<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Leon KOŠAVIĆ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/kosavic-leon/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/kosavic-leon/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 22 Jun 2026 13:22:09 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Leon KOŠAVIĆ - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/kosavic-leon/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>BIZET, Carmen &#8211; Bruges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruges/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Jun 2026 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=215600</guid>

					<description><![CDATA[<p>C&#8217;est la fermeture temporaire de l&#8217;Opéra de Gand qui permet au Concertgebouw de Bruges d&#8217;accueillir six des seize représentations de cette nouvelle production de Carmen ; De l&#8217;aveu même du directeur artistique de Opera Ballet Vlaanderen, Jan Vandenhouwe, l&#8217;une des plus ambitieuses jamais proposées par sa structure. Il s&#8217;agit certes de l&#8217;un des opéras les &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruges/"> <span class="screen-reader-text">BIZET, Carmen &#8211; Bruges</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruges/">BIZET, Carmen &#8211; Bruges</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;est la fermeture temporaire de l&rsquo;Opéra de Gand qui permet au Concertgebouw de Bruges d&rsquo;accueillir six des seize représentations de cette nouvelle production de <em>Carmen</em> ; De l&rsquo;aveu même du directeur artistique de <strong>Opera Ballet Vlaanderen</strong>, <strong>Jan Vandenhouwe</strong>, l&rsquo;une des plus ambitieuses jamais proposées par sa structure.</p>
<p>Il s&rsquo;agit certes de l&rsquo;un des opéras les plus fréquemment monté dans le monde, mais ici, c&rsquo;est une version totalement hybride qui en est proposée, tant la danse y prend d&rsquo;importance. L&rsquo;Opéra Ballet Vlaanderen a toujours manifesté un tropisme vers les chorégraphes de la sphère flamande, comme Anne Teresa de Keersmaeker ou Alain Platel. <strong>Wim Vandekeybus</strong> appartient à cette mouvance. Le corps de ballet des danseurs maison est d&rsquo;ailleurs complété par les artistes de sa propre compagnie, <strong>Ultima Vez</strong>, ainsi que par un groupe d&rsquo;enfants danseurs tout aussi impressionnants. Tous composent un écho au cast vocal, lui aussi pléthorique. Et sur la large scène du Concertgebouw, salle à l&rsquo;excellente acoustique, le plaisir est total.</p>
<p>Car la dimension archaïque de cet art du mouvement – où le groupe est comme le reflet des émotions des personnages dans leurs occurrences les plus débridées – fonctionne magnifiquement.<br />
Dans la scène finale, tous les protagonistes sont présents, mais aucun ne regarde Carmen. Comme pour dénoncer une société, la nôtre, qui détourne encore et toujours les yeux face au féminicide. Seul le groupe de danseurs « Totem » mené par un griot magnifique, protège Carmen jusqu&rsquo;à prendre les coups à sa place, la laissant finalement indemne, dressée face à la salle, paumes offertes puisque le mythe transcende le destin individuel. Ce chaman toujours présent auprès de l&rsquo;héroïne est également figure du destin, comme dans la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/watch?v=iBk9h469e2Q"><em>Traviata</em></a> salzbourgeoise de 2005 où c&rsquo;était la mort qui escortait Anna Netrebko.</p>
<p>Cette danse organique tellement puissante est soutenue par la direction intense et habitée de <strong>Keren Kagarlitsky</strong> mais pourrait éteindre le chant. De même, le travail de direction d&rsquo;acteur a été formidablement réalisé pour l&rsquo;ensemble du plateau, avec un chœur perpétuellement individualisé : il se passe mille choses sur scène. Cela pourrait également nuire aux solistes. Heureusement le cast réuni jouit d&rsquo;un remarquable charisme, au premier rang duquel il faut saluer la sublime performance de <strong>Josie Santos</strong>.</p>
<p><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Jody-Santos-%C2%A9OBV_DannyWillems_HXT40891-1294x600.webp" /></p>
<pre style="text-align: center;">© OBV - Danny Willems</pre>
<p>L&rsquo;artiste allie un grand naturel dans l&rsquo;interprétation et une maîtrise savante du son, de la texture vocale, en particulier un jeu sur les crescendo qui lui permet de s&rsquo;approprier pleinement ce rôle que nous connaissons tous par cœur. Elle incarne Carmen jusqu&rsquo;à la pointe des orteils, pure et sans compromission. Elle est dotée d&rsquo;un mezzo glorieux aux graves puissamment sensuels, aux aigus rayonnants qu&rsquo;elle partage – bien que le timbre soit naturellement très différent – avec la superbe Micaela de <strong>Sarah Yang</strong>, à la voix pleine et généreuse, à la présence déterminée, dépourvue d&rsquo;une quelconque mièvrerie.</p>
<p>En Escamillo, <strong>Leon Košavić</strong> porte beau un instrument extrêmement large mais au focus impeccable, dont le gras réjouit l&rsquo;oreille tandis que <strong>Kyungho Kim</strong> en Don José fait montre d&rsquo;une vaillance sans faille avec une belle conduite de la ligne. Là encore les couleurs s&rsquo;avèrent somptueuses.</p>
<p>La Mercedes de <strong>Zofia Hanna</strong> ; la Frasquita de <strong>Sawako Kayaki </strong>; <strong>Samson</strong> <strong>Setu</strong> en Zuniga, <strong>Leander Carlier</strong> en Moralès &#8230; pour la plupart issus de du jeune ensemble de l&rsquo;OBV, tous allient une présence scénique assurée à l&rsquo;excellence vocale. Seul bémol, peut être, la diction parfois peu compréhensible d&rsquo;un certain nombre de chanteurs ainsi que du <strong>chœur</strong> par ailleurs excellent. A noter également le magnifique chœur d&rsquo;enfants que l&rsquo;on a rarement entendu aussi juste aussi impliqué physiquement.</p>
<p>La représentation se déploie au milieu d&rsquo;un chaos rocheux imaginé par <strong>Sylvie Olivé</strong>, constamment modifié, souvent restructuré par les femmes, comme pour dire qu&rsquo;il appartient à ces dernières de soulever des montagnes, en dépit, peut-être, de la fin tragique de Carmen.</p>
<p>La dimension tellurique, archaïsante, choisie par le dramaturge <strong>Koen Bollen</strong> se prête fort bien à l&rsquo;âpreté de ce décor minéral en constante évolution, tandis que l&rsquo;exotisme espagnol, lui, n&rsquo;intervient que par très petites touches dans une coiffe, un fichu, un geste dansé&#8230; <strong>Isabelle Lhoas</strong> s&rsquo;est plutôt concentrée sur les couleurs, les matières, sublimées par les belles lumières de <strong>Nicolas Olivier</strong>. Tout ces éléments font de cette représentation un hymne charnel à la liberté. D&rsquo;ailleurs, dès la scène d&rsquo;ouverture, alors que les mineurs s&rsquo;acharnent en vain, les danseurs abattent la montagne pour s&rsquo;introduire sur le plateau – tels les hommes sauvages du Moyen-Age que l&rsquo;on peut admirer sur la tapisserie du XVe siècle dans la passionnante exposition du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://bruskbrugge.be/fr/calendar/exhibitions/vision-large">Brusk</a>, « Visions larges » : force ancestrale, animale, qu&rsquo;il faut ou non dompter, qui effraie en tout cas, la société prétendument policée.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-bruges/">BIZET, Carmen &#8211; Bruges</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Dec 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=179208</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un an quasiment jour pour jour après avoir été montée au Théâtre des Champs-Élysées, la production de Die Fledermaus en version de concert est présentée au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations dont la première, ce vendredi soir, a rencontré un beau succès. Déjà au TCE, le spectacle avait été ovationné, comme nous le raconte &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/">STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Un an quasiment jour pour jour après avoir été montée au Théâtre des Champs-Élysées, la production de <em>Die Fledermaus</em> en version de concert est présentée au Festspielhaus de Baden-Baden pour deux représentations dont la première, ce vendredi soir, a rencontré un beau succès. Déjà au TCE, le spectacle avait été ovationné, comme nous le raconte <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/">Audrey Bouctot</a>&nbsp;; à Baden, le public est tout aussi preneur de la vision francophile proposée de ce monument de la culture germanique.</p>
<p>Il faut dire que la mise en espace de <strong>Romain Gilbert</strong> est tout à fait remarquable, pétillante et virevoltante à souhait. Comme pour <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/gluck-orfeo-ed-euridice-baden-baden/">Orfeo ed Euridice</a></em> il y a quelques jours à peine, les versions de concert du Festspielhaus sont en quelque sorte des mises en scène déguisées qui se suffisent largement à elles-mêmes. Tous les chanteurs incarnent leur rôle à la perfection, merveilleusement dirigés par le Français qui sait les placer et les faire se mouvoir comme d’authentiques stars de théâtre. Tous en font des tonnes, mais juste ce qu’il faut pour ne pas sombrer dans le grotesque ou le ridicule. Le chant peut dès lors se déployer aussi librement qu’avantageusement et correspondre à des personnages de chair, un vrai régal pour les spectateurs présents, dont les zygomatiques sont sollicités de la première à la dernière minute d’un spectacle survolté.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Fledermaus_Andrea_Kremper_1-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-179385"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Andrea Kremper</sup></figcaption></figure>


<p>De tout ce déploiement d’énergie, c’est Adèle qui est la meneuse la plus brillante. Il faut la voir se trémousser, se prendre dans les câbles avant de les mettre en connexion, illuminant le grand sapin de Noël jusque-là sagement enrubanné par une myriade de Led. C’est à croire qu’elle aurait avalé la guirlande électrique tant la jeune soprano allemande brille et irradie, chantant toujours un peu plus fort que les autres, ne reculant devant aucune vocalise périlleuse mais magistralement envoyée et maîtrisée. Bref, montée sur ressorts, aussi effrontée et adorablement insupportable que son personnage de soubrette qui en connaît un rayon et va se faire sa place au soleil, <strong>Alina Wunderlin</strong> est partout et se débrouille pour tirer la couverture à soi en toutes circonstances. Épatante et en roue libre, voici une chanteuse qu’on est ravie de découvrir enfin (elle a pourtant pas mal de rôles de colorature à son actif) et qu’on va se faire un plaisir de suivre, en lui souhaitant une longue carrière pleine de peps et de brio. Le timbre est séduisant, les aigus percutants et agiles, la technique sûre dans tous les registres.</p>
