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	<title>Irini KYRIAKIDOU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Irini KYRIAKIDOU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Récital Bryan Hymel et Irini Kyriakidou — Peralada</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-peralada-un-annonce-deux-presentes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Aug 2016 06:57:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis sa naissance le Festival de Peralada met un point d’honneur à inviter les artistes les plus en vue dans les divers domaines artistiques figurant à son riche programme. Pour son trentième anniversaire il annonce un récital du ténor Bryan Hymel, désormais à l’affiche des plus grandes maisons. En fait cet artiste se produit ici, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis sa naissance le Festival de Peralada met un point d’honneur à inviter les artistes les plus en vue dans les divers domaines artistiques figurant à son riche programme. Pour son trentième anniversaire il annonce un récital du ténor <strong>Bryan Hymel</strong>, désormais à l’affiche des plus grandes maisons. En fait cet artiste se produit ici, comme <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-paris-tce-letoffe-du-heros">en février dernier à Paris</a>, avec son épouse la soprano <strong>Irini Kyriakidou</strong>. Il lui revient d’ouvrir le concert. Est-ce le cadre de l’Eglise du Carme qui l’a induit à choisir les Quatre Hymnes pour ténor que le compositeur britannique Ralph Vaughan Williams écrivit en 1920 ? Bien qu’issus de poètes différents, ces textes ont en commun de s’adresser au Christ pour le presser ardemment de hâter sa venue dans un monde dévasté et corrompu. Si le compositeur les a rassemblés, c’est probablement qu’ils exprimaient ses sentiments au sortir de la boucherie de 14-18, dont il avait été témoin direct comme brancardier en France et à Salonique. Est-ce le rejet des horreurs vécues qui donne à l’écriture cette force susceptible d’enfler jusqu’à la véhémence ? Passant de l’appel anxieux à la tristesse indignée le cycle s’achève dans un élan mystique où le croyant renouvelle sa profession de foi, source de joie et d’espoir. Certains commentateurs ont vu dans la composition l’influence de Purcell, dont Ralph Vaughan Williams avait collecté les œuvres dans sa jeunesse. Il nous a semblé plutôt percevoir, peut-être parce que les textes s’inspirent visiblement de passages de la Bible, un traitement de la voix qui s’apparente aux modulations et à la fougue des chantres de synagogue, quand, lancés dans leur prière-soliloque, cette voix enfle et s’élève et s’allonge, jusqu’à ses limites, comme pour mieux être entendue ou comme pour, à force d’insistance et d’intensité, obtenir à l’arraché une réponse, dans un véritable corps à corps avec l’Invisible. Bryan Hymel est-il croyant ? il s’engage en tout cas dans ces textes et cette musique exigeante sans aucune réticence, avec une générosité qu’on ne peut qu’admirer et qui donne à son interprétation un accent de sincérité très convaincante.</p>
<p>Irini Kyriakidou, aussi gracieuse qu&rsquo;à Paris, a peut-être fait des progrès dans sa prononciation du français car elle nous a semblé fort convenable et même, globalement, supérieure à son partenaire. Le problème, s’il y en a un, est que des pièces aussi célèbres que celles des <em style="line-height: 1.5">Nuits d’été</em> éveillent, quoi qu’on s’en défende, des souvenirs. L’interprétation de la jeune soprano grecque est sensible, juste, et la voix assez ronde et homogène pour séduire. Qu’a-t-il manqué pour nous emballer ? Peut-être un timbre plus prenant, peut-être de laisser brûler la flamme intérieure que la pudeur semble étouffer. Gautier eût vraisemblablement adoré cette beauté lisse, mais ne devrait-elle pas palpiter davantage, pour séduire Berlioz ?</p>
