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	<title>Marcus PELZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Thu, 23 Jan 2025 16:16:07 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Marcus PELZ - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>L&#8217;Opéra de Vienne rend hommage à Otto Schenk</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/lopera-de-vienne-rend-hommage-a-otto-schenk/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 16:16:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Nous l’annoncions dans nos colonnes, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&#8217;est pourquoi le site internet &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Nous l’annoncions <a href="https://www.forumopera.com/breve/deces-dotto-schenk/">dans nos colonnes</a>, le metteur en scène viennois Otto Schenk est décédé le 9 janvier dernier à l’âge de 94 ans. Le Wiener Staatsoper, où il a tant été présent, a décidé de lui rendre hommage en mettant en avant quelques-unes de ses plus marquantes mises en scène. C&rsquo;est pourquoi le <a href="https://play.wiener-staatsoper.at/">site internet</a> de l&rsquo;Opéra d&rsquo;Etat met en accès libre le streaming de captations prestigieuses. Ainsi <em>L’Elisir d’amore</em> (<strong>Nazarova</strong>, <strong>Volkov</strong>),  <em>Der Rosenkavalier</em> (<strong>Kleiber</strong> / <strong>Lott</strong>, <strong>Moll</strong>, <strong>von</strong> <strong>Otter</strong>, <strong>Hornik</strong>, <strong>Bonney</strong>), <em>Ariadne auf Naxos</em> (<strong>Lindsey</strong>, <strong>Davidsen</strong>, <strong>Spyres</strong>), <em>Die Fledermaus</em> (<strong>de</strong> <strong>Billy</strong>, <strong>Nigl</strong>, <strong>Sabirova</strong>), <em>Andrea Chénier</em> (<strong>Harteros</strong>, <strong>Kaufmann</strong>), <em>Die Meistersinger von Nürnberg</em> (<strong>Thielemann</strong> / <strong>Anger</strong>, <strong>Kaimbacher</strong>, <strong>Pelz</strong>), <em>Fidelio</em> (<strong>Vogt</strong>, <strong>Kampe</strong>) sont-ils à consommer sans modération jusqu’au 31 janvier 2025.</p>
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		<title>PUCCINI, Manon Lescaut &#8211; Vienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-manon-lescaut-vienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean Michel Pennetier]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 10 Nov 2023 05:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le personnage de Manon Lescaut est-il facilement transposable à l&#8217;époque contemporaine ? Robert Carsen avait déjà réalisé une version de l&#8217;ouvrage de Puccini pour l’Opéra des Flandres (1991), reprise à Paris (Bastille, 1993) onirique et intemporelle. Cette nouvelle production du metteur en scène canadien, conçue pour l’Opéra de Vienne (2005), assume cette fois une transposition &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le personnage de Manon Lescaut est-il facilement transposable à l&rsquo;époque contemporaine ? <strong>Robert Carsen</strong> avait déjà réalisé une version de l&rsquo;ouvrage de Puccini pour l’Opéra des Flandres (1991), reprise à Paris (Bastille, 1993) onirique et intemporelle. Cette nouvelle production du metteur en scène canadien, conçue pour l’Opéra de Vienne (2005), assume cette fois une transposition au tournant des XXe et XXIe siècles, en miroir de sa <em>Traviata</em> créée à Venise (2004) et régulièrement remise à l’affiche de La Fenice depuis. Robert Carsen semble en effet travailler par « séries ». Son <em>Nabucco</em> (Bastille, 1995) ressemble à son <em>Jérusalem</em> (Vienne, 1995), sa <em>Frau ohne Schatten</em> (Vienne, 1996) à sa <em>Rusalka</em> (Bastille, 2002) et, plus récemment, son <em>Elektra</em> (Bastille, 2013) à son <em>Orphée et Eurydice</em> (TCE, 2018). Cette réutilisation d’un même univers visuel n’est pas un défaut en soi : les productions citées sont d&rsquo;authentiques réussites et les correspondances entre ces ouvrages sont évidentes. La <em>Traviata</em> de la Fenice transposait le chef-d’œuvre de Verdi dans l’univers du <em>Blow-up</em> de Michelangelo Antonioni, revampé dans un style fin 90, Alfredo photographe <em>people</em> en blouson de cuir évoluant dans le monde de la jet-set. On retrouve dans cette <em>Manon Lescaut</em> les mêmes ingrédients, mais le résultat est moins convaincant. Le premier acte représente une sorte de galerie commerciale incluant un hôtel dans laquelle déambulent quelques femmes luxueusement vêtues, mais aussi un public nettement moins distingué de badauds divers. Cette fois, c’est l&rsquo;étudiant Edmondo qui joue les photographes au milieu de la foule. Geronte est une sorte de mafieux, entouré de gardes du corps à oreillette, et les deux amants s’enfuiront &nbsp;à la fin de l’acte avec sa berline (1). A l’acte II (les appartements de Geronte), la structure du décor est identique mais les boutiques ont disparu, remplacées par des baies vitrées donnant sur la ville environnante (qui ressemble à La Défense). L’hôtel est devenu le dressing de Manon. Après son duo d’amour avec Des Grieux (qui a emprunté le blouson d’Alfredo), les moqueries de Manon envers le physique de Geronte tombent à plat : celui-ci ressemble en effet davantage à John Malkovitch qu’à un vieillard bedonnant. Sans surprise, Geronte viole Manon. Au troisième acte (Le Havre), nous retrouvons encore la même structure, mais des volets roulants cachent les ouvertures. Les élégantes du premier acte sont devenues des prostituées condamnées à l’exil (à l&rsquo;époque moderne ?). Pendant ce temps, les chœurs se déhanchent en mode <em>Saturday night fever</em> et en tapant dans les mains. Geronte frappe Manon mais aussi deux autres jeunes femmes (avait-il 3 maîtresses en même temps ?). Il confisque ici les répliques dévolues au Capitaine : c&rsquo;est donc lui, après avoir violé et frappé l&rsquo;héroïne, qui autorise finalement Des Grieux à suivre Manon vers la Louisiane, indulgence bonasse assez incohérente avec ce qui précède. Nous retrouvons au dernier acte le décor du premier, désert cette fois (l’action se passe en effet dans un désert). Sommes-nous à Paris, au Havre ou à La Nouvelle-Orléans ? Tous les <em>Duty free</em> se ressemblent. Manon meurt, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, mais il est vrai que les centres commerciaux peuvent être épuisants. Si la transposition ne convainc guère, elle est, comme toujours chez Carsen, visuellement superbe et fourmille de détails qui rendent le spectacle vivant et plaisant.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="785" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Manon-Lescaut_6_NETREBKO-785x1024.jpg" alt="" class="wp-image-149408"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</sup></figcaption></figure>


<p><strong>Anna Netrebko</strong> se plie sans effort à cette modernisation, qui aujourd’hui évoque aussi l’univers des oligarques russes, très élégante dans une série de robes plus magnifiques les unes que les autres. La voix est imposante, d’une puissance impressionnante, mais sans que jamais on sente l’effort. La technique impose le respect, avec des trilles exécutés sans effort. Une telle santé après près de 30 ans de carrière reste assez unique, même si le chant n&rsquo;est pas toujours extrêmement juste. Le timbre est assez uniformément sombre (dans la lignée de ses Lady Macbeth), et le registre grave apparait artificiellement noirci, un peu tubé, en décalage avec ce personnage de toute jeune fille (15 ans au début de l’opéra). Affaire de couleurs plutôt que de moyens : le soprano nous gratifie en effet d’un contre-ut piano sans effort à la fin de la scène du menuet. Dramatiquement, peu de fragilité chez cette Manon qui ne semble réaliser son destin qu&rsquo;au dernier acte. Partenaire à la ville comme à la scène, <strong>Yusif Eyvazov</strong> est dramatiquement plus concerné que son épouse. Même si l’acteur reste un peu statique, le ténor sait faire passer l’émotion au travers des couleurs de sa voix, avec un bel engagement musical. Ténor plus <em>lirico</em> que <em>spinto</em>, il offre un registre homogène, une puissance confortable et une belle tenue de souffle. Les aigus sont sonores et longuement tenus, mais un peu trop souvent teintés de registre mixte, ce qui les privent un peu d&rsquo;impact. La voix du ténor s’est, elle