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	<title>Heidi MELTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Heidi MELTON - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>LIGETI, Le Grand Macabre — Londres</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/le-grand-macabre-londres-joyeux-bordel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jan 2017 11:31:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, Peter Sellars a accepté la proposition de Sir Simon Rattle et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du Grand Macabre au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir vu sa mise en scène à Salzbourg en 1997 reniée par le compositeur lui-même, <strong>Peter Sellars</strong> a accepté la proposition de <strong>Sir Simon Rattle</strong> et du London Symphony Orchestra d’une version semi-scénique du <em>Grand Macabre</em> au Barbican Center de Londres. Deux représentations et une deuxième collaboration entre le maestro et le metteur en scène après un <em>Pelléas et Mélisande</em> particulièrement réussi l’an passé. Toujours peu enclin à explorer le théâtre de l’absurde et la drôlerie irrévérencieuse de l’œuvre, l’Américain choisit à nouveau l’angle politique pour cette mise en espace. Le cataclysme c’est l’homme lui-même et sa force auto-destructrice toute entière résumée dans le symbole radioactif et la bombe nucléaire. Une projection d’un planisphère égrainera toutes les explosions depuis 1945 jusqu’à nos jours (plus de 2000). Si le propos suscite de l’intérêt, il réduit le récit du livret à une action politique, et ce faisant, il affaiblit les personnages et leur ambivalence notamment Nekrotzar qui semble bien palot en ange de la mort. Regrettable, d’autant que le placement et le rôle du chœur (dans les balcons, dans les travées du parterre etc.) tout comme la direction d’acteur toujours aussi intense pouvait laisser de la place à la folie douce. Un bordel politique et intellectuel trop distant du bordel lubrique qui doit survenir scène après scène.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="338" src="/sites/default/files/styles/large/public/le_grand_macabre_005.jpeg?itok=1SEJA9vr" title="© John Phillips" width="468" /><br />
	© John Phillips</p>
<p>Si la mayonnaise ne prend pas vraiment, ce n’est pas faute d’engagement de la part des chanteurs, magnétisés comme à chaque fois par Peter Sellars. <strong>Peter Hoare</strong> ouvre ce bal des fous dans une scène d’ébriété qui cueille la salle à froid avant de la dérider. Le timbre est chaud, la voix puissante et colorée pour épouser les sautes d’humeur du personnage. Suit l&rsquo;Amando profond et suave de Ronita Miller qu’équilibre le timbre d’<strong>Elizabeth Watts</strong> (Amanda). Tout ce beau monde cesse de batifoler bien vite à l’arrivée de l’inquiétant Nekrotzar de <strong>Pavlo Hunka</strong>. Une projection torrentielle finit d’asseoir le personnage démoniaque. Le couple Astradamors et Mescalina trouve en <strong>Frode Olsen </strong>et <strong>Heidi Melton</strong> deux opposés parfait tant physiquement que vocalement. Elle, voix chaude et sensuelle a besoin de deux onomatopées pour incarner la nymphomane quand lui, roide et piquant est crédible d’emblée en mari masochiste et soumis. <strong>Audrey Luna</strong> réussit à glisser de la douceur de Venus aux pyrotechnies de Gepopo avec une aisance confondante. Placement scénique oblige (elle est dans un lit d&rsquo;hôpital juste à côté de Simon Rattle), c’est bien plus cette intervention comme chef de la police secrète qui laisse coi tant l’aisance vocale est grande. Le contre-ténor <strong>Anthony Roth Costanzo</strong> épouse l’écriture presque baroque que Ligeti a voulu pour le Prince Gogo. Le portrait du potentat fragile est complet. Le London Symphony Chorus est irréprochable (dirigé depuis la scène par Simon Halsey) et complètement investi pour donner corps au peuple véhément ou implorant, à l’exception peut-être de quelques attaques particulièrement exposées.</p>
