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	<title>Leonardo SINI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Leonardo SINI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Stiffelio — Plaisance</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-stiffelio-plaisance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 05:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Composé en 1850 entre <em>Luisa Miller</em> et <em>Rigoletto</em> (et donc juste avant <em>Il trovatore</em> et <em>La</em> <em>traviata</em>), <em>Stiffelio</em> n’a jamais vraiment connu la popularité, d&rsquo;autant qu&rsquo;on l&rsquo;a longtemps cru perdu, Verdi en ayant détruit le manuscrit. L&rsquo;œuvre reste reprise à l’occasion, notamment pour servir de véhicule à des ténors star, tels Plácido Domingo (qui interpréta au Met la première édition critique de l&rsquo;ouvrage dont on avait depuis retrouvé des copies originales) ou José Carreras, tous les deux au milieu de années 90. On trouvera ici, <a href="https://www.forumopera.com/zapping/16-novembre-1850-la-castration-de-stiffelio/">sous la plume captivante de notre confrère Cedric Manuel</a>, une analyse de la genèse de cet opéra mal aimé dont on fête cette année le 175e anniversaire. Les raisons de ce manque de popularité sont multiples : une intrigue un peu insipide (où aucun des trois protagonistes principaux ne meure !), des motivations peu détaillées, des comportements contradictoires, des personnages (à l&rsquo;exception de celui de Stiffelio) cantonnés à des archétypes, et surtout, il faut bien le dire, l’absence de ces mélodies verdiennes, de celles que l’on retient immédiatement, et dont regorgent les ouvrages contemporains précités. L&rsquo;ouvrage vaut pourtant qu&rsquo;on s&rsquo;y intéresse, la musique se laissant apprivoiser au fil des réécoutes. <em>Stiffelio</em> est aussi un opéra novateur qui participe à l&rsquo;évolution du style verdien tant par son sujet &#8211; quasi contemporain presqu&rsquo;aussi scabreux et réaliste que celui de <em>La</em> <em>traviata </em>(ce qui scandalisa la censure officielle) &#8211; que par sa structure musicale où les formes traditionnelles (airs fermés, cabalettes&#8230;) sont assouplies et où le compositeur introduit une large dose de déclamation lyrique. </p>
<p>La trame du livret est, osons le mot, d’une simplicité&#8230; biblique. Malheureusement elle est artificiellement compliquée par divers rebondissements inutiles, afin de remplir les deux heures de spectacle. Nous sommes au XIXe siècle en Allemagne. Le pasteur Stiffelio est marié à Lina, la fille de Stankar. Pendant son absence, Lina a fricoté avec le jeune Rafaelle. Elle veut tout avouer à son mari, mais son père s’y oppose par égard pour ce dernier. Plus tard, il changera d’avis et provoquera l’amant en duel, ce qui ouvrira enfin les yeux du mari sur son infortune. Le pasteur est dès lors déchiré entre le refus du pardon, le désir de vengeance et les beaux préceptes qu’il professe depuis le début de l&rsquo;opéra. Sous la pression de Stiffelio, les époux signent les papiers de leur divorce. Libérée de son engagement, Lina demande alors à être entendue en confession : elle avoue à Stiffelio qu’elle l’aime toujours mais qu’elle a été trahie par Rafaelle (on n’en saura pas plus). Parallèlement, le jeune homme a été tué par Stankar, moins miséricordieux que son gendre. Une cérémonie religieuse suit : la Bible s’ouvre sur le passage de la femme adultère (« Que celui qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre »). Stiffelio pardonne à Lina. On se demande ce que l&rsquo;assemblée peut bien comprendre à tous ces événements.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="581" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Stiffelio_prima_foto-Gianni-Cravedi-1024x581.jpg" alt="" class="wp-image-205531"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Gianni Cravedi</sup></figcaption></figure>


<p>Pour cette nouvelle prise de rôle (la troisième en neuf mois après <em>La fanciulla del West</em> et <em>Iris</em>), <strong>Gregory Kunde</strong> se révèle dans une forme exceptionnelle. Le rôle correspond tout à fait aux moyens actuels de l&rsquo;infatigable ténor américain : le registre aigu est en effet constamment sollicité, mettant en valeur l&rsquo;aigu <em>spinto</em> du chanteur américain, d&rsquo;une impressionnante insolence. L’écriture vocale est également plus dramatique que lyrique, réclamant une belle endurance vocale, avec de nombreux passages déclamatoires. La musicalité du chanteur est tout aussi remarquable dans les passages plus sensibles, où son art de la demi-teinte, issu de  sa longue expérience du belcanto romantique, permet de traduire les émotions les plus fines par les variations de la couleur de la voix, par le travail sur le souffle ou encore par le mixage des différents registres. Scéniquement, Gregory Kunde rend compte avec justesse des sentiments contradictoires d’un personnage tourmenté par un jeu théâtral plus fouillé qu’en certaines occasions. Au rideau final, sa prestation est accueillie par un beau triomphe, mélange de respect pour une prestation exemplaire et de reconnaissance pour une longue fidélité au public italien.</p>
