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	<title>Murat KARAHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Murat KARAHAN - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Murat Karahan, le ténor favori du public italien</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/murat-karahan-le-tenor-favori-du-public-italien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 09 Aug 2025 03:25:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Encore peu connu de ce côté des Alpes, Murat Karahan a reçu le Cigno del Garda Prize le 1er août dans le cadre du Garda Festival,  à l’occasion du gala célébrant le 90e anniversaire de la naissance de Luciano Pavarotti. Très applaudi pour son récital en hommage au maestro de Modène, le ténor turc que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Encore peu connu de ce côté des Alpes, <strong>Murat Karahan</strong> a reçu le Cigno del Garda Prize le 1er août dans le cadre du Garda Festival,  à l’occasion du gala célébrant le 90e anniversaire de la naissance de Luciano Pavarotti.</p>
<p>Très applaudi pour son récital en hommage au maestro de Modène, le ténor turc que la presse décrit comme « le favori du public italien », a accepté un prix qui, selon ses mots, célèbre « [son] lien particulier avec l’Italie et la région de Vérone. »</p>
<p>Formé à Ankara et à l’Académie Sainte-Cécile de Rome, Murat Karahan a déjà chanté sur quelques-unes des plus grandes scènes, de Berlin à Vérone. Son répertoire couvre les grands rôles de Verdi, Puccini ou Mascagni, qu’il incarne avec puissance et intensité. Il a également dirigé l’Opéra et le Ballet d’État de Turquie de 2018 à 2023. En 2021, l’Italie l’avait déjà honoré de l’Ordre du Mérite pour sa contribution à l’art lyrique.</p>
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		<title>PUCCINI, Manon Lescaut — Moscou (Bolchoï)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-moscou-bolchoi-presque-exauce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Max Yvetot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Dec 2019 22:33:49 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Satisfait du succès que Manon Lescaut a remporté dès sa création, Puccini aurait néanmoins aimé quelque temps plus tard renforcer la cohérence dramatique de son opéra en y ajoutant un acte supplémentaire, dans lequel l’amour des deux jeunes amants se serait épanché de façon plus insouciante. La mise en scène d’Adolf Shapiro, créée en 2016 &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p dir="ltr">Satisfait du succès que <em>Manon Lescaut </em>a remporté dès sa création, Puccini aurait néanmoins aimé quelque temps plus tard renforcer la cohérence dramatique de son opéra en y ajoutant un acte supplémentaire, dans lequel l’amour des deux jeunes amants se serait épanché de façon plus insouciante. La mise en scène d’<strong>Adolf Shapiro</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/breve/manon-lescaut-par-netrebko-eyvazov-ce-soir-en-streaming">créée en 2016 avec Anna Netrebko et son mari Yusif Eyvazov</a> dans les rôles principaux, comble en partie cette lacune en ajoutant de longues lettres entre les différents actes, qui permettent d’expliciter les transports et les tourments des personnages. L’ellipse narrative entre l’évasion des amants et la langueur de Manon dans les appartements de Géronte est ainsi comblée, comme plus tard l’arrivée des deux amants au milieu du désert américain, hagards, après leur départ du Havre pour la Louisiane. </p>
<p dir="ltr">La mise en scène apporte également une certaine fraîcheur juvénile à l’œuvre, que Puccini voulait si tragique que les amants peuvent paraître plus âgés qu’ils ne le sont dans le roman de l’abbé Prévost. Lors de leur première rencontre, au coin d’une maquette de ville inclinée qui évoque aussi bien l’animation d’une taverne que l’enthousiasme de la jeunesse, Manon tient une petite poupée à la main, soulignant son caractère joueur. La poupée est devenue démesurée dans les appartements de Géronte, elle écrase la scène, à l’image du luxe dans lequel Manon se prélasse. Il semblait d’autant plus opportun de rajeunir l’héroïne que l’interprétation de <strong>Maria Lobanova</strong> met davantage l’accent sur la souffrance et la mélancolie de Manon. Puissante, incarnée, sa jolie voix arbore néanmoins un grain tourmenté, légèrement fébrile. On retiendra avant tout ses roucoulements en cascade dans les crescendi des duos amoureux, notamment au deuxième acte. </p>
