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	<title>Sarah JOUFFROY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Sarah JOUFFROY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PURCELL, The Fairy Queen — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/the-fairy-queen-clermont-ferrand-la-reine-defaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Feb 2017 07:58:52 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mais où se cachent les Fées ? Où sont passés les Chinois et leur jardin édénique ? Quid de cette cosmogonie mythologico-purcellienne tant embaumée de bons sentiments qu’elle en devient touchante ? Exit l’humour ! Adieu l’Amour ! Evacuée l’ironie d’autant plus cinglante qu’elle apparaît sous des dehors bon enfant ! Bon, il fallait se faire une (dé)raison vendredi à l’Opéra &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mais où se cachent les Fées ? Où sont passés les Chinois et leur jardin édénique ? Quid de cette cosmogonie mythologico-purcellienne tant embaumée de bons sentiments qu’elle en devient touchante ? Exit l’humour ! Adieu l’Amour ! Evacuée l’ironie d’autant plus cinglante qu’elle apparaît sous des dehors bon enfant ! Bon, il fallait se faire une (dé)raison vendredi à l’Opéra de Clermont. La Reine des Fées n’était plus celle que l’on croyait mais une Reine défaite et retricotée sur un mode réaliste dans la mise en scène de <strong>Caroline Mutel</strong>. Coiffée d’une chapka, la souveraine était emmitouflée dans un manteau à col de fourrure et le roi des Elfes en poilu casqué et bandes molletières sortait du bourbier de sa tranchée une lanterne à la main tel Diogène de Sinope. Errance prémonitoire ? Caroline Mutel le voit en <em>Dormeur du Val</em> récrivant <em>Fairy Queen</em> que son librettiste presque anonyme aurait virtuellement laissé à l’état de page blanche. En fait d’inspiration tragi-bucolique rimbaldienne c’était plus une vision plus brechtienne façon <em>Opéra de quat’sous</em> ou ramuzienne <em>Histoire du Soldat</em> que franchement féérique.</p>
<p>Trois des huit protagonistes endossant plusieurs rôles ne faisaient qu’accentuer le sentiment de trouble et la perte de repère. Seule présence avérée : celle de Purcell, en chair et en scène et en verve en la personne de l’orchestre <strong>Les Nouveaux Caractères </strong>avec ses cordes affutées et un <strong>Emmanuel Mure</strong> magistral à la trompette naturelle. En chef avisé et père attentionné du régiment, <strong>Sébastien d’Hérin</strong> veillait au grain de son clavecin et galvanisait ses troupes, elles aussi en costume pioupiou. S’épargnant les excès de théâtralité dans une partition ou les sorties de route sont fréquentes, il s’exprimait avec fermeté à travers une gestique vigoureuse. Sa conduite précise et imagée traduisait à ravir le caractère foisonnant de l’écriture purcellienne. Le contraste n’en était que plus saisissant dans le décor franchement glauque d’après bataille de la Marne. L’étendard tricolore pavoisait sur fond d’insolites apparitions entre un clergyman en soutane, bible en main, et une plantureuse infirmière armée d’une cuvette ! Un parti pris transgressif hors sujet qui se payait au prix fort : l’opacité du message. On rétorquera que <em>Le Songe</em> de Shakespeare a déjà été beaucoup écorné dans l’aventure <em>Fairy Queen</em>. Etait-il indispensable d’en rajouter ? Qui plus est en évacuant cette dimension magique pimentée de plaisir que réclame le semi-opéra ? Sans ce caractère enchanteur que restait-t-il de cette Reine des Fées, hormis la musique ? Les voix !</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="307" src="/sites/default/files/styles/large/public/_dsc7650.jpg?itok=Esqg0Boz" title="© Thierry Lindauer" width="468" /><br />
	© Thierry Lindauer</p>
