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	<title>Dongho KIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Dongho KIM - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BOITO, Nerone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/boito-nerone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Jul 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le moindre des mérites de la parution de ce <em>Nerone</em> en DVD n’est pas l’audace qu’il a fallu aux défenseurs de ce projet, le second enregistrement vidéo à notre connaissance. <em>Nerone</em> en effet, l’« autre&nbsp;» opéra d’Arrigo Boito, ne jouit pas, ni de près, ni de loin, d’une bonne presse. Forum Opera était présent en juillet 2021 à Bregenz pour la production mise en scène par Olivier Tambosi. Production <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/nerone-bregenz-peplum-saint-sulpicien/">qui n’avait pas soulevé l’enthousiasme</a>, mais qui avait été captée et proposée en DVD en 2022.<br />
Les reproches que l’on fait à cette pièce sont multiples et pour certains justifiés. L’histoire est complexe et aurait méritée d’être recentrée sur la peinture des personnages (notamment d’Asteria et Rubria) ; la partition pèche par quelques longueurs certaines (interminable scène de beuverie ou encore le monologue de Néron au II) et ne brille pas par l’inventivité mélodique. Certes on pourra trouver des moments de réelle intensité dramatique, mais le final en manque cruellement et la mort d’Asteria ne nous émeut pas.<br />
Pour faire court, <em>Nerone</em> est en quelque sorte l’opéra maudit de Boito (il en avait proposé le sujet à Verdi en son temps). Opéra mystique si l’on veut et qui aura mis un demi-siècle (!) à voir le jour, que Boito n’acheva pas (un cinquième acte a été esquissé mais aucune musique n’a été composée qui aurait permis une reconstitution) et dont il ne vit même pas la création&nbsp;: Boito meurt en 1918 et Toscanini, à grand renfort des stars du chant de l’époque, crée l’œuvre à la Scala en 1924&nbsp;; succès d’estime avant l’oubli quasi immédiat.<br />
Il faut donc d’abord et avant tout saluer le travail du Teatro lirico de Cagliari de s’être lancé dans cette aventure de permettre aux lyricomanes de découvrir une pièce qui aura hanté Arrigo Boito une grande partie de sa vie.<br />
L’entreprise est largement réussie et les moyens ont été déployés pour faire de cette captation de février 2024 un spectacle grandiose. <strong>Tiziano Santi</strong> a conçu des décors, souvent présentés en clair obscur, réalistes et dignes des meilleurs péplums (colonnades, temples, Cirque Maxime). Les costumes signés <strong>Claudia Pernigotti</strong> sont à l’avenant et contribuent à plonger le spectateur dans un Ier siècle où règne la plus grande confusion et le mélange des genres –&nbsp;entre histoires d’amour, de pouvoir et de conversion religieuse. Pas de projet de transposition de l’action et la conduite d’acteurs est très soignée : la prise de vue, souvent au plus près, rend bien compte de l’engagement de chacun des acteurs du drame qui se joue.<br />
Distribution sans faiblesse majeure. Le Nerone de <strong>Mikheil Sheshaberidze</strong> possède le ténor <em>ad hoc</em> pour rendre à la fois la force et la fébrilité du rôle-titre. Longueur de souffle appréciable et timbre cristallin qui entretiennent le mystère autour du personnage de Néron. Magnifique baryton de <strong>Franco Vassallo</strong> dans le rôle de Simon Mago qui possède toute l’intensité nécessaire. <strong>Roberto Fontali</strong> (Fanuèl), <strong>Dongho Kim</strong> (Tigellino) et <strong>Vassily Solodkyy</strong> (Bobrias) complètement avantageusement le tableau masculin.<br />
Chez les femmes, là aussi une distribution qui ne démérite pas&nbsp;: <strong>Deniz Uzun</strong> prête à la pécheresse Rubria des accents déchirants et <strong>Valentina Boi</strong> est une Asteria tragique à souhait (la montée sur l’autel est prenante). La scène de leur rencontre est particulièrement émouvante. Les chœurs ont une belle partie au final du premier acte ainsi qu’au troisième acte dans la scène du verger.<br />
