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	<title>Mathilda SIDEN SILFVER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Mathilda SIDEN SILFVER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>MONTEVERDI, L&#8217;Incoronazione di Poppea &#8211; Copenhague</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/monteverdi-lincoronazione-di-poppea-copenhague/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maxime de Brogniez]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 May 2026 05:35:59 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Aborder Monteverdi, c’est inévitablement se frotter à la question des origines : origines de l’opéra, c’est-à-dire origine des passions vocalement incarnées. L’origine peut être temporelle et s’identifier en un moment et un lieu identifiables. Elle peut aussi se comprendre conceptuellement : chercher l’origine, c’est alors chercher l’élément universalisable ; celui qui, d’occurrence en occurrence, rejaillit toujours : survivance des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="font-weight: 400;">Aborder Monteverdi, c’est inévitablement se frotter à la question des origines : origines de l’opéra, c’est-à-dire origine des passions vocalement incarnées. L’origine peut être temporelle et s’identifier en un moment et un lieu identifiables. Elle peut aussi se comprendre conceptuellement : chercher l’origine, c’est alors chercher l’élément universalisable ; celui qui, d’occurrence en occurrence, rejaillit toujours : survivance des passions &#8211; du mal, en l’occurrence. Assez classiquement au fond, <strong>Christoph Marthaler</strong> a transposé l’intrigue au XX<sup>e </sup>siècle. L’Empire romain devient ici l’Italie fasciste. On suppose que Néron est comparé à Mussolini, encore que Poppée semble, elle, être assimilée à Edda Mussolini, fille du dictateur, ce qui invalide la première hypothèse. La transposition est davantage esthétique et se fait par suggestions, sans cohérence profonde ou, du moins, sans propos suffisamment lisible. Cela étant, le parti-pris qui consiste à mettre à nu la noirceur des motivations de chacun, quitte à mettre de côté les sentiments amoureux qui structurent pourtant le livret de Busenello, fonctionne – recherche des origines, à nouveau (d’où naît l’État ? de quoi émergent les unions ? d’où vient la mort ? D’une quête du pouvoir sans autre finalité que lui-même). Ainsi, alors que le livret est construit sur un réseau de relations amoureuses (Néron et Poppée s’aiment ; Poppée fait Othon cocu – il s’agit bien d’une déclinaison de la relation amoureuse ; Néron fait Octavie cocue ; Othon et Drusillia s’aiment finalement), la mise en scène isole chaque personnage et efface presque totalement le lien qui permet de parler d’amour quand, froidement mais objectivement, il peut n’être question que d’alliance économique ou politique. La dimension amoureuse effacée, la fin devait nécessairement être revue : après un duo d’amour qu’on peine à qualifier – précisément – de duo d’amour, tant il est évident qu’il n’y a ni duo (Néron et Poppée ne se regardent jamais dans ce… « <em>Pur ti miro</em> »), ni amour, Néron s’effondre, empoisonné, et Poppée part avec ce qu’on devine être une version fantasmée d’elle-même : une Poppée couronnée mais sans royaume, sans sujets, sans autre vie ; un pouvoir pur, sans objet auquel se rapporter.</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/69A8205d_Poppea_2526-1294x600.jpg" />© Mikkel Szasbo</pre>
<p> </p>
<p style="font-weight: 400;">L’autre origine qu’impose Monteverdi, c’est évidemment celle de l’opéra sur le plan musical ; origine à réinventer sans cesse puisque les indications orchestrales (complètes) du compositeur font encore défaut. Origine à construire dès lors, origine sans source, origine toujours au présent. A la tête du Concerto Copenhagen, <strong>Lars Ulrik Mortensen</strong> aborde la partition sagement. L’ensemble se tient et offre une belle homogénéité, servie par l’acoustique idéale du Kongelige Teater. Mais il ne s’arrache pas à l’homogénéité, justement, là où la partition pourrait appeler des changements de métrique plus tranchés, un jeu sur les timbres plus assumé, une exploration faite d’aspérités. Au fond, l’orchestre forme un son parfaitement rond sur lequel il coule alors que, en musique comme dans la vie, c’est le relief qui donne à l’expérience sa granularité et son intensité.</p>