<p>Cette version ramassée sur une heure et demie plaidait en faveur de l’homogénéité du plateau vocal à défaut de donner à cette production la respiration nécessaire au genre semi-opéra. Il était à redouter que certains protagonistes rencontrent quelques difficultés à tenir la distance sur une durée plus longue. Loin d’être idéalement mise en valeur par une dramaturgie absconse qui pollue l’écoute, la distribution sortait quand même la tête haute du maquis d’un décor aussi improbable. S’y distinguait le baryton-basse chatoyant au grain moiré du poète-troufion de <strong>Frédéric Caton</strong> qui renchérissait en incarnant un profond Sommeil sur un « Hush, no more » à réveiller les morts, superbement repris par un chœur complice. Pas économe de ses effets, il convoquait ensuite l’Hiver d’un timbre impérieux et mordant avec un glaçant « Next Winter comes slowly ». Et notre Fregoli vocal de conclure sur un Hymen d’une palpitante séduction dans « See, see, I obey ».  Il faisait pour notre plus grand bonheur, jeu égal avec <strong>Guillaume Andrieux</strong>. Avec une autorité superbement assise dans les graves, son homologue en tessiture s’emparait du rôle de Phoebus pour faire rayonner un « When a cruel long Winter » en tout point régalien.</p>
<p>Et comment oublier la Plainte de la mezzo <strong>Sarah Jouffroy</strong> dont un poignant « O Let me weep » à faire fondre un cœur de pierre. Jouissant d’un bel ambitus, elle faisait montre d’une harmonieuse fluidité et d’une pureté dans l’aigu aussi généreusement nourries que ses graves sont bien dégagés et joliment ambrés. Elle excellait tout autant en Seconde Fée. N’étaient pas en reste non plus, la Première Fée de <strong>Virginie Pochon</strong>, et <strong>Caroline Mutel</strong> qui cumulait les trois personnages de la Nuit, du Printemps et d’une Femme et <strong>Hjördis Thébault</strong> en seconde Femme. Une mention toute particulière à cette dernière personnalité vocale qui unissait ses talents à ceux de Sarah Jouffroy dans une harmonieuse symbiose sur le radieux duo « Turn then thine eyes ». L’aisance et la présence scénique de l’Automne de <strong>Thomas Michael Allen, </strong>coloraient un délicat « See my many Colour’d Fields » aux chaleureux accents. Même virtuellement, il déroulait enfin sous nos yeux le pur moment de grâce d’une féérie champêtre. Enchantement que su nous rendre contagieux le Mystère du contre-ténor <strong>Christophe Baska</strong> avec son « One charming Night » d’une touchante sensualité. Sentiment de doux libertinage qu’étaient bien en peine de nous faire partager le très patriotique Corydon casqué du baryton-basse <strong>Roman Nédélec</strong>. Il poursuivait de ses embrassades carnivores qui n’avaient rien de bucoliques, la Mopsa teutonique du ténor <strong>Julien Picard</strong> qui n’en pouvait mais. Purcell pimenté Georg Grosz pour célébrer la réconciliation franco-allemande? C’était gâcher au rouleau les raffinements d’une subtile aquarelle…</p>
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		<title>MASCAGNI, Cavalleria rusticana — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cavalleria-rusticana-toulouse-question-de-repertoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Mar 2014 22:59:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Il n’est pas vrai que la critique soit aisée. Au sortir d’un spectacle longuement acclamé on rentre en soi et l’on se demande pourquoi on est loin d’éprouver le même enthousiasme. Ferait-on la fine bouche ? Mais quand cela serait, n’est-ce pas légitime si la recette proposée ne convient pas ? Celle de ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Il n’est pas vrai que la critique soit aisée. Au sortir d’un spectacle longuement acclamé on rentre en soi et l’on se demande pourquoi on est loin d’éprouver le même enthousiasme. Ferait-on la