<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Lorrie GARCIA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<atom:link href="https://www.forumopera.com/artiste/lorrie-garcia/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/lorrie-garcia/</link>
	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Mon, 14 Oct 2024 16:51:35 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1</generator>

<image>
	<url>https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/cropped-Favicon-32x32.png</url>
	<title>Lorrie GARCIA - Artiste - Forum Opéra</title>
	<link>https://www.forumopera.com/artiste/lorrie-garcia/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>CACCINI, La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/caccini-la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Oct 2024 05:59:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=174024</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le premier mérite de cette représentation unique de La liberazione di Ruggiero dell’isola d’Alcina (abrégé Alcina et à ne pas confondre avec celle de Haendel) au Théâtre du Capitole de Toulouse est sans conteste de nous permettre de découvrir une œuvre on ne peut plus rare (elle ne figure pas dans les 1001 opéras de &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/caccini-la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-toulouse/"> <span class="screen-reader-text">CACCINI, <strong>La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina</strong> &#8211; Toulouse</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/caccini-la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-toulouse/">CACCINI, &lt;strong&gt;La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina&lt;/strong&gt; &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier mérite de cette représentation unique de <em>La liberazione di Ruggiero dell’isola d’Alcina</em> (abrégé <em>Alcina</em> et à ne pas confondre avec celle de Haendel) au Théâtre du Capitole de Toulouse est sans conteste de nous permettre de découvrir une œuvre on ne peut plus rare (elle ne figure pas dans les <em>1001 opéras</em> de Piotr Kaminski, c’est dire !). On se souvient d’une représentation chroniquée par Forumopéra <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-bruxelles-lopera-ca-ne-simprovise-pas/">à Bruxelles en 2016</a>.<br />
On la doit, et c’est une deuxième caractéristique intéressante, à une compositrice : Francesca Caccini (1587-après 1641) était d’abord et avant tout chanteuse, luthiste, poétesse et professeur de musique italienne. Francesca Caccini, née à Florence, est la fille de Giulio Caccini et de Lucia di Filippo Gagnolandi, chanteuse. À sa naissance, son père est au service des Médicis et l’initie très jeune à la musique. Il lui apprend le chant, le clavecin, le luth, la théorie musicale et la composition. À l&rsquo;âge de vingt ans, elle est engagée comme musicienne sous l&rsquo;autorité du Grand-duché de Toscane.<br />
L’excellente réputation de Francesca l’a conduite à répondre à des propositions de la cour d’Henri IV ; c’est du reste au mariage de ce dernier avec Marie de Médicis que fut donné ce qui est considéré aujourd’hui comme le tout premier opéra, <em>Euridice</em>, composé par Jacopo Peri en 1600. Elle fait partie des premières chanteuses virtuoses qui sont alors l’objet d’une adulation « furieuse » de la part de la noblesse comme du clergé. Et elle était très généreusement défrayée, dit-on.<br />
Cette <em>Alcina</em> est considérée comme le premier opéra composé par une femme. Elle est classée <em>opera comica</em>, en quatre scènes, écrite à partir d’un livret de Ferdinand Saracinelli d’après l’<em>Orlando furioso</em> de l’Ariosto. Cet opéra aurait été créé le 3 février 1625 à la Villa Poggio Imperiale de Florence. L’œuvre eut un tel succès que deux nouveaux opéras furent commandés à Caccini. Malheureusement, ceux-ci n’ont pas été préservés, ni retrouvés à ce jour.<br />
