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	<title>Ryan MCADAMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Ryan MCADAMS - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>BRITTEN, Owen Wingrave — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/owen-wingrave-nancy-le-marginal-mis-a-mort-par-ses-militaires-meme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Oct 2014 06:29:04 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quel bonheur d’assister à un spectacle qui ne se contente pas d’une illustration paresseuse de l’œuvre ! Il ne serait que trop facile de situer Owen Wingrave, opéra pacifiste inspiré d&#8217;un récit fantastique, dans quelque décor unique de vieux manoir, où les personnages se contenteraient d’entrer et sortir. Heureusement, la production nanciéenne nous offre infiniment mieux que &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quel bonheur d’assister à un spectacle qui ne se contente pas d’une illustration paresseuse de l’œuvre ! Il ne serait que trop facile de situer <em>Owen Wingrave</em>, opéra pacifiste inspiré d&rsquo;un récit fantastique, dans quelque décor unique de vieux manoir, où les personnages se contenteraient d’entrer et sortir. Heureusement, la production nanciéenne nous offre infiniment mieux que cela, et <strong>Marie-Eve Signeyrole </strong>trouve là l’occasion de signer une mise en scène admirablement réussie. La stupéfiante scénographie conçue par <strong>Fabien Teigné</strong>, toujours mobile et constamment renouvelée, est une véritable machine à broyer les âmes qui finira par avoir raison du héros : la galerie de portraits y est remplacée par un palais des miroirs tournant, habité de figurants en tenue militaire, hommage au praxinoscope, ancêtre du cinéma. Car de ses origines télévisuelles <em>Owen Wingrave </em>tient une fluidité narrative qui suppose le passage instantané d’un lieu à l’autre, voire la simultanéité des actions. Le caractère filmique de l’œuvre est ici reflété par la multiplicité des projections et des mouvements, et les différents espaces ainsi ménagés permettent toutes sortes d’échos et de correspondances. Si la référence à l’exploitation pétrolière paraît un peu plaquée sur l’œuvre – mais cohérente dans sa dénonciation du complexe militaro-industriel –, elle se traduit par de fort belles images et inspire l’aspect même de la structure du décor ; quant à la référence à l’homosexualité (et à l’homophobie, avec cette image de passage à tabac dans les douches pendant la scène 1), elle est légitime compte tenu de la prégnance de ce thème dans l’ensemble de l’œuvre de Britten, et permet d’étoffer le personnage de Coyle, qui acquiert ainsi une relation avec Owen comparable à celle du capitaine Vere avec Billy Budd. Les costumes de <strong>Yashi </strong>oscillent entre les années 1900 et les années 1940, et transforment le général en sosie de Henry James – auteur de la nouvelle adaptée par Myfanwy Piper, également librettiste du <em>Tour d’écrou</em> – auquel une trépanation sauvage aurait imposé le port d’une plaque métallique sur la tempe droite. Les lumières subtiles de <strong>Philippe Berthomé</strong> ont elles aussi leur part dans la réussite de ce spectacle.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/owen_wingrave_oea_opera-national-lorraine_7.jpg?itok=EA8u_V-o" width="468" /><br />
	© Opéra national de Lorraine</p>
<p>Musicalement, c’est aussi la fête. Bien que longtemps négligé, <em>Owen Wingrave </em>connaît depuis quelque temps un regain d’intérêt (voir notre brève) et ce n’est que justice, car dans ce qui devait être son avant-dernier opéra, Britten se révèle en pleine possession de ses moyens : il sait admirablement maintenir l’intérêt en éveil, sans aucun temps mort, et surtout il savait écrire pour les voix ! <strong>Ryan McAdams</strong> tient avec la baguette avec rigueur et tire le meilleur de l’Orchestre symphonique et lyrique d Nancy. Comme il l’avait fait pour <em>The Importance of Being Earnest, </em>l’Opéra national de Lorrain a réuni une distribution entièrement anglophone, dans laquelle on retrouve quelques noms familiers, à commencer par celui de <strong>Chad Shelton</strong>, applaudi en Candide de Bernstein la saison dernière. Il est cette fois un Lechmere au timbre clair et limpide, qui se distingue bien de l’autre ténor, celle de <strong>Mark Le Brocq</strong>, plus dramatique dans un rôle créé par Peter Pears. Dans le rôle-titre, <strong>Ashley Riches</strong> offre une voix baryton à la fois dense et juvénile, et l’acteur sait faire partager les tourments de son personnage. Coyle filiforme et plus jeune qu’on ne l’imagine, <strong>Allen Boxer</strong> se montre tout aussi convaincant. Quant aux dames, elles brillent particulièrement, à commencer par l’excellente <strong>Katherine Broderick</strong>, à la voix ample et sonore, aux graves riches et dotée d’un grain tout à fait personnel. <strong>Kitty Whately</strong> réussit l’exploit de donner une voix charmante à un personnage antipathique, et <strong>Orla Boylan</strong>, d’abord un peu couverte par l’orchestre dans le bas de la tessiture, compose une Miss Wingrave impressionnante bien qu’un peu moins monstrueuse que de coutume. Avec un rôle moins porteur, <strong>Judith Howarth</strong> complète harmonieusement cet ensemble, auquel il faut adjoindre les voix très pures – et justes ! – du Chœur d’enfants du Conservatoire régional. Et l’on n’oubliera pas les figurants : la chorégraphe et danseuse <strong>Danielle Gabou, </strong>la fascinante servante muette de Miss Wingrave, les différents enfants qui campent Owen et Lechmere dix ans avant, et les militaires inquiétants qui accablent le héros.</p>
