<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Jana KURUCOVÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/jana-kurucova/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/jana-kurucova/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Tue, 22 Oct 2024 16:51:36 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.0</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Jana KURUCOVÁ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/jana-kurucova/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>JANACEK, Kát&#8217;a Kabanová &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Oct 2024 04:02:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=174993</guid>

					<description><![CDATA[<p>La condition sine qua non d’un Janáček réussi, c’est avant tout l’orchestre. Carton plein pour Michael Güttler et les forces de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui pourtant n’ont guère fréquenté cet univers opératique ces dernières saisons. La préparation de chaque pupitre donne à entendre l’essentiel : couleurs et timbres consubstantiels ce répertoire, homogénéité et profondeur du &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/"> <span class="screen-reader-text">JANACEK, Kát&#8217;a Kabanová &#8211; Liège</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/">JANACEK, Kát&rsquo;a Kabanová &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La condition sine qua non d’un Janáček réussi, c’est avant tout l’orchestre. Carton plein pour <strong>Michael Güttler</strong> et les forces de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège qui pourtant n’ont guère fréquenté cet univers opératique ces dernières saisons. La préparation de chaque pupitre donne à entendre l’essentiel : couleurs et timbres consubstantiels ce répertoire, homogénéité et profondeur du son ensuite, netteté des attaques enfin. Voilà qui augure du meilleur pour une phalange qui se prépare à affronter <em>Tristan und Isolde</em> en début d’année prochaine. Le chef allemand épouse la langue de Janáček avec évidence : il en souligne tant la prosodie si particulière que le romantisme sous-jacent. Il s’offre des contrastes très marqués, du fortissimo aux sons confidentiels, tout en ménageant son plateau à chaque instant.</p>
<p>Un plateau qui fait montre d’un réel engagement tant scénique que vocal. Les petits rôles se font tous remarquer par leur personnalité, telle <strong>Anne-Lise Polchlopek</strong> dont la Glasa sonore et chaleureuse se détache dans ses quelques répliques. <strong>Daniel Miroslav</strong> procède de même avec le personnage de Kuligin, ombre inquiétante servie par un timbre sombre. <strong>Dmitry Cheblykov</strong> (Dikoj) croque un notable hargneux grâce à une excellente projection et un certain charisme scénique. Des qualités que partagent <strong>Alexey Dolgov</strong> (Vana) et <strong>Magnus Vigilius</strong> (Tichon) deux ténors aux voix bien distinctes. Le premier peut compter sur une couleur « de caractère » et un timbre un peu nasal pour donner vie et légèreté au seul personnage masculin un peu sympathique de l’œuvre, quand le second adoucit sa voix d’<em>heldentenor</em> pour incarner un Tichon veule et amoureux. <strong>Anton Rositskiy</strong> se situe entre les deux : voix puissance et timbre au métal clair, il survole les difficultés du rôle. Le trio féminin principal s’avère tout aussi convaincant. <strong>Nino Surguladze</strong> (Kabanicha) se promène en bourgeoise hautaine sur scène et déploie une voix riche, capiteuse, qu’elle plie dans les accents de la marâtre avec aisance. <strong>Jana Kurucová</strong> offre son parfait pendant : voix claire et fruitée, elle incarne d’emblée la jeune sœur et sa force de vie. <strong>Anush Hovhannisyan</strong> monte crescendo pendant toute la représentation. Si son timbre manque peut-être de séduction immédiate pour coller au portrait de Katia, sa science des mots et des nuances – jusqu’au sons filés – la rendre tout à fait crédible et émouvante en héroïne sacrifiée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ensemble-©-J-Berger_ORW-2-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-174998" width="910" height="605"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J Berger</sup></figcaption></figure>


