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	<title>Matthieu MICHARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Matthieu MICHARD - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Cole Porter in Paris – Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cole-porter-in-paris-rennes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Jordy]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Dec 2024 09:04:27 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Initialement présentée au Châtelet en 2021 et à l’époque chroniquée par Tania Bracq, la réjouissante création de Christophe Mirambeau, Cole Porter in Paris, est ici reprise à Rennes, mais hors les murs. C’est à quelques pas de l’Opéra, dans le Couvent des Jacobins, ancien édifice religieux devenu caserne et maintenant centre de Congrès doté d’une &#8230;</p>
<p class="read-more"> <a class="" href="https://www.forumopera.com/spectacle/cole-porter-in-paris-rennes/"> <span class="screen-reader-text">Cole Porter in Paris – Rennes</span> Lire la suite »</a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Initialement présentée au Châtelet en 2021 et à l’époque chroniquée par <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cole-porter-in-paris-paris-chatelet-roaring-20s/">Tania Bracq</a>, la réjouissante création de <strong>Christophe Mirambeau</strong>, <em>Cole Porter in Paris</em>, est ici reprise à Rennes, mais hors les murs. C’est à quelques pas de l’Opéra, dans le Couvent des Jacobins, ancien édifice religieux devenu caserne et maintenant centre de Congrès doté d’une salle d’un bon millier de places, que le spectacle est proposé pour une série de cinq représentations en quatre jours. Évidemment, cette salle dépourvue de cintres n’est pas le Châtelet et il a fallu ajuster la mise en scène et les décors en trouvant de nouvelles solutions. Qu’à cela ne tienne, l’équipe de création a su tirer le meilleur du défi que représentait la configuration <em>in situ</em>. Le jour de la Première, quelques projecteurs de poursuites étaient à la traîne et les jeux d’éclairage restaient à parfaire mais l’ensemble est de très belle qualité. Cependant, le spectacle n’a pu être ici surtitré en anglais et en français comme à la création, ce qui ne nuit heureusement en rien à la compréhension de l’œuvre, quoique les surtitres auraient été les bienvenus pour apprécier toutes les subtilités des compositions du génial et prolifique Américain.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/Cole-Porter-in-Paris-@gogojungle-©Frederic-Michot-10-1024x681.jpg" alt="" class="wp-image-180234" width="912" height="606"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>@gogojungle ©Frédéric Michot</sup></figcaption></figure>


<p>Fin connaisseur de Cole Porter, le plus francophile des Big Five de la Comédie musicale américaine, le metteur en scène Christophe Mirambeau lui a dédié cette comédie musicale à la française où il s’intéresse au séjour du musicien dans l’Hexagone, entre 1918 et 1929, en y intégrant des chansons écrites en France puis, dans la suite de sa carrière, inspirées par la France ou la décrivant. Trois artistes interprètent le rôle de Cole Porter, illustrant ces trois aspects mais également les différentes facettes de la personnalité du célèbre lyriciste. Il en résulte un spectacle qui ne se veut pas une biographie au sens strict du terme, mais une évocation de la richesse et du foisonnement de création d’un immense compositeur, tout en explorant ses liens et ses attaches avec la France et, de fait, la correspondance avec le style français. On oscille ainsi entre Broadway et les Folies-Bergère, le music-hall et le musical. Avec, on le sent, l’ambition de montrer qu’on sait, de ce côté de l’Atlantique, construire un spectacle à notre façon qui a de la tenue. Et il faut dire que cela s’avère crânement réussi. Les décors et la scénographie de <strong>Casilda Desazars</strong>, notamment, sont à la fois minimalistes et très évocateurs des fantastiques années vingt, éléments graphiques à la Fernand Léger croisés avec des couleurs chatoyantes que n’auraient pas reniées Vincente Minnelli. Les costumes imaginés