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	<title>Mario LUPERI - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mario LUPERI - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Falstaff — Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/falstaff-paris-philharmonie-lexceptionnel-falstaff-dambrogio-maestri/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Sep 2017 03:31:54 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Proposer <em>Falstaff </em>en version de concert est une gageure tant l&rsquo;ouvrage comporte de gags visuels dont l&rsquo;absence pourrait rendre le texte abscons. C&rsquo;était, à Paris dans la grande salle de Philharmonie, sans compter sur l&rsquo;ingéniosité des protagonistes qui ont réalisé, en utilisant principalement leurs chaises comme accessoires, une mise en espace tout à fait satisfaisante sur une estrade légèrement surélevée, située derrière l&rsquo;orchestre.</p>
<p>C&rsquo;est une équipe de tout premier ordre qui a été réunie pour l&rsquo;occasion, dominée par l&rsquo;exceptionnel Falstaff d&rsquo;<strong>Ambrogio Maestri</strong>. Depuis 2001 où il l&rsquo;incarnait à la Scala dans une mise en scène de Giorgio Strehler, le baryton italien à promené son « pancione » aux quatre coins du monde avec un succès qui ne s&rsquo;est jamais démenti au point qu&rsquo;on peut le considérer désormais comme le Falstaff de sa génération. Il en possède non seulement le physique mais également les moyens vocaux, un timbre mordant, un medium ample et puissant capable pourtant d&rsquo;exquises nuances. Théâtralement, on sent qu&rsquo;il possède son personnage jusqu&rsquo;au bout des ongles tant son interprétation fouillée regorge d&rsquo;infinies subtilités qui sont un bonheur pour l&rsquo;auditoire. Cette interprétation valait à elle seule le déplacement,</p>
<p>Face à lui<strong> Christopher Maltman</strong> campe un Ford élégant, non dépourvu de séduction, doté d&rsquo;une voix solide et bien projetée. Leur grande scène du deuxième acte est un des temps forts de la soirée. Dans le rôle de Fenton, <strong>Andrew Staples</strong> fait valoir un timbre clair, un legato impeccable et une élégante ligne de chant.</p>
<p>Grande habituée du rôle d&rsquo;Alice,<strong> Barbara Frittoli</strong> tire son épingle du jeu grâce à son timbre fruité et une voix en parfaite adéquation avec les exigences de la partition, sur laquelle le temps semble ne pas avoir de prise. Elle campe avec aplomb une jeune femme à la fois espiègle et rusée qui tire depuis le début toutes les ficelles de l&rsquo;intrigue jusqu&rsquo;à son triomphe final. <strong>Teresa Iervolino </strong>qui a incarné une touchante <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/la-cenerentola-paris-garnier-erreur-de-casting">Cenerentola à Garnier la saison passée</a> est une Mrs Quickly raffinée, vocalement irréprochable, qui ne sombre pas dans la caricature. On peut regretter cependant un manque d&rsquo;abattage et de rouerie qui auraient conféré davantage de relief à son interprétation. <strong>Lisette Oropesa</strong> apporte à Nanetta la fraîcheur de son timbre et un physique tout à fait crédible qui lui ont valu une belle ovation au rideau final d&rsquo;autant plus que ses partenaires accompagnés par le chef lui ont souhaité son anniversaire en chantant. On a cependant entendu dans ce rôle, des sons filés mieux maîtrisés et un aigu plus lumineux et mieux tenu. Enfin <strong>Laura Polverelli </strong>est une Meg en retrait qui peine par moment à se faire entendre.</p>
<p>Les seconds rôles sont tous excellents, citons l&rsquo;épatant Docteur Caîus de <strong>Riccardo Botta </strong>et les interventions désopilantes de <strong>Kevin Conners</strong> et <strong>Mario Luperi </strong>respectivement Bardolfo et Pistola.</p>
