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	<title>Jean-Pascal INTROVIGNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-Pascal INTROVIGNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROTA, Il cappello di paglia di Firenze &#8211; Bordeaux (auditorium)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-capello-di-paglia-di-firenze-bordeaux-auditorium/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Nov 2024 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’auditorium de Bordeaux nous rappelle opportunément que Nino Rota, connu pour ses musiques de films de Fellini (La strada, La dolce vita) ou Visconti (Le guépard), sans oublier Le Parrain (Coppola) a également composé des symphonies, des ballets mais aussi quinze opéras, dont le quatrième, Il cappello di paglia di Firenze (on garde en français &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L’auditorium de Bordeaux nous rappelle opportunément que Nino Rota, connu pour ses musiques de films de Fellini (<em>La strada</em>, <em>La dolce vita</em>) ou Visconti (<em>Le guépard</em>), sans oublier <em>Le Parrain</em> (Coppola) a également composé des symphonies, des ballets mais aussi quinze opéras, dont le quatrième, <em>Il cappello di paglia di Firenze</em> (on garde en français le titre de la pièce de Labiche, <em>Le chapeau de paille d’Italie</em>), conserve une vraie notoriété et vient d’être donné trois fois dans le magnifique écrin du Cours Georges Clémenceau .<br />
Entendons-nous bien, en guise d’opéra, nous sommes là dans un parfait vaudeville et la musique est à l’avenant – c’est bien d’une opérette qu’il s’agit, avec tout le sérieux que cela implique. Ce soir Nino Rota s&rsquo;amuse.<br />
La trame narrative a l&rsquo;épaisseur d&rsquo;un papier de cigarette : le matin du jour où Fadinard va se marier, son cheval mange le chapeau de paille d’une jeune femme (Anaïs) en tendre conversation avec son amant. Ce couple le suit jusque chez lui et refuse de quitter les lieux tant que Fadinard n’aura pas remplacé le chapeau par un autre identique car Anaïs a un mari jaloux, qui s’étonnerait de cette disparition…Rassurons-nous, le chapeau sera remplacé et tout finira bien.<br />
Mais ce qui compte c’est la musique de Rota, qui nous rappelle qu’il fut un maître de la mélodie italienne. Ce qui a fait (dès sa création en 1955) et fait toujours le succès de cette pièce, c’est le déferlement d’airs, duos, mélodies en tout genre, à vous donner le tournis, avec de singulières réussites ( le duo Fadinard &#8211; Anaïs au I ou l’ensemble conclusif par exemple). Profusion de rythmes ternaires, de valses et bien sûr quelques dissonances qui nous rappellent que nous sommes tout de même au milieu du XXe siècle.<br />
L’impression de concentré de musique est ici d’autant plus renforcé que <strong>Julien Duval</strong> et <strong>Salvatore Caputo</strong> ont opté pour une version légèrement abrégée (il manque tout de même une vingtaine de minutes sur la centaine que dure l’œuvre originale). Etait-il nécessaire de se priver notamment de l’ouverture, qui disparaît entièrement ? Pas si sûr. De ce fait, le rythme est échevelé et le spectateur ne voit pas le temps filer, l’ouvrage étant donné sans entracte.<br />
Autre parti pris original : nous avons droit à une version réduite pour chœurs, solistes et piano. Point d’orchestre donc, seul un violoniste (excellent <strong>Tristan Chenevez</strong>) viendra épauler les magnifiques interventions de La Baronessa. Ce choix peut surprendre, voire décevoir, mais il s’explique entre autre par le plateau vocal, composé de solistes du chœur de l’Opéra de Bordeaux qui, pour vaillants qu’ils soient, n’auraient pas tous pu concourir avec l’orchestre souvent foisonnant imaginé par Rota. Ceci dit, le pari est réussi et l&rsquo;accompagnement discret renforce l’ambiance bon enfant, vaudevillesque et d’opérette, qu’a recherchée à coup sûr Julien Vidal, le metteur en scène, chaleureusement applaudi au baisser de rideau.</p>
