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	<title>Leandro MARZIOTTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Leandro MARZIOTTE - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONTEVERDI, Orfeo &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-orfeo-radieux-pour-illuminer-la-cite-bleue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 13 Mar 2024 08:46:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>C&#8217;était une évidence : Leonardo García Alarcón ne pouvait inaugurer la nouvelle Cité bleue de Genève (voir notre Actualité) qu&#8217;avec « son » Orfeo. Sa lecture de la favola in musica de Monteverdi a été souvent saluée par Forum Opera dans ses versions scénique ou discographique, elle illumina la soirée d&#8217;ouverture du 9 mars, sonnant &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>C&rsquo;était une évidence : <strong>Leonardo García Alarcón</strong> ne pouvait inaugurer la nouvelle Cité bleue de Genève (<a href="_wp_link_placeholder" data-wplink-edit="true">voir notre Actualité</a>) qu&rsquo;avec « son » Orfeo. Sa lecture de la <em>favola in musica</em> de Monteverdi a été souvent saluée par Forum Opera dans ses versions scénique ou <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/monteverdi-lorfeo-par-leonardo-garcia-alarcon-ideal/">discographique</a>, elle illumina la soirée d&rsquo;ouverture du 9 mars, sonnant idéalement dans l&rsquo;acoustique modulable de la salle, réglée à 1,3 seconde de réverbération, si nos renseignements sont exacts…<br>Toute la richesse de couleurs de Monteverdi, tout le fruité des sonorités acquérant ici une présence, une proximité saisissantes. Un son à la fois précis et profond. On ne perd pas une note des archiluths (<strong>Mónica Pustilnik</strong> et <strong>Giangiacomo Pinardi</strong>) ou de la saveur des cornets à bouquins (<strong>Doron Sherwin</strong> et <strong>Rodrigo Calveyra</strong>), on prend en plein plexus les quatre saqueboutes de la toccata. Mais en même temps le son a de la profondeur, s’appuyant sur la contrebasse d’<strong>Eric Mathot</strong> et le violoncelle de <strong>Oleguer Aymami Busqué</strong>. Pour ne rien dire de la proximité des voix des chanteurs (et de leurs visages).</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/09032024_Orfeo-LCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC04686-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-157649"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Mariana Flores et Valerio Contaldo © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sup></figcaption></figure>


<p>Leonardo García Alarcón a l’art de passer du <em>swing</em> pimpant du chœur des nymphes et des bergers à leur poignante déploration de la fin du deuxième acte, « Chi ne consola, ahi lassi ? », aux polyphonies. Formidable plasticité du <strong>Chœur de chambre de Namur</strong>, aussi aérien dans cette pastorale qu’il sera grandiose et glaçant au quatrième acte dans l’imposant chœur des Esprits infernaux, à grands renforts de saqueboutes, d’orgue et de percussions (on se croira dans San Marco).</p>
<h4><strong>Un nouveau son</strong></h4>
<p>Dans son préambule, LGA avait évoqué une nouvelle manière de concevoir le son.<br>On en eut un exemple lors de la sublime aria «&nbsp;Possente spirto&nbsp;» d’Orfeo, avec un travail sur les échos tout en transparence : belles arabesques du premier violon <strong>Yves Ytier</strong> conversant avec <strong>Valerio Contaldo</strong> et avec le violon en coulisses de <strong>Laura Corolla</strong>, même trilogue musical avec les deux <em>cornetti</em>, et que dire de la harpiste <strong>Marina Bonetti</strong> se donnant écho à elle-même… Tout cela clair et présent comme (peut-être) au Palazzo Ducale de Mantoue en 1607.<br>Mention particulière à Yves Ytier qu’on verra se lancer, son violon et son archet au bout de ses grands abattis, dans une athlétique -et épatante- variation dansée qui laissera le public pantois !</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/09032024_Orfeo-LCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03985-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-157646"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Yves Ytier © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<p>Tous ainsi participent de la même esthétique, expressive, sensuelle, ardente. Timbres fruités, articulation vigoureuse, projection vocale, à l’instar de la première apparition, hiératique, puissante, de la Musique, incarnée au prologue par <strong>Mariana Flores</strong>, dans un <em>recitar cantando</em>, tout en changements de rythmes, de couleurs vocales, et comme improvisé, suivi par un García Alarcón aux aguets.</p>