<p>Défaite des femmes supplémentaire, <em>Katia Kabanova</em>, créé il y a un peu plus d’un siècle, n’a pour ainsi dire pas pris une ride. Cette histoire de femme dans une périphérie géographique, écrasée par le groupe et les convenances semblent faire la une de nos rubriques faits-divers sans discontinuer. <strong>Aurore Fattier</strong> et son équipe opte donc pour un ultra-réalisme sans concession. Tout juste quelques costumes et des smartphones trahissent l’actualisation. Les téléphones épient d’ailleurs sans cesse et donnent à voir les visages et les rictus coupables que les personnages traquent sans cesse chez l’autre. Manière de dire, en plus de narrer l’opéra de Janáček, que si Katia devient la première victime, c’est bien toute la société, notre société, qui est fliquée tant par la technologie que par nos usages.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/janacek-kata-kabanova-liege/">JANACEK, Kát&rsquo;a Kabanová &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 Feb 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=155199</guid>

					<description><![CDATA[<p>En ce début d&#8217;année, Rusalka fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&#8217;équipe de Cordelia Chisholm aux décors, Simon Corder aux lumières et Dick Straker à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/"> <span class="screen-reader-text">DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/">DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>En ce début d&rsquo;année, <em>Rusalka</em> fait son entrée au répertoire à l’Opéra Royal de Wallonie-Liège dans une version très réussie visuellement qui doit beaucoup au travail d&rsquo;équipe de <strong>Cordelia Chisholm</strong> aux décors, <strong>Simon Corder</strong> aux lumières et<strong> Dick Straker</strong> à la vidéo. Tous trois composent un univers onirique propre au conte de fée qui évoque avec délicatesse tant les iridescences sous-marines de l&rsquo;ondine que la munificence du palais du prince. Un immense anneau suspendu en l&rsquo;air à différentes hauteurs symbolise la frontière entre les univers sous-marins et terrestres. Il se fait également alliance brisée pour Rusalka lorsqu&rsquo;elle se trouve rejetée par son amant au dernier acte du drame.</p>
<p>Cette harmonie de gris et d&rsquo;argent est d&rsquo;une grande élégance et les projections, jamais invasives, toujours raffinées, ajoutent à la poésie de l&rsquo;ensemble. Dans ce cadre idéal, la soirée manque toutefois d&rsquo;unité, oscillant entre des moments touchants et des aspects triviaux qui gâchent inutilement l&rsquo;effet général. Le début du second acte, par exemple, se déroule dans les cuisines du château où Rusalka assiste, impuissante au massacre de toute une pêche destinée au banquet de ses noces : le trait est un peu épais. L&rsquo;image de la nymphe des eaux, incarnation de la mélancolie en rocking-chair s&rsquo;avère tout aussi bizarrement incongrue. Les chorégraphies de <strong>Gianni Santucci</strong> tout en danse des sept voiles gagneraient à être plus canalisées, moins brouillonnes&#8230;. En revanche, le bel escalier qui manifeste le lien entre les monde est superbement évocateur.</p>
<p>A vrai dire, la direction d&rsquo;acteur de<strong> Rodula Gaitanou</strong> pêche par manque de précision, tendance au surjeu, et la plupart des personnages, à un moment ou un autre, semblent se déplacer ou agir de manière extérieure, mécanique, comme si leurs motivations n&rsquo;étaient pas claires pour eux. Un retravail plus affûté permettrait aisément de gommer ce défaut qui exclut le spectateur de l&rsquo;histoire et nuit à son plaisir.<br>Le plateau scénique, fort équilibré, fait la part belle à des voix toutes puissamment projetées, bien timbrées qui régalent l&rsquo;oreille.<br><strong>Corine Winters</strong> met un peu de temps à entrer pleinement dans le rôle de Rusalka, gênée manifestement par certains déplacements et accessoires. Son beau soprano à la brillance et aux poitrinés éminement séduisants s&rsquo;épanouit toutefois au fil de la soirée avec de superbes moments. Les duos avec <strong>Anton Rositskiy</strong> sont particulièrement réussis tant les deux timbres s&rsquo;harmonisent. Ce dernier bénéficie d&rsquo;un ténor clair et franc, joliment projeté ainsi que d&rsquo;un joli travail de couleurs. Il est fort touchant dès l&rsquo;air de la fin du premier acte.<br>Les interventions du père de Rusalka, <strong>Evgeny Stavinsky</strong>, sont toutes aussi convaincantes : la voix est puissante et équilibrée.<br>Face à lui, <strong>Nino Surguladze</strong> remporte tous les suffrages en Ježibaba magnifiquement grimée, terrifiante car agitée de tics dont on ne sait si ils sont empruntés aux crabes ou à Tim Burton : elle marche de côté, agite ses doigts comme des antennes&#8230; Ici, le travail du personnage a été suffisamment fouillé, pour le meilleur. Formidable vocalement, elle occupe tout le plateau de sa voix souveraine aux graves tout de velours lustré. <br><strong>Jana Kurucová</strong> en princesse étrangère mérite les mêmes éloges&nbsp;; impérieuse, flamboyante scéniquement comme vocalement, elle ne fait qu&rsquo;une bouchée du prince.