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	<title>David JACKSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>David JACKSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, La traviata &#8211; Belle-Île-en-Mer</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Aug 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival Lyrique en Mer de Belle-Île, fort de plus de vingt ans d’existence, bénéficie cette année d&#8217;un nouveau souffle avec l&#8217;arrivée d&#8217;un nouveau directeur musical, l&#8217;anglais David Jackson. C&#8217;est lui qui a choisi de présenter La traviata, œuvre qu&#8217;on a un peu trop souvent l&#8217;occasion d&#8217;entendre ces derniers temps, mais qui reste une valeur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Festival Lyrique en Mer de Belle-Île, fort de plus de vingt ans d’existence, bénéficie cette année d&rsquo;un nouveau souffle avec l&rsquo;arrivée d&rsquo;un nouveau directeur musical, l&rsquo;anglais <strong>David Jackson</strong>. C&rsquo;est lui qui a choisi de présenter <em>La traviata</em>, œuvre qu&rsquo;on a un peu trop souvent l&rsquo;occasion d&rsquo;entendre ces derniers temps, mais qui reste une valeur sûre pour satisfaire toutes les franges du public, des néophytes au lyricopathes les plus chevronnés. De fait, cette <em>Traviata</em> belle-îloise est sans doute l&rsquo;une des plus touchantes qu&rsquo;on a pu voir et entendre récemment – les moyens du festival sont relativement modestes, mais l&rsquo;ambition artistique n&rsquo;en reste pas moins d&rsquo;une grande exigence.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Cédric Le Stunff</strong> est la pierre angulaire de cette réussite. Sa lecture de l&rsquo;œuvre repose sur une idée scénographique structurante : un bloc noir au centre du plateau, qui change de fonction au cours de l&rsquo;œuvre. Reprenant la construction narrative de <em>La</em> <em>Dame aux camélias</em>, le spectacle s&rsquo;ouvre sur un Alfredo en deuil, portant des fleurs sur la tombe de Violetta – une idée que Karin Henkel avait déjà tenté de développer à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-cast-b-geneve/">Genève</a>, avec un bonheur moindre&#8230; Pendant l’ouverture, les souvenirs affluent, et la tombe se métamorphose : une nappe posée, les fleurs mises dans un vase, et voici la table du banquet où se pressent les amis de Violetta. Au deuxième acte, le bloc devient un divan sur lequel Alfredo déballe un cadeau sans doute offert par Violetta – discret rappel que le jeune homme est « entretenu » par la courtisane. Plus tard, chez Flora, le bloc redevient table, mais de jeu cette fois, théâtre de l’affrontement entre Alfredo et Douphol. Au troisième acte, enfin, le bloc se transforme en lit mortuaire, reconvoquant l’image initiale de la tombe et refermant le cercle du drame. Ce dernier acte bascule progressivement dans le fantastique, avec l&rsquo;apparition de spectres voilés, acculant Violetta et manifestant concrètement son angoisse.</p>
<figure id="attachment_196617" aria-describedby="caption-attachment-196617" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-196617 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_1908-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196617" class="wp-caption-text">Andres Cascante (Germont père) et Jiyoung Kim (Violetta) © David Giard</figcaption></figure>