La trame est somme toute assez indigente : l’enchanteresse Melissa arrive sur l’île d’Alcina, avec l’intention de libérer Ruggiero des griffes de la maléfique sorcière qui a ensorcelé le héros et l’a éloigné de son véritable amour, Bradamante. Melissa prend l’apparence d’Atlante et réveille Ruggiero. Elle se moque de lui et lui reproche d’être tombé sous le charme d’Alcina et l’exhorte à redevenir soldat. Ruggiero se ressaisit et décide de quitter Alcina. Celle-ci revient, découvre que Ruggiero l’a quittée et devine que sa propre fin ne saurait tarder. Alcina s’en va, furieuse, avouant sa défaite.<br />
C’est sans doute la pauvreté du livret qui prive cette pièce de véritables moments dramatiques, le point culminant étant sans conteste le final de la scène 2 avec la confrontation entre Alcina et Ruggiero ; et encore s’agit-il essentiellement d’un quasi monologue de la sorcière, sorte de lamento où se perçoivent les tempêtes qui traversent l’esprit d’Alcina.<br />
Il faut rendre hommage à l’ensemble <em>I Gemelli</em> et ses onze musiciens qui nous permettent cette découverte. <strong>Emiliano Gonzalez Toro</strong>, qui chante Ruggiero et, cette fois-ci, ne dirige pas (c’est <strong>Violaine Cochard</strong> qui le relaie discrètement depuis son clavecin) est donc de retour à Toulouse. Son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-toulouse/">Il ritorno d’Ulisse in patria</a> avait connu un franc succès la saison dernière. Le rôle masculin principal est peu caractérisé et son duo avec Alcina tourne court. Les rôles principaux sont ceux de la sorcière et de l’enchanteresse. Melissa est fièrement incarnée par <strong>Lorrie</strong> <strong>Garcia</strong> au mezzo envoûtant : on comprend qu’il ait agi sur l’esprit de Ruggiero. <strong>Alix</strong> <strong>Le</strong> <strong>Saux</strong> qui, à Bruxelles était en décembre dernier l’Euryclée du <em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">Ritorno </a></em><a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-il-ritorno-dulisse-in-patria-bruxelles/">donné par I Gemelli</a> tient le rôle de la sorcière. Son morceau de bravoure est donc le final de la scène 2 qu’elle rend avec force et conviction. Il faut remarquer la belle homogénéité de l’ensemble vocal. <strong>Juan</strong> <strong>Sancho</strong> (Neptune et Astolfo), <strong>Natalie</strong> <strong>Perez</strong> (la demoiselle et la messagère), <strong>Cristina</strong> <strong>Fanelli</strong> (la sirène) et <strong>Pauline</strong> <strong>Sabatier</strong> (sirène) composent, en plus de leurs rôles, un chœur très cohérent. Mention spéciale à <strong>Nicolas</strong> <strong>Brooymans</strong> (le monstre) et <strong>Jordan</strong> <strong>Mouaissia</strong> (le berger et la Vistule) pour leur duo enchanteur à la première scène. Enfin <strong>Mathilde Etienne</strong> ne se contente pas de –bien – chanter une sirène, elle propose une mise en espace astucieuse. L’ensemble orchestral de tout premier plan est séparé en deux : cordes frottées et vents à jardin, cordes pincées et percussions à cour. Entre les deux, un espace où peuvent se mouvoir les personnages et où auraient dû se donner les ballets – incontournables dans l’opéra du début du XVIIe siècle.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/caccini-la-liberazione-di-ruggiero-dallisola-dalcina-toulouse/">CACCINI, &lt;strong&gt;La liberazione di Ruggiero dall’isola d’Alcina&lt;/strong&gt; &#8211; Toulouse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Treizième Concours de chant baroque de Froville : le palmarès</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/treizieme-concours-de-chant-baroque-de-froville-le-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2024 06:10:02 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=breve&#038;p=172788</guid>

					<description><![CDATA[<p>La 13e édition du Concours de chant baroque de Froville s’est tenue du 19 au 22 septembre à la Chapelle du château de Lunéville et à l’Eglise de Froville. Le palmarès est le suivant&#160;: Lucija Varsic, Premier prix, Prix du Public31 ans, Croate, Mezzo-soprano Arnaud Gluck, Second prix &#38; Prix I Gemelli28 ans, ,France, Contre-ténor &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/breve/treizieme-concours-de-chant-baroque-de-froville-le-palmares/"> <span class="screen-reader-text">Treizième Concours de chant baroque de Froville : le palmarès</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/treizieme-concours-de-chant-baroque-de-froville-le-palmares/">Treizième Concours de chant baroque de Froville : le palmarès</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La 13e édition du Concours de chant baroque de Froville s’est tenue du 19 au 22 septembre à la Chapelle du château de Lunéville et à l’Eglise de Froville. Le palmarès est le suivant&nbsp;:</p>