<p>Non moins charnus, le Premier Berger de <strong>Fabien Hyon</strong> et le « Vieni, Imeneo », du chœur à la belle plénitude, appuyé sur un fort contingent de voix mâles (quatorze hommes et neuf femmes). Tout cela est bondissant et plein de sève et prépare l’arrivée de Valerio Contaldo, Orfeo tout d’expansion lyrique, riche de timbre et rayonnant (ça s’impose puisque c’est au soleil que s’adresse son premier air, « Rosa del ciel ») avant le retour de Mariana Flores, en Euridice, avec une toute autre voix, virginale et tendre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/09032024_Orfeo-LCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03495-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-157643"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Mariana Flores © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Une troupe fervente</strong></h4>
<p>La géographie de la salle, la proximité de la scène et de la fosse, accentuent l’impression d’avoir devant soi une troupe de musiciens et de chanteurs partageant la même ferveur et la même approche. On saluera d’abord la Messagiera glaçante de <strong>Giuseppina Bridelli</strong> et son sublime récit de la mort d’Euridice, «&nbsp;In un fiorito prato&nbsp;», madrigal tout en silences et en modulations surprenantes, en émotion surtout (son cri sur «&nbsp;E te chiamando, Orfeo&nbsp;»), mais il y a là une équipe et cela s’entend : le Plutone aux graves sépulcraux d’<strong>Andreas Wolf</strong>, le Carone noir à souhait de <strong>Salvo Vitale</strong>, <strong>Anna Reinhold</strong> aux aigus impressionnants en Speranza et en Proserpina, les Bergers (les ténors Fabien Hyon et <strong>Alessandro Giangrande</strong>, le contre-ténor <strong>Leandro Marziotte</strong>, les basses <strong>Matteo Bellotto</strong> et <strong>Phillippe Favette</strong>) à qui Monteverdi demande d’être tour à tour élégiaques, bouffes ou compatissants.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/09032024_Orfeo-LCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC04306-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-157648"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Valerio Contaldo © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sup></figcaption></figure>


<h4><strong>Le formidable Valerio Contaldo</strong></h4>
<p>La direction très contrastée de Leonardo García Alarcón est un subtil mélange de théâtralité, de vigueur, mais aussi de souplesse, de frémissement, d’écoute de ses chanteurs. Ici il impose une battue impérieuse, ailleurs on a l’impression qu’il « laisse aller » -et alors le continuo peut varier ses textures soyeuses à loisir&#8230;</p>
<p>Cette lecture à fleur de sensibilité trouve en Valerio Contaldo son Orfeo idéal, constamment admirable : l’équilibre du texte et de la musique dans le « Possente spirto », le dénuement puis l’insurrection du lamento « Tu se’ morta, mia vita », le fier désespoir de l’arioso « Questi i campi di Tracia » au 5e acte, puissant et altier, proféré en diseur (à l’italien parfait, évidemment) jusqu’à l’imprécation finale « Quinci non fia.. », où il semble soulevé par une force tellurique. Quelques minutes plus tard, c’est dans un déferlement de vocalises (en duo avec l’excellent Apollo d’Alessandro Giangrande) qu’il montera au ciel retrouver Euridice.</p>
<p>Tout s’achèvera dans un irradiant chœur de nymphes et de bergers et une <em>moresca</em> trépidante (accelerando irrésistible !).</p>
<p>Cette nouvelle salle n’aurait pu connaître baptême plus émouvant, joyeux et fraternel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/09032024_Orfeo-LCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC04935-1024x1024.jpeg" alt="" class="wp-image-157650"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>HAENDEL, Acis and Galatea &#8211; Genève</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/haendel-acis-and-galatea-geneve-en-cours/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charles Sigel]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Nov 2023 08:30:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Julie Roset rentre à peine du Cap (Afrique du Sud), le front orné des lauriers du 1er prix du Concours Operalia Placido Domingo. Notons au passage que l’année 2023 fut faste pour le chant français puisque le mezzo Eugénie Joneau y a reçu quant à elle un second prix.Le nom de Julie Roset s’inscrit sur &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Julie Roset</strong> rentre à peine du Cap (Afrique du Sud), le front orné des lauriers du 1er prix du <strong>Concours Operalia Placido Domingo</strong>. Notons au passage que l’année 2023 fut faste pour le chant français puisque le mezzo Eugénie Joneau y a reçu quant à elle un second prix.