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	<title>Mandla MNDEBELE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
	<lastBuildDate>Fri, 19 Jan 2024 10:20:20 +0000</lastBuildDate>
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	<title>Mandla MNDEBELE - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>HOLMÈS, La Montagne noire &#8211; Dortmund</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/holmes-la-montagne-noire-dortmund/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Mariage]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Jan 2024 09:26:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>On assiste depuis quelques années à la résurrection de l’œuvre d’Augusta Holmès, compositrice française de la deuxième moitié du XIXe siècle, célébrée en son temps (on lui commanda une Ode triomphale pour les célébrations du centenaire de la Révolution française en 1889) mais quelque peu oubliée de nos jours. Si son corpus symphonique commence à être mieux &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>On assiste depuis quelques années à la résurrection de l’œuvre d’Augusta Holmès, compositrice française de la deuxième moitié du XIXe siècle, célébrée en son temps (on lui commanda une<span class="apple-converted-space"> </span><em>Ode triomphale</em><span class="apple-converted-space"> </span>pour les célébrations du centenaire de la Révolution française en 1889) mais quelque peu oubliée de nos jours. Si son corpus symphonique commence à être mieux connu, enregistré au disque et parfois défendu en salle, ses œuvres lyriques n’étaient jusqu’à présent nullement documentées. C&rsquo;était sans compter sur le Palazetto Bru Zane, défenseur et champion international de la musique française du XIXe siècle, qui a convaincu l&rsquo;Opéra de Dortmund, déjà producteur il y a deux ans d’une mise en scène de la<span class="apple-converted-space"> </span><em>Frédégonde</em> de Guiraud, Saint-Saëns et Dukas, de présenter en version scénique le seul opéra de la compositrice à avoir été donné de son vivant :<span class="apple-converted-space"> </span><em>La Montagne noire</em>.</p>
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<p>Derrière ce titre aux réminiscences gothiques se cache plus concrètement le nom du pays où se situe l&rsquo;action de l&rsquo;opéra. Nous sommes au XVII<sup>e</sup> siècle, dans un Monténégro en guerre contre l&rsquo;Empire Ottoman. Le livret de la main de la compositrice est plutôt conventionnel et pourrait être présenté comme un assemblage des <em>Pêcheurs de perles</em><span class="apple-converted-space"> </span>et de<span class="apple-converted-space"> </span><em>Carmen</em> : il met en scène une amitié fraternelle, qu&rsquo;un pacte de sang entre Mirko et Aslar consacre, brisée par l&rsquo;apparition d&rsquo;une femme fatale, Yamina. Les charmes de l’esclave ottomane troublent l&rsquo;équilibre du village chrétien où se déroule les deux premiers actes, en particulier Mirko, qui tombe éperdument amoureux d’elle et l’accompagne dans sa fuite vers sa patrie. Aslar rejoint les deux amants dans la montagne pour tenter de laver le déshonneur de son frère de sang et le sauver des mains de l’ensorceleuse. Le dénouement échappe dans une certaine mesure à la convention, puisque les deux hommes meurent (Aslar tue son ami et retourne l’arme contre lui) tandis que Yamina survit. Désormais affranchie de l’esclavage et libéré des hommes, c’est dans cette « victoire de la femme », pour reprendre le titre de l’essai de Catherine Clément <i>L’opéra ou la défaite des femmes</i>, qu’on peut trouver la marque originale de l’autrice et compositrice, plus encore que dans cette scène où Yamina appelle les femmes chrétiennes à se révolter et vivre librement.</p>
