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	<title>Agnes KOVACS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Agnes KOVACS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Gregor Joseph Werner &#8211; Der gute Hirt</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Jan 2021 06:00:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Acteurs essentiels de la vie musicale durant presque deux siècles, le nom des Esterházy reste indissolublement attaché aux figures de Haydn et de Beethoven tout particulièrement. La richesse de la vie musicale entretenue à la cour de Eisenstadt, comme à Vienne, était exceptionnelle. Haydn fut recruté en 1761 comme vice-Kapellmeister, placé sous l’autorité de Gregor &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Acteurs essentiels de la vie musicale durant presque deux siècles, le nom des Esterházy reste indissolublement attaché aux figures de Haydn et de Beethoven tout particulièrement. La richesse de la vie musicale entretenue à la cour de Eisenstadt, comme à Vienne, était exceptionnelle. Haydn fut recruté en 1761 comme vice-Kapellmeister, placé sous l’autorité de Gregor Joseph Werner. Eclipsé des mémoires par l’astre naissant, malgré une abondante production, ce dernier était le plus souvent cité pour l’hommage posthume que lui avait rendu son successeur. Haydn publia en effet, chez Artaria, en 1804, six fugues en quatuor, empruntées à son œuvre. Leurs relations furent difficiles. Werner a 68 ans, dont 33 au service princier, lorsque Haydn lui est adjoint, âgé de 29 ans…</p>
<p>Opportunément, Accent ouvre une collection consacrée à la musique des Esterházy, et, après trois symphonies du jeune Haydn (<em>Le matin, le midi, le soir</em>), nous propose un oratorio de Werner. Celui-ci s’inscrit dans une tradition propre à l’Europe centrale : l’oratorio « al sepolcro », donné le Vendredi-Saint, sur un livret dramatique édifiant. Haydn connaissait bien ses lamentations et oratorios. Il paraît évident – à l’écoute du notre – qu’il s’en souvint lorsqu’il écrivit ses <em>Sept dernières paroles du Christ en croix</em>.</p>
<p>L’œuvre est sous-titrée « tragédie en deux actes ». La parabole (Luc 15) en constitue la trame : un pèlerin rencontre la Brebis égarée, et le Bon pasteur à sa recherche. Le livret n’appelle pas d’action, malgré l’appellation de « tragédie » ; les personnages sont dépourvus de personnalité. La musique s’en ressent, et il est difficile d’incriminer le librettiste, puisque le texte est du compositeur. Trois personnages, mais quatre chanteurs, le bon pasteur étant étrangement confié par Werner à deux interprètes : un contre-ténor pour le premier acte, un ténor pour le second. <strong>Peter Barany</strong>, comme <strong>Zoltan Megyesi </strong>assument pleinement leur rôle. S’ajoute ponctuellement Echo, qui illustre la dimension pastorale, au goût de l’époque.  Aux cordes de l’orchestre se joignent un chalumeau (ancêtre de la clarinette), un surprenant trombone et un basson, sans oublier le continuo du positif, du clavecin et d’un discret théorbe.</p>
<p>L’oratorio s’inscrit dans le baroque tardif, tout en anticipant parfois le style galant, avec de nombreux traits communs au langage musical de la zone. Les huit arias sont de coupe traditionnelle, au da capo obligé, les récitatifs abondent, un duetto, quelques <em>accompagnati</em>, deux brefs chœurs pour conclure. L’œuvre comporte quelques belles pages. L’introduction orchestrale, intensément dramatique, le premier air de la Brebis égarée, illustrant la nature, anticipe le climat des<em> Saisons</em>, le suivant, confié au Pèlerin est également bienvenu. A signaler la singulière aria de ténor, sicilienne avec trombone solo sur pizzicati des cordes « Steinhartes Felsenherz ». Les deux chœurs, dont une fugue, très brefs, qui concluent l’ouvrage sont séduisants, témoignant des qualités d’écriture de Werner.</p>
<p>Malgré l’excellence de la direction de <strong>György Vashegi</strong> comme des interprètes, et leur engagement, l’œuvre apparaît sans relief, dépourvue de ressort dramatique, bavarde, faisant une large part à des récitatifs insipides. Pas loin de la moitié du minutage relève du récit, et le continuo, scolaire, limité à la ligne de basse, est monochrome, sauf dans les <em>accompagnati</em>. <strong>Agnes Kovacs</strong>, voix sûre et colorée, aux aigus clairs, a la fraîcheur requise pour chanter la Brebis égarée. Le pèlerin de <strong>Lorant Najbauer</strong> est pleinement convaincant. La projection, la clarté d’émission, l’excellente diction sont remarquables. Leur duo « Deine froh’ Wort’ ich verachte » est un moment bienvenu, agréable, qui témoigne du savoir-faire de Werner.</p>
<p>Contribution intéressante à la connaissance du patrimoine musical légué par les Esterházy, comme à celle du prédécesseur immédiat de Haydn, cet enregistrement relève davantage du document que de la découverte d’un chef-d’œuvre oublié. Les pages intéressantes ne manquent pas, hélas le plus souvent noyées dans une logorrhée récitative fastidieuse.</p>
<p>La brochure d&rsquo;accompagnement, richement documentée, quadrilingue (allemand, français, anglais, hongrois) ne donne pas d&rsquo;autre traduction du livret en allemand qu&rsquo;en&#8230;hongrois.</p>
