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	<title>Thill MANTERO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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		<title>RIVAS, Aliados — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/aliados-nancy-pas-de-maggie-sans-nixon/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Mar 2015 06:16:39 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a un demi-siècle, qui aurait pu imaginer que l’opéra renaîtrait par le biais de l’Histoire ? Qui aurait deviné que 150 ans après <em>Les Huguenots</em> entrelaçant la Saint-Barthélémy avec une intrigue amoureuse, l’art lyrique trouverait un nouveau souffle en revisitant les grands événements d’un passé certes beaucoup plus récent ? <em>Nixon in China </em>est souvent considéré comme l’acte de naissance du CNN Opera, ce « grand opéra à l’américaine », et l’on ne compte plus désormais les ouvrages s’inscrivant dans cette veine. Pour son premier opéra scénique, l’Argentin Sebastian Rivas (né en 1975) a donc eu tout naturellement l’idée, en collaboration avec son compatriote Esteban Buch, de se pencher sur un événement majeur de l’histoire de son pays, la guerre de Malouines en 1982. Bien sûr, il n’est pas question de montrer les combats, et pour cette partition d’une durée à peine supérieure à une heure, les concepteurs ont fait le choix d’aborder l’épisode de biais, filtré par la mémoire – ou l’absence de mémoire – de ses acteurs majeurs, Margaret Thatcher, au cours de la visite qu’elle rendit en 1999 au général Pinochet, l’ex-dirigeant du Chili, pays allié de la Grande-Bretagne durant le conflit (d’où le titre de l’œuvre, « Alliés »). Quatre personnages, donc – la Dame de fer et l’infirmière qui l’accompagne, le dictateur et l’aide-de-camp qui le materne – sont réunis dans un salon, où ils prennent le thé et échangent quelques propos incohérents, les deux ex-chefs d’Etat souffrant de sénilité avancée. Même si une idylle semble se nouer entre les deux autres protagonistes, essentiellement à travers un tango passionné, point d’intrigue amoureuse ici, comme si l’on ne retenait de <em>Nixon in China</em> que la scène de confrontation entre le Mao et le président des Etats-Unis. Encadrant la rencontre par ses interventions, un soldat argentin vient rappeler les atrocités du conflit des Falklands.</p>
<p>L’exercice est mené avec brio et humour, et Sebastian Rivas gagne son pari haut la main, pour un ouvrage court, sans grandiloquence, et aux moyens somme toute assez légers : six instrumentistes, quatre chanteurs et un comédien. La partition fait la part belle à la guitare électrique et aux percussions et, surtout, propose un usage habile de la sonorisation, présente d’un bout à l’autre de l’œuvre et avec des résultats autrement convaincants que dans certaines créations récentes. Loin de n’être qu’un gadget, source de crachouillis occasionnels et gratuits comme dans [le lecteur complètera], le recours à l’électronique fait ici réellement sens ici, notamment lors de la scène fascinante où les mots prononcés par Margaret Thatcher sont amplifiés, répétés et déformés comme en un chœur d’échos. Sans nuire à l’intelligibilité, la parole est ici souvent triturée, réitérée, mêlée au borborygme. Rivas joue aussi de la citation, parfois en fonction de certains mots du livret : quand l’infirmière dit à Miss Maggie « Votre devoir est de vous souvenir », le mot <em>remember</em> déclenche inévitablement une réminiscence très développée du « Remember me » de <em>Didon et Enée</em>. La mise en scène d’<strong>Antoine Gindt</strong> manifeste la même virtuosité dans son recours intelligent à la vidéo, en dédoublant l’action, vue de face par le public et sous d’autres angles par deux caméras dont les images sont projetées au-dessus de la scène. Ce procédé implique une authentique direction d’acteurs et des chanteurs réellement capables d’incarner leurs personnages, puisque les gros plans sont nombreux.</p>
<p>Bien sûr, par leur physique, les interprètes ne ressemblent ni à Pinochet ni à Mme Thatcher, et ils n’ont heureusement pas l’âge qu’avaient en 1999 ces deux personnalités. Mais peu importe, en réalité, car on adhère très vite au procédé. <strong>Lionel Peintre</strong> déploie ses talents bien connus de comédien et se montre parfaitement crédible en infirme saisi par Alzheimer. La partition lui impose un recours fréquent au falsetto, sans exiger de grandes prouesses vocales par ailleurs. Habituée de la musique contemporaine – on la verra le mois prochain à Toulouse dans <em>Massacre </em>de Mitterer –, la mezzo lituanienne <strong>Nora Petročenko</strong> est une éblouissante Dame de fer, tantôt sûre d’elle, tantôt absente, tantôt rongée par le souvenir, et Sebastian Rivas lui permet des envolées lyriques, certes brèves, où elle révèle un timbre somptueux. Soprano agile, et également rompue au contemporain – elle participera à Bruxelles à la création du <em>Penthésilée</em> de Pascal Dusapin –, <strong>Mélanie Boisvert</strong> tire le maximum du personnage de l’infirmière. Pour compléter le quatuor, on attendrait une voix de ténor, mais c’est un deuxième baryton qui a été préféré : à <strong>Thill Mantero</strong> échoit donc le rôle un peu plus effacé de l’aide-de-camp, auquel il revient pourtant de rappeler la liste des crimes commis par Pinochet. Dans le rôle parlé et parfois fredonné du « Conscrit », <strong>Richard Dubelski</strong> impressionne par son implication totale en soldat possédé par le passé. Sous la baguette de leur directeur musical, le chef français <strong>Léo Warynski</strong>, les six musiciens de l’<strong>Ensemble Multilatérale</strong> exécutent avec aisance et rigueur une partition dont on comprend qu’elle ait déjà fait un joli parcours, et l’on attend maintenant que Sebastian Rivas s’attaque à une œuvre lyrique de plus grande ampleur.</p>
