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	<title>Christof LOY - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Christof LOY - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>CHARPENTIER, Louise – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Feb 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ce qu’il avait qualifié de « roman musical », Gustave Charpentier (1860-1956) présentait en 1900 le tableau d’une jeunesse montmartroise désireuse de s’aimer librement en dépit des interdits sociaux et des préjugés. Plus précisément, il s’agit de l’histoire d’une jeune fille, Louise, voulant s’affranchir de la tutelle parentale et qui n’y parvient qu’au prix &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce qu’il avait qualifié de « roman musical », Gustave Charpentier (1860-1956) présentait en 1900 le tableau d’une jeunesse montmartroise désireuse de s’aimer librement en dépit des interdits sociaux et des préjugés. Plus précisément, il s’agit de l’histoire d’une jeune fille, Louise, voulant s’affranchir de la tutelle parentale et qui n’y parvient qu’au prix d’un difficile combat contre le chantage affectif de sa mère et d’une rupture douloureuse avec son père.</p>
<p>Le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong>, dans une lecture déjà commencée en 2008 à Duisbourg mais renouvelée pour cette production, propose de voir dans ce « roman » (qui à sa création avait fait scandale tout en connaissant le succès) non pas l’histoire d’une émancipation mais celle d’un échec : l’accent est mis sur l’effet délétère des parents toxiques, l’autoritarisme dénué d’empathie de la mère, l’amour possessif et incestueux du père, et la névrose qui en résulte. Ce n’est plus « Zola en musique » (Paul Morand) mais Freud en musique. Ainsi Louise ne vivrait réellement aucun des événements du livret – sa rencontre avec le poète bohème Julien, leur amour réciproque, ses relations avec les ouvrières de l’atelier de couture où elle travaille, son couronnement comme Muse de Montmartre ne seraient que fantasmes consécutifs au traumatisme familial. Ce qui explique que les personnages négatifs de la « réalité » du monde extérieur aient ici la même apparence que les parents de Louise : le Chiffonnier a les traits de son père, la Première d’atelier ceux de sa mère. Tout se déroule en un lieu unique qui s’apparente à l’immense salle d’attente d’un hôpital, dont l’agencement ne varie que pour ébaucher l’esquisse des lieux et rencontres imaginés par Louise.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Louise_Aix_CL_230-1294x600.jpg" />
© DR</pre>
<p>La fin « ouverte » du livret de Charpentier (dans le texte, on ne sait pas ce qu’il advient de Louise après son départ) autorise certes diverses interprétations, d’autant que le dernier mot revient au père qui, après avoir en vain rappelé sa fille, maudit Paris dans une ultime exclamation. Paris devait d’ailleurs être pour le compositeur, comme il l’écrivait le soir de la création, « une sorte de personnage invisible et présent ». Christof Loy a choisi de ne retenir que le premier adjectif, mais offre tout de même au troisième acte, derrière les hautes fenêtres, un décor de la ville qui finira par disparaître rapidement dans les cintres en même temps que les ballons de la fête. On peut le regretter en pensant aux nombreux rôles illustrant les petits métiers de Montmartre, aux cris de Paris, au folklore bohème. Mais on ne saurait dénier aux choix du metteur en scène une efficacité bouleversante, parfois d’une précision chirurgicale, si l’on ose dire. Ainsi de la confrontation glaçante entre la mère et la fille, des effets produits par les contrastes entre l’agitation générale et la solitude vécue par le personnage, ou encore de l’insertion de ses supposés fantasmes dans le décor général de la salle d’attente oppressante et paralysante, métaphore d’une existence aliénée (scénographie d’<strong>Étienne Pluss</strong>). Dans ce contexte, le jeu des lumières (<strong>Valerio Tiberi</strong>), en épousant les états d’âme ou de conscience de Louise, contribue pour beaucoup à l’émotion qui gagne le public. Ne court-on pas le risque, toutefois, de ne voir en elle qu’une personne malade, incapable de se confronter au monde, dès lors que l’ensemble de l’arc narratif est intégré dans la dimension psychique et pathologique, provoquant une inversion des causes et des effets ?</p>
<p>Elsa Dreisig, que l’on attendait pour cette <em>Louise</em> applaudie au Festival d’Aix l’été dernier, était souffrante lors de la première lyonnaise. C’est la soprano <strong>Gabrielle Philiponet</strong> qui la remplace au pied levé, au sens propre du terme tant son personnage semble sans cesse en partance : son agilité sur scène, dans une mise en scène physiquement très exigeante, est remarquable tout autant que son jeu dramatique poignant. Donnant au rôle toute l’humanité voulue par Gustave Charpentier, sa fragilité naïve, mais aussi l’impétuosité de son amour et l’affirmation de sa volonté de liberté, elle forme avec le robuste et fringant Julien d’<strong>Adam Smith</strong> un couple à la fois paradoxal et complémentaire – lui extraverti, assuré de leur bonheur futur, chantant haut et fort sans souci excessif des nuances mais avec une articulation parfaite et un timbre flatteur, et la séduisant ainsi par cette armure sonore, elle, au chant tout en inflexions subtiles, délicates, tout d’abord effarouchée et menue, se recroquevillant sur un banc ou se jetant dans ses bras. Un couple convaincant aussi par le jeu de la réciprocité et par l’évolution de Louise au cours de l’opéra, dans son statut de partenaire amoureuse inversant l’ordre convenu du désir à la suite de son grand air « Depuis le jour », épreuve parfaitement réussie pour franchir le seuil de l’acte III. On peut savoir gré à Gabrielle Philiponet, qui doit chanter Mimi dans <em>La Bohème</em> à Clermont-Ferrand et à Massy au mois de mars (voir également <a href="https://www.forumopera.com/questionnaire-de-proust-gabrielle-philiponet-la-qualite-que-je-prefere-chez-une-autre-soprano-moi-qui-pensais-etre-la-seule/">ses réponses au Questionnaire de Proust</a> de ce mois de janvier 2026), d’avoir ainsi, dans une parfaite osmose avec ses partenaires, permis à cette représentation d’avoir lieu.</p>
<p>Notre confrère Jean Michel Pennetier avait <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/">rendu compte de manière détaillée</a>, dans ces colonnes, de la représentation aixoise du 8 juillet 2025. Nous souscrivons à ses commentaires concernant la grande qualité du plateau vocal : toutes et tous seraient à citer en effet. Ajoutons simplement que l’Irma de la soprano <strong>Marianne Croux</strong> offre un beau moment de lyrisme au deuxième tableau de l’acte II, tandis que le ténor <strong>Filipp Varik</strong> donne une interprétation remarquable, vocalement parfaite, du Pape des Fous. La basse <strong>Nicolas Courjal</strong> impressionne en père de Louise par la puissance de sa projection et la clarté de sa diction, tout en assurant avec talent un rôle de composition suscitant le malaise. <strong>Sophie Koch</strong> est parfaite dans le double rôle de la mère et de la première d’atelier.</p>
<p>La salle de l’Opéra de Lyon, avec sa remarquable acoustique, permet évidemment bien mieux que le théâtre de l’Archevêché de percevoir la richesse de la partition de Charpentier, ses nuances, ses subtilités mais aussi ses moments paroxistiques, de même que la spatialisation du son, l’irruption des bruits et des cris de Paris à côté des moments de lyrisme qui suspendent le temps, grâce à l’excellence de l’Orchestre de l’Opéra de Lyon dirigé avec beaucoup de raffinement et d’expressivité par <strong>Giulio Cilona</strong>. Les Chœurs, préparés par <strong>Benedict Kearns</strong>, sont parfaits, comme à l’accoutumée.</p>
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		<title>BARBIERI, El Barberillo de Lavapiés &#8211; Bâle</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/barbieri-el-barberillo-de-lavapies-bale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Sep 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Deux numéros bissés, deux duos repris da capo, le cas est plutôt rare. Et surprenant dans la très mesurée Bâle, mais c’est que nombre d’Espagnols nostalgiques étaient venus en famille respirer l’air de Madrid, d’un Madrid imaginaire, qui baigne la zarzuela en général, et ce Barberillo de Lavapiés en particulier. Des lazzis lancés de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Deux numéros bissés, deux duos repris <em>da capo</em>, le cas est plutôt rare. Et surprenant dans la très mesurée Bâle, mais c’est que nombre d’Espagnols nostalgiques étaient venus en famille respirer l’air de Madrid, d’un Madrid imaginaire, qui baigne la zarzuela en général, et ce <em>Barberillo de Lavapiés</em> en particulier. Des lazzis lancés de la salle, des Bravi ! sonores, l’ambiance était <em>caliente</em> et les interprètes eux-mêmes en semblaient étonnés. Très amusant de les voir hésiter : « On bisse ou on ne bisse pas ? » et interroger du regard le chef d’orchestre, <strong>José Miguel Pérez-Sierra</strong>, grand spécialiste du genre. Dans un petit speech avant le lever de rideau, le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong> avait évoqué l’antique tradition madrilène d’interventions du public au cours des représentations. Il ne croyait pas si bien dire.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="434" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-59-1024x434.jpeg" alt="" class="wp-image-200503"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>100 % espagnole</strong></h4>
<p>Outre l’originalité de cette programmation, c’est une belle idée que de faire appel à une distribution entièrement espagnole, à des chanteurs familiers du Teatro de la Zarzuela, le temple où perdure l’esprit de cette opérette, ou pour mieux dire de cet opéra-comique si mal connu de ce côté-ci des Pyrénées. Si d’illustres espagnols, Berganza, Los Angeles ou Domingo (dont les parents étaient tous deux chanteurs de zarzuela) ou tout récemment l’hispano-américaine Lisette Oropesa en ont popularisé des airs fameux, il est rarissime d’en voir une représentée sous nos cieux.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-21-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-200501"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Le modèle de la <em>zarzuela grande</em></strong></h4>
