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	<title>Heiner MÜLLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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	<title>Heiner MÜLLER - Artiste - Forum Opéra</title>
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		<title>WAGNER, Tristan und Isolde — Lyon</title>
		<link>https://www.forumopera.com/spectacle/tristan-et-isolde-lyon-archeologie-de-lemotion-dramatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Fabrice Malkani]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 18 Mar 2017 22:18:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le Tristan et Isolde qui constitue le troisième pilier du festival lyonnais de recréations scéniques, après le Couronnement de Poppée de Klaus Michael Grüber et l’Elektra de Ruth Berghaus, restitue avec un soin minutieux, jusque dans le grain de la lumière et les détails de la gestuelle des personnages, la mise en scène de Heiner &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>Le <em>Tristan et Isolde</em> qui constitue le troisième pilier du festival lyonnais de recréations scéniques, après le <em>Couronnement de Poppée</em> de Klaus Michael Grüber et l’<em>Elektra</em> de Ruth Berghaus, restitue avec un soin minutieux, jusque dans le grain de la lumière et les détails de la gestuelle des personnages, la mise en scène de <strong>Heiner Müller</strong> qui avait fait date au festival de Bayreuth en 1993. Mais loin d’apparaître comme le geste purement conservateur d’un projet muséal qui figerait dans l’espace un modèle ôtant aux interprètes toute liberté, le travail mené aboutit, à  l’inverse, à une véritable résurrection du moment créateur. Tout se passe comme si nous voyions pour la première fois ce que pourtant nous avions déjà vu grâce aux captations du spectacle et de ses reprises. Troublante expérience en vérité, qui dédouble le regard porté sur l’interprétation de l’œuvre, dans une abolition de la distance entre passé et présent. Spectateur d’hier et d’aujourd’hui à la fois, nous jouissons, contre l’adage, du double plaisir d’être et d’avoir été, de voir et d’avoir vu. Mais au fond ce n’est là rien d’autre que la transposition à la dimension scénique de ce qui se produit lors de l’audition. Et la composition wagnérienne, peut-être même tout spécialement <em>Tristan et Isolde</em>, repose précisément sur cet entrelacs constant de motifs musicaux qui crée un jeu subtil et entêtant de réminiscences liant le passé au présent, faisant du passé un présent et du présent un passé,et que chaque écoute renouvelle entièrement.</p>
<p>Il faut donc saluer la recréation, grâce au travail de <strong>Stephan Suschke</strong>, de cette mise en scène si manifestement conçue pour être au service de la musique et du chant. La sobriété des décors d’<strong>Erich Wonder</strong>, recréés par <strong>Kaspar Glarner</strong>, les lignes géométriques du premier acte – après un prélude où rien d’autre qu’un voile blanc n’est visible – avec ses strictes délimitations d’espaces carrés et ses jeux de lumière cuivrée, voire mordorée, les déambulations et les étreintes de Tristan et Isolde au deuxième acte, parmi les cuirasses alignées dans la lumière bleu sombre, puis les gravats qui jonchent le sol au troisième acte, dans une scène de dévastation profondément poignante, sous un éclairage gris que seule vient éclairer, à la fin, l’arrivée lumineuse d’Isolde, sont constamment en phase avec le texte et la musique. À cette maîtrise des lumières dues à <strong>Manfred Voss</strong> et recréées par <strong>Ulrich Niepel</strong> répond la beauté hiératique des costumes conçus par <strong>Yohji Yamamoto</strong>, qui subvertit lui aussi le rapport ordinaire au temps, en jouant sur les codes et les époques.</p>
<p><img fetchpriority="high" decoding="async" alt="" class="image-large" height="312" src="/sites/default/files/styles/large/public/operatristanetisolde17.jpg?itok=dwQ-F589" title="Richard Wagner, Tristan et Isolde, Opéra National de Lyon, 2017 © Stofleth" width="468" /><br />
	 © Stofleth</p>
<p>Qu’allait devenir cette mise en scène avec d’autres cantatrices, d’autres chanteurs ? Telle est la question que se posaient certain(e)s, non sans quelque inquiétude, ces derniers temps. En un mot, c’est une réussite : grâce, tout d’abord, à <strong>Ann Petersen</strong>, pourtant annoncée souffrante le soir de la première, qui est une Isolde remarquable, toute de subtil frémissement, dotée d’une projection superbe, et capable aussi de merveilleux <em>piani</em>, communiquant une émotion intense tout au long de l’œuvre et lors de sa dernière apparition. Déjà remarquée lors de sa prise de rôle en Isolde en <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/atours-communs-voix-royales">2011 à Lyon</a>, elle avait aussi recueilli des lauriers dans les rôles de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/ou-lon-finit-en-beaute">Freia en 2010</a> et de <a href="http://www.forumopera.com/der-fliegende-hollander-orange-de-la-musique-avant-et-apres-toute-chose">Senta en 2012 à Orange</a>.</p>
<p>Si <strong>Daniel Kirch</strong> déçoit un peu dans les deux premiers actes, malgré un beau timbre, en raison d’une projection insuffisante, on comprend, le moment venu, que le ténor allemand s’est ménagé pour le troisième acte, redoutable, dans lequel il déploie toutes les ressources de son chant, comme si le personnage de Tristan ne se révélait pleinement que dans le décor cauchemardesque de cette terre dévastée d’où émerge un fauteuil défoncé recouvert d’une bâche grisâtre et poussiéreuse.</p>