<p>Le rôle de Lina s’inscrit dans la continuité des héroïnes verdiennes vocalement « monstrueuses » comme Lady Macbeth, Odabella ou encore Abigaile, sans être toutefois aussi payant. <strong>Lidia Fridman</strong> semble s’être fait une spécialité de ces rôles difficiles de <em>soprano drammatico d’agilità. </em>Grâce à une technique solide,<em> e</em>lle ne fait qu’une bouchée des sauts de registres, descentes chromatiques et autres prouesses vocales que s’est ingénié à lui imposer le compositeur. Le soprano russe chante ainsi avec une retenue bienvenue : le style est posé, jamais débraillé, et elle ne tente jamais de forcer ses moyens, tout à fait suffisant dans l&rsquo;acoustique idéale pour les voix du Teatro comunale. La composition dramatique est assez fine, sachant qu’il est difficile de tirer grand chose d’un personnage dont on ne comprend ni les motivations à trahir son mari, ni les raisons de ses remords tardifs.</p>
<p><strong>Vladimir Stoyanov</strong> incarne Stankar avec musicalité et professionnalisme. Le parfait phrasé verdien du baryton bulgare (qui compte déjà pus de trente ans de carrière) lui vaut une belle ovation à l’issue de son grand air, la cabalette qui suit le voyant un peu moins percutant. Dramatiquement, il tire le meilleur de sa partie. Les autres rôles ne sont pas très développés et incarnés par de jeunes artistes. En Raffaele, <strong>Carlo Raffaelli</strong> est encore un peu vert : le jeune ténor italo-écossais, né à Édimbourg en 1992, ne chante que depuis cinq ans. Le timbre est agréable, mais la projection manque encore de mordant. En Jorg (l’ancien pasteur qui découvre les échanges de lettres compromettant des amants), <strong>Adriano Gramigni</strong> offre une belle voix de baryton, bien timbrée et bien projetée. <strong>Carlotta Vichi</strong> est beau mezzo au joli grain de voix, très à l’aise sur scène et <strong>Paolo</strong> <strong>Nevi</strong> un ténor au timbre lumineux. On suivra avec intérêt les progrès de ces jeunes pousses. Les chœurs chantent avec de belles voix naturelles et la précision requises.</p>
<p><strong>Leonardo Sini</strong> sait redonner vie à cet ouvrage en imprimant un rythme électrique à l&rsquo;Orchestre de l&rsquo;Émilie-Romagne Arturo Toscanini. Le chef trentenaire est également attentif au plateau et fait preuve déjà d&rsquo;un beau métier.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="634" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Stiffelio_1©Gianni-Cravedi-1024x634.jpg" alt="" class="wp-image-205523"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Gianni Cravedi</sup></figcaption></figure>


<p>La qualité de la production participe au succès de cette recréation. On a peine à croire qu&rsquo;on la doive à un <strong>Pier Luigi Pizzi</strong> de 95 ans et ce n&rsquo;est pas sans une certaine émotion qu&rsquo;on aura pu le découvrir toujours aussi frais et sautillant au moment des saluts, bras dessus, bras dessous avec son « cadet » Gregory Kunde. Les décors sont d&rsquo;une grande beauté, avec d&rsquo;intrigants trompe-l&rsquo;œil, renouvelant l&rsquo;esthétique du metteur en scène milanais tout en lui gardant ce style qui lui est propre. Dramatiquement, Pizzi sait obtenir des artistes un jeu théâtral d&rsquo;une grande précision, quasi cinématographique : tout semble ainsi couler de source malgré le baroque du livret. On ne divulguera pas le coup de théâtre visuel final, d&rsquo;un kitch assumé, afin d&rsquo;en laisser la surprise aux internautes qui visualiseront la représentation du dimanche, <a href="https://www.youtube.com/live/y7w1kiaslmo">qui sera disponible en direct sur Youtube</a> puis durant quelques mois. Précisions que ce spectacle sera repris au Teatro comunale Pavarotti-Freni de Modène ainsi qu&rsquo;au Teatro municipale Valli de Reggio d&rsquo;Émilie, cette intelligente collaboration permettant à trois théâtres d&rsquo;offrir un spectacle qualitativement sans concession.