<p>Ce <em>Barberillo de Lavapiés</em>, créé en décembre 1874 (deux mois et demi avant <em>Carmen</em>), est un des chefs-d’œuvre de Francisco Asensio Barbieri, l’un des grands hommes du genre avec Giménez, Chapí, Chueca, Torroba ou Sorozábal. Barbieri était un musicien très érudit, d’abord chanteur, chef de chœur et chef d’orchestre, fondant une <em>Socieda de Conciertos</em>, dirigeant le grand répertoire européen (Beethoven et même Wagner), connaissant parfaitement les origines de la zarzuela à l’époque baroque. Manuel de Falla saluait en lui le musicologue éditeur du <em>Cancionero de los siglos XV et XVI</em> en même temps qu’un compositeur qui avait influencé les Albéniz et Granados. <br />C’est avec ce bagage qu’il crée en 1851 la première zarzuela en trois actes <em>Jugar con fuego</em>. Mais la liste de ses œuvres est impressionnante, les plus célèbres étant <em>Pan y toros</em>, <em>Los Diamantes de la corona</em> et ce <em>Petit Barbier</em>, qui en partie est une parodie de celui de Rossini.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/barberillo_ohpcingo_hoehn-55-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200498"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Carmen Artaza et David Oller © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Il met en scène un barbier du quartier populaire de Lavapiés, en plein cœur de Madrid. L’action se déroule sous le règne de Charles III et ce garçon nommé Lamparilla va se trouver entrainé dans une histoire de complot et aider une petite marquise une <em>marquesita</em>, membre d’une conspiration contre un ministre, qui se trouve être l’oncle de Don Luis, l’amoureux de cette Estrella. <br />Le barbier a lui aussi une amoureuse, la piquante Paloma, couturière de son état. Bref, un couple de gens du peuple, et un autre d’aristocrates, amenés à s’entrecroiser. Le couple Lamparilla-Paloma devenant de plus en plus fusionnel à mesure qu’ils se retrouvent impliqués dans l’action politique, tandis que le couple Estrella-Luis symétriquement se désagrège (avant qu’un <em>happy end</em> ne les ressoude bien entendu).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200507"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Alejandro Baliñas Vieites, Cristina Toledo, Santiago Sánchez © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Cet imbroglio n’a aucun fondement historique, il est seulement prétexte à quelques malentendus, renversements de situation, quiproquos et variations en tous genres. L’idée générale étant que par l’humour, la gaieté et l’amitié on arrive à vaincre la tyrannie et à mettre en place un régime qu’on espère meilleur que le précédent, mais rien n’est moins sûr : « On change les colliers, mais les chiens restent les mêmes », dira philosophiquement Lamparilla.</p>
<h4><strong>L&rsquo;opéra-comique, version espagnole</strong></h4>
<p>Dans une démarche similaire à celle de l’opéra-comique français, il s’agissait d’offrir matière à dépaysement, de mettre en scène quelques tableaux historico-pittoresques, d’évoquer Madrid à l’époque de Goya, tout un monde de <em>majos</em> et de <em>majas</em> en jolis costumes.<br />Christof Loy prend l’option de déplacer cette intrigue fantaisiste, dont à vrai dire on se désintéresse assez vite, vers une époque contemporaine pas vraiment datée. Un irréel de comédie musicale, dans des couleurs de berlingots, où les conspirateurs portent des chapeaux noirs rabattus sur l’œil, et la maréchaussée des uniformes blancs d’alguazils d’opérette, où l’on danse joyeusement sur les places dès que se présente la moindre séguedille…</p>
<p>Pour le simple plaisir d’un spectacle léger, pimpant, séducteur et aussi optimiste que les harmonies de Barbieri. Il y a une couleur sonore de la zarzuela, une bigarrure musicale à laquelle on ne résiste pas, surtout quand elle est servie avec une telle verve.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-61-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200504"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Sur une grande place éclairée par un « plein feu » éclatant, quatre couples de danseurs très toniques dansent et s’envolent sur une musique qui ne l’est pas moins. Du fuchsia, du turquoise, du jaune citron, d’aimables citoyennes et citoyens en robes fleuries et costumes d’été, quelques arbres stylisés.</p>
<p>Ponctuée par d&#8217;emblématiques coups de talons, l’ouverture et le chœur d’entrée (de <em>majas</em> et d’<em>estudiantes</em>) sont d’une couleur espagnole impeccable, le <strong>Chœur de l’Opéra de Bâle</strong> et l’<strong>Orchestre symphonique de Bâle</strong> rutilent de mille <em>fuocos</em> (le pupitre de trompette !) sous la baguette de José Miguel Pérez-Sierra, le directeur musical du Teatro de la Zarzuela, &#8211; mais par ailleurs spécialiste de Rossini (il fut l’assistant d’Alfredo Zedda) et grand amateur d’opéra français. C’est dire qu’il dirige cette musique faussement simple avec tout le soin que mérite sa finesse : Barbieri fait explicitement allusion à Rossini, et l’air d’entrée de Lamparilla est un hommage à celui de Figaro. Le baryton <strong>David Oller</strong>, qui a justement Figaro à son répertoire, survolté, filiforme et électrique, enlève le morceau avec un chic de meneur de revue, dansant à l’occasion, et les réponses du chœur tombent avec une netteté imparable.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/barberillo_ohpcingo_hoehn-90-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200500"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>David Oller et Carmen Artaza © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Non moins brillant, l’air d’entrée de Paloma, « Como nací en la calle de la Paloma », lui aussi en duo avec le chœur, air fameux enregistré jadis par Los Angeles et Berganza, sera enlevé avec brio par <strong>Carmen Artaza</strong>, mezzo-soprano, une Rosina au timbre chaud et agile, et qui comme David Oller sait danser en même temps qu’elle chante. Le tout en donnant l’illusion que tout est facile et naturel. L’un et l’autre (et tous leurs partenaires) maîtrisent ce qui est peut-être la principale difficulté du genre, c’est-à-dire de passer sans cesse des numéros chantés aux dialogues parlés, sans chute de tension.</p>
<h4><strong>Rossini et Donizetti en divinités tutélaires</strong></h4>
<p>Barbieri connaissait admirablement l’opéra italien et le duo des conspirateurs, Estrella et Don Juan, sent assez son Donizetti parodique. Le soprano <strong>Cristina Toledo</strong> (malheureusement affublée au premier acte d’une triste robe bordeaux, d’une cape couleur de muraille et d’un fichu, sans doute pour passer inaperçue) et la basse <strong>Alejandro Baliñas Vieites</strong>, seront bientôt surpris par Don Luis, l’amant de la Marquesita, qui croira être trompé par elle. Or les deux premiers conspirent contre l’oncle-ministre du troisième… d’où un trio du malentendu aux accents faussement pathétiques, qui pourrait être du jeune Verdi, avec l’indispensable strette de style héroïque, auquel fera suite un deuxième trio, des deux femmes avec Lamparilla qu’il s’agit d’entrainer dans la conjuration… Ici, la forme est nettement rossinienne (avec <em>accelerato</em> final) même si les harmonies et les ornements sonnent indubitablement espagnols.</p>
<p>De même que la grisante <em>Jota de los Estudiantes</em> qui fait le final de l’acte 1, chantée et dansée par un chœur de Bâle déchainé avant que le tout ne s’achève par un grand <em>concertato</em> réunissant solistes et chœur, enlevé avec brio et nouvelle démonstration du savoir-faire de Barbieri.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/barberillo_ohpcingo_hoehn-70-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200499"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>David Oller © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>La première scène de l’acte II est très drôle. Le décor représente la boutique du barbier Lamparilla, lequel a été mis en prison pour cause de complot ; ses clients sont furieux d’être massacrés par les maladroits qui le remplacent, d&rsquo;où résulte une bagarre générale entre clients mécontents et barbiers aux blouses sanguinolentes, avec intervention de la Guardia, déterminant un savoureux entremêlement de rythmes de fandango et d’une marche militaire.</p>
<p>Christof Loy règle avec brio cette bataille rangée où voltigent des rasoirs tout prêts à trancher des gorges, à laquelle mettra fin le retour de Lamparilla, libéré de sa geôle, et racontant ses aventures, un des airs solistes d’une partition qui privilégie les petits ou grands ensembles.</p>
<h4><strong>Un premier bis</strong></h4>
<p>Justement le duo entre Luis et Estrella, duo de dépit amoureux, aux accents aimablement pathétiques, mettra en valeur le beau timbre un peu barytonant du ténor <strong>Santiago Sánchez</strong> et le soprano très expressif de Cristina Toledo. Un duo en deux parties, lento puis allegro, et strette finale, d’allure à nouveau donizettienne, très enlevé qui déchainera des applaudissements sans fin, puis des « Bis ! » qui sembleront surprendre les deux chanteurs eux-mêmes, qui s’exécuteront scrupuleusement en le reprenant d’un bout à l’autre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-36-1024x682.jpeg" alt="" class="wp-image-200502"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>David Oller et Carmen Artaza  © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>…et un second</strong></h4>
<p>Inévitablement, le duo suivant, entre Lamparilla et Paloma, duo de leurs retrouvailles, d’allure plus typiquement espagnole, suivra le même chemin : sa partie rapide sur un rythme de séguedille sera bissée et acclamée, permettant à nouveau d’entendre les belles couleurs de Carmen Artaza et le panache de David Oller.</p>
<p>Les <em>seguedillas manchegas</em> (de la Manche) qui clôturent cet acte sont une des pages les plus irrésistiblement brillantes et énergisantes de tout le répertoire zarzuelesque. Jadis Igor Markevitch, quand il dirigeait l’Orchestre national d’Espagne s’était fait un devoir d’en donner une version foudroyante dans sa mémorable <em>Anthologie de la zarzuela</em>. Celle de José Miguel Pérez-Sierra, à la tête de forces bâloises, chœur et orchestre, qui n’ont pas nativement cette musique dans le sang, ne sera pas moins électrique. Elle ne sera pas bissée, c’est dommage, on en aurait volontiers repris une ration, mais du moins on la réentendra en prélude orchestral du troisième acte, et le trompette solo y offrira une performance ensoleillée.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="465" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/el_barberillo_de_lavapies_cingo_hoehn-80-1024x465.jpeg" alt="" class="wp-image-200590"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Oui, il y a dans cette musique quelque chose d’exaltant, ainsi dans la chanson des couturières, rassemblées autour d’une longue table, moment où on ne peut pas ne pas penser à <em>Carmen</em>, affaire de couleur, de délicatesse, de mélancolie surgissant au milieu de la joie débordante. Là encore l’authenticité de ce qu’on entend ici, la justesse de coloris, étonnent si on a dans la mémoire le bel enregistrement que donna du <em>Barberillo</em> Victor Pablo Perez pour les disques Valois, il y a trente ans, avec l’Orquesta Sinfonica de Tenerife. Le mérite en revient sans nul doute à José Miguel Pérez-Sierra.</p>