<p>À ses côtés, tous tirent leur épingle du jeu et nous offrent de belles prestations, avec en tête un <strong>Huw Montague Rendall </strong>plus rentier décontracté et séducteur que nature, timbre velouté et lumineux, tessiture homogène et science de l’abattage. Tout juste pourrait-on reprocher au baryton britannique et à son Eisenstein de ne pas adopter plus souvent l’accent viennois, ce qui est d’ailleurs le cas de l’ensemble des protagonistes. Son camarade vengeur Falke est impeccablement servi par le baryton croate <strong>Leon Košavić</strong>, qui donne à son personnage beaucoup de charisme. Tout aussi épatant, le Frank du baryton <strong>Michael Kraus</strong>, authentique viennois et inénarrable facétieux. Le ténor Magnus Dietrich n’est pas en reste, qui nous ravit d’aigus percutants une fois sur le devant de la scène, alors qu’il faisait presque pâle figure quand il donnait la sérénade à la maîtresse de maison du fond de la scène. Laquelle est magistralement campée par <strong>Iulia Maria Dan</strong>, maîtresse femme, un rien fatale et autoritaire, mais tout en nuances et en raffinements. Une bien belle Rosalinde, dont la voix se marie merveilleusement avec celle de ses partenaires. La mezzo ukrainienne <strong>Ekaterina Chayka-Rubinstein</strong>, très drôle en Orlofsky qui déloge le chef de son pupitre, nous propose cependant un prince blasé un peu trop sage. On aurait bien aimé pouvoir la comparer avec Marina Viotti prévue pour le même rôle dans la seconde distribution.</p>
<p>À la tête des <strong>Musiciens du Louvre</strong> en grande forme, <strong>Marc Minkowski</strong> semble prendre beaucoup de plaisir à ce répertoire dont il arrive, avec sa phalange, à restituer toute la subtilité, la sensualité et le brio. Constamment tourné vers les solistes chanteurs, la complicité est totale et le tout se déguste comme un bon champagne. Le chef a cependant le triomphe modeste. À peine arrivé sous un tonnerre d’applaudissements, il commence sans s’attarder ; pour les saluts, il fait s’avancer tout l’orchestre au bord de la rampe (il y a de la place au Festspielhaus) et se positionne derrière sa formation et les choristes, très en voix. Une bien belle réussite.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-die-fledermaus-baden-baden/">STRAUSS, Die Fledermaus – Baden-Baden</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS, Ariadne auf Naxos &#8211; Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ariadne-auf-naxos-rouen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Pierre Venissac]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 23 Nov 2024 05:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=177398</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ariane à Naxos est de ces œuvres qui, pour magistrales qu’elles soient, nécessitent un équilibre très fragile pour être entièrement convaincantes. Très exigeante vocalement, elle demande aussi aux chanteurs un second degré et un esprit de troupe peu fréquents dans ce répertoire. Alternant entre électricité et émotion nue, trivialité et sublime, il faut pour la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ariadne-auf-naxos-rouen/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS, Ariadne auf Naxos &#8211; Rouen</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ariadne-auf-naxos-rouen/">STRAUSS, Ariadne auf Naxos &#8211; Rouen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ariane à Naxos</em> est de ces œuvres qui, pour magistrales qu’elles soient, nécessitent un équilibre très fragile pour être entièrement convaincantes. Très exigeante vocalement, elle demande aussi aux chanteurs un second degré et un esprit de troupe peu fréquents dans ce répertoire. Alternant entre électricité et émotion nue, trivialité et sublime, il faut pour la défendre un rythme théâtral à toute épreuve, de la part de l’orchestre, de la mise en scène et des solistes sur le plateau, sans quoi elle peut donner l’impression de faire du sur place. Autant le dire, à l’entracte suivant le prologue, on a cru que le compte n’y serait pas ce soir, malgré quelques qualités indéniables. Tout en appréciant l’ambition et les idées de mise en scène, on peine à y trouver l’énergie collective nécessaire, et musicalement on a un peu l’impression d’un tour de chauffe. Très rapidement après le lever de rideau de l’acte d’Ariane, on comprend cependant que le niveau sera tout autre pour la suite. S’il y a beaucoup de raisons à cela, que nous allons détailler, c’est surtout à <strong>Sally Matthews</strong> que l’on doit ce revirement. La soprano britannique fait ici une prise de rôle exceptionnelle. Intense, maîtrisée et originale, sa princesse fait mieux qu’être sans reproches, elle est profondément émouvante. Revenons néanmoins sur le détail du spectacle.</p>
<p><figure id="attachment_177399" aria-describedby="caption-attachment-177399" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="size-large wp-image-177399" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariane-a-Naxos_c_Julien-Benhamou_5-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-177399" class="wp-caption-text">Robert Lewis, David Shipley, William Dazeley, Paula Murrihy, Fabien Leriche, , Grégoire Mour, Caroline Wettergreen ©️Julien Benhamou</figcaption></figure></p>
<h4><strong>Un prologue ambitieux mais frustrant</p>
<p></strong></h4>
<p>Au <em>Bourgeois Gentilhomme</em> de Molière qui ouvrait le spectacle dans la première version de l’œuvre de 1912 (et qui est cité au début de ce spectacle), Strauss et Hoffmansthal ont substitué en 1916 le prologue que l’on connaît aujourd’hui, l’un des exemples les plus marquants de mise en abyme du répertoire. Dans une riche réception viennoise, un jeune Compositeur un peu idéaliste attend de voir créé l’opéra seria qu’il a écrit pour clôturer la soirée. Las, il apprend un à un les sévices que subira son œuvre, par le biais d’un majordome peu enclin à la discussion. Par caprice du maître des lieux, « Ariane » sera ainsi amputé et parasité par la troupe de commedia dell’arte qui devait se produire en suivant, afin de ne pas retarder le feu d’artifice. Le mépris de la bourgeoisie pour les artistes, le rapport au public, l’enfer que peut être la création artistique, voilà autant de sujets qui sont à même de parler à n’importe qui ayant déjà travaillé sur une production. De fait, le duo de metteurs en scènes <b>Jean-Philippe Clarac &amp; Olivier Delœuil &gt; Le Lab</b> se montre très inspiré, et place l’action du prologue dans un univers hyper réaliste, divisé en trois environnements.<br />
Le premier, matérialisé sur scène, est celui des coulisses de la salle de représentation, lieu de croisement où se concentrent tous les conflits et les angoisses. Le deuxième, retransmis par un grand écran, est celui des loges ou des espaces de vie des artistes, dans lequel on assiste à leur mélancolie ou leur stress qu’ils n’assument qu’une fois face à eux mêmes. Enfin, le dernier, lui aussi sur écran, est celui du banquet, dans un espace si vide qu’il en paraît surréaliste, tout juste occupé par quelques domestiques et le majordome. Ce dernier ne communique ainsi avec les artistes que par écran interposé, comme un méchant de film d’horreur, dont il a par ailleurs les manières doucereuses, renforcées par les gros plans sur ses lèvres de la réalisation de <b>Pascal Boudet</b>. La vidéo donne à voir une salle de réception totalement statique, loin de l’urgence décrite par le majordome. Ce contraste entre la paisible oisiveté de la demeure et l’angoisse absolue des coulisses ne fait que renforcer la déconnexion entre les deux mondes, et le mépris du premier envers le second.<br />
Par son dispositif, cette première partie fourmille d’informations, en plongeant le spectateur dans le cauchemar des préparatifs jusqu’à la saturation, l’œil comme l’intellect ne pouvant pas toujours apprécier tout ce qui s’offre à lui. Tout ne fonctionne cependant pas aussi bien. Dans cette optique très réaliste, les inégalités dans la direction d’acteurs se font rudement sentir. Autant tous les personnages rattachés à Ariane sont crédibles, voire très nuancés pour la Prima Donna et le Ténor, autant les rôles légers sont eux montrés dans une caricature facile, à l’exception du Maître de Danse. Plutôt que de montrer le choc entre les deux milieux, cela ne fait qu’alourdir l’action : sweat à capuche, survêtement de supporter de foot, boîte à pizza… Le trait est un peu gros et confine même au mépris de classe. Le collectif peine à exister sur scène, malgré des individualités saillantes. L’hyperactivité montrée par les choix de mise en scène ne se retrouve en effet pas complètement dans l’interprétation, notamment du fait des masques et de Zerbinette, assez sages.</p>
<p>C’est aussi le problème majeur de ce prologue, qui musicalement manque un peu de coups d’éclats et donne l’impression d’un tour de chauffe. La direction de <b>Ben Glassberg</b> n’en est pas forcément responsable, on la sent pleine d’intentions théâtrales et énergique. L’<b>orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie</b> présente cependant quelques problèmes d’intonation et d’homogénéité, en plus de légers décalages ponctuels.<br />