<br>Les seconds plans tiennent parfaitement leur rôle, les trois nymphes <strong>Lucie Kaňková, Kateřina Hebelkova</strong> et<strong> Sofia Janelidze</strong>, comme <strong>Hongni Wu</strong> en garçon de cuisine terrifié ou encore <strong>Alexander Marev</strong> prometteur en chasseur plein d&rsquo;aplomb. Notons enfin la belle prestation de <strong>Jiří Rajniš</strong> en garde forestier que l&rsquo;on aurait aimé plus entendre.<br>Sublimement habillés de noir, les chœurs dirigés par <strong>Denis Segond</strong>, sont à la fois précis et riches vocalement. Ils complètent parfaitement la superbe proposition de l&rsquo;<strong>Orchestre de l&rsquo;Opéra Royal De Wallonie-Liège</strong> sous la baguette attentive et très maîtrisée de <strong>Giampaolo Bisanti</strong> qui traite l&rsquo;ensemble de la partition, et plus particulièrement les nombreux passages instrumentaux, avec beaucoup d&rsquo;intelligence et de poésie, enrichissant la pâte sonore de nuances tour à tour diaprées, fragiles ou dévastatrices.</p>


<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/C.-WINTERS-A.-MAREV-c-JBerger-ORW_Liege-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-155202"/><figcaption class="wp-element-caption">                                                                                                 <sup>© JBerger</sup></figcaption></figure>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-liege/">DVORAK, Rusalka &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Nov 2023 08:45:21 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=142897</guid>

					<description><![CDATA[<p>D’abord la toute fin, quand le rideau tombe sur la mort de Salome. De très longues secondes s’égrènent – on comprendra qu’elles permettront à l’héroïne de se changer. Puis le rideau se relève enfin et toute la salle avec lui, face à Asmik Grigorian, seule à saluer et comme encore sonnée. Elle vient de rendre &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/">STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>D’abord la toute fin, quand le rideau tombe sur la mort de Salome. De très longues secondes s’égrènent – on comprendra qu’elles permettront à l’héroïne de se changer. Puis le rideau se relève enfin et toute la salle avec lui, face à <strong>Asmik Grigorian</strong>, seule à saluer et comme encore sonnée. Elle vient de rendre une copie parfaite, sans doute le pressent-elle, le public quant à lui ne s’y trompe pas.</p>
<p>Hambourg donne ce soir-là la deuxième représentation de la nouvelle production de <em>Salome</em>. Georges Delnon, l&rsquo;intendant du Staatsoper Hamburg, a demandé à <strong>Dmitri Tcherniakov</strong> de revenir sur les bords de l’Alster après une <em>Elektra</em> donnée il y a deux ans et avant un autre Strauss l’an prochain, on ne nous dit pas lequel. Mais Tcherni a posé ses conditions : recréer le couple <strong>Violeta Urmana</strong> – <strong>John Daszak</strong> qui figuraient Klytämnestra et Ägisth – ils seront donc Herodias et Herodes et, surtout, gagner la confiance d’Asmik Grigorian qu’il considère comme la meilleure Salome du circuit. A coup sûr Tcherniakov a fait le bon choix. Asmik Grigorian avait réussi une prise de ce rôle remarquée en <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/salome-lepreuve-du-mal/">2018 à Salzbourg</a>, ce qui l’avait amenée à le reprendre à Vienne, Londres, Madrid et Milan. Ici, elle se plie aux exigences du metteur en scène russe avec une intelligence et un engagement dévastateurs. Il y a une telle dissemblance entre la silhouette gracile, fragile même, qui se met quasiment à nu sur scène, et la voix pétrifiante qui émane de ce corps de jeune femme. L’ambitus du rôle est extrême et Grigorian habite tous les étages ; elle s’empare des graves avec voracité, et va chercher aux tréfonds d’elle-même les ressources pour nous faire don de fortissimi au tout haut de l’échelle. On pense qu’elle n’y arrivera pas, on pense que le « Ich habe ihn geküsst, deinen Mund » final est hors de sa portée ou qu’elle finira par y trébucher. Que non ! Non seulement elle nous assène sans faillir toutes les notes sans exception mais il n’y a pas une once de fébrilité à déceler. L’énergie qui émane de ce personnage est stupéfiante. Mais si Tcherniakov la voulait précisément pour ce rôle, c’est aussi pour ses qualités d’actrice, parce qu’il pressentait qu’elle se plierait à l’originalité de sa proposition.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/08_Salome_c_Monika_Rittershaus_klein-1294x600.jpg" alt="" width="729" height="338" /><br />
© Monika Rittershaus</p>