aussi, un peu assombrie, au bénéfice à l’inverse d’un timbre apparaissant plus riche et plus flatteur. Au global, son Des Grieux est intelligemment équilibré. <strong>Davide Luciano</strong> est un Lescaut de belle facture, d’un naturel scénique et vocal remarquable, avec une belle projection et un timbre riche. Les autres partenaires ont un peu plus de mal à franchir la barre de l’orchestre. En Géronte, <strong>Evgeny Solodovnikov&nbsp;</strong>manque de projection et certaines notes graves ne sortent tout simplement pas. <strong>Juliette Mars</strong> est délicieuse en Maître de ballet, façon Marlene Dietrich dans l’<em>Ange bleu</em> (et qui sans beaucoup de surprise embrassera Manon sur la bouche). <strong>Carlos Osuna&nbsp;</strong>partage avec Luciano le naturel de l’émission mais reste un peu trop limité en projection. Bizarrement, Carsen en fait plutôt une caricature d’italien (cheveux gominés et coups de peigne répétitifs).&nbsp;</p>
<p>A la tête de l’excellent orchestre de l’opéra, <strong>Jader Bignamini</strong> ne parvient pas à construire un arc dramatique convaincant. Quelques décalages sont à noter, malgré les moulinets du souffleur, remercié par certains solistes aux saluts. Les tempi sont parfois trop rapides, à d’autres moments trop lents, et le tout manque de théâtralité : il y a toujours un peu de guimauve dans Puccini (c’était un grand sentimental !), et il faut savoir faire avec si on veut rendre justice à ses ouvrages. Enfin, le volume sonore est trop élevé, submergeant continuellement le plateau. Le chef sera d’ailleurs un peu contesté. Aux saluts, le public fera toutefois une fête au couple vedette.</p>
<ol style="font-weight: 400;">
<li>
<pre>Il ne s’agit bien évidemment pas d’une berline à quatre chevaux mais d’une Lexus (sponsor officiel du Staastoper de Vienne), modèle SL1400. Ce véhicule marqua l’introduction de la marque sur le marché européen au début des années 90. Il affiche de surcroît une plaque d’immatriculation parisienne (931 MLN 75 : date de première immatriculation en juin 1998). Tout est donc cohérent.</pre>
</li>
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		<title>MOUSSORGSKI, Boris Godounov — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/boris-godounov-vienne-staatsoper-la-beaute-du-tsar-infanticide/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Guillaume Saintagne]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 May 2022 17:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Passons vite sur la mise en scène de Yannis Kokkos. Comme souvent à Vienne, c’est joliment littéral, ça ne propose pas grand-chose et ça s’oublie vite. Les costumes sont modernes (sans que l’on comprenne bien ce que cela apporte), la direction d’acteur est correcte, voire brouillonne (les chœurs semblent plus encombrants qu’autre chose) et c’est &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Passons vite sur la mise en scène de <strong>Yannis Kokkos</strong>. Comme souvent à Vienne, c’est joliment littéral, ça ne propose pas grand-chose et ça s’oublie vite. Les costumes sont modernes (sans que l’on comprenne bien ce que cela apporte), la direction d’acteur est correcte, voire brouillonne (les chœurs semblent plus encombrants qu’autre chose) et c’est surtout à la scénographie que le soin est apporté : escalier sortant des dessous, immense statue, grande tenture découpée pour y laisser apparaitre un crucifix penché ou la reproduction géante d’un visage de Christ en croix sur des toiles de scène plus ou moins déroulées.</p>
<p>C’est la première version en 7 tableaux qui est jouée et l’Orchestre du Staatsoper sait rendre hommage à sa brillante violence. Les cordes surtout sont parfaites, denses et souples, jusque dans les pizzicati d’un angoissant unisson pendant la scène du couronnement. La direction de <strong>Sebastian Weigle</strong> est efficace et propre, notamment dans les ensembles très bien réglés.</p>