<ul>
<li><strong>Lucija Varsic</strong>, Premier prix, Prix du Public<br>31 ans, Croate, Mezzo-soprano</li>
<li><strong>Arnaud Gluck</strong>, Second prix &amp; Prix I Gemelli<br>28 ans, ,France, Contre-ténor</li>
<li><strong>Lorrie Garcia</strong>, Troisième prix &amp; Prix Génération Opéra<br>29 ans, Contralto, France</li>
<li><strong>Amandine Sanchez</strong>, Prix « Château de Lunéville – meilleur espoir »<br>20 ans, France, Soprano
</li>
</ul>


<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph"></p>
<cite><strong>Lucija Varsic, Premier prix, Prix du Public</strong><br>31 ans, Croate, Mezzo-soprano<br>Lucija Varsic a obtenu sa maîtrise en Vocal Performance en 2022 et sa maîtrise en pratique de l&rsquo;interprétation historique en 2024 à The University for Music and Performing Arts Vienna. La principale passion de Lucija réside dans la musique ancienne.<br><strong>Arnaud Gluck, Second prix &amp; Prix I Gemelli</strong><br>28 ans, ,France, Contre-ténor<br>Diplômé d’un master de chant à la Schola Cantorum de Bâle, il chante comme soliste dans des opéras, oratorios et concerts en France et ailleurs en Europe : Pastore dans l’Orfeo de Monteverdi avec Jordi Savall en juin 2024 à Versailles.<br><strong>Lorrie Garcia, Troisième prix &amp; Prix Génération Opéra</strong><br>29 ans, Contralto, France<br>Lorrie chante et joue du piano depuis son plus jeune âge, explorant le jazz, la chanson française et la pop. En 2021 elle découvre le monde de l’opéra et sa vie en est bouleversée. Au conservatoire de Marseille, elle obtient son prix avec mention très bien en 2018, poursuivant la même année une formation pour jeunes chanteurs à l’opéra de Monte Carlo, dont elle sort diplômée.<br><strong>Amandine Sanchez, Prix « Château de Lunéville – meilleur espoir »</strong><br>20 ans, France, Soprano<br>Amandine Sanchez commence la musique à 6 ans, avec l&rsquo;alto, instrument qu&rsquo;elle pratique encore aujourd&rsquo;hui, et avec lequel elle obtient en 2023 son certificat d&rsquo;études musicales. Très intéressée par le monde du design et de l&rsquo;illustration, elle obtient un bac STD2A (sciences et technologies du design et des arts appliqués), et poursuit ses études en licence musicologie.</cite></blockquote>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/treizieme-concours-de-chant-baroque-de-froville-le-palmares/">Treizième Concours de chant baroque de Froville : le palmarès</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Rinaldo &#8211; Beaune</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jul 2024 05:30:00 +0000</pubDate>
				<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/?post_type=spectacle&#038;p=169362</guid>

					<description><![CDATA[<p>Longtemps après que Pier Luigi Pizzi et Marilyn Horne aient révélé Rinaldo, Beaune retrouve notre héros, pour la troisième fois, vingt-deux ans, puis quinze ans après. Ce soir c’est Thibault Noally qui conduit son ensemble, Les Accents. La production, créée au Théâtre des Champs Elysées en février dernier (2) connaît une distribution presqu’inchangée, puisque le &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/"> <span class="screen-reader-text">HAENDEL, Rinaldo &#8211; Beaune</span> Lire la suite »</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/">HAENDEL, Rinaldo &#8211; Beaune</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Longtemps après que Pier Luigi Pizzi et Marilyn Horne aient révélé <em>Rinaldo</em>, Beaune retrouve notre héros, pour la troisième fois, vingt-deux ans, puis quinze ans après. Ce soir c’est <strong>Thibault Noally</strong> qui conduit son ensemble, <em>Les Accents</em>. La production, créée au Théâtre des Champs Elysées en février dernier (2) connaît une distribution presqu’inchangée, puisque le rôle de Goffredo change de titulaire (à Lucile Richardot est substituée <strong>Lorrie Garcia</strong>), et  <strong>Chiara Skerath </strong>s&#8217;empare du rôle d&rsquo;Armida, cédant Almirena à <strong>Gwendoline Blondeel</strong>. La plupart des solistes sont familiers du Festival.</p>