<p style="text-align: left;">On le sait, Tcherniakov transpose tout le temps ; on se souvient de son Ring berlinois et de son centre d’expérimentations humaines, on a aussi en mémoire son <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/esquisse-cosi-fan-tutte/">Così fan tutte</a></em> aixois (2023) avec ses trois couples de quinquagénaires en location saisonnière le temps d’un week-end. Pour ce <em>Salome</em>, l’action est transposée de nos jours (Herodes filme Salome avec son téléphone portable) : nous sommes dans un grand appartement bourgeois où vingt convives sont réunis pour l’anniversaire de Herodes. Il est notable que tous les protagonistes (y compris Jochanaan, en bout de table et dos au public, ce qui correspond assez bien à la voix venue de loin, de la citerne, que l’on devrait percevoir avant son arrivée sur scène) sont présents, quasiment tout du long. La table est somptueuse, les décors luxueux et toutes les armoires de rangement sont remplies de … bustes, ce qui va volontairement conduire le spectateur sur une fausse piste : ces bustes en effet ne préfigurent aucunement la tête de Jochanaan que l’on porterait sur un plateau en argent, ce genre de sauvagerie n’ayant pas lieu d’être dans une société aussi raffinée que celle autour de Herodes et Herodias. Au début de la pièce, Salome, chez qui l’on pressent très vite une terrible fragilité psychique, apparaît en complet décalage avec les invités de ses parents. Sa fascination pour Jochanaan devient visible par tous, elle s’approche de lui, le touche mais ne réussit jamais à le séduire ; avant la mort de Salome, Jochanaan se lèvera enfin de table et quittera la pièce, convaincu de son incapacité à la faire rentrer dans le droit chemin. La mort de Salome, qui tombe brutalement sans que personne ne s’approche d’elle, est donc celle de l’impuissance, davantage que celle de l’amour impossible. Malgré tous les artifices qu’elle déploiera, elle ne parviendra pas à faire varier celui qui est décrit comme un prophète de malheur, un charlatan comme notre époque en compte tant. Jochanaan est au centre des discussions, notamment celles entre les Juifs et les Nazaréens qui s’écharpent sur le sens à donner à ses élucubrations. Ces Juifs caricaturés dans la pièce, qui se disputent sur le droit chemin de la foi et sont dépeints comme des personnages de pacotille avec un sous-entendu antisémite, ont conduit, dans le contexte international actuel, à une prise de position de la direction du Staatsoper qui a fait figurer sur les programmes de salle : « Le texte de <em>Salome</em> contient des passages qui formulent des clichés antisémites. En raison de la situation actuelle, nous ne voulons pas laisser cela sans commentaire. Nous nous distançons expressément de toute forme d&rsquo;antisémitisme. Notre travail artistique est synonyme de démocratie, de tolérance et d&rsquo;humanisme », voici donc ce que formulent l&rsquo;intendant Georges Delnon, le metteur en scène Dmitri Tcherniakov et le directeur musical <strong>Kent Nagano</strong>.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/01_Salome_c_Monika_Rittershaus_klein-1294x600.jpg" alt="" width="746" height="346" /><br />
© Monika Rittershaus</p>
<p>Juifs, Nazaréens et soldats, qui forment le gros des convives, tiennent à merveille leurs querelles. Narraboth (qui, notons-le, ne se suicidera pas) est le très vaillant <strong>Oleksiy</strong> <strong>Pachikov</strong>, de la troupe, il est un amoureux éconduit crédible et impétueux. <strong>Kyle Ketelsen</strong> incarne Jochanaan. Celui-ci joue le rôle de l’invité surprise, celui que l’on a convié pour entendre et discuter les élucubrations. Capable d’une folle énergie, il possède un baryton sonore et expressif. Violeta Urmana trouve en Herodias un rôle davantage à sa mesure que Klytämnestra ; sa furie, dans la seconde partie de l’ouvrage est parfaitement rendue. Saluons la très brillante prestation du Herodes de John Daszak, qui passe par toutes les émotions avec une authenticité admirable et sans jamais fléchir. L’orchestre philharmonique de Hambourg est aux mains de son directeur musical, <strong>Kent Nagano</strong>. La symbiose est parfaite entre chef et musiciens. On entend les mille et une nuances d’une musique aux couleurs infinies, capable de nous éblouir et de nous submerger.</p>
<p>Ce spectacle peut d’ores et déjà être revu sur <a href="https://www.ndr.de/kultur/buehne/Salome-Premiere-begeistert-Hamburger-Opern-Publikum,salome188.html">arte .tv </a>qui avait filmé la première.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-hambourg/">STRAUSS, Salome &#8211; Hambourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Così fan tutte — Dresde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-dresde-manege-a-quatre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Feb 2020 04:47:56 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/mange-quatre/</guid>

