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	<title>Thomas MOSER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<description>Le magazine en ligne de l&#039;opéra</description>
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	<title>Thomas MOSER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>Der Schatzgräber / Der Ferne Klang</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/heureux-retour-des-incunables/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurent Bury]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Sep 2013 14:32:32 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>  L’Allemagne n’a jamais vraiment oublié Schreker. Après la Deuxième Guerre mondiale, les concerts radiophoniques présentaient ses œuvres, de loin en loin. En 1964, l’opéra de Kassel osa monter Der Ferne Klang ; en 1979, l’opéra de Francfort présenta Die Gezeichneten. Puis à partir des années 1980, tout s’accéléra : Der Schmied von Gent à &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>           </p>
<p>			L’Allemagne n’a jamais vraiment oublié Schreker. Après la Deuxième Guerre mondiale, les concerts radiophoniques présentaient ses œuvres, de loin en loin. En 1964, l’opéra de Kassel osa monter <em>Der Ferne Klang</em> ; en 1979, l’opéra de Francfort présenta <em>Die Gezeichneten</em>. Puis à partir des années 1980, tout s’accéléra : <em>Der Schmied von Gent</em> à Berlin, Irrelohe à Bielefeld, <em>Die Gezeichneten</em> à Düsseldorf, bien sûr, mais surtout, pour le public non-germanophone, <em>Der Ferne Klang</em> à Venise en 1984 et à Bruxelles en 1988. Depuis lors, la « Schreker Renaissance » se poursuit, lentement mais sûrement. La saison 2012-2013 fut une saison faste, avec <em>Der Schatzgräber</em> en ouverture de saison à Amsterdam (voir <a href="void(0);/*1377186574254*/">compte rendu</a>) et <em>Der Ferne Klang</em> à Strasbourg (voir <a href="void(0);/*1377186585715*/">compte rendu</a>). Néanmoins, il fallait un certain courage pour oser enregistrer les œuvres de Schreker comme le fit le label Capriccio : tout commença avec un live de <em>Der Schatzgräber</em>, capté à l’opéra de Hambourg, aussitôt suivi, honneur suprême, d’une version studio de <em>Der Ferne Klang</em>, pour laquelle la firme allemande fit appel à la même Gabriele Schnaut, la seule apparemment alors capable ou désireuse de chanter cette musique. Depuis, d’autres captations en direct ont vu le jour, et le 1er septembre vient de paraître un live de <em>Der Schatzgräber</em> venu d’Amsterdam. Capriccio est donc bien inspiré de ressortir ces deux enregistrements pionniers, incunables de la reconnaissance de Schreker au disque.</p>
<p>
			Présente en héroïne des deux opéras, <strong>Gabriele Schnaut</strong> apparaît comme un pilier de l’entreprise, ce qui ne signifie pourtant pas qu’elle soit sans reproche. Dans les années 1980, cette chanteuse allemande se produisait régulièrement à Bayreuth (elle avait été Waltraute et la deuxième Norne dans la <em>Tétralogie </em>montée par Chéreau), en Sieglinde ou en Ortrude. Paris l’entendrait au Châtelet en Brünnhilde en 1994, à l’opéra Bastille en Elektra en 1992 et en Isolde en 1998. A cheval sur les répertoires de mezzo et de soprano (et depuis reconvertie dans les rôles graves), Gabriele Schnaut avait une voix solide et sonore, mais son timbre sombre et épais convenait-il vraiment aux personnages de Schreker ? Passe encore pour la très perverse Els de <em>Der Schatzgräber</em>, mais pour la Grete de <em>Der Ferne Klang</em>, qui est encore une pure jeune fille durant tout le premier acte ? En dehors du problème de vraisemblance psychologique, il devient même difficile de faire la différence, à la fin de ce même acte, entre Schnaut et la mezzo <strong>Julia Juon</strong> (la vieille femme), et la jeune fille sonne singulièrement peu juvénile, impression que ne suffisent pas à démentir des aigus souvent acides.</p>
<p>			Heureusement, il y aussi les ténors. Alors à l’apogée de sa carrière, le mozartien devenu straussien <strong>Thomas Moser</strong> est un Fritz magnifique, dont on regrette que Schreker lui ait donné si peu à chanter ; <strong>Josef Protschka</strong> offre un timbre moins suave, moins immédiatement séduisant, mais a la vaillance toute wagnérienne qui convient pour que le poète Elis échappe à la mièvrerie. Dans le bref rôle d’Albi, on entend <strong>Heinz Kruse</strong>, qui serait en 1996 le Siegfried de Gabriele Schnaut au Châtelet. <strong>Peter Haage</strong>, habitué de Mime, incarne dans <em>Der Schatzgräber</em> le personnage essentiel du Bouffon. Le baryton <strong>Hans Helm</strong> est, comme Gabriele Schnaut, présent dans les deux intégrales, et parmi les voix graves, on retrouve dans des petits rôles quelques gloires alors en fin de piste, comme <strong>Siegmund Nimsgern</strong>, ou quelques noms qui n’allaient pas tarder à se faire connaître, comme <strong>Gidon Saks</strong>.</p>