<figure id="attachment_154329" aria-describedby="caption-attachment-154329" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="wp-image-154329 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/IMG_3837-1024x682.jpeg" alt="" width="1024" height="682" /><figcaption id="caption-attachment-154329" class="wp-caption-text">Anna Sohn (Héléna), Alisa Kolosova (Dara), Opernchor Theater Dortmund © Björn Hickmann</figcaption></figure>
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<p><i>La Montagne noire</i>, qui est l’une des rares œuvres écrites par une femme à avoir eu les honneurs de la scène de l’Opéra de Paris, n’eut à sa création qu’un vague succès d’estime, puisqu’elle n’eut droit qu’à treize représentation en 1895. L’œuvre est pourtant d’une belle facture, proche du style de Massenet, même si on compte dans les détails peu de moments vraiment marquants. L’écriture des ensembles choraux a quelque chose de frustre dans leur polyphonie massive et l’orchestration est souvent chargée, mais la ligne vocale des solistes s’élance souvent dans des effusions extrêmement séduisantes et l’on compte également de nombreuses expansions mélodiques pleines de charme à l’orchestre, notamment un solo envoûtant de saxophone à la fin du deuxième acte. Le troisième acte est particulièrement réussi, tant dans l’expression de la tendresse amoureuse que dans les moments plus dramatiques, lors desquels la compositrice fait un usage expressif des différents registres de tessiture des protagonistes.</p>
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<p>Pour cette recréation de l’œuvre, la mise en scène d’<b>Emily Hehl<span class="apple-converted-space"> </span></b>se veut<span class="apple-converted-space"><b> </b></span>plutôt classique et permet de se faire une idée claire de la dramaturgie proposée par Augusta Holmès. Les costumes d’<b>Emma Gaudiano<span class="apple-converted-space"> </span></b>s’inspire directement des traditions vestimentaires du Monténégro et les décors de<span class="apple-converted-space"> </span><b>Frank Philipp Schlössmann</b><span class="apple-converted-space"> ménagent adroitement des espaces différenciés à partir de quelques parois anthracites qui coulissent ou s’élèvent. La soirée commence avec le récit d’une joueuse de guzla qui se présente comme la narratrice de l’histoire qui va se jouer sous nos yeux. On la retrouve plus tard témoin de l’action, sur le plateau, mais cette opération de mise à distance se révèle un peu forcée. Outre la sensibilité extrême de l’interprète, </span><b>Bojana Peković,</b><span class="apple-converted-space"> le procédé apporte finalement peu de choses à l’œuvre, sinon un peu de la couleur locale que la compositrice n’a pas vraiment cherché à introduire. Le troisième acte est cependant particulièrement réussi, avec ses dispositifs scénographiques variés et ses belles trouvailles visuelles, comme cette chute de neige encadrée par les parois du décor lors du duo d’amour de Mirko et Yamina, enlacés sur une estrade pivotante, ce qui donne à l’ensemble du tableau une perspective cosmique. L’apparition de Yamina vêtue d’une robe en cheveux, lointaine allusion à une Marie-Madeleine revenue au péché, est aussi particulièrement marquante. Le dernier acte accumule cependant trop de symboles et convoque trop d’imaginaire différents pour être efficace.</span></p>
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<figure id="attachment_154326" aria-describedby="caption-attachment-154326" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-154326 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaMontagnaNoire_OHP_199-1024x683.jpeg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-154326" class="wp-caption-text">Sergey Radchenko (Mirko), Aude Extrémo (Yamina) © Björn Hickmann</figcaption></figure>
