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	<title>Matthias GOERNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Matthias GOERNE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>Nouveau Festival Radio-France Occitanie Montpellier : le bilan 2026</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/nouveau-festival-radio-france-occitanie-montpellier-le-bilan-2026/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 21 Jul 2026 07:15:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>871 artistes invités, 104 concerts, 51 lieux de programmation : avec 75 000 spectateurs (45 000 billets délivrés, 30 000 spectateurs accueillis sur les manifestations gratuites) le Nouveau Festival Radio France Occitanie Montpellier confirme sa dynamique et enregistre sur cette 41e édition une progression de 14% de sa fréquentation payante et 12% de ses recettes &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>871 artistes invités, 104 concerts, 51 lieux de programmation : avec 75 000 spectateurs (45 000 billets délivrés, 30 000 spectateurs accueillis sur les manifestations gratuites) le Nouveau Festival Radio France Occitanie Montpellier confirme sa dynamique et enregistre sur cette 41e édition une progression de 14% de sa fréquentation payante et 12% de ses recettes de billetterie avec un renouvellement de ses publics de plus de 50%.</p>
<p>Les grands concerts symphoniques et la musique de chambre ont affiché une fréquentation moyenne de 84%, La thématique de « L’amour » a trouvé son point culminant avec <em><a href="https://www.forumopera.com/spectacle/wagner-tristan-und-isolde-montpellier-festival-radio-france/">Tristan et Isolde</a></em> proposé en version de concert par l’Orchestre Philharmonique de Radio France sous la direction de <strong>Jaap van Zweden</strong>, avec <strong>Anja Kampe</strong> et <strong>Stuart Skelton</strong> dans les rôles titres. Ont également été présentés <em>Le Voyage d’hiver</em> porté par <strong>Matthias Goerne</strong> et <strong>Mikhaïl Pletnev</strong>, <em>L’Amour et la vie d’une femme</em> de Schumann par <strong>Marianne Crebassa</strong>, <em>Didon et Énée</em> par Les Surprises et <strong>Louis-Noël Bestion de Camboulas</strong>.</p>
<p>La 42e édition du Nouveau Festival Radio France Occitanie Montpellier se déroulera du 4 au 17 juillet 2027 et « Monstres et merveilles » en sera le thème.</p>
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		<title>STRAUSS, Salome &#8211; Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/strauss-salome-toulouse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Thierry Verger]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 May 2026 07:24:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Matthias Goerne a choisi Salome pour son entrée dans le monde de la mise en scène d’opéra. Pari risqué ; avec une action ramassée sur un acte unique, il n’y a ni le temps d’une pause, ni l’occasion d’un changement de décors ; Salome c’est un plan-séquence d’une heure cinquante ; il y a un angle à choisir, &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Matthias Goerne</strong> a choisi <em>Salome</em> pour son entrée dans le monde de la mise en scène d’opéra. Pari risqué ; avec une action ramassée sur un acte unique, il n’y a ni le temps d’une pause, ni l’occasion d’un changement de décors ; <em>Salome</em> c’est un plan-séquence d’une heure cinquante ; il y a un angle à choisir, une porte d’entrée dans l’œuvre à trouver et ensuite laisser inexorablement la pelote se dérouler.<br />
De toute évidence Goerne opte pour la prudence, et pourquoi pas ? Et pour la fidélité à l’esprit du texte, si ce n’est à la lettre : de fait Jochanaan sera exécuté mais pas décapité et on ne verra pas Salomé étouffée par les boucliers de la smalah d’un Hérode horrifié par la folie de sa belle-fille. Ces deux entorses au livret se tiennent : Jochanaan, lorsqu’il est ramené mort à la merci de Salomé, conserve la tenue christique qui était la sienne lors de sa première apparition. Et sa remontée sur scène, une fois mort (à défaut de tonneau, on aura droit à une cabine transparente qui s’enfonce sous terre ! ), s’apparente plutôt à une descente de croix. C’est ainsi toute la « catéchèse » de Jean le Baptiste (son dialogue avec Salomé en début de l’œuvre ) qui se trouve pour ainsi dire réévaluée &#8211; comme si c’était le Christ lui-même qui s’adressait à la pécheresse. Et, dans le même ordre d’idée, ne peut-on pas lire la folie ultime de Salomé comme une sorte d’extase mystique qui la place déjà par delà la mort promise et annoncée mais qu’on ne verra justement pas ?<br />
