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	<title>Seng-Hyoun KO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Seng-Hyoun KO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Otello — Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-massy-un-nouvel-otello-francais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 06 Nov 2015 07:17:35 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux prises de rôles dans <em>Otello</em> de Verdi à Massy. D&rsquo;une part,  <strong>Jean-Pierre Furlan</strong>, loin des scandales que d’autres aiment voir médiatiser par la presse people, poursuit une carrière internationale exemplaire qui enchaîne avec sagesse et dans un ordre logique tous les grands rôles. Il aborde maintenant pour la première fois Otello dans une production à géométrie variable qui n’a guère convaincu (<a href="/spectacle/a-la-recherche-des-effets">Marseille 2013</a>, <a href="/otello-orange-le-noir-est-clair">Orange 2014</a>), et le résultat est à la hauteur du talent d’un chanteur que l’on entend trop rarement en France. Dès les premières notes de l’« Esultate », on sait que la représentation va être menée par un titulaire à la hauteur du rôle. La voix, à part deux ou trois curieux petits manques dans le médium au début du premier acte, montre qu’elle est pleinement celle du rôle. Large, sonore et puissante, elle se déploie – semble-t-il sans effort – et avec des nuances qui manquent si souvent aux plus grands titulaires du rôle. Scéniquement, c’est avec une semblable facilité que le chanteur entre dans le personnage. Peut-être, les années passant, pourra-t-il faire passer encore plus les hésitations, les interrogations, les moments de doute ravalés du Maure ; mais déjà, la construction de base  est parfaite. Une magnifique performance.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="312" src="http://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/2015-11-04_img_2102_generale_otello_massy_dk.jpg?itok=Xqsf-aAD" width="468" /><br />
	© Photos Opéra de Massy / David Kirscher</p>
<p>À ses côtés, <strong>Ludivine Gombert</strong> est une Desdémone qui a presque l’âge du rôle. Cadeau empoisonné que d’offrir un tel rôle à une jeune cantatrice ? Celle-ci ne démérite en rien vocalement, la voix est belle – même si elle n’est pas encore tout à fait celle du rôle –, le style bien compris, et l’Ave Maria, plus encore que l’air du Saule, fort bien mené. Mais la cantatrice traverse tout le drame avec un trop grand manque d’intériorité, au point que l’excellente Emilia de <strong>Marion Lebègue </strong>paraît, à ses côtés, plus concernée. Il est certain qu’après la tension de cette première représentation, Ludivine Gombert va pouvoir creuser tous les méandres de la personnalité délicate de Desdémone, et mieux en rendre sur scène les côtés parfois contradictoires. De grandes promesses sont en tous cas déjà perceptibles dans cette prise de rôle musicalement bien assumée.</p>
<p>Peu à dire sur le Iago de <strong>Seng-Hyoun Ko</strong>, qui ne paraît pas devoir faire évoluer sa manière d’appréhender le rôle. Ses <em>forte</em> permanents sont déroutants, notamment au début du deuxième acte. Et c’est seulement dans ses duos avec Otello qu’il trouve enfin un répondant à la hauteur de sa voix et qu’il est contraint de moduler, ce qu’il fait ce soir mieux que dans ses interprétations précédentes. Comme le disait Seng-Hyoun Ko avec humour avant la première représentation d’Orange, « <em>moi, je joue le méchant !</em> ». Oui certes, mais Iago est bien plus qu’un « méchant d’opéra », et tous les côtés psychologiques – pour ne pas dire psychopathiques – du personnage sont ici trop laissés pour compte au profit d’une débauche de décibels.</p>
<p>Le reste de la distribution est d’excellent niveau, avec notamment le Cassio bien chantant de <strong>Christophe Berry</strong>. Tout a été dit sur la mise en scène sans intérêt de <strong>Nadine Duffaut</strong>, qui grâce à l’excellence globale du plateau, n’arrive pas à plomber le spectacle. Mais que dire d’une metteuse en scène qui nous prive de la plus belle retrouvaille amoureuse de toute l’histoire de l’opéra ? Ce soir, au premier acte, Otello et Desdémone, dos à dos à 5 mètres l’un de l’autre, se cherchent là où en d’autres temps, interminablement, Jon Vickers et Margaret Price se rapprochaient lentement l’un de l’autre, les yeux dans les yeux, goûtant chaque seconde de leurs retrouvailles et de leur attirance physique, sur laquelle se fonde tout le drame à venir. Un moment de grande émotion qui se soir n’a pu naître, alors que les deux interprètes, mieux dirigés, auraient parfaitement pu y réussir. Le chef italien <strong>Luciano Acocella</strong> maîtrise bien sûr parfaitement ce type de répertoire, et arrive à insuffler à l’orchestre national d’Île-de-France une dimension épique qui maintient d’un bout à l’autre de l’œuvre une irrésistible puissance dramatique.</p>