					<description><![CDATA[<p>C’est Andreas Kriegenburg qui est à la manœuvre pour ce Così fan tutte du Semperoper Dresden. Il s’agit de la reprise d’une production de 2014 du metteur en scène magdebourgeois. Kriegenburg est un habitué des scènes européennes les plus diverses ; il assure depuis une quinzaine d’années des régies d’opéra à Francfort (Tosca), Berlin, Hanovre, Vienne, &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-dresde-manege-a-quatre/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Così fan tutte — Dresde</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-dresde-manege-a-quatre/">MOZART, Così fan tutte — Dresde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est <strong>Andreas Kriegenburg</strong> qui est à la manœuvre pour ce <em>Così fan tutte</em> du Semperoper Dresden. Il s’agit de la reprise d’une production de 2014 du metteur en scène magdebourgeois. Kriegenburg est un habitué des scènes européennes les plus diverses ; il assure depuis une quinzaine d’années des régies d’opéra à Francfort (<a href="https://www.forumopera.com/tosca-francfort-que-la-torture-est-douce"><em>Tosca</em></a>), Berlin, Hanovre, Vienne, Hambourg, Munich (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-chute-des-corps"><em>Ring</em></a> complet en 2012), entre bien d’autres et récemment <em>Simon Boccanegra</em> au Festival de Salzbourg 2019.</p>
<p>La proposition scénique de Kriegenburg est servie avec une belle sobriété par les décors de<strong> Harald Thor</strong> et les éclairages de <strong>Stefan Bolliger</strong>. Décor unique pour les deux actes : il s’agit d’un vaste plan incliné circulaire et tournant qui occupe quasiment toute la scène. Imaginez une immense toupie qui tournerait lentement et toujours en oblique. Ce vaste espace est investi d’immenses tentures blanches figurant tantôt les grilles d’une cage à oiseau (nos jeunes femmes sont-elles prisonnières expiatoires ?), tantôt une balancelle (pour tourtereaux ?), tantôt enfin des paravents permettant de voir sans être vu. Cette immense roue est pourvue au second acte de bancs publics où les différents protagonistes prennent place individuellement ou par deux, les couples s’y faisant ou défaisant en un manège parfois étourdissant mais somme toute plaisant et toujours signifiant.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/csm_03_cosi_fan_tutte_c_matthias_creutziger_6467_ce30f4947e.jpg?itok=W4LHtY7K" title="©Matthias Creutziger" width="468" /><br />
	©Matthias Creutziger</p>
<p>D’une façon générale la direction d’acteurs est particulièrement soignée et le jeu plutôt ultra-classique pour cet opéra des mouvements de symétrie, d’échanges, d’inversions des personnages, fonctionne à merveille et le spectateur se laisse volontiers prendre au jeu. Cela donne une fluidité bienvenue et souligne le propos du librettiste.</p>
<p>Kriegenburg part donc du principe que la vie amoureuse est un vaste manège. A deux sans doute, mais pourquoi pas à quatre ? Son idée est aussi que le cours, imperturbable, des événements peut s’apparenter au plateau d’une roulette de casino qui s’arrêtera sur telle ou telle case ; et quand le plateau ne s’arrête plus, en un tournis étourdissant, nous voilà entraînés dans un mouvement qui nous échappe, nous dépasse et que l’on ne contrôle plus. Ainsi, les couples reconstitués à la fin de l’œuvre, en remontant sur le plateau incliné, s’exposent-ils peut-être à de nouvelles tribulations, mais cela nous ne le saurons pas.</p>
<p>Par ailleurs, la proposition scénique de Kriegenburg nous rappelle fort à propos le sous-titre de l’œuvre :  <em>Così fan tutte ossia la scuola degli amanti</em> . Don Alfonso figure bien ici le maître d’école, qui dirige de son doigt autoritaire deux jeunes écolières bien obéissantes et deux jeunes écoliers qui se plient plutôt de bonne grâce aux exigences du maître. Quand celui-ci demande aux garçons de se grimer, ils se transforment, non pas en Albanais, mais en Buster Keaton ou Charlie Chaplin, avec chapeau, moustache, maquillage blanc et grandes chaussures, héros du cinéma muet, prêts à subir docilement tout ce qui leur sera imposé.</p>
<p>Le plateau vocal nous aura fait meilleure impression dans son ensemble que dans ses individualités. Pas si grave car chanter <em>Così</em> s’apparente davantage à un sport collectif qu’individuel. Pour faire simple, chacun des six personnages possède une aria par acte, tout le reste est duos, trios, quatuors ou autres ensembles. Ceux-ci auront été de belle facture, gommant parfois des imperfections singulières, servis nous le disions par une direction d’acteurs vive et intelligente. Un satisfecit particulier au trio du I « Soave sia il vento », qui figea le plateau en une parenthèse quasi extatique.</p>