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-stiffelio-plaisance/">VERDI, Stiffelio — Plaisance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>ROTA, Il cappello di paglia di Firenze – Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-cappello-di-paglia-di-firenze-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 21 Nov 2025 05:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul Il cappello di paglia di Firenze est donné avec une certaine régularité (par exemple à Toulouse il y a un &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On connait Nino Rota pour ses nombreuses musiques de film (environ 150) mais il fut aussi un prolifique compositeur symphonique, chambriste, de ballet, ou encore de musique vocale ou lyrique. Sur ces douze opéras, seul <em>Il cappello di paglia di Firenze</em> est donné avec une certaine régularité (<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/rota-il-capello-di-paglia-di-firenze-bordeaux-auditorium/">par exemple à Toulouse il y a un un an)</a>. Le livret, écrit par le compositeur et sa mère, Ernesta Rota Rinaldi, est basé sur la célèbre pièce d&rsquo;Eugène Labiche and Marc-Michel, <em>Un chapeau de paille d&rsquo;Italie</em>, elle-même originellement mêlée de couplets. Si l&rsquo;opéra est d&rsquo;une longueur à peu près équivalente à celle de la pièce, c&rsquo;est toutefois au prix d&rsquo;une modification fondamentale de la structure : pour faire place à des airs, duos ou ensembles, le ménage est fait dans les dialogues originaux aux répliques souvent pleines d&rsquo;esprit, voire hilarantes ou absurdes (1). Le point commun reste l&rsquo;intrigue et le rythme endiablé qu&rsquo;elle impose. Le cheval de Fadinard a avalé le chapeau de paille d&rsquo;une jeune femme. Celle-ci l&rsquo;avait accroché à un arbre alors qu&rsquo;elle était en galante compagnie dans les bois avec son amant. Le couple vient faire une scène chez Fadinard : ils exigent qu&rsquo;il trouve un chapeau identique afin de ne pas éveiller les soupçons du mari au retour de son épouse. Fadinard part à la recherche dudit chapeau, poursuivi tout au long de ses pérégrinations par son beau-père, son épouse, un oncle sourd et toute la noce, aucun ne comprenant quoi que ce soit à son comportement. Fadinard trouve le temps de se marier entre temps et tout finira bien pour tout le monde, mari jaloux excepté. La musique de Nino Rota rend bien la folie de cette course continue. Les mélodies sont charmantes, légères et gaies, sans toutefois marquer immédiatement la mémoire, comme le thème du <em>Parrain</em> ou sa musique de cirque des <em>Histoires</em> <em>extraordinaires</em>. À part quelques dissonances ponctuelles (notamment dans les ensembles et plutôt en seconde partie), la partition reste d&rsquo;un grand classicisme, cherchant à conquérir le cœur du public plutôt que l&rsquo;intellect des musicologues.</p>
<p>Le rythme de l&rsquo;ouvrage repose essentiellement sur les épaules de l&rsquo;interprète de Fadinard à qui revient la charge d&rsquo;imprimer la dynamique de cette course éperdue. <strong>Ruzil Gatin</strong> est ici absolument parfait, débordant d&rsquo;énergie. Sa tache est d&rsquo;autant moins aisée que le rôle réclame d&rsquo;alterner des moments de statisme (ses nombreux airs) et d&rsquo;autres qui font avancer l&rsquo;action (dialogues, ensembles). Le chanteur est à l&rsquo;aise avec la tessiture, offrant une voix bien projetée et une richesse de timbre qu&rsquo;on ne trouve pas souvent chez la plupart des ténorinos. <strong>Pietro</strong> <strong>Spagnoli</strong> incarne Nonancourt, le beau-père de Fadinard. Le chant est digne mais la projection un peu limitée. Sa voix ne tonne pas suffisamment quand il clame offusqué que « Tout est rompu ! » (un<em> running gag</em> de l&rsquo;ouvrage). Le baryton italien manque de la rondeur attendue : on entend ici un Figaro (avec quelques moments de tendresse) quand on attendrait un Bartolo dépourvu de malice. Dans le court rôle de Maupertuis, le mari jaloux, <strong>Marcello</strong> <strong>Rosiello</strong> offre une voix puissante et une composition idéale, à la fois drôle et un brin inquiétante. <strong>Maria Grazia Schiavo</strong> est une Elena pleine de charme, très à l&rsquo;aise dans un chant piano empreint d&rsquo;une douce poésie. La voix d&rsquo;<strong>Elena Galitskaya</strong> (Anaide, l&rsquo;épouse infidèle) nous a semblé un peu étriquée, avec un grave faible et un médium manquant de largeur, mais on appréciera son aisance scénique. Le rôle de la modiste est court mais <strong>Elisa Verzier</strong> y faire preuve d&rsquo;une belle autorité et d&rsquo;une belle qualité de timbre. Le rôle de la Baronessa di Champigny est plus développé : la jeune femme est censée posséder un chapeau identique. Elle confond Fadinard avec le célèbre violoniste virtuose qu&rsquo;elle a invité pour un concert privé auquel la noce participera en toute inconscience. Dans ce rôle d&rsquo;élégante charmeuse, <strong>Josy</strong> <strong>Santos</strong> déploie un beau timbre de mezzo, charnu, avec une bonne projection et un bel abattage scénique. <strong>Rodion Pogossov</strong> (l&rsquo;amant d&rsquo;Anaide) offre une voix de baryton chaude et sonore. <strong>Lorenzo Martelli</strong> est un Felice (le domestique de Fadinard) au timbre percutant. <strong>Blagoj Nacoski</strong> incarne avec humour et une grande aisance scénique le double rôle du noceur Achille et d&rsquo;un garde enrhumé. Encore moins développés, les rôles du Zio Vézinet (<strong>Didier</strong> <strong>Pieri</strong>) et du caporal des gardes (<strong>Marc Tissons</strong>) sont ici bien campés, ainsi que les chœurs dont les différents artistes sont bien caractérisés.</p>