fine bouche ? Mais quand cela serait, n’est-ce pas légitime si la recette proposée ne convient pas ? Celle de ce diptyque a été essentiellement décidée par <strong>Tugan Sokhiev</strong>, le directeur musical de l’Orchestre National du Capitole, tout auréolé de sa récente nomination au même poste au Bolchoï. Il cède malheureusement ce soir à un penchant déjà noté pour une sonorité très dense qui est un handicap pour la construction d’une progression dramatique et qui nuit aussi au riche éventail de nuances qu’on peut entendre par exemple dans la version de<em> Cavalleria rusticana</em> de Tullio Serafin. Les réminiscences folkloriques discrètement orientales, et pour le coup véristes car liées à l’histoire sicilienne, enchâssées par Mascagni dans la partition passent au rouleau compresseur d’un bariolage violent. Et d’autres scènes, comme les chœurs à la sortie de l’office pascal, sont traitées dans le monumental, à la <em>Boris Godounov</em>. Du coup le logo qui signale, dans le programme de salle, un dispositif d’amplification pour malentendants paraît largement superflu. En revanche, un qui préviendrait les diabétiques serait justifié, tant sous la direction de Tugan Sokhiev la musique devient sirupeuse. Est-ce vraiment ainsi qu’il la ressent ? Ce sentimentalisme pesant et ces accentuations à effet semblent malheureusement justifier les dires des détracteurs de l’œuvre et du compositeur. Parce qu’il est possible de l’entendre autrement, nous pouvons dire, malgré l’enthousiasme signalé, que les options du chef ne nous conviennent pas. Les dommages sont moindres dans <em>I Pagliacci</em>, où quelque chose des réminiscences wagnériennes ou verdiennes survit à la lecture en force, même si grosso modo la direction marche sur ses propres traces. Seul point indiscutable, l’engagement sans faille des musiciens<br />
			.<br />
			Dans la Russie dont le chef est natif on aime les fortes voix, comme à Toulouse. Est-ce pour cela qu’il a choisi<strong> Badri Maisuradze </strong>pour incarner le clown trahi? Ce sympathique ténor géorgien, vaillant mais pauvre en nuances, ne semble pas dupe, aux saluts, des vivats : « Vesti la giubba » n’a pas fait crouler le théâtre. <strong>Sergey Murzaev</strong>, Tonio nasal dans le prologue, sait se montrer assez fourbe pour évoquer Iago, mais est surtout soucieux, dans le contexte orchestral, de faire du volume et il y réussit. Est-ce parce qu’il en a moins que le Beppe de <strong>Mikeldi Atxalandabaso</strong> paraît plus terne ? <strong>Mario Cassi</strong>, sans prétendre s’enfler outre mesure, compose un Silvio honorable. Son amante a la voix de <strong>Tamar Iveri </strong>; si l’expressivité ne comble pas dans la romance du premier acte, chantée sans trille et plutôt comme une ritournelle banale alors que Nedda y projette émois, souvenirs et rêves, la souplesse et l’étendue, même si l’extrême aigu détonerait facilement, sont assurément satisfaisantes. La malheureuse Santuzza est ici mezzo-soprano ;<strong> Elena Bocharova </strong>semble néanmoins très à son aise sur toute l’étendue, sa voix sonne ronde et homogène ; de quoi regretter encore plus amèrement qu’elle prenne parfois une voix mâle de rogomme et que çà et là des voyelles sonnent péremptoirement russe. Son bourreau des cœurs trouve en <strong>Nicolaï Shukoff</strong> un interprète dramatiquement convaincant et vocalement capable de ne mobiliser que les ressources nécessaires, même si la sonorité de la fosse l’amène souvent au bord du chant en force. <strong>André Heyboer</strong> est Alfio, le charretier bafoué ; méforme ? L’attaque de sa chanson d’entrée manque un peu d’éclat, reconquis ensuite, mais sa dernière scène est d’une force rare dans la violence contenue. En Lola, le corps du délit, la voix de <strong>Sarah Jouffroy </strong>pâlit un peu du