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	<title>Suren MAKSUTOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Suren MAKSUTOV - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Limoges</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-limoges-oligarques-de-tous-les-pays-unissez-vous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 08 Apr 2016 05:36:05 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment échapper à la joliesse romantique pour rendre plus sensible l’ennui poisseux dans lequel s’engluent les personnages de Pouchkine ? Marie-Eve Signeyrole a trouvé la solution : situer l’intrigue d’Eugène Onéguine non plus dans le cadre séduisant des grandes demeures du XIXe siècle, mais dans le quotidien sordide des appartements communautaires de l’ère soviétique. Un peu comme &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Comment échapper à la joliesse romantique pour rendre plus sensible l’ennui poisseux dans lequel s’engluent les personnages de Pouchkine ? <strong>Marie-Eve Signeyrole</strong> a trouvé la solution : situer l’intrigue d’<em>Eugène Onéguine</em> non plus dans le cadre séduisant des grandes demeures du XIX<sup>e</sup> siècle, mais dans le quotidien sordide des appartements communautaires de l’ère soviétique. Un peu comme Tcherniakov avait su magistralement le faire avant elle, elle souligne combien est factice la gaieté de commande de ces mondanités qui s’enchaînent, allant jusqu’à transformer l’anniversaire de Tatiana en fête saluant l’abdication d’Eltsine, motivée par un enthousiasme ô combien illusoire. Les deux premiers actes de l’opéra se déroulent entièrement dans cet appartement partagé entre une quinzaine de personnes, sans compter les membres du chœur qui ne sont plus ici une troupe de joyeux paysans venus remercier leur maîtresse, mais des locataires exploités venant s’acquitter de leur dû envers la Larina, qui enfile son tablier non plus pour faire des confitures mais pour manipuler ce sale argent. La transposition fonctionne admirablement bien, et l’impressionnant décor de <strong>Fabien Teigné</strong>, reflétant la vie simultanée des uns et des autres, permet de creuser la misère affective et morale des personnages grâce à des effets de contrepoint judicieux. On voit ainsi d’emblée qu’Onéguine ne s’intéresse pas à Tatiana, alors qu’Olga se jette à son cou sans la moindre considération pour Lenski, son prétendant officiel. L’abîme qui sépare les deux personnages principaux saute aux yeux, entre l’oligarque vêtu à la dernière mode occidentale et la prolétaire aux défroques hideuses dans sa chambre de quatre mètres sur quatre. Au troisième acte, tout change, et pas seulement le décor : au réalisme général des cinq premiers tableaux succède un mode de jeu plus stylisé, à commencer par le bal de SDF autour d’un brasero qui se déroule pendant la Polonaise. La demeure du prince Grémine est représentée par un plan d’architecte en lignes blanches sur sol noir, et c’est dans ce décor nu que se déroulera l’ultime confrontation entre un Onéguine devenu marginal et Tatiana méconnaissable.</p>
<p class="rtecenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="266" src="/sites/default/files/styles/large/public/eugne_oneguine_-_thierry_laporte_-3-_-_copie.jpg?itok=LblZSZfN" title=" © Thierry Laporte" width="468" /></p>
<p class="rtecenter"> © Thierry Laporte</p>