<p>Toutes ces excellentes idées de mise en scène, fort simples mais d&rsquo;une grande justesse dramaturgique, sont soutenues par des lumières (<strong>Claire Lorthioir</strong>) toujours évocatrices et des costumes d&rsquo;une grande élégance. La direction d&rsquo;acteur est dans l&rsquo;ensemble très adroite, mais les interprètes, tous de très jeunes artistes, ne peuvent s&#8217;empêcher d&rsquo;être trop souvent de face ou de trois quart pour regarder le chef – c&rsquo;est en vérité une nécessité tout à fait compréhensible, mais on y est de moins en moins habitué, maintenant qu&rsquo;il existe des retours vidéo un peu partout autour des plateaux d&rsquo;opéra. Notons que les divertissements du second tableau du deuxième acte sont interprétés pendant l&rsquo;entracte à l&rsquo;extérieur de la salle, comme une mignardise, avant que le public vienne se réinstaller pour reprendre le fil de l&rsquo;action, d&rsquo;une continuité dramatique implacable, sans échappée.</p>
<p>Cette <em>Traviata</em> se caractérise par sa grande intimité, qui tient aussi à son arrangement musical singulier. L&rsquo;orchestre est en effet composé d&rsquo;un quintette à cordes (l&rsquo;ensemble <strong>Sybarite5</strong>), d&rsquo;un accordéon (<strong>Neil Sutcliffe</strong>) et d&rsquo;un piano (<strong>Michael Bawtree</strong>). Cette palette sonore dépouillée débarrasse l&rsquo;œuvre de l&rsquo;épais pathos auquel elle peut parfois être associée. On savoure d&rsquo;abord la netteté des lignes de cordes : à un par pupitre, les instruments s&rsquo;équilibrent bien différemment que dans un orchestre symphonique et on les différencie très clairement. La ligne du violoncelle dans « Dite alla giovine » apparaît ainsi dans toute sa splendeur. La présence de l&rsquo;accordéon peut paraître incongrue, mais le timbre de l&rsquo;instrument peut tout aussi bien donner du corps aux pupitres de cordes, qu&rsquo;évoquer les différents bois, absents dans cet arrangement. C&rsquo;est lui qui remplace par exemple la clarinette lors de l&rsquo;écriture de la lettre à l&rsquo;acte II. Irréductiblement associé à son usage populaire (la guinguette), l&rsquo;instrument apporte une teinte mélancolique à l&rsquo;ensemble, évoquant des lointains souvenirs de fêtes révolues et rappelle aussi la situation géographique de l&rsquo;action : Paris et les bords de la Seine à Bougival&#8230; Le piano, lui, s’intègre moins naturellement au tissu sonore, surtout lorsqu’il double les voix. Sa sonorité froide mais percussive trouve toutefois un rôle pertinent dans les basses obstinées des scènes d’ensemble, où il supplée avec efficacité l&rsquo;absence des bois, des cuivres et des percussions. Tous les musiciens sont en tout cas conduit avec beaucoup de style par David Jackson, qui se révèle tout au long de la représentation très attentif à l&rsquo;équilibre entre la fosse et le plateau et à la mise en valeur des interprètes.</p>
<figure id="attachment_196621" aria-describedby="caption-attachment-196621" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-196621 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_2009-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196621" class="wp-caption-text">Jiyoung Kim (Violetta) et Jean Miannay (Alfredo) © David Giard</figcaption></figure>
<p>Ces interprètes sont tous et toutes de jeunes artistes, extrêmement prometteurs, à commencer par <strong>Jiyoung Kim</strong> qui campe une Violetta pleine de qualités. D&rsquo;aucun dirait qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas la « voix-du-rôle » car la couleur de la voix est relativement légère, mais il y a quelque chose de profond et de grave derrière cette fine étoffe vocale. