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	<title>Benjamin MOREAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Benjamin MOREAU - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<item>
		<title>OFFENBACH, La Vie parisienne — Clamart</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-vie-parisienne-clamart-a-vous-cognacq-jay/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 Mar 2019 07:11:55 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour bien profiter de ce spectacle jubilatoire, il faut avoir bien intégré qu’il s’agit d’une adaptation et laisser au vestiaire toutes ses références aux productions passées – et elles sont nombreuses ! Déjà en ce qui concerne l’époque, puisque nous sommes en 1966, sur le tournage en direct pour la télévision de l’émission de variétés « Vie &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Pour bien profiter de ce spectacle jubilatoire, il faut avoir bien intégré qu’il s’agit d’une adaptation et laisser au vestiaire toutes ses références aux productions passées – et elles sont nombreuses ! Déjà en ce qui concerne l’époque, puisque nous sommes en 1966, sur le tournage en direct pour la télévision de l’émission de variétés « Vie parisienne », retransmise sous nos yeux sur le petit écran. Olivier Desbordes a visiblement pris plus de plaisir à transposer ses souvenirs de l’époque où, étudiant, il faisait de la figuration dans les émissions de variétés filmées au studio des Buttes Chaumont, qu’à raconter l’histoire telle qu’elle a été conçue par les librettistes d’Offenbach. Celui-ci semble néanmoins apprécier le résultat, puisque Jacques Offenbach lui-même aurait prononcé cette phrase historique : « C’est l’une des productions les plus rock’n roll que j’ai vues » (sic).</p>
<p>	De fait, l’adaptation musicale est un peu déconcertante au début, surtout dans l’ambiance des quais de gare des <em>Vacances de Monsieur Hulot</em>, où l’on n’entend plus grand-chose et où l’on a du mal à percevoir les lignes musicales. Mais l’oreille se fait peu à peu à ce parti pris parfois tonitruant, et au bout d’un moment, tout s’arrange, et même les voix sonorisées se font moins gênantes. Quant au petit groupe d’excellents musiciens qui occupe le fond de scène (clavier, violon, guitare, trompette, clarinette/saxophone, trombone et batterie) mené par <strong>Gaspart Brécourt</strong>, il renouvelle l’expérience musicale que Jérôme Savary avait déjà proposée avec sa <em>Périchole</em>.</p>
<p>	Il y a aussi dans cette production un indéniable côté nostalgique, avec les mires ORTF, le passage du noir et blanc à la couleur, et pendant l’entracte le petit train <em>Interlude</em> et les publicités que l’on pouvait voir au cinéma à l’époque. Tout cela parle directement aux spectateurs de 50 à 80 ans, alors que ce temps est déjà aussi éloigné pour la jeune génération que celui d’Offenbach…</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" height="321" src="https://www.forumopera.com/sites/default/files/styles/large/public/la_vie_parisienne_-c-_nelly_blaya14bd.jpg?itok=VyDmbSGv" width="468" /><br />
	© Photo Nelly Blaya</p>
<p>Mais c’est surtout du côté construction dramaturgique que la réussite est totale, tant l’esprit de l’œuvre originale est respecté. Tout y est, le rythme, l’impertinence, la drôlerie – car plus d’une fois on pleure de rire de voir les incontournables de cette époque remis en situation là où on ne les attendait pas. Ce délire parodique culmine surtout au deuxième acte avec l’arrivée du major de la table d’hôte, ici Rabbi Jacob en personne, joué, chanté et dansé d’une manière inénarrable par <strong>Lionel Muzin</strong> devant le baron (excellent <strong>Christophe Lacassagne</strong>) médusé. Tout s’accélère au troisième acte mené par une Mireille Mathieu délirante (<strong>Lucile Verbizier</strong>), où toutes les vedettes de l’époque arrivent sur le plateau, le maréchal des logis Cruchot de Saint Tropez, le prince Cloclo d’Alexandrie, Sheila, Nana Mouskouri, Sylvie Vartan, qui remplacent avec brio l’habituel – et un peu ennuyeux – défilé des « femmes du monde ». L’habit qui a craqué dans le dos est celui du sergent Garcia zébré du Z de Zorro, un autre des incontournables de la télévision de l’époque. Quant au fameux « Tout tourne, tourne, tourne, tout danse, danse, danse », transposé façon Claude François (extraordinaire <strong>Thierry Jennaud</strong>), il vaut son pesant de claudettes. Au dernier acte, Spirou, les Frères Jacques et les Demoiselles de Rochefort participent à leur tour à ce jeu d’enfer.</p>
<p>	Au milieu de cet extraordinaire déploiement des variétés des 30 Glorieuses gentiment brocardées, les personnages d’Offenbach gardent néanmoins une indéniable présence, et réussissent à mener le jeu. L’option gagnante est d’avoir privilégié des acteurs-chanteurs, comme Offenbach l’avait lui-même prévu. D’abord Bobinet et Gardefeu, très joliment joués et chantés par <strong>Steeve Brudey</strong> et <strong>Hoël Troadec</strong>. Et puis, du côté des dames, la voix et l’interprétation délicieuse de <strong>Morgane Bertrand</strong> (Gabrielle la gantière), la baronne très traditionnelle d’<strong>Anandha Seethanen</strong>, et la Metella de <strong>Diana Higbee</strong>, qui chante à ravir son air d’entrée et celui de la lettre.</p>
<p>	Vérifiez les prochains passages de la tournée et courrez voir ce spectacle qui n’engendre certes pas la mélancolie, c’est le moins que l’on puisse dire à constater les réactions enthousiastes des spectateurs tous âges confondus. !<br />
	Prochaines représentations à Épinal, Draguignan, Fréjus, cet été au Festival de Saint-Céré, et à Paris au théâtre Déjazet du 29 novembre 2019 au 11 janvier 2020 pour une série de 40 représentations.</p>
