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	<title>Gabriele MANGIONE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Gabriele MANGIONE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VERDI, Macbeth — Liège</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-liege-faire-du-neuf-avec-du-vieux/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Jun 2018 23:27:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Liège est désormais un bastion stratégique dans le paysage lyrique. Son directeur revendique un certain classicisme pour les productions de l’institution dont il a la charge. Moue dubitative des uns, soupirs de soulagement des autres… l’Opéra Royal de Wallonie attire peut-être avant tout pour les titres qu’il programme (les valeurs sûres du XIXe siècle, saupoudrées &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Liège est désormais un bastion stratégique dans le paysage lyrique. Son directeur revendique un certain classicisme pour les productions de l’institution dont il a la charge. Moue dubitative des uns, soupirs de soulagement des autres… l’Opéra Royal de Wallonie attire peut-être avant tout pour les titres qu’il programme (les valeurs sûres du XIXe siècle, saupoudrées de quelques raretés), <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/actu/cinq-questions-a-speranza-scappucci">le dynamisme de sa directrice musicale</a> et surtout la qualité des distributions réunies davantage que pour les vues de <strong>Stefano Mazzonis di Pralafera</strong>. Ce Macbeth, vu in loco le 14 juin, le même soir que la retransmission en direct, ne déroge pas à cette règle. Voilà du rutilant ouvrage : costumes chatoyants, chaleurs des lumières, toiles peintes assumées comme cette table de banquet garnie descendue des ceintures pour le bal à la cours de Macbeth&#8230; Oui mais, à y regarder de plus près, la façade chatoyante cache un <em>duomo </em>plus modeste : une direction d’acteur qui gère des entrées et des sorties, place le chœur immobile face caméra, fait voleter les falbalas en tulle des robes des sorcières et se contente d’une dramaturgie réduite à la portion congrue, laissant en jachère l’idée de jeu d’échec et des pions. Belle idée toutefois : Lady Macbeth retient son page pour lui adresser « Duncano sarà qui? Qui la notte ? », d&rsquo;ordinaire traité comme un aparté, avant de le congédier et d’exulter dans la cabalette. Surtout, de spectacle en spectacle, on est surpris de retrouver, à quelques broderies près, les mêmes costumes d&rsquo;<em>heroic fantasy</em> (l&rsquo;armure dorée, toute en courbes, de Banco nous a fait penser aux gardiens intergalactiques dans <em>Le 5e Élément</em> — on a les références qu’on peut…) qui, de la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/i-lombardi-alla-prima-crociata-turin-les-lombards-en-terre-promise-piemontaise">Jérusalem orientale</a> aux rigueurs hivernales et humides de l’Ecosse, ne veulent plus dire grand-chose. À tout le moins, reconnaissons que le choix de la version 1865, deuxième mouture pour Paris, nous donne l’occasion d’entendre la musique de ballet, même si ce n’est pas ce que la muse inspira de plus fécond à Verdi alors que sur scène une chorégraphie vient platement illustrer le sabbat des sorcières ici doublées de satyres.</p>
<p>	En revanche, retour à la version première pour le final de l’opéra. Assemblage musical donc mais élégant choix quand on invite le vétéran <strong>Leo Nucci</strong> à venir porter le masque de Glamis. Après quelques minutes de chauffe qui gomme un vibrato au départ très large, le voici Sire de Cawdor avec un phrasé et un velouté de timbre retrouvés. Roi d’Ecosse, il défend chèrement sa peau notamment grâce à son endurance vocale, que seules deux respirations intempestives viendront trahir dans « Pietà, rispetto, amore » et un volume qui lui permet de dominer les ensembles aux côtés de sa reine. Le métier scénique, mille fois retravaillé, assure le reste mais le portrait vocal restera, lui, plus