<p>Evidemment, pour qu’un tel pari soit viable, il faut un solide travail d’acteur de la part de tous les protagonistes, chœur inclus, complété par la présence de trois figurants-danseurs (dont l’un incarne le petit-fils de Filipievna, qu’on voit porter la lettre à Onéguine, comme prévu par le livret). Créée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/eugene-oneguine-montpellier-lennui-naquit-un-jour-dun-excedent-didees">à Montpellier en janvier 2014</a>, la production semble n’avoir rien perdu au cours de son transfert à Limoges. Du reste, quelques membres de la distribution étaient déjà présents il y a deux saisons. Le Triquet de <strong>Loïc Felix</strong> ne peut compter que sur la première moitié de sa chanson pour retenir l’attention du public, car à son deuxième couplet se superposent les premiers signes de l’altercation entre Lenski et Onéguine. <strong>Svetlana Lifar</strong> est une Larina très sonore, loin du délabrement vocal que croient y masquer certaines chanteuses sur le retour ; dans le duo de la première scène, elle rend même inaudible la Filipievna d’<strong>Olga Tichina</strong>, qui s’impose pourtant durant tout le reste du spectacle par son immense talent d’actrice. Sans jamais écraser les notes les plus basses, <strong>Mischa Schelomianski</strong>, enfin, reste l’admirable Grémine qu’il était déjà, pour un personnage bien croqué, avec son l’amour quasi-paternel et un rien condescendant. Nouveaux venus en revanche pour le quatuor principal, mais surtout des habitués de leur rôle. L’Olga de <strong>Lena Belkina</strong> est très convaincante, pour un personnage, plus développé qu’à l’accoutumée, de quasi-nymphomane ; il ne lui manque qu’un extrême grave plus projeté dans son air. Applaudi en Lenski à Nantes et dans Rachmaninov à Nancy, <strong>Suren Maksutov</strong> confirme qu’il est un splendide ténor, capable des très beaux piani que réclame la partition. De Tatiana, <strong>Anna Kraynikova</strong> a la silhouette de jeune fille et la voix claire, loin des matrones qui usurpent parfois ce personnage ; sur le plan scénique, elle réussit à merveille sa métamorphose en dédaigneuse épouse d’oligarque, après avoir parfaitement incarné la grande bringue rêveuse et coupée du monde réel. Prise de rôle pour <strong>David Bizic</strong>, qui enchante en premier lieu par la richesse de son timbre et auquel une plus longue fréquentation permettra d’approfondir encore sa conception d’Onéguine.</p>
<p><strong>Robert Tuohy</strong> sait résister aux sirènes du prétendu style russe pour proposer une direction solidement charpentée. Plus chauffé ou moins exposé, l’orchestre surmonte après l’entracte ses menus problèmes de justesse ou d’ensemble. On regrettera simplement que l’ajout de musiques adventices (une croquignolette chanson de variété russe sur le thème « Je veux un amant comme Poutine », <em>Les Yeux noirs</em> par Filipievna entre le premier et le deuxième acte) ait pour contrepartie la suppression de l&rsquo;Ecossaise chez Grémine.</p>
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		<title>TCHAÏKOVSKI, Eugène Onéguine — Nantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/eugene-oneguine-angers-nantes-nantes-savoureux-meme-sans-les-confitures-de-madame-larina/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 May 2015 03:30:07 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C’est un magnifique spectacle que nous offre le Théâtre Graslin, un bonheur constant, sensible, musical, visuel, dramatique aussi. La production nancéenne d’Alain Garichot, de 1997 (dirigée par Jérôme Kaltenbach, avec Laurent Naouri et Mireille Delunsch dans les premiers rôles) connaît une belle carrière. Après sa reprise à Rennes en 2000, avec Claude Schitzler au pupitre, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C’est un magnifique spectacle que nous offre le Théâtre Graslin, un bonheur constant, sensible, musical, visuel, dramatique aussi. La production nancéenne d’<strong>Alain Garichot</strong>, de 1997 (dirigée par Jérôme Kaltenbach, avec Laurent Naouri et Mireille Delunsch dans les premiers rôles) connaît une belle carrière. Après sa reprise à Rennes en 2000, avec Claude Schitzler au pupitre, elle se découvre à Nantes, avant Angers, toujours aussi efficace, sobre, humble et séduisante. Au service exclusif de l’œuvre et des chanteurs, elle est servie par une direction d’acteurs que l’on oublie tant elle est naturelle, par des lumières de <strong>Marc Delamézière </strong>et des costumes d’une réelle beauté, signés <strong>Claude Masson</strong>. Les personnages sont riches, vivants, avec chacun sa part d’ambiguïté.</p>