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		<title>OFFENBACH, Les Contes d&#039;Hoffmann — Fribourg-en-Brisgau</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/les-contes-dhoffmann-fribourg-en-brisgau-choudens-ou-presque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Jan 2018 06:55:26 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus Les Contes d’Hoffmann, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. Work éternellement in progress, l’œuvre &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Dans ce vaste chantier que sont devenus <em>Les Contes d’Hoffmann</em>, il semble aujourd’hui permis d’abattre des pans de mur construits depuis longtemps ou d’en ériger de nouveaux à partir de matériaux inédits, mais il n’est pas certain qu’un édifice viable soit apparu, malgré tous les travaux des uns et des autres. <em>Work</em> éternellement <em>in progress</em>, l’œuvre d’Offenbach doit désormais se plier à toutes les restructurations, comme l’ont récemment montré les <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-dijon-des-contes-non-conformes">représentations dijonnaises</a>.</p>
<p>A Fribourg en Suisse, audace suprême : on revient à la bonne (?) vieille version Choudens, mais pas tout à fait, ce serait trop simple. Pour sa troisième mise en scène du testament offenbachien, <strong>Olivier Desbordes</strong>, cette fois secondé par<strong> Benjamin Moreau</strong>, reste fidèle aux options de ses précédentes moutures : pas plus qu’<a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/spectacle/ivres-de-vin-et-de-liberte">à Saint-Céré en 2008</a>, on ne trouvera ici aucun des morceaux – pourtant superbes – révélés par les recherches musicologiques depuis une cinquantaine d’années. On n’entend que ce qu’offre la version « traditionnelle » (avec cependant l’ajout du menuet du final du premier acte de <em>Don Giovanni</em>, évocation du spectacle dans lequel se produit la Stella). On entend même nettement moins que la partition éditée par Choudens, puisque la plupart des récitatifs de Guiraud ont été remplacés par des dialogues parlés ou des textes baudelairiens déclamés. Et on suppose, à lire le compte rendu rédigé par notre collègue Jean-Marcel Humbert en 2008, que sur le plan visuel, le spectacle n’a guère changé en dix ans. Même espace fermé par trois murs, même table-plateau où se déroule l’action principale, entourée de choristes spectateurs-voyeurs. Même effet digne du mamelon sablonneux de Winnie dans <em>Oh les beaux jours</em> pour l’acte d’Antonia. Cette mise en scène tourne résolument le dos à tout réalisme, même fantastique, pour inscrire l’action dans une sorte de cirque : les quatre diables ne sont qu’un seul (aucun changement de costume d’un acte à l’autre), et la remarque vaut aussi pour les quatre valets. Nicklausse n’est plus muse mais clown. Le résultat est indéniablement efficace, même si le trait est parfois épais – ah, ces éclats de rire « sataniques » dont sont régulièrement pris les méchants&#8230;</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/contes3.jpg?itok=jx2LJpG9" title="Y. Badier (Spalanzani), E.A. Tuca (Olympia), E. Vignau (Cochenille) © DR" width="468" /><br />
	Yannick Badier (Spalanzani), Elodie Ada Tuca (Olympia), Eric Vignau (Cochenille) © DR</p>
<p>Musicalement, c’est une grande satisfaction d’entendre, ici encore, <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="https://www.forumopera.com/les-contes-dhoffmann-saint-etienne-etrangete-du-familier">comme à Saint-Etienne</a>, des <em>Contes d’Hoffmann</em> très majoritairement francophones, même si ce critère est loin d’être suffisant pour toujours assurer l’intelligibilité du texte chanté. Ainsi, la Giulietta de <strong>Charlotte Despaux</strong>, trop uniformément véhémente, et aux graves sourds, pêche par une articulation déficiente. <strong>Serenad Burcu Uyar</strong> s’exprime, elle, dans un français excellent, mais l’énergie de son chant gagnerait parfois à être mieux canalisée : « Elle a fui, la tourterelle » demande plus de modération, et cette Antonia écrase un peu son entourage par sa puissance sonore. Magnifique découverte avec <strong>Elodie Ada Tuca</strong>, resplendissante Olympia à la diction ciselée et au suraigu d’une facilité déconcertante. Et quel plaisir de retrouver <strong>Lamia Beuque</strong>, jadis membre de la jeune troupe de l’Opéra du Rhin, dont la belle voix de mezzo bénéficie de l’ajout du rôle de la mère d’Antonia (Choudens est très peu généreux pour Nicklausse). Chez les messieurs, on remarque parmi les personnages secondaires la jolie prestation de la basse <strong>Nathanaël Tavernier</strong>, chanteur qui est également passé par Strasbourg, et de Spalanzani déchaîné de <strong>Yannick Badier</strong>. si <strong>Eric Vignau</strong> est parfait dans son incarnation des quatre valets, on pourra formuler quelques réserves sur les autres rôles principaux. Bon comédien, diction impeccable, <strong>Jean-Noël Briend </strong>est pénalisé par un timbre qui se nasalise cruellement dans l’aigu dès que le chant est émis en force, jusqu’à frôler l’accident au dernier acte. Dommage, car les passages pris plus en douceurs sont tout à fait réussis. Quant à <strong>Christophe Lacassagne</strong>, voilà un artiste qui laisse perplexe : aucun problème en termes de projection, car ses quatre diables remplissent la salle fribourgeoise sans la moindre difficulté, mais quelle curieuse façon de chanter, en alternant un style clairement lyrique (superbe aigu final dans « Scintille, diamant », entre autres) et un quasi parlando, un chant fort peu timbré qui s’apparente à la chanson plus qu’à l’opéra.</p>