<p>	Au milieu de tout cet embrouillamini, Simon Rattle organise et excelle à faire déborder cette musique jubilatoire. Sa précision d’horloger fait naviguer le LSO sans mal à travers toutes les difficultés de la partition : des tutti gargantuesques au pianissimo presque inaudible. Pas un pupitre ne manque au diapason du regard sérieux et goguenard du chef, comme s’il devenait lui-même un des acteurs de la farce. Ligeti qualifiait son travail d’anti-opéra. Le chef britannique rend à l’orchestre un rôle prépondérant. Il commente, il moque et il cingle si bien qu’il déclenche les réactions hilares du public, ce en quoi échoue en partie la mise en scène.</p>
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		<title>Et maintenant, Peter Sellars ritualise le Grand Macabre</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/et-maintenant-peter-sellars-ritualise-le-grand-macabre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Dec 2016 16:06:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On le sait, depuis quelques années, Peter Sellars semble avoir délaissé la mise en scène d’opéra dans sa forme traditionnelle au profit de « ritualisations », sortes de mises en espace pour lesquelles le chœur est habillé de vêtements d’aujourd’hui dans un camaïeu de bleu, tandis que les solistes se déplacent parmi les instrumentistes de l’orchestre ou &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>On le sait, depuis quelques années, <strong>Peter Sellars</strong> semble avoir délaissé la mise en scène d’opéra dans sa forme traditionnelle au profit de « ritualisations », sortes de mises en espace pour lesquelles le chœur est habillé de vêtements d’aujourd’hui dans un camaïeu de bleu, tandis que les solistes se déplacent parmi les instrumentistes de l’orchestre ou sur quelques estrades disposées ici et là dans la salle de concert. D’ailleurs, même sa production d’<em>Oedipus</em> <em>Rex</em> à Aix-en-Provence cet été relevait plutôt de cette esthétique que d’un véritable spectacle scénique. Et peu à peu, Sellars revisite donc les opéras qui lui ont valu ses plus grands succès en les passant à la moulinette ritualisante. <em>Pelléas et Mélisande</em>, qu’il avait monté à Amsterdam en 1993 vient de connaître ce sort, et ce sera bientôt le tour du <em>Grand Macabre</em>, dont les impressionnants décors de George Tsypin n’avaient pas manqué d’impressionner les spectateurs lors des représentations donées à Salzbourg à l’été 1997, puis au Théâtre du Châtelet en février 1998. Vingt ans après, sans décors ni costumes, <em>Le Grand Macabre</em> sera mis en espace au Barbican Hall de Londres en janvier 2017, puis à la Philharmonie de Berlin en février. Sous la baguette de <strong>sir Simon Rattle</strong>, une distribution de choix réunira entre autres <strong>Anna Prohaska, Heidi Melton, Pavlo Hunka, Frode Olsen </strong>et <strong>Audrey Luna</strong>. Mais pas plus que <em>Pelléas et Mélisande</em>, ce spectacle-concert ne passera par Paris. Heureusement, il y a l’Eurostar…</p>
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		<title>Une Messe de vie, pour redécouvrir Jan van Gilse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/une-messe-de-vie-pour-redecouvrir-jan-van-gilse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Oct 2016 12:40:30 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Poète anarchiste nietzschéen, enfant terrible de la literature allemande, Richard Dehmel (1863-1920) frappa surtout ses contemporains avec son livre Weib und Welt, ouvrage blasphématoire où il déclarait toute morale purement artificielle, contrairement à l’attraction sexuelle, seule vérité naturelle. Ce texte scandaleux devait notamment inspirer à Schoenberg sa Nuit transfigurée. A 23 ans, le compositeur néerlandais &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Poète anarchiste nietzschéen, enfant terrible de la literature allemande, Richard Dehmel (1863-1920) frappa surtout ses contemporains avec son livre <em>Weib und Welt</em>, ouvrage blasphématoire