<h4><strong>Euphorisant</strong></h4>
<p>Ce troisième acte se détache de l’italianisme des deux premiers, pour aller vers un climat plus idiomatiquement espagnol, témoin ce duo très drôle où Paloma enseigne à la Marquesita (puisqu’il s’agit d’échapper aux Alguazils) comme prendre les intonations grasseyantes et effrontées d’une vraie <em>maja</em>, occasion pour Carmen Artaza d’aller chercher le plus grave de son registre et pour Cristina Toledo de la suivre sur ce terrain, et prétexte pour Barbieri à un joli défi d’humour purement musical.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/barberillo_hpk2cingo_hoehn-12-1024x683.jpeg" alt="" class="wp-image-200497"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Cristina Toledo et Carmen Artaza © Cingo Hoehn</sub></figcaption></figure>


<p>Le quatuor final, plus conventionnel mais énergétique, consacrera la réconciliation du couple « noble » avant que l’entrée des Alguazils (on pense aux carabiniers d’Offenbach) ne tourne pour eux au fiasco, terrassés qu’ils seront par le peuple de Madrid. L&rsquo;ultime prestissimo soulèvera l’euphorie du public. Triomphe, applaudissements sans fin, et pour une bonne partie de l’assistance, révélation d’un genre inconnu. <br />Diablement efficace, même dans ces austères contrées protestantes.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/barbieri-el-barberillo-de-lavapies-bale/">BARBIERI, El Barberillo de Lavapiés &#8211; Bâle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>CHARPENTIER, Louise &#8211; Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 08 Jul 2025 04:43:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Achevée en 1893 mais créée en 1900 seulement, notamment suite au refus de nombreux théâtres de proposer un sujet aussi scabreux, Louise remporta un triomphe à sa première, et l&#8217;ouvrage sera régulièrement produit sur les scènes françaises jusqu&#8217;aux années 60 environ. Peut-on encore jouer Louise aujourd&#8217;hui ? Premier opéra naturaliste, l&#8217;ouvrage traite du désir féminin, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Achevée en 1893 mais créée en 1900 seulement, notamment suite au refus de nombreux théâtres de proposer un sujet aussi scabreux, <em>Louise</em> remporta un triomphe à sa première, et l&rsquo;ouvrage sera régulièrement produit sur les scènes françaises jusqu&rsquo;aux années 60 environ. Peut-on encore jouer <em>Louise</em> aujourd&rsquo;hui ? Premier opéra naturaliste, l&rsquo;ouvrage traite du désir féminin, du sentiment de liberté lié à la vie dans une grande ville, du refus de l&rsquo;autorité parentale et de ses conséquences, de l&rsquo;honneur de la famille (alors que celle-ci n&rsquo;est plus contrainte par le qu&rsquo;en-dira-t-on provincial du fait d&rsquo;un environnement anonyme)&#8230; toutes choses qui disparaissent largement après 1968, mais qui étaient encore bien réelles dans la France de l&rsquo;après-guerre, en particulier dans les familles fraichement montées à la ville. Le succès de l&rsquo;ouvrage doit ainsi probablement davantage à ces thématiques, prégnantes pour le public de l&rsquo;époque, qu&rsquo;à une musique correctement tournée mais sans grâce particulière, à l&rsquo;exception de l&rsquo;air « Depuis le jour » que la plupart des grands sopranos auront mis à leur répertoire (Charpentier n&rsquo;obtiendra d&rsquo;ailleurs plus jamais aucun succès majeur avec ses compositions). La popularité de l&rsquo;ouvrage à l&rsquo;international (on lit souvent que l&rsquo;œuvre conserve une certaine réputations aux États-Unis par exemple) tient sans doute beaucoup à son évocation du Paris montmartrois. Enfin, le livret est souvent un peu ronflant et emphatique.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Louise-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_12-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194020"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p>Il fallait donc une sacrée audace pour reprogrammer cet ouvrage dans le cadre du festival d&rsquo;Aix-en-Provence, d&rsquo;autant qu&rsquo;il est particulièrement lourd à monter en raison d&rsquo;une distribution pléthorique, surtout si l&rsquo;on peut réunir des chanteurs capables de faire vivre la prosodie française. Une approche actuelle aurait pu lui rendre sa modernité : après tout, ce qu&rsquo;on appelle improprement les « crimes d&rsquo;honneur » se multiplient, sans parler de la banalisation des discours masculinistes ou du phénomène des <em>Incel</em>, autant de signes de la fragilité des droits des femmes. Ce n&rsquo;est pas l&rsquo;option qu&rsquo;a choisie <strong>Christof Loy</strong>. Considérant que la composition de l&rsquo;ouvrage suit de peu les travaux (contestés) de Charcot sur l&rsquo;hystérie (1), le metteur en scène allemand a choisi de faire de Louise une patiente traitée pour cette névrose. Le concept n&rsquo;est pas véritablement nouveau : c&rsquo;est celui développé par Andrei Serban pour la production de<em> Lucia di Lammermoor</em> donnée à l&rsquo;Opéra-Bastille depuis trente ans. On ne compte d&rsquo;ailleurs plus les mises en scène se référant &nbsp;à l&rsquo;univers médical : on se rappellera ainsi qu&rsquo;Aix a déjà donné une <em>Carmen</em> qui se passait dans un centre de thérapie sexuelle (2017), et de même pour son dernier <em>Così</em> <em>fan</em> <em>tutte</em> (2023). Dans un décor unique, la salle d&rsquo;attente d&rsquo;un hôpital, Louise fantasme un amour pour Julien (on découvrira à la toute dernière scène qu&rsquo;il s&rsquo;agit du médecin) et une relation quasi sexuelle avec son propre père, culminant dans une scène finale assez explicite qui se termine par le suicide de l&rsquo;héroïne (suicide lui aussi fantasmé puisqu&rsquo;après un court moment d&rsquo;obscurité totale, on se retrouve à nouveau dans l&rsquo;hôpital, Louise sortant réjouie du cabinet du médecin, et certainement pas guérie). Toute l&rsquo;œuvre est ainsi construite autour du délire de Louise. Certains personnages sont d&rsquo;ailleurs interprétés par ses proches : celui du Chiffonnier dont l&rsquo;histoire résume les craintes du Père pour sa fille, ou du Noctambule, aux mœurs dissolus, chanté par l&rsquo;interprète de Julien (ce qui peut engendrer une certaine confusion chez le spectateur non averti). On comprend moins pourquoi la Mère devient également la Première d&rsquo;atelier de l&rsquo;entreprise de confection dans laquelle travaille Louise (d&rsquo;autant que ladite Mère l&rsquo;a précédemment menacée de la forcer à travailler à la maison). Si le concept semble donc un peu bancal, il n&rsquo;est pas vraiment dérangeant. Enfin, la direction d&rsquo;acteur est excellente et le moindre des petits rôles est travaillé à la perfection. Le Paris montmartrois disparait en revanche dans cette mise en scène.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Louise-—-Festival-dAix-en-Provence-2025-©-Monika-Rittershaus_21-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-194056"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© Monika Rittershaus</sub></figcaption></figure>


<p><strong>Elsa Dreisig</strong> incarne une Louise introvertie, intérieurement vibrante, dont la fragilité s&rsquo;exprime dans un chant délicat, avec une projection souvent un peu ténue, sauf pour les grands scènes où elle fait éclater sa révolte. Sa prononciation est également d&rsquo;une grande clarté et elle se révèle une diseuse exceptionnelle. Le soprano sait également bouger son corps pour traduire avec justesse tout une palette de sentiments. Elle sait, avec une profonde justesse, rendre l&rsquo;évolution de son personnage, même si la révolte contre l&rsquo;autorité parentale devient ici la fuite vers la mort pour échapper à des pulsions incestueuses fantasmées. À sa première intervention, la voix d&rsquo;<strong>Adam Smith</strong> nous fait nous interroger. Le jeune chanteur nous rappelle un peu le grand Neil Shicoff : un chant si énergique, parfois à la limite de l&rsquo;accident toutefois, était-il nécessaire pour une œuvre plutôt délicate ? La réponse nous sera apportée avec le grand duo de l&rsquo;acte III qui nécessite en effet les ressources d&rsquo;un <em>lirico-spinto,</em> et où le ténor britannique, dominant sans problème le bouillonnement orchestral, achèvera de nous convaincre. Le français est dépourvu d&rsquo;accent, mais la prononciation (un peu à la Shicoff justement) est perfectible. Ajoutons une présence scénique évidente, un charme craquant, qui sait rendre très crédible et très vivant le personnage de Julien. <strong>Sophie Koch</strong> incarne la Mère avec autorité. À ce stade de sa carrière, la voix est parfois un peu dure, mais s&rsquo;accorde pour cela même avec ce rôle de composition. L&rsquo;actrice est impeccable. <strong>Nicolas Courjal</strong> est particulièrement investi dramatiquement dans son personnage de Père, lui aussi particulièrement névrosé, d&rsquo;autant que la mise en scène lui en demande beaucoup. Quelques aigus un peu sont à l&rsquo;arraché, mais cela passe dans le feu de l&rsquo;action, et contribue à exprimer le trouble psychique du personnage.</p>
<p>La pléthore de seconds rôles est impeccablement distribuées. <strong>Marianne Croux</strong> offre toute la truculence requise au personnage de la couturière Irma, avec un timbre chaud et de beaux graves. Remplaçant au pied levé Roberta Alexander souffrante et qui s&rsquo;est désistée pour toute la série, <strong>Annick Massis</strong> apporte une touche de nostalgie avec le personnage de la balayeuse qui connu son heure de gloire. La voix est toujours lumineuse et d&rsquo;une belle fraîcheur. Difficile de ne pas craquer pour le Gavroche idéal de <strong>Céleste Pinel</strong> campé avec abattage et humour (elle chante également l&rsquo;Apprentie, une jeune couturière). En marchand d&rsquo;habits, mais surtout en Pape des Fous, <strong>Grégoire Mour</strong> fait preuve d&rsquo;une splendide musicalité, d&rsquo;un beau phrasé, avec une belle maîtrise de la voix mixte. Là encore, la prononciation est impeccable. Les autres chanteurs ont des interventions souvent plus limitées mais toujours exigeantes, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de franchir le mur de l&rsquo;orchestre ou d&rsquo;exister au milieu des ensembles. Tous sont à citer car tous sont parfaits. Les deux gardiens de la paix, les jeunes <strong>Filipp Varik</strong> et <strong>Alexander de Jong</strong> sont déjà des promesses. Le Bricoleur de <strong>Frédéric Caton</strong> est pétri d&rsquo;humanité. <span style="font-size: revert;"><strong>Carol Garcia</strong> est une Gertrude espiègle et pleine de vie. </span><span style="font-size: revert;"><strong>Karolina</strong> <strong>Bengtsson</strong> est une Camille rêveuse et empathique. <strong>Julie Pasturaud</strong> est une Marguerite un brin maternelle. <strong>Marie-Thérèse Keller</strong> est une Madeleine enjouée. <strong>Marion Vergez-Pascal</strong> dispense un timbre agréable en Élise. <strong>Marion Lebègue</strong> (Suzanne, La Glaneuse de charbon) offre une belle projection et une excellente diction. </span><strong>Jennifer Courcier</strong> est une Blanche et une Plieuse de journaux pleine d&rsquo;entrain. <span style="font-size: revert;">Le <strong>Chœur de l’Opéra de Lyon</strong> et la <strong>Maîtrise des Bouches-du-Rhône</strong> sont excellents, idéalement </span>sonores, scéniquement très vivants, mais relativement peu sollicités par la partition.</p>