<pre style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/©_Pierre_Planchenault__DSC5649-1294x600.jpg" alt="" width="692" height="321" />
© Pierre Planchenault</pre>
<p>Dans une scénographie totalement en rouge et blanc, il a imaginé un espace de jeu central, entouré de coulisses visibles par le public. Un choix de couleurs tranchées, qui évoquent le cirque, une référence qui rappelle de grands moments de la carrière de Nino Rota. Dans une démarche d’éco-conception, dans laquelle s’est lancée l’Opéra National de Bordeaux depuis quelque temps maintenant, il s’agit là d’une production « zéro achat », les matériaux, décors, costumes et accessoires provenant des stocks de l’Opéra de Bordeaux.<br />
Revenons au plateau vocal ; le chœur de l’opéra National n’a plus à démontrer son professionnalisme ; le rythme est tenu, l’italien est soigné et les consignes chorégraphiques suivies à la lettre. Nous l’avons dit, les solistes sont tous issus du chœur. Le couple de jeunes mariés (<strong>Maria</strong> <strong>Goso</strong> et <strong>Daniele</strong> <strong>Maniscalchi</strong>) tient la route en se cramponnant parfois, <strong>Mitesh</strong> <strong>Khatri</strong> est un oncle pénible à souhait et la basse est sonore. <strong>Rebecca</strong> <strong>Sørensen</strong> (Elena) a la voix percutante mais qui peut être aussi un peu criarde, <strong>Héloïse</strong> <strong>Derache</strong> est une modiste épatante et qui sait se faire entendre. Felice (<strong>Olivier Bekretaoui</strong>), Achille (<strong>Luc Default</strong>), Nonancourt (<strong>Loïck Cassin</strong>) et Emilio (<strong>Jean-Philippe</strong> <strong>Fourcade</strong>) complètent de belle façon la distribution.<br />
Nous aurons remarqué deux solistes du chœur qui pourraient très raisonnablement envisager des rôles plus consistants : <strong>Eugénie Danglade</strong> est une baronne excentrique à l’alto merveilleusement chaleureux ; et <strong>Jean-Pascal Introvigne</strong> est un Beaupertuis à la basse déjà forte, bien projetée et pour tout dire prometteuse.<br />
Comment enfin ne pas saluer la performance de <strong>Martin Tembremande</strong>, pianiste aux multiples talents (il est notamment titulaire de l’orgue de Saint-Louis de Bordeaux) qui a accompagné au piano l’ensemble avec élégance et sans jamais faillir, et celle du chef des chœurs de l’Opéra de Bordeaux depuis dix ans déjà, Salvatore Caputo, qui dirige chœurs, solistes et pianiste avec sobriété et efficacité.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/madama-butterfly-bordeaux-papillon-a-une-aile/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Nov 2022 05:00:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ainsi va la vie d’une production d’opéra, en l’occurrence Madama Butterfly à Bordeaux du 10 au 21 novembre. Souffrante, Karah Son, la titulaire du rôle-titre a été remplacée deux soirs de suite par Céline Byrne qui a réussi l’exploit d’enfiler in extremis le kimono de la geisha. Rétablie ce samedi 19 novembre pour l’avant-dernière représentation &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Ainsi va la vie d’une production d’opéra, en l’occurrence <em>Madama Butterfly</em> à Bordeaux du 10 au 21 novembre. Souffrante, <strong>Karah Son</strong>, la titulaire du rôle-titre a été remplacée deux soirs de suite par Céline Byrne qui a réussi l’exploit d’enfiler in extremis le kimono de la geisha. Rétablie ce samedi 19 novembre pour l’avant-dernière représentation de la série, la soprano coréenne effectue son retour sur scène non sans qu’une annonce avant le lever de rideau n’ait signalé son état convalescent. Sans doute faut-il mettre sur le compte de ces circonstances une interprétation altérée par l’insuffisance de la projection dans le grave et le medium. Duos – d’amour, des fleurs – déséquilibrés, texte souvent inaudible, phrasé hésitant… Une moitié de Cio-Cio-San ne fait pas une <em>Butterfly</em>, quand bien même Karah Son apporte au papillon puccinien sa connaissance scénique d’un rôle qu’elle a interprété sur bon nombre de scènes internationales.</p>
