroles de son monologue « Ah ! Ich habe deinen Mund geküsst » dans les bras de Jochanaan qu’elle a rejoint dans sa cage, laquelle s’élève lentement vers les cintres sur les derniers accords de la partition.</p>
<p>Au salut final, pas de véritable bronca mais la metteuse en scène et son équipe essuieront au milieu de quelques bravos, une bordée de huées retentissantes, tout comme – à un degré moindre – <strong>Simone Young</strong> dont la direction débraillée en début de soirée et prosaïque la plupart du temps, en dépit de quelques fulgurances notamment dans la danse des sept voiles, est demeurée en deçà de ce que l’on pouvait attendre de l’OnP.</p>
<p>La distribution propose des seconds rôles globalement adéquats, les basses <strong>Dominic Barberi</strong>, <strong>Bastian Thomas Kohl</strong> (deux soldats) et <strong>Alejandro Baliñas Vieites </strong>(le Cappadocien) qui effectuaient tous les trois leurs débuts <em>in loco </em>ainsi que le baryton <strong>Yiorgos Ioannou</strong> (un Nazaréen), possèdent des voix sonores et bien timbrées tout comme <strong>Luke Stocker</strong> (l’autre Nazaréen). Le groupe des cinq Juifs en revanche, manque d’homogénéité, le timbre de bronze de <strong>Sava Vemić</strong> contraste avec les voix claires mais disparates des quatre ténors qui l’entourent, <strong>Mathias Vidal</strong>, <strong>Éric Huchet</strong>, <strong>Matthäus Schmidlechner</strong> et <strong>Maciej Kwaśnikowski</strong> qui trouveront sans doute une meilleure cohésion au fil des représentations. Le timbre juvénile et mordoré de <strong>Katharina Magiera</strong> convient au rôle du page, de plus, la contralto se révèle fine comédienne. <strong>Tansel Akzeybek </strong>capte durablement l’attention dès le lever du rideau, servi par une voix remarquablement projetée, il campe avec subtilité un Narraboth veule et timoré, pleinement convaincant. <strong>Karita Mattila</strong> qui fut une Salomé remarquée sur cette même scène en 2003 s’empare avec délectation du personnage d’Hérodiade dont elle fait une nymphomane névrosée et pathétique, vêtue et maquillée comme une prostituée de bas étage. Si la voix a subi les outrages du temps, il lui reste suffisamment de moyens pour donner vie à son personnage sulfureux.<strong> John Daszak </strong>incarne un Hérode malsain et libidineux qui en impose dès ses premières notes grâce à son volume vocal généreux. Il forme avec Karita Mattila un couple parfaitement monstrueux. En revanche <strong>Iain Paterson</strong> déçoit. Son Jochanaan est en deçà de nos attentes. Le baryton possède un timbre mat à la projection limitée, là où l’on attend une voix d’airain sonore et solennelle. Enfin, <strong>Elza van den Heever</strong>, on l’a dit, est la grande triomphatrice de la soirée. Elle campe une Salomé hiératique, droite dans ses bottes noires, vêtue d’une blouse blanche fermée jusqu’au cou. En grande professionnelle, la soprano se plie à toutes les exigences de la metteuse en scène jusque dans les situations les plus scabreuses. Vocalement, on est à la fête : il est difficile de croire qu’il s’agit là d’une prise de rôle tant la cantatrice exprime avec une acuité instinctive tous les affects de son personnage. Il faut l’entendre prendre une voix de petite fille pour réclamer son dû à Hérode « Ich möchte, dass sie mir gleich in einer Silberschüssel … Den Kopf des Jochanaan ». Tout au long de la soirée, la soprano déploie une voix saine et homogène sur toute la tessiture, couronnée par un registre aigu rond et lumineux, qui lui permet de varier les couleurs et la dynamique et d’émettre de subtils pianissimi, notamment dans le monologue final, hallucinant de bout en bout, qu’elle semble réinventer à chaque note. Une grande Salomé est née.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Paris (Opéra Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-opera-comique-venez-voir-les-chiens-savants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 May 2022 15:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Périchole fait son retour et c’est tant mieux ! Après plusieurs villes françaises (Montpellier, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Avignon et Versailles), c’est enfin au tour de Paris de redécouvrir une des œuvres les plus inspirées et touchantes d’Offenbach. Ils ne sont en effet pas nombreux ces opéra-bouffes dont l’ouverture commence de façon si sévère, semblant montrer, derrière &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Périchole</em> fait son retour et c’est tant mieux ! Après plusieurs villes françaises (Montpellier, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Avignon et Versailles), c’est enfin au tour de Paris de redécouvrir une des œuvres les plus inspirées et touchantes d’Offenbach. Ils ne sont en effet pas nombreux ces opéra-bouffes dont l’ouverture commence de façon si sévère, semblant montrer, derrière la gaudriole, à quel point la condition précaire des artistes de rues est cruelle, et qu’Offenbach a beaucoup d’empathie pour ses héros affamés.</p>
