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	<title>Friedrich MEYER-OERTEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Friedrich MEYER-OERTEL - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>JANACEK, Jenůfa — Avignon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/lemotion-sans-la-puissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 16 Mar 2013 23:33:17 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			Après <em>Wozzeck </em>en janvier, l’Opéra d’Avignon donne pour la première fois <em>Jenufa</em>, autre spectacle qui est tout sauf aimable au premier abord. Voilà qui est à saluer. Et le public apprécie manifestement la découverte de cette musique exigeante qui accompagne la révélation tragique de la noirceur humaine et de la condition féminine, au-delà du folklore morave cher à Janáček. <strong>Friedrich Meyer-Oertel</strong> reprend ici la mise en scène qu’il avait élaborée pour Bordeaux en 2010 : c’est en soi une bonne idée, tant elle semble adaptée aux dimensions de la scène avignonnaise. Sa grande sobriété convient parfaitement au premier acte, soulignant la simplicité et le dénuement de la vie au village, mettant en valeur le pot de romarin dans lequel se trouve déjà le ver déposé par Laca pour empoisonner les amours de Jenufa et de Števa. La dimension intimiste est renforcée dans l’acte II avec un toit posé comme sur une crèche alors que le nourrisson sera soustrait à l’amour de sa mère, que l’on voit au début penchée sur une machine à coudre. Si tout ce dépouillement est cohérent, il l’est moins dans le troisième acte où la noce et les danses semblent bien étriquées dans ce décor minimaliste, malgré les lumières et les couleurs. On manque en partie, du coup, le contraste saisissant que Janáček a voulu entre la fête et l’irruption soudaine de l’horreur et du tragique lors de la découverte du corps du bébé. Et sans doute aussi la violence de la dénonciation à laquelle se livrait Gabriela Preissova dans sa pièce dont Janáček a repris le titre,<em> Jeji Pastorkyna</em>, « sa belle-fille », puisqu’il s’agit avant tout de souligner les souffrances de deux femmes, la Sacristine et Jenufa, la première s’identifiant de manière fatale à la seconde.</p>
<p>			La soprano <strong>Christina Carvin</strong> incarne avec justesse l’angoisse et la bonté de Jenufa à qui elle prête une voix intense au timbre clair, avec de beaux graves, mais parfois un peu limitée en puissance pour tenir tête à l’orchestre. Cependant, la sensibilité de l’interprétation et la présence scénique font passer une émotion authentique, à défaut d’un volume sonore toujours suffisant. La Sacristine est interprétée avec talent par <strong>Géraldine Chauvet</strong> qui met bien en valeur le double visage du personnage, mère protectrice et sorcière à la fois, en véritable soprano dramatique, même si elle n’a pas la puissance exceptionnelle que l’on attendrait idéalement dans ce rôle. En Aïeule, rôle apparemment plus en retrait, <strong>Anne Salvan</strong> impose un caractère qui s’exprime bien dans le passage où elle réussit à imposer aux autres personnages son point de vue qu’ils reprennent en cœur : « Chaque couple se construit dans la souffrance… ». En contrepoint, les mezzo-sopranos <strong>Marie-Thérèse Keller</strong> (la femme du Maire) et <strong>Clémence Barrabé </strong>(Karolka) sont convaincantes dans leur rôle parodique.</p>
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			Les deux demi-frères bénéficient quant à eux d’une interprétation particulièrement réussie : le ténor <strong>Marlin Miller</strong> est un Laca au timbre séduisant et lumineux et à la personnalité vocale tellement affirmée que l’on a peine à croire qu’il faut si longtemps à Jenufa pour répondre à son amour. <strong>Florian Laconi</strong> campe un Števa tout aussi sonore, à la fois sensible et extraverti, qui sombre de manière saisissante dans la veulerie avec un talent d’acteur consommé. Les seconds rôles sont tous de très bonne tenue (notamment <strong>Philippe Ermelier</strong> en Contremaître, <strong>Frédéric Gonçalves</strong> en Maire), ainsi que les chœurs dirigés par Aurore Marchand, y compris dans la diction de la langue tchèque en dépit de sa difficulté – à propos de laquelle Milan Kundera disait de Janáček : « il a immolé sa musique universelle à une langue quasi inconnue ».</p>