<p>La distribution est dominée haut la main par la Fiordiligi de <strong>Francesca Dotto</strong>, appréciée par notre confrère en Luisa Miller à <a href="https://www.forumopera.com/luisa-miller-parme-la-passion-de-luisa">Parme</a> à l’automne dernier. Beaucoup de qualités dans la voix de cette jeune cantatrice de moins de 30 ans : beauté du timbre, bonne technique, ampleur de l’émission. Sa performance a été dominée par un « Per pietà, ben mio, perdona » de toute beauté. Aucune difficulté n’a été contournée, les sauts de tessitures bien ajustés, les ornements sûrs. Manque peut-être encore l’aisance, mais peut-on être pleinement à l’aise dans une aria d’une telle science ? A lire son « carnet de commandes » des mois à venir, on se permettra seulement de recommander à Francesca Dotto, de ne pas se précipiter vers des rôles qui pourraient s’avérer encore trop lourds.</p>
<p>La Dorabella de <strong>Jana Kurucová</strong> ne dispose peut-être pas des mêmes facilités mais possède un bagage solide. Ce membre de la troupe du Deutsche Oper Berlin est visiblement à l’aise dans ce rôle et manifeste une énergie communicative. Des deux amants, nous aurons nettement préféré le Guglielmo de <strong>Lawson Anderson</strong>. Membre récent de la troupe de l’opéra de Dresde, il possède un superbe baryton et dispose d’une force de conviction admirable. A suivre sans doute. Nous concéderons avoir été très peu sensible au timbre du Ferrando de <strong>Joseph Dennis</strong>. A la peine dans « Un’ aura amorosa », il n&rsquo;aura su nous associer aux émois du jeune héros. La technique vient souvent à la rescousse mais la technique ne suffit pas toujours.</p>
<p>Le Don Alfonso/maitre d’école de <strong>Martin-Jan Nijhof</strong> est solide et convaincant, la Despina de <strong>Ute Selbig</strong> n’était pas pleinement à sa place. Nous avons beaucoup de respect pour cette spécialiste de la musique sacrée, membre de la troupe à Dresde depuis 35 ans et que nous avions appréciée l’automne dernier dans le rôle de Marianne du <a href="https://www.forumopera.com/der-rosenkavalier-dresde-un-monde-qui-se-decompose"><em>Rosenkavalier</em></a>, mais le rôle de Despina exige une vista, une légèreté de mouche, un sautillement permanent et une insolence adolescente que Ute Selbig ne peut proposer.</p>
<p>Belle mention à l’orchestre réduit de la Staatskapelle Dresden conduite avec amour et souplesse par <strong>Georg Fritzsch</strong> et des bravi tout particulier au hautbois, à la flûte et surtout au piano-forte toujours plein d’humour et qui sut parfaitement cheminer dans des récitatifs parfois labyrinthiques.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-dresde-manege-a-quatre/">MOZART, Così fan tutte — Dresde</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Dec 2018 06:04:46 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/festif-pour-les-ftes/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une Chauve&#8211;Souris qui fermera le ban le 31 décembre un Barbier très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de Katharina Thalbach qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/"> <span class="screen-reader-text">ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/">ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le Deutsche Oper sort deux atouts maîtres pour finir l’année en programmant, avant une <em>Chauve</em>&#8211;<em>Souris</em> qui fermera le ban le 31 décembre un <i>Barbier</i> très festif et qui aura charmé un public qui n’en demandait pas plus. Pour cela, on ressort la lecture de 2009 de <b>Katharina</b> <b>Thalbach</b> qui, moyennant quelques menus ajustements de circonstance, se joue -brillamment &#8211; du temps et remplit son rôle à merveille. Sa vision  nous entraîne du début à la fin dans un déferlement de gags, acrobaties, clins d’œil qui nous tiennent en haleine. Tout cela est parfaitement bien vu.</p>
<p>Toutefois, vouloir finir l’année en déroulant une vision croquignolesque d’une histoire rebattue, ou privilégier le chant léger et sans prétention, ne doit pas conduire, bien au contraire dirions-nous, à lâcher sur les fondamentaux.<br />
	Et, on le sait bien, chez Rossini, c’est tout de même l’orchestre qui donne &#8230;le tempo. Qu’il soit léger ne saurait l’exonérer d’être dynamique. Qu’il soit plein d’entrain ne saurait l’empêcher d’être précis. L’orchestre, dirigé ce soir là par <b>Nikolas</b> <b>Maximilian</b> <b>Nägele</b> n’a pas été particulièrement de la fête et pour tout dire a déçu dans une partition qui s’apparente souvent à de la fine dentelle. Pas trop d’inspiration, une vision bien monocorde, des décalages nombreux et parfois problématiques (crescendo dans l’air de la « Calomnie », ou avec les chœurs), bref quelques sifflets au baisser de rideau qui n’étaient pas forcément des marques d’enthousiasme.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="297" src="/sites/default/files/styles/large/public/b1.jpg?itok=ZxzAgp80" style="background-color: transparent;cursor: default;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" title="© Marcus Lieberenz" width="468" /><br style="background-color: transparent;quot;quot;,verdana,arial,sans-serif;font-size: 11.2px;font-style: normal;font-variant: normal;font-weight: 400;letter-spacing: normal;margin-bottom: 0px;text-align: center;text-decoration: none;text-indent: 0px;text-transform: none" /><br />© Marcus Lieberenz</p>
