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	<title>Nelly MIRICIOIU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Nelly MIRICIOIU - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Rosmonda d&#039;Inghilterra</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/opera-rara-fete-son-anniversaire-avec-renee-fleming-et-donizetti/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yonel Buldrini]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 09:24:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le choix de l’œuvre. Tous les opéras (ou presque !) de Donizetti montrent la manière prodigieuse dont le compositeur italien marie l’expression dramatique passionnée voulue par le Romantisme à l’élégance de la mélodie. Rosmonda illustre souvent cette manière propre, mais il faut préciser deux choses : en premier lieu,  ce charmant opéra ne remet évidemment pas en &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le choix de l’œuvre.</strong> Tous les opéras (ou presque !) de <strong>Donizetti</strong> montrent la manière prodigieuse dont le compositeur italien marie l’expression dramatique passionnée voulue par le Romantisme à l’élégance de la mélodie. Rosmonda illustre souvent cette manière propre, mais il faut préciser deux choses : en premier lieu,  ce charmant opéra ne remet évidemment pas en cause l’intérêt de chefs-d’œuvre reconnus tels <em>Anna Bolena, Lucrezia Borgia, Maria Stuarda, Lucia, Roberto Devereux, Poliuto, La Favorita, Caterina Cornaro </em>ou<em> Maria di Rohan</em>. D’autre part (chacun ayant bien sûr le droit d’avoir ses préférences) Rosmonda, du point de vue de l’inspiration mélodique globale, ne saurait passer avant <em>Fausta, Parisina, Torquato Tasso, Il Furioso, Gemma di Vergy, Marino Faliero, Belisario, Pia de’ Tolomei, Maria de Rudenz, Il Duca d’Alba, Adelia, Maria Padilla, Linda di Chamounix, Dom Sébastien</em>… Un donizettien convaincu se doit de reconnaître ce fait  Aussi dirons-nous qu’Opera Rara, pour une publication d’anniversaire, ne met pas vraiment en avant le compositeur ayant fait sa réussite, mais une artiste célèbre et célébrée… dans un fort bel opéra mais qui n’est pas pour autant l’un des plus significatifs de Donizetti, ni l’un des plus importants parmi ceux que la valeureuse firme britannique a tiré du sommeil avec bonheur.</p>
<p><strong>Le choix des extraits.</strong> Si l’on a conservé presque entièrement le second tableau du premier acte, le choix des extraits du second acte s’avère plus problématique. Il dénote d’abord clairement le parti pris d’offrir un récital <strong>Renée Fleming</strong> plus qu’une sélection de <strong><em>Rosmonda d’Inghilterra.</em></strong> En effet, on a choisi de préférence des extraits où la cantatrice intervenait, alors que d’un point de vue donizettien d’autres passages auraient mérité d’être mis en lumière, comme le beau duo de l’impossible dialogue entre les époux royaux, ou le sombre chœur des partisans de la reine. On a même été jusqu’à déplacer l’ordre de la partition (!), repoussant notamment l’aria de Rosmonda qui, promu soudain extrait ultime, devient une sorte de nouveau finale de l’opéra …ou plutôt éclatant couronnement du récital. Enfin, commencer les extraits du second acte par le duo Rosmonda-Leonora qui intervient normalement à la fin de l’opéra, maltraite non seulement le déroulement dramatique, mais affadit aussi le véritable climax représenté par ce moment tragique qui aboutit au meurtre de Rosmonda. Et l’on connaît l’efficacité donizettienne dans la mise en musique d’un affrontement entre rivales ! La reine, que sa légitime jalousie a poussé à toute extrémité, s’écrie tout de même à la maîtresse du roi : « È delirio, è insania estrema / Che il pugnal brandir mi fa. » (C’est le délire, une folie extrême / Qui me fait brandir le poignard.). L’assassinat de Rosmonda, poignardée par la reine, qui remplaçe l’habituelle stretta conclusive, ne pouvait être conservé à cause de ce déplacement du duo, il s’arrête donc en queue de poisson, avec le calme larghetto !<br />