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs étrangement pas dans le premier acte où elle se révèle à son meilleur (la voix se crispe un peu dans le finale), mais dans les actes suivants, où elle déploie toutes ses qualités musicales, de phrasé et de coloration, avec une voix solidement projetée. Ce n&rsquo;est pas une Violetta grande tragédienne prenant la pose, mais une Violetta qui vit un drame intime, avec pudeur et discernement, dans une forme de dépouillement profondément touchant. À ses côtés, l&rsquo;Alfredo de <strong>Jean Miannay</strong> impressionne par son engagement de tous les instants. Le chanteur est ici chez lui puisqu&rsquo;il a quasiment débuté à Belle-Île. Il chante beaucoup à Lausanne, dans de petits rôles, souvent des ténors de caractère. Le rôle d&rsquo;Alfredo représentait donc une certaine gageure pour lui, relevée avec brio. L&rsquo;italien manque peut-être parfois un peu de naturel, mais la ligne musicale est toujours conduite avec vaillance et élégance. Il couronne la fin de son air, au début du deuxième acte, de phrases en voix mixte d&rsquo;une beauté renversante. Dans le deuxième tableau de l&rsquo;acte II, il touche particulièrement en Alfredo dévasté, titubant et vindicatif, jamais caricatural, toujours juste. Enfin, le baryton costaricain <strong>Andres Cascante</strong>, ancien membre de l’Académie de l’Opéra de Paris, incarne un Germont père à la noble prestance. Sa voix ample et mordante, au timbre rond, impose une autorité naturelle, mais se teinte aussi d’une sincère chaleur paternelle dans les échanges avec Violetta. Il sait ménager des éclats dramatiques comme des instants de douceur, donnant au personnage une complexité qu&rsquo;on ne lui offre pas toujours.</p>
<figure id="attachment_196623" aria-describedby="caption-attachment-196623" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-196623 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_2030-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-196623" class="wp-caption-text">© David Giard</figcaption></figure>
<p>Les parties chorales sont assurées par ceux que le festival appelle les « Jeunes artistes ». Ce sont de jeunes chanteurs qui trouvent ainsi l&rsquo;opportunité de s&rsquo;essayer à la scène et, pour certains d&rsquo;entre eux, d&rsquo;incarner certains rôles secondaires. Ils font part d&rsquo;un grand enthousiasme aussi bien vocal que scénique lors des scènes de fêtes et proposent une belle sonorité d&rsquo;ensemble. On distingue parmi les seconds rôles les très belles voix d&rsquo;<strong>Elisabeth Ternisien</strong> en Flora et de <strong>Gigi Casey</strong> en Annina, toutes deux très touchantes. Chez les hommes, on retiendra la forte présence d&rsquo;<strong>Esteban Iribarne</strong> en marquis d&rsquo;Obigny et les qualités vocales et scéniques de <strong>Julien Soares</strong> dans le rôle trop court du docteur Grenvil, auquel il offre une voix de baryton saine et soigneusement phrasée.</p>
<p data-start="88" data-end="893">En définitive, <em>La traviata</em> se prête remarquablement à cette adaptation chambriste, qui en révèle la nature profondément intime : un drame lové dans des espaces réduits et clos, derrière des portes entrouvertes et des fenêtres qui filtrent l&rsquo;éclat des fêtes et les tumultes du carnaval. Ici, la relative modestie des moyens devient un atout : l’écriture de Verdi, dépouillée de son grand apparat orchestral, respire autrement et éclaire les rapports humains dans leur vérité la plus nue. Ce parti pris, soutenu par une distribution engagée et une mise en scène à la fois inventive et limpide, offre la possibilité rare de redécouvrir une œuvre archi-rebattue sous un jour neuf – plus fragile, plus proche, et, pour tout dire, plus émouvant encore.</p>
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		<title>Le Festival Lyrique de Belle-Île-en-Mer —</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-festival-lyrique-de-belle-ile-en-mer-les-voix-et-locean/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Aug 2021 05:31:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche) De tout temps, Belle-Île-en-Mer a eu un lien fort avec l’Amérique du Nord (50% des Bellîlois sont d’ailleurs d’origine acadienne). Rien de plus  naturel, donc, que ce soit le célèbre baryton-basse Richard Cowan qui a eu &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          <img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/reynaldo_hahn_lauren_pasche-01_0.jpg?itok=4QfY9XKS" title="Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche)" width="468" /><br />
