<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Jan ANTEM - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/jan-antem/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/jan-antem/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 24 Jul 2025 20:57:25 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.9.4</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Jan ANTEM - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/jan-antem/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>VERDI, La Traviata – Vérone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=195165</guid>

					<description><![CDATA[<p>Au lendemain d’un Nabucco atomique très New Age, les Arènes de Vérone programmaient une Traviata beaucoup plus traditionnelle, devant une foule compacte, pas un siège ne semblant être vide, ce qui est toujours très impressionnant, quoique rassurant pour l’avenir de la manifestation. Tant la notoriété de l’œuvre verdienne que la beauté de la production proposée &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone/"> <span class="screen-reader-text">VERDI, La Traviata – Vérone</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone/">VERDI, La Traviata – Vérone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Au lendemain d’un <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-nabucco-verone/">Nabucco</a></em> atomique très New Age, les Arènes de Vérone programmaient une <em>Traviata </em>beaucoup plus traditionnelle, devant une foule compacte, pas un siège ne semblant être vide, ce qui est toujours très impressionnant, quoique rassurant pour l’avenir de la manifestation. Tant la notoriété de l’œuvre verdienne que la beauté de la production proposée depuis une quinzaine d’années maintenant pouvaient expliquer un tel succès. En 2011, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/ermonela-jaho-bien-encadree/">Jean-Marcel Humbert</a> avait apprécié la nouvelle production du metteur en scène <strong>Hugo de Ana</strong> et il est vrai que les décors constitués d’une série de cadres enchevêtrés sur les gradins de l’Arène sont du plus bel effet, les protagonistes évoluant à l’intérieur de ce qui constitue dès lors des tableaux vivants. On sort du cadre, certains sont décadrés, d’autres menacent d’être écrasés par les cadres en mouvements, etc. On peut ainsi visuellement et intellectuellement filer les métaphores à loisir face à ce décor malin et esthétiquement très réussi. Les cadres se font tour à tour plateau de danse, jardin de campagne, mansarde, labyrinthe ou fenêtre à guillotine au couperet inquiétant. Au centre de ce dispositif efficace autant qu’inexorable (le moindre glissement hors champ détonne), Violetta passe de la condition de personnage central à celui de victime expiatoire, essayant vainement de trouver ou retrouver sa place dans une structure en évolution et surtout en pleine désagrégation. Certaines saynètes évoquent le film de Zeffirelli (costumes, lumières et surtout, foisonnement général), d’autres, plus japonisantes, se réfèrent cependant toutes, judicieusement, à la fin du xix<sup>e</sup> siècle. Les scènes de bal et les chorégraphies sont superbes et hautes en couleur. Il n’est aucunement besoin d’effets spéciaux spectaculaires pour enchanter le public&nbsp;: il suffit par exemple d’une série de lanternes géantes, disposées en arc de cercle sur les gradins, qu’on voit s’illuminer subitement, pour émerveiller tout un chacun.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-traviata_050725_EnneviFoto_6650-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-195177"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>De plus, ce soir, c’est le ciel lui-même qui s’est mis de la partie pour magnifier le spectacle. Dans la journée, la pluie s’est déjà invitée et l’orage menace avant le début de la représentation. Heureusement, les éclairs sont lointains et muets, se contentant de mettre efficacement un accent lumineux aux moments appropriés du drame, comme fait tout exprès. On en vient à remercier le ciel de nous offrir un tel travail de dramaturgie sans verser des seaux d’eau qui auraient suspendu inopinément ce beau spectacle. Encore plus saisissant, un vent fort se lève, qui aide à disperser les rubans et confettis dorés de la fête, en sublimes nébuleuses effilochées. On se met cependant à craindre que les cadres ne s’abattent réellement sur les chanteurs, mais tout est bien accroché et encore mieux encadré. Par chance, le vent souffle dans la bonne direction et fait office de porte-voix, ramenant les sons vers le public, pour un confort d’écoute optimal. On n’ose imaginer ce qu’aurait produit l’effet inverse…</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/La-traviata_050725_EnneviFoto_6115-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-195171"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Arena di Verona 102° Opera Festival 2025</sup></figcaption></figure>