L’explication invoquée à un tel « trafiquage » est qu’il s’agit ici « de mettre en valeur les qualités musicales de l’ensemble », tente de justifier la plaquette. On ne fera pas de  commentaires.</p>
<p><strong>L’interprétation</strong> est comme toujours soignée à l’extrême, harmonisant la volonté d’une exécution techniquement impeccable et le désir de rendre vivante —et vibrante !— une interprétation en studio.<br />
Etoile brillant de mille feux, <strong>Renée Fleming</strong> prête sa voix de vermeil à la délicate héroïne romantique, rôle composé par Donizetti pour Fanny Persiani, future créatrice de sa Lucia Ashton. Son interprétation se révèle attentive, sensible, vibrante… Peut-être un peu trop parfois, en ce sens que la fragilité de Rosmonda semble affectée, et n’égale pas la fraîcheur, la fragilité naturelle que Yvonne Kenny insufflait au personnage lors de la première reprise moderne. Il est dommage par ailleurs qu’une voix aussi somptueuse puisse s’abîmer en un aigu « resserré » et durci, comme celui qui termine sa cabalette du second acte. C’est ce même point faible qui avait frappé sa Lucrezia Borgia scaligère, provoquant la juste indignation d’un public légitimement exigeant pour une artiste à ce point médiatisée. Quand on pense qu’à quelques années de cet enregistrement, en 1990, la cantatrice abordait — et fort bien — à Omaha la brûlante Maria Padilla, dont les donizettiens s’échangeaient le pirate, animés par une curiosité passionnée pour l’opéra plutôt que pour la protagoniste alors inconnue !</p>
<p><strong>Bruce Ford</strong> laisse toujours un peu perplexe, il est certes un chanteur impeccable, sachant animer, habiter ses rôles, mais son timbre singulier et difficile à définir, la vibration particulière de celui-ci méritent l’oxymore de « brûlant d’une flamme froide » ! En tout cas, il nous sauve des ténors anglo-saxons au timbre « blanc », habitués des exécutions de Opera Rara, qu’un engagement fort notable et méritant ne pouvait rendre vraiment séduisant.<br />
La voix coupante de <strong>Nelly Miricioiu</strong> est parfaitement à sa place dans l’impitoyable reine Aliénor d’Aquitaine, en l’occurrence Leonora di Gujenna. Un timbre corsé et incisif, une technique sans faille lui permettent une belle véhémence de l’accent, la dramatisation ne cédant jamais au lyrisme. Entre parenthèses, l’artiste mérite notre compassion, car ces mêmes belles qualités permettent ces Tosca qu’on lui demande un peu partout alors qu’elle ne rêve en fait que des romantiques Maria di Rohan, Caterina Cornaro, Elisabetta de <em>Roberto Devereux</em>…<br />
De son timbre noir et rugueux, <strong>Alastair Miles </strong>dessine un père autoritaire mais non plus vibrant ou douloureux que l’incontournable <strong>Christian Du Plessis</strong>, à la belle ligne de chant, qui avait participé à la résurrection de l’opéra en 1975. Même si l’interprétation a moins ce côté « chaleureux père noble », elle est correcte, tout comme celle de <strong>Diana Montague</strong> en page Arturo (pour le peu qu’on l’entend en ces extraits).</p>
<p>Les enregistrements d’une exécution sans public, ayant lieu en plus dans une vaste salle ou une église, offrent presque toujours une réverbération du son désagréable et agressive. Si d’autre part le chef dirige fort (en plus d’aller vite), on frôle alors la catastrophe, sachant que l’écriture romantique d’un Donizetti ou d’un Bellini pour l’orchestre qu’ils avaient à leur disposition ne peut être exécutée à la lettre par nos instruments modernes, sous peine de « cassage d’oreilles ». Parmi les passionnés de ce répertoire, <strong>David Parry </strong>a la réputation d’une tendance « à tout casser », précisément. Il maltraite ainsi la jolie ouverture (non retenue ici) et l’on a du mal à en goûter le frémissement romantique, Donizetti essayant alors de s’extraire du génial mais tyrannique moule rossinien. Le chef d’orchestre « martèle » aussi quelquefois, mais réussit néanmoins le plus souvent à insuffler une efficace pulsation à l’ensemble.</p>