<br>Le nom de Julie Roset s’inscrit sur des tablettes où l’on trouve, pour le palmarès féminin, ceux de Mmes DiDonato, Yoncheva, Yende, Garifullina, Willis-Sorensen, Davidsen ou Dreisig… et, chose qui intriguera ceux qui ne la connaissent que dans le répertoire de la Renaissance ou du Baroque, c’est avec l’air des Clochettes de <em>Lakmé</em> qu’elle s’est présentée en finale… Peut-être une nouvelle orientation pour celle qui, après des études de chant à Avignon puis à Genève, et déjà lauréate en 2022 du concours Laffont du New York Metropolitan Opera, a été choisie et mise en valeur par les Christie, Chauvin, Pichon, Agnew, Descotte et autre Daucé. Et qui par ailleurs a co-fondé<a href="https://www.forumopera.com/spectacle/luzzaschi-il-concerto-segreto/"> l’ensemble La Néréide</a> avec Ana Vieira Leite et Camille Allérat, pour chanter le répertoire madrigalesque de Luzzaschi ou Marenzio.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="768" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03100-1024x768.jpeg" alt="" class="wp-image-150554"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>Julie Roset © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sup></figcaption></figure>


<p>Pour l’instant, vêtue de la même robe aux reflets dorés que pour la finale du Cap, la voici donc en Galatea, sous la direction de celui qu’on pourrait considérer comme son mentor,<strong> Leonardo García Alarcón</strong>, qui lui a fait chanter aussi bien Monteverdi que Sigismondo <a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/sigismondo-dindia-lamenti-e-sospiri-au-plus-pres-de-lemotion/">d’India,</a> Sacrati que sa propre <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/la-passione-di-gesu-ambronay-une-passion-heretique-pour-notre-temps/">Pasión Argentina</a>.</p>
<h4><strong>En attendant la Cité Bleue</strong></h4>
<p>Cet <em>Acis and Galatea</em> est le dernier des concerts hors les murs préfigurant <a href="https://www.forumopera.com/breve/un-futur-nouveau-lieu-de-musiques-a-geneve/">l’ouverture à Genève de <strong>La Cité Bleue</strong></a>, salle nouvelle ouverte à « toutes les musiques », mais qui sera d’abord la maison de la <strong>Cappella Mediterranea</strong>. Un lieu relativement petit (300 places) mais doté d’un système acoustique qu’on annonce unique et inouï, permettant de créer en temps réel toutes les ambiances sonores possibles, selon les répertoires qu’on y jouera. Et dont, en tout cas, très logiquement, l’ouverture se fera en mars prochain avec l’<em>Orfeo</em>, le premier des opéras,</p>
<p>Comme l’<em>Orfeo,</em> <em>Acis and Galatea</em> est une Pastorale, créée par Haendel en 1718, un <em>little opera</em>, très admiré de Mozart qui en donna une version réorchestrée en 1788, sur commande de Gottfried van Swieten, qui se chargea de transcrire le livret en allemand. C’est l’une des nombreuses aventures d’une partition, que Haendel lui-même gonfla pour solistes, chœur et grand orchestre, et qu’en 1732 il fit chanter par trois des stars du moment, Anna Maria Strada, le castrat Senesino et la basse Montagnana, avant que Mendelssohn n’en élabore aussi sa propre conception.</p>
<p>Ce que Leonardo García Alarcón propose ici, en associant sa Cappella Mediterranea avec l’<strong>Orchestre de Chambre de Genève</strong>, c’est la version de Mozart, mais avec le texte anglais restitué. Tous ces musiciens jouant, chose remarquable, sur instruments anciens, et au diapason de Mozart, c’est-à-dire 430 Hz. Pour se mettre au service d’une musique dont le charme, l’émotion, l’évidence se jouent de toutes les transformations qu’elle a connues. La fraîcheur, la générosité de l’inspiration de Haendel ont quelque chose d’irrésistible.</p>
<p>Et si Mozart, qui venait de donner <em>Don Giovanni</em> mais était dans une période financièrement difficile, une fois de plus, accepta ce travail que n’importe qui aurait pu accomplir, c’est bien sa palette orchestrale qu’on entend là, des bassons, des cors, et bien sûr ses chères clarinettes, s’ajoutant aux flûtes et hautbois de la version originelle.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="548" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC02971-1-1024x548.jpg" alt="" class="wp-image-150553"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>Un Haendel qui swingue</strong></h4>