<p>Brangäne bénéficie de la voix puissante et expressive d’<strong>Ève-Maud Hubeaux</strong>, qui allie au soin de l’articulation une excellente diction de la langue allemande. La stature vocale de <strong>Christof Fischesser</strong> est grandiose, ses graves majestueux, et son Roi Marke est saisissant de chagrin et de noblesse. <strong>Alejandro Marco-Buhrmester</strong>, annoncé souffrant à l’instar d’Ann Petersen, réussit cependant, comme la cantatrice, à donner le meilleur de lui-même en Kurwenal (la beauté de son timbre avait été soulignée dans ce <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/plus-jamais-tristan-plus-jamais-isolde">même rôle en 2008</a>) avec une intensité dramatique et une présence vocale qui rappellent l’impression laissée par son interprétation de <a href="http://www.forumopera.com/spectacle/pas-de-printemps-pour-parsifal">Klingsor à Lyon en 2012</a>.</p>
<p><strong>Hartmut Haenchen</strong> dirige avec une précision impeccable l’<strong>Orchestre de l’Opéra de Lyon</strong>, toujours dans une parfaite adéquation avec le mouvement même du texte. La réflexion que le chef a menée sur les <em>tempi</em> donne ici des résultats parfaitement convaincants. Si l’on peut trouver parfois certaines phrases musicales un peu sèches, notamment dans l’introduction et dans le premier acte, d’autres passages libèrent un lyrisme plus ample, notamment le début, magistral, du troisième acte, puis tout son déroulement, lequel donne à entendre la ductilité du temps jusqu’à sa résorption finale, son effacement progressif. Du grand art.</p>
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		<title>Tristan und Isolde</title>
		<link>https://www.forumopera.com/cd-dvd-livre/tristan-und-isolde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Clément Taillia]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 14 Jul 2008 13:18:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>« Là où s’arrête le pouvoir des mots commence la musique ». Heiner Müller a semble-t-il fait sien l’axiome de Richard Wagner, au moment de mettre en scène son Tristan et Isolde. Dépassant les didascalies et limitant les jeux de scènes, les changements de décors, les entrées et sorties des personnages, le dramaturge allemand signe un spectacle &#8230;</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p>          « Là où s’arrête le pouvoir des mots commence la musique ». Heiner Müller a semble-t-il fait sien l’axiome de Richard Wagner, au moment de mettre en scène son <em>Tristan et Isolde</em>. Dépassant les didascalies et limitant les jeux de scènes, les changements de décors, les entrées et sorties des personnages, le dramaturge allemand signe un spectacle d’une froide dureté, sans complaisance. Le théâtre même, le feu des regards, le frémissement des gestes, le frisson de l’étreinte sont balayés par une direction d’acteur où tout est code, logique et symboles, à l’image des leitmotive, devenus uniques guides et bases exclusives de l’action et de sa continuité. Mais là où tout pouvait être glacial, rien ne laisse indifférent. La mécanique théâtrale élaborée par Müller, radicale au point de confiner à l’idéologie, génère une vraie poésie et libère des charmes indéniables. La clarté diaphane de cette mise en scène qui expose tout avec le plus grand minimalisme, qui montre beaucoup en utilisant peu les artifices du spectacle, met parfaitement en valeur les tourments les plus profonds des personnages, leurs émotions les plus sincères. Ainsi « la mort libératrice de l’amour » est reléguée à sa juste place, celle du mythe, au profit d’une passion plus humaine, charnelle enfin, et sensuelle. Le corollaire de la « froideur chirurgicale » semblait inévitable, il se trouve transcendé. C’est en ce génial paradoxe que se définit ce spectacle historique, tant par sa perfection jusqu’au-boutiste que par l’émotion forte et pure, prégnante sans artifices, qu’il diffuse.</p>
<p>Historique aussi par sa distribution ! Lors de la création, en 1993, Waltraud Meier osait ses premières Isolde. A la reprise de 1995, sa princesse a l’autorité de l’expérience, tandis que la voix conserve encore une jeunesse, une fougue insolente qui l’élèvent au plus haut niveau. L’actrice, si souvent flamboyante, sait s’accommoder de la sobriété qu’exige Heiner Müller, et peint à travers l’économie des gestes un saisissant portrait, jamais fou ni hystérique, mais contrasté, pétri de fureur divine ou de passion retenue. Si le chanteur Jerusalem montre à chaque instant vaillance et sensibilité, l’acteur fait profil bas, pas assez bravache dans la confrontation du I, manquant du charisme essentiel pour porter l’acte III. Au II, tout de même, il trouve une tendresse alanguie des plus convaincantes. Matthias Hölle a suffisamment d’intelligence de la progression dramatique pour bouleverser le spectateur, dans son monologue : bien long, celui-ci pourrait durer deux fois plus longtemps sans que l’ennui nous guette. Uta Priew est une digne et attachante Brangäne (dont le registre aigu manque cependant de rondeur), et Falk Struckmann fait un sympathique Kurwenal, chantant trop constamment en force toutefois. Les rôles secondaires sont impeccables (on notera la présence de Poul Elming, en Melot et en jeune marin).</p>
<p>Quand une production lyrique entre dans la légende, le chef d’orchestre y est toujours un peu pour quelque chose. Expert incontesté des opéras de Wagner, Barenboïm fait flamboyer la partition, laisse s’exprimer et s’accumuler mille détails cinglants, dirigeant un Orchestre du Festival de Bayreuth somptueux comme toujours, mais incisif comme jamais. Cette flamme théâtrale, qui est à la fois le contraire et le complément de l’esthétique symboliste de Müller, participe pleinement à la réussite du spectacle, et donc du DVD. Serait-ce qu’à l’opéra, comme en amour, les contraires s’attirent ? Entre Barenboïm et Müller, aurions-nous une synthèse exhaustive de ce qu’est <em>Tristan et Isolde</em> ? Ce DVD garde sa part de mystère, mais là-dessus aucun doute : c’est une référence !</p>
<p><strong>Clément Taillia</strong></p>
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