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	<title>Stephen LORD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Stephen LORD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, Norma — Toronto</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-toronto-norma-les-yeux-dans-les-yeux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Oct 2016 12:37:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Canadian Opera Company est une maison d&#8217;opéra dynamique qui a su dans les dernières années attirer des chanteurs prometteurs ou confirmés. La Norma de ce début de saison se place dans cette droite ligne : autour de Sondra Radvanovsky l&#8217;enfant star du pays, un jeune cast dont la valeur n&#8217;attend pas le nombre des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La Canadian Opera Company est une maison d&rsquo;opéra dynamique qui a su dans les dernières années attirer des chanteurs prometteurs ou confirmés. La Norma de ce début de saison se place dans cette droite ligne : autour de Sondra Radvanovsky l&rsquo;enfant star du pays, un jeune cast dont la valeur n&rsquo;attend pas le nombre des années est réuni. À noter que ce sera Elsa Van Der Heever  qui prendra la suite à la fin de la série (<a href="http://www.forumopera.com/norma-bordeaux-delza-lardente-flamme">voir le compte-rendu de sa prise de rôle par Christophe Rizoud</a>), preuve supplémentaire du soin apporté aux distributions vocales par la première scène canadienne.</p>
<p>	La production arrive de Barcelone ou déjà la soprano canadienne prêtait sa voix à la prêtresse gauloise aux côtés du Pollione de Grégory Kunde (<a href="http://www.forumopera.com/norma-barcelone-duel-de-fauves">voir notre compte-rendu</a>). Elle installe l&rsquo;action dans un décor unique assez littéral, tour à tour lieu du culte ou hutte de guerre. La herse qui sert de fond de scène se relève sur une forêt défeuillée, sans raison véritable. Les costumes sont de bonne facture à l&rsquo;exception des uniformes romains en cuir rouge et noir qui évoquent davantage les concepts de Pierre Cardin qu&rsquo;une tenue militaire. La terne direction d&rsquo;acteur ne parvient guère à animer les tableaux, voire, est illisible comme le soulignait déjà Antoine Brunetto.</p>
<p>	Terne aussi, l&rsquo;orchestre, que seuls de beaux violoncelles rehaussent. À la tête d&rsquo;icelui <strong>Stephen Lord</strong> se concentre à maintenir l&rsquo;équilibre entre une fosse assez peu « enterrée » et le plateau. La lecture reste scolaire y compris dans le respect des accélérations et points d&rsquo;orgue que la tradition interprétative a légués au Bel Canto.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="322" src="/sites/default/files/styles/large/public/norma-mc-1111.jpg?itok=sKl89zze" title="© Michael Cooper" width="468" /><br />
	© Michael Cooper</p>
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	On le comprend que loin d&rsquo;être exceptionnelles ces conditions ont le mérite de mettre les chanteurs dans une position confortable. <strong>Dimitry Ivashchenko</strong> impose un Oroveso d&rsquo;onyx et de puissance, figure morale que Norma craint en permanence malgré l&rsquo;ascendant qu&rsquo;elle a sur lui. Cette pugnacité, le baryton-basse russe la partage avec <strong>Russell Thomas</strong>, Pollione tout d&rsquo;un bloc et facile sur toute la tessiture. Il faut attendre le deuxième acte pour que le ténor américain commence à tailler ce marbre : nuances et couleurs viennent éclairer un timbre héroïque. Voici un chanteur prometteur, assis sur une solide technique et une musicalité certaine, après le Pollione <a href="http://www.forumopera.com/norma-londres-roh-la-chance-sourit-aux-audacieuses">de grand style de Joseph Calleja à Londres</a>. Ces qualités, <strong>Isabel Leonard</strong> les fait aussi siennes, même si la mezzo-soprano attendra le duo du deuxième acte pour lâcher prise et galber le velours du timbre dans les affects de son personnage. Ce deuxième duo entre les rivales réconciliées est un des sommets de la soirée, ainsi que chacune des minutes où <strong>Sondra Radvanovsky</strong> arpente la