<p>Servis par une mise en scène lisible, les chanteurs évoluent apparemment très à l’aise. La belle <strong>Angel Blue</strong> parvient sans peine à entrer dans son rôle et nous émouvoir jusqu’aux larmes. La puissante de projection de la soprano est formidable, la longueur de souffle et le nuancier subtil n’en étant que plus appréciables. Curieusement, quand la jeune femme se met à tousser au dernier acte, une bonne partie du public lui emboîte le pas. Il est vrai que vers minuit, il fait un tout petit peu frisquet en comparaison avec les grosses chaleurs passées, mais tout de même, pas de quoi s’être enrhumé aussi vite. Cela ne rend la performance de l’Américaine que plus admirable. À ses côtés, <strong>Enea Scala</strong>, s’il ne parvient pas à rendre son personnage aussi sympathique et touchant que sa partenaire, se révèle tout de même un Alfredo bouillant, généreux de sentiments, amant ardent, jaloux flamboyant et repenti sincère. On retiendra surtout les coups d’éclats traduits par des aigus joliment projetés et un superbe legato qui confère la dignité qui pourrait autrement cruellement manquer au personnage. Quand bien même les choix de mise en scène le desservent en accentuant le caractère proprement inhumain du père égoïste et monstrueux (accentués par des gestes de colère à peine retenus quand il n’obtient pas immédiatement la reddition de la pauvre Violetta), Giorgio Germont est merveilleusement campé par un <strong>Luca Salsi</strong> au sommet de son art. Il parvient à donner au fur et à mesure de la chair et beaucoup de noblesse à son personnage. Puissance, longueur de souffle, beauté du chant, on se délecte à l’entendre. Les autres rôles sont irréprochables, soutenus par des chœurs en grande forme.</p>
<p>À la tête de l’orchestre, <strong>Speranza Scappucci</strong> ne manque pas d’impressionner par son efficacité. Puisqu’elle a une large formation en éventail devant elle, chœurs compris, sa gestuelle se fait ample et large. On la sent intensément concentrée, attentive aux moindres détails. De fait, elle mène littéralement son petit monde à la baguette, de telle sorte que le résultat est une conduite excellente, fluide, nette, propre, mais bien mieux que cela : très intense et impeccablement maîtrisée. Un vrai beau moment. Seul regret : avoir raté Ludovic Tézier, qui sera Giorgio Germont pour la dernière, le 2 août prochain.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-la-traviata-verone/">VERDI, La Traviata – Vérone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto – Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=191088</guid>

					<description><![CDATA[<p>Cléopâtre VII Philopator, reine mythique que tous les siècles et les pays ont tenté de s’approprier, reste aujourd’hui encore une des personnalités les plus controversées – et les plus admirées – parmi les têtes couronnées du monde entier. Rien que dans le domaine lyrique, ce ne sont pas moins d’une cinquantaine d’opéras qui lui ont &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-barcelone/"> <span class="screen-reader-text"><strong>HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto – Barcelone</strong></span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-barcelone/">&lt;strong&gt;HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto – Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Cléopâtre VII Philopator, reine mythique que tous les siècles et les pays ont tenté de s’approprier, reste aujourd’hui encore une des personnalités les plus controversées – et les plus admirées – parmi les têtes couronnées du monde entier. Rien que dans le domaine lyrique, <a href="https://www.researchgate.net/publication/315719889_L%27Egypte_et_l%27art_lyrique_un_exotisme_antiquisant">ce ne sont pas moins d’une cinquantaine d’opéras qui lui ont été consacrés</a>. Et sans parler des œuvres d’art, notamment sculptures et peintures, qui sont innombrables. Parmi les tableaux la représentant, celui de Pierre de Cortone (vers 1637, musée des Beaux-Arts de Lyon) est particulièrement évocateur : un César attentif et amoureux offre avec délicatesse à une Cléopâtre conquise le trône d’Égypte, en l’occurrence un magnifique tabouret sculpté somptueusement doré, avec la couronne et le sceptre qui vont avec. En effet, la seule obsession de la jeune femme face à l’arrivée des Romains a été de récupérer pour elle seule le trône d’Égypte qu’elle occupait jusqu’alors avec son frère Ptolémée XIII.</p>
