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	<title>Evan LEROY JOHNSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Evan LEROY JOHNSON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Glyndebourne annonce son programme 2024</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/glyndebourne-annonce-son-programme-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Aug 2023 04:18:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que son édition 2023 s’achève, le festival annonce son programme pour 2024. Carmen ouvrira le bal dans une production signée par Diane Paulus. L’ouvrage sera donné pour 21 représentations avec deux distributions : Rihab Chaieb (Carmen) et Dmytro Popov (Don José) chanteront sous la baguette du directeur musical, Robin Ticciati à la tête du &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que son édition 2023 s’achève, le festival annonce son programme pour 2024. <em>Carmen</em> ouvrira le bal dans une production signée par Diane Paulus. L’ouvrage sera donné pour 21 représentations avec deux distributions : Rihab Chaieb (Carmen) et Dmytro Popov (Don José) chanteront sous la baguette du directeur musical, Robin Ticciati à la tête du London Philharmonic Orchestra, et laisseront place pour les représentations d’août à Aigul Akhmetshina et Evan LeRoy Johnson dirigés par Anja Bihlmaier. <em>The Merry Widow</em> sera ensuite donnée dans une nouvelle traduction anglaise et dans une production de Cal McCrystal sous la direction de John Wilson. Danielle de Niese sera Hanna Glawari, Germán Olvera chantera Danilo, le vétéran Thomas Allen interprétera le Baron Mirko Zeta et Soraya Mafi incarnera Valencienne. Le festival reprendra également 3 productions. <em>Giulio Cesare</em> (2005) mis en scène par David McVicar avec Laurence Cummings à la tête de l’Orchestra of the Age of Enlightenment affichera Aryeh Nussbaum Cohen en Cesare et Louise Alder en Cleopatra. <em>Die Zauberflöte</em> (Barbe &amp; Doucet, 2019) sera défendu Paul Appleby en Tamino, Lauren Snouffer en Pamina, Aleksandra Olczyk en Reine de la Nuit et Rodion Pogossov en Papageno. Constantin Trinks dirigera l’Orchestra of the Age of Enlightenment. Enfin, <em>Tristan und Isolde</em> (Nikolaus Lehnhoff) sera interprété par Stuart Skelton, Miina-Liisa Värelä dans les rôles-titres, sous la direction de Robin Ticciati.</p>
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		<title>VERDI, Macbeth &#8211; Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Aug 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aborder une œuvre de l’ampleur de Macbeth, c’est tenter de trouver un sens – ou d’en choisir un – parmi les nombreuses lectures possibles de l’œuvre. Cette idée forte, qui n’exclut pas d’explorer parallèlement quelques chemins de traverse, Krzysztof Warlikowski la propose d’emblée : c’est le désir frustré d’une descendance propre qui conduit le couple &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Aborder une œuvre de l’ampleur de Macbeth, c’est tenter de trouver un sens – ou d’en choisir un – parmi les nombreuses lectures possibles de l’œuvre. Cette idée forte, qui n’exclut pas d’explorer parallèlement quelques chemins de traverse, <strong>Krzysztof Warlikowski</strong> la propose d’emblée : c’est le désir frustré d’une descendance propre qui conduit le couple maudit à toutes les exactions pour obtenir le pouvoir, et ensuite vers la folie quand ils se rendent compte que ce pouvoir est vain s’il ne peut être transmis après eux.</p>