<p>Le protagoniste de cette œuvre, c’est d’abord son chœur pléthorique. Ne parlant nous-mêmes pas russe, nous ne saurions juger de la qualité de leur prononciation, mais il nous a tout de même semblé entendre distinctement de nombreuses consonnes bien découpées, au lieu de la bouillie chuintante servie trop souvent, y compris par des chœurs d’autres grands opéras internationaux en dehors de Russie. Qualité supérieure, les contrastes entre les différents chœurs (peuple, boyards, pèlerins) sont parfaitement audibles, si bien que les dialogues entre ces masses ou les interventions isolées d’un de ses membres sont limpides. Cela facilite grandement l’émotion, tout comme la compréhension des forces en puissance et de leurs motivations.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="336" src="/sites/default/files/styles/large/public/borisgodunow_dsc0481_tsymbalyuk_kowaljow.jpg?itok=EJk6SNmz" title="© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn" width="468" /><br />
	© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</p>
<p>Drame politique et social, <em>Boris Godounov</em> contient une multitude de rôles secondaires dont dépend l’animation de plusieurs scènes. Tous sont très investis et certains émergent particulièrement. Si le Nikitich d’<strong>Evgeny Solodovnikov </strong>peine à se faire entendre, on remarque notamment : le Mitioukha de <strong>Marcus Pelz</strong>, agitateur de foule très saillant ; l’excellent et théâtral Varlaam d’<strong>Ilja Kazakov</strong> dont la chanson fut un des grands moments de la soirée, tout comme sa lecture laborieuse de la lettre, même si sa santé vocale éclatante fait totalement oublier que le personnage est censé avoir la cinquantaine ; l’aubergiste de <strong>Stephanie Maitland</strong> est un mezzo moiré et profond, à la voix parfaitement projetée, qui ferait sans doute une très digne Marfa ; le Chouïski de <strong>Thomas Ebenstein</strong> était habile à signaler sa fourberie par un timbre volontairement aigre contenu dans un chant policé, tout comme le fou innocent d’<strong>Andrea Giovannini</strong> s’autorisant davantage de légères dissonances avec une égale justesse ; on citera enfin le Chtchelkalov très intéressant de <strong>Sergey Kaydalov</strong>. </p>
<p><strong>Vitalij Kowaljow</strong> semblait d’abord plus sage que sentencieux en Pimène, mais son retour dans la dernière scène le montre bien plus solaire ; la voix très claire et le jeu très fébrile de <strong>Dmitry Golovnine </strong>conviennent parfaitement à Grigory, sa façon de jouer en silence l’inquiétude avant la fuite est également très convaincante. Enfin <strong>Alexander Tsymbalyuk </strong>a d’abord déçu pendant la scène du couronnement, mais avouons que rares sont les basses capables de transpercer le mur sonore spectaculaire érigé par Moussorgski pour cette scène. Heureusement, les autres scènes le trouvent fin diseur, surtout sa dernière prière et ses hallucinations bien sûr. Le timbre est splendide et l’acteur très racé, presque trop élégant, voire séduisant, pour vraiment répugner. Son Boris penche davantage vers l’anti-héros, père aimant pétri de regrets appelant une forme de sympathie, que vers le méchant tsar infanticide et autoritaire, deux facettes qui coexistent dans le livret.</p>
<p> </p>
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		<title>PUCCINI, Manon Lescaut — Vienne (Staatsoper)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/manon-lescaut-vienne-staatsoper-asmik-et-brian-chez-les-nouveaux-riches/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Feb 2022 17:12:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Bien que la covid, jouant encore les trouble-fête, ait provoqué l’annulation de la première de Manon Lescaut à Vienne, les soirées de répertoire s’enchaînent avec une constance retrouvée mais ne se ressemblent pas. Créée en 2005, cette production aura vu passer Anna Netrebko en 2016 et accueille aujourd’hui Asmik Grigorian aux côtés de Brian Jagde et &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Bien que la covid, jouant encore les trouble-fête, ait provoqué l’annulation de la première de <em>Manon Lescaut</em> à Vienne, les soirées de répertoire s’enchaînent avec une constance retrouvée mais ne se ressemblent pas. Créée en 2005, cette production aura vu passer Anna Netrebko en 2016 et accueille aujourd’hui <strong>Asmik Grigorian</strong> aux côtés de <strong>Brian Jagde</strong> et <strong>Boris Pinkhasovich</strong>.</p>