<p>Mais les langues parlées étant ainsi faites, le mot trône a rapidement désigné à la fois le siège royal, et celui des « petits coins » : de nombreuses publicités, et de non moins nombreuses marques utilisent le nom et même la personne de Cléopâtre pour vanter les mérites de leurs cuvettes, abattants voire même dessins indiquant la bonne porte. On peut voir des Cléopâtre sculpturales proclamer « Voici un trône digne de moi ! ». Le metteur en scène <strong>Calixto Bieito</strong> s’est engouffré avec délectation dans cette porte entrouverte, et la représentation se termine sur un même clin d’œil : au milieu des grandes réjouissances de l’accord entre César et Cléopâtre, chacun offre à l’autre un « trône », en l’occurrence une cuvette de WC en or massif, qui a un tel succès que toute la cour veut immédiatement le même. Et c’est ainsi que s’achève l’opéra avec un éclat de rire général du public barcelonais, plutôt bon enfant, sur une anecdote au demeurant plus scatologique qu’historique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/T25-GC-S2-100-rec-VIGN-corr6-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-191119" width="910" height="422"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>Julie Fuchs (Cléopâtre) et Xavier Sabata (César), </strong>Photos © Liceu / David Ruano</sup></figcaption></figure>


<p>Pardon pour ce long préambule, qui pourtant n’est pas aussi anecdotique qu’il peut paraître de prime abord. Car toute la mise en scène repose sur le même principe de transposition dans notre temps moderne, pour bien montrer que le monde était déjà à l’époque antique aux mains de quelques privilégiés, que leur emprise et leur violence, à tous points de vue, s’exerçaient en des luttes fratricides, aux dépens du petit peuple réduit à l’esclavage. Et pour ce faire, Bieito a retiré à Cléopâtre <a href="https://www.imarabe.org/fr/agenda/expositions-musee/mystere-cleopatre">tous ses prétendus mystères hérités des siècles passés</a>, pour en faire une jeune femme en vêtements résolument actuels, pratiquant tous les sports, qu’ils soient physiques, politiques, sexuels, voire même criminels. Seuls quelques hiéroglyphes décoratifs projetés incidemment sur le dispositif scénique rappellent une éventuelle filiation avec la grande Cléopâtre de l’Histoire. Et au total, on assiste donc à une œuvre essentiellement recentrée sur un drame émotionnel né des conflits entre personnes, notamment du fait de luttes entre sexe et pouvoir.</p>
<p>On est donc très loin des productions de cet opéra auxquelles il nous a été donné d’assister pendant ces quarante dernières années, où l’accent était plus mis sur l’aspect mythique de l’Égypte : à l’Opéra de Paris, entre 1987 et 2002, où Nicholas Hytner animait l’action autour d’un énorme sphinx égyptisant ; Paris toujours, entre 2011 et 2024, où Laurent Pelly a restreint l’action dans un musée, ses vitrines et ses réserves. Enfin Barcelone, où Herbert Wernicke met en scène au Liceu entre 2001 et 2004 des derricks et des crocodiles rigolards. Ici donc, ce soir, aucun artifice de ce genre ne vient rompre une action inexorable. Le dispositif scénique de <strong>Rebecca Ringst</strong>, inspiré du pavillon high tech de l’Arabie Saoudite à l’Exposition universelle de 2020 à Dubaï, consiste en un énorme bloc métallique tournant sur lui-même, le plus souvent relevé sur un côté par des vérins, qui évoque l’enfermement des grands de ce monde, et le danger d’écrasement qui pèse toujours sur eux et ceux qui ont pris le parti de leur être soumis. Le dispositif est plutôt efficace car il permet aussi des projections vidéo sur deux de ses faces où la vidéaste <strong>Sarah Derendinger</strong> s’en donne à cœur joie en termes de couleurs et d’inspirations variées, sans pour autant trop détourner l’attention de l’action et des chanteurs. Des costumes amusants et bien en situation d’<strong>Ingo Krügler</strong> complètent un ensemble habilement éclairé par <strong>Michael Bauer</strong>.</p>