<p>			Mais plus que tel ou tel protagoniste, c’est à chaque fois l’ensemble réuni autour du couple de héros qui frappe par sa cohérence, effet de la troupe pour le Staatsoper de Hambourg, effet d’un choix judicieux pour la gravure en studio. Surtout, grand défendeur d’œuvres oubliées, <strong>Gerd Albrecht</strong> fut le maître d’œuvre de ces deux intégrales précieuses, avec évidemment la plus-value qu’apporte le confort du studio dans le cas de Der Ferne Klang. Il sut dompter ces partitions-fleuves d’un immense raffinement (le troisième acte de<em> Der Schatzgräber</em>, long duo d’amour entre Elis et Els), où Schreker jouait avec la tonalité et avec les effets de spatialisation, notamment au deuxième acte de <em>Der Ferne Klang</em> où une partie du chœur est en coulisses, au milieu d’allées et venues constantes.</p>
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		<title>STRAUSS, Salome — Toulouse</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/surcharge-expressive/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Maurice Salles]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 May 2009 08:23:14 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Des spectateurs se sont émus de la vision de la Salomé de Strauss donnée par Pet Halmen, maître d’œuvre global de la réalisation scénique. Sans partager leur indignation nous nous sommes interrogé sur le bien-fondé de certains partis pris. Libéré des entraves que la censure imposait à l’époque de la création, Pet Halmen illustre avec &#8230;</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Des spectateurs se sont émus de la vision de la <em>Salomé</em> de Strauss donnée par Pet Halmen, maître d’œuvre global de la réalisation scénique. Sans partager leur indignation nous nous sommes interrogé sur le bien-fondé de certains partis pris. Libéré des entraves que la censure imposait à l’époque de la création, <strong>Pet Halmen</strong> illustre avec minutie une lecture qui semble destinée à en renouveler le fumet de scandale, avec par exemple Jochanaan en inclusion dans un phallus géant ou les cunnilingus dont des Juifs libidineux gratifient Salomé.</p>
<p>Ce choix de matérialiser plutôt que de suggérer les prolongements du texte s’accomplit malheureusement dans une esthétique de bande dessinée qui donne plus d’une fois une impression de déjà vu malgré la beauté des images. Le décor est noir, évidemment. Le ciel qu’emplit une lune immense se découpe entre deux bâtiments concaves dont les surfaces polies renvoient des reflets, suggérant dureté et narcissisme, et la citerne centrale est un vaste cylindre d’un noir luisant, à la fois caverne et podium. Avec les costumes – cuir noir &#8211; des soldats et les amoncellements de prisonniers, l’univers sadique et morbide est installé ; de gros pistolets pointés et c’est la violence institutionnalisée. Hérodias en tenue de maîtresse sadique, Hérode en sous vêtements féminins, des chiennes tenues en laisse qui sont des femmes presque nues, un siège de chair formé par des esclaves nègres, un Anubis énigmatique qui hante la terrasse, un page qui aura la gorge tranchée par Salomé, des Juifs cherchant des réponses sur leurs ordinateurs portables, tout cela a sa cohérence et, il faut le souligner, n’entre pas en conflit avec la musique, mais finit par créer une surcharge expressive dont elle ne profite pas.</p>
<p>	Nulle réserve, en revanche, pour ce qui est de la direction d’acteurs, à laquelle tous les intervenants participent avec une grande conscience professionnelle. Tous sont dignes d’éloges, du plus petit aux premiers rôles ; mais nous tressons une guirlande spéciale à <strong>Camilla Nylund</strong>, nymphette en robe de mousseline semblant à peine pubère, qui maîtrise superbement ce personnage d’adolescente en conflit avec son beau-père et sourde à tout ce qui n’est pas son désir. Vocalement impressionnante par la sûreté de sa technique, qui lui permet de chanter le rôle avec une souplesse admirable et d’affronter les extrêmes de la tessiture victorieusement, elle donne une évidence confondante à son incarnation de cette figure de l’éternel féminin. Non moins impressionnante l’Herodias de <strong>Doris Soffel</strong>, sans rien à voir avec les chanteuses fatiguées qui en héritent trop souvent, et dont la prestance s’accorde avec la réputation sulfureuse de séductrice du personnage. Son Hérode est le vaillant <strong>Thomas Moser</strong>, qui suggère sans lourdeur l’ambiguïté plus tard dévoilée, et dans la voix duquel passent les nuances autoritaires, insinuantes ou lasses du rôle. La plastique de <strong>Morten Frank Larsen</strong> n’est pas, fort heureusement, incompatible avec l’accès de désir qui enfièvre Salomé, mais quand il était en scène sa voix nous a semblé moins prenante que dans les prophéties souterraines ; résonance créée par le dispositif de la citerne ou légère sonorisation ? En tout cas il est bien l’être enfermé dans son destin ou l’idée qu’il s’en fait. Mentionnons encore <strong>Martin Mühle</strong>, le trop sensible, le trop sincère Narraboth.</p>
<p>	Cette distribution sans faille a été soutenue magnifiquement par <strong>Pinchas Steinberg</strong>, qui a contrôlé l’intensité sonore pour la délivrer opportunément et sans contraindre les chanteurs à s’égosiller pour passer l’orchestre. Cette retenue ne nuit en rien aux couleurs expressives et sensuelles qui s’élèvent de la fosse, dont cette prestation est vraiment excellente. Dommage enfin que Pet Halmen nous ait privés de l’image du meurtre final ; s’il voulait nous frustrer c’est réussi mais les splendeurs vocales et musicales nous ont comblé.</p>
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