<p>Belle prestation également des chœurs, toujours en situation.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Daniel Harding </strong>insuffle à un Orchestre de Paris en grande forme, une direction alerte et nerveuse qui met en valeur une infinité de détails avec une grande précision dans les ensembles, notamment la fugue finale. On peut toutefois regretter qu&rsquo;il ait tendance à faire sonner parfois les musiciens un peu fort au risque de couvrir les chanteurs placés derrière eux et qu&rsquo;il soit avare de nuances, par exemple dans l&rsquo;air de Falstaff « Quand&rsquo;ero paggio » qui aurait gagné à être davantage allégé .</p>
<p>Ce concert sera redonné le dimanche 1er octobre à 16h30.</p>
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		<title>VERDI, La forza del destino — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/en-toute-integrite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Nov 2011 17:00:54 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Trente ans. Il aura fallu attendre trente ans pour entendre de nouveau La Force du Destin à l’Opéra de Paris. S’agissant d’un jalon essentiel de la production verdienne, d’une œuvre dont chaque amateur d’opéra connait au moins des bribes, les raisons d’une telle absence interrogent. Difficulté à trouver la brochette de chanteurs adéquats ? Sans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Trente ans. Il aura fallu attendre trente ans pour entendre de nouveau <em>La Force du Destin</em> à l’Opéra de Paris. S’agissant d’un jalon essentiel de la production verdienne, d’une œuvre dont chaque amateur d’opéra connait au moins des bribes, les raisons d’une telle absence interrogent. Difficulté à trouver la brochette de chanteurs adéquats ? Sans doute, mais cette difficulté n’est pas propre à <em>Forza</em>, hélas. Peut-être faut-il chercher la réponse dans les difficultés inhérentes à la construction de cette œuvre, au caractère fortement hétéroclite, puisqu’elle voit alterner des scènes mélodramatiques, dans la plus pure tradition verdienne, et des scènes de genre, qui n’apportent rien à l’action et regardent, pour leur écriture, vers Offenbach ou Auber, quand elles n’annoncent pas carrément <em>Falstaff</em> ou… <em>Boris Godounov</em> (1). Si l’on ajoute à cela un livret dont la cohérence dramaturgique n’est sans doute pas le point fort (la scène finale se hisse presque au même niveau d’invraisemblance que celle du <em>Trouvère</em>, ce qui n’est pas peu dire), on comprend que l’œuvre puisse effrayer les directeurs, les metteurs en scène et les chefs les mieux intentionnés. Pendant des décennies, ceux qui, malgré tout, se sont décidé à tenter l’aventure l’ont fait en sacrifiant délibérément la dimension burlesque de l’œuvre, commettant ainsi un contresens trop rapidement érigé, hélas, au rang de tradition. Il en a résulté des générations de versions « abrégées », où des scènes entières passaient à la trappe.<br />
			 </p>
<p>			On saluera donc avec gratitude cette nouvelle production de l’Opéra de Paris qui permet, enfin, au public parisien de prendre connaissance de l’œuvre telle que Verdi l’a voulue, sans charcutage ni tripatouillage. Combien, parmi les spectateurs présents pour cette soirée de première, peuvent se targuer d’avoir déjà entendu sur scène, une <em>Forza</em> aussi exhaustive et scrupuleuse ? Plus que dans son intégralité, ce qui nous a été offert, c’est une <em>Forza</em> dans son <em>intégrité</em>, en somme : c’est suffisamment rare pour être souligné, et salué. Cette humilité face à l’œuvre, qui devrait pourtant être la posture de toute maison d’opéra sérieuse, honore l’Opéra de Paris.</p>
<p>			 </p>