Les décors à la fois simples et efficaces (belle réalisation de <strong>Hernán Peñuela</strong>) déclinent les arrondis. Tout est concave ou convexe, aucun angle n’est saillant, il n’y a de prise sur rien ; la confrontation entre Salomé et Jochanaan se résume à une sorte de ronde de l’une autour de l’autre sans que jamais le contact se fasse ; même le Mur des Lamentations que les cinq Juifs prendront comme à témoin lors de leur disputation au sujet de l’identité de Jochanaan, est arrondi. Et enfin, dans la scène finale, cette magnifique lune, exagérément vaste, qui va descendre le temps de l’extase (elle remontera dans les cintres à la réapparition de Hérode) sur Salomé « chevauchant » le corps sans vie de Jokanaan, nous vaudra une image à l’esthétique rare. Plus discutable en revanche la Danse des sept voiles, où sept gaillards bien mal intentionnés vont s’en prendre violemment à la fille de Hérodiade pour lui extirper un à un les sept trophées. On est très loin de la sensualité et de la lascivité attendues – et qui siéent pourtant pleinement au personnage.</p>
<p style="text-align: right;"><img decoding="async" class="aligncenter" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/DSC_4142-1294x600.jpg" />© Mirco Magliocca</p>
<p>Plus peut-être que toute autre pièce de Strauss, <em>Salome</em> est l’opéra de la tension. Celle qui se fait jour dès le lever de rideau au travers de la concupiscence de Narraboth et l’avertissement en forme de mauvais présage du page, et dont le crescendo ne prendra fin que dans les trois sourds accords conclusifs. Ce soir la tension trouve un formidable écho dans la fosse de l’orchestre national du Capitole, qui a décidément trouvé depuis plusieurs années maintenant avec le maestro <strong>Frank Beermann</strong> son chef dans l’opéra romantique et post-romantique allemand. Beermann alimente en effet cette tension (un peu débordante il est vrai dans le premier quart d’heure) par l’utilisation judicieuse de tous les pupitres auxquels il communique une ardeur jamais mise en défaut : on est une fois de plus confondu par le « rendu » de cet orchestre, y compris depuis le parterre. L’exubérance orchestrale (un orchestre qui déborde sur certaines loges) est restituée sans excès, mais sans retenue.<br />
La tension et l’énergie sont aussi l’apanage de <strong>Nicole Chevalier</strong>, Salomé de gala ce soir. Présente une heure et demie sur scène sans interruption, elle livre une prestation dont on se souviendra. La prononciation de l’Américaine est remarquable, elle habite chaque phrase (comme celle qu’elle n’en finit pas de répéter lorsqu’elle réclame la tête du Baptiste), chaque mot comme si le sort du monde en dépendait. Un engagement sans limite (et Dieu sait que Goerne a été exigeant dans la conduite de son rôle) et sans faiblesse, le public ne s’y est pas trompé au baisser de rideau.<br />
Très impressionnante aussi la prise du rôle de Jochanaan par <strong>Jérôme Boutillier</strong> (aux allures d’Alfredo Kraus !). Son monologue lors de son apparition convainc par l’autorité de la voix, parfaitement portée. Le souffle est long et le timbre nous donne bien envie d’entendre le baryton dans d’autres rôles conséquents. Et quel plaisir de retrouver la classe de <strong>Sophie Koch</strong> pour un rôle somme toute presque mineur, celui d’Hérodiade. Appréciable d’entendre la richesse du medium et des graves, et toujours aussi impressionnants ses talents d’actrice. <strong>Nikolai Schukoff</strong> dépeint bien l’évolution psychologique du personnage d’Hérode. Le ténor est fort, presque strident parfois, et nous conduit de l’attachement malsain à la belle-fille jusqu’à l’horreur du personnage qu’elle est devenue. <strong>Fabien Hyon</strong> est un Narraboth transi et dont le ténor séduit, <strong>Floriane Hasler</strong> nous gratifie des seuls accents légers d’une pièce qui n’en comptent guère. Tous les autres rôles (les cinq Juifs, les soldats et les Nazaréens) sont à leur place dans cette nouvelle production toulousaine qui n’aura pas à rougir de la comparaison avec la précédente <em>Salome</em> présentée en bord de Garonne, où les noms de Nicolas Joël ou encore Camilla Nylund avaient brillé.</p>
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		<item>
		<title>SCHUBERT, Die Winterreise &#8211; Chantilly</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/schubert-die-winterreise-chantilly/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Marcel Quillevere]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Sep 2025 06:24:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Créés en 2021 sous l’impulsion du Prince Amyn Aga Khan et du pianiste Iddo Bar-Shaï, le festival des « Coups de Cœur » au Château de Chantilly a débuté cette saison, les 13 et 14 septembre, par un hommage au baryton Matthias Goerne, l’un des plus grands chanteurs allemands de Lieder. Accompagné par Iddo Bar-Shaï, il a &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Créés en 2021 sous l’impulsion du Prince Amyn Aga Khan et du pianiste <strong>Iddo Bar-Shaï</strong>, le festival des « <em>Coups de Cœur</em> » au Château de Chantilly a débuté cette saison, les 13 et 14 septembre, par un hommage au baryton <strong>Matthias Goerne</strong>, l’un des plus grands chanteurs allemands de Lieder. Accompagné par Iddo Bar-Shaï, il a interprété le samedi, dans le Dôme des Grandes Écuries du château, <em>Le Voyage d’Hiver</em> de Schubert (Le lendemain étant consacré à une sélection de Lieder de Mahler avec l’Orchestre National de Lille sous la direction de <strong>Joshua Weilerstein</strong>). Matthias Goerne, a coutume de dire que <em>Le voyage d’Hiver</em> est l’œuvre qu’il a sûrement le plus chantée et son interprétation a singulièrement évolué au cours des ans.</p>
