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	<title>Matteo TORCASO - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Matteo TORCASO - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>ROSSINI, La gazza ladra &#8211; Bad Wildbad</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/rossini-la-gazza-ladra-bad-wildbad/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 30 Jul 2026 04:01:00 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans le panorama des opéras rossiniens, on admet couramment que <em>Guillaume Tell </em>est l’Everest dont la surrection a été précédée de la monumentale <em>Semiramide</em>. Cette production de <em>La gazza ladra </em>vient à point nous rappeler que d’autres sommets ont préparé l’apothéose, par leurs dimensions, leur structure et la place accordée aux chœurs, et cette œuvre est l’un d’eux. Créée à Milan en 1817 elle fut reprise à Naples quand Rossini y triomphait, enrichie en 1819 et 1820 d’airs alternatifs pour Fernando, le déserteur fugitif, et c’est cette version qui est à l’affiche à Bad Wildbad.</p>
<p>Elle est donnée dans la salle restaurée du Kurhaus, dépourvue de fosse comme l’était la Trinkhalle mais ceinte en hauteur d’une galerie que la mise en scène exploitera pour l’épisode de la trouvaille dans le clocher des « larcins » de la pie, trouvaille qui innocentera Ninetta au paroxysme du drame et permettra le dénouement heureux. La scène est pourvue d’un plateau tournant qui sera largement mis à contribution, dès l’ouverture, polluée – il n’y a pas d’autre mot pour le dire – par une pantomime probablement indéchiffrable par qui venait découvrir l’œuvre et, redisons-le inlassablement, c’est à ces néophytes susceptibles de devenir le public de demain qu’une mise en scène devrait d’abord penser. Cette ouverture célébrissime, qui commence comme une de ces marches impériales que Rossini put entendre dans les éphémères royaumes d’Italie de l’empire napoléonien, est magnifiquement exécutée par les musiciens de la Philharmonie Szymanowski de Cracovie, partenaires du festival. La précision de l’exécution, des couleurs, des rythmes, suscitent une ivresse sonore qui n’a rien de gratuit puisqu’elle expose les climats de l’ enchaînement dramatique dans une tension oppressante et délectable. Admirables les percussions, les cors, la flûte, une virtuosité au service de la lecture magistrale d’intensité et de finesse réalisée par <strong>José Miguel Pérez Sierra</strong>. Autre grand moment, la marche funèbre solennelle et implacable qui annonce l’exécution de Ninetta, dont Donizetti saura se souvenir pour <em>Maria Stuarda</em>.</p>
<p>La pantomime décriée regroupe sur scène les chœurs en tenues contemporaines, les hommes vêtus sans recherche, les femmes élégantes comme pour un cocktail, une disparité dont la fonction reste obscure. Deux parallélépipèdes verticaux à jardin et à cour déterminent un cadre de scène et deux autres éléments carrés que l’on déplace à la main ou grâce au plateau tournant peuvent quitter le fond de la scène et pivoter sur eux-mêmes, la face d’abord cachée révélant, par quelques objets déposés dans des niches, l’intérieur de la maison de maître où travaille Ninetta. On comprend que ce dispositif relève de contraintes économiques, mais était-il impossible de suggérer l’ environnement campagnard évoqué par les poires que Fabrizio va cueillir et les fraises récoltées par Ninetta autrement que par une projection aussi indistincte que fugace ?</p>
<p>Pour en finir avec les éléments peu convaincants de la proposition, un mot encore sur les costumes. Lucia, la riche paysanne a priori hostile au mariage de son fils Giannetto avec Ninetta, arbore une robe blanche et noire, les couleurs du plumage de la pie qu’elle a domestiquée. Pour le procès, les femmes sont en noir avec des épaulettes de plumes. Le podestà est en blanc à la campagne, en noir au tribunal, et Giannetto aussi. Le concept peut séduire, mais sa réalisation laisse dubitatif. Et les costumes contemporains détonent dans le contexte historique de l’œuvre, que le récit de Fernando et le rappel solennel du code pénal ne permettent pas d’ignorer.</p>