<p>Passé une ouverture dont les premières mesures sont prises à une vitesse étonnante, <strong>Laurent Gendre</strong> adopte des tempos modérés, voire lents, pendant tout le reste de la représentation, mais ne peut pas toujours éviter les décalages flagrants, notamment pendant l’air des étudiants au prologue. </p>
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		<title>La Périchole d’Opéra éclaté continue sa tournée par Massy</title>
		<link>https://www.forumopera.com/breve/la-perichole-dopera-eclate-continue-sa-tournee-par-massy/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jean-Marcel Humbert]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 07 Dec 2016 11:22:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Périchole mise en scène par Olivier Desbordes et Benjamin Moreau, créée à Montpellier en 2015 puis reprise à Saint-Céré en 2015 et 2016 avant de partir en tournée avec une seconde distribution quasi inchangée, présente toutes les qualité habituelles d’Opéra éclaté : une troupe solide, un dispositif scénique minimaliste, un spectacle bien rodé.  Aujourd’hui à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><em>La Périchole</em> mise en scène par <strong>Olivier Desbordes</strong> et B<strong>enjamin Moreau</strong>, créée à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">Montpellier en 2015</a> puis reprise à <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite">Saint-Céré en 2015</a> et <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca">2016</a> avant de <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines">partir en tournée</a> avec une seconde distribution quasi inchangée, présente toutes les qualité habituelles d’Opéra éclaté : une troupe solide, un dispositif scénique minimaliste, un spectacle bien rodé.  Aujourd’hui à Massy, les chanteurs retrouvent une scène où ils viennent régulièrement, mais peinent un peu à se remettre en train. Après un démarrage laborieux des trois cousines menées par l’excellente <strong>Flore Boixel </strong> (2<sup>e</sup> cousine), <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> (Piquillo), <strong>Christophe Lacassagne</strong> (le vice-roi) et surtout <strong>Sarah Laulan</strong> prennent la main. Sa Périchole a de l’abattage et de la voix, à défaut de profondeur psychologique, et de fait c’est un peu ce que l’on peut dire de tout le spectacle : une imagerie qui se voudrait subversive mais qui fait un peu pétard mouillé, surtout si on la compare à la mise en scène de la même œuvre par Jérôme Savary. Celle-ci, pourtant, ne brillait pas par son adaptation musicale. Ici, on regrette encore plus un orchestre squelettique et aigre, et surtout une orchestration qui ne rend guère hommage au génie d’Offenbach. On en perd même parfois le fil musical. La direction de<strong> Gaspard Brécourt </strong>est pourtant solide et expressive, mais les décalages entre les chœurs et cet orchestre juché en fond de scène sont trop fréquents. Tout finit par se remettre en place après l’entracte, et la seconde partie du spectacle suscite enfin l’enthousiasme des spectateurs.</p>
<p>Massy, opéra de Massy, dimanche 4 décembre 2016, 16 h</p>
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		<item>
		<title>OFFENBACH, La Périchole — Clermont-Ferrand</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-clermont-ferrand-clermont-ferrand-offenbach-sous-amphetamines/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Roland Duclos]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Nov 2016 08:29:28 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette Périchole peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Le rideau de scène donne le ton de cette <em>Périchole</em> peroxydée et pyrotechnique à l’Opéra de Clermont-Ferrand : mur lépreux couvert d’affiches lacérées. Les plis et replis de la toile nous offre le choix entre « Vilement le fond de gâche » ou « Vivement le Front de Gauche » nous disent les plus visibles sinon les plus lisibles des options… à moins qu’il n’y soit question d’affront ! Celui du dénuement et de la misère du peuple invité à l’insu de son plein gré à la fête du prince, histoire de nous rappeler à la dure réalité, appelée aussitôt à disparaître sous les rires et les farandoles. Les choix dramaturgiques d’<strong>Olivier Desbordes</strong> qui signe la mise en scène aux côtés de <strong>Benjamin Moreau</strong> est tout en ombres sous-jacentes et lumières crues. Plus les ficelles, voire les cordes à nœud sont grosses et moins on est dupes. Ubuesque, cette république bananière pour n’exhiber que ses oripeaux bariolés n’en est, réflexion faite, que plus ambigüe.</p>
<p>Desbordes sollicite sans cesse notre vigilance, et réveille nos consciences par le biais d’incessants autant que brefs rappels à l’ordre. Comme ces apparitions fugaces mais inquiétantes et entêtantes d’une soldatesque en tenue de camouflage ; ou cette sépulcrale salle du trône à degrés, aux sièges en forme de pierres tombales ; ou ce monarque et sa cour aux perruques choucroutées à l’oxygène et vêtus du noir et blanc d’un deuil prémonitoire ; ou encore le codétenu de Piquillo clin d’œil au masque de fer grimaçant du visage décharné de la mort. La fête appartient à la rue, nous dit Desbordes. Elle est la sève du peuple frondeur et insouciant mais faussement innocent, tandis que les hiérarques et leurs concubines sont confits dans un protocole mortifère et une ignorance suicidaire.</p>
<p><img decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_-c-_nelly_blaya-55.jpg?itok=0jIibU4G" title="Pierre-Emmanuel Roubet et Sarah Laulan ©  Nelly Blaya" width="468" /><br />