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<p>Le plateau est dominé par l’incarnation sidérante du rôle de Yamina par <b>Aude Extrémo</b>. L’ensemble de l’ambitus est d’une homogénéité remarquable, ce qui n’est pas la moindre des qualités pour défendre ce rôle qui enchaine aigus puissants et lignes <em>recto tono</em> martelées dans les profondeurs de la tessiture. La mezzo-soprano française ne fait qu’une bouchée des difficultés du rôles et lance avec le même aplomb des aigus dardés et des graves envoûtants. L’expression est d’un grand raffinement dans les passages plus lyriques et le timbre si particulier de la chanteuse donne une couleur saisissante et magnétique au personnage de Yamina, d’autant plus qu’elle habite le plateau avec une force indéniable. Seule francophone de la distribution, c’est aussi la seule des solistes qu’on comprend sans difficulté.</p>
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<p>Tous les autres solistes, membres de la troupe locale, ne déméritent cependant absolument pas : <b>Sergey Radchenko </b>possède un timbre un peu frustre, mais la vaillance et l’engagement vocal qu’il déploie à partir du troisième acte donne au personnage de Mirko toute sa mesure, celle d’un homme pathétique à l’héroïsme décadent. Son frère de sang Aslar est interprété par le charismatique <strong>Mandla Mndebele</strong>, dont la voix solide et chaude de baryton porte admirablement les valeurs d’honneur et d’amitié que le personnage défend. Le rôle de Héléna, la fiancée délaissée de Mirko échoit à <strong>Anna Sohn</strong>, belle voix fruitée de soprano lyrique. Le rôle de Dara, mère de Mirko, est assez court mais très exigeant, la tessiture n’étant pas moins étendue que celle de Yamina. <strong>Alisa Kolosova</strong> assure le rôle avec panache, projetant superbement des graves poitrinés percutants et de beaux aigus moelleux, autour d’une ligne vocale pleine de morbidesse. La basse <strong>Denis Velev</strong> campe un Père Sava autoritaire, affichant un monolithisme vocal tout à fait adéquat.</p>
<figure id="attachment_154347" aria-describedby="caption-attachment-154347" style="width: 1024px" class="wp-caption aligncenter"><img decoding="async" class="wp-image-154347 size-large" src="https://www.forumopera.com/wp-content/uploads/LaMontagnaNoire_KHP_241-1024x683.jpg" alt="" width="1024" height="683" /><figcaption id="caption-attachment-154347" class="wp-caption-text">Mandla Mndebele (Aslar), Opernchor Theater Dortmund © Björn Hickmann</figcaption></figure>
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<p>Le seul gros bémol de la soirée vient du côté des chœurs, surtout des pupitres féminins, au français très impressionniste : on avoue avoir quelque peu paniqué en ne comprenant pas un traître mot de ce qui était chanté dès le début du spectacle, même en essayant de traduire les paroles d&rsquo;après les surtitres en allemand&#8230; Cela peut cependant s&rsquo;expliquer par le nombre élevé de malades parmi les rangs des choristes lors de cette première. D&rsquo;ailleurs, on perçoit de belles couleurs du côté des voix graves masculines et féminines.</p>
<p>À la tête des <strong>Dortmunder Philharmoniker</strong>, la direction de <strong><span lang="EN-US">Kob</span></strong><span lang="EN-US"><strong>ayashi Motonori</strong> manque peut-être quelque peu de finition (on note quelques problèmes de décalage ou de justesse), mais elle se révèle cursive et très respectueuse de l&rsquo;ouvrage, comme pour exposer aux auditeurs de la manière la plus nette possible cette pièce qu&rsquo;ils découvrent. On aimerait pouvoir réentendre l&rsquo;œuvre, pour mieux s&rsquo;acclimater à ses charmes et comprendre sa construction. Peut-être le Palazetto Bru Zane pourra-t-il l&rsquo;enregistrer, car elle mérite d&rsquo;être découverte – avec, évidemment, Aude Extrémo dans le rôle de Yamina, tant il semble avoir été écrit pour elle, et entourée d&rsquo;une distribution plus idiomatique.</span></p>
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		<item>
