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	<title>Philippe MIESCH - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Nantes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yvan Beuvard]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Mar 2018 08:02:45 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Donné à Rennes <a href="/fidelio-rennes-leonore-soulages-et-larchitecte">au printemps 2017</a>, avec une distribution vocale identique, à Florestan près, on était en droit d’attendre de cette reprise de <em>Fidelio</em> un engagement renforcé des solistes. Las, les coups du sort, les faiblesses de la direction et de l’orchestre, les insuffisances de la direction d’acteurs comme celles de certains chanteurs ont altéré le spectacle. Un rideau de scène qui s’arrête à un peu plus d’un mètre du sol, voilà qui est fâcheux pour commencer le premier duo. D’autant que cet incident intervient après une ouverture décevante, bâclée. Rocco, manifestement à la peine au premier acte, dont on annonce que, souffrant, il accepte néanmoins d’assurer le second, il y a de quoi déstabiliser les interprètes.</p>
<p>L’ouvrage se prête difficilement à la mise en scène, avec ses très nombreux ensembles, relevant parfois davantage de l’oratorio que de l’opéra. Cependant la caractérisation de chacun des acteurs du drame ne saurait relever que de leur seule production vocale. <strong>Philippe Miesch</strong>, dont c’est la première mise en scène, oppose naturellement l’obscurité à la lumière. De grands panneaux – dont les noirs mats ou brillants suggèrent l’univers de Soulages, comme le signalait justement Tania Bracq – où portes et guichets s’ouvrent selon les besoins, le procédé est banal et fait aussi penser à un calendrier de l’Avent. Les costumes sont contemporains, neutres, exceptés les uniformes peu seyants de la pénitentiaire que portent Fidelio et Jaquino. Les vêtements des artistes du chœur, avec quelques touches colorées judicieusement, permettent ainsi de réaliser de beaux tableaux à la faveur de leurs interventions. La dramaturgie reste superficielle, les caractères manquent de profondeur. Seuls Fidelio et Marcelline tirent vraiment leur épingle du jeu. Vocalement, déjà, scéniquement ensuite, malgré le jeu outré imposé à Fidelio (qui se retient au balai pour ne pas défaillir, qui prend la salle pour cible comme je ne sais quelle policière de l’anti-gang).</p>
<p>Epanouie, tonique, familière de l’emploi, <strong>Claudia Iten</strong> est Fidelio. Son air « Komm Hoffnung », attendu, serait un sommet si l’orchestre ne s’y montrait médiocre, en dehors du premier cor, remarquable. Nous avons affaire à une authentique soprano lyrique, aux accents wagnériens, même si, parfois, les aigus sont couverts. Dramatiquement,  il est légitime de s’interroger sur la séduction que ce travesti déguisé en maton peut exercer sur Marcelline. Personnalité équivoque, au goût prononcé pour l’argent, exécutant docile du tyran mais refusant d’assumer le crime, père aimant, partagé entre l’obéissance servile et la compassion, Rocco est complexe. On se souvient du wagnérien puissant (Fafner, Hunding, Hagen) qu’était <strong>Christian Hübner</strong> au <em>Ring</em> de Dijon. Las, si la voix a conservé ses graves profonds, elle semble fragile, faiblement articulée. Son unique air « Hat man nicht auf Gold beineben » souffre de problèmes vocaux bien réels. Malgré une sérieuse bronchite, le chanteur sauve la production acceptant de chanter le second acte. La direction d&rsquo;acteurs réduit ce Rocco à sa plus simple expression. D&rsquo;autre part, comment croire un instant à la scène où le colosse se dit impuissant à soulever la pierre de la citerne sans l’aide de Fidelio ? N’était son évidente bonne santé, qui contredit les privations et l’épuisement physique imposés par Pizarro, <strong>Donald Litaker</strong> compose un Florestan vocalement de belle tenue. « In des Lebens Frühlingstagen » est convaincant. Saluons aussi le redoutable Sol tenu de l’incise de son récitatif d’entrée, sur « Gott », clair, projeté. Le Pizarro de <strong>Anton Keremidtchiev</strong> ne manque pas de moyens. Pour autant son autorité, sa morgue, sa noirceur, la haine qui l’anime demeurent quelque peu en-deçà des attentes. Voix idéale, fraîche, souple et puissante, avec des aigus d’une légèreté de rêve, <strong>Olivia Doray</strong> nous vaut une des satisfactions de la soirée. On se prend à regretter que le rôle de Marcelline soit secondaire et qu’il disparaisse du second acte, en dehors du finale. « O wär ich schon mit dir vereint » est un bijou, les nombreux ensembles auxquels elle participe sont autant de bonheurs. Elle chantera Anna, de <em>la Nonne sanglante</em>, de Gounod, à Favart en juin. A suivre. Jaquino est faiblement caractérisé par le livret et par Beethoven, le rôle apparaît secondaire. Le nôtre, <strong>Andreas Früh</strong>, remplit correctement son contrat.  On devine l’héritage mozartien, mais ce Jaquino paraît bien pâle. Don Fernando, n’apparaît qu’à la dernière scène de cette pièce à sauvetage. <strong>Pablo Arranday</strong>, jeune baryton d’origine mexicaine, manque d’autorité pour imposer le ministre clairvoyant qui châtie le tyran et rétablit la justice.</p>
<p>La richesse de l’écriture orchestrale échappe pour part à l’audtion tant la lecture est plate, inaboutie. L’orchestre se cherche, approximatif, scolaire, pâteux, aux attaques et finales souvent incertaines. C’est fade, terne, uniforme, brouillon. <strong>Erki Pehk</strong> nous vaut une direction confuse, fébrile, imprécise et sans âme. Le chef confond dynamique et précipitation. C’est particulièrement flagrant dès la fin jubilatoire de l’ouverture, <em>presto</em>, comme dans le chœur final, où il impose un tempo insoutenable au chœur. Qui serait capable d’articuler le texte à cette vitesse ? La marche annonciatrice de l’arrivée de Pizarro, au caractère fier et autoritaire, est ici souriante, guillerette. Manifestement le courant a du mal à passer avec les musiciens de l’orchestre. Le chœur dont les interventions sont des réussites, est clair, articulé, sonore, d’une grande cohésion, avec des phrasés et une dynamique qu’il faut saluer. L’exigence de <strong>Xavier Ribes</strong> auquel on est redevable de sa préparation a porté de beaux fruits.</p>
<p>Une distribution très inégale, inappropriée, aux faiblesses nombreuses, une direction et un orchestre calamiteux, une dramaturgie balbutiante, oublions.</p>
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		<title>VAN BEETHOVEN, Fidelio — Rennes</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/fidelio-rennes-leonore-soulages-et-larchitecte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Tania Bracq]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 Mar 2017 13:51:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Fidelio, Philippe Miesch signe pour les opéras de Rennes et d’Angers-Nantes Opéra sa première mise en scène. Sa formation d’architecte et sa pratique de scénographe sont y sont largement perceptibles : l’univers carcéral est rendu avec force et élégance par un haut décor noir qui joue des mats et des brillants comme dans un tableau &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec Fidelio, <strong>Philippe Miesch</strong> signe pour les opéras de Rennes et d’Angers-Nantes Opéra sa première mise en scène. Sa formation d’architecte et sa pratique de scénographe sont y sont largement perceptibles : l’univers carcéral est rendu avec force et élégance par un haut décor noir qui joue des mats et des brillants comme dans un tableau de Pierre Soulages. Chercher la lumière au cœur des ténèbres, voilà une quête qui rassemble le peintre rodezien et le compositeur allemand. Les trainées vernies semblent autant de lambeaux d’espoir peu à peu abandonnés par les prisonniers. Une série de panneaux coulissants nous permet de plonger au second acte dans le cachot de Florestan, jouant de la beauté plastique de l’escalier à la newyorkaise qui descend des cintres et nous donne pourtant l’impression de plonger dans un cloaque souterrain. Cet étouffant huis clos s’était déjà ouvert auparavant sur un espace abstrait, celui d’un cyclo jaune figurant la cour de la prison pour un effet fort graphique.</p>