<p style="font-weight: 400;">Si l’Octavie d’<strong>Anne Sofie von Otter</strong> offre des passages de registre francs, donnant au personnage une impétuosité qui, vocalement, confine parfois à la caricature, la distribution reste globalement, elle aussi, fort sage. Tout est bien chanté, évidemment, mais les passions n’y sont pas. La froideur de la mise en scène n’est certes pas propice aux épanchements : le parti-pris dramaturgique commandait de chanter le « duo d’amour » final sans passion… mais que reste-t-il alors ? Des ensembles d’une beauté lacrymale,  le timbre rond et le phrasé souple de l’Othon de <strong>Morten Grove Frandsen</strong>, la projection efficace voire puissante de la Drusilla d’<strong>Annika Beinnes</strong>, les moments suspendus – sans doute les plus beaux de la soirée – offerts par l’Arnalta (ici, c’est un homme) de <strong>Stuart Jackson</strong>, la profondeur toujours maîtrisée et sans noirceur excessive du Sénèque de <strong>Kyungil Ko</strong>, la clarté du timbre et l’agilité vocale de la Poppée de <strong>Kerstin Avemo</strong>, l’intelligence du Néron de <strong>Kangmin Justin Kim</strong> qui parvient à donner au rôle une cohérence vocale face à une partition redoutable.</p>
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		<title>PUCCINI, Madama Butterfly &#8211; Anvers</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/puccini-madame-butterfly-anvers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Sep 2024 08:41:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Difficile d&#8217;imaginer choix scénographiques plus opposés pour deux monuments lyriques que ceux proposés à Liège et Anvers pour cette ouverture de saison : à une Traviata étourdissante de faste et de couleurs en Wallonie répond dans la métropole flamande, une Butterfly toute de subtilité monochrome. Les deux spectacles partagent également le même goût de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Difficile d&rsquo;imaginer choix scénographiques plus opposés pour deux monuments lyriques que ceux proposés à Liège et Anvers pour cette ouverture de saison : à une <em>Traviata</em> étourdissante de faste et de couleurs en Wallonie répond dans la métropole flamande, une <em>Butterfly</em> toute de subtilité monochrome.</p>
<p>Les deux spectacles partagent également le même goût de la mise en abyme. À un théâtre dans le théâtre très réussi mais assez classique en pays wallon, répond ici – plus original et étonnement pertinent – le parcours tragique de la metteuse en scène fictive de l&rsquo;opéra, Maiko Nakamura, originaire de Nagasaki comme Cio-Cio San, expatriée en Europe et refusant soudain de mettre en scène une énième version exotisante de l’œuvre. En quête de son identité, synthétisée dans celle de la maison de ses grands-parents qu&rsquo;elle finit par partir chercher en vain au Japon. Cet échec l&rsquo;amène au suicide avant la première du spectacle.</p>
<p>Sous la houlette fort conceptuelle de <strong>Mariano Pensotti</strong>, nous suivons ainsi les destins parallèles de deux femmes en rupture avec leur milieu. L&rsquo;ostracisme dont est victime Cio-Cio San fait écho au déracinement de Maiko – matérialisé sur scène par deux souches d&rsquo;arbre. Leur aspiration commune à un foyer, si prégnant, se manifeste dans une abstraction de maison, bloc impénétrable, dépourvu de porte ou de fenêtre, d&rsquo;abord recouverte de briques iridescentes évoquant celles d&rsquo;un Othoniel.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="683" height="1024" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/M5A8769-683x1024.jpg" alt="" class="wp-image-172635"/><figcaption class="wp-element-caption">     <sup>© Annemie Augustijns</sup></figcaption></figure>