<p>Une futaie, dont seuls les troncs rugueux sont visibles, sur un fond aux éclairages changeants constitue le décor unique du premier acte (la scène de la lettre se passant en avant-scène, le reste plongé dans l’obscurité) et du second tableau du deuxième (le duel). C’est tout. Un plateau vide, ou animé simplement par les chorégraphies et les mouvements des choristes, danseurs et figurants, servira de décor au bal, avec un minimum d’accessoires : une méridienne, une table et deux chaises. L&rsquo;attention visuelle est toujours sollicitée par des tableaux à la beauté changeante. Le premier, avec les quatre femmes, est une réussite parfaite : Madame Larina a troqué la louche des confitures pour le portrait au pastel, Tatiana est pensive, un livre à la main. Le premier quatuor enchante par son équilibre et son harmonie, les autres ensembles, particulièrement le quintette du deuxième acte confirmeront cette perfection rare. </p>
<p>La distribution est homogène, sans faiblesse. <strong>Charles Rice</strong> compose un séduisant Onéguine, parfaitement crédible, vocalement et psychologiquement : le dandy désœuvré, désinvolte s’y révèle aussi un homme dont la souffrance nous émeut. Si la ligne de chant bénéficie d’un soutien solide, la voix, réservée, parfois engorgée au premier acte, se déploie ensuite pour achever avec une maîtrise rare (l’arioso du dernier acte). Le personnage de Tatiana, le plus central, est certainement le plus difficile, vocalement et dramatiquement car il y a deux Tatiana, celle du premier acte, rêveuse, frémissante, fragile, et celle du troisième, toujours aussi passionnée, mais mûrie par les épreuves et par son rang. <strong>Gelena Gaskarova</strong>, depuis sept ans dans la troupe du Marinski, est familière du rôle depuis plusieurs saisons. Les moyens sont là, on se situe à un très haut niveau. La voix est longue, avec de beaux mediums, des graves solides. Les couleurs sont belles quand l’émission est naturelle. Elle excelle dans le mezzo-voce, tant qu’elle ne force pas le trait. Le chant connaît les inflexions justes, même si, parfois, la projection des aigus, trop forcés, altère la ligne. Parfaitement crédible au dernier tableau, c’est alors la Tatiana idéale. Sa sœur aînée, Olga, nous révèle une extraordinaire <strong>Claudia Huckle</strong>. La qualité d’émission, la voix sonore, colorée avec de somptueux graves, la fraîcheur et la jeunesse emportent l’adhésion. Une grande Olga, insouciante, jeune et sensible. Autre découverte, le superbe Lenski de <strong>Suren Maksutov</strong>, Ouzbèke formé à Kiev. Le timbre est séduisant, l’aigu éclatant, les graves solides. Son Lenski est naturel, fin, romantique sans excès, mais tendre et possessif. Le lyrisme est vrai, le chant très contrôlé, et atteint dans son air du deuxième acte une plénitude insoupçonnée, avec des accents émouvants, admirable. <strong>Oleg Tsibulko</strong>, Moldave, à la voix et la stature imposantes, nous vient du Bolchoï. Le rôle de Grémine exige un très large ambitus que possède son interprète : le chant est noble, plein, avec une profondeur et une émission princières. Donc, un splendide Grémine, de grande classe. <strong>Eric Vignau</strong>, monsieur Triquet, fait honneur au chant français. Madame Larina est la grande <strong>Diana Montague</strong>, plus que jamais convaincante, dans un rôle à la mesure de ses moyens et de son expérience. La mère de Tatiana et d’Olga a l’autorité naturelle, distinguée et chaleureuse. Puissent tous les chanteurs conduire une longue et belle carrière comme celle Diana Montague ! <strong>Stefania Toczyska</strong> est une vraie nourrice, dont les inflexions, dans la scène de la lettre sont justes, dramatiquement et vocalement. Les rôles secondaires (le Capitaine et Zaretski), tenus par deux choristes (<strong>Eric Vrain</strong> et <strong>Mikaël Weill</strong>), sont parfaitement servis.</p>