<p>C’est le <em>swing </em>de García Alarcón qui se donne à entendre dès la <em>Sinfonia</em> d’ouverture ! Menée d’un geste impérieux (et, nous dit-on, sur un tempo bien plus vif qu’à la répétition générale), elle court la poste, posée sur des basses généreuses, la relative importance de l’effectif, cordes, vents et orgue positif, induisant un son plus charnu, plus ample, plus profond que la version habituelle, avant d’introduire le «&nbsp;O the Pleasure of the Plains&nbsp;» du chœur des bergers qui comme dans la version initiale est formé des solistes, mis à part les trois protagonistes bien sûr, la nymphe Galatée, le berger Acis et le cyclope Polyphème, lui aussi amoureux de la belle.</p>
<p>Julie Roset rayonne dès son air d’entrée «&nbsp;Hush, ye pretty warbling Quire !&nbsp;», là encore sur un tempo d’enfer, où ses vocalises aériennes rivalisent avec celles des <em>traversos</em>, évidemment réquisitionnés pour les oiseaux dans la charmille. Timbre exquis, avec de la rondeur, beaucoup de sourire dans la voix, et des vocalises aériennes, des trilles, d’un envol aussi léger que celles et ceux des flûtes.</p>
<h4><strong>Une palette de ténors</strong></h4>
<p>Acis, c’est le toujours excellent <strong>Mark Milhofer</strong>, qui dans son sobre costume de ville gris et sa cravate d’un jaune très anglais (lui qu’on a vu dans nombre de compositions joyeusement extravagantes) n’a ni l’allure, ni tout à fait l’âge (qu’il nous pardonne !) d’un jeune berger grec, mais quelle juvénilité et quel charme conquérant dans ce timbre si clair, si volatil et si perché ! L’un des attraits de ce concert sera de faire entendre plusieurs voix de ténors radicalement dissemblables, plusieurs émissions, des écoles de chant différentes. À son accent évidemment délicieusement <em>genuine</em>, Mark Milhofer, familier de Purcell et de Britten, ajoute une relation de longue date avec le répertoire italien (Monteverdi aussi bien que Rossini), d’où une maîtrise des ornements et beaucoup de rayonnement à la fois, et surtout une limpidité quasi de haute-contre.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2294" height="1291" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03149-edited.jpg" alt="" class="wp-image-150556"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Mark Milhofer © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<p>Contraste avec l’entrée de <strong>Valerio Contaldo</strong>, très bondissant berger Damon… Ténor lyrique aussi, à l’émission qu’on dira italienne, solaire, solide et charpentée, mais suffisamment souple pour offrir des vocalises à plein voix, d’une rutilante santé. Lui aussi spécialiste de chant baroque, l’Orfeo de García Alarcón est comme toujours d’une intense présence physique, la voix projetée et ardente.</p>
<p>Comme s’ils voulaient entrer en joute, la ballade d’Acis, «&nbsp;Love in her eyes&nbsp;», d’une voix particulièrement ouverte, sera sur un rythme de barcarolle un festival de notes hautes éblouissantes. <br>Précédant la romance de Galatea «&nbsp;As when the dove&nbsp;» où c’est avec les flûtes à bec et le violon solo de <strong>Girolamo Bottiglieri</strong> que Julie Roset dialoguera. Beaucoup de grâce et de naturel dans ces mélodies candides, enrichies de coloratures et d’arabesques gentiment voluptueuses. <br>Quant à leur duo «&nbsp;Happy We !&nbsp;», jubilant et extraverti, soutenu par le cors naturels virtuoses de <strong>Matthieu Siegrist</strong> et <strong>Pierre Burnet</strong>, il n’en rendra que plus solennel le chœur « Wretched Lovers ! », annonciateur de sombres nuées. Somptueux moments d’une polyphonie savante -et on souvient là qu’on a affaire aux compositeurs du <em>Messie</em> et du <em>Requiem</em>. Ecriture fuguée, inquiétantes lignes de cor, pauses sépulcrales, opulence de la matière sonore, introduisant l’entrée du cyclope Polyphemus.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2077" height="1557" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03203-edited.jpg" alt="" class="wp-image-150558"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Valerio Contaldo © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<p>C’est la basse suédoise <strong>Staffan Liljas</strong>, impressionnant de rudesse virtuose, mais capable de douceurs touchantes sur «&nbsp;and my Love&nbsp;» pour dessiner un morose amoureux transi et violent. On pourrait souhaiter un timbre plus profond mais il pallie cela par une articulation mordante et une précision rivalisant avec celles des violon et traverso solos.</p>
