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	<title>Keith MILLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Keith MILLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>DONIZETTI, Anna Bolena — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/anna-bolena-streaming-new-york-eblouissante-anna-streaming/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christian Peter]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 28 Apr 2020 16:26:01 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>En avril 2011 Anna Netrebko s’empare du rôle d’Anna Bolena au Staatsoper de Vienne et y remporte l’un des plus grands triomphes de sa carrière, salué par une presse unanime et préservé par un DVD (DGG). Quelques mois plus tard, elle renouvelle l’exploit dans une somptueuse production conçue par David McVicar pour l’ouverture de la &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>En avril 2011 <strong>Anna Netrebko</strong> s’empare du rôle d’Anna Bolena au Staatsoper de Vienne et y remporte l’un des plus grands triomphes de sa carrière, salué par une presse unanime et préservé par un DVD (DGG). Quelques mois plus tard, elle renouvelle l’exploit dans une somptueuse production conçue par <strong>David McVicar</strong> pour l’ouverture de la saison du Metropolitan Opera. Retransmis dans des centaines de cinémas à travers le monde ce spectacle que le Met propose aujourd’hui en streaming, a définitivement installé Netrebko dans le peloton de tête des meilleures interprètes du rôle et scellé son statut de star internationale. Dès son entrée la soprano russo-autrichienne convainc par l’autorité et la sûreté de son chant là où à Vienne elle avançait avec prudence, comme le montre la cabalette « Non v’ha sguardo »  dont les ornementations sont exécutées avec une grande facilité. Tout au long de la soirée le public est sous le charme de cette voix large et saine au son plein et riche, capable d’aligner d’impressionnants forte dans les scènes de colère comme de distiller de somptueux aigus flottants, notamment dans un « Al dolce guidami » aérien, tout empreint de nostalgie. L’interprète nous régale d’une large palette d’affects, du dédain au désespoir, de la colère à la folie dans une scène finale impressionnante dont la cabalette à l’écriture meurtrière « Coppia iniqua », doublée et ornementée, lui permet de trouver dans sa voix des accents rauques qui évoquent ceux d’un fauve traqué. L’effet est saisissant.</p>
<p>Face à une incarnation aussi spectaculaire, rien d’étonnant à ce que la Seymour d’<strong>Ekaterina</strong> <strong>Gubanova</strong> paraisse légèrement en retrait. La mezzo-soprano russe ne manque pourtant pas d’atouts, une voix homogène, un timbre délicatement ambré, un legato impeccable. Elle confère à son personnage dont elle excelle à traduire la complexité, une profondeur doublée d’une vulnérabilité intenses, notamment dans sa grande scène d’affrontement avec Anna au début du deux. <strong>Stephen Costello</strong> campe un Percy héroïque et passionné. Doté d’un timbre séduisant, d’une voix souple et flexible et d’un registre aigu aisé, le ténor américain maîtrise parfaitement la colorature de « Ah così nei dì ridenti » et se montre particulièrement à la hauteur dans le trio « Ambo morrete, o perfidi » à la fin du deuxième acte. Dans le rôle d’Enrico, <strong>Ildar Abdrazakov</strong> impressionne par sa présence scénique imposante et son timbre de bronze. Il campe un souverain autoritaire et brutal, lascif à ses heures, tiraillé entre son amour pour Seymour et la jalousie que lui inspire toujours Anna. Dans son duo avec la première sa voix se fait tendre et suave tandis que lors du trio du deuxième acte qui l’oppose à Percy et Anna, elle inspire l’effroi. Grande et mince, <strong>Tamara Mumford</strong> a l’allure d’un jeune éphèbe, un physique qui convient au personnage de Smeton qu’elle incarne avec une voix sonore et fluide et un chant d’un style impeccable. Belles prestations de <strong>Keith Miller</strong> et d’<strong>Eduardo Valdès</strong>, parfait dans le rôle du méchant de service.</p>
<p><strong>David McVicar</strong> joue la carte du respect des didascalies et du cadre spatio-temporel de l’intrigue. Ainsi les somptueux costumes de Jenny Tiramani semblent sortis tout droit d’un tableau de Hans Holbein. Les décors monumentaux de Robert Jones  où le noir et le beige dominent avec par moment un élément rouge vif – le lit de l’héroïne – soulignent l’austérité du palais d’Enrico tout en créant un climat oppressant. La direction d’acteur, sobre et sans esbroufe, n’en est pas moins efficace.</p>
<p>Au pupitre, <strong>Marco Armiliato</strong> adopte des tempos contrastés, souvent rapides, attentif aux chanteurs. Ses conclusions d’actes témoignent d’un sens aigu du théâtre.</p>