<p>			Un bonheur ne venant jamais seul, cette saine humilité se retrouve dans la mise en scène sobre et efficace de <strong>Jean-Claude Auvray</strong>. En décalant l’action d’une bonne centaine d’année en avant, pour la situer aux alentours de 1850, dans l’Italie risorgimentale, Auvray suscite des résonnances inattendues avec la vie de Verdi, parti pris qui est loin d’être absurde. S’appuyant sur des décors épurés et réalistes (mobilier réduit au strict minimum, belles toiles peintes en arrière plan), et sur des costumes de fort belle facture, il peut compter sur des jeux de lumières très réussis, et aptes à créer des climats intenses, comme avec ce pourpre de rhododendron qui accompagnait les scènes de guerre. On pense en particulier au magnifique final de l’acte II, tout droit sorti d’un tableau de Zurbaran, qui voit les moines, scapulaires baissés, entourer Leonora, à la lumière des cierges, pour écouter la malédiction du Padre Guardiano avant d’entonner un sublime « La vergine degli Angeli ». D’autres scènes, en poussant jusqu’au bout la logique de la sobriété épurée, renvoient aux images des mises en scène de… Wieland Wagner (début du 2ème tableau de l’acte II). Voilà à l’évidence une mise en scène qui respecte profondément la musique et ne se sent pas obligée d’aller systématiquement contre elle en se fourvoyant dans une « relecture » inepte et prétentieuse. N’est-ce pas, là encore, ce qu’on est en droit d’attendre ?<br />
			 </p>
<p>			Respecter l’intégrité de <em>La Force du Destin</em>, c’est aussi accepter que dans cette œuvre, l’orchestre ait également des choses à nous dire. Ceux qui en doutaient en ont certainement été convaincus par la direction magistrale de <strong>Philippe Jordan</strong>, à la tête d’un orchestre de l’Opéra de Paris en état de grâce. Il serait trop long de détailler les mérites immenses de cette direction inspirée d’un bout à l’autre de l’œuvre, assumant son pathos, d’une précision d’orfèvre dans les scènes de foule, gommant toute trace de trivialité pour mieux faire ressortir la saveur de la partition. C’est simple : on a eu l’impression de découvrir l’orchestre de la <em>Force du Destin</em> ce 14 novembre à la Bastille. Un exemple parmi cent : l’accompagnement des vents dans « Solenne in quest’ora », qui en fait ressortir à merveille le tragique déchirant. Une mention toute particulière pour les prestations superlatives des pupitres de harpes et de bois (la clarinette dans le prélude de III !). Ajoutons qu’en vrai chef de théâtre, Philippe Jordan ne se contente pas de suivre ses chanteurs : il sait les accompagner, il les porte littéralement, les soutient quand il les sent en difficultés, avec un sens de la phrase et de la ligne que seuls les plus grands maîtrisent à ce degré.</p>
<p>			 </p>
<p>			Au diapason de cette direction superbe, il faut situer la prestation superlative des chœurs, préparés une fois encore par <strong>Patrick-Marie Aubert</strong>. Dans <em>Forza</em>, ils font plus que de la figuration, c’est un euphémisme. Leur intervention dans les scènes « de genre » est essentielle, en même temps qu’elle est redoutablement difficile à mettre en place avec précision. Ce que Verdi a écrit pour ces pages, mélange millimétré de puissance et de subtilité, relève au plus haut degré de la mécanique de précision, qu’un rien peut facilement venir gripper. Au pinacle, on placera « La Vergine degli Angeli » phrasé comme dans un état second, d’une douceur immatérielle, qu’on n’a pas souvenir d’avoir entendu aussi poignant. Un très grand moment.</p>
<p>			 </p>
<p>			Et les chanteurs ? Ils ont évolué, à une exception près, entre l’excellent et le très honnête.</p>
<p>			 </p>
<p>			On commencera par adresser un grand coup de chapeau aux deux moines. <strong>Nicola Alaimo</strong> a campé un Melitone jubilatoire, irrésistible de drôlerie. Contrairement à nombre de ses prédécesseurs dans le rôle (y compris pendant les décennies « glorieuses »…), Alaimo ne s’est pas contenté de cabotiner et de brailler en faisant le pitre. Verdi a écrit des notes pour Melitone : c’est pour qu’elles soient chantées. Le créateur du rôle De Bassini, n’avait d’ailleurs rien d’un baryton bouffe. Et Alaimo a chanté son rôle, dans un italien parfaitement idiomatique, qui plus est : un régal ! On brûle de le réentendre, par exemple dans ce rôle de Falstaff que, malgré son jeune âge, il interprète déjà.</p>
