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	<title>Mlada KHUDOLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Mlada KHUDOLEY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>PUCCINI, Turandot — Bregenz</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jul 2015 06:08:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant la direction artistique de David Pountney (2003-2014), il nous a été donné de voir au Festival de Bregenz des spectacles confondants d’intelligence, de créativité et d’originalité. La succession est certainement très difficile à assumer, car toutes les équipes s’ingéniaient année après année à atteindre un niveau chaque fois supérieur. Elisabeth Sobotka, qui l’a remplacé &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant la direction artistique de David Pountney (2003-2014), il nous a été donné de voir au Festival de Bregenz des spectacles confondants d’intelligence, de créativité et d’originalité. La succession est certainement très difficile à assumer, car toutes les équipes s’ingéniaient année après année à atteindre un niveau chaque fois supérieur. Elisabeth Sobotka, qui l’a remplacé en janvier dernier bardée de diplômes de management,  va-t-elle réussir à faire mieux, et à insuffler à ses troupes un feu sacré aussi brûlant ? On ne la jugera pas sur ce seul premier spectacle, mais ce <em>Turandot</em> d’entre-deux-règnes est bien décevant.</p>
<p>Le spectacle donne en effet une impression à la fois de déjà vu et d’inaboutissement. Déjà vus, la tournette centrale, ou encore le bateau à la Disney qui suit immuablement ses rails. Inachèvement, car aucune idée (et il n’y en a déjà pas beaucoup) n’est vraiment poussée à terme, et tout semble terne, au point que le public peine à applaudir. Car la recette suivie est trop simple, pour ne pas dire simpliste : un décor gigantesque évoquant la Grande Muraille, sorte de dragon sortant de l’eau dont il manquerait la tête, une tournette avec un immense écran led dont on n’a nullement tiré tous les profits imaginables, des soldats de béton et de résine inspirés de ceux, d’argile, de l’Empereur Qin, d’autres bien vivants évoquant l’armée populaire de Mao. Car la Chine est, pour le monde occidental, un réservoir inépuisable d’ingrédients folkloriques dont on trouve ici sans ordre ni mesure tout le catalogue (caractères chinois, dragons luminescents, lampions, jonque, supplices raffinés, arts martiaux, danses avec rubans, etc.).</p>
<p>La mise en scène de <strong>Marco Arturo Marelli</strong> reste tout aussi fade et plate que son décor, où les solistes paraissent laissés à eux-mêmes à jouer leur rôle de manière purement traditionnelle. Aucun de ces grands effets qu’appelle le théâtre de plein air ne sont présents, et le seul vrai moment spectaculaire, l’effondrement de la partie centrale de la muraille aux premiers accords de l’orchestre, offre une seule seconde de frisson qui demande chaque jour des heures de préparation ! Et que dire de la séance finale d’arrosage, là où un vrai feu d’artifice chinois aurait été mieux venu ? Car tout le spectacle est ainsi truffé de bonnes et de mauvaises idées. Excellente idée, le macabre musée genre Dupuytren où Ping, Pang et Pong gèrent les bocaux de formol contenant la collection de têtes des prétendants de la princesse Turandot. Mais à l’inverse, que vient faire ce Puccini mourant d’un cancer de la gorge interprété par le personnage de Calaf ? Celui-ci passe ainsi sans cesse d’une chambre d’hôpital moderne à la Chine ancestrale, et finit même par se retrouver à la fin avec Turandot sur un lit médicalisé ! Et comment comprendre ces personnages habillés de noir, avec des masques cauchemardesques entre Egon Schiele et Tadeusz Kantor ? Colonialisme des comptoirs occidentaux écrasant le monde chinois traditionnel ?</p>
<p>La distribution de la première, filmée pour la télévision et donc censée être la meilleure de celles présentées cet été, regroupe des figures montantes du chant international. La cantatrice russe <strong>Mlada Khudoley</strong> a certainement la voix pour le rôle, même si la caractérisation musicale n’est pas très évidente (chanter la semaine dernière <a href="http://www.forumopera.com/les-troyens-baden-baden-anna-ma-soeur-anna">Cassandre à Baden-Baden</a> est-il vraiment sérieux et professionnel ?). Surtout, elle interprète une Turandot pas royale pour deux yens, que la routine des épreuves semble à la fois énerver et lasser, ce qui se traduit par une perpétuelle agitation un peu à l’antithèse du personnage. La voix est puissante, mais commence à bouger un peu, ce qui n’a rien de surprenant à voir la liste des rôles qu’elle aborde à un rythme effréné à travers le monde. Une fois de plus, choix contraint entre carrière rapide et brillante et longévité vocale ? <strong>Riccardo Massi</strong>, dont on suit depuis quelques années <a href="/spectacle/comme-a-lopera-grace-a-noseda">la progression</a> assume correctement le rôle de Calaf-Puccini, mais embrouillé dans cette double – inutile et même ennuyeuse personnification – ne parvient pas à séduire véritablement le public. La voix est pourtant intéressante, et ses duos avec Turandot bien équilibrés. Enfin, la soprano chinoise <strong>Guanqun Yu</strong> confirme les espoirs mis en elle lors du Belvedere en 2008 puis d&rsquo;Opéralia en 2012 dont elle avait été lauréate : belle voix, technique imparable et jeu scénique convainquant, elle est certainement la vraie triomphatrice de la soirée.</p>
<p>Les autres rôles sont correctement tenus, au niveau de qualité d’un théâtre de répertoire. Quant à la direction de <strong>Paolo Carignani</strong>, chef dont on suit également avec intérêt la carrière internationale, elle paraît un rien trop sage là où l’on aurait aimé des respirations et des éclats plus inspirés.</p>