<p dir="ltr">A côté de la poupée géante, un miroir ovale, lui aussi gigantesque, laisse apparaître Des Grieux qui erre, désespéré, dans les rues de cette ville où étaient si récemment nées leurs amours. Mais, contrairement à Manon, nul besoin de souligner la jeunesse de Des Grieux avec le timbre clair et la voix claironnante de <strong>Murat Karahan</strong> ! Très entier dans son jeu, de la passion foudroyante du premier acte à la fureur jalouse du deuxième, on regrette seulement que sa voix ne porte pas davantage, et ne franchisse pas plus franchement le mur de l’orchestre. Noyé pendant les tutti, il s’illustre surtout lors des quelques passages a cappella, par exemple à la fin du premier acte, quand les amants prennent la clef des champs. </p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="320" src="/sites/default/files/styles/large/public/poupee_acte_2.jpg?itok=hlwsq5wt" title="Anna Netrebko (Manon Lescaut) © Damir Yusupov, Théâtre Bolchoï" width="468" /><br />
	Anna Netrebko, Manon Lescaut en 2016 © Damir Yusupov, Théâtre Bolchoï</p>
<p dir="ltr">La conduite de la cheffe d’orchestre <strong>Kery-Lynn Wilson </strong>est précise, mais par moments si emportée que l’orchestre devient tonitruant, au point de couvrir certaines voix. Dans l’ensemble, le rythme insufflé est virevoltant, comme si l’orchestre cherchait à illustrer la fougue des jeunes amants sans s’appesantir sur son caractère dramatique. Le metteur en scène profite même de l’appel des prisonnières au troisième acte pour introduire une pointe d’humour, absent du livret : grimpent successivement d’une trappe une bodybuildée, une acrobate, un homme-princesse, une naine, une géante et un travesti ! Mais les rares touches de couleurs disparaissent définitivement, les héros se traînent vêtus de noir dans un désert aveuglant de blanc. </p>
<p dir="ltr">Basse sonore au jeu empreint de dignité, aussi grave vocalement que scéniquement, <strong>Vyacheslav Pochapsky</strong> se glisse avec brio dans la peau de Géronte. Moins remarquable peut-être, le Lescaut d’<strong>Alberto Gazale </strong>est néanmoins chanté avec assurance, et son duo avec Manon au deuxième acte est convaincant. </p>
<p dir="ltr">A en juger par les applaudissements qui retentissent, le public est en effet convaincu. On se demande même si à l’acclamation des artistes ne se mêle pas chez certains un désir d’identification au personnage de Manon, paradoxalement exigeante et dévouée, friande de luxe et si irrésistiblement passionnée. </p>
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		<title>GIORDANO, Siberia — Montpellier (Festival)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/siberia-giordano-montpellier-festival-un-authentique-chef-doeuvre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jul 2017 03:07:25 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Révolution d’Octobre fermente déjà, et le bagne de Sibérie hante les esprits, qui sera suivi du monstrueux goulag. Certes cette thématique était ancienne, mais jamais, en si peu de temps, les lettres et l’opéra n’en auront tant parlé. Précédant d’un an Risurrezione,  d’Alfano, d’après Tolstoï, nous voilà à Saint-Pétersbourg, puis, aussi, en route pour &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Révolution d’Octobre fermente déjà, et le bagne de Sibérie hante les esprits, qui sera suivi du monstrueux goulag. Certes cette thématique était ancienne, mais jamais, en si peu de temps, les lettres et l’opéra n’en auront tant parlé. Précédant d’un an <em>Risurrezione</em>,  d’Alfano, d’après Tolstoï, nous voilà à Saint-Pétersbourg, puis, aussi, en route pour le bagne de Sibérie.</p>
<p>La captivité, suivie ou non de libération, fait partie de l’univers lyrique, et l’on aurait peine à recenser tous les ouvrages qui l’illustrent. Le tournant du XXe siècle en marque certainement un des sommets. Giordano, le dernier des grands véristes, n’est plus guère connu qu’à travers <em>Andrea Chénier</em> et <em>Fedora</em>, dont la veine mélodique, l’instinct dramatique participent d’une même réussite. <em>Madame Sans-Gêne</em> avait été ressuscitée, ici même, en 2013. C’est le tour de <em>Siberia</em>. L’an passé, à ce même festival, le travail de conviction – séduction – de Jean-Pierre Rousseau nous avait valu une extraordinaire <em>Iris</em>, de Mascagni, par Sonya Yoncheva, accompagnée par Domingo Hindoyan. Ces derniers avaient promis leur retour à un public enthousiaste. C’est maintenant chose faite.</p>
<p><em>Siberia</em> était tombé dans un injuste oubli dont on recherche en vain les causes. Le discrédit qui pesa longtemps sur le vérisme, la concurrence de l’ouvrage d’Alfano, qui s’abreuve à la même source ? Le livret, signé Luigi Illica, se situe au meilleur niveau, la musique, d’une écriture plus riche et soignée que jamais, fait preuve d’une invention renouvelée, d’une rare vocalité. En dehors de deux enregistrements anciens et médiocres, seuls quelques airs, gravés par les plus grandes cantatrices, permettaient de se faire une opinion.</p>