	Philip Walsh, Lauren Urquhart, Fabienne Marsaudon et Michaël Martin-Badier à la Pointe des Poulains le 1er août (Photo Lauren Pasche)</p>
<p>De tout temps, Belle-Île-en-Mer a eu un lien fort avec l’Amérique du Nord (50% des Bellîlois sont d’ailleurs d’origine acadienne). Rien de plus  naturel, donc, que ce soit le célèbre baryton-basse <strong>Richard Cowan</strong> qui a eu l’idée d’y créer un Festival d’Art Lyrique en 1997. Cette année-là il chante à Berlin et décide de prendre des vacances en Bretagne. A Belle-Île, il visite la citadelle Vauban, et rencontre André et Anna Larquetoux à qui le domaine public a vendu un monument en péril et qui l’ont restauré de manière remarquable. Cowan chante pour eux et les convainc d’y organiser <em>Le Festival Lyrique de Belle-Île-en-Mer</em> dont ils seront ainsi les premiers mécènes. En 1998 les deux premiers récitals ont attiré jusqu’à 600 personnes. Chaque année Cowan est parvenu, grâce au public et aux donateurs, à monter un opéra et de grandes œuvres pour solistes, chœur et orchestre (en petit effectif). En 2001, il fait appel au pianiste britannique <strong>Philip Walsh</strong> comme chef de chant et chef d’orchestre. À sa mort en 2015 c’est ce dernier qui reprend la direction artistique du festival. Le public est toujours aussi fidèle et la billetterie représente aujourd’hui 35% du budget allié à un mécénat à plus de 50%. C’est assez exceptionnel et ce courage mérite d’être soutenu davantage. Cet été, suite à la crise sanitaire, il n’y a pas d’opéra. Mais l’imagination et le talent sont au rendez-vous. Après une Soirée Cabaret, le public est convié le 1er août  à assister a un concert littéraire <em>Un été chez Sarah Bernhardt à Belle-île</em> qui évoque les séjours, chez elle, du compositeur Reynaldo Hahn. Le cadre choisi est sublime : la falaise de la Pointe des Poulains qui domine le fortin de la comédienne. Ce récital en plein air réunit, autour du piano de Philip Walsh, le comédien <strong>Michaël Martin-Badier</strong> et la soprano américaine <strong>Lauren Urquhart</strong> (en saison au Volksoper de Vienne) qui a remplacé au pied levé la cantatrice prévue. Un exploit car elle appris le répertoire en 36 heures. Le résultat est époustouflant. Elle nous fait comprendre chaque mot, et porte la musique au sommet. Sa voix de soprano léger au timbre lumineux distille avec justesse les poèmes choisis par Reynaldo Hahn parmi ceux de Verlaine, Hugo, Leconte de l’Isle, et bien d’autres. Dans<em> l’Air du départ</em>, sur le texte de Sacha Guitry, son interprétation rappelle même Yvonne Printemps sa dédicataire. A ses côtés, le comédien Michaël Martin-Badier est un élégant complice avec ce qu’il faut de douce ironie et d’humour. Le texte que Fabienne Marsaudon a écrit à partir des lettres et récits de Reynaldo Hahn est d’une sensibilité à fleur de peau et évoque la belle amitié du compositeur et de la comédienne avec une justesse et un sens de la théâtralité qui captive l’auditeur. Philip Walsh donne une grandeur insoupçonnée à plusieurs mélodies et souligne ainsi la filiation qui unit Hahn à Poulenc. Il joue plusieurs fois en soliste notamment l’accompagnement du <em>Tango habanera</em> qui vaut d’être entendu sans la ligne de chant. Il est rare d’entendre un récital entièrement consacré à Reynaldo Hahn. Grâce soit rendue aux interprètes de nous en avoir exprimé la véritable envergure. A la fin, sur les dernières phrases du piano, la chanteuse et le comédien se tournent, face à l’océan mordoré, vers le fortin de Sarah Bernhardt, alors qu’un soleil couchant éblouissant les illumine. Quand les artistes et l’écrivaine quittent la scène, ils se mêlent au public qui leur fait, très ému, une véritable haie d’honneur sur la lande.</p>