Rendons hommage enfin à <strong>Francesco Cilluffo</strong> qui, à la tête de l’orchestre et des chœurs du Teatro Lirico di Cagliari fait tout pour sortir cette partition de l’oubli.</p>
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		<title>PUCCINI, La Bohême &#8211; Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-la-boheme-montpellier/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 May 2024 05:30:20 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Bohême, c’est une société, un temps, une atmosphère autant qu’un drame sentimental. Quelles que soient les productions, elle attirera les foules sans discontinuer, et c’est bien le cas ce soir où le Corum a été pris d’assaut par une foule impatiente (1). Entre l’évocation du Paris de Louis-Philippe, et de Mürger (Turin, 2023), de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Bohême</em>, c’est une société, un temps, une atmosphère autant qu’un drame sentimental. Quelles que soient les productions, elle attirera les foules sans discontinuer, et c’est bien le cas ce soir où le Corum a été pris d’assaut par une foule impatiente (1). Entre l’évocation du Paris de Louis-Philippe, et de Mürger (Turin, 2023), de l’Occupation (Glyndebourne, 2022), de 1968 (Baden-Baden, 2018), du <em>Voyage dans la lune</em>, de Claus Guth (Paris Bastille, 2018), pourquoi pas le milieu des années trente ? La réalisation d’<strong>Orpha Phelan</strong> et de son équipe, donnée à Dublin en novembre 2023, avait suivi un enregistrement (DVD, Naxos, dans une démarche différente). La mise en scène de ce soir est renouvelée par rapport à cette première approche. Le déplacement de l’intrigue un siècle après Louis-Philippe n’ajoute ni ne retranche rien. Certes, il autorise Musetta à emprunter à Mistinguett (ou Marlène Dietrich), et quelques références (2), mais accuse aussi certains anachronismes (ainsi, les tenues des musiciens du défilé, datées de l’Empire) malgré le souci du détail (les jouets proposés par Parpignol).</p>
<p>Si le cadre scénique de Dublin se prêtait idéalement à cette production, il n’en va pas exactement de même de celui du Corum, particulièrement large : un resserrement semblait s’imposer pour les scènes intimes (la mansarde du I et du III). A l’inverse, le café Momus et la vie du Boulevard acquièrent ici une dimension spectaculaire, qui en fait une réussite rare, d’autant que son animation, le jeu de chacun sont un bonheur. Le décor, astucieusement articulé, use, entre autres, de la rotation d’un long élément côté jardin, qui donne de la profondeur au II. L’apparition du cabaret et la barrière d’Enfer au III sont bienvenus, mais le vaste espace où le brasero réchauffe les douaniers paraît difficile à animer. Les éclairages sont pertinents, expressifs, aux couleurs vives, et les tenues soignées, variées à souhait. Cependant, on attendait des costumes élimés, des fripes pour notre quatuor d’artistes dans le besoin. Las, certains sont tirés à quatre épingles, d’une élégance raffinée, qui s’accorde mal à leur condition.</p>
<p>Malgré ces réserves, somme toute secondaires, on est empoigné par cette lecture. D’abord par un orchestre flamboyant, en grande formation, conduit avec maestria par <strong>Roderick Cox</strong>, qui prendra officiellement les rênes de la formation en septembre. Les pages purement orchestrales sont admirables. Ce dernier sert la partition avec un engagement constant : sans jamais tomber dans un sentimentalisme de mauvais goût, la richesse de l’orchestration, les subtils dosages, l’équilibre constant entre la scène et la fosse nous ravissent. La dynamique, la souplesse comme la clarté sont évidents. Chantant lui-même tous les rôles, son attention de tous les instants aux chanteurs en fait un chef de théâtre prometteur. Le tissu instrumental soyeux, chatoyant, souple et raffiné (3) est à porter tout autant au crédit de l’Orchestre national Montpellier Occitanie.</p>
