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	<title>Lorraine HUNT-LIEBERSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Lorraine HUNT-LIEBERSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Theodora</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/a-emporter-sur-une-ile-deserte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Bernard Schreuders]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Jun 2012 10:16:37 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Tout a déjà été écrit sur cette Theodora mise en scène par <strong>Peter Sellars </strong>à Glyndebourne. L’éventail des superlatifs est épuisé, mais nul besoin de convaincre le lecteur qui a eu la chance de voir cette production légendaire en 1996, ni celui qui thésaurise la vidéo publiée dans la foulée (NVC Arts). La seule question qu’ils se poseront et à laquelle nous nous empressons de répondre portera sur la qualité de la prise de son: elle est à la hauteur, exceptionnelle, de l’interprétation, et cela tient du miracle ! Le public du festival, « immobile de stupeur » (Financial Times) pendant les représentations, réservait ensuite un triomphe au plateau, « merveilleux », « sublime » (Diapason) dirigé par <strong>William Christie</strong>. Le disque en témoigne, mais brièvement, car l’éditeur nous épargne les bruits de salle tout en conservant ceux de la scène qui ne couvrent jamais les voix, par moment si proches, si concrètes que nous nous attendons à sentir le souffle de Septimius dans notre nuque ou à pouvoir serrer Théodora dans nos bras. </p>
<p>
			Sans aller jusqu’à affirmer, comme à l’époque le comte de Shaftesbury, que Theodora est « une composition plus achevée, plus belle et plus élaborée que Händel n’en a jamais fait », cette histoire de martyrs chrétiens inspire au Saxon un chef-d’œuvre d’introspection, à la fois tragique et illuminé par la foi ardente de ses héros. Dépourvu de suspens et de progression dramatique, il fit un four lors de sa création et peine également à s’imposer de nos jours, sans doute moins en raison de son sujet, qui déplut jadis aux protestants peu portés sur l’hagiographie, que parce qu’il « n’autorise aucune faiblesse, ne souffre aucune limite expressive, exigeant des réserves inépuisables d’émotions » (Piotr Kaminski). L’émotion, précisément, cette version captée sur le vif et d’une sensibilité inouïe, en regorge, surclassant toutes les autres (Somary, McGegan, Harnoncourt, McCreesh, Neumann), à commencer par celle de William Christie chez Erato. Il est vrai que seul <strong>Richard Croft</strong> (Septimius) rempilait en 2000, mais de toute façon, il ne suffit pas de réunir de grands solistes pour que la magie opère, il faut encore les fédérer et s’approprier l’œuvre. La transposition scénique de Glyndebourne reposait sur une direction d’acteurs extraordinairement fouillée, ne laissant rien au hasard ainsi qu’en témoigne l’éloquence des visages saisis dans la foule des choristes et filmés sous la direction de Sellars – on n’est jamais si bien servi que par soi-même !</p>
<p>			Nous avions l’impression de connaître par cœur ce spectacle développé avec le concours de George Tsypin (décors), Duna Ramicova (costumes) et James F. Ingalls (lumières). En revanche, le disque, que nous n’espérions plus, nous permet d’apprécier davantage encore la performance du chœur de l’Opéra de Glyndebourne, excellant dans tous les registres, de la liesse païenne aux épanchements doloristes des chrétiens, de goûter le foisonnement de couleurs de l’Orchestra of the Age of Enlightenment, mais aussi le soin apporté par William Christie dans la conduite du drame et l’accompagnement d’une distribution touchée par la grâce. A cet égard, la plainte lancinante des flûtes qui répond au désespoir de Théodora (<strong>Dawn Upshaw</strong>) à l’acte II est un modèle de caractérisation. Un an à peine avant de camper un Néron incandescent au festival de Munich face à l’impérieuse Poppée d’Anna Caterina Antonacci, <strong>David Daniels</strong> (Didymus), alors peu connu en Europe, fut pour beaucoup la révélation de cette Theodora. Nous découvrions un mélange d’ardeur virile et en même temps de volupté jusque-là inconnu chez les falsettistes, et qui aujourd’hui encore nous grise. Mais un autre chant, désarmant de sincérité, s’élève au centre de cette rare conjonction de talents : celui de <strong>Lorraine Hunt </strong>(Irène), radieuse, immense et belle à en pleurer. Précipitez-vous sur ce coffret, béni des dieux, offrez-le également, car il peut constituer une magnifique déclaration d’amour ou d’amitié.</p>
<p>			 </p>