<p>A sa décharge on dira que dès le départ la tâche s’annonce rude. Le rideau en effet est levé dès l’ouverture et on sait bien ce que cela signifie ; la scène s’anime, l’action démarre , les éclairages éblouissent et on n’écoute plus grand chose&#8230; La grand-place de Séville grouille d’une vie digne des images d’Épinal. Magnifiques décors de carton-pâte, animation débordante pendant que résonnent les premiers accords. Un âne provoque les premiers émois du public, des nonnettes affairées et irrésistibles déclenchent les premiers éclats de rires et quand un tracteur tirant une roulotte croise une décapotable des années 60, le brouhaha couvre l’orchestre et les applaudissements (!) rendent inaudible la musique&#8230; On sera toute la soirée dans cette ambiance plus proche de l’opérette que de l’opera <em>buffa</em> avec ce qu’il faut de digressions inattendues, récitatifs tronqués ou rallongés, et quelques fines allusions en langue allemande auxquelles le public ne résiste pas. Dans ces moments-là, où l’on se dit que ce n’est peut-être pas la musique qui aura le dernier mot, il faut jouer le jeu et rire des pantalonnades de Figaro, des arlequinades de Rosine. Superbes décors de <b>Momme</b> <b>Röhrbein</b>, somptueux costumes tout en couleur de  <b>Guido</b> <b>Maria</b> <b>Kretschmer</b> et une mise en scène foisonnante. On ne sait parfois plus où donner du regard tant tout cela est vie, vif et bien vu (l’arrivée de Figaro par le trou du souffleur est un moment d’anthologie&#8230;) et nécessiterait presque un second visionnage pour en goûter toutes les richesses.</p>
<p>Une fois nos réserves émises sur l’orchestre, nous nous accorderons à qualifier de très professionnelles les prestations des chanteurs. Nous découvrons <b>Jana</b> <b>Kurucovà</b> en Rosine. De jolis moyens, un timbre qui nous rappelait ici et là et en fermant les yeux celui de Teresa Berganza, sans avoir toutefois la vista, la souplesse de celle-ci. Il manque encore de la fluidité dans les ornements de « una voce poco fa » notamment. <b>Matthew</b> <b>Newlin</b> est un Almaviva plaisant, dont les moyens limités notamment en terme de projection, surtout au I, ne l’empêchent pas d’être pleinement de la partie. Son jeu est convaincant. Le Basilio de <b>James</b> <b>Platt</b> et le Bartolo de <b>Noël</b> <b>Bouley</b> déroulent parfaitement leurs partitions maîtrisées jusqu’au bout des doigts. Ils savent qu’il ne s’agit pas seulement de chanter mais aussi et peut-être surtout d’assurer le spectacle, ce dont ils s’acquittent parfaitement. Jolis rôles secondaires dont la Berta de <b>Flurina</b> <b>Stucki</b> qu’on aimera entendre dans des rôles plus denses. La palme revient toutefois au rôle-titre, tenu ce soir là par <b>Samuel</b> <b>Dale</b> <b>Johnson</b>. Il fait feu de tout bois comme il sied pour tel rôle, nous livre d’entrée un « largo al factotum » en tout point irrésistible et tient ce tempo époustouflant tout au long de la soirée, quelle prouesse ! La voix est assurée, globalement maîtrisée, elle sied pleinement à ce Rossini. Elle promet d’heureux lendemains. </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-barbiere-di-siviglia-berlin-deutsche-oper-festif-pour-les-fetes/">ROSSINI, Il barbiere di Siviglia — Berlin (Deutsche Oper)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Feb 2016 06:00:28 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/337-ans-et-autant-de-fantmes-dans-le-placard/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le titre de ce compte rendu fait le choix de mettre en avant la satisfaction principale de cette nouvelle mise en scène de « L&#8217;Affaire Makropoulos » à la Deutsche Oper. Elle est signée par David Hermann, dirigée par le directeur musical Donald Runnicles et voit la soprano allemande Evelyn Herlitzius faire sa prise de rôle en &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/"> <span class="screen-reader-text">JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/">JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le titre de ce compte rendu fait le choix de mettre en avant la satisfaction principale de cette nouvelle mise en scène de « L&rsquo;Affaire Makropoulos » à la Deutsche Oper. Elle est <a href="http://www.forumopera.com/liste-spectacles/artiste/hermann-david-5944">signée par <strong>David Hermann</strong></a>, dirigée par le directeur musical <strong>Donald Runnicles</strong> et voit la soprano allemande <strong>Evelyn Herlitzius</strong> faire sa prise de rôle en Emilia Marty.</p>