<p>L’histoire est connue, où les Croisés assiègent Jérusalem.  Goffredo (Godefroid de Bouillon), frère d’Eustazio et père d’Almirante, confie à Rinaldo le soin de vaincre les Infidèles (Argante, roi de Jérusalem, et son amante, la magicienne Armide). Celle-ci enlève Almirante, promise à Rinaldo, et séduit ce dernier par ses enchantements&#8230;</p>
<p>Cette version de concert, que le mauvais temps a contraint au repli à la Basilique, confine l’orchestre et les solistes dans son chœur. Il leur est ainsi malaisé de jouer pleinement leur personnage comme ils l’auraient certainement fait dans la cour des Hospices. Certes, la magie, les effets spectaculaires réservés aux machines comme aux êtres animés (3) relèvent ce soir de l’imagination, mais les prouesse vocales, orchestrales n’en sont que plus évidentes. Les nombreux airs (4) éblouissent et nous touchent, de la vaillance à la plainte extatique. Tous les <em>da capo</em> sont ornés, parfois brillamment, toujours avec intelligence. Les récitatifs sont animés, d’une souplesse et d’un naturel confondants. Seule réserve, mineure, le recours trop fréquent (5) au positif, très sonore, au détriment du plus discret clavecin, d’autant que le continuo est fourni. Seulement quatre duos, tous aussi remarquables, émouvants par leur sens dramatique et leur perfection vocale, pour quantité d’airs : le duetto de Rinaldo avec Almirena (« Scherzano sul tuo volto »), puis avec Armide (« Fermati / No, crudel ! », ajouté en 1731), enfin celui d’Argante avec la magicienne « Al trionfo del nostro furore », sans oublier celui des sirènes, « Il vostro maggio », délicieux, respirant la séduction, d’une égale réussite.</p>
<p><strong>Carlo Vistoli</strong>, plus haendelien que jamais, possède la pleine intelligence du rôle-titre – martial, viril et tendre – et les moyens superlatifs pour en traduire les sentiments : une technique prodigieuse (son aisance dans les vocalises et les traits les plus pyrotechniques), l’ambitus le plus large, une projection et puissance rares chez les contre-ténors, et, surtout, une qualité d’élocution et de réels talents de comédien. Si son air d’entrée, élégiaque, n’est pas le plus approprié aux démonstrations, comme le « Cara sposa, amante cara », ému, qui traduit bien l’accablement du héros à l’enlèvement d’Almirena, dont il a été le témoin impuissant, le furieux « Venti turbini » est fabuleux de virtuosité, où le violon solo de Thibault Noally nous éblouit autant que la voix. L’enchantement se poursuivra après les dernières notes de « Or la tromba in suon festante », dont l’éclat et l’ornementation virtuose fascinent. La santé vocale de <strong>Chiara Skerath</strong> est confirmée pour Armida, le rôle habité de la plus redoutables des magiciennes. La voix, souple, agile, est agressive, fière comme caressante, tendre, émouvante, d’une <em>italianità</em> parfaite. Elle éblouit par ses airs violents (son arrivée, avec « Furie terribili ! ») comme par ses élans amoureux (la déchirante déploration « Ah ! crudel ! il pianto mio ») justes, sincères jusqu’au pathétique. Sa liberté vocale, dès son air d’entrée, impose un personnage flamboyant, de démesure. Chacun des ses airs est un régal. Retenons particulièrement l’air de vengeance du II , « Vo’ far guerra, e vincer voglio », avec ses improvisations au clavecin, ménagées par Haendel, aux vocalises exemplaires. <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, dont la révélation au concours de Froville a marqué le début de la carrière, est Almirena. La séduction le dispute à l’autorité, le timbre, fruité, la ligne soutenue et finement ciselée, les aigus épanouis et lumineux emportent l’adhésion. De ses nombreux airs, retenons déjà « Augeletti, che cantate, zefiretti » avec la petite flûte (<em>ottavino</em>) virtuose, et deux flûtes à bec, d’un raffinement extrême, d’une fraîcheur rare, où notre soliste orne sa ligne à l’égal des trois instruments. Son duetto avec Rinaldo « Scherzano / Ridano » est d’un bonheur communicatif, rayonnant.  