		<title>Belvedere 2017 : Aigul Akhmetshina crée la surprise</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/belvedere-2017-aigul-akhmetshina-cree-la-surprise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jul 2017 05:42:13 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Moscou comme ville d&#8217;accueil de la 36e International Hans Gabor Belvedere Singing Competition, l&#8217;expression est plus que jamais de circonstance. Qui aurait misé un kopeck sur Aigul Akhmetshina alors que de nombreux candidats parmi les 15 finalistes nous semblaient mieux placés pour rafler la mise ? Pourtant, la jeune mezzo-soprano russe emporte le premier &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Avec Moscou comme ville d&rsquo;accueil de la 36<sup>e</sup> International Hans Gabor Belvedere Singing Competition, l&rsquo;expression est plus que jamais de circonstance. Qui aurait misé un kopeck sur <strong>Aigul Akhmetshina</strong> alors que de nombreux candidats parmi les 15 finalistes nous semblaient mieux placés pour rafler la mise ? Pourtant, la jeune mezzo-soprano russe emporte le premier prix, devant le seul ténor encore en course, <strong>Kang Wang</strong>, qui se place en deuxième position. Troisième sur la ligne d&rsquo;arrivée, le baryton sud-africain <strong>Mandla Mndebele</strong> reçoit aussi le prix du public tandis que le jury de la presse internationale couronne le baryton américain, <strong>John Brancy</strong>. Compte rendu détaillé d&rsquo;une compétition serrée à venir et diffusion le 9 juillet à 21h (heure de Paris) sur <a href="https://tvkultura.ru/article/show/article_id/180812">tvkultura.ru</a>.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="214" src="/sites/default/files/styles/large/public/image002_1.jpg?itok=n5rv_UiH" title="© Helikon Opera" width="323" /><br />
	© Helikon Opera</p>
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		<item>
		<title>36e édition International Hans Gabor Belvedere Singing Competition  — Moscou (Helikon Opera)</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/36e-edition-international-hans-gabor-belvedere-singing-competition-moscou-helikon-opera-palmares/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Christophe Rizoud]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Jul 2017 16:42:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comme les voies du Seigneur, les choix du jury des grandes compétitions vocales internationales sont impénétrables. Pour comprendre les raisons de leur décision, il faudrait avoir suivi épreuve après épreuve chacun des candidats. A Moscou, sous le dôme de l’Helikon Opera, scène lyrique alternative au Bolchoï située en plein cœur de la capitale russe, quinze &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Comme les voies du Seigneur, les choix du jury des grandes compétitions vocales internationales sont impénétrables. Pour comprendre les raisons de leur décision, il faudrait avoir suivi épreuve après épreuve chacun des candidats. A Moscou, sous le dôme de l’Helikon Opera, scène lyrique alternative au Bolchoï située en plein cœur de la capitale russe, quinze finalistes prétendaient au premier prix de la 36<sup>e</sup> International Hans Gabor Belvedere Singing Competition. Comme chaque année, ils ne disposent que d’un seul air pour passer de l’ombre à la lumière. Que le meilleur gagne ! Pas forcément.</p>
<p>La sélection, impitoyable, a écrémé 1125 chanteurs dans 70 villes du monde entier. Sur quels critères ? Une fois parvenu à un certain niveau, particulièrement élevé dans le cas de cette 36<sup>e</sup> édition, l’objectivité laisse place à des considérations personnelles. Ainsi ceux qui comme nous, apprécient un art du chant où la nuance et l’expression prennent le pas sur la démonstration retiendront le nom de <strong>John Brancy</strong>, baryton américain âgé de 27 ans, formé à la Juilliard School, Harlekin dans <em><a href="https://www.forumopera.com/ariadne-auf-naxos-nancy-elektra-chez-fragonard">Ariadne auf Naxos à Nancy</a></em> pas plus tard que cette saison. L’air de Yeletski dans <em>La Dame de pique</em> n’est pas de ceux qui exigent une technique d’acier mais la sincérité de l’aveu amoureux lorsqu’il est ainsi douloureusement exprimé prime sur le reste. La voix est belle, d’un grain subtil, non pas héroïque mais suffisamment solide pour ne pas flancher sous les quelques coups portés par la partition. La ligne est suffisamment soignée pour que la mélodie soit déroulée d’un trait avec toute la noblesse qu’impose l’état princier du personnage. Surtout l’interprète sait dépasser le cadre scolaire de la compétition pour donner à voir et comprendre les enjeux émotionnels de l’aria.</p>