<p>Le Coridon de <strong>Fabio Trümpy</strong> fera entendre, dans sa brève intervention soliste, un nouveau timbre de ténor, qu’on appellerait presque <em>di grazia</em>, tant il est suave et joue subtilement de la voix mixte, le timbre aussi charmeur que la ligne de chant. Coridon incite Polyphème à la douceur et à la diplomatie, s’il veut conquérir Galathée, plus que réticente pour le moment.<br>Dans un air de bravoure vigoureux, «&nbsp;Love sounds th’alarm&nbsp;», Mark Milhofer multipliera les éclats, les portamentos, les trilles conquérants, répondant à de cinglants appels des vents.<br>Damon, lui, dans une vibrante intervention aux ornements exquis d’un Valerio Contaldo tutoyant superbement les sommets de sa tessiture, n’essaiera pas d’apaiser Acis, l’incitant plutôt à profiter de tous les plaisirs qu’offrent si fugacement la vie et les amours.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="709" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC03598-1024x709.jpg" alt="" class="wp-image-150540"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Staffan Liljas © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<h4><strong>L’émotion immédiate</strong></h4>
<p>La fin du drame approche. À laquelle Haendel donne une forme musicale très originale : au-dessus du duo très joyeux et scandé des deux amoureux (sur le thème «&nbsp;la tourterelle délaissera les bois avant que je ne laisse mon amour&nbsp;») viennent se poser sur un rythme deux fois plus vif les imprécations furieuses du Cyclope, qui finit par écraser le berger sous un pesant rocher.</p>
<p>Mort d’Acis. Superbe et bref lamento par Milhofer accompagné seulement par l’archiluth de <strong>Mónica Pustilnik</strong> et les contrebasses, puis rupture totale de ton. Marquée par un glissement vers <em>fa</em> mineur, une tonalité que la facture ancienne des instruments rendait redoutable pour les musiciens, mais terriblement expressive et douloureuse, celle du très beau, très intense chœur «&nbsp;Mourne, all ye Muses, weep, all ye Swains&nbsp;», l’un de ces passages où Haendel crée l’émotion dès les deux ou trois premières notes, et Mozart s’émerveillait de ce talent-là. Un chœur au dessus duquel plane la voix de soprano de <strong>Maud Bessard-Mirandas</strong>, et où on distingue le beau contre-ténor <strong>Leandro Marziotte</strong> et la solide basse <strong>Raphaël Hardmeyer</strong>, et qui s’écarte un instant pour faire place à la déploration de Galatea, avant de l’inviter à user de ses pouvoirs magiques.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="2008" height="1129" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC04004-edited.jpg" alt="" class="wp-image-150560"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>Leonardo García Alarcón © François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>


<p>Le dernier air de Galatea «&nbsp;Heart, the Seat of soft Delight&nbsp;», ce moment où elle transforme Acis en fontaine immortelle d’eau claire, offrira à Haendel et à Julie Roset prétexte à multiplier de liquides ondulations vocales d’une transparence de rivière anglaise, avant l’ultime péroraison du chœur. Moment où s’entend la ferveur des interprètes, d’autant plus grande que ce concert, superbe on l’aura compris, n’aura été donné que cette unique fois. Porté par le charisme toujours étonnant de Leonardo García Alarcón.</p>
<p>Prochaine étape donc, l’ouverture de la Cité Bleue, manière de pari pour lui, qui se voyait bien diriger un théâtre vers ses soixante-cinq, mais à qui l’opportunité en est offerte vers ses quarante-cinq…</p>
<p>Gageons qu’il continuera quand même à courir la planète. Infatigablement semble-t-il. Et à révéler de nouvelles partitions. Il paraît qu’il en a mis de côté quelques-unes.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="578" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/12112023_AcisGalateaLCB©Francois-de-Maleissye-Cappella-Mediterranea_DSC04014-1024x578.jpg" alt="" class="wp-image-150562"/><figcaption class="wp-element-caption"><sub>© François de Maleissye-Cappella Mediterranea</sub></figcaption></figure>
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		<title>Rodrigo</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/rodrigo-rodrigo-dans-sa-fougue-restitue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Maroillat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Sep 2019 22:01:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après l’intégrale d’Eduardo Lopez Banzo, saluée pour la finesse de la direction du chef espagnol et sa distribution de belle tenue, Rodrigo se trouve de nouveau mis en lumière par cette captation sur le vif au Festival de Göttingen, le 17 mai dernier. Véritable premier opera seria italien  de Haendel composé en Italie, Rodrigo est &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après l’intégrale d’Eduardo Lopez Banzo, saluée pour la finesse