<p>	Satisfaction car le dispositif conçu par l’équipe dramaturgique, sans être particulièrement original, colle parfaitement au livret et aux méandres de cette histoire qui dure depuis 337 ans. D’ailleurs, comment se comporte-t-on quand on est âgé de plus de trois siècles ? David Hermann voit Elina, le nom a toute son importance, hantée par sa vie passée et notamment le seul amour de sa vie, celui qu’elle a eu pour Joseph Prus voilà cent ans et dont le fils illégitime est au cœur de la bataille judiciaire qui donne son titre à l’opéra. Aussi, la scène se partage-t-elle en deux. A jardin, la maison du passé où des acteurs font revivre les scènes de la vie conjugale des amants et jouer le petit Ferdi. Emilia, à cour, n’écoute pas le docteur Kolenatý narrer des faits qu’elle connaît par cœur. Elle est la seule à voir cette pantomime surgie de sa mémoire. Toutes les scènes avec Maxi, son amant espagnol, seront peu ou prou traitées de la même manière : elle fantasme ces retrouvailles. Maxi, déguisé en bouffon, lui sert de <em>deus ex machina</em> psychique pour échapper à la médiocrité ou aux avances que ces hommes avides d’argent et de luxure lui proposent. Coiffées de perruques rousses aux modes différentes, des figurantes donnent littéralement corps à toutes les identités d’emprunt d’Elina. Au cours d’un troisième acte assez surréaliste, ce sont donc six Emilia, Ekaterina, Elina, Eugenia, etc. qui se dépouillent progressivement de leur substance, chacun des autres personnages n’en voyant qu’une seule. Si cette mise en scène est immédiatement lisible, grâce aussi aux projections vidéo qui brouillent les murs de la maison, elle esquisse également d’autres pistes, notamment celle du théâtre et de ses jeux de double au deuxième acte. Après tout Emilia est aussi la plus grande chanteuse d’opéra que le monde  connaîtra jamais.</p>
<p class="rtecenter"><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/makropulos_98_bernduhlig_hf.jpg?itok=7vC7gAUE" title="© Bernd Uhlig" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© Bernd Uhlig</p>
<p>	Un autre titre pour ce compte rendu aurait pu être : le cas Herlitzius. Mais il n&rsquo;aurait plus été question de louanges. Certes le public français <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/on-se-leve-tous-pour-electre">a été stupéfié à Aix-en-Provence</a> par la soprano dans la production d&rsquo;<em>Elektra</em> de Patrice Chéreau. Pourtant déjà <a href="http://www.forumopera.com/elektra-zurich-ou-es-tu-elektra">à Zurich cet été l’état de la voix suscitait des craintes</a>, inquiétudes que <a href="http://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-bayreuth-les-partis-pris-originaux-de-katharina-wagner">l’Isolde de Bayreuth avait confirmées</a>. Ce soir encore son interprétation d’Elina pose de sérieux problèmes : trous dans la ligne vocale, notes non tenues, stridences et raucités qui n&rsquo;ont rien d&rsquo;interprétatives&#8230; Seul le <em>sprechgesang</em> tient heureusement la route, même si la prononciation tchèque n&rsquo;est pas particulièrement ciselée. Oui, l&rsquo;actrice est toujours aussi fascinante en scène, mais sa voix abîmée la rend de plus en plus fantomatique. Le reste de la distribution est bien prosaïque, entre un Albert Gregor (<strong>Ladislav Elgr</strong>) qui se bat avec sa ligne vocale et des difficultés dans l’aigu, une Krista (<strong>Jana Kurucova</strong>) assez transparente, et un Hauk-Šendorf/Maxi  (<strong>Robert Gambill</strong>) trop scolaire pour émouvoir. Dommage que le court rôle de Janek ne laisse guère le temps à <strong>Gideon Poppe</strong> de faire ses preuves.  Les clés de fa relèvent le niveau d’ensemble : <strong>Derek Wilson</strong> possède toute la noblesse et le timbre pour incarner le baron Jaroslav Prus, et <strong>Seth Carico</strong> l’agilité pour rendre justice aux interventions de Kolenatý. En conséquence, les duos entre Emila et Albert puis Prus ne prendront jamais ni l’ampleur ni le lyrisme qu’ils devraient.</p>
<p>	La faute aussi à un <strong>Orchestre de la Deutsche Oper</strong> encore mal rodé, où les cuivres étouffent les cordes pendant toute la première partie du spectacle. Au retour de l’entracte, Donald Runnicles parvient enfin à canaliser et équilibrer l’ensemble. Il mène toute la dernière scène avec une tension croissante et sauve in extremis une soirée mal engagée sur le plan musical.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/laffaire-makropoulos-berlin-337-ans-et-autant-de-fantomes-dans-le-placard/">JANACEK, Věc Makropulos — Berlin</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