scène. Outre ses qualités techniques irréprochables que Paris a pu entendre lors de <a href="http://www.forumopera.com/aida-paris-bastille-de-mal-en-py">la dernière reprise d’Aïda en juin dernier</a>, l’aisance, la générosité dans les suraigus (contre ré dans le final du premier acte), la longueur de souffle et la musicalité frissonnante de l’américano-canadienne&#8230; on sort marqué par l’investissement dramatique de la soprano. A l’inverse de Sonya Yoncheva à Londres, prêtresse guerrière impériale dès son entrée, Sondra Radvanovsky s’approprie davantage la femme bafouée, la mère torturée et l’amoureuse vengeresse, un peu à cause une diction moins ciselée que celle de la Bulgare, mais surtout pour une question de tempérament. Le « Casta Diva » est conduit d’un piano initial qui s’éclaire et grandit comme une lune montante, puis la grammaire belcantiste vient en renfort de l’interprétation dans la strette (« Ah, bello, a me ritorna ») pour décrire les palpitations du personnage. Il serait fastidieux de décrire chacun des effets et trouvailles interprétatives pléthoriques de la Canadienne, d’autant que tout voit le jour avec naturel et évidence, comme si chanter Norma, incarner Norma était une seconde nature. L’an passé Antoine Brunetto concluait que « Sondra Radvanovky est sans aucun doute une des seules interprètes qui puisse actuellement prétendre s&rsquo;approcher de la Norma idéale ». Le public de Toronto l’a vue les yeux dans les yeux.</p>
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		<title>BELLINI, Norma — Londres (ENO)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/norma-londres-eno-sur-un-arbre-dangereusement-perchee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 27 Feb 2016 22:35:09 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La situation de l’English National Opera est délicate ces temps-ci et l’orchestre tout comme le chœur sont en danger. Tant et si bien que la représentation de Norma du jour a failli être annulée, les chœurs menaçant de faire grève, car leur salaire va tomber à 75 %, ce qui représente une coupe pour le moins &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La situation de l’English National Opera est délicate ces temps-ci et l’orchestre tout comme le chœur sont en <a href="http://www.forumopera.com/breve/leno-tient-bon-en-2015-16-mais-a-quel-prix">danger</a>. Tant et si bien que la représentation de <em>Norma</em> du jour a failli être annulée, <a href="http://forumopera.com/breve/greve-a-lenglish-national-opera">les chœurs menaçant de faire grève</a>, car leur salaire va tomber à 75 %, ce qui représente une coupe pour le moins substantielle&#8230; Plutôt que de refuser de chanter, ils font passer une pétition, arguant qu’ils se donnent sur scène à 100 % et méritent ainsi l’intégralité de leurs émoluments. Ils se réservent toutefois la possibilité de ne pas chanter <a href="https://www.eno.org/whats-on/akhnaten/"><em>Akhnaten</em></a>, dont la première est prévue le 4 mars prochain. Les spectateurs s’installent, rassurés quant à l’avenir immédiat, mais pour peu de temps. Tout juste avant le lever de rideau, on nous fait une annonce : c’est à présent le rôle-titre qui risque de ne pas tenir ses promesses, puisque son interprète souffre d’une infection de la gorge. La soprano, malade, donc, se propose tout de même de chanter mais fait appel à l’indulgence du public. Cette fois, on craint le pire.</p>
<p>Le choix du metteur en scène <strong>Christopher Alden</strong> est de transposer l’action dans un espace clos, dépouillé, tapissé de lambris de bois qui pourraient (de loin), évoquer la forêt des druides. Après tout, le décalage est à peine plus grand que celui d’entendre le livret si familier traduit en anglais (avec les coupes qui correspondent à ce que l’on pouvait entendre dans les années 1950). L’adaptation ne pose pas trop de problèmes pour les solos, mais les duos souffrent quelque peu de ce télescopage linguistique, ce qui est encore plus évident pour les chœurs, dont l’effet de scansion et de pulsation qu’il apporte, notamment dans les crescendos et le poignant finale, en pâtit quelque