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		<title>BERNSTEIN, Candide — Nancy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/dans-le-meilleur-des-theatres-possibles/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 08 Dec 2013 21:33:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Quelle excellente idée l’Opéra de Nancy a eue de programmer le désopilant Candide de Bernstein pour les fêtes (les représentations coïncident avec les grandes festivités liées à la Saint-Nicolas, honoré en Lorraine par toutes sortes de défilés, processions et feux d’artifices). Le spectacle monté par Robert Carsen au Châtelet en 2006 avait permis à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Quelle excellente idée l’Opéra de Nancy a eue de programmer le désopilant <em>Candide </em>de Bernstein pour les fêtes (les représentations coïncident avec les grandes festivités liées à la Saint-Nicolas, honoré en Lorraine par toutes sortes de défilés, processions et feux d’artifices). Le spectacle monté par Robert Carsen au Châtelet en 2006 avait permis à beaucoup de mélomanes de découvrir cette œuvre, surtout connue par l’enregistrement qu’en avait dirigé le compositeur peu avant sa disparition ; si l’opéra d’Anvers vient de le présenter <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=5341&amp;cntnt01returnid=54">en juin dernier</a>, on n’a guère eu l’occasion de revoir <em>Candide</em> en France. Après la brillante réussite de <em>The</em> <em>Importance of Being Earnest</em> au cours de la saison précédente, il était légitime de confier cette production à la <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=4938&amp;cntnt01returnid=54">même équipe anglophone</a>, et l&rsquo;on pouvait espérer que tout serait pour le mieux dans le meilleur des théâtres possibles. Si le décor n’a pas le côté surréaliste de celui qu’avait conçu, déjà, <strong>Annemarie Woods</strong> pour l’opéra de Gerald Barry d’après Oscar Wilde, les costumes d’<strong>Anna Fleischle</strong> ne passent pas inaperçus (notamment avec des Jésuites plus que croquignolets) et l&rsquo;on apprécie aussi la chorégraphie de <strong>Lorena Randi</strong>. Pour sa mise scène, le Britannique <strong>Sam Brown</strong> puise dans la mythologie étatsunienne puisqu’il situe toute l’action en Amérique, un peu comme l’avait fait Carsen. Première surprise et première image forte : la Westphalie, ici « Westphalia, Michigan » (le village existe réellement) est une communauté amish, où les héros reviendront au terme de leur parcours. Partant, il n’est pas difficile de trouver maints exemples d’obscurantisme ou de débauche sur le territoire des USA, que ce soit à « Lisbon, Iowa », à « Paris, Texas », ou à « Cadiz, Ohio ». Les quatre rois qui se disputent au deuxième acte deviennent les quatre présidents sculptés sur le mont Rushmore. Tout cela fonctionne bien, avec cohérence, et correspond à ce que Bernstein et ses librettistes voulaient faire, le XVIIIe siècle européen n’étant qu’un masque transparent pour l’Amérique intolérante des <em>fifties</em>. Et l’on admire le courage qu’il fallut sans doute à Lilian Hellman pour conserver toute la gauloiserie du texte de Voltaire&#8230;</p>
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<p>			Majorité écrasante d’anglophones dans la distribution aussi, comme on pouvait s’y attendre. Vu dans <em>The Importance of Being Earnest</em>, <strong>Chad Shelton</strong> est un Candide au visage poupin et à la voix claire, qui exprime bien l’idéalisme naïf du héros. Sa partenaire dans le Gerald Barry,<strong> Ida Falk Winland </strong>possède un timbre ferme et sonore, mais ne fait pas tout à fait de « Glitter and be gay » le numéro de cirque que peut être cet air ; en dehors de ce tube, ses qualités vocales s’imposent incontestablement. Aux côtés de ces deux voix d’opéra, l’on peut entendre des artistes plus familiers d’un autre univers. Arrivée sur le tard pour remplacer Renee Morloc initialement prévue,<strong> Beverly Klein</strong> a de la personnalité à revendre dans le rôle de la Vieille, qu’elle a notamment interprété à l’ENO ; les spectateurs du Châtelet l’ont vu dans <em>Sunday in the Park with George</em>, elle reviendra en 2014 pour <em>Into the Woods</em> du même Stephen Sondheim. Quant à <strong>Michael Simkins</strong>, c’est avant tout un acteur qui s’est certes produit dans des comédies musicales à Londres, mais il chante un peu comme Rex Harrison dans <em>My Fair Lady</em> ; on entend bien ses aigus, mais ses graves beaucoup moins, et il vaut mieux qu’il ait recours au <em>parlando</em>. Pour lui surtout se pose la question de la sonorisation, à laquelle l’opéra de Nancy n’a pas fait appel, à juste titre pour toute la partie chantée, mais qui aurait pu s’avérer utile dans les dialogues parlés, parfois couverts par l’orchestre. Tous les autres rôles sont confiés à des chanteurs lyriques : si <strong>Kevin Greenlaw</strong> change d’apparence à plusieurs reprises sans jamais quitter le personnage de Maximilien, les autres endossent pour la plupart des rôles multiples dont ils s’acquittent avec une bel entrain. Adoptant en général des tempos assez mesurés, <strong>Ryan McAdams</strong> fait ressortir les détails d’orchestration de la célèbre ouverture et conduit avec conviction une partition qui multiplie les rythmes exotiques et les clins d’œil parodiques (quand Candide part pour l’Amérique du sud, on croit entendre les <em>Saudades do Brazil</em> de Darius Milhaud).</p>
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