<p>Dans la première moitié du XIXe siècle, à Saint-Pétersbourg, puis sur la route du bagne, enfin au camp de travaux forcés, Stephana, convoitée par tous, est la figure centrale. Séduite puis prostituée par son amant, Gléby, elle trouvera la rédemption dans son amour pour Alexis, jeune officier, meurtrier du Prince, son rival. Déporté au bagne, le coupable y est rejoint par Stephana. Tous deux seront unis dans la mort après une tentative d’évasion, initiée et dénoncée par Gléby. Le plus russe des opéras italiens emprunte une large part de son matériau thématique à la tradition, tant orthodoxe que populaire. Ainsi le chœur d’ouverture, ainsi le célébrissime <em>Chant des bateliers de la Volga</em> qui traverse l’ouvrage, ainsi le <em>Slava</em>, familier de Beethoven, Moussorgsky et Rimsky-Korsakov… une bonne demi-douzaine de motifs ont été identifiés, qui localisent parfaitement l’ouvrage. La scène de Pâques de l’acte trois fait entendre un ensemble de balalaïkas, où l’auditeur reconnaît un thème de l’<em>Ouverture 1812</em>, de Tchaïkovsky. L’unité musicale réside également dans l’usage d’un motif récurrent, présenté dans le prélude de l’acte 2, que l’on retrouve dans l’air suivant de Vassili « Orride steppe ! ».</p>
<p>Pour tous les interprètes, c’est une prise de rôle, et il est d’autant plus méritoire d’aboutir ainsi à une vérité dramatique sans la moindre faille. Les ensembles (le quatuor avec chœur de la <em>Mattinata</em> du premier acte, tout le second acte) y sont splendides. Les chœurs, habilement répartis (chœur orthodoxe, chœur de femmes du bagne, spectaculaires chœurs mixtes), directement mêlés à l’action, sont de belle facture et participent à l’émotion. Quant à l’orchestre, de la plus ténue des irisations (le blé qui ondoie) aux effluves capiteuses ou aux progressions paroxystiques, ses couleurs témoignent d’une science aboutie de l’orchestration.</p>
<p>Comme il se doit, <strong>Sonya Yoncheva</strong> domine la distribution. Elle est la plus belle des Stephana, héroïne attachante et courageuse. Toutes ses qualités sont réunies pour lui donner cette vérité psychologique, cette humanité qui nous émeuvent. La plénitude de cette voix longue aux aigus aériens, son timbre chatoyant,  onctueux et sensuel emportent tous les suffrages.  De son premier air « Se un pensier tortura la mia mente » jusqu’au duo final où elle expire dans les bras de Vassili, chacun est suspendu à son chant, idéal. Vassili est incarné par <strong>Murat Karahan</strong>, un ténor turc que l’on entend rarement en France. Son chant, stylé, traduit à merveille les sentiments et les émotions du personnage. La tessiture est large et la voix sonore, bien projetée, aux aigus faciles, même si le medium peut paraître parfois en-deçà. « T’incontrai per via » a les accents d’une passion sincère  qui ne se démentira pas. Retenons particulièrement le « Orride steppe » du deuxième acte comme digne de figurer dans les anthologies.   </p>
<p>Malgré la répulsion que suscite le personnage de Gleby , le souteneur  (« Quest’ orgoglio non a noi »), son attachement dominateur, mais vrai, à Stephana, nous inspire de la compassion. <strong>Gabriele Viviani</strong>, baryton bien connu, lui donne toute l’autorité voulue de sa voix puissante, qui sait se faire tendre. C’est au dernier acte (« È un segreto ») dans son dialogue avec Stephana que sa passion force notre conviction. Des rôles suivants, retenons la Fanciulla d’<strong>Anaïs Constans</strong>, dont la trop brève intervention nous confirme les moyens, plus proches qu’on ne l’imaginait de ceux de la diva de ce soir. Nikona est chantée par <strong>Catherine Carby</strong>. Les couleurs sont belles mais la voix est parfois en retrait. <strong>Riccardo Fassi</strong>, appelé à remplacer Jean Teitgen, est une basse solide, impérieuse, parfaite pour les trois personnages secondaires qu’il incarne. <strong>Marin Yonchev</strong>  comme <strong>Alvaro Zambrano</strong> remplissent très honnêtement leur contrat.</p>
<p>L’orchestre national Montpellier Occitanie, en très grande formation, somptueux,  est pleinement engagé dans cette aventure. <strong>Domingo Hindoyan</strong> anime ses troupes et impose les tempi justes, comme les nuances. Cependant, la précision fait parfois défaut, qu’il s’agisse du chœur ou de l’orchestre. Une battue symétrique s’impose-t-elle là où il serait précieux d’imposer telle ou telle attaque ? On se plaît à imaginer ce que quelques répétitions supplémentaires et une direction plus exigeante auraient permis d’atteindre. Mais, ne boudons pas notre plaisir : l’ouvrage est un authentique chef d’œuvre, achevé, dense, concis, efficace, et on lui souhaite d’être repris dans de nombreuses salles, pour le plus grand bonheur de tous. La longueur et l&rsquo;ampleur des ovations de ce soir en témoignent.</p>
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