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	<title>Cornelia KALLISCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Cornelia KALLISCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DALBAVIE, Charlotte Salomon — Salzbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charlotte-salomon-salzbourg-jugement-mitige-pour-salomon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Aug 2014 04:37:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Charlotte Salomon a bel et bien existé. Adolescente allemande émigrée avec ses grands-parents dans le sud de la France avant le début de la guerre, elle portait tout à la fois le lourd héritage d’une famille psychotique marquée par de nombreux suicides, le deuil de sa mère, une relation un peu trouble avec la seconde &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Charlotte Salomon a bel et bien existé. Adolescente allemande émigrée avec ses grands-parents dans le sud de la France avant le début de la guerre, elle portait tout à la fois le lourd héritage d’une famille psychotique marquée par de nombreux suicides, le deuil de sa mère, une relation un peu trouble avec la seconde épouse de son père, sa judéité face à la montée du nazisme et sa découverte simultanée de l’amour et de la trahison. Personnalité forte et insoumise, elle tenta d’exprimer par la peinture sa difficulté de vivre, composant autour du personnage fictif de Charlotte Kann – son double exorcisé – une sorte d’autobiographie en 796 gouaches aujourd’hui conservées au Musée d’histoire juive d’Amsterdam. Elle fut arrêtée en 1943, enfermée à Drancy puis déportée à Auschwitz Birkenau où elle trouva la mort le jour même de son arrivée.</p>
<p>Avec cette biographie en images pour point de départ, <strong>Barbara Honigmann</strong> a composé un livret  formé de courtes scènes juxtaposées les unes aux autres, mêlant le français et l’allemand (sans qu’on comprenne bien la logique de ce double langage) dans une chronologie un peu chaotique, mais finalement assez efficace pour constituer une trame dramatique forte et cohérente. Est-ce parce que ce genre de sujet a abondamment été traité au cinéma, en raison de la forme découpée ou de l’abondance des personnages secondaires, l’ensemble évoque les films français des années ’90 avec un charme particulier. Charlotte Salomon apparaît en narratrice de sa propre existence, tandis que son double, Charlotte Kann vit sur scène les étapes les plus marquantes de sa courte vie chahutée.</p>
<p>Le dispositif scénique imaginé par <strong>Johannes Schütz</strong> pour <strong>Luc Bondy</strong> consiste à morceler le très large espace scénique de la Felsenreitschule en une dizaine de petites pièces distinctes où vont se dérouler les différents épisodes de la vie de l’adolescente, et qui seront comme autant d’instantanés de sa mémoire lorsqu’exilée en France, elle retracera son bref passé. A de nombreuses reprises, Bondy illustre son propos en projetant sur le mur blanc les gouaches de Charlotte, offrant ainsi une double dimension à son personnage, à la fois adolescente en devenir confrontée au réel et artiste accomplie. Le metteur en scène excelle à rendre au plus juste les différentes facettes de ses personnages, à les faire évoluer avec fluidité, sans pathos excessif, et conduit le regard du spectateur à considérer le livret du point de vue d’une adolescente sans préjugés mais sans réelle prise sur les événements, pour qui tout est neuf. C’est la mise en scène qui donne sa cohérence et son unité de ton au spectacle.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/hires-charlotte_salomon_ensemble_c_ruth_walz03.jpg?itok=bVfIgDmE" title="© Ruth Walz" width="468" /><br />
	© Ruth Walz</p>
<p><strong>Marc-André Dalbavie</strong> n’est pas un novice à l’opéra. On se souviendra de son <em>Gesualdo</em>, créé à Zurich en 2010, ou de sa cantate <em>Seuils</em> pour soprano et orchestre, créée par Pierre Boulez et l’ensemble Intercontemporain, ici même à Salzbourg en 1994. Sa musique est composée de différents matériaux hétéroclites, auxquels le compositeur cherche à donner une unité de forme, sinon de style, et une vie propre. Parmi ces matériaux, on distingue de nombreuses et larges citations issues du grand répertoire, de la <em>Carmen </em>de Bizet aux lieder de Mahler, parfaitement assumées et partiellement justifiées par des éléments du livret (Pauline Bimbam, la belle-mère