Attendue, « Lascia, ch’io pianga », la poignante sarabande au legato exemplaire suspend le temps, fait toujours son effet. Vraisemblable prise de rôle pour Lorrie Garcia, contralto marseillaise dont l’essentiel de la carrière se développe en Italie. Elle campe un Goffredo élégant et viril, à l’indéniable autorité. La voix est charnue, bien timbrée, incisive, autoritaire, aux solides graves et la technique est sans défaut, dès son air d’entrée  (« Sovra balze scosceni e pungenti »). On retiendra son « Mio cor, che mi sai dir ? » enfiévré, ambigu, où la complexité du personnage lui confère une réelle humanité. Les trois airs retenus du frère de Goffredo, Eustazio, sont heureusement confiés à <strong>Anthea Pichanick</strong>, dont on connaît les mérites. La chaleur, la souplesse et le timbre moelleux lui permettent l’une des plus belles plaintes que nous ayons entendues (« Siam prossimi al porto »). Si, auparavant puis ensuite, chacun de ses airs est remarquable (« Col valor,colla virtù or si vad », « Di Sion nell’ alta sede »), c’est également dans les récitatifs que toutes ses qualités sont flagrantes. Avec le « Sibillar gli angui d’Aletto », Argante nous est présenté par<strong> Victor Sicard</strong>. Vigoureux, chaleureux pour cet air aux généreuses vocalises, admirables, avec un orchestre survitaminé, le roi de Jérusalem est parfaitement servi, rivalisant avec trompettes et timbales. Le legato superbe du « Vieni, o cara », sensible, douloureux, met tout autant en évidence l’étendue des qualités de notre baryton. En outre, ses talents de comédien, son art du récitatif, lui permettent une caractérisation aboutie de son personnage et le rendent attachant.</p>
<p>Thibault Noally dirige du violon, dont il joue fréquemment, tant dans les tutti que comme soliste, toujours soucieux de la dynamique et de l’articulation de ses musiciens. S’il semblait sur la retenue lors de la première au TCE, ce soir, comme ses chanteurs et son ensemble, il paraît libéré, pleinement épanoui. Sa familiarité de l’ouvrage et l’attention portée au chant permettent l’expression lyrique la plus juste. L’orchestre rend pleinement justice à la partition, dès son ouverture, somptueuse et animée, au son plein et chargé de séduction, la première sinfonia participe vraiment au drame que constitue l’enlèvement d’Almirena. La berceuse des sirènes, étrange avec ses dissonances audacieuses, nous envoûte.  Seul petit bémol, la formidable bataille du III, ici réduite à une simple illustration martiale, spectaculaire, est prise à un train d’enfer, inapproprié aux conditions acoustiques de la basilique. La dynamique, l’articulation, les batteries se signalent par le souci de précision constant. Les solistes des <em>Accents</em>, flûtes, hautbois, basson, clavecin, violon, aux timbres délicieux, rivalisent d’agilité pour dialoguer avec les voix.</p>
<p>Pouvait-on rêver plus belle distribution, engagée, virtuose et harmonieuse, servie par une direction pleinement épanouie ? Après le chœur final, souriant, chaleureux bien que dramatiquement convenu, la nef comme les bas-côtés exultent. L’enthousiasme d’un public ravi fera un long triomphe aux chanteurs comme aux <em>Accents </em>et à son chef.</p>
<pre>(1) Le 20 juillet 1996, Christophe Rousset (avec Sarah Mingardo, Sandrine Piau et autres), puis le 18 juillet 2009 (où Ottavio Dantone réunissait Delphine Galou, Lennecke Ruiten, Riccardo Novaro etc.). 
(2) Guillaume Saintagne, pour Forumopéra, en avait rendu compte (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-paris-theatre-des-champs-elysees/">Plus d’intelligence que d’éclat</a>). 
(3) A la création, en 1711, ce sont des oiseaux vivants qui peuplaient le jardin d’Armide. 
(4) 29 dans la partition de 1711 ; 23 sont conservés. Il est vrai que l’ouvrage est ample... 
(5) Y compris dans les arias d’où Haendel l’a explicitement exclu, où seules les cordes sont convoquées.</pre>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-rinaldo-beaune/">HAENDEL, Rinaldo &#8211; Beaune</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