<p>Cela dit, la direction d’acteurs semble avoir été minutieuse et attentive, et certaines options, comme celle qui montre Fernando tendant les bras au Ciel avec insistance, comme attendant une réponse qui ne viendra pas, ou l’animation scénique lors de la scène du jugement sont particulièrement heureuses.</p>
<p>La distribution regroupe des élèves de l’Académie, qui tous ont déjà du métier, et des artistes confirmés. Parmi les premiers <strong>Gaja Vittoria Pellizzari</strong>, Ernestina la veille, est Lucia, dont l’agitation revêche et les présentions « de classe » finiront par céder à l’évidence de l’ honnêteté de Ninetta pour consentir à l’avoir pour belle-fille. Est-ce à dessein que son maquillage et sa coiffure évoquent  Cruella ? (Pour nous, lorsqu’elle chausse ses lunettes, elle semble la sœur de la comédienne Armelle dans son personnage de bourgeoise coincée.) <strong>Timoteo Bene Junior</strong> passe d’Eusebio à Antonio, le geôlier bienveillant qui pemet à Giannetto de retrouver Ninetta dans sa prison et qui s’épuise à le supplier de s’en aller. <strong>Giovanni Accardi </strong>, le trouble acolyte de Parmenione, est un sobre serviteur du podestat. <strong>Davide Zaccherini</strong>, le comte Alberto de la veille, est tour à tour Isacco, marchand ambulant défini comme un usurier évidemment avare, comme son nom l’indique, et il lance son appel avec la conviction requise, avant d’être un Préfet aussi sobre que nécessaire.</p>
<p>Il y a deux pères dans l’histoire. Fabrizio Vingradito, à en croire son nom, est un bon vivant qui lève volontiers le coude ; il est surtout le père affectueux d’un jeune homme dont il approuve l’amour pour leur servante jeune, jolie et dévouée. La voix nette de <strong>Matteo Torcaso </strong>exprime cette bienveillance, assortie à une gestuelle sobre et appropriée. L’autre est Fernando Villabella, &#8211; la similitude des initiales contribuera à renforcer le soupçon relatif à la malhonnêteté de Ninetta – un homme qui fait carrière dans l’armée. Au retour d’une campagne militaire, il demande une permission pour aller revoir sa fille et, brutalisé par l’officier qui refuse, il lève son épée. Désarmé, il est condamné à mort mais ses camarades l’aident à s’évader et le voici près de Ninetta, dans la situation lamentable d’un fuyard sans ressources et pourchassé. Dans ce rôle pathétique d’homme blessé, énergique mais si vulnérable, <strong>Emannuel Franco </strong>se révèle magistral : la netteté de l’élocution, le contrôle de l’émission, le dosage de l’émotion, vibrante mais jamais excessive, le dramatisme du jeu, pertinent mais contenu, font de cette prestation un élément fort de la représentation.</p>
<p>Un autre élément fort aurait dû être le personnage du podestat, caricature d’un potentat de province qui se croit irrésistiblement séduisant et recourt à la coercition et à la menace envers qui aurait l’audace de lui résister. Ce potentiel de ridicule et d’odieux, <strong>Nathanaël Tavernier </strong>ne l’exploite pas à plein et il propose un entre-deux inférieur aux attentes, avec une retenue scénique qui pourrait indiquer qu’il ne se sent pas à l’aise, en particulier dans l’épisode final où le personnage se rachète par une introspection où il exprime des regrets. C’est dommage car la voix est toujours aussi profonde et étendue que dans nos souvenirs.</p>