<p> Le 3 août rendez-vous dans la magnifique église de Locmaria (XIe siècle), pour le concert traditionnel de musique sacrée composé cette fois (actualité oblige!) autour du thème du Choral du Veilleur « Wachet auf » écrit par un compositeur du XVIe siècle, au temps de la peste, et repris par Bach et Mendelssohn. Le jeune chef<strong> David Jackson</strong> est à l’orgue. Il a réalisé la réduction pour un petit ensemble qu’il dirige : sept musiciens venus de partout en Europe dont l’excellent premier violon anglo-serbe <strong>Nemanja Ljubinkovič</strong>. Le quatuor vocal interprète les récits, airs et chœurs. Dommage qu’il soit peu homogène. Le ténor et le baryton, dans un répertoire qui leur convient mal, peinent à s’accorder au magnifique duo de Lauren Urquhart toujours aussi rayonnante et de la mezzo française Eléonore Gagey à la voix veloutée et l’émission franche et assurée. L’engagement de tous attire la sympathie du public, notamment dans les extraits du <em>Paulus</em>  de Mendelssohn.</p>
<p>Le lendemain c’est l’imposante citadelle de Vauban qui accueille les chanteurs pour un gala d’opéra. Le public a rempli la grande salle, lieu mythique du Festival. <strong>Eléonore Gagey</strong> est excellente dans l’air de Rosine du <em>Barbier de Séville</em> de Rossini et particulièrement émouvante dans l’air d’<em>Ariodante</em> de Haendel. Lauren Urquhart est à nouveau acclamée par le public notamment dans l’air de Morgane d<em>’Alcina</em> de Haendel et « O mio Babbino Caro » de <em>Gianni Schicchi</em> de Puccini. Sa technique exemplaire lui permet une égalité d’émission sur toute la tessiture, du grave sonore à l’aigu ample et brillant. Une vraie révélation !  Le ténor <strong>Peter Tantsits</strong>, très exubérant dans l’air de <em>Gianni Schicchi</em>, donne libre cours à des aigus très appuyés. Mais la ligne vocale et la justesse sont souvent hasardeuses. Un appui constant du souffle lui permettrait un meilleur legato et une diction vocalique plus précise. Le jeune baryton polonais <strong>Lukas Klimczak</strong> a une voix sonore et percutante. Son chant gagnerait à être plus nuancé car son timbre est magnifié quand il se permet des mezza-voce. Il est excellent dans l’air de <em>Die Tote Stadt</em> de Korngold et dans celui d’<em>Eugène Onéguine</em> de Tchaikovski.</p>
<p>Au piano <strong>David Jackson</strong> est tellement habité que le public lui fait une ovation. Durant les deux semaines du festival, c’est lui qui fait travailler le chœur d’enfants avec un talent rare de pédagogue. L’année prochaine il retrouvera le chœur de musique sacrée, formé par des amateurs de l’île et par les jeunes artistes en résidence. Car il y aura de l’opéra ! La beauté de ce festival (qui se poursuit cette année jusqu’au 12 août) tient aussi au fait que c’est le festival du peuple de Belle-Île et qu’il en est fier. </p>
<p> </p>
<p>
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		<title>Concerts d’été au Festival Lyrique-en-Mer — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/concerts-dete-au-festival-lyrique-en-mer-belle-ile-en-mer-isola-lyrica/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Aug 2020 02:56:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Il était inenvisageable de ne pas proposer d&#8217;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer » martèle Marie-Françoise Morvan, la présidente du festival. « Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq programmes originaux, cet été à Belle-Ile ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées: À deux pas de la mer &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Il était inenvisageable de ne pas proposer d&rsquo;édition 2020 du festival Lyrique-en-Mer </em>» martèle <strong style="font-size: 14px">Marie-Françoise Morvan</strong>, la présidente du festival. « <em>Les conditions en sont inédites, très contraintes, mais nous avons la chance de pouvoir proposer cinq </em><em>programmes originaux, cet été à Belle-Ile</em> ». Nous avons pu assister à trois de ces soirées:</p>
