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	<title>Janine MICHEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Janine MICHEAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>L&#039;Opéra sous l&#039;occupation</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/lopera-sous-loccupation-cest-reparti-comme-en-1940/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 May 2019 05:43:33 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Donner à entendre, en deux disques, un échantillon de ce que fut la vie lyrique en France sous l’Occupation, voilà ce que propose le label Malibran avec le coffret <em>L’Opéra sous l’Occupation</em>. Le titre est en effet un peu réducteur, puisque l’on trouvera ici bien davantage qu’un écho de la programmation du Palais Garnier : ces 36 plages reflètent aussi les représentations données à l’Opéra-Comique, les spectacles d’opérette, le répertoire des concerts, la mélodie, et jusqu’au dernier cri en matière de création musicale. Et bien sûr, il s’agit uniquement d’enregistrements d’époque : la qualité sonore n’est pas toujours irréprochable, et des gravures postérieures offriront un tout autre confort acoustique, mais la valeur de document est ici irremplaçable. Certains titres font désormais figure de classiques absolus (« Les Chemins de l’amour » par <strong>Yvonne Printemps</strong>), de références en termes d’interprétation (les Poulenc par Bernac), mais le mélomane trouvera ici bien des gravures quasi inconnues d’œuvres essentielles, ou découvrira des partitions tombées dans un oubli quasi-total.</p>
<p>Parmi les créations lyriques effectuées à Paris sous l’occupation allemande et aujourd’hui disparues des mémoires figure ainsi la <em>Ginevra</em> de Marcel Delannoy, montée Salle Favart en 1942. <em>Le Bourgeois de Falaise</em>, opéra-bouffe de Maurice Thiriet d’après une pièce de Regnard, avait été créé en 1937 mais c’est l’une des œuvres « contemporaines » dont <strong>Roger Désormière</strong> enregistra des extraits en 1943, et on peut le comprendre à en juger par l’air reproduit ici. Le cycle de mélodies avec orchestre de Gustave Samazeuilh, <em>Le Cercle des heures</em>, datait de 1933 mais appartenait lui aussi au domaine de la musique récente (à défaut d’être moderne, car cette superbe partition aurait pu être écrite deux décennies plus tôt). La modernité, on la trouvera bien plutôt dans <em>La Danse des morts</em>, une œuvre d’Honegger un peu délaissée mais qui mériterait de reprendre le chemin des salles des concerts, et surtout dans les <em>Trois Petites Liturgies de la présence divine</em> d’Olivier Messiaen, créées le 21 avril 1945. Les <em>Trois Complaites du soldat</em> d’André Jolivet furent, comme les nouveautés de Poulenc, créées par <strong>Pierre Bernac</strong>, dont la voix, bien vaillante en 1943 pour les Jolivet, paraît curieusement moins timbrée dans les deux mélodies où il est accompagné au piano par Poulenc lui-même (peut-être à une date bien postérieure à la fin de la guerre ?).</p>
<p>Un peu plus ancien était l’opéra <em>La Tour de feu</em>, de Sylvio Lazzari, repris en 1944 à l’occasion de la mort du compositeur. Mais sous l’Occupation, <em>Pelléas </em>n’avait même pas encore atteint le demi-siècle. En réaliser la première intégrale discographique – en vingt 78 tours – relevait à la fois du pari le plus fou sur le plan matériel (faute de cire en quantité suffisante, il fallait se contenter d’un nombre limité de prises) et du défi symbolique puisqu’il s’agissait d’un opéra typiquement français. L’Opéra-Comique ne présentait pas alors seulement des œuvres du même genre, et la direction du théâtre voulut parfois plaire à l’Occupant, notamment en affichant <em>Ariane à Naxos</em> en création nationale (et en français), comme en témoigne l’air de Zerbinette confié à <strong>Janine Micheau</strong>, qui se joue des difficultés accumulées par Richard Strauss, peut-être renforcées par le changement de langue. Ariane était alors <strong>Germaine Lubin</strong>, dont on trouvera ici la Mort d’Isolde non pas dans la version française enregistrée avant la guerre (« Doux et calme »), mais bien en allemand. Plus inattendu, le duo italien de Félix (ou Felice) Blangini (1781-1841) gravé en 1944 par la même Lubin et le tout jeune <strong>Gérard Souzay</strong>.</p>