<p>L’idée est suggérée dès le premier tableau : pendant la première scène avec les sorcières, Lady Macbeth va consulter son gynécologue et en ressort traumatisée ; on devine qu’il lui enjoint de renoncer à tout espoir de grossesse. Warlikowski, selon sa bonne habitude, propose plusieurs tableaux en même temps, l’un principal où on chante, et ailleurs sur le plateau, d’autres actions qui donnent des pistes sur ce qui va suivre ou prolongent ce qui s’est passé, maintenant constamment le spectateur en haleine. Les différents plateaux glissent latéralement avec fluidité, un gigantesque dispositif lumineux, un peu hollywoodien viendra occuper l’arrière du décor qui, au départ, ne contenait qu’une banquette de salle d’attente des chemins de fer. C’est diablement intelligent, cela requiert une grande attention de la part du public, et cela permet d’explorer toutes sortes de pistes sans perturber le discours principal, sans dévoyer l’œuvre. Il nous donne plus que ce qu’on peut voir, de sorte qu’on craint avoir manqué un détail, mais tout ce qu’il montre est parfaitement juste et à propos.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="674" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/macbeth-2023-c-sf-bernd-uhlig-012-scaled-1-1024x674.jpg" alt="" class="wp-image-139416"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Vladislav Sulimsky, Macbeth © SF/Bernd Uhlig</sup></figcaption></figure>


<p>L’usage de la vidéo, qui propose des flashbacks sur la vie du couple dans le style du cinéma italien de l’après-guerre ou qui agrandit des détails de la mise en scène, de préférence les plus dérangeants, pour être bien sûr qu’on n’en perde rien, ainsi que la diffusion d’extraits de <em>Edipo Re</em> et <em>Il Vangelo secondo Matteo</em> de Pier Paolo Pasolini renforcent encore la multiplicité des propositions, et renvoient, par l’évocation des deux figures d’Œdipe et de la Vierge, vers la quête d’identité du couple Macbeth. J’avoue que cette explication-là ne m’était pas venue spontanément à l’esprit, elle vient d’un texte de Christian Longchamp, le dramaturge, reproduit dans le programme.</p>
<p>Petit à petit, le contact ou même la vue des enfants des autres va devenir insupportable au couple régnant, au point qu’il va se livrer à un véritable massacre, digne du dénombrement de Bethléem, et que la fin du troisième acte verra s’aligner pas moins de 24 cadavres d’enfants sur le devant de la scène. Shakespeare parlait seulement de huit générations…</p>
<p>C’est trash, à la limite du supportable, mais ça fonctionne à plein (comme on dit sur France Culture). On ne va pas voir Macbeth pour recevoir une démonstration de bon goût, il faut s’attendre à de l’hémoglobine&nbsp;!</p>
<p>Le basculement de la raison vers la folie se fait progressivement, une transgression en entraînant une autre, chaque meurtre justifiant le suivant jusqu’au délire final. La réalisation scénique de tout cela est extrêmement virtuose, avec une très grande présence des chœurs, particulièrement nombreux,&nbsp;avec le recours à des images fortes quasi insoutenables (un bébé servi sous cloche lors du banquet à la fin de l’acte II), ou dérangeantes (des enfants à qui on a mis un masque de tête d’adulte, sortes de petits gnomes étranges et inquiétants).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="674" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/macbeth-2023-c-sf-bernd-uhlig-008-1024x674.jpg" alt="" class="wp-image-139415"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup> <sub>Vladislav Sulimsky, Macbeth  •  Asmik Grigorian, Lady Macbeth  • Caterina Piva, Kammerfrau der Lady Macbeth © SF/Bernd Uhlig</sub></sup></figcaption></figure>


<p>Sans nécessairement vouloir souscrire à tous les partis pris esthétiques du metteur en scène dont on se dit parfois qu’il exagère un peu, tout de même, on ne peut qu’admirer la virtuosité dans la conception et l’exécution, la force des propositions et leur justesse par rapport au sens de l’œuvre. On ne vous décrira donc pas tous les détails, pour ne pas « divulgacher » le spectacle, s’il vous venait jamais l’idée – ce que je vous recommande – d’aller le regarder sur Arte.tv où il est disponible pour quelques temps encore.</p>
<p>A ces propositions scéniques répond une qualité de plateau non moins remarquable.</p>
