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	<title>Luca MONTEBUGNOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Luca MONTEBUGNOLI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BIZET, Intégrale des mélodies</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-integrale-des-melodies/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominique Joucken]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;occasion des 150 ans de la création de <em>Carmen</em> et de la mort de son auteur, les organisateurs de concerts et les éditeurs s&rsquo;intéressent au reste de l&rsquo;oeuvre de Bizet. Si les autres opéras sont de mieux en mieux connu et défendus en scène, si la <em>Symphonie en ut</em> s&rsquo;est inscrite au répertoire de beaucoup d&rsquo;orchestres (en France et ailleurs), si les œuvres pour voix et orchestre <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/bizet-portrait/">ont récemment fait l&rsquo;objet d&rsquo;un enregistrement chez Glossa</a>, il manquait encore une intégrale moderne des mélodies. Le Palazzetto Bru Zane et Harmonia Mundi ont uni leur force, et voilà ce coffret de 3 CD et 3h32 de musique. Il semble que l&rsquo;on puisse enfin parler d&rsquo;intégrale, puisque même des pièces inédites ont été exhumées.</p>
<p>L&rsquo;amateur de <em>Carmen</em> sera sans doute curieux de déceler les prémisses du chef-d&rsquo;oeuvre. Il sera servi. Dès les <em>Trois pièces de jeunesse,</em> de 1854, un compositeur de 16 ans fait entendre une voix personnelle : « Petite Marguerite » a déjà l&rsquo;allure et le souffle des airs de Micaëla, et « La foi, l&rsquo;espérance, la charité » ont une ardeur de ton et un brillant qui préfigurent irrésistiblement les rodomontades du toréador. A d&rsquo;autres moments, on trouvera des espagnolades proches d&rsquo;une habanera, ou plusieurs morceaux qui ont carrément été repris dans des œuvres ultérieures. Selon nous, le véritable intérêt est cependant ailleurs. Plutôt que d&rsquo;y voir les prémisses de ses opéras, il faut voir de quelle façon Bizet a dynamité en douceur le genre de la romance et l&rsquo;a en quelque sorte exfiltrée du salon pour en faire une vraie œuvre d&rsquo;art, capable d&rsquo;affronter un public plus large, assise sur des bases robustes. La voix se déploie avec naturel et lyrisme, les contrastes et les variations de volume excèdent largement le tout-venant de l&rsquo;époque. Les accompagnements sont toujours intéressants : en vrai virtuose du clavier, Bizet sait que, pour maintenir l&rsquo;intérêt du public, il faut que la partie de piano contienne aussi son lot de virtuosité ou de pittoresque.</p>
<p>Que ce soit par l&rsquo;abondance de son invention mélodique ou son art harmonique très personnel, Bizet a porté l&rsquo;art de la mélodie à un niveau qui laisse loin derrière lui Gounod et Saint-Saëns, et qui ne sera sans doute égalé que par Fauré, bien plus tard et dans un style complètement différent. Impossible de citer toutes les merveilles qui attendent l&rsquo;auditeur. Mentionnons juste quelques exemples : « Adieux à Suzon », pressés et gorgés de vie comme un Lied de Schubert, « Le grillon » et son irrésistible sautillement, « Aubade » et son sentiment de matin primordial. Le coffret culmine avec les quatre duos, sur des poèmes de Jules Barbier et Théophile Gauthier. L&rsquo;art de Bizet est stimulé par cette configuration, et il nous livre ici de vrais bijoux, surtout le « Rêvons » aux accents presque tristanesques.</p>
<p>Pour rendre justice à ces merveilles, il faut des chanteurs de premier plan et d&rsquo;un goût parfait. Si les quatre protagonistes réunis ont tous une excellente diction et une culture musicale évidente, ils ne sont pas tous égaux sur le plan des moyens vocaux. On mettra tout en haut <strong>Cyrille Dubois</strong>. Son émission haut perchée, son timbre exquis, sa délicatesse sont ici parfaitement en situation. Comme ces lignes sont galbées, comme la respiration est dissimulée, comme le souffle paraît infini. Au même niveau d&rsquo;excellence, <strong>Coline Dutilleul</strong> fait valoir un timbre moiré et pulpeux, qui sait aussi se faire plus affûté lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de faire passer le texte. <strong>Guilhem Worms</strong> a des moyens généreux, mais il a tendance à pousser le son de manière parfois trop opératique, et met un peu de raideur dans ses parties. C&rsquo;est impressionnant mais un peu trop tout d&rsquo;une pièce. Reste le cas de <strong>Marianne Croux.</strong> On avoue être sensible à sa musicalité, et au soin qu&rsquo;elle apporte à la clarté de sa diction, ce qui est loin d&rsquo;être évident pour une soprano. Mais le timbre reste bien ingrat, et le vibrato est plus d&rsquo;une fois gênant. Les riches parties de piano de Bizet sont à la fête, avec<strong> Luca Montebugnoli</strong> et <strong>Edoardo Torbianelli</strong> qui se montrent tous deux sûrs techniquement et capables de créer l&rsquo;atmosphère idoine, de la joie primesautière à la contemplation de la nature, en passant par tous les stades de la passion amoureuse. L&rsquo;usage de pianos d&rsquo;époque renforce encore l&rsquo;impression que les interprètes sont globalement parvenus à retrouver la couleur juste. A consommer sans modération, même lorsque l&rsquo;année <em>Carmen</em> sera passée.</p>