<p>La production de <strong>Damiano Michieletto</strong> s&rsquo;articule autour d&rsquo;un plateau tournant qui permet des changements de décors rapides. Le metteur en scène italien surajoute de nombreux effets mais ce surplus d&rsquo;idées nuit à la simplicité et à l&rsquo;immédiateté de l&rsquo;ouvrage. Le rythme reste insuffisant, avec un jeu d&rsquo;acteur qui pourrait être nettement plus fouillé, plus endiablé, plus original. Les éclairages, blanc bloc opératoire ou vert salade, manquent de chaleur. La transposition (a priori dans les années 50) n&rsquo;apporte pas d&rsquo;éclairage particulier mais permet une belle variété de costumes. On passe à côté de la <em>farce</em> <em>musicale</em>. Ce soir, le rythme est imprimé dans la fosse. À la tête d&rsquo;un orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège en pleine forme, <strong>Leonardo Sini</strong> sait faire ressortir la (gentille) folie de cette musique, soulignant certains détails d&rsquo;une partition plus complexe qu&rsquo;on ne le sent au premier abord, tout en réglant parfaitement le plateau vocal. En dépit d&rsquo;une orchestration qui met en avant les instruments à vent (!), le chef sait équilibrer les différents pupitres. Au final, le plaisir du public est évident, faisant un triomphe cette ouvrage sympathique et revigorant qui a  l&rsquo;immense avantage de nous mettre de bonne humeur.</p>
<p>(1) Un exemple de dialogue de la pièce originale :<br />
— Vous me dites : « Attends-moi, je vais chercher un parapluie. » J’attends, et vous revenez au bout de six mois&#8230; sans parapluie !<br />
— Tu exagères ! d’abord il n’y a que cinq mois et demi&#8230; quant au parapluie, c’est un oubli&#8230; je vais le chercher&#8230;</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après une ouverture de saison à couper le souffle avec&#160;Traviata, l&#8217;Opéra Royal de Wallonie l&#8217;achève avec une autre affiche incontournable, Le Nozze di Figaro, toute aussi ambitieuse visuellement. De son propre aveu, Jean-Romain Vesperini s&#8217;est inspiré de l&#8217;univers de Luis Buñuel pour donner corps à l&#8217;intrigue. Les costumes très réussis de Fernand Ruiz convoquent Belle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après une ouverture de saison à couper le souffle avec<em>&nbsp;<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/verdi-traviata-liege/">Traviata</a></em>, l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie l&rsquo;achève avec une autre affiche incontournable, <em>Le Nozze di Figaro,</em> toute aussi ambitieuse visuellement.</p>
<p>De son propre aveu, <strong>Jean-Romain Vesperini</strong> s&rsquo;est inspiré de l&rsquo;univers de Luis Buñuel pour donner corps à l&rsquo;intrigue. Les costumes très réussis de<strong> Fernand Ruiz</strong> convoquent <em>Belle de Jour</em> ou <em>le Journal d&rsquo;une femme de chambre</em> comme autant de contre-points sous-jacents à la satire sociale de Beaumarchais tandis qu&rsquo;une tournette triple évoque les travellings, les jeux de contre-champ de l&rsquo;écriture cinématographique.</p>
<p>L&rsquo;intitulé de cette saison liégoise était « être et paraitre ». Comment mieux le donner à voir –&nbsp;en particulier dans les <em>Nozze</em> où tout n&rsquo;est que faux-semblants et travestissement – qu&rsquo;avec ce décor qui danse jusqu&rsquo;au vertige, modifiant sans cesse les perspectives, changeant même en cours d&rsquo;air pour mieux signifier le changement de point de vue, de sentiment du personnage. Le procédé mis en place par <strong>Bruno de Lavenère</strong> n&rsquo;est pas seulement habile et remarquablement esthétique, il est également d&rsquo;une singulière pertinence. Ainsi les espaces publics et intimes se trouvent-ils en perpétuelle reconstruction, dessinant les relations mouvantes entre les classes sociales.</p>
<p>On a connu des directions plus mozartiennes que celle de <strong>Leonardo Sini</strong> qui utilise néanmoins fort intelligemment les riches couleurs de l&rsquo;<strong>orchestre de l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie</strong>, mettant par exemple en avant le pupitre des vents pendant l&rsquo;ouverture.</p>