par la complice de Christophe Mirambeau sont spectaculaires. D’ailleurs, il faut ici souligner les qualités d’adaptation des artistes : avec une équipe d’habilleuses réduite, ils doivent se vêtir pour l’essentiel eux-mêmes, sachant qu’on a droit à un changement de toilette à peu près toutes les trois à quatre minutes&#8230; L’œil est à la fête. Les danseurs mettent harmonieusement en valeur les délicieuses chorégraphies de <strong>Caroline Roëlands</strong>, où les chanteurs ne sont d’ailleurs pas en reste, en particulier <strong>Léovanie Raud</strong> tout en grâce et en élégance, rivalisant avec le travesti <strong>Charlène Duval</strong>, magnifique Marlène à perruque rousse aux jambes interminables et au métier qu’on sent très solide. Si les numéros évoquent une grande variété de références (la danse des petits pains de la <em>Ruée vers l’or</em> ou les peaux de bêtes à la Keaton dans les <em>Trois Âges</em> pour n’en citer que deux) issues du cinéma américain ou français, nombreux sont également les parallèles avec le cabaret allemand (et, en général, l’univers des Années folles, entre Gatsby et Cocteau). L’ambiance musicale, quant à elle, présente une sonorité bien affirmée, véritable hommage à l’art savant et populaire à la fois de Cole Porter, grâce aux orchestrations des musiciens des <strong>Frivolités Parisiennes</strong>, avec un pétillant orchestre formé pour l’occasion de quatorze instrumentistes, dont un accordéoniste, pour une French Touch qui fait pétiller l’ensemble comme du champagne. Cela swingue, il y a du tap dance et on y lève la jambe comme au Moulin rouge.</p>


<figure class="wp-block-image aligncenter size-large"><img decoding="async" width="1024" height="683" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/baptistejayat©0100-1024x683.jpg" alt="" class="wp-image-180235"/><figcaption class="wp-element-caption"><sup>© Baptiste Jayat</sup></figcaption></figure>


<p>Mais par-delà l’apparente légèreté, on ressent une grande sensibilité doublée d’une tendresse infinie, mâtinée d’une certaine nostalgie chez des personnages bien loin de la supposée frivolité ambiante et dont la profondeur de sentiments comme de vues se fait régulièrement jour, sans parler des fêlures des personnages principaux. C’est là qu’interviennent les qualités d’acteurs des solistes chanteurs dont les voix correspondent essentiellement aux normes de la comédie musicale, à commencer par le trio qui interprète Cole Porter. <strong>Yoni Amar</strong>, par exemple, habitué du rôle de la Bête dans la <em>Belle et la Bête</em>, offre une vision fort séduisante d’un Porter à qui tout semble sourire. Le vibrato est un peu large, mais la technique est sûre. Plus proche de l’univers de l’opéra, <strong>Richard Delestre</strong> permet de saisir une personnalité plus intellectualisée&nbsp;; mais c’est <strong>Matthieu Michard</strong>, par ailleurs pianiste, qui réussit à intérioriser avec une délicatesse qui soulève l’empathie la complexité de Porter, ouvertement bisexuel et puisant dans ses expériences personnelles son inspiration. Son épouse, Linda Lee, est incarnée avec finesse par la soprano <strong>Marion Tassou</strong>, dotée d’un timbre riche au nuancier ondoyant. Elle parvient à merveille à faire saisir les affres de la jalousie et le désespoir de son personnage. À ses côtés, <strong>Léovanie Raud</strong> affiche une belle santé vocale, n’hésitant pas à pousser la voix en bonne routinière du musical.</p>
<p>Le spectacle est ainsi plein d’allant, avec de brefs dialogues parlés évoquant la vie parisienne d’un Américain aux premières loges des caf’conc&rsquo; et autres lieux qui comptent aux côtés du tout Paris de l’époque. Les numéros s’enchaînent, alternant quelques « tubes », à commencer par « I love Paris », avec des chansons moins connues, ce qui donne une envie irrésistible de réviser son Cole Porter, qu’on ne connaît finalement pas forcément si bien que ça. C’est l’une des grandes qualités de cette œuvre dont l’<a href="https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/cole-porter-in-paris-easy-listening/">enregistrement</a> est également disponible. En sortant, gageons que d’aucuns se précipiteront pour revoir les <em>Girls </em>ou <em>Silk Stockings</em>, à moins de rechercher les plus rares <em>Can-Can </em>ou <em>Fifty Million Frenchmen.</em></p>