	© Nelly Blaya</p>
<p>Pourtant rien d’idéologiquement surligné, foin de message philosophico-existentiel appuyé. On est dans l’allusif à double sens, dans le refus presque obstiné de toute justification militante. Le spectre de la mort et les fantômes de la dictature, pas plus tôt qu’entre-aperçus, s’effacent sous les cotillons et les flonflons d’un orchestre aux allures de banda à laquelle il emprunte la tonicité débridée. Peu de décors mais judicieux ; juste de la couleur et de la vie. Paroles et musique se suffisent à elles-mêmes et remettent les pendules à l’heure d’une vérité où l’ivresse de la fête populaire masque sous des outrances débonnaires, l’injustice d’une société corrompue et cynique.</p>
<p>La direction sous amphétamines de <strong>Gaspard Brécourt</strong> est là pour nous rappeler les fondamentaux : la vertu cardinale de l’opéra-bouffe offenbachien en général, et de <em>La Périchole </em>en particulier, est de se faire le héraut de l’effondrement annoncé d’un second empire à bout de souffle. En ce sens Offenbach est bien le témoin de cette agonie et Desbordes son lecteur avisé et Brécourt son traducteur affuté.</p>
<p>La troupe se fait complice sans retenue de cette sarabande endiablée. Quitte à forcer le trait histrionique au détriment du drame (quand même !) omniprésent et d’une incontestable finesse de propos que regretteront certains ? La métaphore d’une charge sans pitié contre l’absolutisme désinvolte et anachronique en pleine révolution industrielle ne saurait faire l’économie d’une certaine verve outrancière. La gouaille populacière de la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong> en est la figure de proue de cette production désormais bien rodée. Que l’on ne s’y trompe pas : si l’on en croit les témoignages de l’époque, la prestation de l’actuelle généreuse mezzo serait plus proche de celle d’Hortense Schneider, créatrice du rôle, que de la fragile chanteuse de rue où beaucoup la cantonne aujourd’hui. Sarah Laulan ne rechigne pas davantage à tirer son personnage vers les aigus flamboyants d’une ivresse lyrique décomplexée, à l’image d’un provoquant et bien nommé « Je l’ose », typique de ce registre bouffe.</p>
<p>Le contraste n’en est que plus évident et pertinent avec le Piquillo au grain sensible et au timbre d’une délicate séduction de <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong>, parfait dindon de la farce en dépit des dénégations trop larmoyantes pour être honnête de sa traitresse de dulcinée.</p>
<p><strong>Christophe Lacassagne</strong> n’est pas seulement le comédien rossard et libertin que l’on attendait dans le rôle de Vice-roi. Son baryton est au diapason du personnage : graves chaleureux et bien trempés servie par une projection aux solides appuis. Plus ridiculement félon et traitreusement grotesque que le duo <strong>Benameur</strong> et <strong>Vignau</strong> doit être difficile à égaler tout comme la rouerie perverse des trois cousines. Avec une prime à la pétillante 2<sup>e</sup> Cousine de <strong>Flore Boixel</strong>. Et une « déprime » à l’endroit du priapique Marquis de Tarapote dont le long sevrage sexuel ne nécessitait sans doute pas autant d’explicite insistance.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>VERDI, La traviata — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-traviata-saint-cere-deux-violetta-ne-valent-pas-mieux-quune/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Aug 2016 06:38:22 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Les remparts du Château de Castelnau ont de quoi impressionner, posés au-dessus des paysages étendus du plateau du Haut Quercy. Maître des lieux d’un soir, le directeur artistique du festival de Saint-Céré, Olivier Desbordes, veille à l’accueil de chacun, fort d’une prévenance constante. Etre à la hauteur de ce lieu unique et du plus célèbre des &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Les remparts du Château de Castelnau ont de quoi impressionner, posés au-dessus des paysages étendus du plateau du Haut Quercy. Maître des lieux d’un soir, le directeur artistique du festival de Saint-Céré, <strong>Olivier Desbordes</strong>, veille à l’accueil de chacun, fort d’une prévenance constante. Etre à la hauteur de ce lieu unique et du plus célèbre des opéras qu’est <em>La traviata </em>: quel défi !</p>
<p>Tel l’insolite prélude de Verdi qui évoque l’histoire de l’héroïne dans l’ordre chronologique inversé (la déchéance, l’amour puis la désinvolture), Violetta apparaît à l’agonie. Sur le papier, l’idée de <strong>Benjamin Moreau</strong> et Olivier Desbordes est excellente avec une Violetta narratrice qui se remémore sa vie, à droite des spectateurs, trop faible pour se lever de son lit ; et une Violetta muette, au centre de la scène, s’étourdissant des affres de la fête et des apparences. L’une lucide, l’autre insouciante … Mais l’approche des deux metteurs en scène présente <em>in fine</em> de nombreux défauts une fois mise en pratique sur le plateau.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="267" src="/sites/default/files/styles/large/public/trav0.jpg?itok=jkFhIpq0" title=" © Nelly Blaya" width="400" /><br />
	 © Nelly Blaya</p>