sommaire, engoncé dans cette armure de bonne santé vocale. L&rsquo;adjectif « vitaminée » qualifie sans mal la prestation de <strong>Tatiana Serjan</strong> : graves telluriques, contre-ré piano halluciné, quelques trilles serrés comme des <em>ristretti</em>, variations dans les reprises… en un mot une aisance vocale qui la rend maîtresse de ce rôle difficile entre tous et qu’elle chante un peu partout, même s’il faut noter que l’aigu sonne comme détaché avec un volume amoindri. Scéniquement la soprano russe habite le personnage avec une grande crédibilité. <strong>Giacomo Prestia</strong> puise dans des graves gutturaux et polit un timbre charbonneux pour composer un Banco presque inquiétant. Un vibrato parfois trop large vient toutefois entacher la probité de son chant. En Macduff, <strong>Gabriele Mangione </strong>dispose de la voix franche et claire qui convient mais le phrasé n’offre guère de séduction et le chant se montre assez chiche en nuances. D’autre part, son timbre est très proche de celui de <strong>Papuna Tchuradze</strong> (Malcom) ce qui donne une fin de scène dans la forêt de Birnam pour le moins étrange. <strong>Alexise Yerna</strong> (Dame de Lady Macbeth) et <strong>Roger Joakim</strong> (le médecin) remplissent avec élégance leurs rôles de soutien. Chœur féminin et masculin brillent chacun leur tour dans leurs scènes dédiées, conjurés pour ces messieurs, pour celles-ci sorcières espiègles. Les scènes d’ensemble montrent moins de cohésion, notamment le grand chœur « Patria oppressa » où le tempo très lent les met en difficulté et révèle une fatigue certaine.</p>
<p>	Un tempo d’autant plus surprenant que <strong>Paolo Arrivabeni</strong> fouette ce Macbeth d’une baguette vigoureuse, à l’exception de quelques « fleurs » bienvenues pour soutenir ses chanteurs dans leurs parties les plus ardues. </p>
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		<title>VERDI, Macbeth — Bologne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/macbeth-bologne-dialogue-de-sourds/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2015 06:35:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis maintenant une quarantaine d&#8217;années, Robert Wilson, Bob pour les intimes, utilise ad nauseam le même système pour mettre en scène un opéra, indépendamment de son compositeur. Qu’il s’agisse de Philip Glass, Giacomo Puccini, Richard Wagner, Giuseppe Verdi ou Wolfgang Amadeus Mozart, on a droit à un même plateau nu animé par des lumières froides, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Depuis maintenant une quarantaine d&rsquo;années, <strong>Robert Wilson</strong>, Bob pour les intimes, utilise <em>ad nauseam</em> le même système pour mettre en scène un opéra, indépendamment de son compositeur. Qu’il s’agisse de Philip Glass, Giacomo Puccini, Richard Wagner, Giuseppe Verdi ou Wolfgang Amadeus Mozart, on a droit à un même plateau nu animé par des lumières froides, aux mêmes silhouettes hiératiques, à la gestuelle lente et saccadée inspirée par le théâtre no, sans aucune volonté de transposition ou de révélation d&rsquo;un message susceptible d&rsquo;avoir échappé au commun des mortels. L&rsquo;anti Regietheater en quelque sorte. Parfois, ça marche (<em>Madama Butterfly</em> à l&rsquo;Opéra de Paris depuis 1993) et parfois ça ne marche pas. <em>Macbeth</em>, tel que repris à Bologne cette saison, se range dans la deuxième catégorie : une scène noire soulignée par une rampe de néons aveuglante, des visages et des mains plus ou moins bien éclairés isolant les personnages dans un halo lumineux sans possibilité d&rsquo;interaction, peu – voire pas – d&rsquo;idées si ce n&rsquo;est durant l&rsquo;ouverture cette lune suspendue au-dessus de la silhouette  figée de Lady Macbeth. Il n’y a ici aucune de ces images épurées stupéfiante de beauté dans leur nudité, aucune de ces tensions engendrées par l&rsquo;immobilité. Les caractéristiques du théâtre wilsonien virent au procédé. La machine tourne à vide et l&rsquo;on s&rsquo;ennuierait ferme si l&rsquo;interprétation musicale ne parvenait à capter notre attention tout au long de la représentation, sans un seul temps mort, y compris dans les pages les plus faibles de l’ouvrage.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="283" src="/sites/default/files/styles/large/public/macbeth1_0.jpg?itok=gcSkwIPn" title="© Teatro Comunale Bologna" width="468" /><br />
