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	<title>Jean-François MARRAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Jean-François MARRAS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BELLINI, I puritani — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/i-puritani-paris-bastille-sans-esbroufe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Sep 2019 04:00:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle saison de l’Opéra de Paris s’ouvre avec une reprise des Puritains de Bellini dans la production de Laurent Pelly créée en novembre 2013. Nous avions souligné à l’époque le caractère épuré des décors qui représentent aux premier et troisième actes l’armature en tiges métalliques d’un château et au deuxième, celle d’une simple tour. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>La nouvelle saison de l’Opéra de Paris s’ouvre avec une reprise des <em>Puritains</em> de Bellini dans la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/si-pres-du-bonheur">production</a> de <strong>Laurent Pelly</strong> créée en novembre 2013. Nous avions souligné à l’époque le caractère épuré des décors qui représentent aux premier et troisième actes l’armature en tiges métalliques d’un château et au deuxième, celle d’une simple tour. Posées sur la tournette qui les déplace au gré des tableaux pour différencier les divers lieux où l’action se déroule et canaliser les nombreux mouvements de foules, ces structures se révèlent à la fois sobres et fonctionnelles.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/5d7218ea0000000000000012_big.jpg?itok=GfcQs-Q0" title="I puritani  © Sébastien Mathé / Opéra national de Paris" width="468" /><br />
	I puritani  © Sébastien Mathé / Opéra national de Paris</p>
<p>Cette sobriété va de pair avec l’austérité des costumes qui se déclinent dans des teintes allant du gris clair au noir en passant par le marron ou le bleu marine, contrastant avec la blancheur immaculée de la robe d’Elvira.</p>
<p>La direction d’acteurs, minimaliste, met en lumière les relations entre les différents protagonistes. Sachons gré à Laurent Pelly de n’avoir pas cherché à nous raconter une autre histoire que celle du livret, en dépit de ses quelques faiblesses, et d’avoir opté pour une scénographie dépouillée en accord avec le propos, qui de plus permet au spectateur de se concentrer sur la musique et les voix. Seul bémol au tableau, dans ce décor ouvert, en l’absence de parois pour renvoyer le son vers la salle, les voix ont tendance à se perdre dans les cintres donnant l’impression d’être sous-dimensionnées dans le vaste vaisseau de l’Opéra Bastille.  </p>
<p>Les chanteurs réunis pour la circonstance constituent cependant une équipe solide et homogène jusque dans les seconds rôles. Ainsi <strong>Jean-François Marras</strong>, dont le timbre clair capte l’attention dès le début de l’ouvrage, tire aisément son épingle du jeu en Sir Bruno Roberton tandis que la voix de bronze au grave profond de <strong>Luc Bertin-Hugault</strong> sied au personnage altier de Lord Gualtiero Valton. Enfin le joli timbre fruité de <strong>Gemma Ní Bhriain</strong> fait regretter la brièveté du rôle d’Enrichetta.  </p>
<p>En début de soirée, <strong>Igor Golovatenko</strong> n’a pas semblé au mieux de sa forme, projection limitée et vocalises laborieuses dans la cabalette « Bel sogno beato » , puis la voix a gagné peu à peu en volume et en assurance tout au long du deuxième acte à la fin duquel le baryton nous a offert un magnifique « Suoni la tromba » face à <strong>Nicolas Testé</strong> dont la superbe incarnation lui a valu un triomphe personnel au rideau final.  