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		<title>BERLIOZ, Les Troyens — Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-troyens-baden-baden-anna-ma-soeur-anna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jul 2015 05:57:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour terminer en beauté le Festival d’été du Festspielhaus de Baden-Baden où Valery Gergiev et la troupe du Mariinsky étaient les invités d’honneur avec notamment La Dame de Pique, une version concertante des Troyens est proposée ce dimanche d’avant-14 juillet dans l’immense salle badoise. Hélas, les 2500 sièges disponibles ont été bien loin du taux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour terminer en beauté le Festival d’été du Festspielhaus de Baden-Baden où Valery Gergiev et la troupe du Mariinsky étaient les invités d’honneur avec notamment <a href="/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante"><em>La</em> <em>Dame de Pique</em></a>, une version concertante des <em>Troyens </em>est proposée ce dimanche d’avant-14 juillet dans l’immense salle badoise. Hélas, les 2500 sièges disponibles ont été bien loin du taux de remplissage maximum et c’est un public, disons clairsemé, qui a applaudi le grand œuvre de Berlioz. Mais quand quelques centaines de personnes à peine battent des mains dans une salle surdimensionnée, cela donne un résultat bien faiblement sonore. On imagine la fureur du compositeur s’il avait été présent. Pourtant, en 1859, on interprétait déjà quelques airs de l’opéra à Baden-Baden et la programmation de Berlioz dans cette ville qui lui a été si proche fait évidemment sens. Le désamour des Français pour leur Hector national s’étend-il à l’Allemagne ? Heureusement non, à en croire le succès de la récente <a href="http://www.forumopera.com/la-damnation-de-faust-baden-baden-infinie-jouissance"><em>Damnation de Faust</em></a> également donnée en version de concert ici-même en mars dernier. Et la présence du Mariinsky devrait à elle seule remplir la salle. Alors, pourquoi ne voit-on aujourd’hui rien (ou presque) venir ? La faute aux prix élevés pratiqués par le théâtre ? La crise ? Pourtant, ce ne sont pas les grosses cylindrées qui manquent dans le vaste parking souterrain. Peut-être les Badois ont-ils préféré la manifestation consacrée aux voitures anciennes proposée en même temps… Ou alors se sont-ils méfiés de Russes qui chantent en français. Et là, on ne peut pas complètement leur donner tort, car si l’orchestre nous a comblé dans un travail proche de la perfection, la diction n’a pas toujours été impeccable, loin de là, à tel point que les surtitres tant allemands qu’anglais n’ont pas été inutiles par moments.</p>
<p>Comme pour la première soirée de ce festival où les surtitres ont hésité quelques minutes avant de s’afficher correctement, l’affichage a quelquefois été récalcitrant, mais il s’agit là de broutilles. De plus, comme pour <a href="http://www.forumopera.com/la-dame-de-pique-baden-baden-chateau-de-cartes-hante"><em>La Dame de pique</em></a>, un artiste malade a été remplacé en dernière minute. Ainsi, à la place de Sergei Semishkur, c’est <strong>Viktor Liutsuk </strong>qui a interprété le rôle d’Énée. Sa prononciation du français est assez épouvantable et le rôle bien lourd pour quelqu’un dont on a l’impression qu’il est constamment dans ses derniers retranchements. Le ténor a du mal à contrôler sa voix qui dégage quelque chose d’étriqué notamment dans les aigus, ce qui va à l’encontre du personnage héroïque qu’il devrait incarner, et gâche en partie son duo d’amour avec Didon. Cette dernière est merveilleusement incarnée par <strong>Ekaterina Semenchuk</strong>. Dès son premier récitatif, on reste pantoise devant l’autorité qu’elle dégage (et rassurée par sa maîtrise du français). Voilà une meneuse d’hommes qui a tout d’une reine. Autoritaire et rayonnante, sa voix correspond à l’image qu’elle donne. Toute de noire vêtue comme tout le monde sur scène, elle apparaît néanmoins au dernier acte dans une flamboyante robe écarlate : que de sensualité, de passion, de fureur puis de désespoir vont se succéder alors, avec une technique impressionnante et une beauté du timbre doublée d’une grande élégance. <strong>Mlada Khudoley</strong> prononce également très bien et apporte beaucoup de délicatesse et de passion ainsi qu’un beau nuancier au rôle complexe de Cassandre, dont on aurait aimé ressentir davantage la force tragique de la belle prophétesse et le drame de ne jamais être crue. Pour compléter ce quatuor, saluons la belle prestation d’<strong>Alexei Markov</strong>, idéal Chorèbe. La voix, tout en rondeur, couleurs et lumière, est aussi séduisante que son apparence physique. Ce baryton a tout du héros et sa prononciation impeccable du français achève de combler d’aise.</p>
<p>Moins plaisant, le Iopas de <strong>Dmitri Voropaev</strong> qui, s’il prononce à peu près correctement, tend ses aigus et souffre d’un vibrato un peu large. En revanche, <strong>Yuri Vorobiev</strong> excelle en Narbal avec des graves somptueux. Le reste de la distribution épaule efficacement les rôles-titres. On saluera les superbes ensembles et notamment l’octuor, admirable. De manière générale, ce sont les rôles les plus graves qui impressionnent le plus, avec une vraie belle surprise : l’exceptionnelle Anna, princière sœur de Didon, campée par une très aristocratique <strong>Yekaterina Krapivina</strong>. Le contralto de velours sombre de cette grande et étonnamment mince jeune femme est tout simplement remarquable.</p>
<p>À la tête du Mariinsky, <strong>Valery Gergiev</strong> parvient à restituer avec fougue, efficacité et dynamisme tout l’élan épique de la partition. Une déferlante sonore jaillit de tous les pupitres aux couleurs franches et vives. Quel dommage de n’avoir été que si peu nombreux à profiter d’un tel moment…</p>
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