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		<title>VERDI, Otello — Orange</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/otello-orange-le-noir-est-clair/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Aug 2014 06:11:19 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Otello est un de ces titres « populaires » qui reviennent environ tous les dix ans à Orange : les précédentes éditions datant de 1993 et de 2003, il était donc temps de reprogrammer l’œuvre. Et comme Roberto Alagna était prêt à ajouter ce rôle à son répertoire, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. C’est donc &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Otello</em> est un de ces titres « populaires » qui reviennent environ tous les dix ans à Orange : les précédentes éditions datant de 1993 et de 2003, il était donc temps de reprogrammer l’œuvre. Et comme <strong>Roberto Alagna</strong> était prêt à ajouter ce rôle à son répertoire, l’occasion était trop belle pour la laisser passer. C’est donc pour lui que les Chorégies 2014 affichent l’avant-dernier opus verdien, avec raison. Christophe Rizoud a dit tout le bien qu’il y avait lieu de penser des extraits donnés en concert à Paris fin juin (<a href="http://www.forumopera.com/otello-grands-airs-et-duos-paris-pleyel-pret-pour-le-grand-saut">voir compte rendu</a>), mais cette fois le pas est franchi, et le pari est tenu. Roberto Alagna s’est expliqué sur sa conception du personnage, et l’on peut appliquer à son Otello la formule de Shakespeare dans <em>Macbeth</em>, « Fair is foul and foul is fair », dont on traduit parfois la deuxième partie par « Le noir est clair ». Cet Otello est clair de peau et clair de voix, à cent lieues des ténors barytonnants passés au cirage : Maure renvoie à l’Afrique du Nord, au Maghreb et non à des zones tropicales, et ce n’est pas parce que ce héros est tourmenté qu’il doit avoir un timbre sombre. Roberto Alagna a eu mille fois raison de faire sien ce rôle, avec la voix qui est la sienne, pour proposer <em>son </em>Otello. Cette interprétation s’affirmera encore avec les années, mais il est d’ores et déjà évident que ce personnage convient bien au ténor français qui l’incarne avec toute la conviction de geste et d’accent dont on le sait depuis longtemps capable. Il retrouve à Orange sa Desdémone parisienne, <strong>Inva Mula</strong> : si l’on pourrait souhaiter plus d’angélisme dans les deux premiers actes, elle s’avère souveraine dans le finale du troisième (bien qu’à terre et maltraitée) et sa chanson du Saule est magnifique, pleinement incarnée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/photo_59_gromelles.jpg?itok=AH12ymgG" title="Inva Mula et Roberto Alagna © Gromelles" width="468" /><br />
	Inva Mula et Roberto Alagna © Gromelles</p>
<p>Changement en revanche pour Iago : <strong>Seng-Hyoun Ko</strong> est déjà venu plusieurs fois à Orange, pour d’autres rôles verdiens. Avec lui, c’est l’autre moitié de la formule shakespearienne qui semble vraie. Le clair est noir : la voix de cet artiste, saine et sonore, s’épanouit davantage dans le grave que dans l’aigu, ce qui n’est pas forcément ce que l’on attend d’un baryton verdien. Quant à l’acteur, il semble plus limité, mais cela tient peut-être au lieu et à la mise en scène. <strong>Florian Laconi</strong> est un superbe Cassio et, même s’il l’on se réjouit de l’entendre souvent en France, il serait temps que ce ténor fasse la carrière internationale qu’il mérite. Souvent vue à Orange dans ces seconds rôles verdiens, <strong>Sophie Pondjiclis</strong> est une solide Emilia. Parmi les personnages secondaires, on détachera l’éloquent Lodovico de la basse italienne <strong>Enrico Iori</strong>.</p>
<p>A la tête d’un <strong>Orchestre Philharmonique de Radio France</strong> qui déploie en plein air les mêmes subtilités que dans une salle de concert (admirable précision des bois, sonorités chaleureuses des violoncelles), <strong>Myung Whun Chung</strong> dirige une œuvre qui lui tient à chœur, puisqu’il la grava en 1993 avec Placido Domingo et les forces de l’Opéra de Paris dont il était alors directeur musical. Sa baguette attentive et implacable impose un rythme sans répit et met en valeur la finesse de l’écriture orchestrale de Verdi. Les différents chœurs rassemblés pour faire masse sur la gigantesque scène du Théâtre antique se montrent parfaitement à la hauteur de leur tâche, avec une belle homogénéité et les nuances qu’on est en droit d’attendre dans cette musique.</p>
<p>La mise en scène de <strong>Nadine Duffaut</strong> se situe un cran en dessous, en se contentant d’une mise en place lisible de l’action. Seule originalité, mais qui ne convainc pas toujours : un grand miroir brisé, principal élément de la scénographie d’<strong>Emmanuelle Favre</strong>, est utilisé pour projeter des images correspondant à ce que les personnages ont en tête (le visage de Desdémone pour Otello jaloux), parfois à un flashback plus ou moins réel (le récit du prétendu songe de Cassio par Iago) ou sans véritable justification, comme au premier acte où la silhouette du Maure y apparaît pendant la tempête, bientôt remplacée par son visage autour duquel tourne un projecteur. Les costumes Renaissance de <strong>Katia Duflot</strong> sont tous dans des tons gris argenté, sauf pour Otello qui est en rouge vif ; on se demande un peu pourquoi Desdémone se couche dans un lit aux draps et aux oreillers noirs. Parce que le noir est clair et que le clair est noir, sans doute.</p>
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