<p><strong>Enkeleda Kamani</strong> et <strong>Biagio Pizzuti</strong> dominent la distribution. Les fiancés partagent une autorité vocale et une fluidité scénique indéniables. La soprano campe une Suzanne vive et piquante aux timbre corsé et ductile dont les récitatifs sont très vivants et qui brille tout particulièrement dans «&nbsp;Deh vieni&nbsp;» aux nuances délicates.<br>Son Figaro bénéficie d&rsquo;une voix nette, parfaitement connectée et projetée, généreuse sur toute la tessiture sans jamais manquer de subtilité.</p>
<p>Le couple des châtelains apparaît plus en demi-teintes avec de belles fulgurances mais de réelles fragilité. <strong>Mario Cassi</strong> bénéficie d&rsquo;un indéniable charisme et d&rsquo;un timbre rond et charpenté mais la justesse questionne. Fatigue vocale, peut-être, en tout cas les défauts relevés cet automne dans la prestation d&rsquo;<strong>Irina Lungu</strong> en Violetta se retrouvent dans sa Comtesse dont le « Porgi Amor » laisse froid, manquant concrètement de liberté et d&rsquo;harmoniques aiguës. Les duos, trios ainsi que « Dove Sono » emportent plus nettement l&rsquo;adhésion. Dans ce second air, la soprano nous laisse profiter d&rsquo;un récitatif touchant, d&rsquo;une voix ample dont les finales s&rsquo;avèrent parfois fragiles. Tous deux semblent avoir pâtis d&rsquo;une direction d&rsquo;acteur partiellement lacunaire qui a parfaitement réglé les ensembles – individualisés, superbes musicalement, nuancés, colorés à souhait &#8211; mais semble avoir laissé les chanteurs un peu livrés à eux-mêmes dans certains soli.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="681" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/019-180625-Le-Nozze-di-Figaro-Officielles-Fb-Site-150-DPI-c-J-Berger-ORW-1024x681.webp" alt="" class="wp-image-193326"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© J-Berger-ORW</sup></figcaption></figure>


<p>Du côté des adolescents, les airs sont joliment ornés et fort bien menés. Le ventre fort rond de <strong>Gwendoline Blondeel</strong> donne un éclairage imprévu – et assumé par la mise en scène –&nbsp;à sa Barbarina, toute de fraîcheur et de vivacité. Deux qualités partagées avec <strong>Chiara Tirotta</strong> en Cherubino. Quelle jolie idée, si simple, d&rsquo;installer « Non so Piu » dans l&rsquo;escalier en colimaçon pour dire son déséquilibre entre deux temps, son cheminement vers l&rsquo;âge adulte.</p>
<p>Nous avions déjà eu le bonheur d&rsquo;apprécier la séduction vocale et la veine comique de <strong>Lorenzo Martelli</strong> en Ernesto dans le<em> Don</em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-sienne/"><em>Pasquale</em></a> de la Chighiana de Sienne l&rsquo;été dernier. Il est ici inénarrable, si truculent en Basilio ! <strong>Aurore Daubrun</strong>, pour sa part, incarnait une flamboyante Flora en septembre dernier&nbsp;; timbre riche et franc, bien couvert, elle est parfaitement convaincante en Marcelline même si la volonté de tirer tout son groupe de personnages vers la farce outre quelque peu inutilement son jeu. En cette matière <strong>Francesco Leone</strong> s&rsquo;avère plus à son aise, pitre délicieusement ridicule autant en Bartolo qu&rsquo;en Antonio. « La Vendetta » impose immédiatement une technique sûre aux beaux graves. Pour tout le gang des ridicules, aucune caricature dans le chant : nuances, finesse, écoute sont un délice.</p>
<p>Stefano Pace, dont le mandat vient d&rsquo;être renouvelé à la tête de la Maison liégeoise, proposera l<a href="https://www.operaliege.be/evenement/?saisons=54489&amp;cats=50590%2C50592&amp;view=columns&amp;pages=1&amp;lang=fr">&lsquo;an prochain</a> de multiples « hits » lyriques comme <em>Faust, Cosi fan Tutte, Fledermaus, La Dame de pique</em> ou encore <em>Otello</em>. Toutefois, quelques incursions seront plus inattendues avec <em>le Chapeau de paille</em> <em>de Florence</em> de Nino Rota, mis en scène par Damiano Michieletto en ou encore un <em>Bartleby</em> dû à Benoît Mernier en mai 2026, sur un livret de Sylvain Fort.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/mozart-le-nozze-di-figaro-liege/">MOZART, Le nozze di Figaro &#8211; Liège</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<item>