<p><strong>Asmik Grigorian </strong>(Lady Macbeth) est tout simplement éblouissante, parfaite, engagée autant vocalement que scéniquement, et projette des aigus magnifiques sans que le grave perde rien en intensité. Le rôle lui va comme un gant, même si on devine qu’elle est moins sauvage à la ville&nbsp;! On savait cette artiste exceptionnelle, elle le démontre une fois de plus, et de façon magistrale.</p>
<p>A ses côtés, le Macbeth de <strong>Vladislav Sulimsky</strong> est plus réservé (en tous cas au début de la représentation) ce qui est sans doute voulu pour rendre le caractère hésitant et velléitaire du personnage. La voix gagnera en ampleur et en assurance au cours de la soirée, à mesure que le personnage s’assombrit. Véritable révélation de la soirée, le ténor chilien <strong>Jonathan Tetelman</strong> livre en Macduff une prestation en tout point remarquable. C’est par la puissance de son intervention au début du quatrième acte que le basculement se fait entre une situation odieuse et l’espoir d’un retour à un peu de normalité. Voix de ténor parfaitement placée, timbre puissant, projection parfaite, il convainc toute l’assistance et reçoit au moment des saluts une ovation bien méritée.</p>
<p>Voix puissante au timbre particulièrement agréable <strong>Tareq Nazmi</strong>, s’impose facilement dans le rôle de Banco, au point qu’on regrette qu’il meure si tôt&nbsp;! <strong>Evan LeRoy Johnson</strong> joue de sa prestance physique incontestable pour incarner Malcolm, mais la voix n’est pas en reste, même si à côté de Jonathan Tetelman, le défi est de taille. La jeune mezzo italienne <strong>Caterina Piva</strong> complète la distribution dans le rôle de la femme de chambre.</p>
<p>Il ne faut surtout pas oublier de mentionner la prestation des chœurs et de l’orchestre, qui fonctionnent si bien ensemble, et sur qui repose la dynamique de la représentation : le discours avance sans cesse, avec fluidité mais détermination, et la très nombreuse présence sur scène d’un chœur d’une telle ampleur contribue à la dimension grandiose du spectacle. <strong>Philippe Jordan</strong> semble très à l’aise face à un orchestre qu’il connait bien, et même si on a entendu quelques décalages dans la deuxième intervention des sorcières et un couac au cor anglais, il n’y a pas là de quoi entacher un immense plaisir musical.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-macbeth/">VERDI, Macbeth &#8211; Salzbourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Salome &#8211; Munich (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-munich-staatsoper/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jul 2023 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec la proposition de Krzystof Warlikowski dans le cadre du festival d’opéra estival de Munich, nous ne sommes pas en 30 après J.-C. en Galilée mais dans une demeure bourgeoise juive de la Mittel Europa au début du siècle, plus exactement dans la bibliothèque du riche Juif maître des lieux, Hérode. Il donne une soirée &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec la proposition de <strong>Krzystof Warlikowski</strong> dans le cadre du festival d’opéra estival de Munich, nous ne sommes pas en 30 après J.-C. en Galilée mais dans une demeure bourgeoise juive de la Mittel Europa au début du siècle, plus exactement dans la bibliothèque du riche Juif maître des lieux, Hérode. Il donne une soirée où se pressent étudiants orthodoxes aux longues mèches loubavitch enroulées sous leur chapeau, sans doute se reposant de leurs recherches à la Jeschiwa Chachmei de Lublin, accompagnés d’une famille (apparemment errante) avec valises et manteaux sur le dos et d’autres invités, des habitués élégants. Les soldats, nazaréens et autres personnages du drame straussien sont ainsi devenus des membres du clan ou des connaissances, toujours prêts à la controverse théologique.</p>