<p><strong>Giacomo Sagripanti</strong> dirige d&rsquo;une baguette experte, avec une grande attention envers le plateau. Les ensembles sont parfaitement coordonnés. En dépit des qualités de l&rsquo;orchestre de l&rsquo;Opéra de Lyon (par ailleurs renforcé par Orchestre des Jeunes de la Méditerranée pour la musique de scène), l&rsquo;acoustique de l&rsquo;Archevêché ne permet pas trop toutefois de goûter l&rsquo;opulence de l&rsquo;orchestration, l&rsquo;ensemble apparaissant davantage fondu qu&rsquo;émaillé de touches subtiles.</p>
<pre>(1) Fondateur de la neurologie, Jean-Martin Charcot, dont les apports scientifiques sont indéniables, se trompait toutefois sur la nature de l'hystérie qu'il pensait d'origine neurologique stricte, alors qu'on la considère aujourd'hui comme d'origine psychiatrique. </pre><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/charpentier-louise-aix-en-provence/">CHARPENTIER, Louise &#8211; Aix-en-Provence</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Un avant-goût de Louise à Aix-en-Provence</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-avant-gout-de-louise-a-aix-en-provence/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Jul 2025 07:28:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est une des nouvelles productions les plus attendues du Festival d’Aix-en-Provence : Louise de Gustave Charpentier, dirigée par Giacomo Sagripanti et mise en scène par Christof Loy du 5 au 13 juillet. Créé à l’Opéra-Comique de Paris le 2 février 1900, cet opéra occupe une place à part dans le répertoire. Composé dans un contexte d’effervescence &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est une des nouvelles productions les plus attendues du Festival d’Aix-en-Provence : <em>Louise </em>de Gustave Charpentier, dirigée par <strong>Giacomo Sagripanti</strong> et mise en scène par <strong>Christof Loy</strong> du 5 au 13 juillet.</p>
<p>Créé à l’Opéra-Comique de Paris le 2 février 1900, cet opéra occupe une place à part dans le répertoire. Composé dans un contexte d’effervescence artistique et sociale, il s’inscrit dans le courant dit naturaliste. Le livret, écrit par le compositeur lui-même, raconte l’histoire d’amour entre Louise, jeune ouvrière parisienne, et Julien, un poète bohème, sur fond de lutte entre aspirations individuelles et contraintes familiales. Charpentier y peint un tableau vibrant d&rsquo;un Paris populaire. La ville lumière occupe une place centrale au sein de l’œuvre, presqu&rsquo;un personnage à part entière. En mettant ainsi en scène des gens du peuple, dans un langage simple et direct, <em>Louise</em> marque une rupture avec le grand opéra romantique. L’orchestration riche et expressive soutient une musique lyrique, parfois proche du parlé.</p>
<p>Parmi les quelques airs, la postérité n&rsquo;a retenu que « Depuis le jour », la romance de Louise au troisième acte. Sur Instagram, <strong>Elsa Dresig</strong>, l’interprète du rôle-titre à Aix-en-Provence, en offre un aperçu, sous la direction de <strong>Marc Minkowski</strong>, comme un avant-goût des représentations à venir pour les festivaliers, et, pour les autres, des retransmissions annoncées :</p>
<ul>
<li>le 12 juillet à 22h45 sur ARTE et ARTE.TV</li>
<li>le 14 juillet à 20h sur France Musique</li>
</ul>


<blockquote class="instagram-media" data-instgrm-captioned data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DLr1xqHIn2Y/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14" style=" background:#FFF; border:0; border-radius:3px; box-shadow:0 0 1px 0 rgba(0,0,0,0.5),0 1px 10px 0 rgba(0,0,0,0.15); margin: 1px; max-width:540px; min-width:326px; padding:0; width:99.375%; width:-webkit-calc(100% - 2px); width:calc(100% - 2px);"><div style="padding:16px;"> <a href="https://www.instagram.com/reel/DLr1xqHIn2Y/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" background:#FFFFFF; line-height:0; padding:0 0; text-align:center; text-decoration:none; width:100%;" target="_blank" rel="noopener"> <div style=" display: flex; flex-direction: row; align-items: center;"> <div style="background-color: #F4F4F4; border-radius: 50%; flex-grow: 0; height: 40px; margin-right: 14px; width: 40px;"></div> <div style="display: flex; flex-direction: column; flex-grow: 1; justify-content: center;"> <div style=" background-color: #F4F4F4; 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margin-bottom:0; margin-top:8px; overflow:hidden; padding:8px 0 7px; text-align:center; text-overflow:ellipsis; white-space:nowrap;"><a href="https://www.instagram.com/reel/DLr1xqHIn2Y/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" style=" color:#c9c8cd; font-family:Arial,sans-serif; font-size:14px; font-style:normal; font-weight:normal; line-height:17px; text-decoration:none;" target="_blank" rel="noopener">Une publication partagée par Elsa Dreisig (@elsa.dreisig)</a></p></div></blockquote>
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		<title>DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que Rusalka a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est dès 1924 que <em>Rusalka</em> a été donnée au Liceo, où elle a été depuis reprise deux fois, alors qu’il a fallu attendre 1982 pour voir la création française (à Marseille), et 2002 pour qu’elle entre au répertoire de l’Opéra de Paris (avec dans le rôle-titre Renée Fleming, qui a beaucoup contribué à la reconnaissance internationale de l’œuvre). La coproduction présentée aujourd’hui a déjà été jouée à Madrid en 2020 au plus fort de la crise du Covid (un DVD en a été édité), puis à Dresde en 2022, et à València en 2024.</p>
<p>Le metteur en scène <strong>Christof Loy</strong> ne mérite certainement pas les huées qui ont ponctué son arrivée sur scène aux saluts. Bien sûr, ceux qui sont venus voir une mise en scène traditionnelle risquent d’avoir été déçus. Mais il faut convenir que le parti pris de transposition tient plutôt bien la route. Point de lac, de brumes, de roseaux ni de grenouilles&nbsp;: le décor de <strong>Johannes Leiacker</strong> nous transporte dans le hall d’un théâtre désaffecté, envahi par une sorte de coulée de lave. La sorcières Ježibaba est préposée aux billets&nbsp;: c’est elle qui décide de la place de chacun, c’est-à-dire du déroulement des vies. Les ondines habituelles sont ici des danseuses en tutu, et Rusalka, l’une d’elles, a eu un accident qui l’oblige à marcher au début avec des béquilles. Faire des pointes et perdre la voix, rien n’aura donc été épargné à la malheureuse ! Mais la direction d’acteurs est excellente, très en profondeur, entre désirs inavoués et ombres psychanalytiques. Des scènes comiques peuvent également avoir dérouté les spectateurs, dont au début du deuxième acte le duo entre le garde forestier et le marmiton se disputant une grande échelle façon Laurel et Hardy (<strong>Manel Esteve</strong> et <strong>Laura Orueta</strong>, très drôles et bien chantants). Des chorégraphies vives, nerveuses et sexy de<strong> Klevis Elmazaj</strong>, fort bien dansées, soutiennent l’attention, notamment au deuxième acte.</p>
<p><strong>Asmik Grigorian</strong>, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/">qui vient de triompher à l’Opéra de Paris dans <em>Le Tryptique</em> de Pucccini</a>, reprend aujourd’hui le rôle-titre qu’elle jouait à Madrid en 2020. Elle est devenue une Rusalka de référence, <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/comme-un-poisson-dans-leau/">qu’elle défend à travers le monde depuis plus de dix ans</a>. Rien que cette saison, elle le joue dans trois productions différentes, outre le Liceo, au San Carlo de Naples et au Bayerische Staatsoper de Munich. En dehors de ses qualités d’interprétation vocale et scénique, elle joue un personnage blanc et diaphane tout à fait conforme au livret, en particulier au moment le plus célèbre de la partition, «&nbsp;Le Chant à la Lune&nbsp;». Paradoxe d’un morceau que se sont approprié nombre de divas comme air de concert, qu’elles interprètent souvent d’une manière quelque peu grandiloquente tout comme elles le font sur scène le cas échéant, ce qui dénature l’esprit de l’air. Ici au contraire, tout est de simplicité et de retenue, et l’on gagne en sentiment et en pureté. Le résultat est très convaincant, sorte de signature de l’interprétation du rôle entier par Asmik Grigorian, dont la voix ample sait aussi se colorer d’infinies nuances, de notes élégiaques, de diminuendos et de notes filées sans fin.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="475" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/7-250617-026©ABofill-corr-1024x475.jpg" alt="" class="wp-image-193203"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Asmik Grigorian, Piotr Beczała et Karita Mattila © Photo Liceu / Antoni Bofill</sup></figcaption></figure>


<p>Le domaine incertain évoqué dans cette production, évoluant entre le monde du réel et celui du rêve sans pour autant jamais refléter une réalité concrète, paraît lui convenir tout à fait. Elle donne au rôle une présence scénique et une intensité dramatique toute particulière. Bien que n’ayant pas pratiqué la danse, elle a travaillé jusqu’à arriver à se fondre dans le personnage voulu par le metteur en scène, ce qui a exigé de sa part un important investissement physique et émotionnel. Au total, sa Rusalka, simple jeune femme d’aujourd’hui et non diva défendant un rôle, qui refuse le carcan familial et choisit la liberté quitte à ne jamais trouver le bonheur, est très touchante, notamment dans sa vaine tentative de gagner le combat perdu d’avance contre la Princesse étrangère. Surtout que celle-ci est interprétée par <strong>Karita Mattila</strong>, un rôle qu’elle a fait sien également depuis de nombreuses années, et qu’elle défend aujourd’hui encore d’une voix radieuse et triomphante, mais aussi d’un jeu grandiose d’une totale perfidie. Vamp vénéneuse préfigurant celles qui vont se multiplier au cinéma au début du XXe siècle, elle domine de sa présence tous les personnages en scène.</p>