où il déclarait toute morale purement artificielle, contrairement à l’attraction sexuelle, seule vérité naturelle. Ce texte scandaleux devait notamment inspirer à Schoenberg sa <em>Nuit transfigurée</em>. A 23 ans, le compositeur néerlandais Jan van Gilse (1881-1944) ne put, bien que séduit, concevoir une œuvre aussi révolutionnaire que le poème de Dehmel qu’il choisit de mettre en musique, et il existe un contraste presque amusant entre la sérénité de sa partition et la violence du poème. Sa <em>Messe de vie</em>, qui ressemble un peu à du Brahms retouché par Richard Strauss, requiert par ailleurs des effectifs considérables et exige notamment un ténor wagnérien de premier plan, ce que n’est peut-être pas tout à fait le soliste du concert capté en 2013 par le label CPO. Malgré l’intérêt historique de cette redécouverte, il n’est donc pas certain que, hors des Pays-Bas, la renommée de Jan van Gilse soit appelée à refleurir de sitôt.</p>
<p>Jan van Gilse, <em>Eine Lebensmesse</em>, oratorio sur un texte de Rihard Dehmel (1863-1920), Heidi Melton, soprano, Gerhild Romberger, mezzo, Roman Sadnik, ténor, Vladmiri Baykov, basse, Nationaal Vrouwen Jeugdkoor, Groot Omroepkoor, Radio Flharmonisch Orkest, Direction musicale Markus Stenz, enregistré au Vredenburg Leidsche Rijn, le 31 mai 2013, 1 CD CPO 777 924-2, 55’27</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Jennifer Wilson : annulation forcée à Bayreuth</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/jennifer-wilson-annulation-forcee-a-bayreuth/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 19 Jul 2016 05:09:51 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a plusieurs manières pour un chanteur d&#8217;opéra de communiquer son retrait d&#8217;une production. Habituellement, des raisons personnelles ou de santé sont invoquées sans plus de développement – c&#8217;est la solution choisie dernièrement par Javier Camarena pour annoncer qu&#8217;il ne chantera finalement pas le rôle de Fenton dans Falstaff à Verbier le 29 juillet &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Il y a plusieurs manières pour un chanteur d&rsquo;opéra de communiquer son retrait d&rsquo;une production. Habituellement, des raisons personnelles ou de santé sont invoquées sans plus de développement – c&rsquo;est la solution choisie dernièrement par <strong>Javier Camarena</strong> pour annoncer qu&rsquo;il ne chantera finalement pas le rôle de Fenton dans <em>Falstaff </em>à Verbier le 29 juillet (il est remplacé par <strong>Atalla Ayan</strong>). D&rsquo;autres au contraire préfèrent donner des explications détaillées et, lorsqu&rsquo;ils ne pratiquent pas la langue de bois, cela peut devenir riche d&rsquo;enseignement. Ainsi, la soprano<strong> Jennifer Wilson</strong> raconte-t-elle son annulation forcée dans <em>Die Walküre</em> à Bayreuth cet été avec une sincérité qui aide à comprendre sa frustration : « <em>Avec de profonds regrets et une grande déception, je suis contrainte d&rsquo;annoncer que j&rsquo;ai accepté, sur le principe (les conditions financières sont encore en cours de négociation), le rachat du contrat par lequel j&rsquo;étais engagée pour chanter Sieglinde cette année au Festival de Bayreuth. Dès l&rsquo;été dernier, <strong>Marek Janowski</strong> avait exprimé des réserves sur le manque de contraste vocal entre moi et la formidable Catherine Foster. Il les a répétées à l&rsquo;automne quand mon agent a appris que le Festival me demandait de renoncer au rôle, puis ils semblent avoir changé d&rsquo;avis. Bayreuth m&rsquo;a assuré qu&rsquo;ils me voulaient dans le rôle et m&rsquo;a encouragée à venir comme prévu cet été.<br />