<p>Au tout début, un ami de la famille, Narraboth (le superbe ténor <strong>Evan LeRoy Johnson</strong> aux couleurs et timbre luxueux), jouant une scène curieuse avec le Page (la talentueuse <strong>Christina Bock</strong>), chante tristement déguisé en veuve, alors qu’il se fait dépouiller de ses bijoux par un personnage grotesque incarnant le Juif des caricatures antisémites habituelles – soit exactement une scène de « Monsieur Klein », le film de Joseph Losey. Ce ne sera pas la seule référence cinématographique de la soirée, citons « Festen » (Salomé plus tard sous la table du banquet de shabbat a sans doute été abusée par Hérode) ou « Portier de nuit » de Liliana Cavani pour les rapports troubles entre bourreaux et victimes.</p>
<p>Nous voilà avertis ; ce milieu juif éclairé (dont les étagères de la bibliothèque s’affaissent avec des  livres entassés, apparemment inutiles) se moque des quolibets et haines dont il fait l’objet. Il a tort évidemment, nous dit Warlikowski : un ennemi gronde en coulisses, c’est Jochanaan, (il est censé être dans la prison dont les barreaux visibles affleurent sous le plateau). Le prophète, qu’on verra donc refuser de céder aux avances de Salomé, annonce l’existence d’un Messie terrible et menaçant dont on se demande rapidement s’il ne s’agit pas d&rsquo;Adolf Hitler. On mesure vite le malaise induit par la relecture du mythe tout à fait désacralisé ici par le metteur en scène polonais (il est vrai que la concurrence est rude entre stars du même tonneau, habitués de nos scènes opératiques et menant désormais bien des chefs d’orchestre à l’abdication). <img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Salome_2023_C.Nylund_W.Koch_c_W.Hoesl__2_-4-1024x683.jpg" alt="L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Salome_2023_C.Nylund_W.Koch_c_W.Hoesl__2_-4-1024x683.jpg." /></p>
<p>Quand Jochanaan apparaîtra plus tard, cigarette à la main, c’est plus à Demis Roussos, qu’au terrible prophète biblique que <strong>Wolfgang Koch</strong> (en petite forme) nous fera penser. La faute à un costume ridicule fait d’un chandail troué bleu roi informe et à une voix qui résonne peu, presque ordinaire ce soir-là, sans ampleur ni style.</p>
<p><strong>Camilla Nylund</strong>, incarnant une Salomé plutôt star hollywoodienne des années 30 en robe rouge et perruque noire, n’a plus tout à fait la vocalité requise (on attend souvent en vain la stridence, les aigus acérés, la vaillance infatigable et même l’amplitude) et elle se trouve parfois en difficulté. Elle n’est guère aidée par les choix de la mise en scène, qui la condamnent à divers roulements par terre, courses, et autres gesticulations, et à une danse des voiles absurde (en robe de mariée avec un vieux danseur portant le masque de la mort. Strauss attendra encore la deuxième danseuse qu’il souhaitait). Mais son total engagement, l’activisme dément auquel elle se soumet entièrement – imposé par le metteur en scène – impressionnent. Elle récolte les acclamations méritées du public après la longue et éprouvante scène finale où elle jette toutes ses forces et tout son talent dans la réaffirmation implacable de son désir (« Ich habe deinen Mund geküsst ») face à un Hérode (Gerhard Siegel littéralement à bout de souffle) qui ne fait vraiment pas le poids. Certes le personnage doit être veule, mais il est ici un peu trop dépassé.</p>
<p>On a compris : Salomé voulait l’amour, le vrai, et elle est sacrifiée pendant qu’on se chamaille sur des vétilles et des points de dogme. Tuer Jochanaan ne suffira pas et son bourreau distribuera à la fin du spectacle du poison à tous les convives, qui s’empresseront de l’avaler pour un suicide collectif qui met très mal à l’aise. Voudrait-on nous dire que les Juifs sont responsables de leur destin atroce qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Une jolie fresque médiévale d’un bestiaire avec nombre de créatures imaginaires (une projection des fantasmes de l’amoureuse rejetée et une évocation des rêveries d’anciens sages hassidiques, inspirée des fresques de la synagogue de Chodorow) évoluant en fond de scène grâce à la vidéo n’y changera rien.</p>