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		<title>MOZART, Le nozze di Figaro — Bastia</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/mariage-a-la-corse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2013 21:55:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Au XIXe siècle, le théâtre de Bastia ouvrait sa saison par un ouvrage lyrique. L&#8217;Ensemble Instrumental de Corse a la bonne idée de renouer avec cette tradition dans une île où le chant fait partie des mœurs. Cet orchestre non permanent est le seul en son genre sur l&#8217;île de Beauté et sa production &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Au XIXe siècle, le théâtre de Bastia ouvrait sa saison par un ouvrage lyrique. L&rsquo;Ensemble Instrumental de Corse a la bonne idée de renouer avec cette tradition dans une île où le chant fait partie des mœurs.<br />
			Cet orchestre non permanent est le seul en son genre sur l&rsquo;île de Beauté et sa production lyrique annuelle lui tient fort à cœur. Quel travail titanesque que de monter un opéra pour seulement deux représentations ! D&rsquo;autant plus que les œuvres choisies ne sont pas des plus légères : Après <em>Cosi fan Tutte</em> et <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4181&amp;cntnt01returnid=54"><em>Don Giovanni</em></a> ce sont les <em>Nozze di Figaro </em>qui nous sont proposées, bouclant ainsi la trilogie Mozart-Da Ponte.</p>
<p>			L&rsquo;affiche toute rose annonce drôlement la couleur : « <em> la ville de Bastia et l&rsquo;Ensemble Instrumental de Corse vous font part du mariage de Figaro et Suzanne</em> ». Un petit cœur ponctue l&rsquo;ensemble. Ce faire-part sympathique est au diapason de la soirée. <strong>Jean -Daniel Senesi</strong>, le metteur en scène, entend rester dans une veine légère et comique pour narrer cette folle journée. Sa direction d&rsquo;acteur est précise, le rythme soutenu comme il se doit et quelques idées toutes simples réjouissent le public qui rit de bon cœur :<br />
			Trois arches figurent de grandes portes qui délimitent l&rsquo;espace imaginaire de chaque pièce, pour peu on se croirait chez Lars van Trier ! Mais point de Dogme ici, plutôt un humour assez potache de portes – invisibles – que l&rsquo;on ferme d&rsquo;un « cric-crac » énoncé par chaque protagoniste selon son caractère ; rageur pour le Comte jaloux, mutin pour Suzanne qui prend la place de Chérubin&#8230; Ce dispositif économe a également l&rsquo;avantage de rendre les murs transparents et de faire profiter le public, par exemple, des angoisses de Chérubin ou Suzanne dissimulés dans le cabinet de toilette.</p>
<p>			Ces émois justement sont fort expressifs, car les chanteurs semblent tout droit sortie de la comédie italienne. La Suzanne de Julia Knecht vibre d&rsquo;impertinence et sa voix corsée fait merveille d&rsquo;un bout à l&rsquo;autre de la partition. Elle traverse le plateau en tout sens, nez au vent, avec un panache qui n’empêche pas un joli sens des nuances et du phrasé. Sa projection est percutante sans que le timbre ne soit en rien métallique, son charisme vocal et scénique épatant.<br />
			Face à elle, son promis n&rsquo;est pas en reste et<strong> Ronan Debois</strong> campe un Figaro de grand style. La voix est profonde et bien posée, le timbre rond et chaud, le phrasé long et suave. Le couple Suzanne-Figaro se révèle donc indéniablement, comme l’annonçait l&rsquo;affiche, le pivot de la soirée.<br />
			 </p>
<p>			La Comtesse et le Comte tiennent fort bien leur partie mais de petits accrochages vocaux arrêtent parfois l&rsquo;oreille. <strong>Till Mantero</strong> a une belle prestance et une voix aux graves sensuels, mais parfois le souffle est court, le larynx haut et les aigus en pâtissent. Il compense ces défauts par un entregent scénique très convainquant, une virilité sombre qui adhère au mieux au personnage. Son « Vedro mentre respiro » est à ce titre particulièrement réussi. <strong>Aurélia Legay</strong> offre une Comtesse pétrie de dignité, au souffle long mais casse certains aigus en cherchant des nuances trop audacieuses. Son « Porgi Amor » mériterait plus de fragilité et c&rsquo;est dans les duos avec Suzanne que la magie saisit véritablement le spectateur.<br />
			Le Chérubin de <strong>Laure André</strong> déploie quant à lui la fougue désordonnée propre au rôle avec beaucoup de conviction, mais se trouve handicapé par une voix trop nasale. Mention spéciale en revanche pour deux jeunes recrues du CNSM : <strong>Julia Jérosme</strong> avec une Barberine fraiche, piquante à souhait et surtout <strong>Enguerrand de Hys</strong> qui incarne un Basilio plein d&rsquo;onction, musicalement impeccable.</p>
<p>			Au clavecin,<strong> Yann Molénat </strong>fait montre d&rsquo;une créativité rare. Ses clins d&rsquo;oeil nous promènent dans le répertoire mozartien avec des citations de concertos célèbres. Il souligne les émotions des personnages par un phrasé très engagé dont la délicieuse ironie fait mouche. « Tourments, caprices, folies » sont superbement servis par l&rsquo;<strong>Ensemble Instrumental de Corse </strong>dont les vents enthousiasment de nuance et de rayonnement. Quelques décalages  entre la fosse et le plateau viennent nous rappeler combien la musique vivante est un art fragile, mais dans l&rsquo;ensemble la soirée bastiaise tient ses promesses. « Corriam tutti a festeggiar », la saison est lancée !</p>
<p>			 </p>
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