	La malchance a voulu que j&rsquo;arrive avec la grippe et une grave laryngite. J&rsquo;ai participé à toutes les répétitions, mais il m&rsquo;a fallu dix jours pour récupérer ma voix, et à ce moment-là, les répétitions avec orchestre ont commencé. Lors de ces répétitions, j&rsquo;ai chanté à pleine voix, et j&rsquo;étais à un niveau vocal qui m&rsquo;aurait permis de participer à une représentation. J&rsquo;ai chanté tout à fait correctement lors de trois italiennes, et lors de trois répétitions-marathon avec orchestre et mise en scène. Peut-être mon volume sonore lors de ces répétitions n&rsquo;a-t-il fait que confirmer Maestro Janowski dans son opinion préalable, scellant ainsi mon destin. Mais samedi dernier, nous avons eu une entrevue où il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il n&rsquo;avait aucun reproche à m&rsquo;adresser quant à ma voix, ma préparation ou mes qualités musicales, et qu&rsquo;il était très content du travail accompli ensemble lors des italiennes et des mise en scène orchestre. Cependant, il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il considérait que j&rsquo;avais une voix pour Brunnhilde plutôt que pour Sieglinde. Il voulait un timbre différent pour le rôle, et il m&rsquo;a demandé de me retirer. Il m&rsquo;a dit qu&rsquo;il ne dirigeait plus d&rsquo;opéras scéniques parce qu&rsquo;il déteste les productions actuelles, mais que s&rsquo;il devait diriger une </em>Walkyrie <em>en concert, il serait ravi que je sois sa Brunnhilde.<br />
	Et voilà. Je souhaite le plus vif succès à ma remplaçante, ma superbe amie et collègue <strong>Heidi Melton</strong>, pour ses débuts à Bayreuth, et je dis toï toï toï à mes merveilleux collègues ! Je continue à espérer que je pourrais un jour chanter sur la Colline sacrée.</em> »</p>
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		<item>
		<title>WAGNER, Tannhäuser — Berlin</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tannhauser-berlin-des-vitamines-a-la-wartburg/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Nov 2015 06:57:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>A la Deutsche Oper de Berlin, le public est nombreux pour ce Tannhäuser (version de Dresde) de répertoire. Autour d’une solide distribution, Stephen Gould retrouve, dans une production manichéenne créée en 2008, le rôle qui l’a fait connaître à Paris. Dès l’ouverture – sans la bacchanale donc – Kirsten Harms ouvre le rideau et présente &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>A la Deutsche Oper de Berlin, le public est nombreux pour ce <em>Tannhäuser</em> (version de Dresde) de répertoire. Autour d’une solide distribution, <strong>Stephen Gould</strong> retrouve, dans une production manichéenne créée en 2008, le rôle qui l’a fait connaître à Paris.</p>
<p>	Dès l’ouverture – sans la bacchanale donc – <strong>Kirsten Harms</strong> ouvre le rideau et présente les axes clés de sa lecture : un chevalier en armure descend dans l&rsquo;enfer du Venusberg. Le mouvement trouvera son exact opposé dans l&rsquo;ascension du chœur des pèlerins au premier acte. Ainsi, le plateau de scène fait l’ascenseur pendant tout le spectacle, devenant tour à tour abîme, tranchées, marches ou montagne. L’ensemble est immédiatement lisible, baigné des splendides lumières et ambiances de <strong>Bernd Damovsky</strong> : rouge, violacée pour le désir et le péché ; bleu, blanc pour la pureté. Mais tous les autres pans de l’œuvre de Wagner sont peu ou prou évacués. La place de l’art et de la création artistique ? Sa valeur subversive ?  Non. Au moins ce manichéisme s’exprime-t-il moins en bien et mal qu’en dichotomie plaisirs charnels, ascèse. Dès le deuxième acte, l’ensemble tourne vite en rond : statisme et costumes grands guignolesque à la Wartburg et retour à un univers médical hors de propos déjà vus trop de fois chez Wagner au troisième acte. On supporte encore une fois ces rangées de brancards d&rsquo;où se relèvent les pèlerins, pas tout à fait remis malgré les soins d&rsquo;Elisabeth. Une vierge bercée par un Wolfram, bien trop souvent concupiscent à son égard pour être honnête, qui lui détache les cheveux. Recouverte d&rsquo;un drap d&rsquo;hôpital, elle se relève en Venus, le rôle étant ce soir tenu par la même interprète.</p>