<p>Mais c’est la richesse, la qualité et la cohésion du plateau et de l’orchestre qui rend véritablement la représentation exceptionnelle. <a href="https://www.operaonvideo.com/giulio-cesare-amsterdam-2023-christophe-dumaux-teresa-iervolino-cecilia-molinari-julie-fuchs/">Cette coproduction avec le Dutch National Opera d’Amsterdam a déjà connu aux Pays-Bas en 2023 un très grand succès.</a> Elle arrive à Barcelone avec seulement trois titulaires de la distribution d’origine, la mezzo italienne Teresa Iervolino (Cornelia<strong>),</strong> le contreténor perso-canadien Cameron Shahbazi (Tolomeo) et bien sûr Julie Fuchs (Cleopatra). Il faut convenir que, même si leurs partenaires à Barcelone sont tous excellents, on voit que ces trois transfuges sont vraiment « chez eux » dans cette mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/T25-GC-S2-194-rec-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-191090"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup><strong>Julie Fuchs (Cléopâtre) et Xavier Sabata (César), </strong>Photos © Liceu / David Ruano</sup></figcaption></figure>


<p>À commencer par<strong> Julie Fuchs</strong>, qui est tout à fait extraordinaire dans le rôle de Cléopâtre. D’abord parce qu’il s’agit d’un répertoire qui lui convient fort bien, et qu’elle connaît parfaitement. Ensuite par ce qu’elle a trouvé avec Bieito un metteur en scène avec qui elle paraît en symbiose. Et vocalement, sa voix dans la plénitude de ses moyens est parfaitement menée dès le premier air. À la scène du Parnasse, au deuxième acte, dans le<strong> « </strong>V&rsquo;adoro, pupille », elle déploie ses charmes et toute sa séduction. Mais c’est vraiment au troisième acte, avec « Piangerò la sorte mia », puis « Da tempeste il legno infranto », qu’elle montre vraiment la grande variété de son jeu, et toutes ses capacités à mêler le beau son à une véritable interprétation pleine de sensibilité. La puissance est idéale pour la grande salle du Liceu, et les vocalises parfaites s’y développent à merveille. Elle est accueillie aux saluts par une immense ovation.</p>
<p>Elle est entourée de trois contre-ténors de haut niveau, et tout d&rsquo;abord <strong>Cameron Shahbazi</strong> (Tolomeo), qui joue de son physique sexy, mais aussi d’une voix percutante et musicale particulièrement efficace. Cet acteur qui brûle les planches n’hésite pas, de plus, à utiliser quelquefois la voix de poitrine quand celle-ci se justifie par l’action, dans les moments de violence extrême. Le résultat est particulièrement convaincant. Nireno, le confident de Cléopâtre, est interprété avec beaucoup d’allant par <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong>. Enfin, César est chanté par le Barcelonnais <strong>Xavier Sabata</strong>, qui possède la carrure pour en imposer et rendre plausible la violence physique qu’il déploie autour de lui. Il conserve une belle ligne de chant, mais manque un peu de projection, créant souvent un léger défaut de puissance par rapport à ses partenaires. Il faut dire que le faire chanter son premier air, où il doit s’imposer, tout au-dessus du dispositif scénique, quasiment dans le vide (avec quand même un filin de sécurité) n’est peut-être pas une très bonne idée. D’ailleurs il est nettement meilleur dans ses duos avec Cléopâtre, même si celle-ci a parfois tendance à prendre sur lui un allant démenti par le texte.</p>
<p>Enfin, la mezzo <strong>Teresa Iervolino </strong>(Cornelia) est le troisième point fort de la distribution, assurant d’une voix sombre et chaude et d’un jeu scénique abouti un personnage écartelé entre nombre de malheurs. Sans faire de Cornelia quelqu’un de vraiment sympathique, elle arrive à la rendre parfaitement plausible et touchante, et surtout lisible à tous moments. Dans le reste de la distribution, de même haut niveau, on note en particulier la mezzo <strong>Helen Charlston</strong> qui campe un Sesto magnifiquement chanté, entre abattement et excitation, le baryton <strong>José Antonio López</strong> (Achilla), <strong>Jan Antem</strong> (Curio), et <strong>Alberto Miguélez Rouco</strong> (Nireno).</p>
<p>Inutile de préciser que la direction de <strong>William Christie</strong>, en très grande forme, a grandement contribué à survolter et entraîner le plateau, mais aussi les musiciens de l’orchestre du Liceu, peu habitués au répertoire baroque, surtout quand il est pratiqué sur instruments anciens. Pour sa première prestation au Liceu, il a reçu à la fin une ovation debout de toute la salle.</p>
<p> </p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-giulio-cesare-in-egitto-barcelone/">&lt;strong&gt;HAENDEL, Giulio Cesare in Egitto – Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MENOTTI, The Telephone, or l&#8217;Amour à trois &#8211; Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/menotti-the-telephone-or-lamour-a-trois-peralada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 07 Aug 2023 22:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=138953</guid>