<p>Au chapitre des reprises d’œuvres historiques, se rangent <em>L’Etoile</em> de Chabrier, admirablement défendue par <strong>Fanely Révoil</strong>, <em>La Dame blanche</em> de Boieldieu avec le très suave <strong>Louis Arnoult</strong>, ou <em>La Damnation de Faust </em>où une certaine <strong>Mona Laurena</strong>, sans démériter en Marguerite, devait surtout sa présence à sa « collaboration horizontale » avec le directeur (allemand) de Radio-Paris. C’est une démarche musicologique qui poussa Reynaldo Hahn, dans ce qui était encore la Zone libre, à rendre son vrai visage à la <em>Mireille </em>de Gounod. <em>Les Indes galantes</em> allaient devoir attendre 1952 pour être montées avec faste à l’Opéra de Paris, mais dix ans avant, le violoniste Maurice Hewitt en enregistra quelques extraits avec la Mélisande du <em>Pelléas </em>de Désormière, <strong>Irène Joachim</strong>, et un des Pelléas de l’époque, <strong>Camille Maurane</strong>, sans doute un peu léger pour Huascar.</p>
<p>Curiosité cocardière, les deux chants patriotiques sur lesquels s’ouvre le premier disque, mais comment résister à l’élan et à la pure beauté de la voix de <strong>Georges Thill</strong> ?</p>
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		<title>Les Indes galantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-indes-galantes-galanterie-maigrelette/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Oct 2016 11:54:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pendant près de trois cents représentations, Les Indes galantes furent données au Palais Garnier entre 1952 et le milieu des années 1960, dans une production à grand spectacle voulue par Henri Lehmann, mais hélas aussi dans la « révision » livrée par Henri Busser. Moins d’une décennie après, le ballet héroïque Rameau eut droit aux honneurs non &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pendant près de trois cents représentations, <em>Les Indes galantes</em> furent données au Palais Garnier <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/cd/les-indes-galantes-quand-le-calumet-de-la-paix-netait-pas-encore-un-tube">entre 1952 et le milieu des années 1960</a>, dans une production à grand spectacle voulue par Henri Lehmann, mais hélas aussi dans la « révision » livrée par Henri Busser. Moins d’une décennie après, le ballet héroïque Rameau eut droit aux honneurs non pas d’un, mais de deux enregistrements la même année, deux versions qui s’efforçaient, dans des optiques très différentes, de respecter la partition bien davantage que ce n’avait été le cas à l’Opéra de Paris. Malgré tout, Jean-François Paillard face à <strong>Jean-Claude Malgoire</strong>, c’était un peu la querelle des Anciens et des Modernes, puisque le premier gravait son intégrale avec un orchestre moderne, tandis que l’autre, pionnier de la renaissance baroque, était à la tête de son ensemble fondé en 1966 (qui fête donc cette année son demi-siècle). On a donc affaire à un orchestre incisif, acidulé, mais aussi bien souvent aigrelet et rapeux, qui semble réduit à une petite poignée de musiciens, plutôt qu’à l’ensemble pompeusement baptisé <strong>La Grande Ecurie et la Chambre du Roy</strong>. On croirait entendre un arrangement pour formation chambriste d’une œuvre pourtant créée avec tout le faste dont était capable l’Académie royale de musique. Cette étroitesse du son est d’autant plus regrettable que la direction de Malgoire  n’avait pas encore dans les années 1970 la lenteur et la lourdeur qu’on peut lui reprocher aujourd’hui. Les tempos sont même parfois presque trop rapides pour que le texte puisse être distinctement articulé, et pour que les chanteurs puissent l’interpréter véritablement (le superbe quatuor « Tendre amour » pris à toute allure…). Le continuo s’avère raide et assez monotone. L’<strong>Ensemble vocal Raphaël Passaquet</strong> est incolore et raide, se soucie de théâtre comme d’une guigne, et les sopranos sont à la peine dans les notes les plus aiguës.</p>