<p>	<strong>Heidi Melton</strong> ne démérite pas même si elle mâchouille son allemand en comparaison des autres chanteurs. Un rien mal à l&rsquo;aise dans la tessiture de Vénus elle peine à monter en tension et en volume. Elisabeth la présente sous un jour nouveau, plus homogène. La fraîcheur de la voix n&rsquo;est pas entamée, « Dich Teure Halle » résonne triomphant malgré quelques duretés. Le reste de la représentation sera dans la même veine, et son endurance finira d&#8217;emporter l&rsquo;adhésion. De l&rsquo;endurance <strong>Stephen Gould</strong> en a à revendre. <a href="http://www.forumopera.com/tristan-und-isolde-bayreuth-les-partis-pris-originaux-de-katharina-wagner">Arrivé sur la réserve au dernier festival de Bayreuth</a> après une année passée à chanter Tristan un peu partout, il a fait le plein de vitamines et retrouvé toute son ardeur. Un chant vitaminé car dès la première phrase, éclatante, on se demande comment il va tenir et aller crescendo dans ce premier acte. Et pourtant chaque invocation est chantée plus fort avec des accents, qui, de tendres deviennent de plus en héroïques. Vitaminé aussi, le deuxième acte est assumé avec de belles nuances piano dans les ensembles, alors qu&rsquo;au dernier acte l&rsquo;Américain opère la synthèse dans un récit de Rome qui met en valeur toutes ces qualités. Même si on l&rsquo;aimerait plus immédiatement suave, plus profond, le Wolfram de <strong>Markus Brück</strong> est toujours musical, notamment au troisième acte. L’allemand s’accommode de la nasalité de son timbre pour accompagner la mise en scène qui voit l’amour de son personnage moins platonique et pur que ne le suggère le livret. Stature et autorité d’Hermann s’incarnent dans la basse solide d’<strong>Ante Jerkunica</strong>. Le ténor <strong>Thomas Blondelle</strong> prête à Walther une belle ligne et la puissance mâle de son timbre. Il surnage dans les ensembles. Seul Biterolf manque à l’appel des chevaliers, <strong>Seth Carico</strong> se trouve court en terme de projection. Les chœurs, très sollicités, brillent par leur puissance et une homogénéité à peine entamée par les aigus un peu acide des sopranos lors de l’entrée dans la Wartburg. Elles se rattraperont dans leur dernière intervention du deuxième acte.</p>
<p>	A l’instar de <a href="http://www.forumopera.com/manon-lescaut-berlin-non-voglio-morire"><em>Manon Lescaut</em> de la veille</a> <strong>Donald Runnicles</strong> construit pas à pas, gagne en qualité et en sens du théâtre tout au long de la soirée. Les légers décalages apparus çà et là se résorbent. La petite harmonie retrouve progressivement sa rondeur. Lors du récit de Rome, l’espoir d’Heinrich voltige chez les flûtes et la noirceur du jugement du Pape est appuyée par les cuivres et les violoncelles</p>
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		<item>
		<title>Wagner</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/wagner-wagner-a-bordeaux-une-bonne-vendange/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Julien Marion]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 07 Aug 2014 05:18:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand se rencontrent le bicentenaire de la naissance d’un des plus grands compositeurs du répertoire, une démarche éditoriale originale et la légitime volonté de rayonnement d’une formation symphonique majeure du paysage français, cela donne ce livre-disque consacré à Wagner, publié par Actes Sud en partenariat avec l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine (ONBA). Il faut, à l’évidence, &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand se rencontrent le bicentenaire de la naissance d’un des plus grands compositeurs du répertoire, une démarche éditoriale originale et la légitime volonté de rayonnement d’une formation symphonique majeure du paysage français, cela donne ce livre-disque consacré à Wagner, publié par Actes Sud en partenariat avec l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine (ONBA).</p>
<p>Il faut, à l’évidence, saluer la démarche.</p>