La basse française a campé un personnage sobre et émouvant comme en témoigne son « Cinta di fiori »  tout en nuances, phrasé avec un legato parfait. En dépit d’un volume parfois confidentiel, <strong>Francesco Demuro</strong> a créé l’événement en incarnant un Arturo impeccable, doté d’une ligne de chant élégante et d’une belle maîtrise de la grammaire belcantiste. Il affronte crânement le redoutable « Ella è tremante »  au dernier acte sans reculer devant le contre-ré ni le contre-fa qu’il donne en voix de tête, sans difficulté apparente. <strong>Elsa Dreisig</strong> n’a sans doute pas les moyens ni la technique souveraine des grandes Elvira du passé, de plus, à force d’arpenter le plateau au pas de course dans une agitation perpétuelle son souffle s’en ressent mais elle parvient somme toute à convaincre en misant sur la fragilité de l’héroïne qu’elle traduit si bien grâce à son timbre lumineux et son chant parsemé de nuances. Point de pyrotechnie ébouriffante dans les cabalettes mais une incarnation subtile servie par une voix saine et bien projetée.</p>
<p>Admirablement préparés par José Luis Basso, les chœurs dont le rôle est prépondérant dans cette œuvre ont livré une prestation de haut vol.</p>
<p>Au pupitre <strong>Riccardo Frizza</strong> adopte une battue sage et mesurée, quasi métronomique comme s’il craignait de couvrir ses chanteurs, Pas de grandes envolées lyriques ni de contrastes dans cette direction sans grand relief.  Enfin on ne peut que regretter les nombreuses coupures dans la partition, confortables sans doute pour les chanteurs mais exaspérantes pour l’amateur de bel canto.   </p>
<p> </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>BOESMANS, Reigen — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-ronde-paris-bastille-en-attendant-les-voix-nouvelles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Jamar]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 02 Nov 2017 06:40:53 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour son premier spectacle de la saison, l’Académie a décidé de présenter un succès de la production lyrique des trente dernières années, lié à un compositeur toujours aussi actif dans le domaine de la création scénique. Le choix est judicieux pour plusieurs raisons. Depuis quelques années, La Ronde de Philippe Boesmans semble en effet occuper &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="rtejustify">Pour son premier spectacle de la saison, l’Académie a décidé de présenter un succès de la production lyrique des trente dernières années, lié à un compositeur toujours aussi actif dans le domaine de la création scénique. Le choix est judicieux pour plusieurs raisons. Depuis quelques années, <em>La Ronde</em> de Philippe Boesmans semble en effet occuper une place à part dans le calendrier des programmateurs. La version de chambre réalisée par Fabrizio Cassol n’y est sans doute pas pour rien, puisqu’elle permet à de jeunes chanteurs de s’approprier l’œuvre sans devoir passer au-dessus d’un orchestre sachant se montrer parfois bruyant. En exposant dans chacune des dix scènes un couple dans une relative intimité, Boesmans met en valeur dix vocalités différentes, taillées sur mesure pour beaucoup de chanteurs.</p>
<p class="rtejustify">Mettre en scène <em>La Ronde</em> est doublement dangereux : le spectacle n’est que faussement prévisible dans son déroulement, car chaque scène possède son existence propre, et ne dépend pas de ce qui la suit ou la précède. Par ailleurs, ces dix tableaux de la vie bourgeoise dans la Vienne fin-de-siècle nécessitent chacun une identité forte, défi d’efficacité qui ne laisse passer aucun relâchement dans l’investissement. Malgré toute son intelligence, la mise en scène de <strong>Christiane Lutz</strong> pèche en ce point précis. Conçue pour l’Amphithéâtre Bastille (scène aux moyens tout de même plus réduits que ceux d’un théâtre normal), elle tente de résumer l’action dans un décor unique. Si l’ingéniosité de <strong>Christian Andre Tabakoff</strong> permet de moduler le mur du fond au gré des scènes (tantôt bar, cheminée, boîte de nuit etc), ce qui se passe au devant de la scène ne convainc pas toujours. La direction d’acteurs demeure assez maladroite (ces portes invisibles qu’on ouvre et que l’on referme), ne reposant que sur le charisme de chaque chanteur, les déplacements de décors sont plutôt laborieux et on ne sait trop que penser de la lecture d’ensemble de l’œuvre. Les belles images vidéo du scénographe s&rsquo;avèrent ici un précieux secours.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/idemm.jpg?itok=oneKSg0h" title="© Studio j’adore ce que vous faites !" width="468" /><br />