<p>Autre protagoniste de poids, <strong>Piotr Beczała</strong> chante le Prince, un rôle qu’il joue depuis bientôt vingt ans (notamment avec <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/dans-le-courant-dune-onde-pure/">Camilla Nylund</a> et <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rusalka-comme-un-livre-dimages/">Renée Fleming</a>). C’est la première fois qu’il a pour partenaire Asmik Grigorian dans <em>Rusalka</em>, et le couple fonctionne à merveille. Les deux voix sont très complémentaires, les inflexions musicales du ténor entre forte et douceur répondant parfaitement à celles de la soprano. Et finalement, alors que ce rôle de prince est à la fois antipathique et un peu fade comme tous les princes de contes de fées, il arrive à en extraire une partie plus sentimentale, jusqu’à la scène finale qui voit la mort des deux protagonistes.</p>
<p>Le père tyrannique Vodník est ici chanté d’une somptueuse voix de baryton-basse, par <strong>Aleksandros Stavrakakis</strong>, qui lui confère un côté souvent plus apaisant, moins outré qu’à l’habitude. La sorcière d’<strong>Okka von der Damerau</strong> leur donne la réplique, d’une belle voix de mezzo mais aussi avec beaucoup d’humour et des jeux scéniques bien en place. Les trois sœurs-nymphes de Rusalka, façon Filles du Rhin (<strong>Julietta Aleksanyan, Laura Fleur </strong>et <strong>Alyona Abramova</strong>), ont des voix qui sont à la fois bien accordées et assez différenciées. Les autres figures, traitées d’une manière souvent comique, préfigurent les Italiens d’<em>Ariane à Naxos</em>. Le chef <strong>Josep Pons</strong> tire le meilleur parti possible du bel orchestre du Liceo, dont on apprécie tout particulièrement le velouté des cordes et la clarté sans stridence des cuivres.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/dvorak-rusalka-barcelone/">&lt;strong&gt;DVORAK, Rusalka &#8211; Barcelone&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BRITTEN, Peter Grimes – Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/britten-peter-grimes-lyon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le premier opéra de Benjamin Britten, créé voici quatre-vingts ans au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, est donné à l’Opéra de Lyon dans la mise en scène bouleversante que Christof Loy avait conçue pour Vienne en 2015 (reprise en 2021). Rappelons que le livret s’inspire d’un poème de Crabbe largement modifié, dans lequel un &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le premier opéra de Benjamin Britten, créé voici quatre-vingts ans au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, est donné à l’Opéra de Lyon dans la mise en scène bouleversante que <strong>Christof Loy</strong> avait conçue pour Vienne en 2015 (reprise en 2021). Rappelons que le livret s’inspire d’un poème de Crabbe largement modifié, dans lequel un pêcheur solitaire est soupçonné de violences avec ses apprentis ; la mort accidentelle de l’un d’eux, puis d’un autre, suscite contre lui le ressentiment et la haine de tout le village ou presque, jusqu’à l’issue tragique de son suicide contraint.</p>
<p>Sans barque, sans voiles et sans filets de pêche, sans perspective sur la mer ni sur le paysage côtier, ce <em>Peter Grimes</em> est entièrement voué à la représentation visuelle d’un huis-clos étouffant dans lequel se débattent, comme des insectes pris au piège, les habitants du Borough. Les murs sombres contiennent les rancœurs et les frustrations qui se reportent sur le personnage fascinant du marginal, inquiétant et séduisant à la fois, et révèlent les failles psychiques et éthiques des villageois, ainsi que l’existence d’autres formes de marginalité soucieuses de se donner l’apparence de la morale et de la dignité. La sobriété de ce décor minimaliste laisse pleinement ouvert le champ de la musicalité – orchestre et voix.</p>
<p>La figuration d’un rivage au sol, à l’avant-scène, suggère que la mer se trouve du côté de la salle : la fosse est un gouffre d’où sortent les sons et les mouvements de la houle, les mugissements des flots et le fracas de la tempête. Sur le proscenium, à jardin et de biais, un lit, sur lequel dort Peter Grimes avant le lever du rideau, accueillera durant les trois actes plusieurs personnages, comme un refuge et un espace intermédiaire, voire transitionnel, un tiers-lieu propice aux espoirs, aux rêves ou aux tentatives de consolation. Dans le Prologue de l’opéra, premier choc, cet espace intime (qui remplace la salle d’audience des indications scéniques) est livré à l’intrusion des habitants et de l’homme de loi qui traquent puis éblouissent Peter Grimes avec leurs lampes torches. La scénographie (<strong>Johannes Leiacker</strong>) propose par la suite de véritables tableaux vivants dans lesquels l’austérité du décor est nuancée par des jeux de lumières (<strong>Bernd Purkrabek</strong>) aux tonalités changeantes et des couleurs de costumes (<strong>Judith Weihrauch</strong>) particulièrement contrastés.</p>
<p>Le plateau est dominé par le rayonnement vocal et scénique de l’interprète du rôle-titre, le ténor américain d’origine sri-lankaise <strong>Sean Panikkar</strong>, Peter Grimes athlétique et sensible, doté d&rsquo;une émission puissante et souple à la fois. Sa voix séduit par la pureté du timbre, par un sens des nuances et une projection exemplaires, qui lui permettent de rendre audibles et touchants les passages les plus confidentiels, d’émouvoir par son lyrisme – dès le magnifique duo <em>a cappella</em> du premier acte avec Ellen (« There’ll be new shoals to catch ») ou encore dans son air « Now the Great Bear and Pleiades… », de bouleverser par son désespoir (« What harbour schelters place ») ou sa colère à l’acte II (« Go there ! »), ses visions oniriques ou sa folie passagère. La soprano irlandaise <strong>Sinéad Campbell-Wallace</strong> donne à la veuve Ellen Orford l’apparence stricte de l’institutrice, soulignée par le tailleur gris qui distingue sa fonction du statut de pêcheur de Peter Grimes, vêtu la majeure partie du temps d’un pantalon de toile et d’un simple débardeur – mais aussi par une certaine raideur sensible dans l’attitude comme dans la voix. Son intervention en faveur du réprouvé s’accompagne cependant d’effusions qui tempèrent et humanisent son personnage, en dépit des soupçons qui finissent par la contaminer. Elle aussi révèle la vaillance vocale et la technique impeccable nécessaires au rôle, l’autorité sonore mais également la tendresse indispensable pour déployer toute la beauté de son air du troisième acte, « Embroidery in childhood was a luxury of idleness ».</p>
<p>Le personnage ambivalent du capitaine Balstrode, retraité de la marine marchande, présenté ici comme possible amant de Peter Grimes, est physiquement séduit par John, l’apprenti, rôle muet qu’interprète le danseur <strong>Yannick Bosc</strong>. Reprenant <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/embarquement-immediat/">à Lyon le rôle qu’il y tenait en 2014 dans la mise en scène de Yoshi Oida</a>, <strong>Andrew Foster-Williams</strong> démontre les mêmes qualités vocales, restées intactes. Son interprétation est nécessairement différente dans ce contexte, où il apparaît souvent en retrait, et même parfois dos au public – sauf pour une étreinte passionnée mais fugace avec John –, ou bien, assis sur le lit de l’avant-scène, comme prenant le public à témoin de la lecture proposée par Christoph Loy, déclarant dans un entretien de 2021 inséré dans le programme de salle, que, pour lui, « Peter Grimes est homosexuel » – une  piste d’interprétation (parfois proposée, parfois contestée) et une composante parmi d’autres dans cette réflexion sur la fabrique des marginaux.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/2025_PeterGrimes_GcAgathePoupeney_HD_045-1294x600.jpg" alt="" />© Agathe Poupeney</pre>
<p>Dans le reste de la distribution, la mezzo-soprano <strong>Carol García</strong> s’illustre par une aisance scénique et une ampleur vocale qui font de cette propriétaire de la taverne du Sanglier une Auntie (Tantine) de caractère, à vocation comique, tandis que <strong>Katarina Dalayman</strong> donne au personnage de Mrs Sedley, la veuve désœuvrée et commère, une allure un peu désinvolte, dans un registre plus léger que tragique ; et sans doute lui manquait-il, le soir de la première, un peu de volume sonore pour s’affirmer dans ce rôle. Les deux nièces, les sopranos <strong>Eva Langeland Gjerde</strong> et <strong>Giulia Scopelliti</strong> (toutes deux solistes du Lyon Opéra Studio) sont scéniquement irrésistibles et vocalement remarquables dans le grand quatuor féminin de l’acte II.</p>
<p>Du côté des hommes, les rôles sont bien investis, avec une mention spéciale à <strong>Lukas Jakobski</strong> qui prête au charretier Hobson sa basse imposante et témoigne d’un sens frappant du rythme (musical et théâtral), et à <strong>Filip Varik</strong> (du Lyon Opéra Studio) qui confère au pêcheur Bob Boles, zélé méthodiste, le fanatisme grotesque du personnage, qu’il souligne dans sa diction comme dans sa gestuelle. Le Swallow de <strong>Thomas Faulkner</strong> mériterait une meilleure articulation pour rendre plus crédible le personnage du maire et juge, et <strong>Alexander de Jong</strong>, qui maîtrise parfaitement le rôle de l&rsquo;apothicaire Ned Keene, pourrait entamer de manière plus entraînante, avec un phrasé davantage marqué et plus de volume sonore la chanson populaire « Old Joe has gone fishing ».</p>
<p>La mer, élément essentiel de cet opéra, puisque Britten disait avoir voulu exprimer « les rigueurs de la lutte perpétuelle menée par les hommes et les femmes » qui dépendent d’elle, est tout entière dans la musique. On mesure dès lors la pertinence de la proposition scénique qui fait de la fosse le lieu du ressac et, au-delà, du large : elle est ce gouffre insondable agité de tourbillons, et aussi le lieu d’une promesse de pêche (et donc d’un avenir meilleur), dans lequel cependant la tempête se déchaîne et les apprentis meurent. La direction magistrale de <strong>Wayne Marshall</strong>, d’une rare sensibilité et d’un dynamisme saisissant, donne vie à ces diverses dimensions, mettant en évidence toute la palette des nuances instrumentales et la richesse des timbres, avec une maîtrise des modifications d’intensité sonore capable de transporter, d’envoûter ou de clouer sur place. L’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, tout comme les <strong>Chœurs de l’Opéra de Lyon</strong> préparés par Benedict Kearns, font entendre l’éclectisme musical (dans le sens le plus positif du terme) de la composition de Britten, particulièrement apte à figurer de manière sonore l’ambiguïté et la versatilité de la mer. Les <em>tempi</em>, les respirations, les choix interprétatifs, la répartition des masses sonores soulignent à quel point le compositeur fait cohabiter les parties consonantes avec diverses dissonances, un style que l’on pourrait parfois qualifier de néoclassique avec des rythmes empruntés au jazz mais aussi aux chants populaires, des références à la musique baroque ou classique avec des réminiscences de la musique romantique et de la tradition opératique.</p>