	© Rocco Casaluci</p>
<p>C&rsquo;est que les forces chorales du Teatro Comunale sont remarquables d&rsquo;homogénéité, de puissance et d&rsquo;équilibre, femmes et hommes séparément ou confondus. C&rsquo;est que la direction de <strong>Roberto Abbado</strong>, narrative, parfois même épique, fourmille d&rsquo;intentions destinées à souligner les fulgurances de la partition avec un rapport entre fosse et plateau idéal. C&rsquo;est que la distribution réunie repose sur un duo de protagonistes à toute épreuve dans une œuvre qui ne les ménage pourtant pas.</p>
<p>Inconnus au Nord des Alpes, <strong>Stefanna Kybalova</strong> et <strong>Angelo Veccia</strong> font mieux que répondre aux exigences d&rsquo;une écriture cumulant impératifs dramatiques et belcantistes. Privés de support scénique, emprisonné dans le carcan gestuel imposé, ils s&#8217;emploient malgré tout à donner vie à leur personnage, chacun de leur côté puisque la mise en scène les empêche de se regarder et de de toucher. Dans ces conditions, les airs plus que les duos et les ensembles sont l&rsquo;occasion de démontrer, pour l&rsquo;un comme pour l&rsquo;autre, leur capacité à assumer la longueur de leur tessiture et la maîtrise d&rsquo;une ligne de chant implacable.</p>
<p>Originaire de Bulgarie, Stefanna Kybalova met son soprano dramatique au service d&rsquo;une Lady Macbeth toute en pointes et en arêtes sans que le style en pâtisse – vocalises de son air d&rsquo;entrées, trilles du brindisi&#8230;Torrentielle, violente dans l&rsquo;aigu lorsqu&rsquo;il est émis en force, la voix sait aussi s&rsquo;alléger pour suggérer, s&rsquo;effiler pour insinuer, s&rsquo;enfler pour frapper.</p>
<p>Tout aussi solide, Angelo Veccia prend plus de temps à entrer dans son personnage, emprunté dans son premier duo, moins saillant que sa partenaire au premier et deuxième acte mais remarquable d&rsquo;obstination dans la scène des apparitions et magistral dans l&rsquo;interprétation noble et amère de son air final « Pietà, rispetto, amore ». Un Banco valeureux mais sans doute gêné par les contraintes scéniques (<strong>Carlo Cigni</strong>) et un Macduff peu inspiré par une « paterna mano » à la ligne brusquée (<strong>Gabriele Mangione</strong>) participent au sentiment mitigé laissé par la soirée, malgré les Macbeth, malgré la direction musicale, malgré le chœur et l’orchestre. Théâtre verdien et wilsonien sont-ils vraiment compatibles ?</p>
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		<title>Stiffelio</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/loin-des-trois-tenors/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 Mar 2013 13:03:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Depuis 1993 et la prise de rôle simultanée de Placido Domingo et José Carreras, Stiffelio était retombé dans une certaine torpeur dont rien ne semblait devoir le tirer. La prestation des Deux Ténors (Pavarotti ne semble guère s’être intéressé à cette partition) fut dûment filmée et commercialisée en vidéo, et l’on en demeura là. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Depuis 1993 et la prise de rôle simultanée de Placido Domingo et José Carreras, <em>Stiffelio </em>était retombé dans une certaine torpeur dont rien ne semblait devoir le tirer. La prestation des Deux Ténors (Pavarotti ne semble guère s’être intéressé à cette partition) fut dûment filmée et commercialisée en vidéo, et l’on en demeura là. De fait, les DVD disponibles jusqu’ici étaient peu passionnants. A Londres, Elijah Moshinsky faisait de cette œuvre l’équivalent visuel d’un feuilleton de la BBC d’autrefois, cadre réaliste et costumes ternes ; à New York, Giancarlo Del Monaco satisfaisait le public du Met par la somptuosité des décors très noirs mais devait composer avec une Sharon Sweet plus monumentale par son physique que par sa voix. Pourtant, avec <em>Stiffelio</em>, Verdi avait composé la seule œuvre comparable à <em>La Traviata</em> par son intrigue résolument contemporaine (le livret la situe au début du XIXe siècle), œuvre scandaleuse qu’il avait été obligé de remanier et de renvoyer au Moyen Age – sous le titre d’<em>Aroldo </em>– afin de la rendre acceptable. Vingt ans après le doublon Covent Garden / Met, un nouveau <em>Stiffelio </em>nous arrive en DVD, fruit d’une captation récente au Teatro Regio de Parme. Evidemment, cette version ne propose aucune tête d’affiche comparable à Carreras ou Domingo, mais elle brille par de tout autres attraits.</p>
<p>
			D’abord, ce <em>Stiffelio</em>-ci ne ressemble pas à une mauvaise dramatique télévisée, mais se présente bel et bien comme un morceau de théâtre. Amateur d’ouvrages rares, et notamment défenseur d’Alfred Bruneau dont il a monté <em>L’Attaque du moulin</em> à Giessen et <em>Messidor </em>à Erfurt, le Genevois <strong>Guy Montavon</strong>, a été l’assistant de Giancarlo Del Monaco. Heureusement, le spectacle qu’il a conçu n’a aucun rapport avec le <em>Stiffelio </em>de celui qui fut un temps son maître. Dans les décors à la géométrie austère conçus par <strong>Francesco Calcagnini</strong>, les costumes sombres qui situent l’action dans les années 1880, dans quelque secte amish, le séducteur Raffaele étant clairement désigné comme un intrus par sa redingote rouge vif. L’omniprésence de la Loi est matérialisée par l’inscription des Ecritures au sol même et par la multiplication des bibles au dernier tableau, avec un Livre géant devant lequel vient se présenter la pécheresse sur laquelle les villageois sont prêts à jeter la première pierre. Le carton-pâte est heureusement évité pour l’acte du cimetière, et l’action se déroule avec une admirable intensité.</p>
<p>			C’est à Parme que <em>Stiffelio </em>avait été ressuscité en 1968 après un siècle d’oubli ; quarante-cinq ans après, Parme a soigné la distribution. Lauréate du concours Operalia, <strong>Yu Guanqun</strong> a eu le privilège de se voir confier quelques représentations du <em>Trouvère </em>par le Met, et Placido Domingo (on n’échappe pas aux Trois Ténors) l’a également choisie pour être sa Lucrezia dans <em>I Due Foscari</em> à Valence : cette soprano chinoise séduit par la fermeté de son timbre, par son aisance d’un bout à l’autre de la tessiture et par ses qualités d’actrice. A ses côtés, <strong>Roberto Frontali</strong> impressionne en père désemparé, prêtant à Stankar une voix puissante, d’une belle vaillance dans l’aigu ; voilà un baryton qu’on aimerait entendre à Paris (heureux Toulousains qui purent le voir en comte de Luna l’an dernier). Trois ténors, c’est aussi ce qu’exige <em>Stiffelio </em>: Federico n’est qu’un comparse, mais Raffaele, le vil tentateur, a un vrai rôle à défendre, ce que fait fort bien <strong>Gabriele Mangione</strong>. Quant au rôle-titre, ce prêtre que l’intrigue ne rend pas particulièrement sympathique en dehors du pardon qu’il accorde à la dernière minute à son épouse adultère, <strong>Roberto Aronica</strong> l’interprète avec une admirable vigueur d’accents (malgré des postiches assez disgracieux).</p>
<p>			Dirigeant l’orchestre avec rigueur, le tout jeune <strong>Andrea Battistoni</strong> impose à la partition une tension implacable, révélant une œuvre dotée d’un puissant impact dramatique, où Verdi se montre à plusieurs reprisies extrêmement inventif, dans la combinaison des voix en de superbes ensembles, ainsi que dans le choix des instruments, mais à laquelle il manque sans doute quelques airs plus marquants pour s’imposer au répertoire.</p>
<p>			 </p>
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