<p>En conclusion, plutôt que des extraits représentatifs de <em>Rosmonda d’Inghilterra,</em> on a ici un exemple de belle réalisation dont Opera Rara est capable, soignant avec amour l’interprétation de son compositeur de prédilection. Reste un beau récital Renée Fleming, déployant l’art du célèbre soprano mis en valeur par un écrin délicat nommé Rosmonda d’Inghilterra…</p>
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		<item>
		<title>DONIZETTI, Caterina Cornaro — Amsterdam</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/immortalite-belcantiste-de-la-miricioiu/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Ponthir]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 20 Mar 2010 09:34:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une fois encore, le Concertgebouw d’Amsterdam crée l’évènement belcantiste en affichant une rarissime Caterina Cornaro. Evènement pluriel, attendu par un public international de connaisseurs passionnés. On remarquera quelques divas et chefs d’orchestre dans l’assistance. Le premier intérêt réside dans le passionnant travail de recherches d’Hans Schellevis, proposant en collaboration avec Opera Rara, l’édition originelle de &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          Une fois encore, le Concertgebouw d’Amsterdam crée l’évènement belcantiste en affichant une rarissime <em>Caterina Cornaro</em>. Evènement pluriel, attendu par un public international de connaisseurs passionnés. On remarquera quelques divas et chefs d’orchestre dans l’assistance. Le premier intérêt réside dans le passionnant travail de recherches d’Hans Schellevis, proposant en collaboration avec Opera Rara, l’édition originelle de la Cornaro de Donizetti. Au-delà de la réparation des outrages occasionnés par les habituelles coupures d’usage lors de la Donizetti Renaissance, cet extraordinaire travail de fourmi rééquilibre les rapports de force entre les protagonistes, affine la psychologie des personnages (Lusignano) en leur conférant un tout autre relief ; enfin, rend justice à une composition qui, dans ses beautés ou son intérêt dramatique, n’a rien à envier à <em>Lucrezia Borgia</em> notamment. Tout cela n’est envisageable qu’en conviant des artistes, ici, principalement un quatuor masculin de premier plan, afin d’entourer une protagoniste féminine cumulant une école stylistique et une forte personnalité théâtrale.</p>
<p> </p>
<p> </p>
<p>Mais, l’évènement majeur de cette représentation que nous ne craignons pas de qualifier d’historique à bien des égards, est défini par le retour de l’immortelle Nelly Miricoiu, invitée à fêter 25 années de collaboration avec une Maison1. Ce genre de collaboration passionnante dans l’intelligence des rôles proposés et le niveau interprétatif de cette galerie unique de portraits, est, en notre époque de superficialité et de course effrénée au gain, une rareté en elle-même depuis le retrait des grandes, Sutherland en figure de proue.</p>
<p> </p>
<p>La première satisfaction s’appelle David Parry. Fer de lance de la firme britannique Opera Rara, il était l’homme de la situation. Il confirme combien il a progressé dans sa maîtrise du style belcantiste depuis les nombreuses années qu’il polit son travail au quotidien des partitions qu’il défend amoureusement. Plus encore, parce qu’il est sans doute, le chef connaissant le mieux les transcendances de l’instrument de Nelly Miricoiu et qu’il participe grandement à ce que la diva roumaine va offrir ce jour : le meilleur d’elle-même. Parry emmène sa phalange d’une main ferme et souple. Tous deux vont embarquer immédiatement un public proprement captivé et ne le relâcher qu’au terme d’une après-midi riche en émotions et en purs plaisirs vocaux. Parry domine l’architecture de la partition, en offre une lecture précise, claire, variée et cohérente dans ses choix dynamiques, rythmiques. Les contrastes s’inscrivent toujours au sein de ce clair obscur typique, cette juxtaposition de détente et de tension, permettant à l’auditeur d’apprécier l’alternance