<p>Curieusement cette version pour voix grave et piano ne s’est imposée qu’après la seconde guerre mondiale, la version du baryton-basse Hans Hotter et du pianiste Gerald Moore en 1954 étant devenue légendaire. En réalité, c’est pour la voix de ténor de son ami Johann Michael Vogl que Schubert, malade et désespéré, avait composé <em>Le Voyage d’hiver</em> en 1827. C’est au ténor Peter Schreier qu’on doit les premières interprétations de la partition originale jusqu’à son fameux récital au Semper Oper de Dresde avec Sviatoslav Richter en 1985. Schubert utilise la tonalité mineure et des thèmes simples comme inspirés de complaintes populaires avec, au piano, des rythmes obsédants et de courts motifs qui se réduisent jusqu’au désespoir final, invitant plutôt l’interprète à une belle intériorité. Matthias Goerne préfère, lui, une autre approche très extravertie, une théâtralité débordante totalement assumée, une déclamation parfois outrancière. Sa voix, sonore et vaillante dans le grave, résonne dans l’enceinte du Dôme des Écuries avec force, voire avec violence, à la mesure du désespoir qu’exprime le narrateur du <em>Voyage d’Hiver</em>. Lors de <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/winterreise-par-goerne-et-pires-gstaad/">son récital à Gstaad en août 2023</a>, Charles Sigel avait déjà parlé de la « puissance presque sauvage » de Matthias Goerne. Au Dôme des Écuries à Chantilly, c’est encore plus le cas. L’auditeur est à la fois désarçonné et impressionné d’autant que cette expressivité véhémente n’est pas en faveur de la ligne vocale : le grave sonore et profond de la voix ne semble pas en accord avec le médium et l’aigu, ce dernier émis en une sorte de falsetto éclatant. A ses côtés le pianiste Idor Bar-shaï est le juste opposé. Le contraste est fort et passionnant. Son interprétation est bouleversante dès le prélude du premier Lied. C’est donc au piano qu’il revient d’exprimer la <em>Sehnsucht</em> de Schubert, cette nostalgie propre au romantisme allemand, que Bar-Shaï exprime avec une émotion rare et un toucher à la fois délicat et profond notamment dans les appels désespérés, sur deux notes ascendantes, qui parcourent les dix premiers chants, dont le célèbre<em> Lindenbaum</em> (<em>Le Tilleul</em>). Bar-Shaï est tout aussi puissant dans les Lieder plus vifs ou plus dramatiques comme le poignant <em>Ruckblick</em> quand le voyageur, loin de la ville, entre dans la solitude extrême. C’est dans la deuxième partie que Matthias Goerne est particulièrement saisissant en particulier dans la tessiture de basse de<em> Irrlicht</em> (<em>le Feu follet</em>) où le voyageur évoque à nouveau sa mort, et dans la vision hallucinée de <em>Die Nebensonnen</em> (<em>Les trois soleils</em>) précédant la solitude finale face au <em>Leierman</em>, vieux joueur de vièle abandonné de tous. Matthias Goerne se penche alors sur le piano, sa voix s’estompant peu à peu dans un murmure.</p>
<p>Le nombreux public, extrêmement attentif au cours de toute la soirée, a réservé un accueil chaleureux aux deux interprètes. Le Prince Amyn Aga Khan, dont on connaît le grand humanisme et l’immense culture, a fait spécialement le voyage.</p>
<p>Le week-end du 11 et 12 octobre prochain il ne faut surtout pas rater les concerts dirigés par Leonardo García Alarcón et la Capella Mediterranea, en particulier l’opéra <em>Acis et Galatée</em> de Haendel, à nouveau dans le Dôme des Grandes Écuries. A noter qu’à la gare de Chantilly-Gourvieux une navette attend les spectateurs pour les conduire au concert !</p>
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		<item>
		<title>La saison 2025-26 du Capitole de Toulouse, confiante et ambitieuse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-saison-2025-26-du-capitole-de-toulouse-confiante-et-ambitieuse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Apr 2025 05:43:02 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A l&#8217;heure où souffrent tant d&#8217;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&#8217;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&#8217;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, Christophe Ghristi avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>A l&rsquo;heure où souffrent tant d&rsquo;institutions lyriques, il est toujours réjouissant d&rsquo;en voir quelques unes tirer leur épingle du jeu. En présentant à la presse la nouvelle saison de l&rsquo;Opéra National Capitole de Toulouse, dont il est depuis 2017 le Directeur artistique, <strong>Christophe Ghristi</strong> avait ainsi plusieurs bonnes nouvelles à annoncer : fort taux de remplissage (supérieur à 90% de la jauge sur l&rsquo;ensemble de la saison, ce qui a conduit a rajouter des représentations de <em>Nabucco </em>et de <em>Norma</em>), augmentation du nombre d&rsquo;abonnés (+ 20%) et de spectateurs (+ 8%), forte présence de jeunes spectateurs (près d&rsquo;un quart d&rsquo;entre eux ont moins de 27 ans)&#8230; autant d&rsquo;indicateurs au beau fixe permettant un programme lyrique 2025-2026 ambitieux, comprenant dix titres, soit un de plus que la saison dernière.</p>