<p>Le spectacle dans son ensemble est donc une incontestable réussite, marquée par ce silence éloquent – devenu rare à l’opéra – de plusieurs secondes après les derniers accords, précédant de longs applaudissements et de nombreux rappels.</p>
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		<title>PUCCINI, Il Trittico &#8211; Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-il-trittico-paris-bastille/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 01 May 2025 04:01:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le&#160;Triptyque&#160;de Puccini n&#8217;est pas joué si souvent dans nos contrées, et encore moins dans le désordre : à rebours d&#8217;une tradition plaçant la farce après les drames, Christoph Loy a préféré commencer son spectacle, déjà présenté à l’été 2022 au Festival de Salzbourg, par&#160;Gianni Schicchi, avant de poursuivre avec le mélodrame naturaliste du&#160;Tabarro et de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le&nbsp;Triptyque</em>&nbsp;de Puccini n&rsquo;est pas joué si souvent dans nos contrées, et encore moins dans le désordre : à rebours d&rsquo;une tradition plaçant la farce après les drames, <strong>Christoph Loy</strong> a préféré commencer son spectacle, déjà présenté à <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/il-trittico-salzbourg-le-triomphe-dasmik-grigorian/">l’été 2022 au Festival de Salzbourg</a>, par&nbsp;<em>Gianni Schicchi</em>, avant de poursuivre avec le mélodrame naturaliste du&nbsp;<em>Tabarro</em> et de conclure par la tragique et <em>mystique Suor Angelica</em>. Pourquoi ? Imaginer, au prix de quelques licences avec les livrets, un fil rouge faisant de la principale figure féminine de chaque pièce une seule et même héroïne ? Proposer une continuité dramaturgique ou esthétique justifiant ce renversement ? Même pas. Les décors, d&rsquo;une pièce à l&rsquo;autre, jouent la carte d&rsquo;un réalisme contemporain de bon aloi, et le metteur en scène règle une direction d&rsquo;acteurs à l&rsquo;avenant, habile et cohérente, sans excès d&rsquo;imagination. Tournant le dos à l&rsquo;absurde et au fantasque, <em>Gianni Schicchi</em>&nbsp;paraîtra presque timide, pour ceux qui gardent en mémoire le spectacle très fellinien proposé dans la même maison par Laurent Pelly. <em>Il Tabarro</em> s&rsquo;affirme davantage, qui distille une atmosphère à la fois poisseuse et familière de film noir. <em>Suor Angelica</em>, pour finir, évacue avec subtilité ce que la dernière scène peut avoir de grandiloquent, braque un projecteur sur la protagoniste, qui nous montre sans artifice son infinie douleur et bouleverse d&rsquo;autant plus. Le rideau baissé, une question nous vient : et si Christophe Loy avait décidé de l&rsquo;ordre des pièces après avoir réglé sa mise en scène, tout simplement pour finir par ce qu&rsquo;elle propose de plus fort, à l&rsquo;issue d&rsquo;un long crescendo émotionnel ?</p>
<p>Crescendo aussi va la triple prestation d&rsquo;<strong>Asmik Grigorian</strong>. Non qu&rsquo;elle commence en retrait : sa Lauretta est d&rsquo;un naturel confondant, et offre, de sa voix iridescente, un «&nbsp;Babbino caro&nbsp;» si lyrique et si intense qu&rsquo;on en oublierait presque qu&rsquo;on l&rsquo;entend pour la dix-millième fois. Mais à cette frêle jeune fille succède une Giorgetta sensuelle, qui s’enracine dans son Paris laborieux comme elle enlace son amant, corps et âme. Et vient <em>Suor Angelica</em>, où la soprano lituanienne réussit une interprétation qu’on peut qualifier d’historique&nbsp;; des accents de renoncement apparemment bienheureux qui émanent de ses premières répliques à la rage qui la pousse à affronter sa tante, jusqu’à la détresse terrifiante de la mère qui, au moment de son suicide, croit revoir son enfant, tout sonne juste dans cette incarnation qui tire les larmes et fait rendre les armes. «&nbsp;Senza mamma&nbsp;» semble murmuré du bout des lèvres, mais quelle projection&nbsp;! On croit n’y entendre que l’expression de l’humanité dans ce qu’elle a de plus essentiel et de plus simple, et pourtant quels trésors de nuances, de phrasé, de <em>legato&nbsp;</em>! La clarté du timbre est de celles qu’on destine aux héroïnes juvéniles, mais quelle capacité à le moduler, à l’ombrer, à le parer de teintes pourpres ou noires. En somme, tout au long de ces trois opéras&nbsp;: quelle chanteuse, et quelle actrice&nbsp;!</p>
<p>Le plus beau est qu’autour d’elle, personne ne joue les faire-valoir. Au milieu d’une impeccable bande de cousins et de neveux, <strong>Misha Kiria</strong> impose, de sa voix percutante et de sa vaste silhouette, un Schicchi qui amuse et séduit autant qu’il inquiète. Si l’instrument d’<strong>Alexey Neklyudov</strong> semble encore mal chauffé dans «&nbsp;Firenze è come un albero&nbsp;», il gagne en puissance dans de beaux duos enamourés, et l’autre ténor de la soirée, <strong>Joshua Guerrero</strong>, dessine, dès un «&nbsp;Hai ben ragione&nbsp;» prêt à exploser de colère, un Luigi hargneux, qui vaut à peine mieux que Michele dans cet univers de violence. Michele, justement, trouve en <strong>Roman Burdenko</strong> un interprète idéalement rocailleux, muré dans des silences que viennent taillader de terrifiants éclats de voix. Couple abîmé par la vie et relié par une étonnante tendresse,<strong> Scott Wilde</strong> (Talpa) et <strong>Enkelejda Shkosa</strong> (La Frugola) offrent un répit d’humanité bienvenu. Le casting entièrement féminin de <em>Suor Angelica </em>permet, enfin, d’entendre la Genovieffa ductile et gracieuse de <strong>Margarita Polonskaya</strong>, de scruter avec émotion la silhouette de <strong>Hanna Schwarz</strong>, figure wagnérienne et straussienne bien connue des années 1970-1980, qui garde en Badessa une belle présence vocale, et d’attendre en frémissant la confrontation entre Asmik Grigorian et <strong>Karita Mattila</strong>&nbsp;: certes, celle-ci n’a jamais été contralto et ne peut se permettre, à ce stade de sa carrière, les graves qu’elle n’avait déjà pas il y a trente ans. Mais les reflets moirés du timbre, la présence féline, l’agressivité rentrée sont autant de coups de griffes qui, en déchiquetant un peu plus l’héroïne, achèvent de nous la rendre poignante.</p>
<p>Les Chœurs de l’Opéra, en grande forme, et l’Orchestre, d’une précision perfectible en début de soirée, auraient certes gagné à la présence d’une baguette plus alerte et plus impliquée que celle de <strong>Carlo Rizzi</strong>&nbsp;; au fil des représentations, ils devraient tous se laisser contaminer par la fièvre théâtrale qui émane de la scène.</p>
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		<title>MASSENET, Werther &#8211; Paris (TCE)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/massenet-werther-paris-tce/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 11:17:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En 2022 à Bordeaux, Benjamin Bernheim hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/werther-bordeaux-il-est-ne-le-divin-werther/">En 2022 à Bordeaux</a>, <strong>Benjamin Bernheim</strong> hissait son premier Werther à des hauteurs vertigineuses. Trois ans plus tard, sur la scène du Théâtre des Champs Elysées, le ténor pousse l’interprétation un cran au-dessus, au point d’amener à se poser la question : peut-on faire mieux ? On sait combien l’opéra français convient à cette voix qui a fait de la prononciation de notre langue son paradigme. Mais donner à comprendre les mots ne suffit pas ; Benjamin Bernheim les illustre. L’éblouissement de « soleil », l’éclat de « lumière », la pâleur de « mort » : chaque parole est imagée, chaque phrase est pensée dans son essence sémantique sans que ce surcroît d’intentions ne touche au maniérisme. Avoir étrenné la mise en scène de <strong>Christof Loy</strong> la saison dernière à la Scala aide le chanteur à incarner un Werther torturé, moins romantique et rêveur qu’inquiétant, toxique, voire sadique par la manière dont il use du sentiment amoureux pour torturer Charlotte. Le chant outrepasse le parti-pris scénique pour se poser en référence par sa palette de couleurs, son usage des nuances, son art de la demi-teinte, toutes qualités utilisées à des fins expressives. « Pourquoi me réveiller » suscite dans une salle sinon silencieuse une légitime ovation. Passée l’invocation à la nature, encore contrainte au regard de ce qui suivra, il faudrait citer chaque air, chaque intervention pour donner une idée de ce qui finalement tient de la syzygie lyrique : l’alignement stellaire d’une voix de ténor à son point d’acmé artistique, d’une interprétation accomplie et d’un des rôles les plus emblématique du répertoire français.</p>
<p>Il faut plus de temps à <strong>Marina Viotti</strong> pour décorseter sa première Charlotte, sauf à supposer que la réserve dont fait d’abord preuve la mezzo-soprano soit un parti pris. L’épouse d’Albert claquemurée dans son devoir se dépare après l’entracte de ses principes pour laisser parler ses sentiments et, libérée de toute entrave, brûle du feu théâtral que nous appelions de nos vœux depuis le lever de rideau. L’Air des lettres, mieux dessiné, amorce une transformation que l’Air des larmes concrétise, la voix comme débarrassée de son empois, le son toujours rond et lustré, l’émission toujours égale avec des graves nourris, des aigus fulgurants sans que le passage d’un extrême à l’autre ne paraisse artificiel, mais l’ampleur du geste vocal, sa puissance et son intensité tragique retrouvées.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther4-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p>Exception faite de <strong>Jean-Sébastien Bou</strong>, Albert idiomatique et stylé, dépassant les convenances du mari jaloux pour proposer un personnage complexe et humain jusque dans son inhumanité finale, les seconds rôles n’atteignent pas cette hauteur de vue interprétative. <strong>Sandra Hamaoui</strong> pose Sophie en rivale de Charlotte d’un soprano sans façon, moins léger que d’habitude aux dépens de la pureté et du charme perlé qui caractérisent la jeune fille. <strong>Marc Scoffoni</strong> est un Bailli articulé mais d’une clarté peu paternelle, et le comique de <strong>Yuri Kissin</strong> (Johann) et <strong>Rodolphe Briand</strong> (Schmidt ) s’avère trop appuyé pour alester les propos des deux boit-sans-soif – à leur décharge, Massenet n’a pas eu l’humour léger.</p>
<p>Les solistes et le chœur d’enfants de la Maîtrise des Hauts-de-Seine chantent Noël avec une fraîcheur et une justesse réjouissantes pour les oreilles. S’il donne à entendre comme rarement la mélancolie du saxophone alto, jusqu’alors peu utilisé à l&rsquo;opéra, le choix d’instruments anciens, avec des cuivres tonitruants et des cordes chétives, ternit la partition en même temps qu’il porte préjudice à la direction de <strong>Marc Leroy-Calatayud</strong>, vivante, contrastée et attentive aux chanteurs.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Werther3-1-1294x600.jpg" />© Vincent Pontet</pre>