des intimités et des extériorisations des situations et des personnages. Sans concessions inutiles à ses chanteurs, il fait montre d’une attention précieuse et les aide à offrir le meilleur d’eux–mêmes cela, jusqu’au moindre <em>comprimario</em>. Il ne serait guère étonnant que Parry soit en partie responsable de l’affiche. Celle-ci n’appelle que superlatifs dans son intelligence. Dans l’habituel rôle de suivante, Serena Malfi offre en quelques frustrantes répliques, un timbre de toute beauté et une projection que l’on désire réentendre rapidement. Belle découverte avec le jeune ténor qu’est Peter Gijsbertsen conférant par les qualités de son instrument et de son école, une envergure insoupçonnée à ses deux rôles secondaires. Il est urgent de distribuer ce bel artiste dans des véhicules d’une toute autre ambition en envisageant d’une part, les premiers plans mozartiens et sans doute, des partitions plus tardives, Britten tient là, un protagoniste de tout premier ordre. Le jeune baryton Kàroly Szemeredy, autre découverte, étale candidement, une voix de toute beauté, dont le timbre tranchant dans la bonne acceptation du terme, est un pur bonheur pour l’auditeur. Il double cette émission saine et simple par une judicieuse caractérisation théâtrale, amenant sa pierre à l’édifice dramatique. </p>
<p>Immense bonheur de retrouver la basse chantante de Mirco Palazzi (remarqué pour un intéressant Duca Alfonso, lors de la prise de rôle de <em>Lucrezia Borgia</em> de June Anderson à Liège). Il confirme pleinement nos bonnes impressions. Un nom à suivre dans un parcours marqué du sceau de l’intelligence des moyens, d’une école en progrès constants. Il évoque par moment et dans le respect des identités, ce qu’un Samuel Ramey avait instauré comme référence dans l’école belcantiste. Palazzi possède des moyens sans doute d’un chatoiement moindre, mais, leur utilisation reflète un parfait équilibre entre un chanteur respectant ses dimensions – et donc, en offrant les meilleurs reflets dans leur simplicité – et un interprète conscient de l’enjeu, en y investissant une générosité forçant l’admiration. On forme le vœu que ce bel artiste ose dans les années à venir, cette pointe de lâcher prise, d’abandon total en situation, afin de conférer à ses incarnations, la pleine carrure dont on le sent potentiellement parfaitement capable. Mais Dieu que ce garçon chante intelligemment ! </p>
<p>Retenez ce nom : Nicola Alaimo et quelque soit le rôle où vous le verrez affiché, précipitez-vous ! Enorme révélation que ce jeune baryton. Alliant générosité physique et vocale, il allie un instrument rarissime dans ses dimensions (l’aigu ne semble pas avoir de limites aux portes de la tessiture de ténor, la projection naturelle est d’une hauteur rarissime actuellement), à des qualités interprétatives et émotionnelles superlatives. Le cœur au bord des lèvres, Alaimo narre avec une limpidité de propos, les affres de son roi. Il justifie par son talent, le rétablissement des pages qui lui incombent, en leur rendant pleinement justice. Une immense ovation après sa scène, le récompensera dignement. Nous voudrions lui recommander de résister quelques années encore, aux tous grands emplois verdiens qu’on lui confie déjà malheureusement, en se concentrant sur un répertoire romantique plus en aval. Il serait dommage de ne pas durer dans une telle qualité comme il est bon de découvrir chaque chose en son temps. </p>
<p>Dans une période marquée par une série de prises de rôle à la limite de ses moyens, John Osborn était à l’origine prévu pour Gerardo. Il se retire finalement du projet. Dario Schmunck a accepté de sauver la soirée à dix jours de l’échéance. Le ténor offre une prestation en deux temps. Une première partie où il confirme ses affinités avec ce répertoire belcantiste où il est désormais à juste titre, un nom recherché. La voix est d’une belle qualité, fluide, souple et expressive. On s’étonne un peu d’un manque de projection et de mordant dans ses rapports avec la Nelly Miricioiu notamment. En deuxième partie, visiblement, le chanteur est mal à l’aise physiquement, tout en assurant sa partie plus que dignement, une oreille avertie entend que quelque chose ne va pas. Informations prises après le spectacle, Dario Schmunck arrivait de ….. Buenos Aires et fut victime en cours de représentation, d’une crise de Jet Lag. Nous nous réjouissons dans un avenir proche de réentendre ce bel artiste dans de meilleures conditions. </p>