<p>Certains grands titres du répertoire seront bien entendu au rendez-vous. Un nouveau <em><strong>Don Giovanni </strong></em>de Mozart mettra à l&rsquo;honneur un tandem luxueux, composé de la cinéaste<strong> Agnès Jaoui</strong> à la mise en scène et du jeune directeur musical de l&rsquo;Orchestre du Capitole de Toulouse, <strong>Tarmo Peltokoski</strong>, au podium, tous deux faisant leurs débuts <em>in loco. </em>Une reprise de <em><strong>Lucia di Lammermoor</strong> </em>de Donizetti dans la production de Nicolas Joel verra alterner, dans les rôles principaux, <strong>Jessica Pratt</strong> et <strong>Giuliana Gianfaldoni</strong>, <strong>Pene Patti</strong>,<strong> Ramon Vargas</strong> et <strong>Bror Magnus Todenes</strong>, tandis que <strong>Michael Fabiano</strong> et<strong> Adriana Gonzalez</strong> feront leurs débuts dans les rôles principaux de l&rsquo;<strong><em>Otello</em> </strong>de Verdi. <strong><em>Salome</em></strong>, de Richard Strauss, sera pour <strong>Matthias Goerne</strong> l&rsquo;occasion de réaliser ses débuts de metteur en scène. La distribution, sous la direction de <strong>Frank Beermann</strong>, réunira <strong>Marie-Adeline Henry</strong>, <strong>Jérôme Boutillier</strong>, <strong>Nikolai Schukoff</strong> et <strong>Sophie Koch</strong>. Bizet clôturera la saison, avec <em><strong>Carmen</strong>, </em>incarnée au choix par <strong>Marie-Nicole Lemieux</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong>. Mais les amateurs de raretés pourront également se lancer dans de belles (re)découvertes  : présent lors de la présentation de la saison à la presse, <strong>Hervé Niquet</strong> dirigera une très attendue <strong><em>Thaïs </em></strong>de Massenet, mise en scène par<strong> Stefano Poda</strong>, avec <strong>Rachel Willis-Sorensen</strong>, <strong>Tassis Christoyannis</strong>, <strong>Jean-François Borras</strong> et <strong>Frédéric Caton</strong> dans les rôles principaux. <em><strong>La Passagère</strong>, </em>opéra de Mieczyslaw Weinberg, connaîtra sa création française en janvier 2026 (sous la direction de <strong>Francesco Angelico</strong>), tandis que plusieurs opéras baroques seront présentés en version de concert : <em><strong>Theodora</strong> </em>de Haendel (<strong>Lea Desandre</strong>, <strong>Véronique Gens</strong> notamment, y seront dirigées par <strong>Thomas Dunford</strong>), <em><strong>Armide</strong> </em>de Gluck (<strong>Stéphanie d&rsquo;Oustrac</strong>, <strong>Cyril Auvity</strong>, <strong>Marie Perbost</strong>, <strong>Timothée Varon</strong> avec le Poème Harmonique de <strong>Vincent Dumestre</strong>), <em><strong>Les Boréades</strong> </em>de Rameau (<strong>Reinoud Van Mechelen</strong> au pupitre et en Abaris, <strong>Gwendoline Blondeel</strong>, <strong>Lisandro Abadie</strong>).</p>
<p>Attaché aux récitals (on se souvient de ceux qu&rsquo;il avait programmés à l&rsquo;Amphithéâtre de l&rsquo;Opéra Bastille quand il était Directeur de la Dramaturgie à l&rsquo;Opéra de Paris), Christophe Ghristi invitera <strong>Matthias Goerne</strong>, <strong>Annick Massis </strong>pour ses adieux à la maison, <strong>Jakub Jozef Orlinski</strong>, mais également <strong>Zachary Wilder</strong> ou <strong>Adèle Charvet</strong> dans le format plus court des Midis du Capitole. Côté danse, un hommage à Ravel confié à <strong>Johan Inger</strong> et <strong>Thierry Malandain</strong> et le<strong> </strong><em><strong>Casse-Noisette</strong> </em>de Tchaikovski précèderont deux créations : Trois cygnes et <strong><em>Un saut dans le bleu</em></strong>, confié à <strong>Carolyn Carlson</strong>..</p>
<p>Plus de renseignements ici : <a href="https://opera.toulouse.fr/">Page d&rsquo;accueil &#8211; Opéra du Capitole (toulouse.fr)</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/breve/la-saison-2025-26-du-capitole-de-toulouse-confiante-et-ambitieuse/">La saison 2025-26 du Capitole de Toulouse, confiante et ambitieuse</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>BARTOK, Le Château de Barbe-Bleue &#8211; Paris (Philharmonie)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/bartok-le-chateau-de-barbe-bleue-paris-philharmonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christine Ducq]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 05:02:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Château de Barbe-Bleue est une de ces œuvres à la fois complexe et fascinante, qui ne supporte pas la fadeur (ou l&#8217;absence de direction incisive) dans son interprétation. A notre grand étonnement, si l&#8217;affiche de la soirée à la Philharmonie avait tout pour nous passionner, le