<p>S’il restait, le jour de la Première, des places pour la Dernière du spectacle, gageons qu’avec le bouche-à-oreille, ce vivifiant et attrayant spectacle devrait faire salle comble d’ici là.</p><p>L’article <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/cole-porter-in-paris-rennes/">Cole Porter in Paris – Rennes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.forumopera.com">Forum Opéra</a>.</p>
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		<title>Cole Porter in Paris &#8211; Paris (Châtelet)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/cole-porter-in-paris-paris-chatelet-roaring-20s/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Dec 2021 05:46:47 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec ce Cole Porter in Paris, Christophe Mirambeau n&#8217;en n&#8217;est pas à son coup d&#8217;essai puisque nous avions déjà pu applaudir sa version de la Revue des Ambassadeurs à l&#8217;Opéra de Rennes en 2014. Dans le cadre fastueux du théâtre du Châtelet, il choisit cette fois, non de faire revivre un spectacle fameux en son &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY">Avec ce <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=CL9rwDR8wpA">Cole Porter in Paris</a>, </em><strong>Christophe Mirambeau</strong> n&rsquo;en n&rsquo;est pas à son coup d&rsquo;essai puisque nous avions déjà pu applaudir sa version de la <a href="https://www.forumopera.com/spectacle/swinging-rennes"><em>Revue des Ambassadeurs</em> à l&rsquo;Opéra de Rennes</a> en 2014. Dans le cadre fastueux du théâtre du Châtelet, il choisit cette fois, non de faire revivre un spectacle fameux en son temps, mais de rendre un hommage biographique à son compositeur de prédilection.</p>
<p align="JUSTIFY">Profondément francophile, Cole Porter s&rsquo;installe à Paris alors qu&rsquo;il n&rsquo;a pas trente ans à la fin de la première guerre mondiale. Il va y résider dix ans, y construisant son univers artistique avant de connaître un immense succès à Broadway au début des années 1930.</p>
<p align="JUSTIFY">Christophe Mirambeau voulait «  évoquer un Américain à Paris, dans le foisonnement culturel et musical de l’après Grande Guerre – les rencontres, les opportunités, les étourdissantes expérimentations artistiques du moment. » « D’une saveur toute fitzgeraldienne, émanation de ces <em>Roaring twenties </em>réelles et fantasmées, les humeurs musicales et les <em>lyrics </em>de Porter esquissent le portrait d’un esprit brillant à la nature exquise et sophistiquée » précise le concepteur du spectacle. « S’y dévoilent, pour peu qu’on y prête attention, les contours d’une âme secrète, tendre et tourmentée ; transparaît un personnage d’une grande liberté, qui assume ses désirs complexes malgré les contraintes morales de son temps. »</p>
<pre style="text-align: center;"><img decoding="async" class="image-large aligncenter" title=" © Hélène  Pambrun" src="/sites/default/files/styles/large/public/11_-_cole_porter_in_paris_-_theatre_du_chatelet_c_helene_pambrun.jpg?itok=qNr0CRGS" alt="" width="468" height="312" />© Hélène  Pambrun</pre>
<p align="JUSTIFY">Le metteur en scène évite le travers du spectacle biographique trop scolaire tout en dessinant avec délicatesse le parcours du chansonnier. Le spectacle est fort bien construit, alternant ensembles brillants, joyeux et moments d&rsquo;intimité parfois très touchants. Parmi les solistes à l&rsquo;anglais impeccable, <strong>Marion Tassou</strong> offre notamment des bulles d&rsquo;émotion remarquables dans « Dream dancing » ou « I hate you darling ». Il faut dire que la chanteuse qui incarne l&rsquo;épouse de Cole Porter, forte de sa formation classique, bénéficie d&rsquo;un lyrique souple, fruité et bien projeté dont elle joue avec de suaves nuances.</p>