<p>Pour être « historiquement informée », l’interprétation ne s’embarrassait pas toujours de scrupule musicologique : si la version Malgoire inclut le deuxième air de Bellone, « C’est la gloire », le personnage de l’Amour disparaît purement et simplement, ce qui revient à escamoter l’argument bien ténu par lequel Fuzelier justifie le parcours à travers différents pays exotiques ! Pour « Les Fleurs », le chef opte pour l’air italien « Fra le pupille di vaghe belle ».</p>
<p>Et il faut enfin en venir à la question des chanteurs : neuf chez Malgoire contre cinq chez Paillard, c’est presque un luxe, d’autant que leur français est bien plus naturel (seul Louis Devos était francophone dans « l’autre » version de 1974). Parmi ces chanteurs enregistrés il y a plus de quarante ans, un seul fait encore carrière : le baryton <strong>Christian Tréguier</strong> (Bellone, Osman, Don Alvar), bien plus à l’aise dans le grave que dans l’aigu un peu tendu.</p>
<p>Deux font presque figure de dinosaures : Si <strong>Jean-Christophe Benoît </strong>en Ali semble nous renvoyer à une autre époque du chant français, que dire de la présence de <strong>Janine </strong>[et non Jeanine, comme indiqué sur le boîtier et dans le livret d’accompagnement] <strong>Micheau</strong> en Zima ? Reprenant à 60 ans tout ronds le rôle qu’elle avait souvent tenu à Garnier, elle impose avec un chic magistral un timbre autrement plus charmeur que ses jeunes consœurs. <strong>Anne-marie Rodde</strong>, Emilie en 1983 dans la production Pizzi, dirigée par Philippe Herreweghe au Châtelet, est ici Hébé et Fatime. La voix virtuose mais très légère de cette chanteuse méritante la destinait plutôt au rôle de l’Amour, s’il n’était pas passé à la trappe ; elle réussit pourtant fort bien son « Papillon inconstant ». <strong>Sonia Nigoghossian </strong> possède un matériau vocal plus consistant, même s’il n’est pas toujours dénué de froideur. <strong>Rachel Yakar</strong> était une magnifique artiste, dont Nikolaus Harnoncourt allait s’assurer le concours pour plusieurs enregistrements mémorables : <em>Idomenée</em>, <em>Le Couronnement de Poppée… </em>Dommage que seul le rôle d’Emilie lui soit ici confié.</p>
<p><strong>Bruce Brewer</strong> fut Platée à l’Opéra-Comique en 1988, avec Malgoire aussi (et grave sous sa direction l’intégrale parue à la même époque) ; en 1974, à peu près seul représentant de l’espèce « haute-contre », il tient bien sûr un rôle dans les quatre entrées, et il faut reconnaître qu’il s’en acquitte extrêmement bien. <strong>Jean-Marie Gouélou</strong> est un Adario correct mais sans grande personnalité, ce qu’on peut d’ailleurs reprocher à plusieurs de ses collègues. <strong>Pierre-Yves Le Maigat</strong>, enfin, est un Huascar presque trop digne pour un personnage aussi perfide, et l’on aimerait aussi plus d’étoffe dans la voix de ce grand-prêtre. Plus de théâtre, et plus d’instruments à l’orchestre, voilà ce qu’il aurait fallu pour que cette intégrale puisse rivaliser avec des versions plus récentes.</p>