Philharmonique de Radio France dirigé par son chef &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>Le Château de Barbe-Bleue</em> est une de ces œuvres à la fois complexe et fascinante, qui ne supporte pas la fadeur (ou l&rsquo;absence de direction incisive) dans son interprétation. A notre grand étonnement, si l&rsquo;affiche de la soirée à la Philharmonie avait tout pour nous passionner, le Philharmonique de Radio France dirigé par son chef <strong>Mikko Franck</strong>, n&rsquo;a pas tout à fait été à la hauteur des grands espoirs qu&rsquo;on pouvait légitimement placer en lui, du moins dans la première partie de l&rsquo;œuvre. Quant aux deux interprètes, si <strong>Matthias Goerne</strong> n&rsquo;a pas excessivement brillé dans le rôle de Barbe-Bleue, <strong>Aušrine Stundyté</strong> a livré une des meilleures et galvanisantes performances en Judith.</p>
<p>Qu&rsquo;a-t-il bien pu manquer pour que l&rsquo;on ne soit pas tout à fait bouleversés après que les derniers accords ont fini de retentir dans la grande salle Pierre Boulez ? Quel style est-on en droit d&rsquo;attendre pour une interprétation entièrement enthousiasmante ? Fils de cette avant-garde hongroise, qui inspira au Musée d&rsquo;Orsay une revigorante exposition il y a dix ans « Allegro Barbaro », l&rsquo;opéra en un acte et un prologue de Béla Bartók créé en 1918 exige justement une vision mordante et une exécution sans concession, à l&rsquo;intensité et à la noirceur idoines. Si Barbe-Bleue, c&rsquo;est le portrait de l&rsquo;artiste en jeune homme cruel, et si l&rsquo;opéra doit être savouré dans les ténèbres de la conscience, c&rsquo;est-à-dire derrière le « rideau de nos paupières fermées » tel que l&rsquo;annonce le Barde doté de la voix magnétique de <strong>József Gyabronka</strong> dans ce concert, alors l&rsquo;Orchestre Philharmonique n&rsquo;a réussi que de loin en loin à nous communiquer ce frisson, cette inquiétude fauve toujours moderne.</p>
<p>Or l&rsquo;orchestre est un personnage (l&rsquo;ami de Bartók, Zoltán Kodály surnommait l&rsquo;opéra « une symphonie scénique ») à part entière pour une action purement psychologique. En moins d&rsquo;une heure (normalement), Judith exige d&rsquo;ouvrir les sept portes renfermant les coupables secrets et trésors de Barbe-Bleue, l&rsquo;homme terriblement fascinant à l’effrayante réputation qu&rsquo;elle a suivi, abandonnant derrière elle famille et fiancé. Et pour cette version de concert, l&rsquo;orchestre doit suppléer la mise en scène et faire littéralement miroiter les couleurs des différents tableaux qui se succèdent. Malgré des musiciens souvent traités en solistes et comme toujours formidables, il a fallu attendre l&rsquo;ouverture de la cinquième porte, celle des Domaines de Barbe-Bleue et son tutti éclatant en ut majeur, assorti du fabuleux contre-ut exigé par le rôle de Judith, pour que l&rsquo;auditeur s&rsquo;éveille un peu de sa torpeur. Pourtant tout avait bien commencé avec un prologue à la noirceur iridescente avec les mots du Barde. Mais dès l&rsquo;ouverture de la première Porte, celle de la salles de tortures, une absence de tension dramatique et une imagination sonore inégale dans la vison du chef a rendu un peu vaines les interventions des cordes, des flûtes et des xylophones, puis des cuivres, entre autres (tous pourtant impeccables mais non unis dans une évocation transcendante commune). Si les pupitres ont brillé (avec des clarinettes et des cordes graves exceptionnelles au mitan de la soirée), il a donc fallu attendre le versant final de l&rsquo;oeuvre pour vibrer et pour que s&rsquo;ouvre vraiment le regard intérieur convoqué (avec un très beau lac de larmes, puis le couronnement et la disparition de la jeune fille derrière la septième porte).</p>
<p>Matthias Goerne a incarné un Barbe-Bleue un peu absent, relevant peut-être trop du liedersänger, (avec ses beaux moments) mais la révélation de la soirée a été Aušrine Stundyté, remplaçant Asmik Grigorian initialement prévue. La soprano lituanienne a pu compter sur un médium solide, des aigus percutants et a déployé un jeu très expressif, comme si l&rsquo;opéra était mis en scène (quand Goerne ne l&rsquo;a pas regardée une seule fois). Elle a incarné Judith avec les moyens d&rsquo;une chanteuse au sommet de son art, capable des plus subtiles raffinements et d’endurance pour un rôle qui lui convient absolument.</p>
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		<title>Aušrinė Stundytė remplace Asmik Grigorian à Paris</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/ausrine-stundyte-remplace-asmik-grigorian-a-paris/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Oct 2024 17:08:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;opéra de Bartok sera  dirigé par Mikko Franck à la tête de l&#8217;Orchestre Philharmonique de Radio France. Matthias Goerne interprètera le rôle-titre. Le concert sera diffusé en direct sur France Musique dans Le Concert du soir, présenté par Clément Rochefort et fera l’objet d’un enregistrement qui sortira en 2025 chez Alpha Classics.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;opéra de Bartok sera  dirigé par <strong>Mikko Franck</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre Philharmonique de Radio France. <strong>Matthias Goerne i</strong>nterprètera le rôle-titre. Le concert sera diffusé en direct sur France Musique dans <a href="https://services.hosting.augure.com/Response/cUa3R/{0e017e17-7d73-44c5-b556-8a034e97d1f7}" target="_blank" rel="noopener"><em>Le Concert du soir</em></a>, présenté par Clément Rochefort et fera l’objet d’un enregistrement qui sortira en 2025 chez Alpha Classics.</p>