<p style="text-align: left">Dans la fosse, le chef <strong>François-Xavier Roth</strong> n’a pas oublié le commandement straussien de traiter la partition comme si c’était de « la musique de fées » et du « Mendelssohn ». Il nous régale à chaque instant, qu’il déchaîne l’orchestre ou qu’il soigne tous les détails et moments afin de faire briller une orchestration magnifique. Le vrai désordre, la tendresse rare, les éclaircies divines viennent bien d’un très bel orchestre manifestement entraîné dans sa vision.</p>
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		<item>
		<title>STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Apr 2023 13:21:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Festival de Pâques, l’un des points d’orgue de la programmation du Festspielhaus de Baden-Baden, correspond cette année aux 25 ans de l’Institution et de l’immense salle aux 2500 places. Pour fêter l’anniversaire dignement, c’est un opéra hors normes qu’il fallait et on comprend aisément le choix de Die Frau ohne Schatten, opulent et fastueux &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</span> Lire la suite »</a></p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[Le Festival de Pâques, l’un des points d’orgue de la programmation du Festspielhaus de Baden-Baden, correspond cette année aux 25 ans de l’Institution et de l’<a href="https://www.forumopera.com/actu/baden-baden">immense salle</a> aux 2500 places. Pour fêter l’anniversaire dignement, c’est un opéra hors normes qu’il fallait et on comprend aisément le choix de <em>Die Frau ohne Schatten</em>, opulent et fastueux chef-d&rsquo;œuvre s’il en est, qui nécessite cinq voix d’exception, un orchestre hors pair et d’amples moyens. Pour la première du spectacle, l’impatience fébrile des mélomanes présents bien avant les premières mesures était palpable et un contentement manifeste à l’issue d’un spectacle ovationné avec ferveur se voyait sur les visages lumineux et comblés. Il est fort à parier que l’on se souviendra longtemps de la fête sonore vécue dans la ville thermale ; en revanche, il n’est pas si sûr que la vision de <strong>Lydia Steier</strong>, qui avait déjà abordé <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/salome-paris-bastille-du-sang-du-sexe-et-une-grande-salome/">Salomé</a> </em>à Paris et <em>Le Chevalier à la rose</em> à Lucerne, puisse figurer parmi les mises en scène de référence de l’œuvre.

La metteuse en scène américaine a choisi de rajouter un personnage fondamental, celui d’une toute jeune fille dont on perçoit le rêve (mention spéciale à la jeune interprète <strong>Vivien Hartert</strong>). L’action se situe dans le dortoir d’un couvent où l’héroïne et ses compagnes sont surveillées par des nonnes en cornettes. Dans des locaux sinistres à peine agrémentés d’une reproduction de la <em>Madone Litta</em> de Léonard de Vinci, la jeune héroïne a peut-être perdu son enfant ou a accouché, on ne sait trop, mais l’ambiance évoque l’univers du terrible film <em>The Magdalene Sisters</em>. Le monde de l’Empereur, le terrain de chasse où il a capturé une gazelle (magnifique costume de <strong>Katharina Schlipf</strong>), transformée en femme et devenue Impératrice, ressemble à une grande scène vide surmontée d’un escalier tout droit sorti d’une comédie musicale de Broadway. Lydia Steier assume avoir voulu s’adresser aussi bien aux fins connaisseurs qu’aux néophytes, dans une démarche très « <em>Entertainment</em> ». Le couple impérial esquisse ainsi des pas de danse dans une lignée hollywoodienne ou fellinienne, à la façon de Fred et Ginger au Lido. Le faucon porte d’ailleurs l’un de ces costumes. Quant à l’univers du teinturier et de son épouse, il est littéralement ancré dans les obsessions de l’intrigue : le manque d’enfants. Ainsi, une sorte de boutique-usine très années cinquante rose layette nous met en présence de manutentionnaires qui fabriquent des bébés dont on n’arrive pas très bien à comprendre s’il s’agit de petits baigneurs, de poupées, d’embryons ou de vrais enfants, que des couples