<p align="JUSTIFY">Face à elle, <span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><span style="color: #201f1e;"><strong>Leovanie Raud</strong> </span></span></span>impose son mezzo au timbre d&rsquo;une torride sensualité doublé d&rsquo;un formidable abattage et d&rsquo;un talent de danseuse notable. Son « Let&rsquo;s misbehave » est autant un régal que « The man I love » est poignant.</p>
<p align="JUSTIFY">Cole Porter, le personnage principal de la soirée, n&rsquo;est pas incarné par un, mais par trois chanteurs, l&rsquo;occasion de trios à trois voix aux harmonies épatantes. <strong>Matthieu Michard</strong> est également pianiste et a sans doute une voix moins puissante et posée que ses comparses, mais ne démérite pas, loin de là.</p>
<p align="JUSTIFY"><strong>Yoni Amar</strong> lui donne la réplique en crooner souple et velouté, doté de beaux graves, tandis que <strong>Richard Delestre</strong> offre le moelleux et le charme de la présence en dépit d&rsquo;un soutien fragile sur les longues et de quelques aigus détimbrés.</p>
<p align="JUSTIFY">L&rsquo;orchestre est placé sur scène pour plus de proximité avec le public. <strong>Benjamin El Arbi </strong>et<strong> Mathieu Franot, </strong>fondateurs des Frivolités Parisiennes sont deux musiciens, ce qui est sensible dans l&rsquo;orchestration efficace et raffinée pour quatorze excellents interprètes qui rythment la soirée avec un entrain communicatif et ne rechignent pas à prendre la parole avant quelques soli exemplaires, à l&rsquo;exemple de l&rsquo;excellent Benjamin El Arbi au basson dans « Maureesh Garden » ou du saxophoniste <strong>Eddy Lopez</strong> à la jolie voix.</p>
<pre style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="image-large aligncenter" title=" © Thomas Amouroux" src="/sites/default/files/styles/large/public/6_-_cole_porter_in_paris_-_theatre_du_chatelet_c_thomas_amouroux.jpg?itok=3nVIhZho" alt="" width="468" height="312" />© Thomas Amouroux</pre>
<p align="JUSTIFY">Tous s&rsquo;intègrent parfaitement à l&rsquo;écrin très réussi composé par la scénographe <strong>Casilda Desazars</strong>. Plutôt qu&rsquo;une Tour Eiffel en fond de scène, elle choisit de nous ancrer dans l&rsquo;univers artistique de l&rsquo;époque – également évoqué avec talent dans les chorégraphies clin d&rsquo;œil au Ballets Russes ou Suédois – avec des éléments abstraits qui descendent des cintres et animent l&rsquo;espace de manière très graphique. Des panneaux ne révèlent l&rsquo;espace scénique que peu à peu, créant là encore contraste et surprise. Alternant les tableaux pastels et color-block, tous contribuent à énergiser l&rsquo;espace comme les lumières joyeuses et évocatrices de <strong>Renaud Corler</strong>.</p>
<p align="JUSTIFY">Certes, on a vu plus époustouflant sur la scène du Chatelet – <a href="https://www.forumopera.com/sunday-in-the-park-with-george-paris-chatelet-pointillisme-en-pointille"><em>Sunday in Paris with Georges</em></a> reste un moment inoubliable pour l&rsquo;auteur de ces lignes – mais la mise en scène ne manque pas de charme avec les avions de « Pilot me » ou encore la superbe scène de « Love for sale ». Elle s&rsquo;égare parfois dans un kitsch assumé quoi que discutable dans l&rsquo;improbable danse des fourchettes.</p>
<p align="JUSTIFY">
<p align="JUSTIFY">Naturellement, le spectacle fait également la part belle à la danse et l&rsquo;ensemble réjouit l&rsquo;œil dans de très beaux tableaux de groupe orchestrés par <strong>Caroline Roëlands</strong>, à l&rsquo;exemple du bal en rouge et blanc où, comme toujours, chaque artiste est bien individualisé. De même que la chorégraphe nous régale de toutes les danses de l&rsquo;époque, Casilda Desazars, quant à elle, s&rsquo;est sans doute beaucoup amusée à décliner l&rsquo;évolution de la mode des années 1920 et 1930. Elle signe à la fois décors et costumes et y fait montre d&rsquo;un art remarquable de la couleur et du contraste plein de fantaisie et d&rsquo;élégance.</p>
<p align="JUSTIFY">A l&rsquo;issue de ces « Roaring 20’s » et après une trentaine de chansons, nous quittons Cole Porter avec « Take me back to New York ». A Broadway, c&rsquo;est en mettant scène un Paris fantasmé qu&rsquo;il connaîtra la gloire.</p>
<p align="JUSTIFY">
<p align="JUSTIFY">
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