de la direction du chef espagnol et sa distribution de belle tenue, <em>Rodrigo</em> se trouve de nouveau mis en lumière par cette captation sur le vif au Festival de Göttingen, le 17 mai dernier. Véritable premier <em>opera seria</em> italien  de Haendel composé en Italie, <em>Rodrigo</em> est pourtant considéré comme une œuvre de jeunesse mineure qui a de ce fait toujours été confinée à la pénombre et mise à l’écart du canon haendélien. Première institution à faire revivre les opéras d’Haendel à l&rsquo;ère contemporaine, le Festival international de Göttingen tenait naturellement à réhabiliter une œuvre aussi négligée que dédaignée. A cet égard, son directeur artistique Laurence Cummings s’est révélé un ardent  défenseur de cette musique dans laquelle on retrouve la fougue et la fraîcheur qui caractérisent les plus belles œuvres de cette période, comme le <em>Dixit dominus </em>et <em>La Résurrection</em>. Les airs de Rodrigo sont généralement courts, mais toujours virtuoses et finement caractérisés. C&rsquo;est toute la palette des affects baroques dont s&#8217;empare ici le jeune Haendel, avec une assurance qui n’a rien à envier aux compositeurs italiens. L&rsquo;œuvre dont le sous-titre  <em>(« Se vaincre soi-même est la plus grande victoire »</em>) résume bien son propos un tantinet moralisateur : le héros doit aussi savoir maîtriser ses passions. En l’occurrence ici, c’est le sens d’abnégation de Rodrigo qui finira par partir en exil avec son épouse légitime après lui avoir préféré une rivale plus féconde.</p>
<p>Donner vie à la verve très italienne de cette pièce n’est pas la moindre des vertus de cette prise sur le vif à Gôttingen où l’on sent une distribution habitée par le souffle de cette musique qui ne finit jamais de s’élancer dans un tourbillon vivifiant. Laurence Cummings a réuni ici une distribution équilibrée et cohérente. <strong>Erica Eloff</strong> dans le rôle-titre présente une belle aisance dans les aigus et une rare  expressivité dans les récitatifs. On aurait toutefois attendu davantage de graves et une palette de couleurs plus fournie pour le rôle, bien qu’il comporte somme toute assez peu d’airs. Les duos du troisième acte avec Esilena représentent ses passages les plus réussis : « Ti lascio », puis « Prendi l’alma<em> </em>», et tout particulièrement ce dernier, où les longs aigus filés des deux sopranos s’entrelacent avec bonheur. Maîtresse femme de l’intrigue, Esilena est incarnée par la soprano <strong>Fflur Wyn</strong>. Son timbre clair et aérien possède beaucoup de charme, notamment lorsqu’elle tente de retenir Rodrigo à travers de longs ornements perlés tels que dans « In mano al mio sposo<em> »</em>. Au second acte son offre de paix à sa rivale (« Egli è tuo ») est touchante de sincérité. Elle triomphe sans peine dans les airs de bravoure. Elle conclut ainsi avec brio le premier acte avec un beau « Per dar pregio », dans un étourdissant duel d’ornements avec le premier violon <strong>Elizabeth Blumenstock</strong>. On retiendra également le « Parto, crudele, si parto » du second acte, brillamment accompagné par un orchestre survolté, et dont les franches attaques font merveille.</p>
<p>L&rsquo;Evinco de<strong> Russell Harcourt </strong>dépeint sans effort toute la gamme du contre-ténor haendélien avec une fluidité et clarté, soulignant à la fois la résolution et la désinvolture du personnage. En Fernando, le bras droit de Rodrigo, <strong>Leandro Marziotte</strong> tient son rôle avec une belle prestance même si celui-ci , limité, lui confère peut d&rsquo;espace pour véritablement briller. <strong>Jorge Navarro Colorado </strong>à l’émission tendue et incertaine au début de la représentation, se ressaisit rapidement pour habiter avec plus d’aisance les expressions héroïques de Giuliano, en s’appuyant notamment sur un beau registre grave. La pétulante Florinda d’<strong>Anna Dennis</strong> au timbre nacré, séduit par des aigus célestes dans le <em>Fredde ceneri d’amor</em> du premier acte et par son abattage dans l’étourdissant « Alle glorie »<em> </em>sur lequel s’achève avec brio le second acte.</p>
<p>Certes, une captation sur le vif présente les avantages et les inconvénients du direct : une vivacité, une urgence perceptible et en même temps quelques bruits envahissants même si globalement la prise de son est très haute qualité. Comme s’il redoutait que la tension ne retombe, Laurence Cummings maintient en alerte son orchestre dans un tempo enlevé, surlignant les contrastes, et nous tenant ainsi en haleine. Ce dynamisme qui pourrait vite paraître excessif dans d’autres œuvres, est un atout pour <em>Rodrigo</em> dont la fougue musicale requiert une direction tonique mais sachant toutefois éviter les effets à l’emporte-pièce. Et Cummings y réussit parfaitement en l’espèce. En outre, ce coffret de trois CD s’offre au regard dans la parure des couleurs bigarrées de  belles photos de scène.</p>