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		<title>La Philharmonie de Paris dévoilera le 22 mars sa saison anniversaire</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-philharmonie-de-paris-devoilera-le-22-mars-sa-saison-anniversaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 21 Mar 2024 10:57:50 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dix ans déjà ! Inaugurée en janvier 2015, la Philharmonie de Paris fêtera sa première décennie au cours de la saison qui sera dévoilée sur son site internet le 22 mars. Une célébration fil rouge, qui sera marquée par plusieurs concerts-événements mais n&#8217;occultera pas d&#8217;autres commémorations, également très attendues : citons notamment les 150 ans &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dix ans déjà ! Inaugurée en janvier 2015, la Philharmonie de Paris fêtera sa première décennie au cours de la saison qui sera dévoilée <a href="https://philharmoniedeparis.fr/fr">sur son site internet</a> le 22 mars. Une célébration fil rouge, qui sera marquée par plusieurs concerts-événements mais n&rsquo;occultera pas d&rsquo;autres commémorations, également très attendues : citons notamment les 150 ans de la naissance de Maurice Ravel, dont le <em>Boléro </em>fera l&rsquo;objet d&rsquo;une exposition, et les 100 ans de Pierre Boulez.<br />
A la tête depuis 2021 de cette « institution unique au monde par sa transversalité, abritant des salles de concerts, un orchestre, un musées, des lieux d&rsquo;exposition, des espaces d&rsquo;éducation, des éditions, une salle numérique », Olivier Mantei s&rsquo;est félicité, lors d&rsquo;une présentation à la presse ce 19 mars, d&rsquo;un bilan qui s&rsquo;éloigne progressivement des difficiles années Covid. La fréquentation de la Philharmonie en 2023 a ainsi atteint son plus haut niveau depuis 2019, avec près d&rsquo;un million et demi de spectateurs et un taux de remplissage des concerts de 89%. Un succès qui permet à la Philharmonie de financer 60% de son budget de 120 millions d&rsquo;euros sur ses recettes propres, et de proposer, lors de la saison à venir, près de 450 concerts.</p>
<p><strong>L&rsquo;Orchestre de Paris</strong>, à domicile, les<strong> Arts Florissants</strong>, toujours en résidence, y côtoieront quelques unes des plus fameuses formations européennes (dont la <strong>Staatskapelle de Dresde</strong>, pour la première fois <em>in loco</em>), sans que les grandes voix soient oubliées : pièces choisies dans cette vaste programmation, citons un concert commun entre<strong> Roberto Alagna</strong> et <strong>Ludovic Tézier</strong>, un autre entre <strong>Diana Damrau</strong> et <strong>Jonas Kaufmann</strong>, la présence de <strong>Sabine Devieilhe</strong> (dans le <em>Requiem </em>de Brahms et dans celui de Fauré, mais aussi dans les plus légères <em>Frühlingsstimmen </em>de Johann Strauss fils), des récitals de <strong>Juan Diego Florez</strong> ou de <strong>Sonya Yoncheva,</strong>&#8230; Du côté de l&rsquo;opéra, quelques classiques (une <em>Traviata </em>verdienne avec <strong>Rachel Willis-Sorensen</strong>, le <em>Château de Barbe-Bleue </em>de Bartok avec<strong> Asmik Grigorian</strong> et <strong>Matthias Goerne</strong>, un <em>Orfeo </em>de Gluck avec <strong>Cecilia Bartoli</strong>) voisineront avec des raretés (<em>Der Kaiser von Atlantis, </em>composé par Viktor Ullmann lors de sa détention au camp de concentration de Theresienstadt, la suite du cycle <em>Licht</em> de Stockhausen) et quelques curiosités (<em>Siegfried </em>de Wagner sur instruments d&rsquo;époque, proposé par <strong>Kent Nagano</strong> et les forces conjuguées du Concerto Köln et du Dresdner Festspielorchester). Quant aux passionnés de choeurs, ils ne voudront pas manquer le spectacle proposé par les Arts Florissants sur le <em>Répons des ténèbres </em>de Gesualdo, ni la venue de la <strong>Los Angeles Master Chorale</strong> pour une soirée consacrée à Schütz régie par <strong>Peter Sellars</strong>, ni l&rsquo;incursion de<strong> Klaus Mäkelä</strong> dans la <em>Messe en si mineur </em>de Bach, ni bien sûr la venue de <strong>Riccardo Muti</strong> à la tête de l&rsquo;Orchestre National de France pour le <em>Requiem </em>de Verdi.</p>
