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	<title>Elbenita KATJAZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Elbenita KATJAZI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Carmen &#8211; Paris (Opéra-Comique)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-paris-opera-comique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Apr 2023 04:45:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après presque quinze ans d’absence, Carmen fait son retour sur la scène où elle a vu le jour, dans une nouvelle production d’Andreas Homoki qui a attiré la foule des grands soirs. C’est devant une salle comble que s’est déroulée la représentation. Les spectateurs, particulièrement attentifs n’ont pas manqué cependant d’être quelque peu déroutés par &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après presque quinze ans d’absence, <em>Carmen </em>fait son retour sur la scène où elle a vu le jour, dans une nouvelle production d’<strong>Andreas Homoki</strong> qui a attiré la foule des grands soirs. C’est devant une salle comble que s’est déroulée la représentation. Les spectateurs, particulièrement attentifs n’ont pas manqué cependant d’être quelque peu déroutés par certains partis pris du metteur en scène allemand qui a joué la carte du minimalisme et de l’épure. Rien, hormis le costume de Carmen au premier acte et, bien sûr, l’habit de lumière d’Escamillo, n’indique que l’action se situe en Espagne. Au lever du rideau, les soldats ressemblent à des bourgeois de la fin du dix-neuvième siècle, les hommes en tenue de soirée, portent des chapeaux haut-de-forme et les femmes d’élégantes robes à tournure. A l’acte III, les costumes évoquent les années 40 et à l’acte IV, les <em>sixties</em>. Il n’y a pour seuls décors que des rideaux qui se superposent, rouges et imposants au premier acte, gris chez Lillas Pastia, bleu nuit et scintillants pour la scène finale. Peu d’accessoires également, des chaises noires au début et un empilement de ballots de marchandises dans le repaire des contrebandiers. Manque de moyens ou volonté de faire table rase du moindre aspect folklorique ? Au début du dernier acte, la foule regarde et commente le défilé des banderilleros, des picadors et des toreros sur l’écran d’une vieille télévision cathodique posée à l’avant-scène, dos au public. Les éclairages de Franck Evin soulignent l’action de façon pertinente. Certains chanteurs interprètent leurs airs dans le halo d’une poursuite qui les isole des autres protagonistes. A la fin de chaque tableau, les personnages se regroupent dans une position figée comme s’ils posaient pour une photo.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-Carmen-DR-Stefan-Brion-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-129998"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Stefan Brion</sup></figcaption></figure>


<p>Saluons l’homogénéité de la distribution et l’impeccable diction de l’ensemble des interprètes qui évite au spectateur d’avoir recours aux sous-titres. Tous les seconds rôles sont bien servis. Le Dancaïre et le Remendado de <strong>Matthieu Walendzik</strong> et <strong>Paco Garcia</strong> sont impeccables et contribuent à la réussite du quintette «&nbsp;Nous avons en tête une affaire&nbsp;» aux côtés <strong>Norma Nahoun</strong> et <strong>Alienor Feix</strong> dont les voix sonores et bien projetées font également merveille dans le trio des cartes, particulièrement captivant. La voix solide au timbre coloré de <strong>Jean-Christophe Lanièce </strong>séduit dès le lever du rideau tout comme le timbre de bronze de <strong>François Lis</strong>. <strong>Elbenita</strong> <strong>Katjazi</strong> campe une Micaela volontaire et délurée qui n’hésite pas à embrasser Don José à bouche que veux-tu à la fin de leur duo. La soprano kosovare effectue des débuts particulièrement remarqués à l’Opéra-Comique. Son air «&nbsp;Je dis que rien ne m’épouvante&nbsp;», interprété avec une grande sensibilité et une voix limpide aux aigus rayonnants lui a valu une salve d’applaudissements de la part du public. <strong>Jean-Fernand Setti</strong> possède une voix de stentor qui sied au personnage viril et fat d’Escamillo. Il chante son grand air avec une facilité confondante sur toute la tessiture et s’autorise même quelques nuances dans le second couplet. Jetons un voile pudique sur la prestation de <strong>Frédéric Antoun</strong> dont on nous a annoncé à l’issue de l’entracte qu’il était souffrant mais qu’il tenait tout de même à assurer la représentation jusqu&rsquo;au bout. La Carmen de <strong>Gaëlle Arquez</strong> est désormais bien connue du public parisien qui a pu l’applaudir dans ce rôle à l’Opéra Bastille à l’automne dernier. Dans l’écrin plus petit de la salle Favart, sa voix délicatement cuivrée s’épanouit sans effort et la cantatrice peut peaufiner son personnage avec une infinité de nuances. De plus la mezzo-soprano se meut sur le plateau avec l’aisance d’un félin. Sa Carmen, amoureuse et fataliste, ne manque ni d’autorité ni de sensualité notamment dans la scène de la danse où elle se livre à un effeuillage lascif de Don José. Une incarnation aboutie qui lui vaut un triomphe au rideau final.</p>
<p>Au pupitre, Long Yu à la tête de l’Orchestre Symphonique de Shangaï initialement prévu mais empêché pour cause de pandémie a été remplacé par <strong>Louis Langrée</strong> qui dirige l’orchestre des Champs-Élysées avec une énergie revigorante dès l’ouverture particulièrement enlevée et des tempos contrastés comme en témoigne sa superbe habanera au rythme languissant, particulièrement envoûtant. L’actuel directeur de la maison se plait à souligner chaque détail de la partition luxuriante de Bizet. Une grande réussite. Le Chœur Accentus et la Maîtrise Populaire de l’Opéra-Comique ne sont pas en reste. La version choisie est celle de la création, sans les récitatifs de Guiraud, avec des dialogues réduits mais suffisants pour ne pas nuire à la compréhension de l’intrigue. On aura noté ici ou là quelques menues coupures, notamment le second couplet du duo entre José et Escamillo qui rend absconse la réplique du toréador « Nous sommes manche à manche et nous jouerons la belle le jour où tu voudras ».</p>