Le Majordome de <b>Fabien Leriche</b> est antipathique à souhait, très classe et parfaitement hautain, même si son allemand ne sonne pas très natif. Excellent Maître de Danse de <b>Grégoire Mour</b> : la voix est flexible et séduisante, et le personnage scénique, nonchalant, très convaincant. <b>William Dazeley</b> est tout aussi bien distribué en Maître de Musique dépassé par les événements. La Prima Donna et le Ténor ont peu à chanter si ce n’est quelques vociférations, mais Sally Matthews et <b>John Findon</b> y sont excellents, sur scène comme sur écran où leur jeu se fait très convaincant, alors que les vidéos en gros plan peuvent être parfois préjudiciables aux chanteurs lyriques. Elle parvient ainsi à être touchante malgré sa rigidité publique, tandis que lui est remarquable de drôlerie. La Zerbinette de <b>Caroline Wettergreen</b> est assez transparente dans cet acte, privant la scène d’une bonne partie de l’énergie comique qu’elle devrait amener. Enfin, <b>Paula Murrihy</b> commence un peu à froid, avec une voix qui manque de rayonnement et d’impact malgré l’intensité de son engagement et de son allemand. Cela s’améliore nettement par la suite, jusqu’à un « Seien wir wieder gut » très réussi vocalement et investi, qui rend d’autant plus frustrant cette fin de prologue qu’on avait l’impression que la sauce prenait enfin sur scène.</p>
<p>Si on ressent une légère déception à l’entracte, c’est surtout qu’on sent que tout aurait pu être excellent, et qu’il manque avant tout une énergie d’ensemble, une connexion pour emporter l’adhésion. Les éléments pris séparément fonctionnent, mais le cauchemar artistique que cherche à représenter la mise en scène n’est que théorique s’il lui manque une incarnation plus vive. Heureusement, la suite nous prouvera qu’il s’agissait seulement d’un faux départ.</p>
<p style="text-align: center;"><img decoding="async" class="size-large wp-image-177402" style="text-align: center; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-size: 1rem; font-weight: inherit;" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariane-a-Naxos_c_Julien-Benhamou_10-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><span style="font-size: 0.8em; text-align: center; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">Leon Košavić, Fabien Leriche, William Dazeley, Sally Matthews </span><span style="font-size: 0.8em; text-align: center; color: var(--ast-global-color-3); background-color: var(--ast-global-color-5); font-weight: inherit;">©️Julien Benhamou</span></p>
<h4><strong>Splendeurs de Naxos</p>
<p></strong></h4>
<p>Dès les premières notes du prélude de l’acte d’Ariane, l’orchestre prend une toute autre dimension, et dépasse même les attentes : intense, lyrique et opulent, son engagement dans cet acte emporte tout le plateau avec lui. Glassberg s’y montre excellent, dans une version passionnée et animée. S’il réussit très bien à calmer le discours lors des airs d’Ariane ou du duo final, on regrette cependant que les ensembles des Nymphes laissent aussi peu de place à la magie, entraînés dans un grand geste qui pour nous ne rend pas service à leur délicatesse.</p>
<p>Le trio d’interprètes n’est en tout cas pas à mettre en cause, car son excellence en fait des personnages essentiels (et de fait, même si elles ont peu à faire sur scène, la partition leur accorde une place de première importance). Que ce soit la Naïade de <b>Yerang Park</b>, l’Echo de <b>Clara Guillon</b>, ou la Dryade d’<b>Aliénor Feix</b>, les trois artistes sont irréprochables de souplesse vocale, de couleurs et de présence. Dans le même registre que le commentaire précédent, pour des raisons de goût, on s’attriste cependant du choix scénique et musical de ne faire d’Echo qu’une nymphe parmi les autres, sa particularité musicale n’étant pas particulièrement mise en avant. Les quatre masques (Grégoire Mour, <b>Robert Lewis</b>, <b>Leon Košavić</b>, <b>David Shipley</b>) sont eux aussi très convaincants, et fonctionnent mieux en tant qu’ensemble que dans la première partie, même s’ils ne sont visiblement pas le centre d’intérêt des metteurs en scène, qui en donnent une représentation assez conventionnelle. Arlequin, le seul des quatre à bénéficier d’un air, est porté par le baryton impressionnant de Košavić, bloc d’harmoniques sonore de bas en haut, avec un aigu facile, capable en plus de nuances et d’humour. On voit bien que le casting des seconds rôles est de très bonne tenue, et n’a rien à envier aux plus grandes maisons. Dernière membre de la troupe de comédie, Zerbinette ne se sera pas départie d’une certaine retenue ce soir, même si la mise en scène lui accorde plus d’extravagance à partir de son air. Caroline Wettergreen a les coloratures et les aigus du rôle, mais manque de mordant et de brillant pour être vraiment l’élément perturbateur, et rendre crédible la friction entre elle et Ariane. A noter que ces reproches s’appliquent moins à son air, assez réussi.<br />
Le sommet de la soirée se situe vraiment dans les 10 dernières minutes, avec le duo Bacchus-Ariane, qui culmine en apothéose scénique et vocale. John Findon est un vrai ténor héroïque, vaillant sur toute la tessiture, dont on apprécie la jeunesse autant que l’absence de dureté. Son Bacchus est extrêmement drôle par ailleurs, le personnage étant ici joué au second degré, avec les aigus tonitruants que cela implique : le Ténor étant montré comme un grand stressé peu confiant en lui, il interprète ses répliques sans savoir s’il est bien positionné ou s’il se comporte comme il faut, nécessitant les encouragements du Compositeur et du Maître de Musique. Il se révèle touchant dans les dernières minutes, lorsqu’il renonce à son costume ridicule pour se révéler lui-même, dépassant le cadre du mythe. Quant à Sally Matthews, comme nous l’avons dit, elle nous a paru magistrale, dans un rôle qui, pour splendide qu’il soit, a vite fait de tomber dans le hiératisme. Son Ariane est entièrement incarnée, grâce notamment à une maîtrise évidente de la langue allemande (chaque consonne est expressive) et à une voix idéale pour le rôle, dans cette salle du moins. Le sens de la ligne, le vibrato ample mais contrôlé, le souffle qui lui permet d’assumer les grands phrasés demandés, la projection naturelle, on ne relève même plus toutes les qualités techniques tant tout dans sa prestation est au service de l’émotion. Loin de n’être qu’une princesse drapée dans son indifférence et son deuil, elle dessine un personnage sensible, dont la dignité ne peut dissimuler les fêlures, en plus d’être une Prima Donna moins uniformément hautaine que d’autres.</p>
<p><figure id="attachment_177400" aria-describedby="caption-attachment-177400" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="size-large wp-image-177400" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Ariane-a-Naxos_c_Julien-Benhamou_8-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-177400" class="wp-caption-text">Sally Matthews, Robert Lewis, Paula Murrihy ©️Julien Benhamou</figcaption></figure></p>
<p>On retrouve également dans cet acte le majordome de Fabien Leriche, la mise en scène faisant le choix d’un décor qui fusionne la scène et la table du banquet. Les personnages se retrouvent donc à la fois spectateurs et acteurs de l’opéra, avec certaines images très fortes. Ainsi, Ariane allongée sur la table au lever de rideau, face à la vulgarité du majordome qui redouble de selfies et d’expressions d’auto-satisfaction, paraît d’autant plus seule qu’elle représente à ce moment aussi bien la princesse abandonnée que l’artiste jetée en pâture à un public consumériste. Son sort est accueilli dans l’indifférence, au milieu des assiettes et des verres.<br />
Ce décor bien rangé est petit à petit perturbé par les masques, qui profitent d’un trou dans le mur, créent une fenêtre, surgissent du plafond… Jusqu’à un climax de déstructuration qui verra, dans une scène très drôle, les équipes artistiques et techniques forcées de fermer le rideau pour remettre en ordre la scène avant l’arrivée de Bacchus. Ils reviendront cependant plus tard, en silence, pour régler une fois pour toutes son compte au majordome. La fin voit ainsi le triomphe des artistes sur la bourgeoisie inculte, ainsi qu’une réconciliation entre eux créée par ce basculement du rapport de domination. Le feu d’artifice prévu a donc bien lieu, mais le majordome n’y assistera que bâillonné et abandonné, tandis qu’on voit en vidéo toute la troupe partir en courant pour fêter la fin du spectacle entre eux à l’extérieur.<br />
Cette production, moderne par les moyens qu’elle emploie, ne raconte pas quelque chose de fondamentalement différent de ce qu’on connaît de l’œuvre, et a le mérite d’être tout à fait lisible. Elle a pour elle une certaine poésie, notamment par des jeux d’éclairage (les ombres des Nymphes dans leur dernière intervention), et surtout la grande qualité d’être en correspondance avec les événements musicaux. Les ruptures de ton, les climax, les moments de grâce, se trouvent tous traduits scéniquement, laissant la place aux émotions recherchées par la partition. Sa limite se trouve pour nous dans le traitement des personnages comiques, amusants mais bien inoffensifs, et qu’on ne peut jamais trouver réellement dérangeants. Oui, la sexualité est bien présente, mais le livret et la musique sont tellement truffés d’allusions pas spécialement subtiles qu’on ne peut s’empêcher de la trouver convenue. C’est d’autant plus dommage que le spectacle est très drôle, et bien plus acerbe par d’autres aspects.</p>