viennent acheter et récupérer emballés dans du nylon, tout en s’extasiant devant leur acquisition comme s’il s’agissait de vrais poupons. Le spectateur peut demeurer dubitatif et se demander où veut vraiment en venir Lydia Steier : condamne-t-elle le trafic de bébés, l’emprise, voire l’esclavage, l’idée qu’une femme ne peut être entière si elle n’a pas enfanté ? Sans doute un peu tout ça. Mais les questions que suscitent ces tableaux visuels aux télescopages parfois abscons encombrent l’esprit jusqu’à la perplexité et une certaine frustration de ne pas tout saisir, ce qui va jusqu’à potentiellement perturber l’écoute. Cela dit, l’ambition qui se traduit par des recherches et des trouvailles visuelles vivifiantes reste à saluer, même si on aurait aimé qu’elles collent davantage au propos. À cet égard, le travail sur les ombres et l’absence de celle de l’impératrice est à souligner, car très réussi.


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="535" class="wp-image-128405 aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Hartert_Heever_c-Martin-Sigmund7-1024x535.jpg" alt="" />
<figcaption class="wp-element-caption"><sup>Die Frau ohne Schatten © Martin Sigmund</sup></figcaption></figure>
<span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">Si le plateau vocal est de haut vol, une voix se détache, absolument impériale, tout en déployant des trésors d’humanité, de délicatesse et de fraîcheur : il s’agit de celle d’</span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Elza van den Heever</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, merveilleuse impératrice. L’autorité, la puissance et la précision de l’émission laissent pantois, quand les aigus transportent tant ils sont agiles et fluides jusqu’à l’évanescence. En nourrice maléfique et perfide, </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Michaela Schuster</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit"> s’impose d’abord par une présence scénique évidente mais aussi avec une noirceur de timbre où l’aigreur perverse alterne avec une douceur enamourée en présence de celle qu’elle vénère. </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Miina-Liisa Väreläschatten</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, en teinturière exaltée et maîtresse femme qui ne s’en laisse pas conter, alterne néanmoins autorité et puissance d’avion au décollage avec frémissements amoureux irrésistibles de sensualité câline. </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Clay Hilley</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit"> semble n’avoir pas plus de difficultés avec le répertoire de Strauss qu’avec celui de Wagner. Vaillance, expressivité teintée de noblesse, le ténor est souverain. Le Barack de </span><strong style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5)">Wolfgang Koch</strong><span style="font-size: revert;color: var(--ast-global-color-3);background-color: var(--ast-global-color-5);font-weight: inherit">, largement célébré par le passé, s’impose toujours davantage, dans toute la palette de ses contradictions si humaines. Les duos, trios ou quatuors sont d’une ductilité et d’une beauté à ravir. Les chœurs et voix de l’au-delà magnifient l’ensemble, quoique certaines interventions se font en coulisses et sont sonorisées, ce qui rend encore plus irréelle la qualité vocale générale.</span>

Mais les triomphateurs absolus de la soirée sont dans la fosse. <strong>Kirill Petrenko </strong>et les musiciens du <strong>Berliner Philharmoniker</strong> nous font apprécier la moindre note de l’immense partition de Strauss avec génie et opulence. Emportés dans une vague déferlante enivrante dont chaque gouttelette sonore scintille de tous ses feux, les spectateurs sont à la fois submergés et subtilement caressés de notes délicates et subtilement raffinées, sonorités encore magnifiées par les instruments de complément, dont l’harmonica de verre aussi limpide que luxuriant. Un pur enchantement.