<p>Le noir bascule au blanc pour une IRM poétique de panneaux coulissants où s&rsquo;inscrivent les ramures d&rsquo;un arbre imaginaire – celui de ces racines perdues. Ils disparaissent successivement jusqu&rsquo;à laisser apparaître une silhouette fantomatique, négatif de l’héroïne, écho de cette identité aussi souhaitée qu&rsquo;inaccessible. Au dernier acte, c&rsquo;est l&rsquo;ombre inversée de la maison qui écrase inexorablement ces deux destins croisés, vibrant des mêmes aspirations.</p>
<p>Un cerisier aux feuilles funestement noires suspendu aux cintres, à l&rsquo;envers, complète ce dispositif. Ses feuilles mortes seront les fleurs dont l&rsquo;héroïne emplira sa maison pour accueillir le retour de l&rsquo;époux prodigue.</p>
<p>Dépourvu du moindre exotisme, la brillante scénographie de <strong>Mariana Tirantte</strong> sert donc puissamment le propos, tout comme ses remarquables costumes, également noirs et blancs. Résolument contemporains, ils convoquent Yamamoto ou Dries van Noten, ajoutant au sous-texte de l&rsquo;œuvre, notamment avec la sublime chrysalide noire dans laquelle apparaît Madame Butterfly et dont elle se dévêt rituellement en se mariant.</p>
<p>Voilà qui n&rsquo;est pas simple à éclairer, pourtant les lumières subtiles d&rsquo;<strong>Alejandro Le Roux</strong> font merveilles tout comme les vidéos de<strong> Juan Fernandez Gebauer </strong>et<strong> Raina Todoroff</strong>.<br>Si la couleur est absente de la scène, la subtilité des matières, les jeux de textures nourrissent l&rsquo;imaginaire tandis que les chanteurs et l&rsquo;orchestre s&rsquo;acquittent superbement de la mise en couleur du drame.</p>
<p>La direction toute en puissance maîtrisée de <strong>Daniela Candillari</strong> pourrait s&rsquo;offrir plus de nuances <em>piano</em> car elle exige beaucoup des chanteurs. Ceci dit, sous son pinceau très rythmique, les pigments de l&rsquo;<strong>orchestre symphonique de l&rsquo;Opera Ballet Vlaanderen</strong> jouent de l&rsquo;acide et chaud avec brio, et avec un grand sens des tempi.</p>
<p>Sur le plateau, le<strong> chœur de l&rsquo;Opera Ballet Vlaanderen</strong> ainsi que les excellents seconds rôles – au premier rangs desquels <strong>Denzil</strong> <strong>Delaere</strong> en Goro et <strong>Mathilda Sidén Silfver</strong> en Kate Pinkerton –&nbsp;soutiennent parfaitement les interprètes principaux.<br><strong>Vincenzo Neri</strong> donne à Sharpless une épaisseur singulière, tant son engagement scénique est juste, tant le velours sombre de son timbre sait se nuancer d&rsquo;humanité et de désarroi.<br>Il est bien malgré lui impliqué dans les projets égoïstes de Pinkerton auquel <strong>Ovidiu Purcel</strong> insuffle une belle énergie et une voix au métal certes flamboyant mais un peu dur – voire nasal –&nbsp;ce qui lui nuit.</p>
<p><strong>Lotte Verstaen</strong>, image vibrante de la compassion offre à Suzuki sa voix large au focus incisif, qui sait s&rsquo;aquareller d&rsquo;accents touchants.<br>Il faut dire que <strong>Celine Byrne</strong> incarne Cio-Cio-San avec une simplicité, une sincérité qui forcent l&rsquo;admiration. Elle est admirablement crédible en adolescente amoureuse comme en femme faite, digne dans l&rsquo;abandon. Son soprano ductile, fluide, jamais forcé ni appuyé – en dépit d&rsquo;un orchestre parfois trop présent –, jouit d&rsquo;une émission d&rsquo;un merveilleux naturel.<br>Même dans les airs les plus célèbres comme «&nbsp;Un bel di vedremo&nbsp;», elle s&rsquo;abstient du moindre effet séducteur à l&rsquo;exemple de sa présence grave, lumineuse et obstinée.</p>
<p>Une production à découvrir jusqu&rsquo;au 24 septembre à Anvers puis à Gand entre les 4 et 16 octobre.</p>
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