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	<title>Victor JIMÉNEZ DÍAZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VIVALDI, Orlando furioso — Tourcoing</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Apr 2017 04:44:16 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Le charme, au sens profond du terme, provient de l’immobilité toute insulaire de la globalité de l’œuvre et du mouvement de ses lieux pour peu qu’ils soient peints autour des personnages</em> ». Cette formule résume en partie la production d’<em>Orlando furioso</em> conçue par <strong>Christian Schiaretti</strong>. On y détecte d’emblée l’un de ses problèmes : son caractère terriblement statique, choix certes assumé au nom d’une certaine conception du récit de chevalerie (le programme invoque la « <em>construction par apposition du récit médiéval</em> », qui débouche sur « <em>un théâtre sans perspective, à plat</em> » où « <em>le protagoniste bouge moins que le décor</em> ». C’est oublier que cet opéra du XVIII<sup>e</sup> siècle, inspiré d’un poème du XVI<sup>e</sup>, met à sa sauce « <em>l’héritage médiéval et sa naïveté savante</em> ». Au TCE en 2011, Pierre Audi, avec sa Venise fantasmatique et perverse, semblait plus proche de Vivaldi. Du reste, l’<em>Orlando</em> de Tourcoing pêche aussi par un mélange hétéroclite d’esthétiques diverses : comment faut-il comprendre que la scénographie a été élaborée « sur la base de décors du TNP et de la création Thibaut Welchlin » ? Les petites paysages, peints dans un style réaliste mais coupés en deux, qui glissent au sol ou descendent des cintres ont bien été conçus par <strong>Assunta Genovesio</strong>, mais les costumes vaguement moyenâgeux, pour lesquels la formule ci-dessus est également employée, semblent un peu avoir été puisés dans les réserves de Villeurbanne. Pourquoi, sur sept personnages, quatre ont-ils le visage fardé de blanc, alors que trois ont un maquillage plus naturel ? A-t-on seulement cherché à diriger le jeu des chanteurs, qui interprètent la plupart de leurs arias plantés devant une toile peinte ? Les artistes paraissent trop souvent livrés à eux-mêmes, et l’absence d’action scénique cohérente, loin de distiller un quelconque charme, suscite surtout indifférence et ennui.</p>
<p>Peut-être faudrait-il aussi s’interroger sur le choix de l’opéra de Vivaldi le plus connu, depuis l’enregistrement d’une pseudo-intégrale en 1977, jusqu’au DVD paru en 2012. Difficile d’éviter les comparaisons, alors qu’il y a bien d’autres titres qui mériteraient autant d’être remontés. C’est ce que prouve l’<em>Arsilda</em> montée à Bratislava et bientôt visible en France, notamment à Lille, et le rapprochement risque d’être cruel. Et même si cet <em>Orlando </em>monte à Paris en version de concert (le 19 avril au TCE), il n’est pas sûr que le charme opèrera davantage sur les seules oreilles.</p>
<p>En effet, si elle nous épargne le côté brouillon de certaines interprétations précipitées, la direction de <strong>Jean-Claude Malgoire</strong> se distingue par une tiédeur fatale. Il ne se passe vraiment pas grand-chose dans la fosse, malgré l’intervention virtuose d’<strong>Alexis Kossenko</strong> pour un solo de flûte accompagnant l’un des airs, et l’on doit déplorer une fois encore la justesse trop aléatoire des cordes. La partition a subi quelques coupes ici et là, et le chœur célébrant les noces d’Angélique et de Médor est utilisé en guise d’ouverture, la <em>sinfonia</em> manquant dans la partition conservée.</p>
<p>Difficile aussi, pour les chanteurs, de lutter contre le souvenir des très grandes voix qui se sont illustrées dans <em>Orlando furioso</em>. Comment incarner le rôle-titre après Marilyn Horne ou Marie-Nicole Lemieux ? <strong>Amaya Dominguez</strong> est une mezzo non dépourvue de qualités, dramatiques ou vocales, et elle se lâche dans les scènes de folie, mais on est loin du format hors-norme auquel nous avons été habitués. <strong>Clémence Tilquin</strong> est assez impressionnante, très à l’aise dans le grave, avec un timbre riche et une vraie présence en scène. Dommage que le spectacle bascule parfois, avec Alcina, dans ce « second degré de cancre » que Christian Schiaretti déclare vouloir éviter : il doit y avoir mieux à faire de la magicienne que les grimaces et ricanements qu’on lui impose ici. <strong>Samantha Louis-Jean</strong> est une Angélique tout à fait correcte, malgré un certain manque de volume sonore, parfois.</p>
<p>Avec les messieurs, on déchante un peu. Trois contre-ténors, c’est beaucoup, c’est même davantage que le nombre de castrats ayant participé à la création. Confier Bradamante à un homme est un choix difficilement défendable : ce rôle de femme déguisée en homme a été écrit pour une voix féminine, et ce n’était peut-être pas un cadeau à faire <strong>Yann Rolland</strong>, dont les vocalises manquent de soutien et dont la tessiture parait bien courte (sans parler du maquillage japonisant qui tend vers <em>Trois sœurs </em>de Peter Eötvös mais avec une perruque qui évoque plutôt la Katia du <em>Père Noël est une ordure</em>). <strong>Jean-Michel Fumas</strong> ne rencontre pas les mêmes difficultés, mais mieux vaut oublier ce que Philippe Jaroussky faisait du personnage de Ruggiero. <strong>Victor Jiménez Díaz</strong> tire de fort beaux effets de l’alternance entre voix de baryton et voix de contre-ténor, mais semble encore un peu vert à d’autres moments. <strong>Nicolas Rivenq</strong>, à l’inverse, n’a plus la souplesse d’antan, même si le baryton conserve de belles couleurs.</p>
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