<p>Tout semblait avoir été dit avec la magnifique version d’Eduardo Lopez Banzo,<em> </em>la plus aboutie à ce jour. Finalement cette captation sur le vif constitue une belle surprise mettant l’accent sur l’<em>italianità</em> et la richesse musicale d’une œuvre de jeunesse encore largement méconnue. Cette intégrale est aussi emblématique du dynamisme du festival de Göttigen, dont la centième édition en 2020 promet d’être un feu d’artifice haendélien sous l’égide de son nouveau directeur artistique George Petrou qui succède à Laurence Cummings.</p>
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		<title>Beaune : réponse du festival&#8230; et de Leandro Marziotte</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-reponse-du-festival-et-de-leandro-marziotte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jul 2017 07:24:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Le festival ne saurait être tenu pour responsable de votre propre silence et dénonce avec force vos propos quasi diffamatoires qui ne sauraient en rien porter atteinte à sa réputation là aussi d&#8217;excellence ». Suite à l’article publié hier matin par Forum Opéra, le Festival de musique baroque de Beaune vient de diffuser sa réponse officielle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Le festival ne saurait être tenu pour responsable de votre propre silence et dénonce avec force vos propos quasi diffamatoires qui ne sauraient en rien porter atteinte à sa réputation là aussi d&rsquo;excellence</em> ». Suite à l’article publié hier matin par Forum Opéra, le Festival de musique baroque de Beaune vient de diffuser sa réponse officielle aux accusations lancées par <strong>Sacha Hatala</strong>. Ce texte, signé par le directeur de la manifestation, <strong>Kader Hassissi</strong>, dénonce notamment le flou dans lequel l’artiste aurait laissé les organisateurs quant à ses choix en matière de déplacement et d’hébergement.</p>
<p>« <em>Je précise que tous les solistes de cette production ne résidant pas à Paris ont été logés à l&rsquo;hôtel Du Pré*** durant les 5 jours de répétitions (voir facture en PJ) comme c&rsquo;est la règle. N&rsquo;ayant pas reçu de votre part les informations correspondantes, nous n&rsquo;avons pas pu vous y loger comme vos autres collègues. C&rsquo;est avec une réelle surprise que nous apprenons dans votre lettre que vous aviez logé à Paris à vos frais durant 2 jours.[…] Pour ce qui regarde les voyages, n&rsquo;étant pas informé que votre domicile était à l&rsquo;Île d&rsquo;Arz (le point d&rsquo;interrogation indiqué par mes soins n&rsquo;ayant pas été levé par vous), le projet de contrat stipule (en Annexe B) qu&rsquo;ils sont à définir et pris en charge par l&rsquo;artiste comme pour tous les autres contrats des solistes résidants à Paris, compte tenu de la lourdeur financière de cette production de Mitridate. Là aussi nous n&rsquo;avons reçu aucune demande d&rsquo;une quelconque prise en charge par le festival ni par mail, ni par SMS ou téléphone de votre part</em> ».</p>
<p>Par ailleurs,<strong> Leandro Marziotte</strong>, que remplaçait Sacha Hatala, a publié ses propres réactions sur sa page Facebook :</p>
<p>« <em>Dès le début, j&rsquo;ai demandé quelles seraient les conditions de cet engagement, mais mon contrat n&rsquo;est arrivé que quelques semaines avant le début des représentations. Les conditions étaient très mauvaises : pas de trajets payés, ni d&rsquo;hébergement pour la période des répétitions […]. Mon Agent a souhaité de meilleures conditions (au minimum : un défraiement pour le transport et un hébergement). Le Festival a alors répondu qu&rsquo;il y aurait très certainement des coupures dans le rôle que je devais interpréter car le chef de l&rsquo;ensemble avait décidé d&rsquo;enlever des parties musicales. Comment est il possible de se rendre compte quatre semaines avant la première qu&rsquo;ils n&rsquo;avaient pas besoin d&rsquo;un rôle dans son intégralité&#8230;? J&rsquo;ai bloqué cette date pendant un an pour rien ! J&rsquo;ai personnellement envoyé des e-mails, des Sms, téléphoné  pour avoir quelques explications, mais personne n&rsquo;a daigné me répondre</em>&#8230; ».</p>
<p>L&rsquo;affaire en restera-t-elle là ? Réponse dans les prochains jours.</p>