<p><em>À deux pas de la mer qu&rsquo;on entend bourdonner,</em><br /><em>Je sais un coin perdu de la terre bretonne</em><br /><em>Où j&rsquo;aurais tant aimé, pendant les jours d&rsquo;automne,</em><br /><em>Chère, à vous emmener !&#8230; </em></p>
<p>Cet extrait de « Paysage » d&rsquo;André Theuriet aurait pu servir de point de départ au programme Reynaldo Hahn, évocation musicale de l&rsquo;été 1912, imaginé par <strong>Philip Walsh</strong>, le directeur artistique pour la soirée d&rsquo;ouverture du festival. Tous les adeptes de Belle-Ile le savent, la Chère – Sarah Bernhardt – en fut une prestigieuse estivante qui investit avec bonheur la Pointe des Poulains où elle accueillit ses intimes, dont le brillant compositeur.</p>
<p><strong>Fabienne Marsaudon</strong>, venue en voisine, a crocheté un bien joli patchwork de textes à partir de la correspondance des artistes afin d&rsquo;articuler une proposition généreuse de dix-neuf mélodies, exercice d&rsquo;endurance pour la vaillante soprano <strong>Jazmin Black -Grollemund</strong> qui relève le défi avec grâce et sensibilité, une grande justesse dans l&rsquo;émotion, soutenue par l&rsquo;accompagnement attentif, plein de délicatesse et d&rsquo;esprit de Philip Walsh. L&rsquo;artiste américaine avait découvert la Bretagne lors d&rsquo;une académie d&rsquo;été du festival qui accueille chaque été de jeunes artistes venus d&rsquo;outre-Atlantique ; elle n&rsquo;est jamais repartie et se trouve particulièrement bien placée pour vanter les charmes de l&rsquo;île d&rsquo;autant plus qu&rsquo;elle profite de beaux graves charnus dignes d&rsquo;une mezzo, de pianis raffinés, d&rsquo;un joli legato même si elle a tendance à détimbrer ses médiums dans ce répertoire. Mention spéciale pour « A Chloris », pour le « tango Habarena sous l&rsquo;oranger »  ainsi que pour « Paysage ». </p>
<p><strong>Michael Martin-Badier</strong> prête sa voix à l&rsquo;épistolier Reynaldo Hahn et évoque avec autant de retenue que de finesse la beauté de l’île, les promenades à pied ou en bateau, les soirées pluvieuses au coin du feu ou encore les somptueux couchers de soleil. S&rsquo;installe alors un effet d&rsquo;écho assez délicieux entre les silhouettes évoquées (Reynaldo Hahn, Sarah Bernhardt mais également Marcel Proust, Catulle Mendes ou encore Sacha Guitry et Yvonne Printemps), les trois artistes sur scène et enfin le public qui, tous, résident à Belle-Ile et connaissent parfaitement les lieux et les moments décrits.</p>
<p>C&rsquo;est une Jazmin Black Grollemund rayonnante que nous retrouvons dans le cadre prestigieux de la citadelle pour incarner avec toujours autant d&rsquo;intelligence expressive, Mimi, Chimène et – plus inattendu mais parfaitement réussi – Carmen. Cette soirée de Gala réunit six artistes lyriques, tous passés par l&rsquo;académie du festival, autour du piano sensible de<strong> David Jackson</strong> au toucher rond et généreux. Les jeunes pousses prometteuses, sont désormais des professionnels confirmés. Les « hits » du lyriques se succèdent, que le public retrouve avec le plaisir d&rsquo;une madeleine après tant de mois de sevrage musical.</p>