<p>Ce ne sont là que de menues réserves face à une production ambitieuse, maligne et sensible. Un orchestre très inspiré, de belles découvertes dans les seconds rôles et une prise de rôle majeure, voilà qui justifiait largement de ne pas rester sur l’impression de la première partie. Si l’équilibre évoqué au début de l’article n’est pas toujours atteint, on touche en tout cas à ce qui fait le cœur de l’œuvre : réunir dans un même espace le sublime et le grotesque, faire surgir le rire en même temps que les larmes.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ariadne-auf-naxos-rouen/">STRAUSS, Ariadne auf Naxos &#8211; Rouen</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>MOZART, Così fan tutte — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Sep 2024 04:05:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=172891</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre offrent une tournée de la trilogie Mozart-Da Ponte qu&#8217;on aura pu entendre à Bordeaux, Toulouse, Ravenne ou encore Barcelone. Après Versailles en 2017 et 2023, Cosi fan tutte fait escale au Théâtre des Champs-Elysées pour un concert unique. Les musiciens devraient donc être bien rodés &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-paris-tce/"> <span class="screen-reader-text">MOZART, Così fan tutte — Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-paris-tce/">MOZART, Così fan tutte — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis plusieurs années, <strong>Marc Minkowski</strong> et ses Musiciens du Louvre offrent une tournée de la trilogie Mozart-Da Ponte qu&rsquo;on aura pu entendre à Bordeaux, Toulouse, Ravenne ou encore Barcelone. Après Versailles en <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-versailles-lopera-cest-la-liberte/">2017</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cosi-fan-tutte-versailles-rideau-sur-la-fidelite/">2023</a>, <em>Cosi fan tutte</em> fait escale au Théâtre des Champs-Elysées pour un concert unique. Les musiciens devraient donc être bien rodés mais on aura pu constater quelques cafouillages en début de première partie, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/breve/nouveau-dispositif-acoustique-au-theatre-des-champs-elysees/">peut-être en raison du nouveau dispositif acoustique</a> mis en place pour les concerts, qui vient remplacer l&rsquo;ancienne conque en place depuis 2005. Les chœurs masculins (réduits à quatre artistes) sont tout à fait satisfaisants, mais on ne peut en dire autant de leurs quatre collègues féminines, bien trop discrètes. On retrouve avec plaisir les caractéristiques du chef français, avec des contrastes étonnants, certains effets inédits, une place particulière accordée aux vents (certains instrumentistes sont d&rsquo;ailleurs mis en relief comme des solistes) mais aussi quelques lourdeurs. Par ailleurs, les cordes nous ont semblé manquer un peu de richesse et même d&rsquo;engagement. Les tempi sont globalement vifs (à l&rsquo;exception du « Per Pietà » sur lequel nous reviendrons) et le chef inspire une véritable théâtralité, avec une légère baisse de tension en fin de seconde partie. Seul nouveau venu de la distribution vocale par rapport à la dernière édition versaillaise, <strong>Leon</strong> <strong>Košavić</strong> est un Guglielmo conjuguant aisance vocale et jeu naturel. La voix est chaude et bien projetée, l&rsquo;aigu clair et sans effort, le grave bien en place. À seulement 33 ans, le baryton croate semblerait même un vieux routier de la scène et on le verrait bien en Danilo, en attendant des rôles plus dramatiques dans quelques années. Un bel artiste, dont on suivra la carrière avec intérêt. <strong>James Ley</strong> est un Ferrando (heureusement) atypique, à la voix franche et pleine, avec un aigu facile. On regrette toutefois un net manque de legato dans « Un aura amorosa » en raison de ce chant un peu trop en force. « Tradito, schernito » est en revanche parfaitement rendu, avec un vrai engagement et non comme une sorte de complainte supplémentaire. On regrettera une fois de plus la coupure du deuxième air de Ferrando, « Ah ! Lo veggio ». Si le morceau est inaccessible à bon nombre de ténors mozartiens traditionnels, incapables d’en assurer les innombrables si-bémol, on imagine fort bien le chanteur américain relever le défi. Une occasion ratée. <strong>Alexandre Duhamel</strong> chante Don Alfonso sans en faire des tonnes, apportant du rythme aux ensembles, et en particulier dans les récitatifs. La projection n&rsquo;est toutefois pas aussi limpide que celle de ses confrères masculin et on note une certaine tendance à détimbrer les notes piano. La composition dramatique est intéressante, rendant bien compte des deux facettes du personnage, à la fois ami et mentor de deux jeunes gens. <strong>Angela Brower&nbsp;</strong>est un miracle de naturel en Dorabella auquel elle ajoute une voix pleine et pulpeuse à une incarnation idéale. On sera plus réservé sur la Fiordiligi d&rsquo;<strong>Ana Maria Labin</strong> au timbre gris et à la projection limitée. Si voix est tout de même assez homogène sur la tessiture (les graves de « Come scoglio » sont bien mieux rendus que par bon nombre de ses consœurs), l&rsquo;interminable « Per Pietà », pris à un rythme plutôt lent par le chef, est un monument d&rsquo;ennui, fortuitement égayé par les accidents du cor qui l&rsquo;accompagne. En Despina, <strong>Miriam Albano</strong> séduit par une incontestable <em>vis</em> <em>comica</em>, à la fois moderne et juste, mais un peu lassante sur la durée. La voix reste toutefois assez limitée, tant en dimension qu&rsquo;en richesse de timbre. Ce qui est acceptable au théâtre l&rsquo;est moins au concert, même avec une mise en espace. Car c&rsquo;est un peu le problème de cette version : nous assistons en fait à une adaptation d&rsquo;un ouvrage qui a tourné scéniquement, c&rsquo;est-à-dire à une version sans mise en scène d&rsquo;un spectacle qui en avait une. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un de ces concerts où, pour une soirée unique, on aura réuni un grand chef, un orchestre et des voix exceptionnelles (et où on aura éventuellement rétabli des pages coupées). Ni pleinement théâtre donc, ni toutefois concert prestigieux, ce <em>Cosi</em> est un objet hybride ne répondant malheureusement à aucun des deux catégories..</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-cosi-fan-tutte-paris-tce/">MOZART, Così fan tutte — Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>PUCCINI, Turandot &#8211; Bruxelles</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-bruxelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=165797</guid>

					<description><![CDATA[<p>Est-ce le destin de Turandot que de rester toujours sans une fin satisfaisante ? On sait que la mort arracha la plume des mains du compositeur il ya juste 100 ans, laissant la dernière scène de l&#8217;œuvre en plan, avec seulement quelques esquisses et la mystérieuse indication « e poi, Tristano », qui allait alimenter &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-bruxelles/"> <span class="screen-reader-text">PUCCINI, Turandot &#8211; Bruxelles</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-bruxelles/">PUCCINI, Turandot &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Est-ce le destin de <em>Turandot</em> que de rester toujours sans une fin satisfaisante ? On sait que la mort arracha la plume des mains du compositeur il ya juste 100 ans, laissant la dernière scène de l&rsquo;œuvre en plan, avec seulement quelques esquisses et la mystérieuse indication « e poi, Tristano », qui allait alimenter tous les fantasmes. Franco Alfano se fit fort de terminer l&rsquo;opéra, mais son travail n&rsquo;a jamais fait l&rsquo;unanimité. Au point que Toscanini refusa de le prendre en compte lors de la création posthume de 1926, et posa sa baguette après la mort de Liu. Luciano Berio a tenté l&rsquo;expérience aussi, sans guère plus de succès. Depuis, l&rsquo;œuvre continue de poser question comme les énigmes que la Princesse adresse à Calaf, et sa forme varie en fonction des lieux et des temps. Lors de la dernière production belge de la pièce, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/turandot-liege-puccini-et-ses-enigmes/">à Liège en 2016, </a>José Cura avait fait le même choix que Toscanini. La Monnaie n&rsquo;avait plus joué <em>Turandot</em> depuis 1979. Il faut dire que le long règne de Gerard Mortier (1981-1992) s&rsquo;était accompagné d&rsquo;un banissement quasi complet de Puccini. Pour ce grand retour au répertoire, c&rsquo;est la version abrégée du final d&rsquo;Alfano qui a été choisie. Mais le travail de <strong>Christophe Coppens</strong> semble entrer en collision avec cette option.</p>
<p>Tout commence très bien, avec un acte I à verser à l&rsquo;anthologie des meilleures mises en scène de l&rsquo;œuvre. Dans un immense appartement de style plutôt Art Déco, mais agrémenté de nombreuses œuvres d&rsquo;art contemporain qui évoquent le corps humain et qui permettent des effets surprenants, Coppens nous montre une haute société décadente et blasée, toute occupée à se faire frissonner de plaisir lorsque les prétendants de la belle Turandot sont exécutés. Sous les splendides éclairages de <strong>Peter Van Praet,</strong> le <strong>Chœur de La Monnaie</strong> danse, court, saute et nous en met plein les oreilles, dans des costumes délicieusement rétros. Il y a bien sûr quelques décalages dans les départs, comme toujours dans cette fresque chorale qu&rsquo;est <em>Turandot</em>, mais l&rsquo;énergie de la masse emporte tout sur son passage. La direction d&rsquo;acteurs est exemplaire, en ce qu&rsquo;elle donne à chaque personnage son poids exact : un Calaf solennel et emprunté, une Liu comme gênée d&rsquo;être là (et quelle émotion lorsqu&rsquo;une colonne l&rsquo;élève vers les cieux et qu&rsquo;elle entonne son « Liu non regge piu »), un Timur fatigué par les années, le trio Ping-Pang-Pong entraîné dans un burlesque irrésistible ; derrière la transposition, la fidélité à l&rsquo;œuvre est totale. On regrettera juste deux concessions au wokisme ambiant : Liu transformée en « servante », alors que le terme italien de « schiava » est sans ambiguïté, et l&rsquo;Empereur qui change de sexe, ce qui ne mange pas de pain mais n&rsquo;apporte rien non plus. Le deuxième acte se poursuit dans le même décor, ce qui ne gêne pas tant ses possibilités sont multiples, et l&rsquo;apparition de Turandot en bord de scène, avec son visage éclairé par en bas, fait grand effet. Le personnage, mélange de mégère et de petite fille gâtée, a une vraie consistance. La scène des énigmes est réussie, de même que le début de l&rsquo;acte III, avec un moment de pure beauté lorsqu&rsquo;un voile noir translucide tombe des cintres et que trois danseuses lascives entourent Calaf pour l&rsquo;inviter aux tentations de la chair. On s&rsquo;apprête à vivre un superbe final. Hélas, Christophe Coppens sombre alors dans un intellectualisme de mauvais aloi. D&rsquo;une transposition intelligente, il vire vers une déconstruction complète, décidant de transformer le duo final en une scène où Turandot regarde son futur amant à la télévision, après qu&rsquo;un cadavre non identifié ait surgi d&rsquo;un tableau contemporain. Outre que cela nous prive d&rsquo;entendre la voix du ténor dans des conditions naturelles, on ne voit pas très bien le sens de ceci, ni surtout le lien avec ce qui précède, si ce n&rsquo;est une peur de la part du metteur en scène de s&rsquo;abandonner à trop de lyrisme. Une fois de plus, la fin de <em>Turandot</em> tombe à plat, comme si une malédiction pesait sur l&rsquo;oeuvre.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC2220_EwaVesin%C2%A9MatthiasBaus-1294x600.jpg" alt="" />© Matthias Baus</pre>