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		<title>VERDI, Un ballo in maschera — New York</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/un-ballo-in-maschera-new-york-quinte-flush-royale/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yannick Boussaert]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Apr 2015 16:16:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au poker, la quinte flush royale est la plus forte main qu’un joueur peut espérer. A l’opéra, elle pourrait symboliser cette première d&#8217;Un ballo in maschera au Metropolitan Opera de New York : Dolora Zajick, Dmitri Hvorostovsky, Sondra Radvanovsky, Piotr Beczala et James Levine réunis pour une soirée verdienne comme on n&#8217;en entend plus guère. L’image &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Au poker, la quinte flush royale est la plus forte main qu’un joueur peut espérer. A l’opéra, elle pourrait symboliser cette première d&rsquo;<em>Un ballo in maschera</em> au Metropolitan Opera de New York : Dolora Zajick, Dmitri Hvorostovsky, Sondra Radvanovsky, Piotr Beczala et James Levine réunis pour une soirée verdienne comme on n&rsquo;en entend plus guère.</p>
<p>	L’image du poker s’impose par le personnage d’Ulrica, traité comme une cartomancienne de pacotille mais néanmoins élégante. Elle fume des cigarettes toutes blanches délicatement arrimées à un porte-cigarette. <strong>Dolora Zajick</strong> ne crapote pourtant pas ses notes : le timbre est riche, la voix opulente notamment les graves. Dommage que la mise en scène ait fait le choix de sonoriser le sol grave de la fin de son air d’entrée. Valet et deuxième carte de la suite, <strong>Dimitri Hvorostovksy</strong>. Certes il souffre toujours de ce problème de souffle qui entachait <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/un-ballo-en-mascarade-a-londres">sa prestation londonienne</a>, problème d’autant plus surprenant qu&rsquo;il est en contradiction avec une émission et une projection sans faille. Si l’on ferme les yeux sur ces respirations bruyantes de fin de phrase, on jouit pleinement d’une ligne et d’une musicalité qui rendent justice à la partition verdienne. <strong>Sondra Radvanovsky</strong> est la reine de cette quinte : impériale, au volume inégalé sur le plateau et d’une facilité déconcertante sur toute la tessiture. En comparaison de ce qu’elle donnait à entendre il y a deux ans dans ce même lieu, la voix s’est encore élargie sans que son vibrato, naturel, ne s’accroisse. Surtout, on sent la fréquentation du bel canto chez l’Américaine (elle chante les trois reines de Donizetti au Metropolitan Opera la saison prochaine, après une série triomphale de <em>Norma </em>cette année). Notes filées, diminuendo ou crescendo : le technicien du chant hoche de la tête devant une telle maitrise, l’esthète se pâme. Le roi Gustavo (puisque le livret est rendu à sa Suède d’origine) est incarné par <strong>Piotr Beczala</strong>, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/breve/piotr-beczala-au-revoir-paris-bonjour-new-york">tout droit arrivé de Paris</a>. Il laisse pantois : la voix est ample, le phrasé dans le style qui convient, l’aigu plein de soleil. Pendant les deux premiers actes, le ténor régale le public de demi-teintes et se glisse avec sensibilité dans le rôle. Prudence de première peut-être, ces qualités seront moins présentes dans la scène du troisième acte avant le bal, remarquablement chantée, mais sans toutes les nuances dont il avait fait montre jusque-là.</p>
<p>Du fait de cette réserve, c’est <strong>James Levine</strong> qui devient l’as couronnant l’ensemble. Il a fait travailler le mordant de l’orchestre, c’est flagrant dans les accords qui ouvrent la scène d’Ulrica. Ses gestes clairs détaillent chaque pupitre avec soin avant de les insérer dans une pulsation qui colle à la scène, à l’action et au livret : tel passage comique sautille (les airs d’Oscar), tel autre, plus noir, inquiète ; le lyrisme est permanent, l’écoute du plateau magistrale, le succès à la fin du duo d’amour inévitable : <em>bravi</em> et applaudissements nourris interrompent la représentaion pendant de longues minutes.</p>
<p>	Devant le luxe d&rsquo;une pareille suite, on ne se formalisera pas de la mise en scène de<strong> David Alden</strong><strong> </strong>qui, hésitant entre modernité européenne et conservatisme américain, finit par décevoir les uns pour mieux mécontenter les autres. L’acte I est traité comme une comédie musicale, danseurs avec parapluie inclus. L’acte II, dans un décor quasi-identique, est un piège pour les chanteurs avec des trappes ouvertes un peu partout sur le plateau. Seule la scène de bal séduit visuellement avec ces grands miroirs. Le tableau représentant la chute d&rsquo;Icare en guise de rideau de scène n&rsquo;est guère exploité dramatiquement. Quant à la boite conique noire et blanche qui abrite les appartements de Renato, il semble qu&rsquo;elle ait plus été pensée pour la retransmission en live il y a deux ans que pour le public du Lincoln Center…</p>
<p>	On ne se formalisera pas non plus de seconds rôles moyens dans l’ensemble. <strong>Heidi</strong> <strong>Stober</strong> en Oscar manque de piquant et de précision, les Comtes Ribbing et Horn (Samuel et Tom dans la version de Boston) de <strong>Keith Miller</strong> et <strong>David Crawford</strong> faisant le job, comme on dit outre-Atlantique. Mais qu’importe, ce soir-là, le chef, son orchestre et ses solistes ont remporté la mise. </p>
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