<p>La lumière, aussi parcimonieuse que raffinée, architecture également l’espace d’une manière remarquable. Il semble en revanche plus difficile d’approuver le choix du metteur en scène d’appliquer à ses chanteurs le même traitement qu’à des éléments de décor : ils sont trop souvent plantés sur le plateau, hiératiques, sans interaction réelle. Dans le premier quatuor, ces quatre solitudes, architecturées dans l’espace, regardant chacune dans une direction différente, peuvent faire sens. Toutefois le procédé se répète trop pour ne pas lasser et nuire à l’implication du spectateur dans le drame qui se joue sous ses yeux. La direction d’acteur semble donc un peu erratique et c’est d’autant plus dommage que le plateau vocal est d’excellente tenue et brille formidablement dans les ensembles, nuancés et équilibrés.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="322" src="/sites/default/files/styles/large/public/thumbnail_fidelio-laurent-guizard5.jpg?itok=6g7Ffr5N" title="© Laurent Guizard" width="468" /><br />
	© Laurent Guizard</p>
<p><strong>Claudia Iten</strong> campe une Leonore vocalement magnifique dont le timbre lumineux semble comme la métaphore de cette épouse pétrie d’espoir. Cette émission limpide, alliée à la précision de la projection et des vocalises, au travail des nuances, apporte beaucoup d’émotion à sa proposition, et explique qu’elle soit une habituée de ce rôle sur les scènes internationales de Bogota à Cagliari en passant par Saarbrück. Cette maitrise compense en partie une certaine froideur dans la présence physique, peut-être réclamée par le metteur en scène : S’agissait-il de faire de Leonore un concept plus qu’une femme ? Le titre de la pièce française dont fut tiré le livret, <em>Léonore ou l’amour conjugal</em>, ne va-t-il pas dans ce sens ? Si c’est le cas, le choix semble un peu dommageable au plaisir du spectateur.</p>
<p>Face à elle, <strong>Olivia Doray</strong> ne mérite que des éloges. Son soprano ductile, aux aigus aisés, bénéficie d’une clarté idéale pour le rôle. Scéniquement, la jeunesse de Marzelline lui accorde sans doute plus de latitude et elle est fort spontanée et naturelle. C’était déjà le cas il y a deux ans dans la version concertante qu’en avait proposé l’Opéra de Rennes dans le cadre des concerts « Révisez vos classiques ».</p>
<p>Chez les hommes, <strong>Anton Keremidtchiev</strong> remporte tous les suffrages avec une interprétation du tyran Pizarro pleine d’intelligence, toute en rage froide et loin d’une quelconque caricature. La noirceur de son timbre s’épanouit dans l’ensemble des registres, parfaitement unifiés. Son autorité naturelle s’impose aisément au Rocco de <strong>Christian Hübner</strong> pourtant très impressionnant physiquement puisqu’il dépasse Anton Keremidtchiev de plus d’une tête. Ce paradoxe apporte une fragilité singulière au personnage du geôlier qui ne démérite pas, bénéficiant d’un fort beau médium, très vertical, d’une excellente diction mais pâtissant néanmoins d’un vibrato trop rapide et d’aigus qui s’éteignent. <strong>Martin Homrich</strong>, quant à lui, propose un Florestan avec des belles qualités affadies par un vibrato trop encombrant pour être agréable et quelques piani qui cassent.</p>
<p>Dans la fosse, après une ouverture un peu fragile en terme de justesse et d’attaque des cuivres, <strong>Grant Llewellyn</strong> porte l’Orchestre Symphonique de Bretagne a son meilleur tout au long de la soirée, jouant d’une épatante palette de couleur, de tempi et de nuances. Gildas Pungier en fait tout autant avec le choeur de l’Opéra de Rennes dont l’interprétation du choeur des prisonniers frappe par sa grande délicatesse.</p>
<p>Ce <em>Fidelio</em>, s’il n’est pas dénué de défauts, brille donc par de nombreuses qualités que ne démentent pas les applaudissements enthousiastes des spectateurs rennais.</p>
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