<p>Confinée dans sa chambre et privée d’interaction avec les autres chanteurs, <strong>Burcu Uyar</strong> (Violetta mourante) fixe la caméra qui projette en direct son image en gros plan sur un grand écran disposé derrière la scène. Son unique déplacement l’amènera derrière son double, sans regard échangé. Pour centraliser l’attention sur la courtisane, le plateau se fige à chacune de ses interventions avec pour conséquence lors du célèbre <em>brindisi  </em>et du duo d’amour avec Alfredo au premier acte (<em>« </em>Un di, felice, eterea<em> »</em>) une grande sensation de vide. Ce parti pris limite également le chant de la soprano qui ne peut déployer une palette de couleurs musicales très variées. Nonobstant la faiblesse de projection de sa voix tout au long du premier acte, Burcu Uyar démontre précision et longueur de souffle dans son grand air, cabalette incluse, avec un contre- mi bémol tenu sans aucune défaillance. Les deux autres actes plus lyriques lui permettent de mieux s’épanouir, notamment dans l’<em>«</em> Addio del passato <em>» </em>où la jeune interprète fait preuve d’une belle expressivité. En parallèle, la pantomime de <strong>Fanny Aguado</strong> (Violetta muette), inspirée des films muets dont Olivier Desbordes raffole, souffre d’un manque de générosité, la danseuse tournant trop souvent le dos au public pour que celui-ci se connecte réellement à elle. Le choix, enfin, d‘un unique décor et de costumes très épurés aurait pu être judicieux puisque le lieu semble se suffire à lui-même. Mais les chapeaux fantaisistes, les perruques XVIII<sup>e</sup> et les maquillages des Pierrot et Colombine de <strong>Pascale Fau</strong> qui remplacent les gitanes et les toréadors n’amèneront pas plus de chaleur et de mouvement.</p>
<p>Est-ce l’absence d’interaction avec <strong>Burcu Uyar</strong> ? Dans le rôle d’Alfredo, <strong>Julien Dran </strong>propose une prestation honorable mais un peu terne. <strong>Christophe Lacassagne </strong>(Germont) reste l’élément fort de la troupe grâce à une projection qui fait mouche. La voix, brillante dans l’aigu, possède des graves solides et sonores. La diction est excellente et la ligne de chant tenue malgré quelques attaques imprécises et des voyelles parfois un peu fermées. Le baryton brille particulièrement dans « Pura siccome un angelo » où il arrive à transcender les difficultés scéniques alors que Violetta ne se trouve même pas dans son champ de vision.</p>
<p>La disposition de l’orchestre allégé d’Opéra Eclaté (17 musiciens) sur le côté gauche du public complique la direction de <strong>Gaspard Brécourt</strong>. La disposition scénique avec Violetta de l’autre côté du plateau, tournée vers la caméra et couchée dans son lit, entraîne inévitablement quelques décalages. La théâtralité du chœur et de l’orchestre ainsi que les contrastes saisissants de la musique de Verdi, tantôt déferlante tantôt empreinte de plénitude, sont les grands absents de la soirée.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-amusez-vous-on-vous-a-paye-pour-ca/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Charlotte Saulneron-Saadou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Aug 2016 06:55:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Cette production de La Périchole, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Cette production de<em> La Périchole</em>, déjà programmée au festival lyrique de Saint-Céré l’année dernière alors que <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">sa création à Montpellier ne datait que de quelques jours</a>, est revenue cet été dans le Sud-Ouest pour deux représentations avant de repartir en tournée jusqu’à la fin de l’année 2016. C’est dans le nouveau théâtre de l’usine, exploité pour la première année par le festival, que nous avons retrouvé la musique d’Offenbach servie par une troupe comme il n’en existe que trop rarement aujourd’hui, la compagnie « Opéra éclaté. »</p>
<p>Pour ce retour, les 400 fauteuils rouges de l’amphithéâtre – tous occupés ce soir-là – ont remplacé les bancs de la Halle des Sports de Saint-Céré. C’est enfin une véritable salle de spectacle à la hauteur de la programmation de ce festival dont s’est dotée la ville. Celle-ci offre une excellente visibilité à tous et une bonne acoustique même aux derniers rangs. Les particularités de ce nouveau théâtre ont largement influencé la direction musicale, la mise en scène et le jeu des interprètes, chacun ayant su savamment aborder toutes ces singularités en nous laissant toutefois un peu interrogatif concernant les prochains spectacles lyriques dans ce lieu.</p>
<p>L’orchestre tout d’abord. Ce soir, la fosse est en hauteur sur le côté droit de la scène rendant visible les musiciens à l&rsquo;exception du batteur (pour une fois que ce n’est pas un contrebassiste !), ainsi que les gestes nets et énergiques du chef <strong>Dominique Trottein</strong>, grand habitué de la direction d’opéras, d’opérettes et de comédies musicales avec « Opéra éclaté. » Mais cette disposition rend quasiment impossible l’interaction avec les chanteurs, imposant au chef une direction musicale rigoureuse, voire métronomique. Est-ce un point faible ? Absolument pas ! Et cela pour deux raisons : la similitude de cet orchestre avec un Big Band est largement assumée, tant au niveau de sa composition, de son jeu franc et dynamique laissant tout de même peu de place aux nuances, que de la direction d’un chef indiquant le nombre de mesures avant certains passages tel un chef de fanfare. La seconde raison est l’osmose incontestable entre la scène et la fosse. Nous ne ressentons par conséquent aucune faille (les chœurs « C’est lui ! » à l’acte I et celui des courtisans à l’acte II sont d’une précision insolente) même si Piquillo doit lancer quelques regards pour jouer de son accordéon avec l’orchestre.</p>