<p>			Le chef hongrois <strong>Balázs Kocsár</strong> obtient de l’Orchestre Lyrique de Région Avignon Provence de très belles sonorités, en respectant aussi des silences impressionnants, et en mettant en valeur les percussions – spécialement le xylophone, présent dès le début pour illustrer le cliquetis du moulin et sa dimension symbolique. Par moments toutefois, quelques flous se font entendre et certains passages sont un peu brouillons (y compris à la fin), sans que cela ne nuise à la beauté de l’ensemble – mais plus de précision serait appréciable. On sort néanmoins bouleversé par la force qui émane de cette musique et de ce chant, de la tragédie et du pardon final.<br />
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		<title>JANACEK, Jenůfa — Rouen</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/jenufa-rouen-lumineuse-haveman/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Brigitte Cormier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 May 2011 16:23:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Un an après Bordeaux (voir le compte-rendu de Sylvain Fort), c’est au tour de l’Opéra de Rouen de reprendre la production de Jenufa réalisée pour Monte-Carlo par le metteur-en-scène allemand Friedrich Meyer-Oertel dans un décor épuré. Pas de moulin. Pas de bief. Un terrain vallonné recouvert d’herbe rase, surmonté d’une toiture en bois. Quelques accessoires. &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Un an après Bordeaux (voir <a href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=1719&amp;cntnt01ru">le compte-rendu de Sylvain Fort</a>), c’est au tour de l’Opéra de Rouen de reprendre la production de J<em>enufa</em> réalisée pour Monte-Carlo par le metteur-en-scène allemand <strong>Friedrich Meyer-Oertel </strong>dans un décor épuré. Pas de moulin. Pas de bief. Un terrain vallonné recouvert d’herbe rase, surmonté d’une toiture en bois. Quelques accessoires. Un mobilier réduit. L’éclairage suffira à marquer les trois saisons durant lesquelles va se jouer cette tragédie dans un village isolé de la Moravie slovaque.</p>
<p>L’intrigue mélodramatique se déroulant dans un cadre bucolique a parfois à tort fait classer <em>Jenufa </em>parmi les opéras véristes. La complexité des liens psychologiques entre les personnages aboutit à des rôles exigeant une forte caractérisation dramatique aussi bien scénique que vocale. Les chanteurs réunis à Rouen se montrent à la hauteur du défi.</p>
<p>Dans le rôle-titre, <strong>Barbara Haveman</strong> domine de loin la distribution. La voix bien posée n’est ni mièvre ni artificielle. Le timbre est velouté, l’articulation précise. La lumineuse soprano néerlandaise se montre particulièrement  douce et émouvante dans sa fervente prière à la Vierge du deuxième acte « Et protège mon Stevuska, garde le moi… », alors qu’une vraie tragédienne se révèle au troisième acte. Son cri déchirant, « Dieu, o mon Dieu, c’est mon petit garçon, c’est mon petit garçon ! » transperce directement le cœur.</p>
<p>Seule interprète de la distribution bordelaise, <strong>Hedwig Fassbaender</strong> dispose de tous les moyens vocaux de la partition. Cependant la voix peu colorée et le jeu dramatique manquent quelque peu de noirceur et d’ascendant pour incarner un personnage aussi complexe et inquiétant. Les mezzos <strong>Elzbieta Ardam</strong> (L’aïeule) et <strong>Albane Carrère </strong>(Karolka) tiennent leurs rôles avec compétence. Dans sa courte apparition, on remarque la présence scénique de la charmante <strong>Marie-Paule Bonnemason</strong> (la femme du maire). Même bonne qualité du chant des rôles masculins secondaires : <strong>Roger Joakim </strong>(le contremaître)et <strong>Guillaume Paire </strong>(le maire)<strong>.</strong></p>
<p>Par rapport au personnage de Steva, arrogant, brutal et veule, la voix saine et énergique du ténor <strong>James Mc Lean</strong> manque quelque peu de caractère ; il compense largement par ses talents d’acteur. Dans celui, plus lyrique de Laca, on souhaiterait davantage de flamme, mais <strong>Attila Kiss-Balbinat</strong> séduit par sa voix claire au timbre plaisant, son élocution facile et sa sincérité.</p>
<p>Assurément bien préparés, les chœurs sont à la hauteur de leurs interventions gouailleuses et tapageuses non négligeables pour la réussite du spectacle. Reste à louer un orchestre fermement mené par <strong>Oswald Sallaberger</strong>. Avec ses glissements, ses crescendos rythmés, ses dissonances, ses ostinatos, Janacek crée une musique tournoyante, angoissante, obsédante. Dans ce paysage agreste, emprunt de douceur, selon la volonté du metteur en scène, le chef réussit à faire monter de la fosse profonde de cette salle à l’acoustique assez mate, l’étonnante narration instrumentale intimement liée aux sonorités de la langue tchèque. Le drame couve, s’accomplit, éclate au grand jour, avant de s’apaiser avec le pardon de la victime.</p>
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