<p>Giannetto, le fils de Fabrizio et de Lucia, revient au village délivré des obligations militaires et est accueilli en héros guerrier. Mais il se soucie bien de Mars et de la gloire : son air d’entrée est un chant d’amour, auquel <strong>Patrick Kabongo </strong>confère de sa voix si souple toute l’ardeur et la suavité caressante nécessaires. Dramatiquement il saura incarner les émotions successives, de la sérénité au doute, avec justesse et sobriété. L’autre garçon de la maison est Pippo, un domestique qui semble étranger aux troubles sentimentaux et représenter l’ami idéal, toujours dévoué et fidèle. Ce rôle en travesti trouve en <strong>Francesca Di Sauro </strong>une interprète aussi convaincante que séduisante ; la voix est ronde, très souple, bien projetée, bien timbrée, ses interventions sont délectables et son jeu d’actrice est à la fois sobre, juste et efficace.</p>
<p>Il revenait à <strong>Claudia Muschio </strong>le redoutable rôle de Ninetta, la jeune fille confiante devant la vie, prête au bonheur avec Giannetto, malgré l’hostilité de la mère de ce dernier. Un malheureux concours de circonstance fait de sa vie un cauchemar où elle devient suspectée de vol, accusée et condamnée à mort. Seul un hasard imprévisible l’innocentera in extremis, ce qui désarmera la belle-mère et comme le deus ex machina fera son office – l’amnistie du Roi pour le militaire Fernando – tout est bien qui finit bien. Il est donc demandé à l’interprète d’exprimer une palette étendue de sentiments contrastés, avec des degrés d’intensité croissants. Claudia Muschio relève le défi sans trembler – en tout cas sa voix ne la trahit pas – et sa composition, aussi bien vocale que théâtrale est un sans-faute à saluer.</p>
<p>A quelques nuances près, une escalade menée à bien !</p>
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		<title>DONIZETTI, Don Pasquale &#8211; Sienne</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/donizetti-don-pasquale-sienne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jul 2024 04:00:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son Académie d&#8217;été. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces seize focus sur le compositeur György Ligeti. Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;Académie Musicale de la Chigiana fête cette année la dixième édition de son Festival International et de son <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/summer-academy/">Académie d&rsquo;été</a>. Pendant deux mois plus de cent concerts irriguent le territoire siennois avec des propositions audacieuses comme ces <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/wp-content/uploads/04-Focus-Ligeti.pdf">seize focus sur le compositeur György Ligeti</a>.</p>
<p>Cette année, la part belle est également faite au répertoire lyrique avec pas moins de trois productions, une première pour l&rsquo;institution : au mois d’août, <em>the Turn of the Screw</em> de Britten ainsi qu&rsquo;une création contemporaine, <em>the Butterfly Equation</em> – hommage à Giacomo Puccini – s&rsquo;ajouteront au<em> Don Pasquale</em> proposé en cette fin juillet.</p>
<p>D&rsquo;autres affiches allient prestige et gratuité, telle vendredi soir cette Symphonie n.5 de Beethoven par l&rsquo;Orchestre Philharmonique de la Scala sous la Direction de Myung-Whun Chung sur la piazza del Campo. Le maestro a d&rsquo;ailleurs pris le micro à l&rsquo;issue de la représentation pour dire sa gratitude à l&rsquo;institution qui l&rsquo;accueillit comme stagiaire en son temps.<br />
Voilà qui met la barre fort haut pour les élèves de Direction qui ont étudié l&rsquo;opéra-bouffe de Donizetti sous les houlettes de Daniele Gatti et Luciano Acocella, à qui ils font honneur d&rsquo;une baguette souple et nuancée pour <strong>Sieva Borzak</strong> et <strong>Giovanni Conti</strong> ; d&rsquo;une belle énergie pour<strong> Sukjong Kim</strong> et d&rsquo;une notable écoute du plateau pour <strong>Davide Trolton</strong>. L&rsquo;<strong>Orchestre Senzaspine</strong> – qui accompagne les cours depuis trois ans –&nbsp;se prête de bonne grâce à ces changements de chefs en cours d’exécution sans nuire aucunement à l&rsquo;écoute du spectateur.</p>