<p>La mise en scène et le jeu des acteurs ensuite. Sans délimitation entre le plateau et le premier rang, les artistes ont pleinement profité de cette configuration pour créer un lien étroit avec le public. Piquillo fait ainsi l’aumône auprès des gens assis en première catégorie (tant qu’à faire !) après son interprétation avec la Périchole de « L’Espagnol et de la jeune Indienne. » Dans le même esprit, une des cousines s’incruste après l’entracte dans la fosse pour remplacer le chef d’orchestre. Afin d’accorder les instruments, elle demande le <em>la</em> à un public ne souhaitant qu’une chose : participer à la fête. L’apparition de la deuxième puis de la troisième cousine entraînera même un « olé » d’une salle conquise.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/perichole5.jpg?itok=TbkhPzbX" title="© guy rieutort" width="468" /><br />
	© guy rieutort</p>
<p>C’est qu’on se délecte pleinement de cette symbiose entre ces trois actrices, pourtant si différentes que sont <strong>Sarah Lazerges</strong>, <strong>Dalila Khatir</strong> et <strong>Flore Boixel</strong>. Chaque interaction de la troupe fonctionne à l’image du duo très « gay » d’<strong>Éric Vignau </strong>(Don Andrès de Ribeira) et de <strong>Yassine Benameur</strong> (Don Miguel de Panatellas). Hilarants avec leurs costumes de péruviennes, leurs mimiques et leurs danses grotesques, leur performance très personnelle reste longtemps en mémoire après la fin de leur prestation.</p>
<p>Le trio de vaudeville incarné par <strong>Sarah Laulan</strong> (La Périchole), <strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> (Piquillo) et <strong>Christophe Lacassagne</strong> (le Vice-Roi) pétille, ce dernier confirmant avec ce rôle périlleux une bonne présence scénique et ses grandes qualités de baryton. Afin de se promener dans les rues de Lima sans être repéré, il débarque sur scène grimé en rappeur provoquant les rires du public et du chœur l’ayant vite démasqué.</p>
<p><strong>Pierre-Emmanuel Roubet</strong> est quant à lui un Piquillo largement convaincant grâce à un jeu d’acteur sans faille et une interprétation précise que ce soit au niveau technique comme de l’intention avec notamment l’air « On me proposait d’être infâme » au début de l’acte III où l’on savoure de belles nuances sur les notes tenues en fin de phrase.</p>
<p>Mais la belle découverte de la soirée reste la Périchole de <strong>Sarah Laulan</strong>. La chanteuse dispose d’un timbre de mezzo sombre et ample et un jeu impertinent conforme à l’effronterie et au côté un peu rustre du personnage. Comme nous l’espérions, elle est particulièrement émouvante pour rédiger sa fameuse lettre, l’un des moments les plus exquis de la partition.</p>
<p>Suivis sans complexe par le costumier <strong>Jean-Michel Anagys</strong>, <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> aiment mélanger allégrement les époques et les références culturelles dans une mise en scène rythmée. Ces anachronismes apparaîtront jusque dans la musique, Offenbach se plaisant également à citer des pages célèbres en son temps. Ces clins d’œil amusants, grande habitude de Desbordes, prennent judicieusement à parti un public n’ayant pas forcément une culture de l’opéra.</p>
<p>Ainsi, malgré les costumes d’indiennes de Don Andrès de Ribeira et de Don Miguel de Panatellas, nous ne sommes pas au Pérou ; les ouvriers « Fellinien » ne nous propulsent pas dans la banlieue de Rome ; l’imposant trône argenté et la couronne grossière du Vice-Roi ne nous immiscent pas dans un palais, les touristes et les rappeurs ne nous entraînent pas au XXI<sup>e</sup> siècle… Nulle part et partout à la fois, cette disparité met en exergue l’universalité de cet opéra. Les baskets fluo côtoient de ce fait avec une cohérence surprenante les tenues de soirées, les costards sombres et les perruques blanches de type XVIII<sup>e</sup>. Judicieusement équilibrés, ces costumes sont parfois d’une simplicité déroutante ou tombent dans le grotesque. Pour Jean-Michel Angays, les courtisans, les magistrats et le Vice-Roi « c’est le ministère de la Culture aujourd’hui : on s’agite, les dames en tailleur Chanel, les messieurs en petits costumes noirs cintrés. Juste la petite note de fantaisie qui montre que, tout de même, on est dans la Culture… ». Le ministère a certainement bien reçu le message !</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Saint-Céré</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-saint-cere-le-parti-pris-de-la-gaite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Donatienne du Jeu]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Aug 2015 04:24:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée La Périchole en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, Le Carrosse du Saint-Sacrement. On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Alors que le second Empire brille de ses derniers feux avant la débâcle franco-prussienne, la fête bat son plein au théâtre des Variétés. Offenbach y crée <em>La Périchole</em> en 1868, une opérette tirée de la comédie de Prosper Mérimée, <em>Le Carrosse du Saint-Sacrement</em>.</p>
<p>On a du mal à imaginer que l’auteur qui inspira aux fidèles librettistes d’Offenbach, Halévy et Meilhac, le livret de <em>Carmen</em> (en 1875), soit le même qui leur fournit le sujet de <em>La Périchole</em>… Et pourtant. <em>La Périchole</em>, c’est un peu l’envers du décor, la face sombre – parce qu’elle brille artificiellement – de <em>Carmen</em>. Alors que la gitane tragique va jusqu’au bout de sa liberté, la « jeune Indienne » se soumet aux caprices du pouvoir, simplement parce qu’elle a faim.</p>