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		<title>Les Indes galantes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/les-indes-galantes-quand-le-calumet-de-la-paix-netait-pas-encore-un-tube/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 31 Mar 2015 06:05:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Quand on leur demande ce qui s’est passé de plus important dans l’interprétation de la musique au cours du dernier demi-siècle, beaucoup de mélomanes répondraient : la révolution baroqueuse. Comment ne pas leur donner raison en écoutant ce témoignage ô combien précieux, l’enregistrement des Indes galantes telles qu’on les donna à Paris de juin 1952 à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Quand on leur demande ce qui s’est passé de plus important dans l’interprétation de la musique au cours du dernier demi-siècle, beaucoup de mélomanes répondraient : la révolution baroqueuse. Comment ne pas leur donner raison en écoutant ce témoignage ô combien précieux, l’enregistrement des<em> Indes galantes </em>telles qu’on les donna à Paris de juin 1952 à janvier 1965 ? Le plus souvent devant des salles combles, le Palais Garnier en offrit 286 représentations, en mobilisant toute sa troupe dans sa diversité. Evidemment, personne n’était alors spécialiste de ce répertoire, et l’on vit défiler les participants les plus inattendus : Denise Duval en Zaïre, Alain Vanzo en Tacmas, Mady Mesplé en Fatime ! José Luccioni ou Guy Chauvet en Adario, Nicolaï Gedda en Damon !! De toute manière, la plupart des spectateurs se déplaçaient non pour la musique, mais pour assister à un divertissement fastueux digne des opérettes du Châtelet. Si la partition ne sort pas trop estropiée de la « révision » de Paul Dukas et Henri Busser – les coupes sont moins graves qu’on aurait pu le craindre et donnent une image pas si incomplète de l’œuvre, malgré un acte des Fleurs assez raccourci –, le plus dur à avaler est l’orchestration épaisse qui se substitue au continuo. Quant à l’interprétation, il vaut mieux tout de suite laisser au vestiaire les habitudes acquises au cours des trois dernières décennies pour tenter d’écouter avec le moins de préjugés possibles.</p>
<p>Les choses commencent pourtant plutôt mal : l’orchestre dirigé par Louis Fourestier étonne nos oreilles « historiquement informées », et l’ouverture sonne comme une mécanique grippée, comme un de ces pastiches grand-siècle commis dans les années 1930 ou 50, dans le goût du <em>Si Versailles m’était conté</em> de Sacha Guitry. Le Prologue réserve d’autres surprises pas toujours agréables. Alors qu’Hébé était « son » rôle, qu’elle ne céda qu’occasionnellement à Renée Doria ou à Nadine Sautereau, <strong>Christiane Castelli</strong> devait être dans un très mauvais jour ; la vocalisation est poussive, et la chanteuse paraît s’être proprement fourvoyée avec plus d’un aigu faux dans son premier air. Bellone étant une déesse, il semblait hors de question de laisser un homme chanter ce rôle, comme Rameau l’avait pourtant voulu. Ce soir-là, c’est <strong>Rita Gorr</strong>, qui l’interpréta assez rarement (c’était le plus souvent Hélène Bouvier ou Denise Scharley). Malgré toutes les qualités de ces dames, ce n’est pas pour leur voix que le rôle est écrit. Enfin, comme on pouvait s’y attendre, l’Amour de <strong>Paulette Chalanda</strong> est une petite voix très pointue. Le chœur a tendance à crier, et pas toujours très en rythme. Horreur supplémentaire : ce que le présentateur radio appelle  « l’indispensable commentaire littéraire » en vers, concocté par le septuagénaire René Fauchois, librettiste de la <em>Pénélope </em>de Fauré, et déclamé par un récitant et une récitante avec l’inimitable ton gourmé des voix de feu la RTF.</p>
<p>Heureusement, les quatre entrées sont beaucoup mieux traitées, et donnent à entendre de grandes voix, certes peu habituées à cette musique mais dotées d’une diction française superlative. <strong>Jacqueline Brumaire </strong>et <strong>Suzanne Sarroca</strong> campent toutes deux de très nobles héroïnes, au dramatisme affirmé. On a rarement l’occasion d’entendre en Huascar un grand baryton d’école française comme <strong>René Bianco</strong>. Si les tempos sont parfois très lents, peut-être pour faciliter la tâche à des voix peu rompues à l’agilité (la basse <strong>Georges Vaillant</strong> dans Osman, par exemple), toute la fête du soleil est rondement menée. On découvre aussi que <strong>Jean Giraudeau </strong>et<strong> Raymond Amade</strong> étaient assez acceptables dans les rôles de haute-contre