		<title>BIZET, Carmen &#8211; Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bizet-carmen-liege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 22 Jun 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On a longtemps moqué les espagnolades dans Carmen. Au motif que Bizet n&#8217;avait jamais mis les pieds en Espagne, et que des générations de metteurs en scène en avaient rajouté dans le kitsch, la vision folklorique a été bannie et c&#8217;est l&#8217;aspect universel du mythe qui a été mise en avant. Parfois avec succès d&#8217;ailleurs, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On a longtemps moqué les espagnolades dans <em>Carmen</em>. Au motif que Bizet n&rsquo;avait jamais mis les pieds en Espagne, et que des générations de metteurs en scène en avaient rajouté dans le kitsch, la vision folklorique a été bannie et c&rsquo;est l&rsquo;aspect universel du mythe qui a été mise en avant. Parfois avec succès d&rsquo;ailleurs, comme l&rsquo;a montré Calixto Bieito <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/carmen-paris-bastille-honorable-routine/">dans sa production reprise à l&rsquo;Opéra de Paris en janvier 2023.</a></p>
<p><strong>Marta Eguilior</strong> fait table rase de tout ceci. Sa <em>Carmen</em> se veut « plus espagnole que l&rsquo;Espagne elle-même », comme le proclame sa note d&rsquo;intentions. Des légionnaires de Cadix aux toréros vêtus de capes bicolores, en passant par l&rsquo;attirail complet de la semaine sainte à Séville et de la corrida, pas un détail pittoresque ne manque à la panoplie du touriste qui s&rsquo;en va au-delà des Pyrénées. Mais que l&rsquo;on ne s&rsquo;attende pas pour autant à un spectacle « à l&rsquo;ancienne ». D&rsquo;abord parce que la danse y est intégrée de la façon la plus charnelle qui soit, par la grâce de <strong>Sara Cano</strong>, qui oblige son équipe de danseurs à styliser leurs mouvements. Du flamenco, la gestique évoluera vers une véritable danse de l&rsquo;amour et de la mort. Ensuite parce que Marta Eguilior possède une connaissance approfondie de la culture espagnole et de la nouvelle de Mérimée qui inspira l&rsquo;opéra. Elle sait donc tout le poids de la religion catholique dans cette histoire, et la façon dont elle montre cette influence permet d&rsquo;échapper à toute mièvrerie : le char de procession sur lequel Carmen fait son entrée, la couronne d&rsquo;épines qui structure le décor de l&rsquo;acte III, les poses christiques de Don José, les pénitents encagoulés et omniprésents &#8230; Le tout dans des éclairages âpres et tirés au cordeau.</p>
<p>Dans la fosse, <strong>Leonardo Sini</strong> opère lui aussi des choix clairs : tout en nerf et en transparence, sa lecture est cursive. Des tempi rapides, une battue énergique, un étagement constamment clair des plans sonores. C&rsquo;est indéniablement efficace, surtout dans les passages marqués par l&rsquo;aspect festif, comme les chœurs de la corrida ou le quintette des contrebandiers. Mais cela peut parfois entrer en contradiction avec la vision plus sombre de la metteuse en scène. En outre, un tel parti pris de légèreté est loin d&rsquo;épuiser toutes les possibilités de la partition, qui supporterait certainement plus de profondeur. En pleine forme, <strong>l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra royal de Wallonie</strong> suit toutes les intentions de son chef, même si on peut regretter un pupitre de cordes certes agiles mais qui sonne un peu émacié par moments. Le <strong>Chœur de l&rsquo;opéra de Liège</strong> et sa <strong>Maîtrise</strong> sont euphoriques, comme à chaque fois qu&rsquo;une maison francophone joue <em>Carmen</em>, et chacune de leurs interventions sont un moment de bonheur.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/A-C-GILLET-Choeur-c-J.-BERGER-ORW-Liege-1294x600.jpg?&amp;cacheBreak=1718979542250" alt="" />© J. Berger/ORW</pre>
<p>Porté par cet environnement favorable, le drame se déploie sous nos yeux. Haletant, sanguinaire, bouleversant.</p>
<p>Sanglés dans de superbes costumes signés <strong>Betitxe Saitua</strong>, les chanteurs appellent tous des éloges, même si c&rsquo;est à des degrés divers. Nous avouons un faible particulier pour le Don José de <strong>Galeano Salas</strong>. Si son jeu d&rsquo;acteur est un peu pataud, le ténor sait transformer le plomb en or, et fait de sa gaucherie un élément qui le rend encore plus touchant. Et sa voix claire, puissante, offre un très bon équilibre entre le soin du chant indispensable dans l&rsquo;opéra français et la fragilité de l&rsquo;animal blessé. Sa dernière phrase : « C&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai tuée &#8230; Ah Carmen ! Ma Carmen adorée ! », où Nietzsche voyait exprimée l&rsquo;essence tragique de l&rsquo;amour, reste gravée dans la mémoire. Sa Micaela a les traits <strong>d&rsquo;Anne-Catherine Gillet</strong>. La soprano belge a le courage d&rsquo;arracher le rôle aux oies blanches, et l&rsquo;investit de toute la somptuosité de son timbre charnu. Ses élans de puissance transpercent, mais elle sait aussi l&rsquo;art de retenir ses aigus, voire de les arrondir, dans des moments de lévitation vocale qui donnent le frisson. On comprend que Don José hésite entre les deux femmes.</p>