<p>« L&rsquo;Opera-lab » porte donc bien son nom et Nicola Sani, directeur artistique de la Chigiana, évoque pour sa part un « festival laboratoire » avec, ici encore, une proposition assez unique puisque ce <em>Don Pasquale</em> fait collaborer quatre structures de formation italiennes de premier plan en chant, direction, lumières et décor qui « travaillent ensemble pour construire l&rsquo;avenir du métier » avec quatre équipes professionnelles encadrant chacune de jeunes artistes.</p>
<p>Pour ce qui est de la scénographie, la soirée prend d&rsquo;ailleurs une teinte singulièrement émouvante puisqu&rsquo;elle est dédiée à<strong> William Orlandi</strong>, décorateur pour la Scala, en charge du projet siennois et tout récemment décédé.<br />
Le dispositif qu&rsquo;il a imaginé fonctionne parfaitement : la scène est fermée par trois panneaux blancs sur lesquels images et vidéos donnent à voir un univers tout à fait contemporain, celui du bureau hyperconnecté de la « Pasquale Financial Holding ». « Son nov&rsquo; ore », il est 9 heures précises lorsque le rideau se lève; la bourse ouvre à Paris et notre anti-héros semble fort satisfait du cours de ses investissements. Il le sera beaucoup moins vingt-quatre heures plus tard, lorsque le rideau tombera sur sa ruine, tous ses fonds ayant été siphonnés par la vénale Norina avec le soutien des choristes. Le chœur Guido Chigi Saracini accompagne la Chigiana dans l&rsquo;ensemble de sa programmation et ne démérite pas dans les costumes façon <em>Men in Black</em> imaginés par l&rsquo;Accademia di Belle Arti di Brera.</p>
<p>La proposition du metteur en scène <strong>Lorenzo Mariani</strong> est à la fois extrêmement efficace et pleine de drôlerie. La direction d&rsquo;acteur précise, enlevée, réjouit de pitreries bien dosées et d&rsquo;un impeccable sens du rythme.<br />
C&rsquo;est pourtant un défi que de mettre en scène une telle œuvre en une dizaine de jours&nbsp;; ce temps limité permet d&rsquo;apprécier d&rsquo;autant plus le professionnalisme des solistes de l&rsquo;<strong>Accademia del Maggio Musicale Fiorentino</strong> de Florence. Tous quatre d&rsquo;un excellent niveau, ils jouent avec un plaisir manifeste et font merveille dans les ensembles, aussi équilibrés que nuancés.</p>
<p>Le Don Pasquale délicieusement bouffon de <strong>Matteo Torcaso</strong> s&rsquo;enorgueillit d&rsquo;une voix riche, bien posée et pleine d&rsquo;autorité. <strong>Nikoletta</strong> <strong>Hertsak</strong> lui oppose un feu d&rsquo;artifice vocal et scénique en Norina accro aux réseaux sociaux alimentés de photos en direct. «&nbsp;Quel guardo il Cavaliere&nbsp;» est même malicieusement transformé en un post instagram. Certes le personnage qu&rsquo;elle compose ne prêche pas pour un féminisme éclairé&nbsp;: rouée, manipulatrice et cupide, elle est également tout charme et espièglerie. Le soprano rayonnant, les vocalises pyrotechniques, les pianissimi totalement maîtrisés, rendent sa prestation éminemment convaincante.</p>
<p>Elle donne la réplique sentimentale au ténor de stentor de <strong>Lorenzo Martelli</strong> dont l&rsquo;Ernesto emporte également l&rsquo;adhésion. D&rsquo;abord hilarant attelé à son simulateur de golf sous son casque de réalité virtuelle, il sait se faire touchant lorsque sa tristesse éclate dans «&nbsp;Cercherò&nbsp;lontana&nbsp;terra&nbsp;» Le timbre, particulièrement brillant s&rsquo;enrichit de nombreuses nuances mais pâtit d&rsquo;une justesse problématique dans les aigus.</p>
<p>Le Docteur Malatesta enfin, trouve en <strong>Matteo Mancini</strong> un épatant interprète à la belle prestance, à la diction impeccable – comme tous ses camarades –&nbsp;y compris dans les passages les plus acrobatiques de canto sillabico au débit délicieusement hystérique.</p>
<p>Si seules deux représentations étaient prévues pour cette jolie production, il est en revanche possible de profiter de la programmation foisonnante du <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.chigiana.org/tracce/">festival</a> jusqu&rsquo;à la fin de l&rsquo;été dans le cadre sublime de la ville de Sienne.</p>
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