<p>Ce retour de <em>Turandot</em> à l&rsquo;affiche devait s&rsquo;accompagner des retrouvailles de l&rsquo;orchestre avec son ancien directeur musical, Kazuchi Ono. Hélas, ce dernier a dû se retirer de la production au début des répétitions pour des raisons de santé. C&rsquo;est sa doublure, <strong>Ouri Brontchi</strong>, prévu à l&rsquo;origine pour quatre représentations, qui a dû prendre le relais et assumer la première. Difficle de dire qui a fait quoi, vu qu&rsquo;on ne sait pas exactement quand le maestro Ono s&rsquo;est désisté. Ce qui est certain est que <strong>l&rsquo;Orchestre de la Monnaie </strong>a mangé du lion, et que la fosse s&rsquo;est apparentée plus d&rsquo;une fois à un volcan en éruption. La partie d&rsquo;orchestre de l&rsquo;opéra est un véritable défouloir pour les instrumentistes qui s&rsquo;en donnent à cœur joie, surtout les cuivres et les percussions. Mais le chef veille au grain, et ne laisse jamais sa fosse déborder son plateau. Les chœurs de La Monnaie, magré les menus désordres signalés plus haut à l&rsquo;acte I, sont au diapason et remplissent pleinement leur rôle de personnage. Mention spéciale pour le chœur d&rsquo;enfants, en lévitation dans l&rsquo;évocation des montagnes de l&rsquo;Est.</p>
<p>La distribution est presque un sans faute. Seul <strong>Michele Pertusi</strong> déçoit légèrement en Timur. Celui qui fut une des meilleures basses des années 90 (il faut réentendre son Leporello sous la baguette de Georg Solti et son <em>Turco in Italia</em> avec Chailly, tous les deux chez Decca) semble usé par une carrière très remplie, et son vibrato devient vite gênant. Mais l&rsquo;artiste est d&rsquo;une telle valeur qu&rsquo;il a conscience de ses limites, et camoufle ses difficultés avec 1001 artifices. Point besoin de maquillage pour la Liu de  <strong>Verena Gimadieva</strong>, qui bouleverse avec une voix qui est idéalement celle de son personnage, pure et limpide. La façon dont elle la dose tient du miracle : savoir alterner dans un même souffle intensité et fragilité, en fonction des nuances du texte, n&rsquo;est pas donné à tout le monde. Sa mort fait pleurer la salle, et elle en contraste parfait avec la Turandot toute d&rsquo;acier <strong>d&rsquo;Ewa Vesin</strong>. Son soprano torrentiel cloue sur place dès ses premières notes, et elle réussit très bien la transition vers l&rsquo;acceptation de l&rsquo;amour, sachant mettre de plus en plus de miel sur les pointes métalliques de son chant. Le Calaf de <strong>Stefano La Colla</strong> décevra les fans de Pavarotti : voilà un chant tout en effort et en héroïsme, loin de la facilité de Big Luciano, qui a modelé les oreilles des mélomanes depuis 50 ans dans ce rôle. Mais c&rsquo;est dans doute comme cela que Puccini a conçu la partie, que trop de facilité peut rendre un peu tiède. Le « Nessun dorma » sent l&rsquo;effort, mais il n&rsquo;en est que plus émouvant. On râlera d&rsquo;autant plus de se voir privés de tant de vaillance par les bizarreries de la mise en scène lors du duo final, où ses aigus auraient pu rivaliser avec ceux de sa partenaire. Dommage &#8230; L&#8217;empereur remplacé par une impératrice bénéficie de la voix menue mais charmante de <strong>Ning Liang</strong>, et le trio Ping/Pang/Pong <strong>d&rsquo;Alexander Marev, Leon Kosavic </strong>et<strong> Valentin Thill</strong> alterne avec bonheur comique troupier et lyrisme exquis. Bref, malgré son évidente baisse de tension sur la fin, cette production de <em>Turandot</em> vaut assurément le détour par Bruxelles.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-turandot-bruxelles/">PUCCINI, Turandot &#8211; Bruxelles</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>STRAUSS II, Die Fledermaus &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Dec 2023 05:44:56 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=152627</guid>

					<description><![CDATA[<p>Bal masqué, champagne, valses et polkas, pétillement, la Chauve-Souris est la promesse d’une fête et cette promesse a été tenue magistralement ce soir, la représentation s’achevant auréolée d’une standing ovation. La mise en espace proposée par Romain Gilbert fonctionne à merveille et parvient à faire oublier le désagrément de la version de concert tant la &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/"> <span class="screen-reader-text">STRAUSS II, Die Fledermaus &#8211; Paris (TCE)</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/">STRAUSS II, Die Fledermaus &#8211; Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Bal masqué, champagne, valses et polkas, pétillement, la <em>Chauve-Souris</em> est la promesse d’une fête et cette promesse a été tenue magistralement ce soir, la représentation s’achevant auréolée d’une standing ovation.</p>
<p>La mise en espace proposée par <strong>Romain Gilbert</strong> fonctionne à merveille et parvient à faire oublier le désagrément de la version de concert tant la dimension théâtrale est présente, portée par une troupe d’artistes autant acteurs que chanteurs. Le plaisir qu’ils prennent tous à participer à cette production est palpable. Parfaitement germanophones, les artistes ont enchanté le public de leur diction parlée et chantée.</p>
<p>Globalement homogène et de grande qualité, le plateau a été toutefois largement dominé par l’incandescent Orlofsky de <strong>Marina Viotti</strong>, et l’époustouflant Falke de <strong>Leon Kosavic</strong>, les deux compères farceurs de la soirée. Les couleurs cuivrées de la voix insolente de beauté et parfaitement projetée de la mezzo-soprano, mêlées à la puissance des graves du jeune baryton croate ont subjugué l’auditoire, au même titre que leur prestation théâtrale. Marina Viotti a même révélé ses talents de chauffeur de salle et de chef d’orchestre en délogeant <strong>Marc Minkowski</strong> au début de la Danse Russe.</p>
<p>Le reste de la distribution s’est avérée tout aussi remarquable, à commencer par la délicieuse Adèle d’<strong>Alina</strong> <strong>Wunderlin</strong>. Espiègle, facétieuse, la jeune soprano allemande est l’incarnation joyeuse de son personnage. Avec ses aigus d’une facilité déconcertante et sa remarquable homogénéité de registre, elle vient aisément à bout de ses 2 airs malgré les tempi souvent trop rapides de Marc Minkowski qui heureusement ne perturbent pas la précision de ses vocalises moqueuses dans « Mein Herr Marquis »</p>
<p>Ce tourbillon orchestral finira par gêner quelque peu la Rosalinde de <strong>Jacquelyn Stucker</strong> dans son Csardas après nous avoir régalés de ses échanges mordants avec l’Alfred du truculent <strong>Magnus Dietrich</strong> et son mari Eisenstein, interprété au pied levé par l’excellent <strong>Christoph Feller</strong> en remplacement de <strong>Huw Montague Rendall</strong>, souffrant.  A noter aussi le Frank haut en couleurs de <strong>Michael Kraus</strong>, irrésistible Chevalier Chagrin !</p>
<p>A l’issue de la représentation, c’est non sans émotion que Marc Minkowski s’adressa au public pour dédier à la paix le bis proposé, extrait de l’acte II lors du bal chez le Prince Orlofsky : « Brüderlein und Schwesterlein ».</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-ii-die-fledermaus-paris-tce/">STRAUSS II, Die Fledermaus &#8211; Paris (TCE)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Luxembourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-luxembourg-situations-etranges-emotions-fortes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Mar 2023 05:00:10 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-luxembourg-situations-etranges-emotions-fortes/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Reprise d’une production du Festival d’Aix-en-Provence où le spectacle fut créé la saison dernière, cette mise en scène controversée fait en ce moment étape à Luxembourg pour trois représentations. En ce jour de première, la salle n’est pas pleine, hélas, et s’éclaircira même en cours de route ; une partie des spectateurs aura été déroutée par &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-luxembourg-situations-etranges-emotions-fortes/"> <span class="screen-reader-text">WAGNER, Tristan und Isolde — Luxembourg</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-luxembourg-situations-etranges-emotions-fortes/">WAGNER, Tristan und Isolde — Luxembourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Reprise d’une production du Festival d’Aix-en-Provence où le spectacle fut créé la saison dernière, cette mise en scène controversée fait en ce moment étape à Luxembourg pour trois représentations. En ce jour de première, la salle n’est pas pleine, hélas, et s’éclaircira même en cours de route ; une partie des spectateurs aura été déroutée par l’audace ou la complexité du propos du metteur en scène. On peut le comprendre tant la transposition est radicale et peut praraître éloignée de la tradition. Pourtant, le visuel est splendide de bout en bout, l&rsquo;émotion est sans cesse au cœur du spectacle, chaque détail fait sens pour qui veut se donner un peu de  peine et chercher à comprendre, et jamais l&rsquo;œuvre n&rsquo;est rabaissée.</p>
<p>La conception même du spectacle, telle qu’elle apparait dans les notes d’intentions du metteur en scène <strong>Simon Stone</strong>, est assez complexe en effet pour qu’on prenne le temps de l’expliquer. Durant le prologue, une femme entre deux âges s’aperçoit que son mari la trompe : elle aime toujours mais ne se sent plus aimée. Elle va puiser dans le mythe wagnérien le matériau d’une longue réflexion métaphysique sur le sens de l’amour, du désir, du temps qui passe et du vieillissement, nourrissant ainsi sa décision de rupture qui interviendra tout à la fin du spectacle, par un glissement progressif entre le mythe et la réalité au cours du long monologue de la mort d’Isolde. On peut juger qu’une telle mise en abîme n’est pas strictement nécessaire, ou même qu’elle jette un peu de confusion dans le spectacle. Mon avis est plutôt qu’elle ajoute une dimension très contemporaine et presque psychanalytique sans dévoyer l’œuvre, et qu’elle sollicite de la part du spectateur une réflexion approfondie sur ce qu’est un mythe, ce qu’il peut apporter à nos vies contingentes, et comment il devient intemporel à travers la plus belle des musiques.</p>