					<description><![CDATA[<p>En programmant The Telephone, or l’Amour à trois, courte pièce charmante, un peu triste mais à la fin heureuse, le Festival de Perelada – qui, en raison de la construction en cours d’un nouvel auditorium dans le parc du château, avait adapté sa programmation à des lieux moins propices aux productions scéniques – offrait l’unique &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/menotti-the-telephone-or-lamour-a-trois-peralada/"> <span class="screen-reader-text">MENOTTI, The Telephone, or l&#8217;Amour à trois &#8211; Peralada</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/menotti-the-telephone-or-lamour-a-trois-peralada/">MENOTTI, The Telephone, or l&rsquo;Amour à trois &#8211; Peralada</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En programmant <em>The Telephone, or l’Amour à trois</em>, courte pièce charmante, un peu triste mais à la fin heureuse, le Festival de Perelada – qui, en raison de la construction en cours d’un nouvel auditorium dans le parc du château, avait adapté sa programmation à des lieux moins propices aux productions scéniques – offrait l’unique œuvre mise en scène de son édition d’été 2023.</p>
<p>Lucy et Ben forment un jeune couple amoureux. Peu de temps avant de partir en voyage, Ben tente de demander Lucy en mariage mais voit ses tentatives sans cesse perturbées par un téléphone que Lucy semble incapable d’ignorer. C’est finalement grâce à cet appareil qu’il parviendra à capter l’attention nécessaire de celle qui est désormais sa fiancée. Composée en 1947, l’œuvre se prête parfaitement à une interprétation contemporaine d’un sujet dont l’actualité est évidente. <strong>María Goiricelaya </strong>transpose l’action dans une salle de sport où le téléphone a fait place au smartphone. Le téléphone n’est alors plus seulement un moyen de « communiquer » (la communication se réduisant en l’occurrence à ignorer une demande insistante au profit d’histoires plus ou moins futiles échangées avec des personnes pourtant absentes), mais devient le support d’un rapport particulier à soi-même : selfies, conversations vidéo… Tout cela prend évidemment une tonalité particulière dans une salle de sport. Le culte de l’image de soi et de l’apparence double le retranchement sur soi opéré par le téléphone, creusant encore un peu plus le fossé relationnel paradoxalement créé par une « machine à communiquer ». La proposition, si elle n’est pas révolutionnaire, est pertinente et esthétiquement réussie.</p>
<p><figure style="width: 1294px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" title="© Toti Ferrer" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TF_6067-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1691407207757" alt="" width="1294" height="600" /><figcaption class="wp-caption-text">© Toti Ferrer</figcaption></figure></p>
<p>Le jeune baryton <strong>Jan Antem </strong>est un Ben bien campé. La voix est bien placée, la projection sûre, l’intonation impeccable, les graves sont sonores et colorés. On veillera à suivre sa carrière. <strong>Ruth González</strong>, dans le rôle de Lucy, se distingue d’abord par ses indéniables qualités d’actrice. Ses « dialogues monologués » au téléphone sont expressifs et rendent justice aux talents de mélodiste de Menotti. La voix est un peu claire mais bien projetée. Les aigus sont brillants et bien placés mais desservis par une sonorisation rendue indispensable par l’absence totale de réverbération naturelle d’une salle sans doute un peu grande pour un opéra de chambre.</p>
<p>Sous la direction de <strong>Iván Martín</strong>, le Galdós Ensemble – en tenue de sport pour l’occasion – exprime habilement les reliefs d’une partition essentiellement centrée sur le chant et le texte. Malgré l’effectif réduit (un instrument par pupitre, conformément à la partition), la sonorisation permet de trouver une bonne balance entre orchestre de solistes.</p>
<p><figure style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="details-image" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/TF_6058-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption class="wp-caption-text">© Toti Ferrer </figcaption></figure></p>
<p>Œuvre rare, jeunes solistes, mais aussi cocktail et after party… on se réjouit de l’occasion saisie par le Festival  pour faire vivre l’opéra un peu autrement. Il n’est pas toujours nécessaire de se cantonner aux  grands noms – qui, du reste, abondaient dans la programmation générale – et aux œuvres d’envergure pour susciter enthousiasme et émotion.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/menotti-the-telephone-or-lamour-a-trois-peralada/">MENOTTI, The Telephone, or l&rsquo;Amour à trois &#8211; Peralada</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