voisinage de sa rivale et aussi de celui d’<strong>Elena Zilio</strong>. Avec le temps la cantatrice italienne a acquis des graves de contralto, conservé intacte la zone aigüe, et échappé au vibrato qui en menace tant. Une voix aussi bien tenue et projetée après une carrière aussi riche en dit assez long sur le talent de l’artiste. Autour de ses solistes, des chœurs renforcés copieusement – était-ce indispensable ? – et la moitié de la maîtrise, soit vingt-neuf enfants. Soigneusement préparés comme à l’accoutumée ils donnent toute la voix qu’on leur demande, jusqu’à saturation.<br />
			 <br />
			Ils sont aussi sollicités par <strong>Yannis Kokkos</strong>, responsable de la mise en scène, des décors et des costumes. Leur nombre, quand ils sont tous en scène, tend à l’encombrement d’un espace étrangement conçu. A jardin l’angle d’un mur venu de la coulisse à jardin et bifurquant en fond de scène. A cour le flanc d’une église qu’on devine baroque aux envolées exubérantes de son fronton invisible. Précédée d’un vaste espace à l’avant-scène une volée d’escaliers mène à un espace correspondant aux abords du parvis ; il est limité côté jardin par un mur en oblique qui fait office de balustrade. De <em>Cavalleria</em> aux <em>Pagliacci</em> le décor est identique mais l’électricité est arrivée, avec un poteau, une lampe qui sera allumée pour le spectacle et dans le lointain l’ombre chinoise du village se piquera de lumières, tandis que le flanc de l’église portera l’outrage d’une publicité déshabillée. C’est le lieu où Santuzza veille dans la nuit, c’est là que les badauds s’amassent, que les enfants jouent, que les commères se concertent, que le défi sera public, que les saltimbanques déboulent, font leur parade, montent leurs tréteaux et installent les gradins. Mais ce réalisme apparent trouve vite ses limites, soulignées par les éclairages de <strong>Patrice Trottier</strong>, puisqu’il est vraiment difficile de se fier à eux pour savoir l’heure. Il le trouve aussi dans les costumes des chœurs. Le fond du problème, c’est la pauvreté de ces Siciliens. Sans cela Lola aurait-elle épousé Alfio ? Pas sûr…Et si Canio n’était pas obligé de courir les routes au jour le jour, faisant subir son angoisse du lendemain à Nedda, aurait-elle été sensible aux avances de Silvio ? Or cette pauvreté on ne la retrouve pas dans ces uniformes enfantins qui semblent évadés de <em>Mort à Venise</em> ou dans ces tenues plus citadines que villageoises. On rétorquera que Pâques ou l’Assomption sont de grandes fêtes en Sicile et que pour l’occasion on y revêt ses plus beaux atours. Malheureusement ce que l’on voit sent trop la reconstitution et pas assez l’authentique. Et ce n’est pas la moto de Canio, qui rappelle si fort celle de Zampano, qui modifiera l’impression. Quant au traitement des personnages, Nedda doit-elle aguicher Tonio en s’exhibant devant lui ? Silvio doit-il arriver devant Canio ou surgir brusquement près de lui ? A ces réserves près Yannis Kokkos se montre comme à l’accoutumée essentiellement préoccupé de servir l’œuvre, et ce n’est pas un mince mérite. Ajoutons, puiqu’elle figure dans la distribution, que nous n’avons pas bien compris en quoi consistait la contribution d<strong>&lsquo;Anne Blancard</strong>.<br />
			Accueilli, nous l’avons dit, avec transport, ce spectacle ne nous a pas conquis. La faute à une conception musicale qui nous semble fort éloignée d’autres que nous préférons et qui nous semblent mieux rendre justice aux œuvres. Nous admirons Tugan Sokhiev quand il dirige l’opéra russe. Peut-être devra-t-il admettre, quoi que lui en disent les flatteurs, que pour connaître dans le répertoire italien le même bonheur s’abandonner à ses goûts et à ses sentiments est loin de suffire ?<br />
			 <br />
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