<p><strong>Pierre Doyen</strong> ressuscite pour Escamillo le style de chant qui avait cours en France jusque dans les années 60, avant la grande globalisation musicale. Un vibrato serré, un appui sur les consonnes plutôt que sur les voyelles, une articulation particulièrement soignée et un refus de l&rsquo;effet qui rappellent Ernest Blanc ou Robert Massard. C&rsquo;est sans doute démodé, mais quelle allure ! Finalement, les seules réserves concernent Carmen. Ce que tente<strong> Julie Robard-Gendre</strong> est pourtant remarquable en termes de tenue et de clarté. Voilà une Carmen qui sculpte son texte et ses notes avec un art consommé, et qui refuse jusqu&rsquo;à la moindre parcelle de vulgarité. Une Carmen qui veut séduire par son chant et son caractère, plutôt que par des minauderies ou des déhanchements. La Habanera et la Séguédille y retrouvent un style et une netteté que des quantités de Carmen aguicheuses nous avaient fait perdre de vue. Mais ce refus de la facilité montre ses limites : l&rsquo;interprétation est par moments un peu froide, et le volume est souvent trop petit pour incarner pleinement la séductrice. Parmi une pléiade de seconds rôles bien tenus, on épinglera le Dancaïre d&rsquo;<strong>Ivan Thirion</strong> et le Remendado de <strong>Pierre Derhet</strong>, acteurs désopilants qui n&rsquo;oublient pas d&rsquo;être des chanteurs stylés.</p>
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		<title>VERDI, Alzira — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/alzira-liege-rehabilitation-dune-oeuvre-mal-aimee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Nov 2022 05:00:05 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/spectacle/alzira-liege-rehabilitation-dune-oeuvre-mal-aimee/</guid>

					<description><![CDATA[<p>Comment réhabiliter un opéra mal aimé qui souffre d&#8217;une réputation d&#8217;œuvre ratée ? En réunissant une distribution sans faiblesse dans une mise en scène sobre et respectueuse. C&#8217;est le pari qu&#8217;a tenté avec succès l&#8217;Opéra Royal de Wallonie-Liège pour le huitième opéra de Verdi, si l&#8217;on en juge par l&#8217;accueil chaleureux d&#8217;un salle enthousiaste et comble. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment réhabiliter un opéra mal aimé qui souffre d&rsquo;une réputation d&rsquo;œuvre ratée ? En réunissant une distribution sans faiblesse dans une mise en scène sobre et respectueuse. C&rsquo;est le pari qu&rsquo;a tenté avec succès l&rsquo;Opéra Royal de Wallonie-Liège pour le huitième opéra de Verdi, si l&rsquo;on en juge par l&rsquo;accueil chaleureux d&rsquo;un salle enthousiaste et comble.</p>
<p>Créé en 1845 à Naples, <em>Alzira </em>reçut un accueil mitigé de la part du public et de la critique. Quelques mois plus tard, à Rome l’accueil fut franchement glacial. Aussi au bout de quelques représentations sans lendemain à Milan puis à Ferrare, l’ouvrage disparut rapidement du répertoire. Verdi dans sa maturité en aurait qualifié la musique de « proprio brutta » (vraiment mauvaise), un jugement qui n’a pas manqué de nuire à la carrière de cette partition. Celle-ci a néanmoins connu quelques reprises notables au vingtième siècle, citons pour l’anecdote un concert à Berlin en 1938 avec Elisabeth Schwartzkopf, puis des représentations à Rome en 1967, à Parme en 1981 et au ROH de Londres en 1996. Entretemps, New-York l’aura accueilli au Carnegie Hall en 1967. Mais ce sont les enregistrements réalisés à diverses occasions qui ont permis aux mélomanes de découvrir la musique. En 1983, Lamberto Gardelli grave la première intégrale d’<em>Alzira</em> en studio dans le cadre de sa série d’opéras de jeunesse de Verdi. En 2001, pour commémorer le centenaire de la mort du compositeur, parait un nouvel enregistrement sous la direction de Fabio Luisi. Enfin, au début des années 2010, à l&rsquo;approche du bicentenaire de la naissance de Verdi, le label C Major propose une intégrale en DVD de ses opéras dans laquelle <em>Alzira</em> est confiée à la baguette de Gustav Kuhn.</p>
<p>La musique, encore fortement marquée par l’esthétique belcantiste, comporte au moins une aria suivie d’une cabalette pour chacun des personnages principaux, de nombreux chœurs, et quelques ensembles en particulier un fort joli sextuor, « Nella polve genuflesso », au début du final du premier acte. Parmi les airs notables émergent la cavatine de Zamoro « Un Inca… eccesso orribile » dans le prologue et, au cours du premier acte, celle de Gusmano, « Eterna la memoria d’un folle amor» ainsi que la grande scène d’Alzira « Da Guzman su fragil barca » suivie de la cabalette « Nell’astro che più fulgido » qui met en valeur l’art de la colorature de la soprano. De belles pages en somme, parfois conventionnelles mais l&rsquo;ensemble s’écoute sans déplaisir.</p>