de Charlotte Kann est cantatrice), de très beaux passages de sa propre composition, le tout inclus dans une sorte de substrat sonore quasi continu, volontairement simpliste, de forme arioso joliment orchestré ; son <em>Gesualdo</em> était d’ailleurs composé sensiblement sur le même modèle. Malgré ses qualités intrinsèques, on ne peut pourtant pas dire que cette musique soit marquée d’une grande personnalité, c’est probablement son point faible. Elle contient même quelques longueurs, quelques redites et elle finit par s’épuiser dans de lents aplats sonores servant de support à la ligne du chant. Les ensembles vocaux sont peu nombreux, hormis les rares interventions des chœurs, et l’équilibre d’une distribution sans soprano – sans doute voulue pour affirmer une couleur sombre dictée par le livret – peine un peu à s’imposer.</p>
<p>Le casting vocal est pourtant très homogène, sans faiblesse. Dominant la distribution, la mezzo française <strong>Marianne Crebassa</strong> campe une jeune Charlotte Kann à la fois imaginative scéniquement et très solide vocalement, ménageant à son personnage ce qu’il faut de candeur et de grâce sans pour autant perdre de sa fougue ou de sa vitalité. Elle réussit ce défi souvent très difficile à relever d’incarner un personnage à peine sorti de l’enfance avec des moyens d’adulte, sans aucun ridicule. C’est l’excellent ténor canadien <strong>Frédéric Antoun</strong> qui lui donne la réplique dans le rôle de Daberlohn, à la fois maître de musique et séducteur un peu veule, image peu enthousiasmante de l’idéal masculin. Autre mezzo sans faille, <strong>Anaïk Morel</strong> incarne la belle mère, l’élément le moins névrotique de la famille, femme à la fois talentueuse et légère, aimant la vie et ses plaisirs. Le couple des grands-parents est incarné par <strong>Vincent Le Texier</strong> et <strong>Cornelia Kallisch</strong>, très crédibles tous les deux dans ces rôles un peu caricaturés. Parmi les seconds rôles, c’est <strong>Géraldine Chauvet</strong>, quatrième mezzo de la distribution, qui incarne la mère suicidée, tandis que <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, baryton français, prête sa voix au docteur Kann, son mari. Signalons encore l’excellente performance de  la comédienne <strong>Johanna Wokalek</strong> dans le rôle parlé, mais ô combien présent, de Charlotte Salomon, à la fois narratrice, commentatrice des événements de sa propre vie et dédoublement permanent du rôle principal.</p>
<p>Dans la fosse, face au compositeur, l’orchestre du mozarteum montre avec brio qu’il aborde le répertoire contemporain sans frilosité et fait assaut d’imagination pour donner à la partition tout le relief possible.</p>
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		<title>WAGNER, Die Walküre — Zurich</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-rendez-vous-manque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Schuwey]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Nov 2008 22:20:43 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après le très beau Rheingold récemment entendu dans ce même opéra de Zürich, nous attendions beaucoup de cette Walkyrie : la première journée du Ring est un trésor de virtualités. C’était sans compter sur une étrange baisse de qualité générale par rapport au précédent épisode. Le plateau vocal est en premier lieu beaucoup moins convaincant. &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>          Après le très beau <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=566&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=54">Rheingold</a> </em>récemment entendu dans ce même opéra de Zürich, nous attendions beaucoup de cette <em>Walkyrie </em>: la première journée du <em>Ring </em>est un trésor de virtualités. C’était sans compter sur une étrange baisse de qualité générale par rapport au précédent épisode.</p>