<p><strong>Christof Loy</strong> séquestre le drame devant un mur tapissé d’un papier peint rayé, comme les barreaux d’une prison, unique décor que l’on espère en vain se voir lever pour dévoiler le jardin d’hiver derrière la porte – cette véranda dissimulée étant le symbole d’un monde auquel Werther, comme le spectateur, ne peut accéder. Cette approche carcérale, en restreignant l’espace scénique favorise la précision du geste. Les costumes transposent l’action dans des années 50 glamoureuses, avec au premier acte une référence au complet bleu et jaune imaginé par Goethe pour son héros. La lettre du livret n’est trahie qu’au dernier tableau. L’interlude symphonique entre le troisième du quatrième acte, joué normalement rideau fermé, montre Charlotte luttant avec Albert pour retrouver Werther. Deux coups de pistolet – supprimés à l’origine par Massenet – déchirent la musique. Werther meurt dans les bras de Charlotte sous le regard accablé et accablant d’Albert et de Sophie. Bien qu’innocente si on la compare à bon nombre de mises en scène aujourd’hui, ou justement parce que jugée trop sage, cette lecture du chef d’œuvre de Massenet a été conspuée par une partie de la salle au tomber de rideau, tandis qu’à l’inverse tous les artistes ont reçu leur juste part d’acclamations.</p>
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		<title>MAGNARD, Guercœur &#8211; Strasbourg</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/magnard-guercoeur-strasbourg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Apr 2024 06:27:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est peu dire que Guercœur est une œuvre qui revient de loin. Composée de 1897 à 1901, elle n’a jamais été créée du vivant du compositeur dans son intégralité, notamment à cause des difficultés scéniques que pose cet ouvrage singulier. Albéric Magnard, figure étonnante de la vie musicale de son temps, marginal et engagé (c&#8217;était &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">C’est peu dire que <em>Guercœur </em>est une œuvre qui revient de loin. Composée de 1897 à 1901, elle n’a jamais été créée du vivant du compositeur dans son intégralité, notamment à cause des difficultés scéniques que pose cet ouvrage singulier. Albéric Magnard, figure étonnante de la vie musicale de son temps, marginal et engagé (c&rsquo;était un dreyfusard et un féministe convaincu), ne parvint qu’à faire entendre séparément les deuxième et troisième actes.</p>
<p style="font-weight: 400;">En septembre 1914, le compositeur périt dans l’incendie de sa maison provoqué par les Allemands, refusant de s’échapper et livrant ainsi aux flammes la partition pour orchestre de <em>Guercœur</em>. C’est Guy Ropartz, son fidèle ami, qui reconstitua de mémoire l’orchestration perdue, à partir de la réduction pour piano publiée en 1904 et d’un manuscrit du deuxième acte qui subsista. L’œuvre ne sera finalement créée à l’Opéra de Paris qu’en 1931, en grande partie pour des raisons politiques et surtout patriotiques, puisqu’il s’agissait alors de rendre hommage à un artiste mort pour la France. Il fallut attendre 2019 pour que <em>Guercœur</em> retrouve les honneurs de la scène, dans la ville allemande d’Onasbrük.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le retour de<em> Guercœur</em> sur une scène française est donc un grand événement musical. Cette recréation strasbourgeoise avec un chef et un metteur en scène allemands a par ailleurs quelque chose d’émouvant, en tant que symbole de la fraternité franco-allemande retrouvée, 110 ans après la mort du compositeur français lors de l’offensive prussienne de 1914.</p>
<p style="font-weight: 400;">Le livret de <em>Guercœur</em>, écrit par Magnard lui-même, met en scène un homme reclus au royaume des Ombres et qui souhaite retourner vivre sur terre. Guercœur fait appel aux Idées qui apparaissent sur le plateau personnifiées : Vérité, Beauté et Bonté, suivies de Souffrance. Vérité accepte que Guercœur retrouve la vie qui lui manque tant. Une fois sur terre, le héros se rend compte que celle qu’il aimait, Giselle, ne lui est pas restée fidèle, et que Heurtal, l’ami qui avait lutté à ses côtés pour libérer le peuple, est devenu un tyran. Désespéré par tout ce qu’il voit, Guercœur meurt une seconde fois à la fin de l’acte II, sous les coups de la foule déchaînée. Au troisième acte, Souffrance, dont il a eu l’occasion de faire la connaissance, le reconduit au ciel devant Vérité qui l’invite à ne pas perdre espoir. Guercœur, bien que meurtri, demeure « la noble image de l’effort des êtres vers le bien ».</p>
<p><figure id="attachment_161482" aria-describedby="caption-attachment-161482" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-161482 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guercoeur-GP-8000HDpresse-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-161482" class="wp-caption-text">Gabrielle Philiponet &amp; Stéphane Degout (c) Klara Beck</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">Comme son intention d&rsquo;être son propre librettiste en atteste, Magnard reconnaissait la grande influence de Wagner dans ses compositions lyriques, même s&rsquo;il essayait de s’en détacher coûte que coûte. En effet, l’écriture musicale de <em>Guercœur</em> est proche du modèle wagnérien : il s’agit de musique continue, structurée par des leitmotivs. La forme tripartite de l’œuvre rappelle d’ailleurs celle de Parsifal, quant au prélude du deuxième acte, il ressemble lointainement à celui du <em>Rheingold</em>. On peut aussi trouver que la vocalité de Vérité se rapproche de celle de Brünnhilde. L’orchestration est cependant plus aérée que chez Wagner, laissant poindre ici et là les clartés sonores de la petite harmonie ou la fraîcheur d&rsquo;un trait de harpe, mais on peine à voir en quoi l’œuvre relève de la « tragédie en musique », comme son sous-titre semble l’indiquer, à l’exception d’une discrète allusion à <em>l’Iphigénie en Tauride</em> de Gluck dans le livret («&nbsp;le calme rentre dans mon cœur&nbsp;»). <em>Guercœur</em> n’en reste pas moins une œuvre envoûtante et singulière, surtout dans son troisième acte, d’une beauté renversante.</p>
<p style="font-weight: 400;">C’est justement la découverte de ce troisième acte à la radio qui aurait donné à <strong>Christof Loy</strong> l’envie de mettre en scène <em>Guercœur</em>. Alors que l’œuvre appelle mille interprétations, il fait le choix louable de la spontanéité et de la clarté. Le plateau est divisé en deux espaces, l’un représentant le ciel (là où se situe l’action du premier et du troisième actes), l’autre la terre (où se situe le deuxième acte). L’espace du ciel est fermé par une grande paroi noire, à laquelle répond une grande paroi blanche du côté de la terre. Le plateau tourne pour donner accès à la terre depuis le ciel, et vice versa. Entre les deux, un tout petit espace interstitiel, dominé par une reproduction peinte d’un paysage, semble suggérer qu’une troisième voie est possible et illustre l’ « espoir »&nbsp; dont parle Vérité à la fin de l’ouvrage. Devant les parois, l’espace est occupé par des chaises, sur lesquels des personnes semblent attendre que quelque chose se passe là-haut ou ici-bas.</p>
<p><figure id="attachment_161475" aria-describedby="caption-attachment-161475" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-161475 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guercoeur-2024HDpresse-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-161475" class="wp-caption-text">(c) Klara Beck</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">La présence de certaines des Ombres du premier acte dans l’espace terrestre permet de lier plus profondément les deux lieux, comme le choix de présenter Souffrance sous la forme du guide terrestre de Guercœur, marquant ainsi précisément la dimension initiatique du livret. La direction d’acteur est précise et le choix de représenter le peuple sous la forme de nantis qui demandent d’avoir toujours plus d&rsquo;argent est intéressante, mais il est un peu dommage que cette dimension bourgeoise contamine également la représentation des Idées dans le ciel, qui sont vêtues comme des femmes élégantes invitées à un gala. L&rsquo;un des plus beaux moments de la mise en scène découle de ce geste simple : intégrer les spectateurs dans le discours final de Vérité, en allumant la salle et en plaçant frontalement tous les interprètes face au public. Les paroles pleines d’espoir de Vérité s’adressent alors à toutes et tous – un commun enthousiasme semble nous emporter, interprètes et spectateurs.</p>
<p><figure id="attachment_161476" aria-describedby="caption-attachment-161476" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-161476 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guercoeur-9409presse-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-161476" class="wp-caption-text">Catherine Hunold &amp; Stéphane Degout (c) Klara Beck</figcaption></figure></p>
<p style="font-weight: 400;">S’il n’est que le troisième à incarner le rôle sur une scène, <strong>Stéphane Degout</strong> n’en est pas moins le Guercœur idéal. La voix a ce qu&rsquo;il faut de cuivre et de frémissement pour rendre à la fois le caractère héroïque du personnage et ses fébrilités. La manière, retenue et poignante, avec laquelle il tient la longue note que demande Magnard au deuxième acte sur « je souffre » est d&rsquo;une justesse musicale confondante. Son engagement scénique est total et l&rsquo;évolution du personnage est d&rsquo;une parfaite crédibilité, de la mélancolie désirante du premier acte jusqu&rsquo;à l&rsquo;abattement catatonique du troisième acte.</p>
<p>Face à lui, les Idées sont incarnées par de solides voix différenciées : <strong>Catherine Hunold</strong>, d&rsquo;abord, est une Vérité d&rsquo;une grande classe, apparaissant sur la plateau enveloppée d&rsquo;une aura digne d&rsquo;une diva des années 1950. La voix pourrait être plus puissante, mais ce timbre de soprano dramatique chaud et dense confère toute son autorité au personnage, avec de la tendresse au creux des mots à la fin du dernier acte. <strong>Adriana Bignagni Lesca</strong> trouve dans Souffrance un rôle à la mesure de ses moyens : son timbre profond de contralto, servi par une projection assurée, captive immédiatement. L&rsquo;interprète semble habitée par une détermination qui se mue progressivement en compassion : après l&rsquo;avoir conduit sur terre, elle enlace Guercœur passionnément et semble très émue par le discours final de Vérité. Bonté prend quant à elle l&rsquo;apparence et la voix d&rsquo;<strong>Eugénie Joneau</strong>, mezzo au timbre crémeux et au phrasé souple, tandis que Beauté prend la forme de <strong>Gabrielle Philiponet</strong>, idéale de couleurs vocales et de présence scénique. Leur quatre voix s&rsquo;unissent avec beaucoup d&rsquo;alchimie dans l&rsquo;extraordinaire quatuor pour femmes que Magnard place à la fin de l&rsquo;œuvre.</p>