<p>Une énième fois, rayonnante, Nelly Miricioiu descend l’escalier de velours rouge de sa maison. Souriante, silhouette de jeune première, elle savoure la longue ovation qui la précède et une nouvelle fois, le miracle roumain va s’opérer. Dans une forme vocale insolente, la Miricoiu va réussir tout ce qu’elle entreprendra aujourd’hui. Elle s’empare de sa Caterina, va l’investir afin de la servir et nous la raconter dans l’évolution psychologique de cette héroïne appartenant à la longue série de portraits féminins sacrifiés par amour ou par devoir politique, dont l’histoire de l’opéra est peuplée. Emouvante, passionnante, fascinante à observer et à écouter, la soprano va trouver en Caterina un véhicule idéal à ses moyens actuels. Moyens intègres, à la vocalisation intacte, aux aigus non négligeables et un haut médium de plus en plus riche. Ces moyens, conjugués à une école stylistique désormais en voie de disparition dans la jeune génération et aux valeurs artistiques qu’elle défend depuis toujours, vont offrir au public, toutes les satisfactions. Depuis le duo de vos premières amours, de la superbe scène nostalgique « Torna all&rsquo;ospite tetto,… Vieni, o tu che ognora io chiamo »jusqu’à la fantastique scène finale préfigurant les échos patriotiques d’un jeune Verdi, l’autorité et la maîtrise seront au rendez-vous. Mais là, où d’autres seraient déjà heureux d’achever leur ouvrage, commence l’art de la Miricioiu. Pourtant si attachée à la technique vocale dont elle est une insatiable exploratrice, la beauté du son n’a pour elle jamais été une fin en soi. Ce qui transparaît de sa priorité artistique est ce besoin viscéral d’exprimer ce qu’un compositeur a désiré, au moyen du son juste, de la couleur idéale, de la nuance appropriée. Ce qu’elle a accompli cet après-midi est simplement remarquable tant dans la tenue du rang élevé qui est le sien, des services qu’elle a rendu à l’œuvre exigeante d’un compositeur si souvent trahi, enfin, que dans les multiples bonheurs offerts à son public. Qu’elle en soit remerciée. </p>
<p> </p>
<p>Un coffret contenant un livre souvenir et des extraits des meilleures incarnations de la Miricioiu a, paraît-il, été un moment évoqué2… Le projet serait jusqu’à nouvel ordre et pour de prévisibles motifs, à l’arrêt. Cela nous inspire une fois de plus, tristesse pour ne pas dire colère. Opera Rara aura-t-il ce courage ? Comme aura-t-il un jour l’audace de publier les fabuleux trésors <em>lives</em> des Matinées Vara dormant dans les caves du Concertgebouw ? L’avenir nous le dira. Subsiste la retransmission de la radio dans un son excellent que les connaisseurs vont thésauriser pour la postérité. L’histoire finit toujours par reconnaître les siens… </p>
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<p> </p>
<p> </p>
<p>(1)     La collaboration entre le Concertgebouw et Miricioiu comprend <em>Thaïs</em> (Massenet 1985), <em>Mefistofele</em> (Boito 1985), <em>Tancredi</em> (Rossini 1987), <em>Armida</em> (Rossini 1988), <em>Anna Bolena</em> (Donizetti 1989), <em>Lucrezia Borgia</em> (Donizetti 1991), <em>Maria Stuarda</em> (Donizetti 1992), <em>Roberto</em> <em>Devereux</em> (Donizetti 1994), <em>Semiramide</em> (Rossini 1995), <em>Norma</em> (Bellini 1999), <em>Ernani</em> (Verdi 1999), <em>Francesca da Rimini</em> (Zandonai 2000), <em>Les Vêpres Siciliennes</em> (Verdi 2002), <em>Iris</em> (Mascagni 2003), <em>Il Pirata</em> (Bellini 2003), <em>Jérusalem</em> (Verdi 2005), <em>Adriana Lecouvreur</em> (Cilea 2006), <em>Caterina Cornaro</em> (Donizetti 2010).</p>