<p>Le spectacle commence par une petite fête entre amis dans l’appartement d’une femme. Décor somptueux, en format cinémascope, vue à 180 degrés sur la ville, éclairages magnifiques, tout concourt à une atmosphère d’aisance et de luxe qui bien entendu ne préserve pas des affres du désamour et de la trahison. Le même appartement devient alors le bateau qui amène Isolde en Cornouailles par une terrible nuit d’orage, où s’établit le rapport de force entre les futurs amants, le lieu de l’échange du philtre, de leur attirance irrésistible et soudaine. Tout le premier acte est passé sans aucune longueur, déroulant des images magnifiques de mer déchaînées ou de soleil radieux.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/230225_ext_grandtheatre_tristant_isolde_opl_c_eric_devillet_21.jpg?itok=hSZ7aT3P" title="Ann Petersen, Isolde et Daniel Frank, Tristan© Philharmonie Luxembourg/Eric Devillet" width="468" /><br />
	Ann Petersen, Isolde et Daniel Frank, Tristan © Philharmonie Luxembourg/Eric Devillet</p>
<p>Le deuxième acte se déroule dans un bureau open-space avec vue panoramique sur les toits de Paris. C’est dans la clandestinité, après les heures de travail, qu’Isolde retrouve son amant, c’est au bureau qu’ils passent leur nuit torride. Le metteur en scène, dans une sorte de délire onirique, va démultiplier ce couple, le représenter aux divers âges de la vie, dans différentes configurations, pour en faire une sorte de couple universel. Ici aussi, les images défilent à travers les fenêtres, du crépuscule à l’aube, créant des tableaux magnifiquement éclairés (<strong>James Farncombe</strong>) avec des ciels à couper le souffle. Aussi soudainement que l’éclatement d’une bulle, l’atmosphère bascule complètement dès que les amants sont surpris. Le travail de caractérisation de chaque personnage et les interactions entre eux est particulièrement bien soigné ; la consternation générale face à la trahison, le désespoir du Roi Marke sont tangibles et bouleversants, de même que l’escalade de violence qui conduit au geste de Melot. Le spectateur est comme au cinéma, complètement happé par la mise en scène en même temps qu’il est envoûté par la musique.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/230225_ext_grandtheatre_tristant_isolde_opl_c_eric_devillet_41.jpeg?itok=k-zEylN4" title="Josef Wagner, Kurwenal, Daniel Frank, Tristan et Joel Williams, un marin© Philharmonie Luxembourg/Eric Devillet" width="468" /><br />
	Josef Wagner, Kurwenal, Daniel Frank, Tristan et Joel Williams, un marin © Philharmonie Luxembourg/Eric Devillet</p>
<p>Et la magie continue au troisième acte. Toute la dernière partie du spectacle est menée avec une grande maestria, une parfaite adéquation entre mise en scène et ligne musicale, le cheminement d’une rame de métro amplifiant le déroulement de la partition. Le spectateur est pris par la main, aspiré par le mouvement. Nous voici à présent à la Porte des Lilas, dans un wagon du métro parisien, avec ses voyageurs et son musicien ambulant (le cor anglais) ; une rixe éclate et Melot réédite son coup de couteau vengeur. Dans une accélération du temps, les stations vont alors défiler, comme les stations d’un chemin de croix, celui de l’agonie de Tristan. Télégraphe, Place des Fêtes, des passagers entrent et sortent, Jourdain, l’agonie se prolonge ; fidèle et magnifique, Kurwenal est aux côtés de son Prince. Pyrénées, au plus mal Tristan quitte un peu la réalité. Par les fenêtres du métro, il est transporté dans un paysage de montagnes. Belleville, Goncourt, Isolde embarque, dans une somptueuse robe de lamé or, la raison de Tristan vacille, il retrouve la mer du premier acte, le sentiment d’urgence est de plus en plus présent, le défilement des stations s’accélère. République, Rambuteau, c’est le grand air de la mort d’Isolde, paroxysme de trouble, d’angoisse et d’émotion. Hôtel de Ville, Châtelet : revenue à la vie civile, redevenue le personnage contemporain qu’on a vu pendant le prologue, elle quitte la rame sans se retourner. La rupture avec Tristan est consommée. Rideau. </p>
<p>Le casting, différent de celui d’Aix en Provence, est assez homogène, avec même quelques éléments exceptionnels : saluons tout d’abord la très belle performance de <strong>Ann Petersen</strong> en Isolde, puissante, maternante, dominatrice, très à l’aise vocalement et dominant le rôle jusqu’au bout sans faillir. A ses côtés, le Tristan de <strong>Daniel Frank</strong> est un peu moins héroïque : la voix, parfois aux limites de sa capacité, ne disconvient pas au rôle mais présente peu de variété de couleurs, peu d’inflexions expressives, de sorte que la prestation paraît globalement un peu terne. Le rôle de Brangäne est chanté par <strong>Katarina Karnéus</strong>, dont la belle voix grave au timbre ambré opère avec charme. Fort bien distribué également, le Kurwenal de <strong>Josef Wagner</strong> (il tenait déjà le rôle à Aix), peu présent au début, se révèle au dernier acte suscitant beaucoup d’émotion. Magistrale à tout point de vue, la prestation de <strong>Franz-Josef Selig</strong> en Roi Marke impressionne par l’ampleur caverneuse de la voix, somptueuse, par le physique, imposant, et par l’autorité du chanteur. <strong>Leon Košavić</strong> (Mélot) réussit à donner une véritable présence et beaucoup de relief au rôle du mauvais tandis que le jeune <strong>Joel Williams</strong>, fidèle et discrète présence tout au long du dernier acte, prête son physique avantageux au double rôle du berger et du marin.</p>
<p>Une telle réussite ne serait pas possible, c’est évident, sans la complicité de la fosse et de l’orchestre dont Lothar Koenigs tire le meilleur parti possible. Avec des tempi relativement lents au début (en particulier pour l’ouverture donnée avec beaucoup de solennité), une grande attention portée à la synchronisation des éléments visuels et musicaux, comme au cinéma, le chef contribue pour beaucoup à la solidité de l’édifice global. La profondeur des timbres, la réalisation de quelques solo instrumentaux laissent parfois un peu à désirer, mais l’ensemble est de belle tenue, assurant la cohérence musicale d’un bout à l’autre du spectacle.</p>
<p> </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-und-isolde-luxembourg-situations-etranges-emotions-fortes/">WAGNER, Tristan und Isolde — Luxembourg</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HALÉVY, La Juive — Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 Sep 2022 12:59:27 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/tant-de-talent-emporte-l-adhsion/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Depuis 1927 La Juive avait disparu des programmes du Grand Théâtre de Genève. Son retour constitue donc un évènement et pourtant la deuxième représentation n’a pas fait le plein. La proposition scénique aurait-elle indisposé ? Notre voisin regrettait que le metteur en scène exploite au dernier acte l’extermination des Juifs par le régime nazi, et certes &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/"> <span class="screen-reader-text">HALÉVY, La Juive — Genève</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/">HALÉVY, La Juive — Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis 1927 <em>La Juive</em> avait disparu des programmes du Grand Théâtre de Genève. Son retour constitue donc un évènement et pourtant la deuxième représentation n’a pas fait le plein. La proposition scénique aurait-elle indisposé ? Notre voisin regrettait que le metteur en scène exploite au dernier acte l’extermination des Juifs par le régime nazi, et certes ni Halévy ni Scribe n’en avaient la prescience. En 1835, ils avaient écrit un mélodrame conforme à l’air du temps depuis le triomphe d’<em>Hernani</em> et de <em>Robert le Diable</em>, où s’entrechoquent les passions d’individus qui représentent plus qu’eux-mêmes. La situation politique en France ajoutait  du piquant au sujet : la révolution de 1830,avait chassé un roi « de droit divin ». Désormais, l’Eglise qui faisait les rois depuis des siècles devait rabattre de sa prétention à influencer les gouvernements et contrôler la société. La loi dite « du culte israélite », six mois après l’accession au pouvoir de Louis-Philippe comme « roi des Français » avait déjà ce rôle, en proclamant l’égalité des droits civiques des adeptes de ce culte avec ceux des chrétiens.  </p>
<p>Le sujet cher à Scribe qui l’avait proposé en vain à Meyerbeer avait l’avantage de la mise à distance temporelle et permettait, conformément à l’esthétique du grand opéra, l’insertion d’aventures individuelles dans un contexte historicisant, ici celui du Concile de Constance. En s’affranchissant de la date précise et en élargissant la perspective jusqu’au siècle dernier, <strong>David Alden</strong> a probablement l’intention de montrer la permanence des effets détestables du fanatisme religieux, si prompt à déchaîner la violence. Les passants auxquels s’attaque la milice n’ont d’autre tort que d’être Juifs : souvenons-nous que c’est seulement après 1965 que les Juifs ne seront plus qualifiés de « déicides » par les catholiques, mais de « frères aînés », à peu près les mots que Brogni adressera à Eléazar. Mais les sbires qui maltraitent les Juifs sont sous les ordres de l’empereur de droit divin qui parade pour célébrer la défaite sanglante des partisans d’une réforme de l’Eglise. Quant à la communauté chrétienne elle est hideuse, grâce aux costumes de <strong>Jon Morrell</strong>, à des maquillages savants et à des accessoires signifiants, tels les missels brandis ou les images et reliques exhibées lors de la procession, constituant un troupeau d’apparence sinistre dont les mouvements grégaires illustrent l’agressivité communautaire et dont la scène d’’ivrognerie crapuleuse dévoile l’immoralité. Alors, pourquoi pas complices des crimes nazis ? Sauf que généraliser, c’est exagérer, c’est donc se tromper, même si on ne peut nier que l’œuvre s’achève sur les cris de joie des chrétiens qui ont assisté au supplice.</p>