<p>Après l’entracte Bryan Hymel enchaîne une erreur et une réussite. Une erreur : ce « Ah lève-toi soleil » plombé par une prononciation et une interprétation d’une lourdeur qui lui ôte beaucoup de charme. Certes, les aigus sont au rendez-vous, encore que l’émission en voix mixte ne soit pas impeccable, mais les chanteurs ne sont pas des machines, et c’est la lumière qui fait défaut pour nous, malgré la conviction. En revanche, l’air de Turridu « Mamma, quel vino è generoso » lui va comme un gant, la clarté de sa diction est quasiment parfaite. Quant à la générosité sonore elle est telle qu’elle soulève l’enthousiasme, qui ne se déchaîne pourtant, c’est assez rare pour qu’on le souligne, qu’éteintes les dernières notes du piano. Irina Kyriakidou est de retour pour l’hymne à la lune tiré de <em style="line-height: 1.5">Rusalka</em>, où l’accompagnement de <strong style="line-height: 1.5">Julius Drake</strong> nous semble enfin s’élever au-dessus de la routine. Le même charme est à l’œuvre, avec les mêmes limites qui semblent empêcher un essor plus libre et plus déterminé. De<em style="line-height: 1.5"> Carmen </em>le duo « Parle-moi de ma mère » permet au couple d’échanger le baiser que Micaela doit à Don José. Il est chaste, assorti à la situation, bien éloigné de certaines démonstrations. Le partenariat fonctionne bien car Bryan Hymel dompte sa puissance vocale pour laisser son espace au gazouillis de son épouse. Il lui revient de conclure avec « La fleur que tu m’avais jetée », qu’il nuance avec soin, et qu’il clôt avec une <em style="line-height: 1.5">messa di voce </em>d’un irréprochable bon goût.</p>
<p>Au public qui, les morceaux connus aidant, a manifesté une approbation toujours plus dense et sonore trois bis seront accordés. Un délicieux « O mio babbino caro » par Irina Kyriakidou, entre deux chevaux de bataille pour ténor. Repris de l’album « Héroïques » l’air de Jean-Baptiste dans <em style="line-height: 1.5">Hérodiade </em>« Ne pouvant réprimer… » rend au ténor son aura de grand interprète du grand opéra français, tant il y met de sens et d’éclat. Et le « Nessun dorma » conclu triomphalement délivre Irina Kyriakidou, blottie en bord de scène, de son émotion en même temps que les ovations du public dont les rappels dureraient peut-être encore si le ténor, en saluant de la main, n’y avait mis un terme. Reverra-t-on Bryan Hymel à Peralada dans un grand opéra français ? Il n’est personne ici pour ne pas le souhaiter !</p>
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		<title>Récital Bryan Hymel et Irini Kyriakidou — Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-bryan-hymel-et-irini-kyriakidou-paris-tce-letoffe-du-heros/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Feb 2016 07:01:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Héroïque, son premier récital discographique, Bryan Hymel faisait l&#8217;an passé une entrée fracassante dans le petit cercle des ténors qui comptent. En une dizaine d’extraits d&#8217;opéras français, le chanteur américain alignait sans sourciller les contre-ut, tel Obélix les rangées de menhirs. Après l&#8217;avoir applaudi sans excès d&#8217;enthousiasme dans La Damnation de Faust en décembre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="/cd/heroique-french-opera-arias-bryan-hymel-superheros"><em>Héroïque</em>, son premier récital discographique</a>, <strong>Bryan Hymel</strong> faisait l&rsquo;an passé une entrée fracassante dans le petit cercle des ténors qui comptent. En une dizaine d’extraits d&rsquo;opéras français, le chanteur américain alignait sans sourciller les contre-ut, tel Obélix les rangées de menhirs. Après l&rsquo;avoir applaudi sans excès d&rsquo;enthousiasme dans <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-damnation-de-faust-paris-paris-bastille-hymel-contre-attaque"><em>La Damnation de Faust</em> en décembre</a> à la Bastille, Paris le retrouve en récital sur la scène du Théâtre des Champs-Elysées aux côtés de son épouse, la soprano grecque <strong>Irini Kyriakidou</strong>. Le couple partage l’affiche mais, renommée oblige, le programme réparti entre répertoire italien et français privilégie le ténor.</p>