<p>(2)     Dans cette hypothétique attente, le discophile écumera les disquaires d’occasions en espérant dénicher l’opus Vanguard, miraculeux et frustrant, <em>Nelly Miricioiu, Live at the Concertgebouw</em>, offrant des deux extraits de son Amenaide, les scènes finales d’<em>Armida </em>et le troisième acte de <em>Mefistofele</em>. </p>
<p> </p>
<p> </p>
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		<title>Puccini, Verdi, Ponchielli, Donizetti — Bruxelles (Bozar)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/vissi-darte-vissi-damore/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Philippe Ponthir]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 30 Aug 2008 16:01:08 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Après de nombreux rebondissements, l’ouverture du Klarafestival a bien eu lieu. Le retour de Nelly Miricioiu au Palais des Beaux Arts en était l’attrait principal. Elle ne s’y était plus produite depuis 1995, lors de fulgurantes Ermione au côté de Chris Merritt. De son propre aveu, cette soirée était particulièrement émouvante. Nous vous confions qu’elle &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>
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	Après de nombreux rebondissements, l’ouverture du Klarafestival a bien eu lieu. Le retour de Nelly Miricioiu au Palais des Beaux Arts en était l’attrait principal. Elle ne s’y était plus produite depuis 1995, lors de fulgurantes <em>Ermione</em> au côté de Chris Merritt. De son propre aveu, cette soirée était particulièrement émouvante. Nous vous confions qu’elle le fut également pour nous et à plus d’un titre. Volontairement, nous ne nous étendrons pas sur la prestation du jeune ténor Szabolcs Brickner. Sa prestation n’a pas déçu, loin de là, mais sa présence, ce soir pour une participation aussi peu étoffée, restera un des nombreux mystères dont nous supposons que l’indicible «Maestro» Pido conservera à jamais le secret. A l’écoute du programme proposé par le premier Prix du Reine Elisabeth 2008 lors de ce concours, nous ne voyons aucune raison pouvant l’empêcher d’aligner un air d’Alfredo ou une Solita storia del pastore… Bref… Nous avons été très heureux de retrouver Brickner qui, contre vents et marées, a l’immense mérite d’imposer ses très belles intentions musicales dans la brève romance de Nemorino. Cet air sera néanmoins le constat que cet estimable chanteur doit se concentrer encore pour quelques saisons sur l’univers du concert et du récital, afin d’éviter les projections trop importantes du répertoire lyrique, prioritairement dans sa sphère romantique. A tout «seigneur», tout honneur…Etant donné la part de gâteau que s’était réservé Evelino Pido, à contre cœur, il nous faudra bien en parler. Beaucoup de bruit et las, bien peu de musique. Pido confond Donizetti avec les journées portes ouvertes de la caserne des pompiers du coin, son Rossini est un sommet de mauvais goût et de décadence. Si un pupitre de violoncelles nous vaudra un moment de répit dans Verdi, le ballet de <em>La Gioconda</em> débutera dans un cartoon où l’on entend Mickey diriger au milieu d’un ouragan et se terminera dans un french cancan aviné du Moulin Rouge… Pathétique prestation visuelle le voyant incapable d’imposer une autorité à sa phalange ou simplement d’établir le moindre contact de connivence. Cette direction de fonctionnaire ne connaît aucune palette dynamique, aucun piano. Nous n’avons strictement rien reçu, rien, hormis une sensation particulièrement désagréable d’un égoïsme se servant de la musique comme d’un faire valoir.</p>