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		<title>Pasticcio &#8211; Paris 1801</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/pasticcio-paris-1801/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clement Demeure]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 26 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-medium wp-image-168611 alignleft" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Montebugnoli_Erard1806-300x169.webp" alt="" width="300" height="169" />« Pasticcio – Paris 1801 » se veut un disque air du temps, comme nous avons eu des « Vienne 1900 » ou « Venise 1729 ». Motivé par la partition des <em>Mystères d’Isis</em>, adaptation à succès de <em>La Flûte enchantée</em> de 1801 (<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-mysteres-disis-un-cadeau-du-ciel/">une intégrale existe</a>), et la remise en état d’un piano carré Érard de 1806 (en partenariat avec <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.youtube.com/@lanouvelleathenescentredes3972/videos">La Nouvelle Athènes &#8211; Centre des pianos romantiques</a>),  <strong>Luca Montebugnoli</strong> (ci-contre) et son équipe ont concocté un programme se voulant représentatif de la sensibilité musicale du Paris post-révolutionnaire à travers la musique de salon.</p>
<p>Le disque évoque la façon dont la musique de Mozart a percolé en France ainsi que les relais musicaux entre théâtres et salons, démarche détaillée très clairement dans un livret de grande qualité, ce qui devient rare. On y entend des petits maîtres comme Devienne, Duport ou Garat, mais aussi Cimarosa et Paisiello, favoris de Bonaparte comme du public du Théâtre-Italien, justement rouvert en 1801, et trois pièces (six en version numérique) de Felice Blangini, Turinois installé en France en 1799 auquel les romances assurèrent une belle renommée.</p>
<p>L’évocation est charmante et convaincante : diversement associés, un piano, un violon, une flûte et un violoncelle, tous d’époque, suffisent à varier finement les morceaux. Certes, l’ouverture de <em>La</em> <em>Flûte</em> perd largement de sa force évocatrice, mais le mouvement du concerto pour piano KV 503 arrangé par Kalkbrenner conserve son intérêt.</p>
<p>François Devienne (1759-1803), flûtiste, bassoniste et compositeur – grand succès pour l&rsquo;opéra-comique <em>Les Visitandines</em>, créé en 1792 –, est représenté par un andante et rondeau arrangé pour piano et flûte, d’un classicisme tout à fait plaisant, ainsi que trois chants très séduisants servis par <strong>Cyrille Dubois</strong>, avec le goût et la perfection vocale qu’on lui connaît. Le thème est tiré d’un roman à succès de Florian.</p>
<p>Ce mélange de nostalgie, de patriotisme et de préciosité typique de la France des années 1790-1800 se retrouve dans les pages de Pierre-Jean Garat (1762-1823), figure haute en couleur et chanteur porté aux nues par les régimes successifs. Excellent musicien dans tous les styles, voix ténue mais longue et agile, il brilla essentiellement dans les concerts et les salons, et contribua à former la brillante génération de chanteurs des années 1820. <strong>Marianne Croux</strong> prête son beau soprano lyrique à la <em>Complainte du troubadour</em> et une romance à laquelle le violon vient donner une coloration mélancolique presque celtique : tout cela dans le goût du temps marqué par Ossian. Elle s’y trouve plus à son aise que dans l’air des <em>Mystères d’Isis</em> adapté d’« Or sai chi l’onore », dont la version française souligne une essence déclamatoire inscrite dans la lignée de la tragédie lyrique de Gluck, Piccinni ou Sacchini. Croux rivalise de délicatesse avec Dubois dans les ravissants duos de style purement italien de Blangini, et livre une jolie version du touchant « Il mio ben quando verrà », page emblématique de l’époque, qui mériterait d’être plus chantée (comme la version de Dalayrac).</p>
<p>Le programme est complété par une romance pour piano et violoncelle de Jean-Louis Duport (1749-1819), violoncelle réputé, et un mouvement de concerto pour violon et piano d’Hérold (1791-1833), lui-même pianiste, dont on connaît mieux les succès dans le premier tiers du siècle, couronnés par <em>Le Pré aux clercs</em>. L’<strong>Ensemble Hexaméron</strong> en donne des belles interprétations, d’un classicisme dont la régularité aurait pu s’infléchir un peu çà et là, mais dont la retenue et la sensibilité correspondent à l’humilité du contexte et du programme. On apprécie notamment la sonorité singulière du piano carré de 1806, à quatre voix, chaînon manquant entre le piano de concert moderne et le clavecin.</p>
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