<p>Raconter une histoire : le secret est là et peu s’acquittent de la tâche, absorbés par l’ampleur et la multiplicité des défis qu’il leur faut relever. Outre John Brancy, récompensé à juste titre par le prix du jury de la presse internationale, l’on pourrait citer <strong>Rocio Perez</strong> si cette soprano colorature espagnole aux suraigus ébouriffants, grisée par sa propre facilité, n’offrait une Olympia proche de la caricature. Tout est une question de mesure. L’autre candidat ibérique, <strong>Carles Pach</strong><strong>ón</strong> ne nous a pas semblé démériter. Au contraire. Doté d’une voix raffinée, juste d’intention, libre dans ses gestes et dans l’émission, souple et déliée, élégant et ironique, un rien dandy comme on imagine Malatesta, le baryton fait partie des oubliés du palmarès. Est-ce parce que « Bella siccome un angelo » n’est pas un air suffisamment saillant pour une finale de compétition ? Dans ce cas, présenter la scène de <em>Iolanta</em>, « Otchego eto prezhde ne znala », dépourvue de climax relève de la démission. <strong>Oksana Sekerina</strong> ne s’en relèvera pas, si grandes soient les qualités d’un soprano prenant dont les moirures et l’égalité ne sont pas les moindres des atouts.</p>
<p>L’interprétation est également une des préoccupations de <strong>Vasilisa Berzhanskaya</strong>, mezzo-soprano russe qui chantait Melibea à Pesaro l’an passé. Rossini lui est familier. Le vibratello n’est pas gênant. Les notes les plus graves possèdent un reflet sombre auquel il est difficile de se montrer insensible, l’aigu, émis en force est moins envoutant, l’ornementation peut paraitre raisonnable. A vrai dire, on essaie de trouver ce qui ne nous a pas séduit dans cette « voce poco fa » trop souvent entendue. Est-ce justement le trop grand nombre de comparaisons possibles ? Ou plutôt, un portrait de Rosina, trop éloigné de celui que l’on a en tête sans que la proposition, narcissique et canaille voire provocante, ne nous invite à reconsidérer nos positions. A l’opposé, par sa jeunesse, physique mais aussi vocale avec dans l’étoffe une légèreté et une fraîcheur toute relative s’agissant d’une voix de basse, <strong>Sava Vemic </strong>nous change des Gremine aux cheveux grisonnants, au pas lourd et au manteau épais ourlé de loutre sombre. New York l’a déjà repéré. Ses débuts en grand prêtre dans <em>Nabucco</em> sur la scène du Metropolitan datent de cette saison.</p>
<p>La subjectivité intervient peu dans l’impression laissée par <strong>Pavel Chervinsky</strong> ou <strong>Alexander Roslavets</strong>. Leur italien est trop mâtiné de russe pour ne pas évoquer Don Profondo imitant l’accent de Libenskof dans <em>Il viaggio a Reims</em>. Les années sauront – souhaitons-le – compléter leur formation. <strong>Jihyun Cecilia Lee </strong>et <strong>Josevane De Jesus Santos</strong> sont deux chanteuses avec lesquelles, en revanche, on aimerait compter prochainement. Bien que coréenne, la première possède un français toujours intelligible ainsi qu’un soprano ample, charnu et des aigus dont on apprécie le tranchant, preuve s’il était nécessaire que Micaëla n’est pas forcément une oie blanche. Il ne manque à la seconde, mezzo-soprano brésilienne, qu’un trille plus affirmé et un surcroît d’engagement dramatique pour que son interprétation de la grande scène de Sesto dans <em>La clemenza di Tito</em> l’impose sur les plus grandes scènes.</p>