<p>Ce spectacle sera diffusé sur Arte Concert à partir du 21 juin.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-paris-opera-comique/">BIZET, Carmen &#8211; Paris (Opéra-Comique)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>VERDI, La traviata — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-bordeaux-la-violetta-des-anges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Claude Meymerit]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Sep 2020 07:47:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Distanciation sociale oblige, en l’espace de quelques semaines, Pierre Rambert s’est vu obligé de modifier à Bordeaux toute sa mise en scène de La traviata présentée il y a deux ans au Capitole de Toulouse. Les représentations étaient prévues à l’origine sur la scène du Grand Théâtre pour l’ouverture de la saison lyrique 2020-2021. Ce &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Distanciation sociale oblige, en l’espace de quelques semaines, <strong>Pierre Rambert</strong> s’est vu obligé de modifier à Bordeaux toute sa mise en scène de <em>La traviata</em> présentée il y a deux ans au Capitole de Toulouse. Les représentations étaient prévues à l’origine sur la scène du Grand Théâtre pour l’ouverture de la saison lyrique 2020-2021. Ce cadre était idéal pour la vison chatoyante et fastueuse de l’œuvre imaginée par le metteur en scène. Hélas les conditions sanitaires strictes actuelles en ont décidé autrement. Toutes les équipes artistiques et techniques ont dû à regret quitter le luxe doré de la salle du Grand Théâtre pour investir celle de l’Auditorium plus ingrate et pas du tout adaptée à l’installation des décors et de la machinerie. Seuls quelques meubles, des tentures et surtout les surprenants costumes de <strong>Franck Sorbier</strong> ont pris place dans les malles du déménagement. Par des changements de couleurs de tentures à chaque acte, par des interventions répétées d’un couple de danseurs-figurants-machinistes, par de nombreux va-et-vient sur le plateau tenant compte des distances, Pierre Rambert a souhaité recentrer l’ensemble de l’ouvrage sur l’essentiel du drame. Comme autour d’une arène, les artistes du Chœur, tous vêtus de noir et très espacés les uns des autres, ont été positionnés sur les gradins derrière l’espace scénique dans une pénombre invitant le public à se concentrer uniquement sur les protagonistes. Toujours très bien dirigées par Salvatore Caputo, les voix survolent le plateau central comme un voilage musical, c’est très astucieux.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/trav2_1.jpg?itok=8LeYKAfe" title="Elbenita Kajtazi (Violetta), Kevin Amiel (Alfredo) ©  Eric Bouloumie" width="468" /><br />
	Elbenita Kajtazi (Violetta), Kevin Amiel (Alfredo) ©  Eric Bouloumie</p>
<p><strong>Elbenita Kajtazi</strong> dans Violetta est la découverte de la soirée. Les divers registres vocaux que demande la partition pour le rôle, sont ici réunis dans des lignes de chant imbibées de grande pureté, de beauté et surtout de jeunesse. Le portrait est celui d’une femme du monde soumise et dévoyée malgré elle, passionnément amoureuse, qui à la demande pressante du père Germont se métamorphose sous les yeux d’un public ému en une femme effondrée, meurtrie et physiquement perdue. Cette fragilité physique se retrouve dans chacune de ses intonations vocales. Timbre envoûtant, aigus percutants, son grand air avec les notes finales éclatantes et tenues est un moment rare. Au dernier acte, nous la retrouvons diminuée, tremblotante, les bras disloqués, mais à la voix toujours aussi belle aux accents chauds et engagés. Debout sur son lit de mort, les bras tendus vers le ciel, la courtisane déchue laisse tomber à ses pieds une fleur fanée de camélia rouge, symbole de sa vie tumultueuse, avant de s’éteindre à tout jamais. Le jeu et la voix de cette grande chanteuse et comédienne, suscite de vives émotions. Nous avons découvert une immense Violetta. </p>
<p>À ses côtés, l’Alfredo de <strong>Kévin Amiel</strong> paraît moins à l’aise. À la peine dans certains passages, le ténor en estompe quelques colorations vocales. Est-ce l’effet du trac ou d’une fatigue passagère ? Par contre, son air du II avec dans la cabalette des notes finales tenues avec assurance s’avère digne d’éloge. Germont père, malgré le très beau chant d’<strong>Antony Clark Evans</strong>, aux sonorités profondes et puissantes ne montre que trop rarement ses sentiments autoritaires et paternels, surtout dans le duo un peu distant avec son fils. Il semblerait que le baryton se soit blessé à la jambe, ce qui lui impose de s’asseoir assez souvent et de marcher avec une canne. Ces contraintes ne sont pas toujours adaptées aux exigences scéniques du rôle. </p>
<p>Parmi les deutéragonistes, Annina devient dans cette production un rôle visible défendu avec beaucoup de panache par la talentueuse<strong> Julie Pasturaud</strong>. <strong>Paul Daniel </strong>à la tête de l’Orchestre National Bordeaux Aquitaine dirige somptueusement cette <em>Traviata</em> comme un grand opéra avec des appuis prononcés, des ralentis et toute l’énergie demandée pour un ouvrage de Verdi.</p>
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