<p><figure id="attachment_161478" aria-describedby="caption-attachment-161478" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-161478 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Guercoeur-GP-7186HDpresse-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683"><figcaption id="caption-attachment-161478" class="wp-caption-text">Julien Henric &amp; Antoinette Dennefeld (c) Klara Beck</figcaption></figure></p>
<p>Sur terre, <strong>Antoinette Dennefeld</strong> émerveille en Giselle. L&rsquo;intensité de son engagement dramatique permet de rendre compte de toutes les facettes du personnage, de l&rsquo;angoisse à la passion amoureuse. Elle déploie au plateau une présence vibrante, très vive et légère (impression accentuée par ses longs cheveux détachés), mais empreinte d&rsquo;une puissante gravité. La diction est peut-être un peu floue, mais la voix, très riche en harmonique, se dépose idéalement dans cette partie de mezzo dramatique, grâce à une grande maîtrise de l&rsquo;articulation musicale. En face, <strong>Julien Henric</strong> campe un Heurtal impressionnant d&rsquo;aisance : ce parvenu ayant cédé aux charmes du pouvoir fait montre d&rsquo;une santé vocale éclatante, voire insolante. La voix est claire, bien projetée, et le texte claque avec efficacité.</p>
<p>Les trois petits rôles des Ombres sont tenus avec beaucoup de probité par <strong>Marie Lenormand</strong>, attachante, <strong>Alysia Hanshaw</strong>, pleine de candeur, et <strong>Glen Cunningham</strong>, ténor très prometteur, au timbre limpide et moelleux — un jeune chanteur à suivre, assurément !</p>
<p style="font-weight: 400;">On aura rarement entendu l&rsquo;<strong>Orchestre Philharmonique de Strasbourg</strong> dans un tel état de grâce que sous la baguette d&rsquo;<strong>Ingo Metzmacher</strong>. Son admiration pour l&rsquo;œuvre transparaît dans le soin qu&rsquo;il apporte à mettre en valeur les leitmotivs et les alliages de timbres demandés par Magnard (et Ropartz). Il donne une clarté toute française aux passages orchestraux, malgré leur densité sonore plutôt germanique, en aérant la masse orchestrale. L&rsquo;interlude entre le deuxième et le troisième tableau du deuxième acte est particulièrement déchirant. Cette recherche sonore ne cède aucunement à l&rsquo;hédonisme : le chef ne perd à aucun moment de vue la tension dramatique.</p>
<p>Adroitement situés derrière la salle pour donner au spectateur l&rsquo;impression d&rsquo;un égarement spatial au premier et au dernier acte, les membres du <strong>Chœur de l&rsquo;Opéra de Strasbourg</strong> font preuve d&rsquo;un investissement de chaque instant dans les scènes de foule du deuxième acte. C&rsquo;est à eux que revient le dernier mot de l&rsquo;œuvre : « Espoir ! ». Il nous hante encore après la représentation — on songe à Magnard qui a dû espérer si longtemps pour que <em>Guercœur</em> se présente à nos yeux – on songe aussi au pouvoir qu&rsquo;a cette œuvre si puissante en nous invitant à continuer de croire en un avenir meilleur, individuellement et collectivement, même après des cortèges de désillusions.</p>
<p>En attendant, <em>Guercœur</em> nous console.</p>
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		<title>Cinq questions à Christof Loy et Stéphane Degout</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cinq-questions-a-christof-loy-et-stephane-degout/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Edouard Brane]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Apr 2024 04:09:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre utopie et espoir, Guercœur nous raconte l&#8217;histoire d&#8217;un jeune héros naïf qui retourne sur terre après sa mort pour y découvrir toute la noirceur de l&#8217;être humain entre déception et désillusion. Une expérience qui lui apprendra pourtant le pardon et la rédemption. Œuvre méconnue du répertoire, si proche de nous, son metteur en scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Entre utopie et espoir, <em>Guercœur</em> nous raconte l&rsquo;histoire d&rsquo;un jeune héros naïf qui retourne sur terre après sa mort pour y découvrir toute la noirceur de l&rsquo;être humain entre déception et désillusion. Une expérience qui lui apprendra pourtant le pardon et la rédemption. Œuvre méconnue du répertoire, si proche de nous, son metteur en scène à l&rsquo;Opéra national du Rhin, Christof Loy, et l&rsquo;interprète du rôle titre, Stéphane Degout, répondent à nos questions quelques jours avant la première, le 28 avril.</p>
<ol>
<li><strong>Qu’avez-vous ressenti en découvrant la première fois </strong><strong><em>Guercœur </em></strong><strong>?</strong></li>
</ol>
<p><strong>Christof Loy&nbsp;:</strong> J’ai découvert cet opéra par hasard, en l’écoutant tard dans la nuit sur France Musique. J’ai immédiatement été fasciné par cette musique que je ne connaissais pas. Je me suis mis à rechercher par la suite le maximum d’informations sur l’œuvre jusqu’à m’acheter l’album afin de l’écouter livret à la main (je ne suis pas un adepte du streaming). J’ai une passion naturelle pour les raretés et celle-ci fut encore plus intense que les autres découvertes.</p>
<p><strong>Stéphane Degout&nbsp;: </strong>Alain Perroux m’a parlé de cet opéra il y a quelques années. J’ai trouvé la musique très belle mais j’avais des interrogations sur le livret et sur le texte parfois un peu désuet, voire mièvre, que Magnard a écrit lui-même. C’est Arthur Andrèze qui a créé le rôle en 1931, et José van Dam qui le chantait dans l’enregistrement de Michel Plasson, deux voix plus sombres et centrales que la mienne. Mon premier réflexe fut de penser que ce rôle n’était pas pour moi. Puis au fur et à mesure du travail sur la partition et de la préparation, je me suis rendu compte que l’écriture plutôt tendue correspondait assez bien à mon registre. Les répétitions depuis trois semaines le confirment.</p>
<ol start="2">
<li><strong>Comment comptez-vous représenter/interpréter le rôle de </strong><strong><em>Guercœur</em></strong><strong>?</strong></li>
</ol>
<p><strong>CL&nbsp;:</strong> <em>Guercœur</em> est avant tout l’histoire d’un voyage. Celui d’un individu qui revient d’entre les morts pour se confronter à la véritable nature humaine et mieux comprendre ses semblables. Dans sa vie antérieure, il porte en lui un regard naïf sur la vie, presque enfantin, où le mal n’existe pas. En tant qu’artiste, j’essaye de garder au fond de moi cette même naïveté, même si je suis obligé d’être confronté à la dure réalité de la vie. Rester naïf est un danger car cela nous coupe de nos rêves, à la fois comme penseur et comme artiste. Il faut être dans le monde pour pouvoir réaliser ses rêves. Dans sa deuxième vie, lors de son retour sur terre, Guercœur est accompagné de la déesse Souffrance qui va lui dévoiler la triste réalité de la vie. Mais cela lui servira de leçon pour lui offrir la possibilité de pardonner, ce que nous avons trop tendance à oublier dans notre propre société.</p>
<p><strong>SD&nbsp;: </strong>Comme chaque fois que j’aborde un rôle nouveau ; doucement, explorant chaque aspect les uns après les autres, avec l’aide du metteur en scène et du chef d’orchestre. Le rôle est assez riche, l’écriture exigeante et variée et je crois que plusieurs lectures sont possibles. Quoi qu’il en soit, aller au plus près de ce que le compositeur veut raconter, au plus près de l’histoire me parait la principale piste de tout travail. On peut ajouter une couleur, une interrogation, un relief ; le public doit aussi faire sa propre interprétation.</p>
<ol start="3">
<li><strong>A quelles difficultés est-on confrontés lors de la recréation d&rsquo;une œuvre trop longtemps oubliée ?&nbsp;</strong></li>
</ol>
<p><strong>CL&nbsp;:</strong> N’ayant vu aucune mise en scène préexistante, j’ai dû partir de l’enregistrement pour inventer un univers à part entière. La plus grande difficulté est de respecter l’œuvre tout en ayant un regard original. L’œuvre est si puissante qu’il n’est pas difficile de s’identifier aux personnages et de s’en inspirer librement. Je souhaite respecter la tradition tout en créant de l’originalité.</p>
<p><strong>SD&nbsp;: </strong>Beaucoup d’œuvres ont eu un parcours chaotique à leurs débuts, on peut se demander pourquoi une œuvre n’a pas été reprise malgré le succès de sa création, c’est évident pour celle-ci. Au moins, on n’est pas encombré de trop de couches successives d’interprétations ! Je n’ai pas l’impression de difficultés particulières ici, mais j’éprouve plutôt un certain plaisir, un peu snob certes, de me dire que je suis le cinquième artiste qui chante ce rôle depuis qu’il a été écrit en 1900 !</p>
<ol start="4">
<li><strong><em>Guercœur </em></strong><strong>se place dans le cadre du festival Arsmondo Utopie porté par l’Opéra national du Rhin. Que nous raconte cet opéra à l’aune des bouleversements sociétaux et politiques que connaissent aujourd’hui le monde&nbsp;?</strong></li>
</ol>
<p><strong>CL&nbsp;:</strong> <em>Guercœur</em>&nbsp;va vivre deux déceptions, d’abord sentimentale, puis politique. Vivant, il cherche à donner la liberté au peuple, qui préférera placer un dictateur à la tête de leur société. Cet opéra nous met face à notre propre réalité et en particulier à notre liberté. L’Histoire nous montre depuis toujours qu’au lieu de se sacrifier pour son peuple, un roi ou un président peut se transformer en véritablement dictateur et s’enivrer de pouvoir. S’il y a bien une utopie à prendre en compte de nos jours, c’est celle de la paix dans le monde.</p>
<p><strong>SD&nbsp;: </strong>C’est peut-être davantage le personnage de Vérité qu’il faut écouter pour comprendre la grande utopie de Magnard, la vision qu’il avait de son époque et les attentes qu’il ressentait pour l’avenir. Un grand besoin de perspectives de repères, de foi, d’amour et de poésie, sans doute. Particulièrement aujourd’hui peut-être ?</p>
<ol start="5">
<li><strong>Malgré les nombreuses épreuves que traverse&nbsp;</strong><strong><em>Guercœur</em></strong><strong>,</strong><strong> l’opéra se termine toutefois avec une touche d’espoir. Qu’espérez-vous pour l’avenir de l’opéra&nbsp;?</strong></li>
</ol>
<p><strong>CL&nbsp;:</strong> A mes débuts dans l’opéra en tant que jeune assistant, j’ai rejoint une troupe où il y avait 25 chanteurs de 22 nationalités différentes. Nous entendions plus de 10 langues parlées. C’était le paradis car nous étions tous au service de l’Art. Le monde de l’opéra est une utopie en soi. Depuis lors, elle ne m’a jamais quitté et n’est pas prêt de disparaitre.</p>
<p><strong>SD&nbsp;: </strong>«&nbsp;Espoir&nbsp;», c’est justement le dernier mot que prononce Guercœur ! J’espère que le monde de l’opéra, et le monde plus vaste du spectacle saura continuer de s’adapter à des temps inquiétants et d&rsquo;aider les âmes perdues à s’y retrouver. Un peu.</p>
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