	© Studio j’adore ce que vous faites !</p>
<p class="rtejustify">Heureusement, l’Académie, c’est aussi et surtout l’assurance de (re)découvrir les talents qui se cachent parmi les recrues des deux dernières années. Si <strong>Sarah Shine</strong> et <strong>Juan de Dios Mateos</strong> ne sont pas les plus convaincants de la distribution (l’allemand leur fait certes défaut mais les rôles ne sont pas non plus les mieux servis), la mezzo <strong>Jeanne Ireland</strong> peut s’enorgueillir d’un timbre rond et d’un aigu chaud et coloré, ainsi que d’une réelle présence scénique. Autres voix remarquables de la soirée, celles du duo Jeune Femme/Jeune Homme incarné par <strong>Marianne Croux</strong> et <strong>Maciej Kwaśnikowski</strong>. Le timbre frais et la projection impeccable de la soprano vont de pair avec un jeu tantôt humoristique et décalé, tantôt plus mélancolique. Même si l’allemand du ténor est perfectible, louons avant tout le timbre brillant et dégagé de sa voix, mise particulièrement à l’épreuve dans les nombreux aigus de cette partie. La basse de <strong>Mateusz Hoedt</strong> demeure un brin monolithique et sa prononciation se teinte volontiers de voyelles russisantes, mais il n’en est pas moins un mari sinistrement crédible. La rondeur et le timbre sombre de la mezzo <strong>Farrah El Dibany</strong> sont remarquables (et on l’imagine volontiers en Carmen), mais force est de constater que ce timbre opulent ne convient peut être pas tout à fait à la jeune fille que requiert le livret. Côté projection, le timbre de <strong>Jean-François Marras</strong> ne semble souffrir d’aucune entrave, mais un jeu plus effacé et un allemand assez franchouillard viennent altérer la qualité de sa prestation. <strong>Sofija Petrović</strong> évolue tout à fait dans son élément, puisqu’elle se donne à fond dans son personnage de diva, pour le plaisir du public. L’interprétation est d’autant plus crédible qu’une projection à peine croyable pour une si jeune voix fait trembler les murs de l’amphithéâtre. De fait, le comte de <strong>Danylo Matviienko</strong> en apparaît un peu en retrait, mais clôt la distribution sur une performance honorable.</p>
<p class="rtejustify">A la direction de l’Orchestre-Atelier Ostinato, <strong>Jean Deroyer</strong> manie la partition avec précision, tirant de son ensemble – bien que réduit – des sonorités qui rappellent le grand orchestre prévu initialement par Boesmans. L’acoustique assez sèche de l’amphithéâtre ne sert pas toujours les ensembles, mais la virtuosité instrumentale de chacun des musiciens suffit pour donner à la partition son relief nécessaire. </p>
<p class="rtejustify">En attendant la finale nationale de Voix Nouvelles en février 2018 à l’Opéra Comique, le public parisien peut se réjouir du renouveau de voix jeunes présentées dans ce spectacle.</p>