<p><strong>Andrew Nolen</strong> est un formidable Leporello qui mâtine son catalogue d&rsquo;un soupçon d&rsquo;espièglerie. Comédien jusqu&rsquo;au bout des ongles, il fait tant que « la piccina » semble vraiment là, face à nous. Son timbre rond et sensuel s&rsquo;enrichit de mille nuances que l&rsquo;on retrouve dans un somptueux extrait de <em>Macbeth</em> (« Come dal ciel precipita », Verdi, rôle de Banco).</p>
<p>Le tout jeune ténor<strong> Jean Miannay</strong> ravit par une émission claire et rayonnante, joliment ancrée et une présence pleine d&rsquo;innocence qui donne beaucoup de fraîcheur à son Don Ottavio (<em>Don Giovanni </em>de Mozart, « Dalla sua pace ») et une émotion singulière au « Kuda, Kuda » de Lensky dans<em> Eugène Onéguine</em>.</p>
<p>Les deux hommes sont entourés de quatre femmes aux tempéraments aussi différents que brillants, choisies, elles aussi par Philip Walsh avec le talent qu&rsquo;on lui connaît.</p>
<p><strong>Eléonor Gagey</strong>, qui a découvert le chant lyrique enfant, au festival, est une magnifique <em>Cenerentola </em>(« Nacqui all&rsquo;affanno e al pianto », Rossini). L&rsquo;unité des registres est remarquable, tout comme la richesse des harmonies qui fait également merveille dans le rôle de Sesto (« Parto, parto »<em>, la Clémence de Titus</em> de Mozart) où la redoutable vocaliste fait montre alors de beaucoup de sensibilité.</p>
<p>Les vocalises sont également simples formalités pour<strong> Louise Pingeot</strong> et <strong>Lauren Urquhart</strong> qui « coloraturent » à étourdir. La première ouvre le bal d&rsquo;un « Salut à la France » (<em>la fille du</em> <em>régiment </em>de Donizetti) qui résonne comme une invitation à renouer avec le bonheur de la musique « live » après tant de mois de streaming imposé. Elle relève surtout le défi de nous faire entrer dans l&rsquo;âme d&rsquo;une Ophélie déboussolée <em>(</em>« à vos jeux mes amis »<em>, Hamlet </em>d&rsquo;Ambroise Thomas), avec une émission d&rsquo;un grand naturel, des aigus glorieux et une diction impeccable tout au long de cet air si exigeant.</p>
<p>La seconde impose avec<em> Linda di Chamounix </em>(« O luce di quest&rsquo;anima », Donizetti) l&rsquo;évidence d&rsquo;une projection tout en brillant et en lumière avant de clore la soirée en Musetta (<em>La Bohème</em>, Puccini), un rôle qui va comme un gant à sa présence mutine.</p>
<p>Le lendemain, David Jackson triple sa casquette de chef de chant accompagnateur de celle de concepteur d&rsquo;une belle Schubertiade qui associe le compositeur viennois et ses successeurs admiratifs, de Louise Farrenc à Brahms en passant par Schumann. Autour du piano et d&rsquo;un quintette à cordes de belle tenue, certains chanteurs sont moins à l&rsquo;aise que dans le répertoire de la veille. On retiendra toutefois le poignant «<em>Dicheterliebe </em>(Schumann) de Jean Mianney ; les intenses « Doppelgänger » et « Der Tod und das Mädchen » (Schubert) d&rsquo;Andrew Nolen ; les belles qualités de musicienne de Lauren Urquhart dans « Oh quand je dors » (Liszt) et accompagnée au violon par <strong>Nemanja Ljubinkovic</strong> pour « Der Hirt auf dem Felsen » (Schubert).</p>
<p>Un concert de musique sacrée en église ainsi qu&rsquo;une programme jeune public commémorant les 250 ans de la naissance de Beethoven complètent cette programmation « covid compatible » à applaudir jusqu&rsquo;à la mi-août.</p>