<p><strong>Robert Carsen</strong>, alors coqueluche des premières années 2000, proposait une actualisation de l’opéra de Puccini et de l’histoire de l’Abbé Prévost. Nous voici dans l’univers des nouveaux riches du XXIe siècle. Le décor unique se métamorphose tour à tour en galerie de luxe où les vitrines de robes griffées côtoient les SDF, en penthouse dont les fenêtres s’ouvrent sur la vue à couper le souffle d’une skyline dantesque (on pense à la Perle de l’Orient à Shanghai), en ruelle lugubre où la pègre (avec Géronte à sa tête) prostitue des jeunes filles, pour échouer au dernier acte en galerie commerciale de béton et de verre, toujours aussi froide et jonchée des résidus de notre société du paraître et de la consommation de masse. Cette transposition colle dans l’esprit au livret de Luigi Illica et Marco Praga qui accentue le caractère matérialiste, frivole et opportuniste de Manon. Le schéma narratif – ascension et chute sociale – nous est aussi familier, ne serait-ce qu&rsquo;au cinéma (<em>Le Loup de Wall Street</em>). Seul hic, Robert Carsen prend prétexte de tessitures vocales similaires pour réduire le nombre de personnages voulu par le livret. Edmondo, devenu photographe attaché à Des Grieux reporter, incarne aussi pendant une séance de shooting le Maitre de ballet et de musique (normalement attribué à une voix feminine) puis au IIIe acte l’allumeur de réverbères. Plus génant eu égard à la partition, le commandant est rayé de la carte et c’est Géronte lui-même qui propose à Des Grieux de s’embarquer pour l’Amérique, alors que le personnage disparait normalement un acte auparavant. Si cela fait sens dans la proposition de Robert Carsen, l’intégrité de l’oeuvre n&rsquo;en est pas moins sérieusement écornée.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="228" src="/sites/default/files/styles/large/public/manon_lescaut_d5a1634_grigorian.jpg?itok=iv4kfnAw" title="© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn" width="468" /><br />
	© Wiener Staatsoper / Michael Pöhn</p>
<p>En revanche, avec <strong>Francesco Ivan Ciampa</strong> en fosse, on retrouve un geste approprié à la partition de Puccini. A la tête de l’orchestre du Staatsoper, le chef se permet des<em> tempi </em>échevelés et bâtit le drame sur une solide charpente, sans ne grever en rien les raffinements et le lyrisme des scènes de genre (le deuxième acte) ou les duos romantiques. De belles couleurs obscures et une narration alors ralentie siéent au tragique des deux derniers actes. Comme toujours au Staatsoper, l’orchestre se trouve avantagé par rapport au plateau, ce que le chef corrige assez peu. Les choeurs, bien que malmenés par la covid, défendent avec professionnalisme leur partie.</p>
<p>La distribution réunie propose mieux qu’une soirée de répertoire à Vienne. Les quatre madrigalistes enluminent cette saynète. <strong>Josh Lovell</strong> offre une ligne et un timbre tout mozartiens aux rôles secondaires qui lui sont dévolus. C’est un peu court pour Edmondo mais bienvenu en maitre de ballet et consorts (voir ci-dessus). <strong>Artyom Wasnetsov</strong> impressionne du haut de ses deux mètres, ce qu’une belle voix ronde de basse confirme. Boris Pinkhasovich (dont l’apparence rappelle étrangement celle d’un Roberto Alagna aux cheveux mi-longs) propose un Lescaut aussi roublard que nonchalant. La voix résonne puissamment, homogène et sombre conférant tout de suite du charisme à ce personnage parfois réduit à simple faire valoir. Brian Jagde propose un Des Grieux musclé, au squillo tout approprié à ce type de rôle puccinien. On regrettera que le chant ne soit pas plus nuancé cependant et qu’un tels volume et projection soient si dissemblables de ceux d’Asmik Grigorian. La soprano arméno-lituanienne aborde ici un rôle un rien trop large pour ses moyens mais ne les force jamais. Magnétique en scène, elle s’appuie sur un souffle, un phrasé et une projection exemplaire pour donner vie au personnage. Si son agonie manque d’impact au dernier acte, dû à un volume moindre que son compagnon, elle n’en parvient pas moins à émouvoir.</p>
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