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		<title>RAMEAU, Les Fêtes d&#039;Hébé — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-fetes-dhebe-paris-bastille-mieux-que-le-tunnel-sous-la-manche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Mar 2017 06:47:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Mieux que la SDN ou l’ONU, Les Fêtes d’Hébé rassemblant l’OnP, le CMBV et le RCM scellent l’Entente cordiale par-delà le Brexit, et l’amitié entre les continents malgré tous les replis frileux. Beau projet que d’unir les forces d’une institution britannique, le Royal College of Music de Londres, à celles du Centre de musique baroque &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Mieux que la SDN ou l’ONU, <em>Les Fêtes d’Hébé</em> rassemblant l’OnP, le CMBV et le RCM scellent l’Entente cordiale par-delà le Brexit, et l’amitié entre les continents malgré tous les replis frileux. Beau projet que d’unir les forces d’une institution britannique, le Royal College of Music de Londres, à celles du Centre de musique baroque de Versailles et de l’Académie de l’Opéra de Paris. Dommage seulement que cette dernière institution n’ait pas choisi d’offrir à l&rsquo;entreprise en question un cadre plus accueillant que celui de l’Amphi Bastille, pour la première nouvelle production d’une œuvre de Rameau depuis bien des saisons…</p>
<p>D’autant que <em>Les Festes d’Hébé, ou les Talens lyriques</em> est loin d’être le titre le plus fréquenté dans l’œuvre du Dijonnais. Malgré un immense succès au XVIII<sup>e</sup> siècle, et un sous-titre qui a donné son nom à l’ensemble de Christophe Rousset, cet opéra-ballet a surtout été présenté en concert, et bien peu de scènes se sont risquées à le remonter. Certes, le livret n’en est pas des plus exaltants, mais la musique en est fort belle, qui inclut, dit-on, des pages composées par Rameau pour le <em>Samson</em> avorté dont Voltaire lui avait écrit le livret.</p>
<p>On accepte donc bien volontiers un orchestre d’une vingtaine de musiciens en lieu et place des effectifs beaucoup plus fournis que devait proposer l’Académie royale de musique en 1739, d’autant qu’il sonne de façon tout à fait satisfaisante. Dirigés avec conviction par <strong>Jonathan Williams</strong>, les instrumentistes londoniens s’engagent avec une ferveur qui n’évite malheureusement pas toujours les couacs, surtout aux vents, ni un réaccord entre la deuxième et la troisième entrée pour remédier à de petits problèmes de justesse.</p>
<p>Du côté des chœurs, la greffe a fort bien pris, puisque s’y mêlent en un tout parfaitement harmonieux les chanteurs de Londres et ceux de Versailles. Seule leur répartition aux deux extrémités de la scène semble être cause d’un très léger décalage à un moment du spectacle. Quant aux solistes, la répartition est des plus claires : aux Britanniques, les divertissements, aux Français, les personnages principaux, encore que cette répartition occulte la bien plus grande diversité des nationalités présentes au sein des deux équipes.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/58d14d880000000000000000_medium.jpg?itok=baanDJLR" title="© Studio J'adore Ce Que Vous Faites !" width="468" /><br />
	© Studio J&rsquo;adore Ce Que Vous Faites !</p>
<p>Parmi les petits rôles, on remarque ainsi le très joli timbre fruité de la soprano colombienne <strong>Julieth Lozano</strong>, même si la vélocité de son premier air lui donne du fil à retordre en matière de diction. <strong>Eleanor Penfold</strong> est une séduisante Bergère, tandis que son compatriote <strong>James Atkinson</strong> impressionne par son aplomb malgré la brièveté de son intervention en Fleuve.</p>
<p>Parmi les « Français », tous ne sont pas égaux devant la musique de Rameau, qui appelle des qualités bien spécifiques. Le ténor <strong>Jean-François Marras</strong> ne trouve pas dans ce répertoire son terrain d’élection : l’aigu est beaucoup trop tendu, émis en force, et l’on déplore un manque de soutien pour le reste de la ligne de chant. A l’inverse, son confrère espagnol <strong>Juan de Dios Mateos</strong> est tout à fait à l’aise dans les deux rôles de haute-contre qui lui incombent ; en dépit d’une certaine nasalité du timbre, il maîtrise la virtuosité nécessaire à s’acquitter du grand air final de Mercure, « L’objet qui règne dans mon âme ». Le polonais <strong>Tomasz Kumięga</strong> a encore quelques difficultés avec nos e