<p>Mais nous n’allons pas refaire le procès de Pie XII. Au-delà du parti-pris indéniablement partisan et dont on peut douter qu’il soit scrupuleusement fidèle aux intentions des auteurs, ce spectacle a une force et une cohérence qui s’imposent à l’admiration. La scénographie de <strong>Gideon Davey</strong> crée des espaces différents par le déplacement de grands panneaux orientables, ici une rue, là une salle à manger, une chambre ou une prison. Les chœurs s’y déplacent en blocs compacts dans une homogénéité dont même la pantomime de l’orgie ne vient pas à bout. Du coup les évolutions des solistes prennent un relief bienvenu. L’arrivée d Eléazar et de Rachel, dans leur élégante mais sobre tenue bourgeoise des années 30 du siècle dernier les distingue aussitôt de l’uniformité passéiste des habits et des crinolines. A l’indécente exhibition de la fête s’oppose la dignité de la célébration de la Pâque juive, qui réunit les générations autour du repas. Les scènes d’intimité sont traitées avec une habileté consommée : de la sérénade du pseudo-Samuel sous le balcon de Rachel – avec l’accompagnement de guitare prescrit – au boléro sensuel d’Eudoxie, aux divers face à face les personnages prennent tout le relief que l’œuvre leur consent.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/eleazar_et_leopold_acte_iii.jpg?itok=8KfgIHc0" title="Rachel a dénoncé publiquement Léopold. Eléazar le foudroie du regard © dougados magali" width="468" /><br />
	© dougados magali</p>
<p>Serait-ce possible avec une autre distribution ? Celle réunie à Genève, outre une homogénéité rare de la qualité de l’articulation du français, à très peu près impeccable, se compose de solistes pleinement investis dans leurs rôles et dont l’apparence physique est le plus souvent compatible avec les  personnages. Si tous ces personnages nous parviennent si expressifs, probablement est-ce dû à une direction d’acteurs précise . A la douceur recueillie du début du Te Deum va succéder la vigueur, puis la véhémence, la brutalité, que les chœurs insuffleront sans faille à leurs interventions, d’une précision irréprochable. <strong>Leon Kosavic </strong>campe les deux rôles du prévôt et du compagnon de Léopold d’une voix bien timbrée sans outrer pour le premier la sévérité de ses annonces, indiquant peut-être  par là qu’elle n’est pas le reflet d’une nature brutale mais la simple application de la loi.</p>
<p>Pour la basse <strong>Dmitry Ulyanov</strong>, les notes les plus graves du rôle du cardinal de Brogni constituent une gageure à relever ; il le fait honorablement, même si le son devient râpeux. Mais l’essentiel n’est pas là : il donne au personnage l’humanité qui fait défaut à ses ouailles et le sauve ainsi d’une condamnation sans appel. On peut trouver facile que l’ancien bourreau tende la main à sa victime, et penser que ses efforts désespérés pour sauver Rachel relèvent moins de la simple humanité – à défaut de principes chrétiens – que d’une inconsciente voix du sang. Mais ces attitudes l’excluent du camp des irrécupérables .Le chanteur communique tout cela, en jouant des couleurs de sa voix, et dans ses duos avec Rachel et avec Eléazar l’affectivité du personnage atteint celle du spectateur.</p>
<p>Annoncée souffrante, <strong>Elena Tsallagova </strong>inquiète quelques instants par une justesse aléatoire et des aigus stridents, mais une fois la voix chauffée elle démontre avec brio qu’elle a tous les moyens d’une Eudoxie. C’est un aspect intéressant de cette production que la complexité conférée au personnage. . Privilégiée exigeante et volubile chez Eléazar, jeune femme narcissique aimant se mettre en scène, épouse sensuelle que le retour de son mari épanouit, David Alden nous fait témoins de sa défaite quand elle échoue à stimuler la libido de Léopold. A cette humiliation privée succèdera l’outrage public et elle finira par supplier sa rivale, dans un renoncement qui va racheter sa frivolité initiale. La crédibilité de cette évolution dépend évidemment du talent de l’incarnation et celle d’Elena Tsallagova ne laisse rien à désirer.</p>
<p>Son époux infidèle est campé par <strong>Ioan Hotea</strong>, dont l’intrépidité fait parfois frémir car s’il atteint les sommets vers lesquels il s’élance, parfois on perçoit trop l’effort. Quand il ne cherche pas l’exploit, il séduit par un comportement vocal et scénique qui anime le personnage ; on entend dans sa sérénade des  souvenirs rossiniens et paradoxalement des accents de chantre de synagogue ; plus tard il est l’amoureux pressant, le rêveur éveillé, le penaud contraint à la fuite. C’est juste et c’est convaincant.</p>
<p>L’autre rôle de ténor, c’est celui créé pour et par Adolphe Nourrit, celui de l’homme qui, broyé de malheurs, sa femme morte, ses fils victimes des chrétiens, a pris le parti de la vie en sauvant un nouveau-né. Contraint à l’exil, il l’a emmené avec lui.  Agissant ainsi, il l’a ravi à son père, exerçant sur ce chrétien une sorte de loi du talion. Il a élevé cette enfant dans sa foi, cherchant à lui donner l’amour d’une vie digne et de la prévenir contre les chrétiens, dont l’inimitié les environne. Et cette enfant est devenue la sienne. Mais il n’a rien oublié et son ressentiment est toujours aussi vif envers les bourreaux qui maltraitent sans trêve sa communauté.  Et voilà, selon les lois du mélodrame, sa fille s’est éprise d’un ennemi perfide, venu les tromper en se faisant passer pour un coreligionnaire. La complexité de la situation de cet homme, déchiré entre sa foi et son amour paternel, entre martyre subi et martyre accepté, il incombe à <strong>John Osborn </strong>de l’incarner. Nos lecteurs savent notre admiration pour cet artiste, en qui s’unissent de manière exceptionnelle la maîtrise technique et la pénétration psychologique. Mais il reste un homme qui chante, exposé comme ses pareils à toutes les fragilités. Par bonheur la grâce était au rendez-vous : rien n’est venu altérer l’émission, perturber le contrôle, compromettre un aigu, affaiblir la projection. Et comme la démonstration vocale s’est accompagnée d’un comportement scénique à la fois juste et mesuré on s’incline avec respect et reconnaissance.</p>
<p>Rachel, celle qui allume les flambeaux de la veillée de prières, doit garder l’équilibre entre son statut de fille obéissante élevée dans la pudeur et la piété et la fougue de sentiments qu’elle peine à maîtriser. Somme toute, sa position ressemble à celle de Mathilde dans <em>Guillaume Tell</em> et il n’est pas étonnant que des couleurs voisines suggèrent cette filiation. Annoncée elle aussi souffrante, <strong>Ruzan Mantashyan </strong>ne nous fait pas languir : elle est d’entrée le personnage de cette fille dévouée à son père, discrète et déterminée, tant qu’il ne s’agit pas du pseudo-Samuel. La voix ferme sait se faire tendre et on comprend qu’Eléazar ne puisse résister à la douceur de la prière : « Pour lui, pour moi, mon père… ». L’écueil de la romance« Il va venir » a été franchi haut la main, le trouble puis la révolte aux révélations successives de Léopold, il faut à l’interprète un tempérament dramatique affirmé et la voix ferme et assez longue pour exhaler l’indignation ou les menaces. L’artiste a tout cela, et l’on est comblé.</p>
<p>Mais <em>La Juive,</em> c’est aussi beaucoup de musique, au moins quatre heures, dont une bonne partie à la création avait pour fonction d’accompagner le grand spectacle. De nos jours, une reconstitution à l’identique étant exclue, pourquoi ne pas tenter une continuité narrative plus resserrée ? C’est l’option de <strong>Marc Minkowski, </strong>après d’autres, et force est de reconnaître qu’elle a fonctionné admirablement. Ce que l’on perd en durée de la musique on le gagne en efficacité émotionnelle. En enchaînant les tableaux on rehausse les contrastes, et on augmente l’impact dramatique parce que les scènes sont resserrées. Osera-t-on l’avouer ? Ainsi rythmées, les péripéties que constituent les révélations successives nous ont fait penser aux <em>soap operas</em> où le but de chaque scène est d’amener le spectateur à une découverte qui surenchérit sur la précédente. Cela donne à la représentation une tension que l’alternance des scènes de foule et des confrontations d’individus ne dissipe à aucun moment. Elle est soutenue par l’admirable tenue de l’orchestre, dont les instrumentistes confirment leur haute réputation mais qui semblent avoir épousé toutes les intentions de Marc Minkowski. Quand il se définit comme le fils d’une chrétienne et d’un juif, il indique que sa sensibilité a été nourrie de ces deux sources. C’est ce qu’il donne à entendre, probablement par un travail plus soutenu ou plus attentif que d’autres sur les sonorités qu’il rattache à celles de la musique d’Europe centrale jouée par des musiciens juifs itinérants. Car, en profane que nous sommes nous avons perçu çà et là comme l’écho de la voix d’un chantre – dans la sérénade du pseudo-Samuel, dans la prière d’ Eléazar – englobés dans une composition où passent des échos rossiniens – certains accents de Rachel évoquent la Mathilde de <em>Guillaume Tell</em>. Dans l’Ouverture on croit entendre le chofar, et la douceur des violoncelles amène à se demander si Offenbach ne l’a pas jouée, lui que certains traits annoncent, comme maints autres anticipent le Verdi de <em>Don Carlos</em>. Evidemment cela irait sans dire mais il convient de préciser combien la lecture de Marc Minkowski peut-être vigoureuse, voire cinglante, mais quel travail a été accompli pour doser les intensités sans les outrer ! Cette exécution mémorable nous restitue Halévy tel qu’en lui-même : un syncrétisme qui en fait un héritier et un prophète. Quand le rideau tombe sur l’horreur du dénouement on ne peut pas être malheureux, tant l’œuvre a été traitée avec talent. Le « bouh » isolé qui avait retenti à la fin du premier acte est resté orphelin et c’est avec une belle unanimité que le public a fait un triomphe aux artistes. On envie les prochains spectateurs !</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-juive-geneve-tant-de-talent-emporte-ladhesion/">HALÉVY, La Juive — Genève</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>SCHREKER, Der Schmied von Gent — Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmied-von-gent-anvers-bruegel-au-congo/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 01 Feb 2020 23:12:20 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/bruegel-au-congo/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Lorsqu’il s’attela à ce qui devait être son dernier opéra, Franz Schreker décida de rompre avec les sujets et le style qui avaient été les siens jusque-là. D’abord, au lieu de s’abîmer dans les méandres de la psychologie humaine, il choisit le ton du conte populaire, afin de toucher le plus large public, et jeta &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmied-von-gent-anvers-bruegel-au-congo/"> <span class="screen-reader-text">SCHREKER, Der Schmied von Gent — Anvers</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmied-von-gent-anvers-bruegel-au-congo/">SCHREKER, Der Schmied von Gent — Anvers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Lorsqu’il s’attela à ce qui devait être son dernier opéra, Franz Schreker décida de rompre avec les sujets et le style qui avaient été les siens jusque-là. D’abord, au lieu de s’abîmer dans les méandres de la psychologie humaine, il choisit le ton du conte populaire, afin de toucher le plus large public, et jeta son dévolu sur <em>Smetse Smee</em>, du romancier belge Charles De Coster, auteur de <em>La Légende d’Uylenspiegel</em> (1868). Sur fond de Révolte des Gueux, cette légende flamande fait intervenir le Christ et le Diable, recourt à des éléments archétypaux comme les trois souhaits et montre comment le héros put échapper à l’enfer pour entrer au paradis. Avec ce que le compositeur appelait « un opéra à la Bruegel », on est en effet à cent lieues de l’univers dépeint dans <em>Der ferne Klang</em>. Quant à la musique, Schreker voulut être « assez moderne » ; s’il connaissait les expériences de Schoenberg, auquel était dédié son précédent opéra, <em>Christophorus</em>, il préféra se tourner vers une autre modernité de l’entre-deux-guerres, celle de la Nouvelle Objectivité et du Zeitoper, mais aussi celle d’un Prokofiev ou d’un Chostakovitch.</p>