<p>L’action se situe au seizième siècle chez les Incas sous la domination espagnole. Une tribu d’indiens avec à sa tête Zamoro, se révolte contre l’occupant. Gusmano, fils d’Alvaro, gouverneur du Pérou, aime la jeune Alzira fiancée à Zamoro dont elle est éprise. C’est sur ce triangle amoureux rebattu, sur fond de conflit entre les deux camps, que repose l’intrigue. On y décèle quelques similitudes avec celle du <em>Trouvère</em>, notamment lorsque Gusmano propose à Alzira de laisser la vie sauve à son amant si elle accepte de l&rsquo;épouser. Le dénouement, au cours duquel Gusmano en mourant pardonne à Zamoro qui vient de le tuer, préfigure celui du <em>Bal masqué</em>.</p>
<p> </p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/l._ganci_-_choeur_messieurs_c_j_berger_-_orw-liege.jpg?itok=Hogf2l9u" title="Alzira © J. Berger / ORW-Liège" width="468" /><br />
	Alzira © J. Berger / ORW-Liège</p>
<p>Pour son entrée au répertoire de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, A<em>lzira </em>a fait l’objet d’une co-production avec le Grand Théâtre National du Pérou de Lima et l’Association des Amis de l’Opéra de Bilbao où le spectacle a été donné en<a href="https://www.forumopera.com/alzira-bilbao-verdi-dans-sa-chrysalide"> avril dernier</a>. Le maître d’œuvre en est <strong>Jean Pierre Gamarra </strong>dont ce sont les débuts <em>in loco</em>. Le metteur en scène péruvien situe l’action à une époque indéterminée, les conquérants sont en costumes dix-neuvième, au dernier acte leur cou est orné d’une fraise. Les femmes sont vêtues à la mode espagnole, des mantilles recouvrent leurs têtes, tandis que les autochtones portent des tuniques dans différents tons de brun et des bonnets andins. Les personnages évoluent autour d’un lopin de terre recouvert de paille qui représente le territoire que se disputent les deux peuples et plus tard une grotte où se cachent Otumbo et ses guerriers. Au deuxième acte un carré lumineux évoque l’intérieur du palais du gouverneur à Lima. On décèle ça et là quelques allusions à l’histoire récente par exemple lorsque des femmes incas brandissent les portraits de leurs proches disparus. La direction d’acteur est sobre et efficace.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="311" src="/sites/default/files/styles/large/public/f._dotto_-_l._ganci_c_j_berger_-_orw-liege.jpg?itok=kguJr2HY" title="Alzira © J. Berger / ORW-Liège" width="468" /><br />
	Alzira © J. Berger / ORW-Liège</p>
<p>La distribution se révèle d’une grande homogénéité jusque dans les rôles secondaires. Les interventions de <strong>Marie-Catherine Baclin</strong> et d&rsquo;<strong>Alexander Marev</strong>, ténor au timbre suave, n’appellent que des éloges. La voix solide de <strong>Zeno Popescu</strong> lui permet d’incarner avec conviction le guerrier Otumbo. <strong>Roger Joakim</strong>, habitué des lieux, campe un Ataliba aux accents paternels émouvants. L’autre père est incarné par<strong> Luca</strong> <strong>Dall’Amico</strong>, également familier de la scène liégeoise, qui dispose d’un timbre sombre et d’un registre grave sonore. <strong>Giovanni Meoni</strong> impressionne par sa présence scénique et sa ligne de chant élégante et nuancée. Aussi convaincant en amoureux déçu qu’en rival vindicatif il possède un timbre chaleureux et une belle projection. Enfin les interprètes d’Alzira et Zamora ont effectué des débuts éclatants sur la scène de l’ORW. <strong>Luciano Ganci</strong> possède une voix solaire et des aigus claironnants et puissants qui ont impressionné le public. S’il a tendance à chanter presque toujours <em>forte</em>, dans son dernier air le ténor esquisse quelques nuances bienvenues. Quant à <strong>Francesca Dotto</strong>, elle campe une Alzira exquise et émouvante, capable de résister à la pression exercée sur elle par Gusmano. Le timbre est clair, les aigus brillants et la colorature dans les cabalettes impeccablement maîtrisée. Saluons également les nombreuses interventions des chœurs préparés par <strong>Denis Segond</strong>, aussi à l’aise dans la déploration que dans les pages martiales.</p>
<p>Pour sa première et unique prestation à la tête de l’Orchestre de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège, le jeune chef <strong>Leonardo Sini</strong> défend avec fougue et enthousiasme cette partition dont il excelle à mettre en valeur les aspects novateurs. Ses tempos rapides permettent à l’action de progresser rapidement sans temps mort. L&rsquo;ouvrage est donné dans son intégralité, toutes les cabalettes sont doublées à défaut d&rsquo;être ornées.</p>
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