peu. Cela dit, on s’habitue assez vite et le caractère exotique laisse place à l’émotion, qui envahit par vagues successives l’auditeur, dès lors que les uns et les autres se montrent à peu près à la hauteur de leur tâche, il est vrai colossale, tant cet opéra est exigeant. Pour en revenir à la mise en scène, certains partis pris s’avèrent curieux, comme celui d’enchaîner l’action sans craindre les incohérences de scénario, comme par exemple celle de faire entrer le chœur des druides sous l’apparence de paysans en costume du xix<sup>e</sup> siècle qui versent leur tribut à Pollione et Flavio, ces derniers restant ensuite à proximité de Norma et des Gaulois, à lire tranquillement leur journal en pleine cérémonie, alors qu’il s’agit pour eux évidemment de ne pas se faire voir. Le principal accessoire est un tronc d’arbre suspendu qui s’abaisse ou se relève, permettant aux chanteurs de l’escalader pour prendre de la hauteur, évoquant une croix et servant de bûcher sacrificiel. Là encore, les ellipses, raccourcis et apparentes facilités finissent par faire sens, à condition de ne pas être gêné par l’esthétique du spectacle, que d’aucuns ont déjà pu voir à Bordeaux et dont Christophe Rizoud fustigeait « <a href="http://www.forumopera.com/norma-bordeaux-delza-lardente-flamme">l’inutile laideur</a> ».</p>
<p class="rtecenter"><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="329" src="/sites/default/files/styles/large/public/eno-norma-peter-auty-jennifer-holloway-marjorie-owens-eleanor-inglis-and-adrian-dwyer-c-alastair-muir.jpg?itok=mWpbEOnc" title="© Alastair Muir" width="468" /></p>
<p class="rtecenter">© Alastair Muir</p>
<p>Lorsque <strong>Marjorie Owens</strong> apparaît enfin, les appréhensions quant à sa capacité à assumer le périlleux « Virgin Goddess » (pardon, « Casta Diva ») tombent rapidement. La jeune femme a suffisamment de technique pour faire oublier son indisposition du jour et la voix s’affirme peu à peu. La pauvre doit également chanter dans la position la plus inconfortable qui soit, perchée sur le tronc d’arbre. Quant à l’émotion, elle est immédiatement perceptible, notamment dans des pianissimi à se pâmer et un je-ne-sais-quoi de désespéré dans l’approche du rôle. L’interprétation est ainsi toute de délicatesse et de tendresse, avec une fureur bien contenue, très passagère, dans une lecture psychologique du personnage un peu particulière dont on soupçonne qu’elle n’est pas étrangère à la direction d’acteurs. En effet, les Gaulois et les femmes sont très nettement victimisées ; Adalgisa par exemple est violentée sans cesse, quand une autre jeune fille se fait violer par Flavio, qu’on arrête à la place de Pollione et qui finira lynché et châtré, son sexe porté en triomphe par Oroveso… Ces choix ont-ils pu influencer l’approche de <strong>Jennifer Holloway</strong> pour le rôle d’Adalgisa ? Toujours est-il que, si les notes sont là, quelque chose de froid et de désincarné ne laisse pas de surprendre, voire de décevoir. <strong>Peter Auty</strong>, entre caricature à la Daumier et bourgeois tout droit sorti de l’univers de Balzac, offre une certaine épaisseur psychologique au rôle de Pollione, mais éprouve de réelles difficultés dans l’aigu, tout en affichant une voix flexible au nuancier délicat avec une belle élégance de chant. <strong>James Creswell</strong> correspond vocalement plutôt bien au rôle d’Oroveso ; très en retenue, il parvient toutefois à véhiculer beaucoup d’émotion. Si <strong>Valerie Reid</strong> et <strong>Adrian Dwyer</strong> ne laissent pas de souvenir impérissable en Clotilde et Flavio, les chœurs, en revanche, donnent tout ce qu’ils peuvent, ovationnés à l’issue du spectacle ainsi que la très méritante Marjorie Owens, qu’on craignait de ne pas réussir à tenir jusqu’au bout. Ce suspense participe, en définitive, au plaisir qu’on prend. Si tout n’était pas parfait, les choix de mise en scène contestables et les conditions difficiles, la soirée a été profondément émouvante, assurément bien plus marquante que nombre de versions lisses et sans âme.</p>
<p class="rtecenter">
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