<p>Elle inaugure une collaboration entre l’Orchestre national Bordeaux Aquitaine et Actes Sud, qui doit donner lieu, à chaque fois sous la forme de disques-livres, à la publication de plusieurs concerts live de l&rsquo;ONBA, consacrés aux principaux compositeurs du répertoire.</p>
<p>Le produit en est, d’abord, un objet agréable à manipuler et à parcourir. Le concept de livre-disque n’est pas nouveau en soi, il a même plutôt tendance à se développer. En ces temps de dématérialisation effrénée des supports, on saluera donc cette initiative qui vise à ne pas rompre définitivement le lien entre le contenu et le contenant, surtout quand le second vient, comme c’est le cas ici, éclairer pertinemment le premier. Cela prend la forme de courts textes destinés à familiariser l’auditeur avec le compositeur et les interprètes, agrémentés, pour ces derniers, d’une série de photos – plutôt réussies – les montrant à l’œuvre.</p>
<p>S’agissant des textes, ils s’adressent clairement à un public néophyte. On trouve ici les repères essentiels permettant d’aborder le répertoire wagnérien. Le wagnérolâtre patenté ayant son rond de serviette à la cantine du Festpielhaus n’apprendra rien qu’il ne sache déjà. Quant aux photos des musiciens, prises sur le vif, elles ont pour effet d’humaniser l’enregistrement en montrant qu’un orchestre n’est pas une entité abstraite et désincarnée, mais un rassemblement de femmes et d’hommes qu’anime un même projet artistique. Elles rappellent, et c’est salutaire, que tout enregistrement est le résultat d’une démarche artisanale (au sens le plus noble du terme) et non un produit aseptisé.</p>
<p>S’agissant du contenu, il propose quelques-uns des plus fameux « tubes » wagnériens : trois pages orchestrales (ouverture et bacchanale de <em>Tannhäuser</em>, prélude de <em>Tristan et Isolde</em>, marche funèbre du <em>Crépuscule des Dieux</em>) et trois pages vocales (air d’entrée d&rsquo;Elisabeth, mort d&rsquo;Isolde, Immolation de Brünnhilde).</p>
<p>L’ONBA se tire plus qu’honorablement de l’exercice. Grâce à la direction fluide de son chef <strong>Paul Daniel</strong>, très attentif aux climats (immolation), il offre de ces pages, parfois indigestes à force de lourdeur, une lecture claire et aérée qui s’écoute avec plaisir. De par ses qualités intrinsèques, l&rsquo;ONBA ne peut à l’évidence prétendre se hisser à la hauteur des plus prestigieuses phalanges internationales, mais dans ce répertoire exigeant il ne déchoit pas, loin s’en faut, et séduit par sa cohésion et son engagement.</p>
<p>Quant à <strong>Heidi Melton</strong>, habituée des scènes lyriques, solide de voix, elle offre des interprétations convaincantes de ses trois airs, et notamment de l’immolation de Brünnhilde, dont elle restitue magnifiquement la douleur rentrée et l’emportement final.</p>
<p>Au total, ce livre-disque constitue une porte d’entrée séduisante dans l’univers wagnérien (même si, c’est entendu, il en existe d’autres, sans doute plus prestigieuses), en même temps qu’il met en lumière une formation orchestrale qui souhaite rayonner et, à l’évidence, s’en donne les moyens. Souhaitons une postérité fructueuse à cette nouvelle collaboration !</p>
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		<title>WAGNER, Siegfried — Bordeaux</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/version-de-concert/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2014 08:47:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  De tous les chapitres de la tétralogie wagnérienne, le troisième acte de Siegfried est le seul, avec le premier de Die Walküre, que l&#8217;on puisse interpréter en version de concert détaché du reste de la saga. Quatre rôles, trois scènes et deux interludes symphoniques, voilà qui peut sans trop d&#8217;embarras donner en moins d&#8217;une &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			De tous les chapitres de la tétralogie wagnérienne, le troisième acte de <em>Siegfried</em> est le seul, avec le premier de <em>Die Walküre</em>, que l&rsquo;on puisse interpréter en version de concert détaché du reste