<p><strong>Lukasz Borowicz</strong> impose une lecture subtile et inspirée de la partition.  Un juste milieu entre les épanchements du romantisme et l’élégance, la distinction et la sensibilité. L’orchestre est toujours lisible, léger ou puissant, ductile, animé de belles couleurs. Les danses (valse, cotillon, polonaise), si chères à Tchaïkovski, sont de véritables bijoux. Très sollicités, les chœurs, mixtes ou de femmes, ne méritent que des éloges, équilibrés, francs, articulés, colorés et dynamiques.</p>
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		<title>RACHMANINOV, Aleko&#124;Francesca da Rimini — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aleko-francesca-da-rimini-nancy-le-temps-de-dante-et-le-temps-des-gitans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Feb 2015 07:12:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’éblouissement provoqué par Artaserse, le retour à Nancy de Silviu Purčarete était très attendu. Qu’allait faire le metteur en scène roumain du diptyque Aleko / Francesca da Rimini, deux titres à peine plus fréquentés que l’opéra de Vinci ? Les premières minutes du spectacle décevraient presque : les tziganes imaginés à l’origine par Pouchkine évoquent ici &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l’éblouissement provoqué par <em>Artaserse</em>, le retour à Nancy de <strong>Silviu Purčarete</strong> était très attendu. Qu’allait faire le metteur en scène roumain du diptyque <em>Aleko</em> / <em>Francesca da Rimini</em>, deux titres à peine plus fréquentés que l’opéra de Vinci ? Les premières minutes du spectacle décevraient presque : les tziganes imaginés à l’origine par Pouchkine évoquent ici l’univers des films de Kusturica, ce qui est tout à fait justifié et dépouille les personnages de toute aura romantique superflue dans cette sombre histoire de mari tuant sa femme et son amant ; ici, il les surprend à se câliner dans une voiture à la carrosserie orange seventies. Malgré tout, pour ne pas basculer dans le réalisme complet, Purčarete a l’idée de faire de ces gitans des forains, d’où la présence d’artistes de cirque, dont les acrobaties remplacent l’assez long ballet (numéros 5 et 6 de la partition), sans oublier l’ours d’Aleko, dont on peut croire jusqu’à la conclusion qu’il est censé s’agir d’un véritable animal. Lorsque le figurant ôte la tête de son costume et refuse de serrer la main d’Aleko banni, le doute rétrospectif s’installe… Et pour faire le lien avec la deuxième partie, la Vieille Tzigane – qui ne prend la parole qu’à la toute fin – devient une sorte de mort vivant, escorté d’une troupe de figures spectrales. On retrouve, plus nombreuses, ces apparitions dans <em>Francesca da Rimini</em>, chacune accompagnée d’un squelette articulé, pour figurer le cercle des luxurieux où descendent Dante et Virgile. Le décor, qui pouvait évoquer un chapiteau de cirque pour <em>Aleko</em>, se change en un lieu noir et clos, grillagé, percé de gros tuyaux et de ventilateurs, comme on s’imagine les espaces techniques du Centre Pompidou, ce qui n’est peut-être une mauvaise façon de représenter les enfers. Difficile d’animer vraiment tout le Prologue, qui ressemble plus à un poème symphonique qu’à une action théâtrale, et la danse des damnés paraît un peu répétitive. Tout change lorsque se rejoue le drame de Paolo et Francesca, dont le double assassinat et mimé avec les mêmes gestes et au même endroit de la scène que dans <em>Aleko</em>, afin de souligner le parallélisme de l’intrigue des deux œuvres. Les squelettes et les damnés restent présents dans la maison de Malatesta, comme des témoins muets (ou pas), et l’intrigue relatée dans la <em>Divine Comédie</em> se joue en costumes Renaissance, non sans l’apparition de prélats felliniens – le géant et le nain d’<em>Aleko</em>. On sera plus réservé sur l’ultime retour de la bagnole orange à la toute fin de <em>Francesca da Rimini</em>, le lien entre les deux parties du spectacle ayant été suffisamment souligné auparavant, de manière moins incongrue.