muets, et paraît parfois un peu à court de graves, au contraire de <strong>Mikhail Timoshenko</strong>, souverain dans le grand air de Tirtée, « Qui te retient, Lacédémone ? ». La soprano guatémaltèque <strong>Adriana Gonzalez</strong> déploie dans ses deux rôles de somptueux moyens, avec un bel effort pour couler dans le moule ramiste une grande voix qui la destine sans doute davantage à un répertoire postérieur. <strong>Laure Poissonnier</strong> ne chante que dans le Prologue, mais son Amour montre qu’elle est une des chanteuses avec lesquelles il faut compter au sein de l’Académie. Quant à <strong>Pauline Texier</strong>, Hébé et Eglé lui permettent de faire briller un timbre léger et piquant, aux couleurs typiquement françaises, ainsi que de manifester un talent certain pour la comédie.</p>
<p>Il est temps de parler de la mise en scène confiée au chorégraphe <strong>Thomas Lebrun</strong>. L’intégration du ballet à l’action prend parfois une forme un peu perverse, avec le refus de faire danser les passages qui le demandent explicitement dans le livret : le spectacle se fait délibérément statique lorsque le chœur dit « Dansons tous, dansons, chantons », et les premiers tambourins sont à peine chorégraphiés. Les chanteurs adoptent certains gestes stylisés (mais parfois un peu trop conventionnels, voire risibles quand ils semblent sortis d’un dessin animé ou d’une comédie musicale) et le spectateur n’échappe pas toujours à un relatif ennui. La deuxième moitié de la soirée donne cependant un sentiment de réussite bien plus grande que la première. Est-ce parce que les vidéos et les lumières s’arrachent enfin à la grisaille du début ? Est-ce parce que l’œil  s’habitue aux ridicules bonnets de bain qu’arborent les danseurs, ou parce que les costumes sont moins laids que ceux de la première partie (avec sa perruque bleue, Iphise a tout l’air d’une mamie permanentée) ? Ou tout simplement que l&rsquo;on digère mieux cette chorégraphie qui surprend d’abord par son petit côté Jaques-Dalcroze, avec certains figuralismes naïfs évoquant un improbable croisement entre les Spartakiades 1958 à Moscou et les ballets aquatiques d’Esther Williams (mais sans eau) – ah, ces six danseurs couchés à terre autour d’Iphise comme les pétales d’une fleur, et formant des cœurs avec leurs bras…</p>
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		<item>
		<title>BRITTEN, Owen Wingrave — Paris (Bastille)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/owen-wingrave-paris-bastille-au-pied-du-mur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 22 Nov 2016 05:08:11 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Malgré le regain de popularité que l’œuvre a connue ces dernières saisons (à Strasbourg en 2013, à Nancy et à Toulouse en 2014), Owen Wingrave n’avait plus été présenté à Paris depuis les représentations en français données par l’Opéra du Rhin à l’Opéra-Comique en 1996. Voilà qui explique sans doute l’affluence dont bénéficie cette nouvelle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Malgré le regain de popularité que l’œuvre a connue ces dernières saisons (à Strasbourg en 2013, à Nancy et à Toulouse en 2014), <em>Owen Wingrave</em> n’avait plus été présenté à Paris depuis les représentations en français données par l’Opéra du Rhin à l’Opéra-Comique en 1996. Voilà qui explique sans doute l’affluence dont bénéficie cette nouvelle production montée à l’Amphi Bastille par l’Académie de l’Opéra de Paris. Confier cette œuvre tardive de Britten est une bonne idée dans le sens où elle reste malgré tout peu familière et que le les jeunes artistes ne s’y exposent évidemment pas aux mêmes comparaisons que lorsqu’on leur fait chanter Mozart ou Gluck. Cet opéra télévisuel n’exige pas non plus de prouesses vocales hors du commun, et son écriture somme toute assez traditionnelle ne brutalise pas les jeunes organes. Oui, mais la médaille a son revers, et là où le cadeau se révèle empoisonné, c’est que l’œuvre fut conçue pour une solide équipe de personnalités : Peter Pears en général Wingrave, Janet Baker en Kate Julian, et toute une bande britténiens confirmés, presque une troupe formée à l’école d’Aldeburgh. Pour des chanteurs à l’aube de leur carrière, il n’est pas toujours facile de conférer une épaisseur à ces personnages parfois monstrueux, et les membres de l’Académie n’en ont sans doute que plus de mérite à endosser de leur mieux ces habits parfois un rien trop grands pour eux.</p>