<p>Pour sa première mise en scène d’opéra, <strong>Ersan Mondtag</strong> a choisi de traiter avec un certain respect cet ouvrage rarissime et largement inconnu du public. Le spectateur est pris par la main pour suivre ce récit populaire, arraché à son contexte historique mais clairement situé en Flandres, grâce aux façades à pignon du décor tournoyant, qui dévoile un gigantesque dieu Baal dévoreur d’enfants, décor aussi multicolore que les costumes mélangeant les époques et les sexes. Le héros n’est plus vraiment forgeron, mais il a le côté bondissant et insolent de son frère Till l’Espiègle. Et deux des personnages dont Smee se joue au deuxième acte ne sont plus un magistrat et le duc d’Albe, mais des diables rouges et cornus. Jusqu’à l’entracte, donc, tout est clair. Mais au dernier acte, les choses se compliquent. Les références à l’art africain, jusque-là relativement discrète, éclatent tout à coup, et d’incarnation de la résistance flamande à l’occupant espagnole, le héros devient tout le contraire, puisqu’il est grimé en Léopold II, roi des Belges qui acheta le Congo et y encouragea toutes sortes d’exactions. Puisqu’il a berné les puissances de l’enfer, l’accès lui est refusé, mais les habitants de l’enfer qui l’ont aidé auparavant écoutent le (long) discours prononcé par Patrice Lumumba lors de l’indépendance du Congo en juin 1960. Puis au paradis, il apparaît que saint Pierre est noir de peau, lui aussi… Finalement, le héros est accueilli au Ciel, mais les émissaires infernaux reviennent aussi sur scène, et la diablesse Astarté a le dernier mot (ajouté au livret) lorsqu’elle ôte sa fausse barbe à Smee en demandant au public « Really ? », comme si plus personne ne pouvait adhérer au grand chœur final qui répète ses Alléluias.</p>
<p>La distribution vocale est de haut niveau, à commencer par l’époustouflant <strong>Leigh Melrose</strong> qui ne quitte pratiquement pas la scène d’un bout à l’autre de la soirée, qui ne cesse de s’agiter, de sautiller, de ricaner, véritable meneur de jeu qui porte le spectacle sur ses épaules. Vocalement, la partition laisse la possibilité de confier le rôle-titre à un baryton ou à une basse : c’est ici un baryton que l’on entend, choix pertinent quant à la personnalité du héros, quitte à ce que les notes les plus graves soient un peu moins audibles. Impossible de résister ici à l’incarnation proposée par le baryton américain, acteur-né et chanteur autoritaire. Dans le rôle de son épouse, on est ravi que <strong>Kai Rüütel </strong>se voie enfin confier un personnage de premier plan, tant la densité de son timbre s’impose à l’évidence, même si le livret ne laisse pas une grande latitude à ce personnage « angélique ». Astarté énigmatique, <strong>Vuvu Mpofu </strong>fait entendre une voix saine et expressive. Membre du Jeune Ensemble, le ténor <strong>Daniel Arnaldos</strong> est un saisissant Flipke en vertugadin, particulièrement déchaîné dans sa chanson à boire du dernier acte. Parmi les nombreux seconds rôles distribués avec soin, on remarque le Christ d’<strong>Ivan Thirion</strong> et la Vierge Marie de <strong>Chia-Fen Wu</strong>, ainsi que le saint Pierre de <strong>Justin Hopkins</strong>, jeune baryton-basse américain dont la voix solide dément la sénilité affichée dans son jeu.</p>
<p>En fosse, <strong>Alejo Pérez</strong> se montre tout à fait maître du déferlement sonore organisé par Schreker, aussi à l’aise dans les éléments faussement populaires que dans les hardiesses de la partition. Pas sûr que le compositeur ait vraiment écrit là « <em>eine Oper für Jedermann</em> », mais cette production, malgré certaines bizarreries de la mise en scène, marque un jalon dans la Schreker-Renaissance, qu’on espère bien voir se prolonger avec <em>Irrelohe </em>le mois prochain à Lyon.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/der-schmied-von-gent-anvers-bruegel-au-congo/">SCHREKER, Der Schmied von Gent — Anvers</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Opéra au cinéma : un Don Giovanni fastueux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/opera-au-cinema-un-don-giovanni-fastueux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 10 Oct 2019 04:24:50 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/breve/opera-au-cinema-un-don-giovanni-fastueux/</guid>

					<description><![CDATA[<p>La saison du Royal Opera House s’est ouverte avec Don Giovanni dans la production que son ancien directeur Kasper Holten avait signée en 2014. Ce spectacle a également inauguré les retransmissions dans les cinémas de la première scène londonienne. Le décor ingénieux d&#8217;Es Devlin représente un bâtiment en forme de cube placé sur une tournette qui &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/opera-au-cinema-un-don-giovanni-fastueux/"> <span class="screen-reader-text">Opéra au cinéma : un Don Giovanni fastueux</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/opera-au-cinema-un-don-giovanni-fastueux/">Opéra au cinéma : un Don Giovanni fastueux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La saison du Royal Opera House s’est ouverte avec <em>Don Giovanni</em> dans la production que son ancien directeur <strong>Kasper Holten</strong> avait signée en 2014. Ce spectacle a également inauguré les retransmissions dans les cinémas de la première scène londonienne. Le décor ingénieux d&rsquo;<strong>Es Devlin</strong> représente un bâtiment en forme de cube placé sur une tournette qui permet d&rsquo;en dévoiler les escaliers, les niches et les nombreuses portes propices à divers jeux de scènes ou de cache-cache. Sur cet édifice de couleur blanche, les vidéos projetées de <strong>Luke Hall</strong>, permettent de créer un climat adapté aux différents tableaux. Durant l’ouverture la façade se couvre progressivement des noms des nombreuses conquêtes de Don Juan.</p>
<p>La direction d’acteurs, soignée, ne laisse pas un instant de répit aux protagonistes. Notons que le metteur en scène a pris quelques libertés par rapport au livret, Don Juan n&rsquo;est plus ici un prédateur sexuel sans scrupule : au début de l’ouvrage, Anna semble consentante face à lui avant d’appeler à l’aide et à la fin de l’acte I, il est piégé par Zerline qui déchire elle-même ses vêtements pour l’accuser de viol. Lors de la scène finale, après le départ du commandeur, les autres personnages ne reviennent pas sur le plateau, Don Juan reste seul tandis que l&rsquo;on entend le sextuor « Questo è il fin di chi fa mal » chanté dans la coulisse.</p>
<p>La distribution réunie pour la circonstance ne souffre d’aucun point faible. Côté féminin, se détache la superbe Zerline de <strong>Louise Alder</strong>. Fine comédienne, cette jeune soprano britannique à la voix claire et bien projetée semble promise à un bel avenir. L’Elvire de <strong>Myrtò Papatanasiu</strong> est davantage une amoureuse blessée qu’une virago. Si le grave demeure confidentiel, le registre aigu s’épanouit, limpide et lumineux. Son interprétation culmine dans un « Mi tradì » nuancé et particulièrement émouvant. Déjà présente en 2014, <strong>Malyn Byström</strong> possède une voix solide et homogène non exempte cependant de quelques duretés dans l’aigu. Plus à son aise dans « Non mi dir » que dans « Or sai chi l’onore » un rien tendu, sa Donna Anna ambiguë emporte finalement l’adhésion. </p>
<p>La distribution masculine est dominée par le couple maître / valet idéalement assorti. Véritable bête de scène, <strong>Erwin Schrott</strong> est un Don Giovanni doté d’une présence scénique qui en impose au point qu’on en oublie quelques menus écarts de justesse. Comment ne pas succomber à la séduction immédiate de son timbre de velours, notamment dans la sérénade, et à son charisme irrésistible ?  A ses côtés, <strong>Roberto</strong> <strong>Tagliavini</strong> ne lui cède en rien. La basse possède un timbre homogène aux couleurs chaudes et un grave profond qui font de son Leporello une incarnation de haute volée. Son air du catalogue est un modèle de chant mozartien. Derrière ce valet de grande classe se profile peut-être un futur Don Giovanni,  qui sait ? <strong>Daniel Behle</strong> compense un volume vocal modeste par une ligne de chant élégante et un style accompli qui font merveille dans « Il mio tesoro ». Agé d’à peine vingt-huit ans, <strong>Leon Košavić </strong>est un Masetto aux moyens prometteurs tandis que <strong>Petros Magoulas</strong> campe un commandeur impressionnant, en particulier dans la scène finale, spectaculaire de bout en bout.   </p>
<p>Tournant le dos aux interprétations historiquement informées, <strong>Hartmut Haenchen</strong> adopte une direction résolument romantique qui n’est pas sans évoquer les grands enregistrements  des années 50 et 60.</p>
<p>Le Royal Opera House retransmettra dans les cinémas <em>Don Pasquale</em> avec Bryn Terfel le 24 octobre prochain et <em>La Bohème</em> avec Sonya Yoncheva et Charles Castronovo, le 29 janvier 2020.</p>
<p>       </p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/opera-au-cinema-un-don-giovanni-fastueux/">Opéra au cinéma : un Don Giovanni fastueux</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