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		<title>Beaune, ton univers impitoyable</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/beaune-ton-univers-impitoyable/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Jul 2017 05:13:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dur métier que celui d&#8217;artiste lyrique. Invitée vendredi dernier, 21 juillet, au Festival International d’Opéra Baroque et Romantique de Beaune pour chanter le rôle de Pelopida dans Mitridate de Scarlatti, en remplacement de Leandro Marziotte, la mezzo-soprano Sacha Hatala tombe de haut. Une fois retirés de son cachet &#8211; 800€ brut, 616€ net &#8211; ses &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dur métier que celui d&rsquo;artiste lyrique. Invitée vendredi dernier, 21 juillet, au Festival International d’Opéra Baroque et Romantique de Beaune pour chanter le rôle de Pelopida dans<i> Mitridate</i> de Scarlatti, en remplacement de <b>Leandro Marziotte</b>, la mezzo-soprano <b>Sacha Hatala </b>tombe de haut. Une fois retirés de son cachet &#8211; 800€ brut, 616€ net &#8211; ses frais de transport et ses frais d’hébergement durant les répétitions, non pris en charge par le Festival, il lui reste en tout et pour tout 256,47€. Maigre recette pour un concert de plus de quatre heures nécessitant trois jours de répétition à Paris, sans parler du travail nécessaire à la découverte et l&rsquo;apprentissage de la partition. Autant se reconvertir dans la vente de beignets sur la plage, dût l&rsquo;opéra baroque en supporter les conséquences. Alerté par courrier, <strong>Kader Hassissi</strong>, le directeur de la manifestation bourguignonne, promet de reconsidérer ce qui aujourd&rsquo;hui tient davantage d&rsquo;un projet que d&rsquo;un véritable contrat (d&rsquo;où la surprise de la chanteuse lorsqu&rsquo;elle a découvert les conditions réelles de son engagement) ? Des finances en berne suffisent-elles à justifier un tel traitement ? En un pareil cas, l&rsquo;artiste floué doit-il se soumettre à la loi du silence pour ne pas mettre en péril son employabilité ? Sacha Hatala a courageusement choisi de parler. Puisse ce choix ne pas compromettre sa carrière. Question subsidiaire : pourquoi, à l&rsquo;heure où nous publions cet article,<a href="http://www.festivalbeaune.com/"> le site du Festival</a> continue-t-il d&rsquo;annoncer Leandro Marziotte dans le rôle de Pelopida ? Faut-il renoncer à son égo en plus de son cachet ?</p>
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		<title>Un tombeau à Bruxelles pas très soigné&#8230;</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/un-tombeau-a-bruxelles-pas-tres-soigne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 24 Apr 2015 10:58:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la tête du Ricercar Consort, Philippe Pierlot avait composé, pour son concert du 21 avril au conservatoire de Bruxelles, un programme intitulé Tombeau pour la Reine de Pologne, entièrement consacré à Jean Sébastien Bach : la cantate 107, la Messe Brève en la majeur (BWV 234) et la célèbre Trauerode (BWV 198) effectivement composée en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A la tête du Ricercar Consort, <strong>Philippe Pierlot </strong>avait composé, pour son concert du 21 avril au conservatoire de Bruxelles, un programme intitulé <em>Tombeau pour la Reine de Pologne</em>, entièrement consacré à Jean Sébastien Bach : la cantate 107, la Messe Brève en la majeur (BWV 234) et la célèbre Trauerode (BWV 198) effectivement composée en 1727 pour les funérailles de la Reine Christine, épouse d’Auguste le Fort, électeur de Saxe et Roi de Pologne. La distribution réunissait une assez belle brochette de solistes du chant : la soprano suédoise <strong>Maria Keohane</strong>, joli timbre et belle noblesse de sentiment, l’alto Leandro Marziotte, très musical, avec beaucoup de douceur et de charme dans la voix, le ténor <strong>Hans Jörg Mammel</strong>, décevant et l’excellent <strong>Matthias Vieweg</strong>, basse, racontant le texte avec autant de naturel que de simplicité. Si la musique de Bach résiste à tout, elle exige cependant une interprétation soignée, y compris dans les détails, pour que l’auditeur puisse en percevoir toutes les subtilités. C’est précisément ce qui a manqué ce mardi soir : un peu avachis sur leur chaises trop confortables, les musiciens du Ricercar Consort ont livré un travail inabouti, peu articulé, sans transparence, sous une direction souvent approximative, de sorte que la richesse contrapuntique de ces œuvres magistrales  était mal perceptible, dans une interprétation compacte et manquant de nuances. Une occasion ratée, en quelque sorte.</p>
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