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		<title>A Tribute</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/crepusculaire-lorraine/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Oct 2011 16:34:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Cinq ans déjà que nous a quittés celle qui fut pendant à peine deux décennies l’une des personnalités les plus attachantes de l’art lyrique. Lorraine Hunt (1954-2006) fut rejointe en avril dernier par le compositeur Peter Lieberson (1946-2011), qu’elle avait épousée en 1999. Révélée en France par le Don Giovanni de Peter Sellars créé &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Cinq ans déjà que nous a quittés celle qui fut pendant à peine deux décennies l’une des personnalités les plus attachantes de l’art lyrique. Lorraine Hunt (1954-2006) fut rejointe en avril dernier par le compositeur Peter Lieberson (1946-2011), qu’elle avait épousée en 1999. Révélée en France par le <em>Don Giovanni </em>de Peter Sellars créé au Pepsico Summerfare Festival et repris en 1989 à Bobigny (DVD Decca), elle était incontestablement le meilleur élément de la distribution du <em>Giulio Cesare </em>qu’on a pu voir en 1990 à Bruxelles et à Nanterre (DVD Decca) ; toujours dans le rôle de Sesto, on se la rappelle notamment escaladant un palmier pour échapper à un crocodile affamé dans la production de Nicholas Hytner à Garnier en 1997. Lorraine Hunt était très vite devenue l’une des voix indispensables de la renaissance baroque : aucun de ceux qui l’ont entendue n’aura pu oublier sa magistrale prestation dans <em>Médée </em>de Charpentier (Opéra-Comique, 1993), ou sa Phèdre incandescente dans <em>Hippolyte et Aricie </em>(Garnier, 1996). En 1999, elle fut Ottavia dans le <em>Couronnement de Poppée </em>aixois ; hélas, le spectacle ne fut filmé que lors de la reprise, l’année suivante, où elle avait dû céder la place à l’excellente Sylvie Brunet. Lorraine Hunt luttait alors contre le cancer du sein qui allait finalement l’emporter. On la vit au Châtelet en décembre 2000 dans <em>El Niňo</em> de John Adams (DVD Arthaus). Actrice-née, Lorraine Hunt était capable faire le grand écart entre les audaces pas toujours inspirées d’un Peter Sellars et les platitudes chichiteuses de l’<em>Ariodante </em>monté en 1995 au festival de Göttingen. Que ne l’a-t-on davantage filmée, notamment en Didon dans <em>Les Troyens</em> au Met en 2003?</p>
<p>			 </p>
<p>			Harmonia Mundi nous offre ici un florilège compilé à partir de son catalogue. Le CD est-il le meilleur moyen de rendre hommage à une personnalité qui s’épanouissait particulièrement en scène ? Les enregistrements de studio peuvent-ils rendre justice à une chanteuse que le contact avec le public galvanisait (seuls les airs de <em>Susanna </em>sont extraits d’un <em>live</em>) ? Nicholas McGegan, chef si raide, si peu imaginatif, qui la dirigea dans tous ses enregistrements haendeliens, était-il le mieux placé pour mettre en valeur les qualités d’une interprète aussi sensible ? Non, non et non. Mais en l’absence d’un DVD qui nous la ferait non seulement réentendre mais aussi revoir, on remerciera Harmonia Mundi de nous offrir ce bouquet essentiellement consacré à Haendel. </p>
<p>			 </p>
<p>			Cette voix étendue, à cheval sur plusieurs tessitures, semblait se plier aux desiderata des chefs : le livret la présente d’ailleurs comme soprano dans <em>Theodora </em>et dans <em>Susanna</em>, et comme mezzo dans <em>Ariodante</em>, <em>Le Messie</em> et dans les rôles que Haendel écrivit pour laDurastanti. Bouleversante Irene dans <em>Theodora</em> aux côtés de Dawn Upshaw à Glyndebourne en 1996 (DVD Kultur Video), Lorraine Hunt s’était vu confier le rôle-titre dans la version enregistrée en 1991 par McGegan. Dans <em>Ariodante</em>, « Scherza infida », pris ici à une vitesse dont on a perdu l’habitude, est attaqué par la chanteuse avec l’énergie du désespoir. Et cet air lui va comme un gant, elle qui n’était jamais aussi dans son élément que lorsqu’elle jouait les personnages suicidaires. Les arias allègres ne la prennent pourtant pas en défaut, loin de là : Lorraine Hunt savait vocaliser avec vélocité, mais combien le mode élégiaque lui convenait mieux ! Les victimes du destin, les Theodora, Susanna et autres Didon étaient faites pour elle.</p>
<p>			 </p>
<p>			Parmi les divers hommages de ceux qui l’ont connue et admirée, le livret propose une version révisée de la nécrologie parue dans <em>Le Monde</em> en 2006. Renaud Machart a mille fois raison d’y évoquer Kathleen Ferrier : sans en avoir la voix de contralto, Lorraine Hunt avait incontestablement quelque chose de Ferrier, dans le timbre, dans l’émotion intense et dans cette sincérité presque enfantine qui la rendent à jamais irremplaçable.</p>
<p>			 <br />
			 </p>
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