<p>Ainsi, comment succéder à une Sylvia Fisher, créatrice de Miss Wingrave, qui avait 61 ans en 1971 et comptait à son répertoire Elsa, la Maréchale, Sieglinde ou Kostelnicka ? <strong>Elisabeth Moussous </strong>fait tout ce qu’elle peut, et elle peut beaucoup, mais le personnage n’a pas ici le caractère implacable qu’il a lorsqu’il est incarné par des sopranos plus expérimentées. Même si son rôle n’est pas le plus exposé, <strong>Sofija Petrović </strong>arrive incontestablement en tête de la distribution, par sa vraie présence scénique et surtout par la beauté d’une voix sonore, souple et toujours porteuse d’une émotion immédiate. Une grande artiste, la chose est claire, dont les mérites ne devraient pas tarder à être reconnus. Dotée des moyens naturels considérables, <strong>Farrah El Dibany </strong>pourrait atteindre les mêmes sommets si elle parvenait à varier davantage les couleurs de son timbre sombre : peut-être parce que la voix sonne un peu trop couverte, cette très prometteuse mezzo égyptienne n’échappe qu’à de trop rares moments à une certaine monochromie. Le rôle de Mrs Julian n’offre à <strong>Laure Poissonnier </strong>aucune occasion de se distinguer, et l’on attendra donc de la réentendre pour juger de ses qualités.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="313" src="/sites/default/files/styles/large/public/owen-wingrave-studio-j-adore-ce-que-vous-faites-9-.jpg-1600.jpg?itok=4pxvR8KR" title=" © Studio J'adore ce que vous faites" width="468" /><br />
	 © Studio J&rsquo;adore ce que vous faites</p>
<p>Malgré l’annonce qui le dit victime d’une laryngite, <strong>Piotr Kumon</strong> semble ne rencontrer ce soir-là aucune difficulté particulière à camper le rôle-titre, auquel il confère sa jeunesse mais aussi une belle prestance, qui évite de faire une chiffe molle de ce pacifiste convaincu que toute sa famille accuse de lâcheté. Dans le rôle relativement secondaire de Lechmere, <strong>Jean-François Marras</strong> révèle une intéressante voix de ténor telle que la Corse n’en a jamais été avare et qui semble ne pas manquer de puissance. <strong>Mikhaïl Timoshenko </strong>se montre solide dans le personnage un peu effacé de Coyle. Réduit à une vieille baderne qui sucre les fraises, le général Wingrave de <strong>Juan de Dios Mateos Segura </strong>ne fera trembler personne, et sa voix trouverait peut-être mieux à s’épanouir dans un tout autre répertoire.</p>
<p>Ce n’est hélas pas la mise en scène de <strong>Tom Creed</strong> qui les aide à devenir plus convaincants. Devant un vilain mur de parpaings percé d’une unique porte, les protagonistes vont et viennent, en avant et en arrière, parmi les rapaces empaillés chargés de remplacer la galerie de portraits de la famille Wingrave au cours d’une longue soirée un peu trop arrosée. Les éclairages apportent un peu de variété, avec notamment un bel usage des ombres chinoises, mais malgré un deuxième acte plus tendu, le résultat peine à réellement soutenir l’intérêt. Dommage, car sous la baguette de <strong>Stephen Higgins</strong>, l’orchestre Ostinato, complété pour les cordes par les instrumentistes de l’Académie, sait faire sonner la partition de Britten et traduire toute l’atmosphère inquiétante de cette histoire empruntée à Henry James.</p>
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