à la française, mais l’on n’en dira pas autant de <strong>Raphaël Romagnoni</strong>, nettement moins agréable à écouter. On remarque la pureté de timbre de <strong>Jeanne Guihard</strong>, dont la courte carrière semble s’être ensuite terminée au Canada. Avec <strong>Henri Legay</strong>, <strong>Janine Micheau, Geori Boué</strong> et son époux <strong>Roger Bourdin</strong>, on se trouve transporté dans le monde de l’opéra-comique, ce qui n’est pas gênant pour les deux dernières entrées, où le galant l’emporte nettement sur l’héroïque. On se prend à imaginer que tout pourrait donc se terminer beaucoup mieux que cela n’a commencé, quand survient hélas le grand tripatouillage final, sur lequel il vaut mieux tirer un voile pudique (la sublime chaconne est passée à la trappe, au profit d’un invraisemblable reprise du chœur sur la musique de « La gloire nous appelle », avec des paroles nouvelles censées chanter l’amour plutôt que la guerre). Indubitablement, ce disque est un témoignage précieux, mais il risque d&rsquo;avoir pour plus d&rsquo;un auditeur un goût de « Plus jamais ça ».</p>
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		<title>Le Roi malgré lui</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/le-roi-malgre-lui-rejouissances-royales/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 05 Jan 2015 05:33:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi un bijou comme Le Roi malgré lui souffre-t-il encore d’une malédiction durable ? On se rappelle que Gérard Mortier arrivant à Paris en avait annulé la venue à Garnier, rattrapée in extremis par une série de représentations Salle Favart. Certes, le livret en est passablement confus, mais la musique en est tellement merveilleuse ! Chabrier y &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pourquoi un bijou comme <em>Le Roi malgré lui </em>souffre-t-il encore d’une malédiction durable ? On se rappelle que Gérard Mortier arrivant à Paris en avait annulé la venue à Garnier, rattrapée in extremis par une série de représentations Salle Favart. Certes, le livret en est passablement confus, mais la musique en est tellement merveilleuse ! Chabrier y distille ses harmonies uniques tout en se livrant à un exercice frôlant plus d’une fois la parodie du grand-opéra à la française, avec ces vastes scènes de conspiration rappelant <em>Les Huguenots</em>. Jusqu’ici, il n’existait guère que la version de studio gravée en 1984 par Charles Dutoit, un peu pénalisée par certains chanteurs dont le français, bien que correct, n’est pas toujours des plus naturels.</p>
<p>La présente captation nous ramène un quart-de-siècle auparavant, aux grandes heures de la RTF. Que les dialogues parlés soient remplacés par l’intervention d’une récitante, on l’accepte, même si la distribution entièrement francophone (heureuse époque !) et rompue à cette discipline aurait sans doute été fort capable d’interpréter des dialogues réduits à l’essentiel. Mais pourquoi, dans ces concerts radiodiffusés, fallait-il toujours supprimer l’ouverture et tant d’autres morceaux à sa suite ? Sans ces trop nombreuses coupes, on tiendrait là une version parfaitement apte à rivaliser avec l’unique intégrale disponible, et en attendant que la superbe production conçue par Laurent Pelly pour l’Opéra de Lyon en 2004 connaisse les honneurs du DVD, comme elle le mériterait pleinement.</p>
<p>Cette version nous montre en effet sur quels artistes la France pouvait compter, il y a un demi-siècle, pour interpréter les chefs-d’œuvre de son répertoire, en puisant dans un vivier d’artistes pratiquant aussi bien l’opérette que l’opéra-comique.</p>