<p>Le plateau vocal est en premier lieu beaucoup moins convaincant. Le Wotan de <strong>Egils Silins</strong>, que nous avions fort apprécié dans <em>Rheingold</em>, se trouve ici en difficulté. Trop souvent, la voix est forcée, et les graves, faibles, passent à peine l’orchestre; dans “Die Augen Leuchtendes Paar”, la ligne de chant est inexistante et les attaques tendues. Fricka (<strong>Cornelia Kallisch</strong>) aura été la très bonne surprise de la soirée: plus à l’aide que dans <em>Rheingold</em>, elle nous offre un son maîtrisé et beaucoup plus souple. <strong>Janice Baird</strong>, annoncée souffrante, campe une assez belle Brünnhilde. Si la qualité de son cri de guerre se discute, la voix est d’une solidité absolue, agile, extrêmement timbrée. On regrette de sa part le manque de nuances, celles-ci n’apparaissant que timidement à la fin de l’oeuvre. Siegmund (<strong>Stuart Skelton</strong>) nous a davantage déconcerté : si la voix est très belle et plutôt riche, elle atteint rapidement ses limites : l’instrument perd beaucoup d’assise et de timbre dans le médium-aigu. Surtout, cela manque d’interprétation, et il est difficile de savoir quelle “détresse du héros” Brünnhilde prétend avoir entendue. Sieglinde (<strong>Martina Serafin</strong>) ne fait qu’une bouchée des difficultés de la partition, mais au prix d’aigus d’une dureté qui rappellent une Helga Dernesch des mauvais jours. Quand à <strong>Matti Salminem</strong>, qui incarne Hunding, on le retrouve, dans un rôle qu’il connaît comme sa poche, tout à fait égal à lui-même, à la fois dans ses attaques gutturales, et dans sa voix immense.</p>
<p>L’orchestre, de même que tout le reste du spectacle, est lui aussi inégal. Absolument sublime dans le premier acte, où les cordes se surpassent dans le leitmotiv de l’amour des deux jumeaux, il est, par exemple, beaucoup moins convaincant dans la chevauchée, ne prenant son envol qu’à la toute fin de celle-ci. Mais surtout, les cors, qui se sont déjà malheureusement fait remarquer dans <em>Rheingold</em>, auront su à nouveau additionner des couacs bien sonores. Compte tenu de la précision des cordes et des bois, on aura peine à incriminer la direction de Philippe Jordan, d’ailleurs globalement toujours aussi brillante et impressionnante. </p>
<p>Mais c’est surtout la mise en scène de <strong>Robert Wilson</strong> qui aura plongé cette <em>Walkyrie</em> dans la médiocrité. Si quelques très bonnes idées se retrouvent ici et là, c’est la pauvreté, et un certain ridicule, qui la composent trop souvent. Nous ne remettons pas en cause le premier acte, globalement assez réussi, poétique, malgré quelques détails un peu étranges: on pense à l’attitude de Siegfried, qui n’a rien de l’homme pourchassé ou épuisé, ou à la forme de l’épée, qui évoque plutôt un parapluie. C’est dès le deuxième acte que les choses se gâtent, et où la limite entre dépouillement et pauvreté est franchie. Le décor se résume à la couleur projetée en fond de scène, comme pour <em>Rheingold</em>, et à diverses strates noires, signalant la montagne, d’où peuvent sortir des panneaux inclinables. Et c’est à peu près tout ce qu’il y a à dire d’un point de vue scénique sur ces deux actes ! Wotan et Fricka ne font que changer tour à tour de place, Wotan et Brünnhilde discutent à moitié couchés, sans que cela ne parvienne à créer l’effet poétique recherché (le père et sa fille contemplant les cieux), Siegmund et Siegline fuient au ralenti, Brunnhilde et Siegfried conversent, immobiles, et enfin, le combat, semi-figuratif, n’est ni palpitant, ni profond. On craint pour l’acte suivant, et on a bien raison : la chevauchée tourne au ridicule. Les Walkyries entrent sur scène d’un pas hésitant, hors de tout propos, et semblent se demander qui a eu la méchante idée de les mettre ici. Le feu nuptial, quant à lui, est fait de trois petites flammèches risibles, le tout, sur un étrange fond blanc et bleu. Qu’est-il donc arrivé aux belles promesses que laissait entrevoir <em>Rheingold </em>? Il nous semble que Wilson a manqué d’audace &#8211; ou d’idées &#8211; et qu’il a tenté quelque chose entre le stylisé et le figuratif, héritant au final des défauts des deux sans en retirer des qualités. Les costumes sont pourtant magnifiques, et les quelques sublimes moments de la mise en scène, comme la seule lumière sur les deux mains réunies des jumeaux, ou le rouge ardent qui noie la scène lorsque Brünnhilde reçoit l’ordre d’abandonner Siegmund, laissent rêveurs quant à ce qu’aurait pu être ce spectacle.</p>
<p>On ressort relativement frustré de cette <em>Walkyrie</em>, qui ne convainc sur aucun plan. Ni souffle épique, ni profonde introspection, rien qu’un spectacle qui semble manquer de véritables idées, de ferveur et de beauté. Et lorsqu’une mise en scène misant sur l’esthétique n’est même plus belle, que lui reste-t-il? </p>
<p> </p>
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