<p>			 </p>
<p>			Le Padre Guardiano de <strong>Kwangchul Youn</strong> a également remporté les suffrages, avec son timbre chaud, son velouté infaillible, et cette onction apotropaïque qu’il met depuis quelques étés à Bayreuth au service du rôle de Gurnemanz.</p>
<p>			 </p>
<p>			En Carlos, <strong>Vladimir Stoyanov</strong> a su convaincre par une réelle solidité vocale, une aptitude à la vocalisation lente (dans « Urna fatale »). On pourra reprocher à son chant un caractère unidimensionnel, mais n’est-ce pas finalement le personnage de Carlos, particulièrement obtu, qui veut ça ?</p>
<p>			 </p>
<p>			La Preziosilla de <strong>Nadia Krasteva</strong> ne manquait pas d’abattage. Malgré une émission passablement engorgée – typique de certaines voix d’Europe de l’Est &#8211; elle a su se jouer des difficultés de son rôle, au prix, il est vrai, d’une gestion des registres parfois un peu acrobatique mais on lui sera reconnaissant d’avoir su éviter de tomber dans la caricature consistant à transformer Preziosilla en une vulgaire harenguière poitrinant à tout va.</p>
<p>			 </p>
<p>			Dans le rôle d’Alvaro, <strong>Zoran Todorovich</strong> a remplacé pour cette première représentation Marcelo Alvarez souffrant. On aurait tort de mésestimer le surcroît de pression que cela représente, s’agissant d’un rôle qui ne compte pas précisément parmi les plus légers du répertoire verdien. Soyons clairs : Todorovich n’a pas le métal triomphant d’un Corelli ou la projection insolente d’un Del Monaco. Ses moyens sont, à l’évidence, plus modestes. Un premier choix ? Certes pas. Mais beaucoup mieux qu’une doublure. Todorovich a abordé le rôle d’Alvaro avec une probité et une intelligence qui forcent le respect. Cet Alvaro plus fragile que d’autres, mais capable de demi-teintes bienvenues et en permanence attentif à ce qu’il chante a su convaincre. Ainsi, en phrasant « O tu che in seno agli angeli » tout en intériorité, en refusant d’en faire un tour de force dont, sans doute, il n’a pas les moyens, il a su toucher et émouvoir beaucoup plus que nombre d’histrions. L’intégrité, là encore.</p>
<p>			 </p>
<p>			Reste le cas de la Leonora de <strong>Violeta Urmana</strong>. Disons le tout net : c’est notre seule – relative – déception vocale de la soirée. Cette déception provient sans doute de ce que sa prestation laissait deviner ce qu’elle aurait pu être : par moments, en effet, Urmana parvenait à alléger sa voix, à lui donner une conduite plus ductile, et on se prenait alors à espérer…. Ces moments furent hélas trop fugaces. Certes, les moyens sont encore opulents, mais pour des aigus forte dardés comme un lanceur lance son javelot (le <em>si</em> final de « Pace, pace moi Dio » fut, de ce point de vue, très réussi), combien de passages entiers caractérisés par une émission incertaine, un vibrato envahissant, des stridences dans le haut médium ? On est loin du cliché de la Leonora angélique, cantonnée dans le beau son… Notons toutefois une relative amélioration en cours de représentation, l’acte IV étant moins débraillé que l’acte I.</p>
<p>			 </p>
<p>			Ces réserves ne doivent néanmoins pas ternir la vive satisfaction qu’a procuré cette représentation de <em>La Force du Destin</em>, qui fait de fort belle manière son retour au répertoire de l’Opéra de Paris.</p>
<p>			 </p>
<p>			* Piotr Kaminski signale fort justement que Moussorgski conservait précieusement plusieurs partitions de Verdi. Rappelons par ailleurs que <em>La Force du Destin</em> a été créée, dans sa première mouture, au théâtre Mariinski de Saint Petersbourg.</p>
<p>			 </p>
<p>			 </p>
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