<p><strong>Willy Clément</strong> est le plus charmeur des Henri de Valois : pour être l’idôle du public dans le répertoire d’opérette, il n’en était pas moins un authentique chanteur d’opéra-comique, un Pelléas ou un Frédéric de <em>Lakmé</em>. Face à lui, <strong>Janine Micheau</strong> est la plus somptueuse Minka qu’on puisse imaginer, une voix habituée à Leila ou Micaéla, qui confère une dimension inattendue au personnage de le petite esclave polonaise. <strong>Michel Cadiou </strong>est exquis en Nangis, d’un enthousiasme juvénile parfaitement adapté. <strong>Xavier Depraz</strong> campe un Laski d’une belle noirceur, et Marcel Enot se donne la peine de donner un accent italien à Fritelli, quitte à ressembler parfois au Valzacchi du <em>Chevalier à la rose</em>. Seule <strong>Christiane Castelli</strong> ne paraît pas toujours très à l’aise dans le rôle d’Alexina, parfois confié à une mezzo.<br />
	On la retrouve en revanche en grande forme dans <em>Une éducation manquée</em>, avec une <strong>Claudine Collart</strong>, plus ingénue que nature, formant avec elle un couple d’une grâce toute mozartienne et, en la personne de Xavier Depraz, une authentique basse dans un rôle où l’on s’est parfois autorisé à distribuer des barytons trop légers. Christiane Castelli est également magnifique dans les quatre mélodies de Chabrier incluses en complément de programme, dont « Fileuse » qui est en fait un air tiré de l’opéra <em>Gwendoline</em>.</p>
<p> </p>
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		<item>
		<title>Darius Milhaud</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/darius-milhaud-chanteurs-francais-a-vous-de-jouer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 08 Dec 2014 06:42:15 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Par quel mystère la production lyrique d’un des principaux compositeurs français a-t-elle pu disparaître presque entièrement ? Associé à l’avant-garde du premier XXe siècle, dont il côtoya les plus grands représentants, dans la littérature, la musique et les arts visuels, Darius Milhaud ne serait-il mémorable que pour son œuvre symphonique, et son travail pour la scène devrait-il se réduire à ses ballets ? Ou s’agit-il plutôt d’une désaffection générale dont pâtit encore l’opéra français des années 1920 à 1950 ? Heureusement, des signes de réchauffement se manifestent ici et là : <em>Bolivar </em>a été remonté à Caracas en 2012 (voir brève), le Theater an der Wien accueillera en mai prochain Mireille Delunsch dans <em>La Mère coupable </em>(1966), dont on a pu récemment entendre quelques fascinants extraits en banlieue parisienne (voir brève). Au disque, la firme Naxos vient de publier le tout premier enregistrement intégral de la musique pour l’<em>Orestie</em> d’Eschyle, et l’on croit savoir que Gérard Mortier avait caressé le rêve de monter cette dernière œuvre à l’Opéra de Paris. De fait, on imagine assez bien l’Opéra-Bastille accueillant cette partition, composée entre 1913 et 1924, et tout directeur de notre première scène nationale s’honorerait en y montant <em>Christophe Colomb</em>.</p>
<p>Tout cela est bel et bon, mais encore faut-il disposer des interprètes ad hoc. Car malgré toute leur bonne volonté et toute leur science, c’est là où le bât blessait dans l’<em>Orestie</em> sortie cet automne chez Naxos : pour faire revivre cette musique, il faut plus que des artistes de bonne volonté mais au français hésitant, il faut de grands chanteurs à la diction magistrale, comme ceux de l’historique version des <em>Choéphores</em> qu’on retrouve sur le premier disque de ce coffret : un <strong>Heinz Rehfuss</strong> magistral en Oreste, une <strong>Hélène Bouvier</strong> envoûtante en Electre, dirigés par <strong>Igor Markevitch</strong>. Directeur du label Malibran, Carlo Ciabrini a préparé pour Forlane ce bouquet d’enregistrements réalisés entre 1951 et 1963 (à l’exception d’un document d’archive permettant d’entendre <strong>Claire Croiza</strong> à la création partielle à Anvers en 1928). Pour <em>Les Euménides</em>, de grandes voix sont là (<strong>Jacqueline Brumaire, Michèle Vilma</strong>), mais c’est la prise de son qui laisse à désirer, comme c’est hélas inévitable avec ce genre de captations. Malgré une restauration soigneuse, l’écoute est difficile, le chœur passe mal et le son se réduit parfois à un cliquetis métallique.</p>