<p>Comment supporter cette abdication, si ce n’est en s’enivrant ? Le petit peuple l’a bien compris, qu’on a « payé pour s’amuser » dès le début de ce drame qui a des allures de vaudeville. <strong>Olivier Desbordes</strong> et <strong>Benjamin Moreau</strong> ont donc pris le parti de faire de cette « griserie » généralisée le moteur de leur mise en scène. Trépidante, effrénée, l’opérette est un cocktail de « tubes » étourdissant, dont le rythme tient à la réduction maximale des dialogues. Desbordes a sabré dans le texte pour ne garder que l’essentiel et enchaîner les couplets que le public se retient de chanter à tue-tête – on aura quand même le droit de brailler tous en chœur : « Il grandira, il grandira, car il est espagnol (gno-gno-gno-gno-gnol) » !</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/la_perichole_c_guy_rieutort-38.jpg?itok=ndFXGSTf" title="© Guy Rieutort" width="468" /><br />
	© Guy Rieutort</p>
<p>Dans ce contexte, le brio l’emporte sur les défauts, et l’on n’a pas le temps de s’appesantir sur une voix qui pèche (<strong>Flore Boixel</strong>, une des trois cousines) ou un chanteur qui cabotine un peu trop (<strong>Philippe Ermelier</strong>, le Vice-Roi) – puisqu’après tout, il faut surjouer son rôle pour survivre dans ce monde de paillettes et d’apparences. La gaîté doit l’emporter sur tout, et le duo délibérément très « gay » formé par Don Pedro de Hinoyosa (<strong>Éric Vignau</strong>) et le comte Miguel de Panatellas (<strong>Yassine Benameur</strong>) n’est pas en reste dans la tonalité un peu égrillarde de cette comédie.</p>
<p>On regrettera toutefois qu’<strong>Héloïse Mas</strong> (La Périchole), n’ait pas un jeu théâtral aussi délié que certains de ses collègues, comme <strong>Antoine Baillet-Devallez </strong>qui fait une apparition très « folle » en marquis de Tarapote. Malgré sa belle voix sombre, l’interprète du rôle titre n’a pas le brillant de son personnage, dont on perd à la fois l’insolence et le caractère émotif. A ses côtés, le ténor<strong> Marc Larcher</strong> possède non seulement le physique de l’emploi mais un jeu expressif et charmant qui lui donne finalement la première place, en dépit d’une voix aux inflexions parfois empruntées.</p>
<p>Autour de ce duo de chanteurs assez dégourdi, un chœur de taille réduite contribue largement à ces folies dramatiques et met à profit de façon remarquable les conseils de la chorégraphe Pascale Péladan. <em>In fine</em>, l’ensemble du plateau bénéficie de l’énergie exceptionnelle du chef d’orchestre, <strong>Jérôme Pillement</strong>. Menant d’une main à la fois nonchalante et vive un ensemble musical de taille réduite, J. Pillement fait sonner la fosse comme un <em>big band</em>, traversé de temps à autre par les accents nostalgiques et populaires d’un accordéon.</p>
<p>Malgré quelques décalages entre les musiciens et les chanteurs, peut-être dus à la frénésie du chef ou à la place latérale de l’orchestre, cette production d’Opéra Éclaté, créée <a target="_blank" rel="noopener noreferrer" href="http://www.forumopera.com/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction">début juillet aux Folies d’O à Montpellier</a>, convainc par son enthousiasme et son foisonnement. Difficile de sentir, entre deux cancans endiablés, la critique du pouvoir que les metteurs en scène se targuent d’avoir voulu faire entendre. Tout au plus perçoit-on la noirceur des rapports d’argent et de pouvoir à travers des allusions musicales qui nous tirent d’emblée vers le second degré. La flûte de Papageno accompagne ainsi le suicide manqué de Piquillo, et l’accusation publique de la Périchole par son amant n’est pas sans rappeler la scène la plus tragique de <em>La Traviata </em>de Verdi. Mais cela ne dure pas, un éclat de rire vient tout emporter.</p>
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		<title>OFFENBACH, La Périchole — Montpellier</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/la-perichole-montpellier-conventions-et-conviction/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 06 Jul 2015 07:04:38 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le parc du château d’O, dans la banlieue nord de Montpellier, abrite plusieurs structures destinées à accueillir des spectacles, dont un amphithéâtre de plein air de 1800 places doté d’une fosse d’orchestre. Depuis huit ans l’association Folies Lyriques y propose  un « festival d’opérettes et de comédies musicales sous les étoiles » dont le mécène – si &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le parc du château d’O, dans la banlieue nord de Montpellier, abrite plusieurs structures destinées à accueillir des spectacles, dont un amphithéâtre de plein air de 1800 places doté d’une fosse d’orchestre. Depuis huit ans l’association Folies Lyriques y propose  un « festival d’opérettes et de comédies musicales sous les étoiles » dont le mécène – si l’on peut dire, s’agissant d’argent public – est le département de l’Hérault. Après <em>La Belle Hélène, La Grande duchesse de Gerolstein </em>et <em>La Vie parisienne, </em>voici <em>La Périchole</em>, qui consacre Offenbach dans son rôle de pilier du répertoire et confirme l’option délibérée pour le divertissement. Coproductrice, la compagnie Opéra Eclaté est cette fois encore partenaire des Folies Lyriques. C’est donc <strong>Olivier Desbordes</strong> qui signe la mise en scène, pour laquelle il s’est adjoint la collaboration d’un jeune confrère, <strong>Benjamin Moreau</strong>. A en juger par les réactions du public, leur travail a fait mouche. A juste titre ? Puisque le mot d’ordre est d’amuser, ils n’hésitent pas à surligner çà et là au risque de gommer les nuances où la mélancolie affleure. Ainsi quand la Périchole confie aux trois cousines la lettre et la bourse destinées à Piquillo, ces trois opportunistes se transforment en truandes sur la musique d’Ennio Morricone. Est-ce bien pertinent ?   