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		<title>Récital Evgeny Kissin et Matthias Goerne &#8211; Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/recital-evgeny-kissin-et-matthias-goerne-bruxelles-bozar/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Claude Jottrand]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 15 Mar 2024 07:29:42 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On ressort entièrement conquis du récital que donnaient l&#8217;autre soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le baryton Matthias Goerne avec son partenaire pour cette série de concerts, l’excellent pianiste d’Evgeny Kissin. C’est une des particularités de Goerne de s’attacher à différents pianistes, en général des personnalités éminentes et des tempéraments très forts, et de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On ressort entièrement conquis du récital que donnaient l&rsquo;autre soir au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles le baryton <strong>Matthias Goerne</strong> avec son partenaire pour cette série de concerts, l’excellent pianiste d’<strong>Evgeny Kissin</strong>. C’est une des particularités de Goerne de s’attacher à différents pianistes, en général des personnalités éminentes et des tempéraments très forts, et de construire son interprétation dans le cadre de cette confrontation. On se souvient de ses partenariats avec Alfred Brendel, Christof Eschenbach, Vladimir Ashkenazi, Leif Ove Andsnes ou Daniil Trifonov, à côté de collaborations à caractère plus permanent avec des spécialistes réguliers de l’accompagnement.</p>
<p>Tout le monde connait la carrière exceptionnelle de Kissin, enfant prodige né à Moscou, naturalisé britannique puis israélien, ses facilités techniques déconcertantes, son répertoire très large et sa personnalité très forte. Je ne sais lequel des deux artistes de la soirée est à l’initiative de cette proposition de collaboration, qui amène le pianiste vers des répertoires qu’il connait moins et des habitudes de concert différentes. Ses incursions dans le monde du Lied se limitaient jusqu’ici à quelques pièces de Schubert enregistrées avec Thomas Quasthoff dans le cadre du festival de Verbier. Et on ne contient pas facilement une personnalité comme la sienne, habituée à remplir tout l’espace, à mener le récit, à imposer ses choix. C’est particulièrement sensible dans Schumann, où le rôle du piano est si complémentaire au chant, si directement associé à lui, qu’il ne souffre pas la moindre discordance d’intention ou de conception, même lorsqu’il s’épanouit en de généreux et magnifiques postludes. Les deux tempéraments s’affrontent, le pianiste tirant la couverture à lui et tentant, sans succès, de mener le chanteur vers plus d’extériorité, vers un drame moins habité mais plus démonstratif.</p>
<p>Dans Brahms, où l’écriture pianistique est plus fournie, plus rhapsodique, il s’agit davantage de créer un climat, une couleur sonore qui viendra soutenir la voix. Les deux artistes s’accordent très bien dans cette veine-là, même si le piano fort sonore et très percussif de Kissin couvre souvent son partenaire dans le registre grave.</p>
<p>Goerne, dans un programme qui lui est pourtant très familier, chante ce soir avec lunettes et partitions ; il semble aussi avoir définitivement renoncé au cérémonial figé du récital de Lieder dont il supporte mal le carcan : le corps bouge beaucoup. Dans une sorte de danse incantatoire qui accompagne la ligne vocale, le chanteur s’engage avec énormément de liberté et d’expressivité, investit chaque mot, chaque note, en perpétuelle recherche de sens et d’émotion. Centré autour du poète Heinrich Heine et de son univers particulier, fait de romantisme exacerbé, d’humour décalé et d’une noirceur quasi constante, le programme confronte Schumann à Brahms, avec le <em>Dichterliebe</em> pour pièce de résistance. Seule la dernière partie du programme fera intervenir d’autres poètes, mais dans une veine guère différente. Autre particularité, il chante ce long programme (une heure vingt) sans interruption, enchaînant les parties les unes aux autres, sans prendre le moindre répit, au risque d’une certaine fatigue vocale, et sans laisser au public l’occasion d’applaudir. Il construit ainsi une progression dramatique continue, un véritable voyage émotionnel émaillé de nombreux moments de grâce.</p>
<p>L’interprétation de Goerne est magistrale de bout en bout, d’une remarquable intensité, d’une liberté absolue, qui emmène l’auditeur aussi loin que possible dans l’émotion. Il choisit le plus souvent des tempi très lents, ce qui entraîne parfois des respirations supplémentaires qu’on jugerait fautives chez un débutant, mais dont on se fiche pas mal ici tant elles sont bien faites. Le débit vocal suit le rythme du texte, peaufine les intentions, s’étale librement, surprenant plus d’une fois un pianiste sans doute habitué à plus de rigueur et moins de spontanéité.</p>