<p>Pourtant, dans le parcours chronologique que proposent ces dix CD, les belles découvertes sont légion. Quelle oeuvre admirable que <em>Le Retour du fils prodigue</em>, superbement servie par <strong>Gabriel Bacquier</strong> et l’omniprésent <strong>Bernard Demigny</strong>, entre autres. Car c’est aussi l’un des grands mérites de ce coffret, que de rappeler à notre souvenir toute une génération d’interprètes qui auront su servir avec dévouement des œuvres qui n’avaient rien de facile. Les trois « opéras-minutes » permettent ainsi de savourer la voix haut-perchée de <strong>Raymond Amade</strong>, dans des tessitures proches de celle d’une haute contre à la française. A l’autre extrême, <strong>Xavier Depraz</strong> brille dans divers emplois de basse, notamment dans la délicieuse pochade intitulée <em>Le Mariage de la feuille et du cliché</em>, qui unit à des chanteurs lyriques une actrice (Simone Renant) et une chanteuse de variété (Léo Marjane). <strong>Robert Massard</strong> prouve que <em>Christophe Colomb  </em>exige un interprète de premier plan. Créé A Berlin en 1930, sur un livret de Claudel, dont Milhaud avait été le secrétaire, voilà une œuvre qui aurait toute sa place à l’Opéra-Bastille, avec sa masse chorale impressionnante et son style théâtral proche du <em>Soulier de satin</em>. Olivier Py à la mise en scène, Ludovic Tézier dans le rôle-titre, voilà qui ferait de nos jours une belle affiche…</p>
<p>Plus difficile s’avérera peut-être le retour des deux œuvres créés à l’Opéra de Paris, <em>Maximilien</em> (1932) et <em>Bolivar </em>(1950). Leur intrigue latino-américaine autorisa Milhaud à employer ces rythmes qui lui avaient si bien réussi dans <em>Saudades do Brasil </em>ou <em>Le Bœuf sur le toit</em>, mais ce type d’opéra historique nous parle-t-il encore ? Seule l’épreuve de la scène pourrait le dire, à condition de pouvoir réunir des distributions comparables à celles d’il y a un demi-siècle, qui alignaient <strong>Denise Scharley</strong> en princesse Salm-Salm ou en Précipitacion, <strong>Liliane Berton</strong> en Manuela Saenz, <strong>René Bianco</strong> en Bolivar, <strong>Jean Giraudeau</strong> en colonel Lopez et en Nicanor. Souvent lui-même à la tête d’orchestre plus ou moins identifiés, Darius Milhaud pouvait en son temps compter sur une <strong>Janine Micheau</strong> pour être la reine Isabelle dans <em>Christophe Colomb</em>, ou pour interpréter, dans un registre moins grandiose, ses mélodies sur des poèmes de Francis Jammes ou Robert Desnos. Qui, parmi les chanteurs français d’aujourd’hui, relèvera le gant ?</p>
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		<title>Snegurochka</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/ecoutez-il-y-a-rita-janine-jean/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 14 Mar 2014 10:17:06 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  Troisième opéra de Rimski-Korsakov, le deuxième dans la veine féerique qui devait si bien lui réussir par la suite, et le préféré du compositeur, Snegourotchka est hélas un opéra qu’on entend très peu hors de Russie. Lors de sa première grande campagne de défense et illustration de l’opéra russe, Valery Gergiev ne s’y est &#8230;</p>
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<p>			Troisième opéra de Rimski-Korsakov, le deuxième dans la veine féerique qui devait si bien lui réussir par la suite, et le préféré du compositeur, <em>Snegourotchka </em>est hélas un opéra qu’on entend très peu hors de Russie. Lors de sa première grande campagne de défense et illustration de l’opéra russe, Valery Gergiev ne s’y est pas intéressé (la jeune Anna Netrebko aurait pourtant fait une fort belle Fille des Neiges), et le spectacle monté en 2004 par le Mariinsky dans des décors de Georgy Tsypin mériterait un DVD. Pourtant, le dernier enregistrement remonte aux années 1990. Les versions au disque ne manquent pas, dirigée