Le Berliner Philharmoniker retournera à Salzbourg à partir du Festival de Pâques 2026 alors qu’il se produisait à Baden-Baden depuis 2013. Mais ce départ annoncé ne signifie pas la fin de la collaboration du prestigieux ensemble avec le Festspielhaus, qui continuera à l’accueillir régulièrement. En attendant, les musiciens animent le Festival de Pâques jusqu’au 10 avril prochain, une manifestation placée cette année sous le signe de la femme et de la musique à Vienne autour de 1900. On connaît du reste déjà le programme de l’Oster Festspiele Baden-Baden de l’an prochain : on reprend (presque) les mêmes pour un Pâques 2024 doté d’une <em>Elektra</em>, avec Kirill Petrenko et le Berliner, bien sûr, mais aussi Elza van den Heever, Michaela Schuster, Johan Keuter et Nina Stemme.<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-frau-ohne-schatten-baden-baden/">STRAUSS, Die Frau ohne Schatten &#8211; Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, Otello — Munich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-munich-linterieur-dotello/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 15 Jul 2019 21:24:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le festival d’été de Munich vous promet les meilleures productions maison concentrées sur un mois, avec les meilleurs artistes au monde. Hélas, même ce grand festival n’est pas à l’abri d’annulations, et quand c’est Jonas Kaufmann qui annule Otello, le drame précède le lever de rideau. Non seulement il faut faire face à la déception &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le festival d’été de Munich vous promet les meilleures productions maison concentrées sur un mois, avec les meilleurs artistes au monde. Hélas, même ce grand festival n’est pas à l’abri d’annulations, et quand c’est Jonas Kaufmann qui annule Otello, le drame précède le lever de rideau. Non seulement il faut faire face à la déception d’une grande partie du public venue pour le divo, mais il faut surtout dénicher une doublure. Or Otello n’est pas de ces rôles où il est aisé de trouver un jeune talent inconnu attendant sa chance. Il faut donc se tourner vers les titulaires actuels ou vers ceux qui le furent et sont prêts à de nouveau tout donner dans ce rôle écrasant pour sauver la soirée. Soyons reconnaissant à <strong>Zoran Todorovich</strong> d’avoir relevé le défi avec tant de vaillance. Malheureusement, les deux premiers actes sont un naufrage alignant timbre blanchâtre, émission débraillée et nasillarde, problèmes de justesse et d’attaque aussi voyants que son vibrato, notes étranglées et une absence totale de sensualité. Le ténor ne recule certes jamais et se lance sur tout l’ambitus avec témérité. Heureusement les deux derniers actes le voient moins dépassé : il incarne avec plus de naturel l’accusateur affaibli par le venin de la jalousie et l’amant désemparé, qui ne se reconnaît plus dans sa rage. Le monologue qui suit la confrontation avec Desdemona et sa mort seront ses meilleurs moments. A ses côtés, <strong>Anja Harteros</strong> est une héroïne forte qui tient tête à son mari. Son vibrato assez large à son entrée se concentre très rapidement pour animer son personnage avec la fébrilité qui lui est propre. Desdemona est d’abord agitée silencieusement par la peur de voir le navire d’Otello sombrer, puis vocalement par le désir et l’amour qu’elle éprouve pour lui, avant de craindre d’avoir offensé son mari pour enfin être terrorisée mais pas paralysée par son attitude. Elle nous offre une lente montée en intensité tout au long de la soirée qui culmine en angoisse explosive au III (ce « lagrime » saignant, cet « horrendo » expressionniste) avant d’être une peur fantastique au IV. Elle est sans pareille dans cet acte : la chanson du saule (ces « salice » murmurés comme d&rsquo;inconscients appels au secours), les adieux éteints puis