<p>La distribution, fondée pour l’essentiel sur des chanteurs familiers de leur emploi, est exempte de routine. L’engagement vocal et scénique de chacun est manifeste même si on perçoit un certain trouble lié à l’espace dans les scènes de proximité. <strong>Adriana Ferfecka </strong>nous vaut une Mimi plus que crédible, remarquable. Encore peu connue en France, elle conduit une brillante carrière internationale et sa performance atteste toutes ses qualités. Une présence physique et vocale : Réservée, puis déchirée et poignante, son humanité est attachante, servie par une voix sûre, ample et chaleureuse. L’élégance du phrasé est manifeste dès son « Mi chiamano Mimi ». Le « Donde lieta » résigné, est chargé d’une émotion juste, vraie.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/MG1_4162_redimensionner-1294x600.jpg" />© Marc Ginot</pre>
<p>Le couple central irradie de jeunesse. Rodolfo, ici <strong>Long Long</strong>, est ardent, sobre et juste. La voix est solide, aux aigus épanouis, et sa tendresse nous émeut au même point que celle de Mimi. Leur duo « O soave fanciulla » respire le bonheur partagé, l’amour. Si Musetta a la voix un peu dure au début, <strong>Julia Muzychenko</strong> trouvera la souplesse et le mordant au fil des scènes. Sa valse, où elle s’efforce de capter l’attention de Marcello (« Quando me’n vo’ soletta per la via »), est délicieuse. <strong>Mikołaj Trąbka</strong> endosse les habits du peintre, Marcello, pour la première fois, semble-t-il. Baryton généreux, de caractère, son beau duo, nostalgique, empreint de tendresse avec Rodolfo (au dernier acte) est une réussite. Schaunard, le musicien, est confié à<strong> Dominic Sedgwick</strong>, brillant baryton. <strong>Dongho Kim </strong>est Colline, basse chaleureuse, sonore et inspirée, pour notre philosophe, jamais emphatique. Son air du IV « Vecchia zimara » a l’émotion attendue.  L’épisode bouffon et les chorégraphies du sympathique quatuor de bohêmes, équilibré, complice et animé, sont un moment de réjouissance, dont la réalisation, la verve et la direction d‘acteur sont exemplaires, avant que le drame se dénoue. Auparavant, pour couronner le troisième acte, le quatuor des deux couples nous a valu un « Addio dolce…» poétique, frais comme désabusé (Musetta et Marcello). <strong>Yannis François </strong>nous laisse quelque peu sur notre faim. La voix, familière du répertoire baroque, manque ce soir d’ampleur, particulièrement pour Alcindoro, dont le jeu est terne. Les rôles secondaires (Parpignol, <strong>Hyoungsub Kim</strong>; le sergent, <strong>Jean-Philippe Elleouët</strong>; le douanier, Laurent Sérou) sont honorablement défendus.</p>
<p>Les chœurs, à commencer par les enfants d’Opéra Junior, préparés par <strong>Noëlle Thibon</strong>, se montrent remarquables de présence scénique et vocale. Le second acte leur doit beaucoup dans son animation, aussi débridée et joyeuse que musicalement exigeante et aboutie. Un grand bravo à eux et à <strong>Noëlle Gény</strong>.</p>
<p>A mi-chemin entre la production traditionnelle ou routinière et le show, servant humblement le livret, mais avec une ambition artistique patente, voici un grand spectacle populaire. Pour les familiers de l’ouvrage, peut-être une impression de déjà vu, puisque respectueux de l’esprit et de la lettre. Servie par des voix remarquables et des interprètes engagés, cette réalisation apporte un souffle de renouveau, notamment en direction du plus large public. On n’est pas là pour s’apitoyer, ou pour cultiver la nostalgie d’une vie de Bohême cuisinée à toutes les sauces, mais pour vibrer à une histoire d’amour, tragiquement banale. Et le contrat est rempli.</p>
<pre>(1) La production, qui affiche complet pour toutes les représentations, a fait l’objet d’une captation vidéo en vue de sa retransmission (le 2 juin, place Royale à Montpellier). La présence discrète de micros-oreillettes pour chacun des chanteurs visait à assurer la qualité de la restitution, et non l’amplification dont ils n’avaient nullement besoin. 
(2) même si les références sont très postérieures, les ballons rouges que distribue Parpignol, clin d’œil bienvenu au court métrage d’Albert Lamorisse (1956), comme à la <em>petite fille au ballon</em>, de Bansky, autorisent de beaux tableaux. 