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/francesca_da_riminiopeura_national_de_lorraine_4.jpg?itok=BfYmu0zv" title="Francesca da Rimini © Opéra national de Lorraine" width="468" /><br /><em>Francesca da Rimini</em> © Opéra national de Lorraine</p>
<p>Musicalement, la satisfaction est complète, grâce aux forces de l’Opéra national de Lorraine et à des artistes pour la plupart déjà vus à Nancy. Dirigé avec finesse par <strong>Rani Calderon</strong>, l’orchestre se montre aussi à l’aise dans <em>Aleko</em>, partition de jeunesse clairement écrite sous l’influence de Tchaïkovski, que dans <em>Francesca da Rimini</em>, œuvre beaucoup plus originale et plus personnelle. Le chœur met beaucoup de conviction dans son chant (les danses polovtsiennes de Borodine semblent tout proches dans sa première intervention), même lorsqu’il est invisible aux enfers, dans un prologue pris à un tempo peut-être un peu trop mesuré. Quant aux solistes, Nancy peut désormais compter sur d’excellents chanteurs venus des pays de l’est. Dans son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/nabucco-nancy-raffaella-angeletti-sauve-la-mise">compte rendu du <em>Nabucco</em> </a>donné en début de saison, Christophe Rizoud soulignait la largeur et la puissance de la voix d’<strong>Alexander Vinogradov</strong>, et il faut ici encore saluer l’engagement scénique et l’aisance de cette basse parfaitement à l’aise dans l’aigu. Le monologue de Malatesta est un beau moment de théâtre, et l’on espère retrouver prochainement cette grande et belle voix. Il y a deux saisons, <strong>Gelena Gaskarova</strong> avait été à Nancy une <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/spectacle/au-dela-du-reel">fort belle Iolanta </a>: elle s’attire les mêmes compliments, Zemfira rebelle ou pudique Francesca, avec un aigu qui semble plus assuré et qu’on rêve d’entendre dans les grands rôles du répertoire russe : elle sera Tatiana en mai-juin prochain à Nantes et Angers, mais on imagine qu’elle serait une fort belle Snégourotchka, par exemple, si les théâtres de France osaient plus souvent programmer les œuvres de Rimski-Korsakov. <strong>Evgeny Liberman</strong> ne tenait qu’un rôle secondaire dans cette même <em>Iolanta</em> de 2013, mais il se montre tout à fait à la hauteur des lourdes exigences du rôle de Paolo. L’autre ténor de la distribution, <strong>Suren Maksutov</strong>, fait à cette occasion ses débuts en France, et l’on se réjouit d’apprendre qu’il sera le Lenski de l’<em>Onéguine </em>susmentionné, car le timbre est séduisant et l’aigu éclatant. La basse hongroise <strong>Miklós Sebestyén</strong> est un très digne Vieux Tzigane. <strong>Igor Gnidii</strong> et <strong>Svetlana Lifar</strong> ont fort peu à chanter, mais le baryton, très souvent distribués dans de petits rôles à l’Opéra de Paris, restera à Nancy après la dernière de ce spectacle pour un récital le 14 février.</p>
<p>Il est heureux que deux des trois opéras de Rachmaninov aient enfin été mis à l’affiche en France. Nancy a placé la barre très haut ; on attend de voir ce que Bruxelles fera de ces mêmes œuvres au printemps prochain.</p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/aleko-francesca-da-rimini-nancy-le-temps-de-dante-et-le-temps-des-gitans/">RACHMANINOV, Aleko|Francesca da Rimini — Nancy</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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