de la saga. Quatre rôles, trois scènes et deux interludes symphoniques, voilà qui peut sans trop d&#8217;embarras donner en moins d&rsquo;une heure et demie l&rsquo;illusion de Bayreuth. Sauf que le Festspiele, pensé à la mesure du <em>Ring des Nibelungen</em>, présente la particularité de disposer d&rsquo;une fosse profondément enfouie de manière à ce que les voix puissent se faire entendre sans effort. Que la configuration soit autre et c&rsquo;est toute la balance sonore qu&rsquo;il faut reconsidérer. Dans un théâtre traditionnel, le rapport de force tourne en la faveur de l&rsquo;orchestre si le chef n&rsquo;y prend garde, alors pensez, dans une salle de concert où les instruments sont placés à la même hauteur que les chanteurs : ce n&rsquo;est plus un opéra mais un poème symphonique !<br />
			<br />
			Telle est l&rsquo;impression que donne ce troisième acte de <em>Siegfried</em> proposé par l&rsquo;Opéra de Bordeaux dans son auditorium flambant neuf. L&rsquo;Orchestre national Bordeaux Aquitaine y apprend à mieux faire connaissance avec son nouveau directeur musical, <strong>Paul Daniel</strong>. L&rsquo;entente s&rsquo;avère plus que cordiale, même si au fil des concerts à venir, l&rsquo;ensemble devrait encore gagner en précision, dans les attaques notamment, et même si Wagner est intraitable pour les cuivres : cors, trompettes, trombones, tous sollicités au-delà du raisonnable et ici bousculés par une partition qu&rsquo;il leur faut zébrer d&rsquo;éclairs. Les autres pupitres résistent mieux à la tempête, les bois surtout qui, à l&rsquo;issue du concert, sont les premiers applaudis. La direction de Paul Daniel est à son image : élancée, racée, droite. Mais le maestro, pour cette nouvelle incursion dans le répertoire wagnérien, semble davantage préoccupé de son que de voix et de théâtre.</p>
<p>			Des quatre chanteurs, <strong>Robert Hayward </strong>apparait le plus éprouvé par cette lecture qui ravale son dieu Wotan au rang de simple soliste luttant en vain contre la déferlante orchestrale. Si intentions il y a, elles sont impossibles à saisir. Plus résistant, <strong>Stuart Skelton</strong> supporte sans faillir l&rsquo;assaut sonore. Bien que perceptible, la volonté d&rsquo;expression n&rsquo;en est pas moins estompée par le déséquilibre des volumes. Ce Siegfried est héroïque – on le serait à moins –, idéal sans doute si l&rsquo;on pouvait mieux distinguer les contours de son chant. On n&rsquo;ose cependant imaginer dans quel état le ténor aurait achevé la représentation s&rsquo;il lui avait fallu enfiler dans les mêmes conditions les deux premiers actes de l&rsquo;opéra. Epargnée par l&rsquo;orchestration – et donc l’orchestre – car moins puissante par essence, la voix chaleureuse de <strong>Qiulin Zhang</strong> profile une Erda envoutante, hypnotique même, par la conduite d&rsquo;une ligne qu&rsquo;elle déroule d’un trait huileux.<br />
			«<em> Ma Brünnhilde n’est plus vraiment une jeune fille, elle n’est pas une déesse mais une femme. Une vraie femme</em>… », explique <strong>Heidi Melton </strong>dans le programme, « <em>c’est une Brunnhilde qui respire la vie</em>… ». Et la santé, pourrait-on ajouter ! Cette soprano revendiquée wagnérienne, découverte à <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=952&amp;cntnt01returnid=54">Bordeaux en 2009 dans Elisabeth de <em>Tannhaüser</em></a>, compte aussi à son répertoire Gutrune, Sieglinde, Helmwige et Elsa. Elle s’attaque à présent à la Brünnhilde de la deuxième journée, plus claire que celle des autres épisodes et donc exactement conforme à sa vocalité, n’était l’extrême aigu qui marque les limites de ce chant lumineux. Lumière d’un timbre à la séduction immédiate ; lumière d’une émission affranchie qui, au contraire de ses partenaires, transperce la paroi orchestrale ; lumière d’une interprétation épanouie et sincère qui, sans inverser la tendance, introduit un lyrisme bienvenu dans une approche résolument symphonique.</p>
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