bouleversés à Emilia (la fulgurance de cette alternance, renforcée par le surgissement net de la note), la prière angoissée, prostrée près de la cheminée (la dernière note parfaitement atteinte et tenue mais faussement abîmée par le désespoir) et enfin son agonie combattive puis magnanime, tout est exemplaire. Son effroi n’est jamais stéréotypé et la styliste verdienne est au sommet de son art. Pour semer la zizanie dans le couple, le Jago de <strong>Gerald Finley</strong> nous convainc beaucoup moins. Nous ne remettons pas en cause l’excellence du chanteur (épatant dans le rêve de Cassio), pas plus que son talent d’acteur qui le voit arpenter la scène avec une facilité confondante, lancer son texte avec la même attention à chaque mot que si c’était du Shakespeare. A part une sortie un peu ratée (mais n’est-ce pas la faute de Verdi ?), et des difficultés à se faire entendre dans les tonitruants ensembles, on lui reproche surtout sa conception du traître, bien trop élégant. Plus séduisant qu’Otello ce soir en tout cas. C’est un vilain très humain, aiguillonné voire battu mais jamais enthousiasmé par le Diable. Son « Credo » n’est pas terrifiant, on aurait aimé plus de rocaille, de cataclysmes, de dégoût, or on se surprend à éprouver de la sympathie pour le manipulateur. Les seconds rôles sont, comme souvent à Munich, très bien tenus. Mentions spéciales pour l’Emilia très violente de <strong>Rachael Wilson</strong>, le Cassio balourd mais sexy d’<strong>Evan LeRoy Johnson</strong> et le Roderigo bouffe de <strong>Galeano Salas</strong>.</p>
<p>Le tout est fouetté de main de maitre par <strong>Kirill Petrenko</strong> qui galvanise toujours autant l’orchestre du Staatsoper. Dès cette tempête, très âpre, les instrumentistes sont comme des fauves qui se jettent sur le public avant que le dompteur ne vienne les arrêter d’un geste sec. L’ensemble est surpuissant mais jamais baveux, canalisé et pressurisé pour en maximiser l’impact. Lorsque les formidables chœurs locaux s’y mêlent, c’est l’apocalypse joyeuse. Le miracle dans la fosse se constate aussi dans la tension qu’ils insufflent à l’orchestration fine et suspendue qui irrigue le dernier acte.</p>
<p>Légère déception enfin quant à la mise-en-scène d’<strong>Amélie Niermeyer </strong><a href="https://www.forumopera.com/otello-munich-otello-en-ses-affres">qui fut vantée dans nos colonnes</a>. Nous sommes habitués à ne plus voir d’Otello maures : ce que l’on perd en dénonciation du racisme, on le gagne en focalisation sur le mécanisme destructeur de la jalousie. Ici tout se déroule dans un intérieur bourgeois nordique très sobre, dont le dédoublement est difficilement lisible mais permet à Desdemona d’être toujours en scène (pour venir jeter au feu le mouchoir à l’acte III par exemple) et offre quelques belles images (Desdemona jouant avec le feu pendant « Fuoco di gioia » ; les projections qui font tourbillonner le décor autour des personnages qui perdent pied ; les deux époux pétrifiés sur le flanc devant leur lit respectif à l’ouverture du dernier acte). Beaucoup d’autres éléments nous ont paru moins limpides (Jago se travestissant en joueuse de mandoline au II ou Otello expirant sur un lit vide loin de Desdemona) et ce décor est assez contre-intuitif dans toute la première partie (que fait une telle foule à l’intérieur ?). Contrairement au <a href="https://www.forumopera.com/un-ballo-in-maschera-munich-drame-domestique-chez-gatsby-le-magnifique"><em>Bal masqué</em></a> sur cette même scène, vouloir faire de cet <em>Otello</em> un drame bourgeois nous apparaît donc une fausse bonne idée, assez vite contredite par la partition dans les deux premiers actes. Reste une direction d’acteurs naturaliste très léchée dont on sent qu’elle porte chaque protagoniste à ne jamais se contenter d’expédients.</p>
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