(3) A signaler que le placement en salle (l’auteur se trouvait à l’avant-scène) modifie singulièrement la perception.</pre>
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		<title>Lo schiavo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lo-schiavo-ni-tout-a-fait-ibere-ni-tout-a-fait-hilare/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Mar 2020 09:20:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le compositeur brésilien Carlos Gomes (1836-1896) n’a pas eu de chance : malgré des efforts sporadiques pour les ressusciter – Placido Domingo a quand même enregistré une intégrale d’Il Guarany, créé à la Scala de Milan en 1870 – ses opéras n’ont pas su s’imposer durablement. Après avoir composé ses deux premiers opus lyriques sur des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le compositeur brésilien Carlos Gomes (1836-1896) n’a pas eu de chance : malgré des efforts sporadiques pour les ressusciter – Placido Domingo a quand même enregistré une intégrale d’<em>Il Guarany</em>, créé à la Scala de Milan en 1870 – ses opéras n’ont pas su s’imposer durablement. Après avoir composé ses deux premiers opus lyriques sur des livrets en portugais, il s’était pourtant mis à travailler sur des textes italiens pour favoriser la diffusion internationale de ses œuvres. <em>Lo schiavo</em> se heurta à divers obstacles et fut créé, faute de mieux, à Rio en 1889, mais ne fut jamais entendu par les mélomanes de la péninsule. Du moins jusqu’à ce que le Teatro Lirico de Cagliari, toujours friand de raretés, ait l’idée de monter l’œuvre au cours de sa saison 2018-19. Et on ne lui tiendra pas rigueur d’avoir coupé le ballet du deuxième acte, même si, paradoxalement peut-être, la musique orchestrale de Gomes semble, au moins dans cet opéra, bien plus originale que son écriture vocale : l’ouverture de <em>Lo schiavo</em> baigne en effet dans un climat de rêverie lunaire dont on chercherait vainement l’équivalent chez Verdi, que le Brésilien ne se prive pas d’imiter copieusement tout le reste du temps.</p>
<p>Le livret s’y prêtait, avec son histoire de belle esclave exotique préférée par un « blanc » à la princesse qu’on lui destine. Outre <em>Aida</em>, il y a aussi une réminiscence des <em>Pêcheurs de perles</em> dans le livret, puisque le baryton, bien qu’épris de la soprano, ne l’en aide pas moins à s’enfuir avec le ténor. Là où Gomes n’a pas non plus eu de chance, c’est que son opéra, sur une idée d’un ami fervent anti-esclavagiste, a été créé juste après l’abolition de cette pratique au Brésil, ce qui privait l’argument d’une partie de sa force, d’autant que le librettiste italien préféra déplacer l’époque de l’action : initialement prévue pour se situer en 1801 et opposer les colons aux esclaves importés d’Afrique, elle fut repoussée en 1567, entre conquistadors et population indigène. Autre curiosité du livret, le marivaudage entre Américo, le ténor, et une comtesse française qui a des vues sur lui, scène qui introduit un moment presque comique au deuxième acte.</p>
<p>Pour nous raconter les mésaventures méconnues d’Ilàra et d’Iberè, Cagliari a eu la sagesse de ne pas tenter la « relecture » là où il n’y avait encore jamais eu lecture. La production propose donc une modeste illustration du livret, où <strong>Davide Garattini Raimondi </strong>s’efface derrière l’œuvre, et laisse parler à sa place les décors de bon goût et les costumes historiques conçus par son équipe. Il ajoute malgré tout quelques cadavres ici et là, pour nous rappeler que l’esclavage était une vilaine chose.</p>
<p>Hélas, la distribution n’est peut-être pas de nature à propulser <em>Lo schiavo </em>au firmament. <strong>Svetla Vassileva </strong>fait une carrière essentiellement verdienne dans les théâtres de la péninsule, même si on a pu l’entendre en France dans <em>Madame Butterfly </em>à Marseille ou à Paris. Mais comme ont permis de le constater plusieurs DVD publiés en 2013 par C Major dans son intégrale Verdi, si l’interprète est tout à fait photogénique, sa voix est beaucoup moins phonogénique, et Ilàra pâtit d’un énorme vibrato dans la nuance forte. Dès que Svetla Vassileva reste dans le piano, le résultat est enchanteur, comme dans la majeure partie de ses deux principaux airs, « O ciel di Parahyba » et « Come serenamente il mar ». Dommage que tout le rôle ne soit pas fait de pianissimi. Scéniquement, <strong>Massimiliano Pisapia </strong>n’est pas crédible une seconde dans son personnage de jeune homme fougueux, il faut donc un peu fermer les yeux dès qu’il apparaît pour se concentrer sur son chant : si le timbre n’est pas le plus séduisant qui soit, le ténor a été à bonne école et la voix est bien conduite. En troupe à Munich où il collectionne les seconds rôles, <strong>Andrea Borghini </strong>est bien le type de baryton que l’on attend dans ce répertoire, en termes de couleurs et d’énergie ; peut-être l’aigu pourrait-il se libérer davantage, mais on est déjà bien content qu’Iberè ait trouvé un tel interprète. <strong>Elisa Balbo </strong>possède toute l&rsquo;autorité nécessaire à incarner la comtesse de Boissy, coquette et néanmoins prête à affranchir ses esclaves; elle fait valoir une voix agile et puissante mais non dépourvue de stridences parfois. <strong>Dongho Kim</strong> est une basse solide, tant dans le rôle du père du héros que dans sa brève apparition en Indien rebelle.</p>
<p>A la tête de l’orchestre et des chœurs de l’Opéra de Cagliari (on sent les pupitres féminins un peu à la peine dans certains aigus tenus),<strong> John Neschling</strong> dirige la partition de Gomes avec probité, soulignant les beautés réelles de cet opéra qui aurait sans doute besoin d’être porté par des chanteurs de tout premier plan pour durablement retenir l’attention.</p>
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