<p><strong>Nela Saric</strong> dans le grand air de <em>La traviata</em> et <strong>Boris Prygl</strong> dans la romance d’Aleko ne nous ont pas semblé avoir choisi les partitions les mieux à même de mettre en avant leurs qualités. Voilà deux chanteurs que l’on aurait voulu entendre davantage pour se forger une opinion plus assurée. Idem pour <strong>Kang Wang</strong> même s’il ne s’agit pas dans son cas d’une question de répertoire mais d’un essai à transformer. Les voyelles ouvertes font le chant plat. La quinte aigüe rayonne jusqu’à ce que le contre-ut trahisse l’appréhension. Le deuxième prix est-il justifié ? Il faudrait une nouvelle écoute dans un autre air pour en avoir le cœur net. Pour l’instant, il faut s’en remettre à un curriculum vitae qui compte Narraboth dans <em>Salomé</em> à New York. Excusez du peu.</p>
<p>Puis il y a les vainqueurs qui, on l’a compris, ne faisaient pas partie de nos favoris. Mais le chant très physique de <strong>Mandla Mndebele</strong> à tout pour séduire ceux pour qui comptent d’abord le muscle et le courage, dussent Ford, dépourvu de second degré, se montrer féroce jusqu’au contresens et la parole venir au secours du chant lorsque ce dernier, épuisé par tant de violence, vient à ne plus se suffire. Estomaqué, le public lui décerne son prix et le jury le place en troisième position. Plus incompréhensible encore est la palme décernée à <strong>Aigul Akhmetshina</strong>, à côté de la plaque en Cenerentola, sauf à se dire qu’en hissant cette jeune mezzo-soprano d’à peine 22 ans sur la première marche du podium, le jury a misé sur une jolie voix doublée d’un tempérament. Est-ce suffisant pour bâtir une carrière ? L’avenir seul le dira.</p>
<p>A la tête des forces de l’Helikon Opera, <strong>Eugene Brazhnik</strong> impulse, à des tempi parfois déstabilisants pour les chanteurs, son rythme à la soirée, retransmise ce soir à 21h (heure de Paris) sur <a href="https://tvkultura.ru/article/show/article_id/180812">tvkultura.ru</a>.</p>
<p>1st Prize: AIGUL AKHMETSHINA, Mezzo-Soprano, Russia<br />
	Donated in memoriam KS Teresa Stich-Randall<br />
 <br />
2nd Prize: KANG WANG, Tenor, Australia<br />
	Donated by Jan Meulendijks and Bart Schuil<br />
 <br />
3rd Prize: MANDLA MNDEBELE, Baritone, South Africa<br />
	Donated by Valentin and Anni Leitgeb Foundation<br />
 <br />
Prize of the International Media-Jury: JOHN BRANCY, Baritone, USA<br />
	Donated by Brigitte &amp; Georg Stradiot, Stetteldorfer Akzente and Wiener Silber Manufaktur<br />
 <br />
Prize of the Audience: MANDLA MNDEBELE, Baritone, South Africa<br />
	Donated by Dr. Madeleine Kim, South Korea<br />
 <br />
Special Prizes:<br />
 <br />
Hans-Gabor-Prize: CECILIA LEE awarded by Prof. Yasuko Mitsui to a singer of her choice – Euro 800<br />
 <br />
Wil-Keune-Prize: VASILISA BEREZHANKAYA donated by Ms Jane Carty, Ireland, for a young singer of real potential, born after 1990, Euro 500.-<br />
 <br />
Prizes awarded by the jury-members:<br />
 <br />
DEUTSCHE OPER BERLIN: ALEXANDER ROSLAVETS<br />
	awarded by Operndirektor Christoph SEUFERLE<br />
 <br />
SÄCHSISCHE STAATSOPER DRESDEN – SEMPEROPER: ROCIO PEREZ<br />
	awarded by Künstlerischer Betriebsdirektor Björn PETERS<br />
 <br />
DEUTSCHE OPER AM RHEIN DÜSSELDORF-DUISBURG: BORIS PRYGL<br />
	awarded by Generalintendant Christoph MEYER<br />
 <br />
PRIZE THEATER ERFURT: MANDLA MNDEBELE<br />
	awarded by Generalintendant Guy MONTAVON<br />
 <br />
PRIZE TEATRO REAL MADRID: ROCIO PEREZ<br />
	awarded by Artistic Director Joan MATABOSCH<br />
 <br />
PRIZE HELIKON OPERA MOSCOW: AIGUL AKHMETSHINA<br />
	awarded by General Director Dmitri Bertman<br />
 <br />
BOLSHOI THEATER MOSCOW: KANG WANG<br />
	awarded by Casting Director Olga KAPANINA<br />
 <br />
WEXFORD FESTIAL IRELAND: <em>Winner will still be nominated</em><br />
	awarded by Artistic Director David AGLER</p>
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