<p>Malheureusement, la mise en scène de <strong>Valérie Lesort</strong> semble ne vouloir surligner que l’aspect bouffe de l’opéra, jusqu’à l’indigestion. Dans son Pérou parodique, la moindre mesure se voit affublée d’une chorégraphie, d’un gag, de marionnettes, de n’importe quoi, comme si l’on craignait le vide et de laisser la musique convaincre seule. Les deux chansons du premier acte sont jouées de façon volontairement forcée et maladroite avec force gesticulations (ces mains marquant graduellement la hauteur sur « Il grandira »), l’air de la lettre est ruiné par des danseurs déguisés en plats, la police arrive sur des ballons rebondissant pour « Sautez dessus », l’interlude avant l’acte III prétend récapituler l’action des actes I et II en une oubliable pantomime. Ce qui devrait être rafraichissant est souvent parasite, détourne l’attention, et le critique de déplorer, comme la Périchole, que le public préfère admirer les chiens savants plutôt qu’écouter ses chansons. Les trouvailles visuelles ne manquent pourtant pas (les danseurs déguisés dont la perruque imite la queue des mules, les paniers des robes dans lesquelles s’effondrent les nobles dames du II), mais elles sont noyées dans une débauche de costumes et une direction d’acteurs omniprésente qui veut faire un sort à chaque mot (pénible scène où les 3 dirigeants cherchent à griser notaires, Périchole et Piquillo avec des alcools variés) sur des passages parlés largemment réecrits ou coupés. Cette outrance fait penser à un spectacle pour enfant, étonnant de la part d’une metteur en scène dont les autres spectacles dans ce même lieu brillaient par leur équilibre et leur délicatesse inventive. Ce soir, on croit plutôt assister à un spectacle de Jérôme Deschamps survitaminé.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/16_la_perichole_dr_stefan_brion.jpg?itok=TH-7q6Ez" title="DR Stefan Brion" width="468" /><br />
	© Stefan Brion</p>
<p>L’équilibre, c’est aussi ce qui manque au plateau. Tout le monde s’efforce de surjouer son texte et déploie une énergie colossale, ce qui suffit à faire vivre les seconds rôles, mais à part <strong>Eric Huchet</strong>, personne ne se signale par la qualité de son chant. <strong>Tassis Christoyannis</strong> est un vice-roi très libidineux et présent, dommage que le texte chanté soit si peu compréhensible. <strong>Philippe Talbot</strong> souffre toujours d’une émission irrégulière qui nuit également à l’intelligibilité de son texte, alors que sa prononciation est très soignée. Il réussit néanmoins à rendre le personnage très attachant dans son air de la prison. <strong>Stéphanie d’Oustrac </strong>enfin est une Périchole grand format aux graves magnifiques, à la projection souveraine et à la prononciation limpide mais qui aurait gagné à plus de simplicité : son air de la lettre est bien trop grandiloquent pour émouvoir, sauf dans le dernier couplet où une forme de sincérité dépouillée rayonne soudain ; l’air de la griserie manque d’abandon mais la voit très attentive à renouveler ses inflexions ébrieuses ; « Que les hommes sont bêtes » est assez réussi, même si elle abuse un peu de la voix parlée, et c’est finalement dans la déclamation de « Je t’adore Brigand » que son personnage est le plus naturel.</p>
<p>Ce qu’on ne peut qu’applaudir cependant, c’est la qualité des ensembles. Grace d’abord au formidable chœur<strong> Les Eléments</strong>, d’une cohésion et d’une justesse admirable (« Cher Seigneur revenez à vous » sonne ce soir comme un vrai morceau de Grand Opéra), et à la direction de<strong> Julien Leroy</strong> à la tête de l’Orchestre de Chambre de Paris : les rythmes sont vifs, les contrastes précisément rendus, on ne pourra leur reprocher que de jouer parfois un peu fort. Au moins cette énergie déployée par tous aura-t-elle été mise au service d’un spectacle très bien réglé, chaleureusement accueillir par le public.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-paris-opera-comique-venez-voir-les-chiens-savants/">OFFENBACH, La Périchole — Paris (Opéra Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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