Et où est le « regard neuf » annoncé dans le programme ? Dans la transposition temporelle qui, sur fond d’affiches lacérées, permet de reconnaître des acteurs aujourd’hui has-been – ou présentés comme tels &#8211; de la vie politique française ? Ces clins d’œil amusent  nos voisins ; perçoivent-ils qu’à  l’époque de l’amour libre le drame intime du couple d’amoureux – réussir à gagner l’argent nécessaire à payer l’acte de mariage pour pouvoir le consommer – n’a plus de fondement ? Quant à faire du vice-roi un rappeur, cette « nouveauté » est désormais un cliché, tout comme faire des dignitaires de grandes folles plus ou moins refoulées dignes de la cage du même nom, ficelle surannée dont la drôlerie s’épuise à force de redites. C’est plutôt par la scénographie signée <strong>Elsa Belenguier</strong> que l’on peut essayer d’appréhender les intentions de mise en scène. A jardin et à cour, des tables où viendront s’installer les clients du cabaret des Trois Cousines. L’atmosphère est celle des restaurants ouvriers, de ces cantines populaires comme il en existait naguère en Italie.  Le peuple sera confiné à cet espace, qu’un rideau en trompe l’œil sépare d’un  immense escalier, image de la hiérarchie sociale en haut de laquelle trône – littéralement – le vice-roi et sur les marches duquel les personnages peuvent évoluer comme dans une revue. Ce n’est qu’au dénouement que le peuple aura directement accès au degré supérieur, sans que l’on comprenne si cela signifie qu’une révolution s’est opérée. La division entre le peuple et la cour est rendue évidente par les costumes de <strong>Jean-Michel Angays, </strong>dans un joyeux mélange de couleurs pour le premier, où les hommes portent des bleus de travail, et pour la seconde dans une dominante de noir et blanc à vocation « chic », le pompon revenant au vice-roi, uniforme blanc à la Bokassa et cape à traîne en lamé parfaite pour descendre l’escalier. <strong>Pascale Peladan</strong> a conçu une chorégraphie où le hip hop voisine avec force déhanchements et rotations du bassin explicites. Un mouvement féministe réagira-t-il au trio où la femme est définie par un sexe et des seins ? L’avenir nous le dira. Les lumières de <strong>Maurice Fouilhé</strong> sont relativement efficaces, dans l’esprit d’une revue, et le sont excessivement quand elles aveuglent le public après l’évasion des prisonniers. Le procédé prolongeait en somme l’apparition dans le public, à la fin de l’entracte, des trois cousines devenues dames d’honneur, faussement inquiètes de l’absence du chef et suscitant les applaudissements pour lui.</p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/perichole_3cguy_rieutort.jpg?itok=CFI6bRcH" title="Héloïse Mas (La Périchole) et Philippe Ermelier ( le vice-roi) © Guy Rieutort" width="468" /><br />
	Héloïse Mas (La Périchole) et Philippe Ermelier ( le vice-roi) © Guy Rieutort</p>
<p>On aura compris que nous n’avons que modérément apprécié ce parti-pris d’amuser à tout prix qui se superpose à l’éventail expressif de la musique et use de conventions rabâchées. Et pourtant le spectacle se sauve grâce à ses interprètes, qui y mettent toute leur conviction. Les choristes de l’Opéra de Montpellier jouent le jeu de leur mieux, créant le climat bon enfant ou malveillant requis. Seul un décalage sensible avec la fosse gâche le chœur initial du deuxième acte, alea d’une première qui devrait être facile à corriger. Dans le double rôle du marquis de Tarapoto et du vieux prisonnier <strong>Antoine Baillet-Devallez </strong>passe du clone de Jacob dans la cage déjà citée à l’obsédé sexuel produit par la relégation avec la même apparente spontanéité. Les trois cousines, incarnées respectivement par <strong>Sarah Lazerges, Flore Boixel </strong>et <strong>Dalila Khatir</strong>, sont très différentes physiquement et c’est un atout qui rend leur individualité savoureuse, qualité qu’elles conservent même quand elles revêtent l’uniforme des dames d’honneur. On ne peut séparer <strong>Eric Vignau </strong>et <strong>Yassine Benameur</strong>, malgré la rivalité qui oppose leurs personnages, car ils mettent la même professionnalité à les faire vivre dans une succession ininterrompue de mimiques, attitudes et même danses dont ils s’acquittent avec une bonne grâce et une verve qui atténuent le poids des redondances. A <strong>Philippe Ermelier </strong>revient de camper le vice-roi, d’abord en rappeur, puis es qualités, enfin en faux geôlier. Il s’en acquitte avec fougue, et projette clairement une voix bien timbrée. Remarquable performance que celle de <strong>Marc Larcher</strong>, Piquillo crédible physiquement, scéniquement et vocalement ; il donne l’impression de ne pas forcer ses moyens et possède manifestement ceux du rôle. Aussi remarquable la Périchole d’ <strong>Héloïse Mas</strong>, qui démontre du premier  au dernier acte des dons d’actrice saisissants, grâce à un visage extrêmement expressif qui lui donne par instants de faux airs d’Audrey Tautou. Le ramage n’est pas en reste, ni le bon goût : elle sait trouver des couleurs  sans outrance, chanter en ne forçant sa voix que  très fugacement, et se sort au mieux de la scène d’ivresse malgré le parcours du combattant que lui impose la mise en scène. Ces jeunes chanteurs devraient avoir un bel avenir si on leur en donne l’opportunité. Dans la fosse les musiciens de l’Orchestre régional Avignon-Provence répondent docilement mais sans éclat particulier à la direction experte de <strong>Jérôme Pillement</strong>, par ailleurs directeur artistique des Folies Lyriques. Le succès final est bruyant et prolongé. Nous rendons grâce <em>in petto</em> au plateau, dont la conviction a triomphé des conventions.</p>
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