<p>Passée l’ouverture forcément tapageuse des <em>Vêpres siciliennes,</em> la soirée débute par « Questa o quella » appréhendé comme un tour de chauffe. Dans ce premier air du duc de Mantoue, Bryan Hymel prend la mesure de la salle, non sans une certaine appréhension perceptible à la manière dont le chant précipité s’épuise à évoquer le libertin cynique et désabusé. « Recondita armonia » ensuite ne se montre guère plus éloquent. Le chanteur bombe le torse, croasse plus qu&rsquo;il ne caresse et balance son « sei tu ! » tel le joueur de tennis un smash. C&rsquo;est asséné, voire violent et, dans cet air où se bousculent les comparaisons, finalement insignifiant. L&rsquo;arrivée d&rsquo;Irini Kyriakidou pour la scène finale du premier acte de <em>La Bohème</em> ne change rien au constat : couleurs, nuances et intentions demeurent trop sommaires. Sa partenaire a-t-elle davantage à dire ? Si modeste soit Mimi, la soprano parait plus timide encore. La voix, d’une étrange douceur, flotte dans un costume qui voudrait plus d’ampleur. « O soave fanciulla » accuse le déséquilibre. Bryan Hymel a beau réfréner ses ardeurs, il ne fait qu&rsquo;une bouchée de la cousette, l’engloutissant dans la coulisse en un long contre-ut. Le plus dur est passé. Lorsque le ténor revient, il paraît sinon rassasié, du moins apaisé. L&rsquo;âpre désespoir de Turiddu correspond davantage à sa palette d&rsquo;expression : violente, vaillante, encore limitée mais efficace.</p>
<p>En deuxième partie, le soleil de Roméo – lorsqu&rsquo;il paraît – assourdit plus qu&rsquo;il n&rsquo;éblouit. Mais déjà on remarque que la langue française lui sied mieux que l&rsquo;italienne. Question d’émission, de nature du timbre et de tempérament. <strong>Paolo Bressan </strong>expose le meilleur de sa direction et de son orchestre dans la Bacchanale de <em>Samson et Dalila</em>. La personnalité de ce jeune chef, ancien assistant de Daniele Gatti et de Christian Thielemann, ne laisserait pas indifférent si le ténor ne monopolisait l’attention. Car déjà, en une phrase dont on saisit chaque mot, Sigurd surgit, casqué et baraqué, puis, tout aussi impressionnant, Jean, assailli dans son cachot par le souvenir troublant de Salomé. Tandis que le doute s’installe dans l’esprit du prophète, le chant, égal et armé, laisse entendre le cœur battre sous la cuirasse. Le héros est redevenu héroïque. Une ovation salue l&rsquo;exploit. Netteté de la diction, précision des aigus, longueur et puissance de la voix :  la panoplie Marvel est complète. Bryan Hymel est invincible dans ce répertoire. Bastille l&rsquo;accueillera en fin de saison dans <em>La traviata</em>, Orange cet été en Pinkerton (<em>Madama Butterfly</em>). Est-ce vraiment nécessaire ? On murmure qu&rsquo;il sera Raoul des <em>Huguenots</em> en 2018. Voilà qui nous excite davantage. Et Don José ? Pourquoi pas puisqu’il lui offre l’occasion d’un duo avec Irini Kyriakidou. Micaëla flatte mieux que Mimi la soprano, bien que la prononciation du français laisse à désirer. La complicité maladroite des deux époux attendrit. Un vrai baiser conclut le numéro. « La fleur que tu m&rsquo;avais jetée » ferait son effet si la note finale n&rsquo;était plantée d’un coup sec sans la moindre gradation. Il passe pourtant un frisson de sincérité dans la déclaration d’amour de Don José.</p>
<p>La soirée est déjà terminée. Trois bis veulent la prolonger : une romance à la lune appliquée et toujours modeste, suivie d’un « Nessun dorma » inexpugnable dont la note finale surmonte longuement le tumulte orchestral puis de nouveau « Mamma, quel vino é generoso », l’air de Turiddu, d’une intensité encore supérieure à la première fois, salué par le public, prêt à réserver un triomphe au héros de la soirée si, d&rsquo;un geste, il ne lui donnait le signal prématuré de la retraite. </p>
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