par les plus grands chefs : Kondrachine en 1954, avec Lemechev en tsar Berendeï, Svetlanov en 1956, avec Galina Vichnevskaïa en Koupava, Fedosseïev en 1976, avec Elena Arhipova en Lel, sans oublier un enregistrement bulgare de 1985 réunissant Nicola Ghiuselev, Alexandrina Milcheva, Stefka Evstatieva, et la version d’Alexandre Lazarev, la plus récente. Bien sûr, l’enregistrement que repropose aujourd’hui le label Malibran ne peut rivaliser avec ces gravures en terme d’idiomaticité, puisque le livret y est chanté en français ; on ne peut pas davantage parler d’intégrale au sens le plus strict du terme, puisque l’œuvre, trouée d&rsquo;innombrables coupes, y dure à peine deux heures, contre plus de trois pour les versions russes mentionnées plus haut. Et pourtant…</p>
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			Première raison de s’intéresser à ce concert radiodiffusé en 1955, le chef. Natif de Timisoara, <strong>Charles Bruck</strong> (1911-1995) avait adopté la nationalité française en 1939 et était bientôt entré dans la Résistance. Invité à diriger l’Orchestre de la radiodiffusion française, il en deviendrait le chef permanent de 1965 à 1970. On connaît surtout son <em>Ange de feu</em> de 1957 avec Jane Rhodes ; chef à l’opéra d’Amsterdam, il dirigea l’<em>Orphée</em> de Gluck avec Kathleen Ferrier en 1951. Féru de créations contemporaines (ce qui lui vaudra d’être écarté de la direction de l’orchestre de l’ORTF), Bruck déployait une énergie sans pareille, qu’on retrouve dans cette <em>Snegourotchka</em>. La version française est celle de Pierre Lalo et Pauline Halpérine, qui fut donnée à l’Opéra-Comique en 1908, sous le titre de <em>Fleur de Neige</em>. La distribution incluait alors Marguerite Carré dans le rôle-titre, la contralto Suzanne Brohly en berger Lel, Léon Beyle en tsar et Félix Vieuille, le créateur d’Arkel, en Roi Hiver. Un peu moins d’un demi-siècle plus tard, la Radiodiffusion française alignait une belle brochette d’interprètes, qui font tout le prix de cet enregistrement.</p>
<p>			La présence de <strong>Rita Gorr</strong> est ici l’un des attraits majeurs, tant chaque note de cette interprète d’exception est aujourd’hui précieuse, à l’heure où son type de voix se fait rare. Jamais le berger Lel n’aura eu aussi splendide titulaire (on se demande pourquoi <strong>Ninon Vallin</strong> grava la chanson de Lel dont elle n’avait absolument pas la voix, au contraire d’<strong>Hélène Sadoven</strong>, dont l’enregistrement figure aussi dans les bonus de ce disque). En ce qui concerne <strong>Janine Micheau</strong>, les avis seront peut-être plus partagés : la soprano nous emmène bien loin des timbres ultra-juvéniles auxquels on confie en général Snegourotchka, mais ses qualités de phrasé donnent une image différente de l’héroïne. Autour de ces deux dames, c’est tout le gratin de la Salle Favart de l’après-guerre qui est réuni : <strong>Jean Giraudeau</strong>, exquis tsar qui n’a pas à rougir du rapprochement avec Kozlovski, <strong>Geneviève Moizan</strong>, à qui Malibran a récemment <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/index.php?mact=News,cntnt01,detail,0&amp;cntnt01articleid=6236&amp;cntnt01origid=57&amp;cntnt01lang=fr_FR&amp;cntnt01returnid=55">rendu hommage</a>, <strong>Solange Michel</strong>, une grande Carmen des années 1950, <strong>Michel Roux</strong>, superbe Mizguir, <strong>Joseph Peyron</strong>, parfait dans le rôle du paysan ridicule. C’est donc comme une machine à remonter le temps qu’il faut aborder ce disque, qui permet en outre de rendre justice à <strong>Lucien Lovano</strong>, excellent baryton-basse (1901-1980) aujourd’hui trop oublié, qui fut notamment l’un des protagonistes de la création française de <em>Wozzeck </em>en 1950. Bonhomme Hiver dans <em>Snegourotchka</em>, on peut l’entendre sur sept plages supplémentaires, dont un magnifique air d’Athanaël de <em>Thaïs</em>.</p>
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