<p>D’autant que ses partenaires affichent une santé vocale à décourager un étudiant en médecine de choisir phoniatrie pour spécialité. <strong>Riccardo Massi</strong> chante main sur le cœur, un Pinkerton peu subtil – le yankee doit-il l’être ? –, le chant ouvert, pas toujours juste mais l’aigu radieux. La jeunesse et la fraîcheur vocale de <strong>Virginie Verrez </strong>tirent Suzuki vers la jeune fille au pair en séjour linguistique au Japon plus que vers la gouvernante consacrée par la tradition. Son mezzo-soprano, d’une belle égalité sur l’ensemble de la tessiture, gagne en naturel ce qu’il perd en rondeur maternelle. Le ténor de l’excellent <strong>Philippe Do</strong> paraît presque trop châtié pour traduire l’infame mercantilisme de Goro. L’entremetteur devrait être à <em>Butterfly</em> ce que le serpent Kaa est au <em>Livre de la jungle</em> : sournois, malsain, saumâtre. Vainqueur à l’applaudimètre, <strong>André Heyboer</strong> offre de Sharpless une interprétation proche de l’idéal, âme noble, grand cœur, grande voix large et charpentée dont le timbre de bronze adopte des couleurs brunes qui siéent à la maturité bienveillante du consul américain. </p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/butterfly4.jpg?itok=abk2-aWz" title="© Éric Bouloumié" width="468" /><br />
	© Éric Bouloumié</p>
<p>A la tête de l&rsquo;Orchestre National Bordeaux Aquitaine, <strong>Paul Daniel</strong> renoue avec une phalange orchestrale qu’il a dirigée pendant huit ans, de 2013 à 2021. La complicité entre le chef et les musiciens saute à l’oreille, notamment durant l’intermède du troisième acte d’un lyrisme exaltant, dût la joie des retrouvailles se traduire parfois par un excès de décibels préjudiciable au Chœur à bouche fermé  – et moins accessoirement à Karah Son.</p>
<p>Opter pour une révision de la version de Brescia, de trois mois postérieure à celle de la création, à Milan le 17 février 1904, représente un intéressant compromis entre la partition originale et celle jouée aujourd’hui un peu partout dans le monde. L’abjection de Pinkerton, accentuée par plusieurs répliques ensuite supprimées, se trouve tempérée de remords par son air « Addio, fiorito asil » qui ne figurait pas dans la version originale ; et les personnages secondaires apparaissent mieux dessinés, notamment l’ivrogne Yakuside campé avec humour par <strong>Jean-Pascal Introvigne</strong>.</p>
<p>D’un réalisme éloigné de l’épure à laquelle sacrifient bon nombre de mises en scène, l’approche de <strong>Yoshi Oida</strong> a le mérite de la lisibilité. Le récit suit à la lettre le livret même si le geste scénique s’avère parfois en décalage avec les intentions musicales – l’apparition de l’enfant, le seppuku final. Deux échafaudages tubulaires, reliés en hauteur par une inutile passerelle, encadrent une estrade représentant la maison de Butterfly. Des paravents tentent de rythmer l’espace, fermé par un rideau jaunâtre et flanqué sur les côtés de deux petites fontaines que l’on croirait achetées chez Natures et Découvertes. Un tel parti-pris esthétique n’aide pas à rendre cette <em>Butterfly</em> inoubliable. </p>
<p>N’en déplaise cependant à l’actuelle municipalité qui, si l’on en juge au discours tenu lors de la dernière conférence de presse parisienne, considère l’opéra comme un art replié sur lui-même – d’où <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/bordeaux-2022-23-souvrir-a-un-certain-monde">une saison lyrique 2022-23</a> réduite à la portion congrue –, les dernières représentations affichent complet et le public, représentatif de toutes les générations, applaudit avec enthousiasme les artistes au tomber de rideau. </p>
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