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		<title>Gottfried Heinrich Stölzel : Ein Lämmlein geht und trägt die Schuld, Passion oratorio 1731</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Aug 2019 04:15:45 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’histoire a fait de Bach un colosse dont l’ombre a longtemps occulté ses contemporains œuvrant dans l’espace germanique. Avant qu’Eitner recense nombre de ses œuvres (1884), avant qu’Adolf Schering en redécouvre la musique instrumentale, puis les oratorios (1911), le nom de Gottfried Heinrich Stölzel avait disparu des dictionnaires spécialisés. Depuis, le contemporain de Johann Sebastian &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>L’histoire a fait de Bach un colosse dont l’ombre a longtemps occulté ses contemporains œuvrant dans l’espace germanique. Avant qu’Eitner recense nombre de ses œuvres (1884), avant qu’Adolf Schering en redécouvre la musique instrumentale, puis les oratorios (1911), le nom de Gottfried Heinrich Stölzel avait disparu des dictionnaires spécialisés. Depuis, le contemporain de Johann Sebastian Bach a fait l’objet de recherches et plusieurs de ses œuvres vocales (cantates, sérénades, Passion de Brockes, Oratorio de Noël) ont été enregistrées, particulièrement par Ludger Rémy (chez CPO). Premier exemple germanique de passion qui substitue une série de contemplations lyriques au texte évangélique et à ses commentaires, « Ein Lämmlein geht und trägt die Schuld » [Un agneau avance et porte la faute], est aussi connue sous le titre « Die leidende und am Creuz sterbende Liebe Jesu » (sic.). C’en est le premier enregistrement. Ecrite à l’occasion de son installation à Gotha, où il allait passer les trente dernières années de sa vie comme Kapellmeister, elle fut donnée en 1720. Stölzel en était à la fois le librettiste et le compositeur. Bach, qui dirigeait certaines de ses cantates, l’avait en estime au point d’insérer plusieurs de ses pièces dans des recueils (ainsi le célèbre « Bist du bei mir » BWV 508/21) ou de réemployer telle ou telle aria (ici le n°32 « Dein Kreuz, o, Bräutigam meiner Seelen », pour ténor, réarrangé pour alto par Bach, BWV 200).  La <em>Passion selon Saint Luc</em>, BWV 246, pourrait être de sa main, nous dit Basso. La partition de cette découverte était à la Thomaschule jusqu’à la seconde guerre mondiale, attestant l’intérêt que lui portèrent Bach et ses successeurs. L’enregistrement reproduit la version d’un manuscrit de 1731, conservé à Berlin.</p>
<p>Trois acteurs : évidemment l’Evangéliste, qui rapporte l’histoire biblique, les « Âmes fidèles » auxquelles sont confiés les récitatifs et arias qui la commentent, et « l’Eglise chrétienne », qui ponctue l’ensemble de chorals luthériens. La structure en est traditionnelle, faisant alterner récitatifs ou accompagnati, arias et chorals. Stölzel signa le premier traité sur le récitatif (découvert et publié en 1962). Il donne à chacun d’eux son caractère dramatique, dans leur écriture vocale comme dans leur accompagnement. Sa riche expérience lyrique a certainement nourri leur qualité d’expression comme celle de ses airs. Ces derniers sont autant de pages au charme indéniable, le plus souvent sereines, à la différence de celles que signait alors Bach. Leur écriture use avec discrétion d’un contrepoint jamais ostentatoire. L’orchestration se renouvelle avec les couleurs du hautbois, des flûtes, du cor, des cordes, marquée par l’expérience italienne dont il avait été le témoin et l’acteur. Elle confirmerait, si besoin était, combien l’art de Bach, son contemporain exact, pouvait alors passer comme appartenant à la génération précédente. Il s’agit maintenant de plaire et d’émouvoir.</p>
<p>Dès sa première aria, avec hautbois, flûte et cordes en pizzicati, le ténor, <strong>Zoltan Megyesi</strong>, se remarque par sa longueur de voix et ses phrasés, son intelligibilité constante, et un timbre lumineux. Il excelle dans tous les registres dramatiques. <strong>Lorant Najbauer</strong>, la basse, se situe également au meilleur niveau. On retiendra particulièrement la fin de la première partie, accablée, tourmentée, avec des mélismes expressifs, chantée d’une voix claire, projetée à souhait, qualités que l’on retrouve dans l’aria  avec cor solo « Allerhöchster Gottes Sohn » et dans l’accompagnato puis l’aria « Meine Sünden heissen dich », énergique, d’une expression forte assortie de chromatismes. <strong>Peter Barany</strong>, le contreténor, comme la soprano <strong>Agnes Kovacs</strong> ne sont pas en reste.</p>
<p>La richesse de l’hymnologie luthérienne offre un matériau inépuisable au compositeur. Les timbres de la plupart des chorals sont familiers, depuis celui qui ouvre la passion (de Paul Gerhardt – Johann Crüger). C’est ensuite la 4ème strophe de « O Haupt woll Blut und Wunden » , puis « Wer nun den lieben Gott lässt »…il y en a douze, concis, à l’expression renouvelée, qui sont autant de respirations bienvenues. Le chœur de 20 chanteurs se signale par sa souplesse comme sa qualité d’expression. « Mein Jesu stirbt », ponctué des pizzicati des cordes, est un sommet de l’art contrapuntique de Stözel, avec un traitement canonique des mots « Schmerz, Jammer, Angst und Not », dont la douleur est soulignée par une quarte diminuée.</p>
<p>On savait <strong>György Vashegyi</strong> passionné de musique française (Mondonville, Rameau…). Il sert l’ouvrage à merveille, sa direction, toujours allante, fine, claire, équilibrée, nous vaut ce bijou. Souhaitons que les opéras de Stölzel ressurgissent un jour, ils devraient nous réserver plus d’une surprise.</p>
<p> La notice trilingue (anglais, français, allemand), particulièrement documentée, comporte les textes chantés, avec leur traduction anglaise.</p>
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