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		<title>Gloria&#124;Requiem — Belle-Ile-en-mer</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/gloria-de-vivaldi-et-requiem-de-mozart-belle-ile-en-mer-double-plaisir/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 12 Aug 2017 05:59:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En cette douce soirée d’été, après avoir fait vibrer les charmantes églises de Locmaria et de Bangor, le Chœur et l’Orchestre du Festival de Belle-Île ont conquis le public de sa « capitale » administrative . Grâce à un travail assidu, ils ont produit des interprétations intenses auxquelles les fidèles amis et les soutiens d’une manifestation lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En cette douce soirée d’été, après avoir fait vibrer les charmantes églises de Locmaria et de Bangor, le Chœur et l’Orchestre du Festival de Belle-Île ont conquis le public de sa « capitale » administrative . Grâce à un travail assidu, ils ont produit des interprétations intenses auxquelles les fidèles amis et les soutiens d’une manifestation lyrique à vocation internationale devenue incontournable, se montrent de plus en plus sensibles. Alors que le soleil n’est pas encore couché, ce public se presse pour emplir entièrement la belle église de Palais, remarquable pour ses mosaïques originales et ses vitraux colorés.</p>
<p>Pour commencer, nous baignons dans la joie avec un magnifique <em>Gloria</em> de Vivaldi dirigé par <strong>David Jackson.</strong> Pianiste, compositeur, chef de chant à la Maîtrise de Notre Dame de Paris ainsi qu’aux conservatoires de Versailles et de Meudon — également depuis plusieurs années au festival lyrique de Belle-Île — il fait ici brillamment ses débuts au pupitre. Sa lecture dynamique et rigoureuse veillant à faire ressortir toutes les couleurs instrumentales et à bien détacher les plans sonores des douze parties de l’œuvre est  d’une précision admirable. Avec leurs voix diaphanes et lumineuses, les trois sopranos et les deux mezzos solistes intégrées au chœur, ne tombent à aucun moment dans la théâtralisation. C’est beau, c’est poétique, c’est fervent, tout en demeurant absolument vivaldien. On retiendra  en particulier  « <em>In terra Pax », </em> « <em>Domine Deus </em>» et, surtout, le superbe « <em>Qui sedes ad dexteram Patris » </em>! </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/requiem_palais_2017_web-5829.jpeg?itok=n10__clV" title="Gloria © Léonor Matet" width="468" /><br />
	Gloria © Léonor Matet</p>
<p>Après l’entracte, avec le célèbre <em>Requiem</em> de Mozart, l’heure est beaucoup plus grave. Sous la baguette experte de <strong>Philip Walsh,</strong> directeur artistique du Festival, les mêmes forces orchestrales et chorales comprenant comme précédemment les<strong> Jeunes artistes </strong>et avec la participation d’un quatuor vocal opératique, interprètent cette œuvre ultime dont la genèse obscure a fait l’objet de bien des suppositions et controverses. Aujourd’hui, le travail de plusieurs générations de musicologues a permis d’établir que si la composition a bien eu lieu dans des conditions tragiques nécessitant l’intervention maladroite de l’entourage du <em>divin</em> Mozart, l’authenticité de l’inspiration et des intentions de ce <em>Requiem, </em>conçu face à la mort, ne fait aucun doute.</p>
<p>La solide voix de baryton basse assortie d’une excellente articulation de <strong>Tyler Simpson,</strong> résonne avec force ; alors que, sans démériter, le ténor et la soprano — peut-être surmenés ? — manquent quelque peu de conviction. Quoi qu’il en soit, la majesté d’«<em> Introitus </em>», la fureur de « <em>Dies irae </em>», la lourde menace  de « <em>Tuba mirum </em>», la piété résignée de « <em>Lacrimosa </em>»,  la joie de « <em>Domine Jesu </em>», la solennité  de « <em>Sanctus</em> » sont parfois en dessous de ce qu’on attend du prodigieux génie mozartien. Cependant en dépit du rafistolage de la partition maintes fois dénoncé, nous sommes submergés par une profonde émotion. Et comme le souhaite Philip Walsh dans son introduction à ce bouleversant requiem, nous le ressentons comme « <em>une invitation optimiste à l’éternité, et pas uniquement comme la fin terrifiante et tumultueuse de la vie de ce grand compositeur</em>».</p>
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