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	Trois cœurs pour la prestation de Nelly Miricioiu auxquels il convient d’ajouter celui du public et le sien. Ma passion du Bel Canto Romantique doit énormément à Miricioiu, j’étais présent à ces <em>Ermione</em> bruxelloises, tatouées à jamais dans ma mémoire. Quatorze longues années depuis. Il y a un risque de déception quand on quitte une Artiste que l’on aime pendant une si longue période. Que dire ? Que submergé d’émotion, la seule déception qui est la mienne, se définit par la brièveté de sa prestation. Pour cela également, j’en veux énormément à Pido. En assumant toute la subjectivité d’un passionné de beau chant, d’artistes intègres et généreuses, de Divas au titre non usurpé, mais bien acquis par trente années glorieuses sur les scènes mythiques du globe et dans un répertoire d’une incroyable difficulté et diversité, j’écris qu’à elle seule, la Preghiera de <em>Tosca</em> valait le déplacement à cette soirée. Miricioiu, c’est avant tout une aura dès qu’elle s’élance sur scène. Une présence par nature, par essence. Une présence par gourmandise également. Cette faim carnassière d’être encore et toujours sur scène où elle est chez elle. Ce besoin avide de se raconter, d’offrir à son public, le fruit de tant d’années de recherches et de travail. Ce besoin vital de donner, de s’abandonner. Ce métier, elle en maîtrise toutes les exigences mais également, en connaît toutes les cruautés… Miricioiu en impose, impressionne immédiatement mais dans un curieux paradoxe, oserai-je dire, d’amour ? Miricioiu en est une source incroyable. Une source d’énergie également, de sourires et de ravissement d’éternelle petite fille. L’amour du chant en lui-même dans sa recherche technique et expressive, l’amour des compositeurs, de leurs héroïnes et de son public que l’on ressent comme une de ses raisons d’être. Miricioiu, c’est aussi… Des mains… Oui, des mains ! Sans tomber dans le cliché facile de la comparaison avec Callas, on pense bien à Maria quand on observe ces mains, longues, belles et si expressives. Au concert, avec son visage lumineux, ses mains sont son premier moyen d‘expression. Tour à tour nouées, nerveuses, ouvrant l’espace ou cajoleuses, ses mains sont musique et théâtre. Par extension, on est frappé par la métamorphose immédiate du visage et de l’attitude corporelle. Là aussi, comment ne pas songer à Callas ? Cela n’est point faire injure à Nelly, dont la personnalité a toujours été suffisamment imposante pour retirer l’essence du message artistique de La Divina, sans tomber dans la pâle imitation ou caricature. Le répertoire proposé ce soir, a également accompagné Callas jusqu’à une certaine époque de sa carrière. Les extraits de <em>Tosca, I Vespri Siciliani</em> et <em>Don Carlo</em> lui étaient particulièrement chers. Miricioiu les aborde avec cette culture belcantiste qui permet au public de redécouvrir des partitions mutilées par tant d’exécutions véristes, dans tous les sens du terme. Miricioiu, c’est également un legato infini, sous-jacent, pierre angulaire de tout son travail expressif. Un sens de la phrase immense, archet vocal d’un violoncelle chantant les trois airs retenus ce soir, airs exprimant particulièrement bien la profonde humanité de cette voix, ainsi que les moyens dont elle dispose.</p>
<p>	Sans jamais rompre ce legato, Miricioiu fait montre d’un art de diseuse remarquable qui fait désormais le prix de ses <em>Adriana Lecouvreur</em>, utilise une palette de couleurs, de nuances, de trilles, d’art des consonnes dont le détail remarquable ne perd jamais de vue la simplicité, l’expressivité prosodique et dont le but ultime vise à servir la Musique. Autre paradoxe de Miricioiu, elle est tellement présente, personnelle, juste, tout en s’effaçant totalement devant le compositeur. L’alchimie entre la générosité de cette personnalité, cette technique expérimentée et transcendée, cette voix au vécu ombré et serein, me bouleverse dès les premières notes. Miricioiu tout en me procurant un bonheur immense, m’étreint la gorge et me noue les tripes jusqu’aux larmes.</p>
<p>	Dernier air… Tu che le vanità&#8230; Loin des vanités de ce monde, de ses superlatifs venteux, des supercheries médiatiques et des parcours météoriques peopolisés, Miricioiu me ramène un instant à l’essence des choses : la Musique… Vissi d’arte, vissi d’amore, certainement Madame, merci…</p>
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	<strong>Philippe PONTHIR </strong></p>
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