<p>La voix de Goerne évolue avec l’âge, elle s’enrichit dans le registre grave sans pour autant perdre les magnifiques couleurs qu’elle a toujours eues dans le medium – et même le haut medium, registres que le chanteur aborde en allégeant l’émission, en la plaçant très en avant du masque au risque d’une certaine nasalisation, mais qui permet une large palette et une diction très claire. Hélas, le piano très incisif et très présent de Kissin ne permet pas de tout entendre de ces subtilités, même si le résultat global reste du plus haut niveau et si les propositions des deux artistes maintiennent sans cesse l’attention du public en éveil.</p>
<p><em> </em>Une longue<em> standing</em> <em>ovation,</em> suivie d’un seul bis, <em>Lerchengesang</em> op.70-2 de Brahms, chanté avec simplicité et émotion, viendra clore cette très belle soirée.</p>
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		<title>Benjamin Bernheim chantera Hoffman à Salzbourg en 2024</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/benjamin-bernheim-chantera-hoffman-a-salzbourg-en-2024/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Audrey Bouctot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Dec 2023 17:16:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La programmation du festival de Salzbourg en 2024 proposera pas moins de dix opéras dont la moitié en version concert. Autour des traditionnels Don Giovanni sous la baguette de Teodor Currentzis et Cosi Fan tutte illuminé par la présence de Cecilia Bartoli en Sesto, d’Alexandra Marcellier et Melissa Petit, culmineront les Contes d’Hoffman dans la &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>La programmation du festival de Salzbourg en 2024 proposera pas moins de dix opéras dont la moitié en version concert. Autour des traditionnels <em>Don Giovanni</em> sous la baguette de <strong>Teodor Currentzis</strong> et<em> Cosi Fan tutte</em> illuminé par la présence de <strong>Cecilia Bartoli</strong> en Sesto, <strong>d’Alexandra Marcellier</strong> et <strong>Melissa Petit</strong>, culmineront <em>les Contes d’Hoffman</em> dans la mise en scène de <strong>Mariame Clément</strong> et la direction de <strong>Marc Minkowski</strong>. <strong>Benjamin Bernheim</strong> y interprétera le rôle-titre .</p>
<p>La mezzo-soprano suisse <strong>Eve-Maud Hubeaux</strong> apparaîtra à la fois dans l’<em>Hamlet</em> d’Ambroise Thomas aux côtés de <strong>Lisette Oropesa</strong> et <strong>Stéphane Degout</strong> et dans <em>Capriccio</em> avec <strong>Elsa Dreisig</strong> sous la direction de <strong>Christian Thielemann</strong></p>
<p>A noter également les récitals <strong>d’Elina Garanca</strong> et <strong>Matthias Goerne</strong> ainsi que les <em>Vier Letzte Lieder</em> de Strauss avec la soprano <strong>Asmik Grigorian</strong> sous la direction de <strong>Gustavo Dudamel</strong></p>
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		<title>Les couleurs d&#8217;une voix : Matthias Goerne, noir Soulages</title>
		<link>https://www.forumopera.com/brouillon-auto-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[La Rédaction]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Nov 2023 05:28:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.forumopera.com/brouillon-auto-4/</guid>

					<description><![CDATA[<p>« Je ne suis pas vraiment certain de jouer avec les couleurs les plus sombres de ma voix, du moins de manière consciente. La musique et sa tonalité propre sont mes guides en la matière. Ces couleurs sombres – que vous entendez, qui sont les miennes – ne sont pas toujours de mon fait. Par exemple &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>« Je ne suis pas vraiment certain de jouer avec les couleurs les plus sombres de ma voix, du moins de manière consciente. La musique et sa tonalité propre sont mes guides en la matière. Ces couleurs sombres – que vous entendez, qui sont les miennes – ne sont pas toujours de mon fait. Par exemple dans le <em>Wanderer</em> du Schubert ou l&rsquo;<em>Abendstern</em>, ce n&rsquo;est pas tant une question de tessiture, mais de développement naturel de la ligne ; ces deux exemples appellent la clarté, car l&rsquo;oeuvre est en quête de clarté, c&rsquo;est comme si on entendait Goethe dire « lumières ! lumières ! »</p>
<p>« A contrario, dans une oeuvre comme la Quatorzième symphonie de Chostakovitch, dont la tonalité est pour le moins lugubre, il faut trouver une couleur adéquate, une couleur de chair et de sang, que le son adopte ce caractère. La musique appelle parfois la pire laideur, le dégoût ou l&rsquo;agressivité augmentées de caractéristiques qui pourraient sembler paradoxales, comme la beauté et la douceur. C&rsquo;est là que le colorisme devient topique : rien n&rsquo;est le fait de ma création, tout vient de la partition. »</p>
<p>« La voix et ses couleurs naissent dans la partition ; dans le cas de cette oeuvre de Chostakovitch, on pourrait dire que le brun est la couleur prédominante auquel se mêle un bleu très foncé et un noir absolu. Mais ce n&rsquo;est pas parce que, comme un peintre, j&rsquo;ai préparé ma palette avant d&rsquo;entrer dans le studio, mais parce que toutes ces informations, mon inconscient les a trouvées dans les notes et dans le texte ».</p>
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